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5 janvier 2017 4 05 /01 /janvier /2017 07:42

Je reviens ici sur un "papier" paru dans la NR le 26 novembre 2016 intitulé "Le Front d gauche veut mobiliser"

L'article d'une trentaine de ligne sur une colonne indique que les dirigeants du FDG n'ont pu s'entendre sur une stratégie commune et JLM qui a prématurément annoncé sa candidature avec la "france Insoumise" a pu choquer. 

En rappelant qu'en 2012 "plusieurs centaines de personnes ont fait campagne" (sic)  le "FDG (divisé donc) organise une première réunion publique pour "soutenir JLM17 et de créer des comités "France Insoumises" pour faire connaître le programme "l'avenir en commun".

Voilà pour les faits.

Maintenant le commentaire. 

Il est pour le moins curieux que l'article véhicule une telle confusion qui n'éclaire en rien les débats et les enjeux. Car enfin, de quoi s'agit-il pour les prochaines échéances électorales ?

Ni plus ni moins que de trouver les moyens politiques tout à la fois d'empêcher la main-mise de la droite extrêmisée et de l'extrême droite sur les rênes du pays et de relancer l'espoir pour parvenir à une candidature de gauche avec un programme progressiste partagé, pour une politique de progrès social, écologique, démocratique et de paix.

Or le programme du Front de gauche "l'Humain d'abord" se trouve éliminé, supplanté, remplacer par "l'avenir en commun" qui du coup n'est plus commun. Sur plusieurs points importants les différences, voire les divergences sont notables. Aussi est-il hasardeux d'impliquer le Front de gauche que d'ailleurs JLM17 , après que le  candidat auto-proclamé ait déclaré lui-même le FDG dépassé. Désormais, selon lui,  seul le cadre de la "France Insoumise" caractérise son projet. Donc clarté et vérité doit s'imposer dans le débat public. Donc, honnêtement, ce n'est pas le FDG qui se range dans la "France Insoumise" mais un certain de nombre de personnes, ex-front de gauche, qui font ce choix.

Pour ce qui concerne les communistes, inclus dans le front de gauche, ils ne souscrivent pas au cadre, selon eux étroit, de la FI. Ils militent depuis toujours pour élargir le rassemblement du front de gauche ce qui implique nécessairement de rassembler au-delà de nous-mêmes.

C'est paradoxalement l'inverse que produit du coup la "france insoumise" en refusant de s'ouvrir à la discussion aux autres et en exigeant comme seule solution politique, non pas la discussion et le compromis, mais le ralliement, au programme, à la candidature présidentielle auto-proclamée, puis aux candidatures de la FI aux législatives, dans le cadre de la FI et ses règles.

J'interroge : comment avec ces exigences unilatérales, réussir le rassemblement ?

Les communistes ont décidé majoritairement de ne pas ajouter leur  candidature à d'autres candidats déjà trop nombreux à gauche. Leur combat pour rassembler sur des propositions progressistes à gauche, avec comme fond le programme du FDG l'"Humain d'abord" guide leur action. Ils sont favorables et militent pour des discussions avec tous ceux qui le veulent pour d'aboutir à des propositions communes, viables. Pour ce faire et comme tremplin vers le rassemblement, ils ont décidé majoritairement appeler à voter JL Mélenchon en mobilisant par une campagne autonome, sur les moyen's économiques et politiques nécessaires pour un vrai changement, sans intégrer le cadre de la France insoumise et en créant les conditions de l'élection de nombreux députés communistes et de gauche "hétérodoxe"

C'est d'ailleurs ce que les communistes de Thouars, dont l'activité fût mise en sommeil consécutivement au changement de responsables décidé par la fédération et qui a abouti à son mutisme et sa paralysie, ont décidé de faire. Depuis quelques semaines, la direction nationale du PCF a fait droit aux militants "exclus" et ceux-ci reprennent le flambeau du combat. Ils ont ainsi édité et distribué un tract pour s'opposer à la disparition de La Poste à Saint Varent, ils se sont réunis à plusieurs reprises pour tenter de rétablir des relations normales avec les instances fédérales, ils proposent une orientation et une candidature pour les législatives dans la 3e circonscription, ils entendent participer aux débats qui auront lieu durant la campagne électorale. 

Pour ma part, je suis persuadé que la presse locale jouera le jeu du pluralisme, de la clarté et de l'équité en donnant à voir la réalité de l"action des forces politiques qui agissent sur notre territoire. Ce blog y prendra part.

 

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4 janvier 2017 3 04 /01 /janvier /2017 23:08
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Bernard Adrian
6 h

Non seulement le statut des fonctionnaires a permis à plusieurs générations d'enfants d'ouvriers d'être recrutés par l'Etat et de faire carrière, mais il permet aussi aux fonctionnaires de garantir l'égalité de traitement entre les usagers des services publics.

Oui cette conquête sociale est bien du même niveau que la Sécurité Sociale et le droit de regard sur les comptes des entreprises reconnu aux Comités d'Entreprise.

C'est pour cette raison que les organisations patronales et ceux qui s'y rattachent veulent absolument l'abattre.

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4 janvier 2017 3 04 /01 /janvier /2017 15:29

Lucien Sève quitte le PCF pour faire vivre un communisme du XXIe siècle

 

Que faire maintenant ?

Dix thèses non conformes d’un communiste sans carte

J’ai adhéré au Parti communiste français en 1950, j’ai été trente-trois ans membre de son Comité central (1961-1994) – à elle seule cette durée condamne un mode d’organisation politique –, j’ai levé le drapeau de la refondation communiste en 1984, j’ai décidé en avril 2010, au bout d’un quart de siècle de batailles tous terrains non sans effets mais sans succès marquant, de quitter ce parti qui aura été le mien durant soixante ans, ayant perdu tout espoir en sa capacité interne de transformation, et me faisant grief à moi-même de contribuer à accréditer le contraire en y restant. A moins qu’on me tienne pour sénile, pareil curriculum doit vouloir dire quelque chose de fort.

J’ai essayé de l’expliciter dans plusieurs textes, l’un que j’ai signé avec nombre de partants comme moi, un autre corédigé avec Roger Martelli, et une lettre personnelle adressée à des correspondants interrogatifs. Mais bien que soit de haute importance le retour exigeant sur les raisons qui ont poussé des centaines de milliers de communistes et en poussent aujourd’hui encore à quitter ce parti – retour que n’a jamais vraiment entrepris sa direction, manquement injustifiable –, le plus important est dans l’interrogation prospective corollaire : partir pour où, partir pour quoi, si du moins, comme c’est mon cas et celui de tant d’autres, on quitte le PCF non parce qu’on ne se sent plus communiste mais au contraire parce qu’on constate qu’à y rester on ne peut pas l’être pleinement et inventivement comme l’exige de façon criante l’état présent des choses et du monde.

Nombre de mes correspondants me demandent à bon droit : tu proposes quoi ? A cette demande, on est bien entendu enclin à répondre que nul individu n’est tant soit peu en mesure d’élaborer isolément toute une politique pertinente, sauf niaise prétention qui d’avance disqualifierait son propos. Mais la plus légitime des modesties se convertirait en la plus coupable des irresponsabilités si elle conduisait à se dérober devant cette requête irrécusable : puisque tu te juges capable de statuer que le PCF n’est plus sauvable comme tel, consens à nous dire, pour ce que ça peut valoir, comment quant à toi tu te représentes ce que devrait être et faire une force communiste organisée efficace dans le présent et potentiellement riche d’avenir. J’accepte le défi. Plein d’interrogations sur ce que je vais avancer, mais en toute conviction du moins quant à son sens général, j’entreprends ici de dire pour où je pars et où je compte me retrouver demain avec ceux et celles qui pour de bon sont communistes.

* * *

1. Pour se donner quelque chance de faire vivre un « communisme du XXIe siècle », il y a un préalable impératif : tâcher de comprendre pourquoi celui du XXe siècle est entré à peu près partout en agonie. Or dès ce premier point le cas du PCF s’avère dramatique : il a cessé de s’interroger sur son histoire. A la question élémentaire : comment expliquer que le parti soit tombé à 1,93% lors de la présidentielle de 2007 ?, la direction n’a jamais apporté l’explication approfondie qu’exige pareille déroute. Si je ne sais pas clairement ce qui me tue, quel espoir ai-je de survivre ? La première des dix thèses annoncées est donc celle-ci : dans l’ordre du travail de pensée, rien n’urge plus que de se demander avec une exigence chirurgicale pourquoi en somme cette descente aux enfers que rien n’arrête depuis trente ans – ce que confirme encore le résultat d’ensemble des récentes élections régionales sérieusement analysé – bien que les successives directions aient passé leur temps à annoncer la prochaine remontée.

Une telle recherche n’a pas à être sommaire – sont par exemple à considérer des faits partiels de sens contraire : adhésions de jeunes, audience électorale en hausse dans telle ville ou région, utiles travaux d’intellectuel-le-s – mais elle se doit de bannir toute complaisance quant à l’essentiel, regardant froidement comme ils sont les rapports du parti à la réalité sociale en même temps que son étiage électoral, son état d’organisation, sa crédibilité politique, son audience culturelle, son image globale. Je considère pour ma part que tous ces clignotants sont au rouge, ce qui traduit une fondamentale crise historique à laquelle je vois trois composantes : carence stratégique, paralysie organisationnelle, allergie au pluralisme – et comme souvent, trois sont quatre : en fin de compte, sous ces trois drames mortifères, un facteur commun – sous-activité intellectuelle.

2. Je dis en premier, parce que c’est à tous égards déterminant : carence stratégique, en entendant par stratégie non pas le seul chemin mais aussi le but, donc l’ensemble de la visée.

En 1976, à son 22e Congrès, le PCF décidait d’« abandonner la dictature du prolétariat » comme voie d’accès au « socialisme pour la France ». Décision double sous son allure simple : d’une part était ainsi confirmé, sans débat, que l’objectif du parti était « le socialisme », censé conduire au communisme – transition à laquelle la longue histoire de l’URSS ou de tout autre pays socialiste n’a pas même apporté un début de vérification historique, ce qui devrait troubler tout marxiste –, et d’autre part, novation majeure quoique tardive, était rejetée la voie de la conquête révolutionnaire-violente du pouvoir : le passage au socialisme, insistait-on, ne peut se faire sans grandes luttes, mais chaque avancée devra être démocratiquement acquise par un vote majoritaire. Les luttes sociales qu’on avait en vue devaient construire offensivement les bases de ce qu’on mettait sous le mot socialisme – en tout premier : des nationalisations industrielles et bancaires étendues –, mais pareille perspective n’a jamais atteint à l’hégémonie culturelle nécessaire (la crise mortelle des pays socialistes aurait dû obliger à une profonde interrogation critique sur l’idée même de « socialisme pour la France », interrogation qui elle non plus n’a pas été poussée).

C’est le néolibéralisme qui a conquis les esprits, y compris au Parti socialiste, de sorte que dans un rapport des forces extrêmement dégradé il n’est plus resté au PCF en fait de stratégie réelle que l’animation de luttes défensives (contre le démantèlement de la Sécu, le traité de Maastricht, le CPE…), luttes indispensables mais d’évidence insuffisantes, et les batailles électorales (au Conseil national du 16 avril encore, le rapport sur les « pistes de travail » recense tout à fait dans cet esprit « deux défis » : 1. « Faire grandir les résistances » ; 2. « 2012 »). Dès les années quatre-vingt toute la vie du parti, du quotidien des cellules à la solennité des congrès, se met à tourner autour du calendrier électoral. La stratégie manifeste du PCF est depuis plus d’un quart de siècle à massive dominante électorale, et cela alors que les terribles expériences des milieux populaires et de la jeunesse leur ont de plus en plus rendu évident que, les choses étant ce qu’elles sont, rien de sérieux ne change ni ne pourra changer ainsi.

Avec sa politique effective le PCF, perçu comme formation électoraliste parmi d’autres mais sans chance d’arriver au pouvoir, ne peut donc plus faire la preuve populaire qu’il ouvre un avenir crédible. Il peut encore, si on s’y prend bien, se montrer utile à l’échelle locale, voire régionale ; la très nécessaire campagne nationale qui s’engage contre la mise à mal des retraites pourra peut-être éviter une nouvelle baisse de son faible score aux prochaines élections législatives ; mais qui croit encore qu’avec lui va « changer le monde » ? Là s’enracine l’implacable décadence historique du parti : elle tient à mon sens à une fondamentale carence de pensée innovante en matière de stratégie. Dans sa double teneur : le but (« le socialisme ») et le chemin (l’enlisement électoral).

3. Je dis ensuite paralysie organisationnelle, qui n’est au fond que le corollaire de ce qui précède, mais corollaire en lui-même mortel, car il rend impossible le vitalement nécessaire renouveau stratégique. Il est aujourd’hui de mode au PCF de récuser toute mise en cause de la « forme-parti » comme si elle signifiait niaisement refus d’organisation ; on se dispense ainsi de réfléchir autant qu’elle l’exige à cette question cruciale. L’actuel mode d’organisation et de vie du parti est l’héritier très affadi mais bien reconnaissable du modèle conçu par Lénine et révisé par la IIIe Internationale. Modèle des plus robuste qui assurait la cohérence entre visée stratégique et pratique organisationnelle en des pays encore peu avancés dans la voie capitaliste.

Le but étant la conquête révolutionnaire-violente du pouvoir pour engager par en haut la construction du socialisme, le parti devait être l’instrument de la guerre de classe, un état-major indiscuté y dirigeant des militants disciplinés. L’essence de ce type d’organisation est sa structure verticale (il y a un sommet qui dirige et une base qui exécute), qui passe pour exigée aussi bien par les sévères réalités de la lutte que par la rareté des hautes capacités politiques, quoi qu’en dise le démagogue basiste.

Lénine avait compris que seule fonctionne bien une discipline fondée sur la conviction librement acquise, de sorte que dans le parti qui fit la révolution d’Octobre 17 s’entretissaient vraie démocratie de congrès et autorité admise de la direction. Avec les terribles contraintes de la guerre civile puis le cynisme fruste de Staline, n’est resté en fait que le diktat du sommet. Dans des pays de tout autre développement comme le nôtre, où s’imposaient d’autres rapports, on a introduit maints éléments de démocratie dans le système, on s’est même flatté au 28e Congrès en 1994 d’en finir avec le centralisme, mais la structure fondamentale n’a en rien changé : il y a toujours un sommet qui dirige et une base qui exécute (avec de plus en plus de problèmes…). Et elle ne peut pas changer pour de vrai, car ce mode d’organisation répond seul à la sorte de stratégie mise en oeuvre, dont rien n’annonce le dépassement : si, acceptant de s’inscrire pour l’essentiel dans les normes de la politique institutionnelle, c’est-à-dire de la domination bourgeoise, on centre de fait toute l’activité du parti sur les élections nationales, on a alors réellement besoin d’une organisation verticale avec un sommet qui dirige (c’est-à-dire décide du plan de bataille, arrête le programme, choisit les candidats marquants, négocie avec les partenaires, oriente la propagande, etc.), et les « formes démocratiques » qu’on prétend y mettre (par exemple la triste comédie du « débat démocratique » sur un choix déjà mis en oeuvre de longue date par la direction) deviennent des insultes à l’intelligence militante. Ainsi les communistes sont-ils prisonniers d’un système organisé au rebours même du communisme, et contreproductif par construction en tant qu’instrument supposé d’émancipation.

Stratégie et organisation sont pour l’essentiel une seule et même chose considérée sous deux angles : dès lors qu’il y a carence stratégique, il y a paralysie organisationnelle, et réciproquement. Le parti meurt ainsi deux fois.

4. Je dis encore allergie au pluralisme, qui hélas marque aussi bien la politique unitaire du parti que l’attitude de la direction envers qui la conteste. L’ouverture vraie au pluralisme a bien sûr une condition : la confiance en soi que nourrit le succès de l’action étayé sur la vitalité de pensée, de sorte qu’accepter d’apprendre des autres ne fait pas redouter de se perdre soimême. Pour ce qui est de la vitalité de pensée, on y viendra au point suivant.

Quant au succès de l’action, les dernières décennies ont vu l’audience nationale du parti baisser à un tel point – se rappelle-t-on que Jacques Duclos avait obtenu plus de 21% des voix au premier tour de l’élection présidentielle en 1969 ? – que toute la nécessaire politique d’union est marquée par la peur paralysante d’y disparaître. Avoir perdu dans les années 70-80 la compétition avec François Mitterrand et le Parti socialiste a ancré chez les dirigeants communistes la hantise du partenaire qu’on aide à grandir et qui vous marginalise, comme s’il y avait le moindre espoir de remontée dans la crispation sectaire – le 1,93% de 2007, catastrophe politique prévue que rien pourtant n’a pu prévenir, en est la preuve définitive.

Nécessité absolue faisant loi, l’actuel Front de gauche va bien sûr en meilleur sens, mais l’histoire vraie des élections régionales, dont les communistes contestataires ont eu une fois de plus la très directe expérience, montre que rien n’a disparu des mauvais réflexes. Quant à l’attitude envers qui ne pense pas comme la direction, alors même qu’on allait répétant « la diversité est une richesse », vingt-cinq ans d’expérience refondatrice m’autorisent à dire, évitons tout mot violent, qu’elle n’a guère cessé d’être consternante. Lorsqu’on a des doutes fondés sur les choix et pratiques de la direction et des contre-propositions dérangeantes à faire valoir, on est rarement écouté, jamais entendu, mais de maintes manières – chose que je n’avais pas perçue avant d’en être venu là – combattu comme un ennemi de l’intérieur. Si ce qui précède semble excessif, qu’on ait le courage d’organiser l’audition de quelques-un-e-s parmi des dizaines de milliers qui s’en sont allé-e-s, y compris tout récemment.

Un tel système se rend lui-même sourd et aveugle ; quelle chance a-t-il alors de perdurer ? On ne manquera pas de faire valoir que, devant notre départ annoncé, on a des mots aimables pour nous dire de rester. J’en prends d’autant mieux acte que ce départ ne se fait pas contre des camarades mais contre le système dont je considère qu’euxmêmes sont en un sens victimes. Mais tout de même, mesure-t-on quelle crédulité on attend de ceux à qui on dit : ne partez pas, nous sommes sur le point de changer vraiment ? C’est ce qu’on me disait déjà lorsque j’ai quitté le Comité central au 28e Congrès, il y a seize ans : tout allait changer vraiment dans la vie du parti, on « abandonnait le centralisme démocratique »…

Pour être aujourd’hui crédible en la matière, à tout le moins faudrait-il avoir largement engagé la critique de ce qui est et la prospective de ce qui doit être ; or on ne voit ni vraie amorce d’autocritique ni vraie ébauche de théorisation, au sens exigeant du mot. Au contraire : le congrès d’étape de mi-juin devant « renouveler la direction », il est bien clair que la question cardinale recouverte par l’idée même de direction ne sera pas posée. Rien de décisif par conséquent ne pourra changer.

5. J’ai dit enfin qu’à mes yeux le facteur commun à ces trois drames mortels est la sousactivité intellectuelle du parti. Il s’agit là de bien autre chose qu’une prétentieuse querelle d’intello à la direction ; c’est la capitale question du travail de connaissance et de pensée qu’exige des communistes la réflexion sur les drames inépuisés du siècle dernier, les menaces sans pareilles qui s’annoncent en celui-ci, et en même temps les possibles de tous ordres qui s’esquissent pour un dépassement du capitalisme. Or, sans vouloir noircir, peut-on ne pas constater le profond reflux de ce travail de pensée sous ses multiples formes au fil des ans ?

Un exemple seulement, mais central : la question stratégique décisive des rapports entre socialisme et communisme. Il a fallu les plus grands efforts depuis plus de vingt ans pour que les communistes se réhabituent à l’idée de communisme totalement occultée sous celle de socialisme, qu’elle cesse d’être renvoyée à « l’idéal », autrement dit à ce qui n’arrivera jamais, pour reprendre son statut de visée historique concrète, que soient évoquées les raisons profondes pour lesquelles Marx était non pas socialiste mais communiste, que commence à apparaître ce qui dans l’idée de socialisme donne à comprendre que sous ses deux formes – social-autocrate et social-démocrate – il ait été disqualifié par l’histoire du siècle dernier, et comment s’impose d’élaborer aujourd’hui une visée proprement communiste de dépassement du capitalisme – acquis à mon sens capitaux, néanmoins contestés encore par certains et appelant d’autant plus entre communistes débats, recherches, appropriation critique.

Et voici que le Mouvement des jeunes communistes adopte un texte d’orientation (l’Humanité du 19 avril) qui fixe pour objectif la construction d’un « socialisme du XXIe siècle » comme « phase transitoire » vers « une société d’émancipation individuelle et collective » (ce que ne serait donc pas le « socialisme » ?) qu’on évite de nommer communisme… Gravement coupables sont ceux qui ont mis dans la tête des jeunes communistes d’aujourd’hui cette idée historiquement indéfendable (jamais nulle part « le socialisme » n’a été ni d’ailleurs ne pouvait être une transition au communisme, pour des raisons flagrantes que je n’ai pas la place de réexposer ici) et stratégiquement nocive (l’urgence est d’avancer vers l’appropriation des avoirs, savoirs et pouvoirs par les travailleurs et citoyens eux-mêmes, surtout pas vers quelque confiscation étatique baptisée socialiste).

Ainsi non seulement le travail de pensée sur une question de cette importance n’a pas avancé mais il régresse. Ne doit-on pas hélas généraliser ? Je n’ignore certes pas que le parti n’a plus le vaste ensemble de moyens – centres de recherche, revues, éditions… – dont il disposait dans les années 70. Mais peut-on imputer au manque de moyens la disparition des sessions thématiques de bon niveau que tenait le CC, l’abandon en tant de domaines du travail théorique et historique, l’absence désastreuse dans la plupart des grands débats d’idées ? Le décalage devient spectaculaire entre le foisonnement actuel du travail sur et avec Marx et la minceur théorique des débats du Conseil national, à en juger par les comptes rendus qu’en publie Communistes – cette lecture pour moi très déprimante n’est pas pour peu dans ma décision de départ. Au niveau de sous-activité intellectuelle où m’apparaît globalement le PCF, je ne vois pas comment il pourrait mieux résoudre ses criants problèmes stratégiques, organisationnels et unitaires.

6. Me voici au pied du mur : alors selon moi que faire maintenant ? La réponse n’est-elle pas largement dessinée en creux dans ce qui précède ? Le Parti communiste meurt d’être bien trop peu communiste. Et si on essayait enfin de faire au quotidien de la politique communiste au fort sens marxien du mot ? Ce qui veut dire concrètement quoi ? Prendre au sérieux la thèse stratégique fondamentale de Marx : « L’émancipation des travailleurs sera l’oeuvre des travailleurs eux-mêmes. » Thèse trop avant-gardiste peut-être en l’état où était au XIXe siècle, même dans les pays les plus avancés, le développement des forces productives et de la culture populaire, ce qui a conduit à la révolution par en haut et au parti vertical du feu « socialisme scientifique », dont la défaite historique est consommée ; mais thèse bien davantage de plainpied avec l’état présent des choses et des personnes, sans vouloir l’enjoliver.

Car en même temps que fait rage le pire capitalisme, son dépassement a déjà de longue date commencé dans des foules d’initiatives de pertinence et efficacité variables où le plus souvent hélas le PCF n’est pour rien (des militants s’y investissent individuellement, mais que fait le parti pour les épauler ?), de l’essor de l’économie sociale à la critique des médias, de la bioéthique au commerce équitable, des solidarités courtes à la revalorisation de l’« idée » communiste, et cent autres choses. En un tout autre sens que Lénine nous aussi pouvons dire en effet : la crise est mûre. Dans tous les domaines se multiplient les choses qui ne peuvent plus durer, et partout des forces modestes tentent de s’y attaquer : mêlons-nous-en ! Et ajoutons-y notre propre liste des choses qui ne peuvent plus durer, du management toyotiste d’entreprise au grossissement de ce qu’une juriste réputée appelle « l’Etat de police ». Mais pas à la vieille façon d’un parti qui pense par-dessus tout aux élections prochaines, croit traiter les problèmes par des campagnes de sommet dont l’une chasse l’autre et s’imagine être sur le terrain en distribuant des tracts à la Défense.

A la façon neuve de militants politiques du changement social qui s’accrochent avec acharnement à tel ou tel chantier de transformation bien choisi – concrètement utile pour des personnes et fondamentalement subversif pour le capital –, ne le lâchent plus, y investissent le meilleur de leur culture marxienne tout en apprenant des autres, y font leurs classes, marquent des points, essuient des revers, commencent à enraciner une image neuve du communisme en acte – ici est à bien entendre la leçon des élus de terrain qui réussissent.

Il s’agit en somme d’opérer un fondamental déplacement du centre de gravité de l’action communiste, en substituant carrément au primat de la politique institutionnelle celui de ce que j’appellerai la politique sociale – l’engagement au comptant de l’appropriation sociale par les salariés et citoyens associés, et ce n’est rien d’autre que cela, le communisme : hommes et femmes ressaisissant ensemble les puissances sociales, matérielles et spirituelles, qu’ils créent en vérité eux-mêmes mais que la société de classe métamorphose en forces aveugles qui les subjuguent et les écrasent – en termes savants, ça s’appelle l’aliénation.

Faire de la politique communiste au quotidien, donc. Le contraire même de la voie de la facilité : retour direct à la lutte de classes tous terrains, face à un adversaire dont la puissance multiforme est écrasante – mais qui en même temps offre des fragilités saisissantes. Le contraire même de la solution de confort : remise en cause radicale de toute la façon dominante, au PCF comme ailleurs, de faire de la politique – mais à un moment où la grande majorité des communistes, y compris, je suis prêt à le parier, parmi ceux qui restent au parti, sentent intensément qu’il va dans le mur.

Ce sera malaisé – qui peut croire aujourd’hui en une issue aisée ? –, mais exaltant : a-t-on assez discouru sur le « communisme du XXIe siècle à inventer » ? Eh bien nous y sommes : montrons si nous sommes à nouveau capables de cette vraie invention stratégique et culturelle qui fit jadis le Front populaire, formule qu’on reprend hors de contexte aujourd’hui plutôt que de concevoir celle qui répondra à nos données et visées présentes.

7. A peine a-t-on cependant esquissé cette nouvelle perspective qu’affluent les interrogations légitimes – une réflexion stratégique se met en marche. Pour faire court, n’en mentionnons que trois. Comment s’imaginer qu’on va s’approprier socialement quoi que ce soit qui compte quand le capital a tout en mains ? N’est-ce pas utopie de croire qu’on fera bouger tant soit peu le système global par le simple combat local ? Et déplacer le centre de gravité à la base, n’est-ce pas en fait déserter le combat au sommet, y compris l’élection présidentielle, et l’adversaire peut-il rien souhaiter de mieux ?

On ne va pas au fond de grandes questions stratégiques en quelques lignes et à soi tout seul. Mais là non plus je ne me déroberai pas. Comment engager des appropriations sociales dans un monde dominé par la propriété privée ? Objection-type du nostalgique de la révolution par en haut : rien ne changera tant qu’on n’aura pas d’abord conquis le pouvoir… C’est justement son long enfermement dans cette vue stratégique que le PCF paie d’un prix exorbitant. La réponse a été donnée par tous ces mouvements qui n’ont pas attendu la révolution pour révolutionner les choses (certes, pas tout à fait à la manière marxiste, mais à qui la faute ?), du féminisme à l’écologie. Le cas des Verts ne doit-il pas nous faire beaucoup réfléchir ?

Quelle chance semblait-il y avoir il y a seulement vingt ans de convaincre à l’échelle mondiale qu’à vivre comme nous vivons la planète Terre court à sa perte, et nous avec ? Ils se sont accrochés avec une constance exemplaire au terrain – le terrain, ce n’est pas qu’en bas, quoique « en bas » soit indispensable, c’est en même temps « en haut », dans les grands choix de politique économique ou les grands débats d’idées –, et ils ont réussi l’improbable, non sans lourde équivoque, certes, ce qui leur a bien facilité les choses, mais en donnant quand même à tous une forte leçon d’ambition stratégique. Je dis qu’il nous faut former et pratiquer une ambition de cette sorte autour du dépassement communiste du capitalisme, et qu’à moins de cela nous ne serions absolument pas à la hauteur des périls et des possibles du nouveau siècle. Je dis qu’au lieu de « campagnes nationales » décidées au sommet (en vérité sommet d’une taupinière), oubliées en peu de mois et dont jamais n’est même fait le bilan critique, il faut que toute la vie de la formation communiste soit en permanence structurée par les batailles appropriatives de long souffle menées sur des foules de terrains divers par des collectifs locaux durables et formant peu à peu maillage général.

Mais comment faire bouger l’énorme global par un combat modestement local ?

Présentation fallacieuse des choses. Passer du primat de la politique institutionnelle à celui de la « politique sociale » n’est en rien faire voeu de s’enfermer dans le basisme. Bien entendu il faut parvenir à un tout autre rapport des forces global ouvrant la voie aux indispensables transformations par en haut – mesures juridiques, conquêtes législatives, politiques gouvernementales… Mais comment donc atteindre à pareil rapport des forces ? La consternante situation d’aujourd’hui ne montre-t-elle pas à suffisance que nous en rend incapables la stratégie présente ? Un exemple : grâce aux travaux de Paul Boccara, le parti dispose depuis bien des années d’un projet de transformation sociale dont l’inspiration communiste est de haute portée : la sécurité d’emploi et formation pour tous. Comment comprendre qu’un projet si fort n’ait toujours pas une audience plus forte ?

Une idée comme celle-là fait typiquement partie de celles dont Marx dit qu’elle deviennent des forces matérielles quand elles s’emparent des masses. Mais quelle campagne de sommet, forcément bien confidentielle en l’état actuel de l’audience du parti, pourrait faire qu’elle s’empare des masses ? Supposons au contraire que des organisations communistes de terrain se soient depuis des années consacrées entièrement avec esprit de suite à mettre pareil projet en partage avec les salariés de telle entreprise et tel service, avec à la clef nombre d’initiatives concrètes, voire de premiers succès partiels : je mets en fait que la proposition, portée par eux, serait aujourd’hui une force difficilement contournable sur le plan national. Or il y a par vingtaines des objectifs de tranformation sociale profonde qu’il importe au premier chef de traiter ainsi avec esprit de suite et ambition croissante, de la conquête du droit d’intervention des salariés dans la gestion au révolutionnement du scandaleux contenu des informations télévisées, en passant par tous les domaines de la vie sociale, relationnelle, intellectuelle.

Je pense que ce qui précède esquisse aussi réponse à la troisième question. Risque de négliger les grands batailles électorales ? N’est-ce pas bien plutôt à trop vouloir ne pas les manquer qu’on les a manquées depuis tant d’années ? Commençons à rendre éclatante, sur le terrain et au jour le jour, l’utilité nationale spécifique d’une organisation communiste digne de ce nom, je garantis que même l’élection présidentielle – tant que nous n’aurons pas pu faire changer la Constitution – cessera d’être pour elle un épouvantail.

8. D’évidence, pareille mutation de stratégie n’est concevable qu’accolée à un changement fondamental du mode d’organisation. C’est le deuxième volet capital de la révolution du communisme qu’il est archi-urgent d’engager. Et pour commencer sur ce sujet, tordons-le cou à une objection éculée : mettre en cause dans son principe la forme de l’actuel parti communiste dans le sens où on le fait ici est le contraire même d’un projet liquidateur ; peuton même faire observer que ce qui est en train de liquider sous nos yeux l’organisation communiste est justement cette forme-là ? Ce qui est à l’ordre du jour, c’est précisément une vigoureuse relance de l’invention organisatrice.

Déplacer résolument le centre de gravité de l’activité communiste sur les terrains de la transformation sociale exige en tout premier une forme correspondante d’organisation de terrain. Dans le système hérité de la IIIe Internationale, l’organisation de base – appellation caractéristique d’un parti vertical – est la cellule. Sa force est d’être locale (tel quartier, telle entreprise) : elle assure, si du moins elle est vivante, un enracinement populaire à l’action communiste ; sa faiblesse rédhibitoire est d’être généraliste : ayant à porter toute la politique du parti, elle ne peut sauf cas d’espèce atteindre à la haute expérience et compétence sur rien.

Ce qui n’est aucunement fortuit : elle a été conçue non pas du tout pour élaborer mais pour appliquer la ligne conçue et décidée en haut. La cellule est ce qui rive le PCF à une politique de sommet, jadis tournée vers la révolution par en haut, aujourd’hui vers l’obsession des élections nationales, image même de ce qui ne fonctionne plus et dont la plupart ne veulent plus. Avec une structure de base vouée par construction à l’application indifférenciée de politiques conçues et décidées loin au-dessus d’elle, comment espérer avoir de façon suivie des batailles concrètement efficaces, déployer partout une initiative militante de haut niveau, rendre à nouveau la politique excitante pour les jeunes, former en nombre des personnalités communistes rayonnantes ?

La nouvelle stratégie ici esquissée exige tout autre chose : la formation tous azimuts de collectifs thématiques d’initiative, enracinés dans un territoire géographique ou sociologique à l’échelle d’une section, constitués par choix militant volontaire, se consacrant dans la durée à une bataille transformatrice à la fois importante et précise, et entièrement maîtres de leur activité – orientation, contenus, études, objectifs, modalités. Le ruineux clivage entre base et sommet est ici dépassé : les collectifs thématiques d’initiative sont à la fois base et sommet, ils exécutent ce qu’ils élaborent et décident eux8 mêmes, tirent leçon de leurs succès et échecs et deviennent plus performants en apprenant. A la verticalité du parti à l’ancienne se substitue l’horizontalité d’une formation politique de transformation sociale de nouveau type.

De quoi pareils collectifs ont-ils en effet l’évident besoin ? Non pas de directions prétendant leur dire abstraitement d’en haut quoi et comment faire, mais d’aides efficaces et qualifiées. Ces aides, ils les cherchent en premier dans la communication horizontale avec les collectifs communistes homologues qui à travers le pays (demain peut-être par-delà les frontières…) mènent bataille transformatrice sur le même objectif : échange d’informations et d’expériences, croisement des interrogations, mise en commun de ressources intellectuelles, élaboration d’initiatives communes à l’échelle régionale et nationale… De vrais réseaux thématiques émergent, interviennent avec l’autorité acquise dans les affrontements d’idées et débats institutionnels, donnent corps à l’ambition de dépassement communiste du capitalisme.

Se développant, ces échanges réclament eux-mêmes une organisation supérieure, laquelle ne renvoie aucunement à une verticalité (la prise d’initiative responsable par tous rendra patent ce qu’a d’archaïque l’idée de direction) mais à une centralité, lieu d’incessante activité centralisante-décentralisante. On aura ainsi des conseils thématiques centraux, forme révolutionnée des anciennes sections de travail du PCF, et un conseil national élu en congrès permettant de former la nécessaire vue critique d’ensemble – à l’exclusion catégorique de tout exécutif, dont le retour porterait contradiction frontale à tout l’esprit de cette formation inédite. Dans mon imaginaire personnel, cette nouvelle organisation politique de transformation sociale, esquissée il y a des années, s’appelle Initiative communiste…

9. Ici aussi, bien entendu, surgissent d’emblée avec véhémence maintes questions en forme d’objections, auxquelles il va de soi que les seules réponses probantes seront celles de l’expérimentation collective. Mais ce n’est pas perdre son temps que commencer à les explorer en pensée. Je me borne ici à trois questions criantes : comment croire, sauf total utopisme, que puisse tant soit peu fonctionner et a fortiori réussir dans la société telle qu’elle est une formation politique sans direction ? Très concrètement par exemple, comment y régler les divergences de vue qui naissent sans cesse de la complexité des problèmes et de la diversité des avis ? Plus encore, comment ne pas voir la structurelle incapacité de pareil système hypothétique à affronter les exigences de la politique nationale comme telle, alors qu’on affirme ne vouloir négliger en rien des tâches comme celles de l’élection présidentielle, du travail parlementaire ou des relations avec les partenaires en France et dans le monde ?

Si vraiment des communistes peuvent juger impensable une formation politique opératoire sans direction, cela donne une idée crue de ce qu’on a appelé plus haut sous-activité intellectuelle. Oui ou non, est-on d’accord avec la thèse de Marx : « L’émancipation des travailleurs sera l’oeuvre des travailleurs eux-mêmes » ? Le fait est que dans toute sa pratique le mouvement historique qui s’est intitulé communiste n’en a pas cru Marx : il a pris à tâche de réaliser lui-même l’émancipation des travailleurs. C’est très exactement cela qui a fait une fracassante faillite à la fin du siècle dernier ; et c’est cela même qui fait le fond de l’essentielle différence entre socialisme et communisme. Ne comprend-on pas qu’il est décisif d’en tirer l’entière leçon ?

Qu’un parti qui se veut celui de l’émancipation générale soit luimême construit sur le refus de l’émancipation militante – la vie militante aurait besoin d’être dirigée d’en haut – fait partie de ces aberrations avec lesquelles on ne peut plus pactiser une fois qu’on en a vraiment pris conscience. Ne faut-il pas voir enfin en face à quel point de profondeur la culture de direction communiste est hantée à son corps défendant par de vieux stéréotypes de classe, et cela alors même qu’en principe le parti se prononce pour la prise en main de la gestion économico-sociale par les travailleurs ? Son mode même d’organisation montre à tous qu’il n’y croit pas vraiment. N’y croyant pas vraiment, il ne travaille pas la question. Or ce travail fait apparaître que la panique à l’idée d’une formation politique sans direction repose sur une foncière confusion : ce dont a réellement besoin un combat transformateur efficace, ce n’est pas la verticalité de pouvoir mais la centralité de délibération – une centralité toute horizontale qui ne dirige pas mais coordonne, permettant la mise en cohérence sans engendrer la dépendance. Là seulement, à mon sens, peut commencer une réflexion organisationnelle de vraie teneur communiste. Et un congrès qui « renouvelle la direction », c’est-à-dire la perpétue, ne peut de ce fait même être un congrès de vrai renouvellement.

Soyons plus concret : sans sommet qui dirige, et à l’occasion tranche, comment surmonter par exemple les sans cesse renaissantes divergences de vue tant pratiques que théoriques ?

D’une double façon. D’abord par une activité centralisante-décentralisante vivante, au coeur de laquelle s’effectue un travail de pensée intense en prise directe sur l’expérience transformatrice : ce qui tient bien trop souvent lieu de débat communiste jusqu’ici (qu’on relise les comptes rendus de discussion du Conseil national) est pour l’essentiel l’affrontement statique de points de vue individuels, alors qu’il y faudrait la dynamique d’une recherche commune sanctionnée par la pratique. Les centres d’Initiative communiste tels que je les imagine – centres thématiques, conseil national – fonctionneront non au pouvoir mais à la conviction et, pour conclure provisoirement, quand il le faut, au départage majoritaire. Reste alors le problème du point de vue minoritaire persistant. La nouveauté majeure d’une formation sans direction est en ce domaine qu’elle lui reconnaît le droit à expérimentation dans son sens : vous êtes majoritaires, mais je persiste à penser que vous êtes dans l’erreur, permettez que j’en fasse la preuve pratique, ou que je me convainque moi-même d’avoir tort.

 

C’est très directement de cela que n’ont jamais pu bénéficier les refondateurs communistes, et qui a nourri leur conviction que faire du communisme nouveau n’était décidément possible qu’hors du parti.
Mais va-t-on prétendre qu’une organisation de cette sorte permettrait de traiter valablement les grands problèmes nationaux de la politique institutionnelle ? La réponse est claire : non. Il y faut manifestement une forme d’organisation partageant certains traits majeurs avec l’actuelle forme de tous les partis politiques, PCF inclus, et pour une raison de fond : la bataille qui se mène dans le système même du pouvoir politique institué importe inévitablement en ellemême des traits de ce pouvoir – exemple élémentaire : pour marquer des points au premier tour de l’élection présidentielle il faut, que cela plaise ou non, produire un candidat, homme ou femme, qui soit une personnalité médiatique…
On touche ici au drame qui s’est noué dans l’histoire du PCF à partir de 1976 : dès lors que, renonçant avec raison à l’ancienne voie révolutionnaire, parfaitement chimérique dans un pays et un temps comme les nôtres, il s’est de fait rabattu pour l’essentiel sur les batailles électorales, toutes les velléités de sortir du vieux moule organisationnel, forme verticale où un sommet dirige et une base exécute, étaient condamnées par là-même au voeu pieux (je n’ai jamais oublié ce cri du coeur de Georges Marchais, Secrétaire général du parti, alors que je proposais cette simple transformation démocratique : que le Comité central discute et décide lui-même de l’organigramme de son travail que lui assignait par-dessus sa tête la direction : « Je veux tout ce qu’on veut, excepté qu’on empêche le Bureau politique de travailler »…)
Dans le schéma ici esquissé, le conseil national met en place un vaste secteur de travail rassemblant ceux et celles qui militent dans les divers domaines de la politique institutionnelle, à commencer par les élu-e-s de tout niveau, secteur qui organise lui-même son activité et ses initiatives en toute responsabilité, sous deux réserves majeures : l’orientation politique qu’elle traduit à sa façon dans ses initiatives et ses votations est celle même que définissent en continu les centres thématiques et le conseil national, non sans dialogue poussé avec les élu-e-s mêmes ; c’est au conseil national que revient la ratification des candidatures, leur choix dans les cas les plus importants. Ainsi y a-t-il là un certain rapport de pouvoir : dérogation inévitable au principe général, imposée par les règles dominantes du combat politique (qu’il faut aussi travailler à faire bouger du dedans) ; mais dérogation circonscrite dont tout le sens est de faire vivre en permanence le primat stratégique de la « politique sociale » sur l’institutionnelle et la constante maîtrise des collectifs militants de terrain sur l’activité générale de leur formation.
Cette double révolution – stratégique et organisationnelle – de la force communiste, de profond effet sur la richesse de son travail de pensée et l’authenticité de son ouverture au pluralisme, pourrait être cet élément déclenchant que chacun attend avec angoisse et espoir, dans une situation politique tournant au cauchemar où pourtant on sent qu’il en faudrait peu, à condition que ce peu soit dans le mille, pour « mettre le feu à toute la plaine ». L’enjeu n’est pas seulement – ce qui pourtant serait déjà beaucoup – de rendre à nouveau largement crédible une composante authentiquement communiste de la politique française. De façon plus vaste, il s’agit de réussir ce à quoi ont notoirement échoué jusqu’ici, en même temps que le PCF, toutes les forces politiques contestataires des rapports dominants, Verts aussi bien que trotskistes – et Refondation communiste non moins qu’ATTAC : l’invention de la forme d’organisation et de vie capable de rendre le désir de politique aux forces populaires et à la jeunesse en conjurant enfin le sempiternel retour à la cuisine de sommet (qui menacera beaucoup moins s’il n’y a plus de sommet…) – échec organisationnel qui de façon extrêmement significative a dans ces quatre cas beaucoup à voir avec la verticalité de pouvoir impliquée par la prégnance du souci électoral. Imaginons un peu au contraire cette chose très inédite : une force communiste de culture et de facture intensément nouvelles ouvrant la voie à une façon de militer libératrice où se préfigure un nouvel ordre social d’appropriation collective et de dépassement des pouvoirs aliénants… A l’approche du centenaire d’Octobre 1917, une vraie bifurcation historique en gestation.
10. Sans vouloir en dire plus qu’il n’est raisonnable dans un texte de cette nature, reste encore cependant à revenir de manière au moins indicative sur les questions majeures du pluralisme et de l’unité, dans leur double dimension : comment avancer vers de possibles retrouvailles de tous les communistes dans une même formation, et vers la plus étroite coopération possible de cette formation avec les courants multiples de la gauche anticapitaliste ?
Sur le premier point, il faut regarder les choses en face : quelque sympathique et même neuf que se veuille l’appel à ne pas s’en aller, les partants du PCF ne reviendront pas, ayant tous conscience d’avoir longuement fait une expérience définitive. Il n’y a là ni froideur – se résoudre à quitter son parti après des dizaines d’années souvent est une dure épreuve personnelle – ni arrogance – il ne s’agit pas de se prendre individuellement pour meilleur qu’un autre. Est en cause un constat politique irrécusable : le PCF dit vouloir évoluer en profondeur, mais sans renoncer à ce qu’on tient ici pour caractéristique de sa conception stratégique et organisationnelle ; celles et ceux qui voient là justement ce qui lui interdit toute transformation réelle ne peuvent dès lors que prendre acte d’une divergence de vues irréductible et en tirer la conséquence. Une seule chose semble de nature à remettre éventuellement en cause une séparation de corps dont aucun communiste ne peut se satisfaire : la leçon de l’expérience à venir.
Supposons qu’en fonction de l’expérience les divergences aujourd’hui irréductibles cessent de l’être : la question d’une « maison commune » de tous les communistes deviendrait d’actualité. Mais elle le deviendrait dans un contexte qu’il importe de bien voir : un très grand nombre de communistes sont aujourd’hui des sans-parti, et ils ne renonceront à ce statut que pour adhérer à une organisation nouvelle présentant des garanties convaincantes à leurs yeux de ne pas rééditer les errements par lesquels ils ont été contraints de quitter le PCF. Ce qui signifie que la seule modalité envisageable de constitution d’une nouvelle « maison commune » de tous les communistes est celle d’Assises constituantes préparées selon le principe d’une complète horizontalité. On peut concevoir par exemple que soit mûrement élaboré de façon pluraliste un projet de charte servant de fil directeur aux échanges préparatoires et débats d’assises d’où sortira une nouvelle formation communiste.
Un tel processus serait grandement favorisé par la participation commune de communistes avec et sans carte à des initiatives transformatrices de terrain, les uns et les autres envisageant semblablement par hypothèse leurs objectifs et leurs modalités. Dans cette souhaitable perspective importe le climat général des rapports entre PCF et communistes sans parti, ce qui implique tout autant la franchise précise dans l’approche des divergences que la fraternité maintenue dans des coopérations militantes.
L’action commune de terrain est aussi à mon sens la clef de toute perspective unitaire au plus vaste sens du terme. Tout a déjà été dit sur le drame qu’est pour la gauche anticapitaliste son morcellement jusqu’ici incoercible, qui lui interdit de peser notablement sur le rapport des forces politiques. Sous sa forme électorale, cette évidence est pour beaucoup dans la positive formation du Front de Gauche. Mais c’est aussi son étroite limite : comment conférer une vraie crédibilité sociale et par là une vraie dynamique politique à un simple front électoral, quand s’étend dans les milieux populaires et la jeunesse non point tant une dépolitisation qu’un désintérêt majeur pour les formes institutionnelles de la politique tenues pour incapables de répondre aux urgentes exigences de changement ? Il devient donc nécessaire d’explorer les conditions et voies de passage du cartel électoral à une plus substantielle coopération politique, éventuellement à une association organique. Faut-il tenter d’aller jusqu’à ce dernier terme ? Nous voici de nouveau confrontés à l’essentielle exigence de concordance entre contenu stratégique et forme d’organisation. En cette question sur laquelle me semble importer la prudence expérimentale, je me limiterai ici à dire ce qui m’apparaît valoir comme principe de choix : la maison commune est indiquée entre résidents désireux d’en faire même usage, contre-indiquée dans le cas contraire. On peut concevoir une organisation politique commune à une pluralité de forces partageant la visée d’une évolution révolutionnaire dépassant le capitalisme, ce qui implique le partage d’une triple conviction :
1) que si la maîtrise historique du développement des forces productives humaines est d’importance fondamentale (thèse marxienne qui peut permettre une vraie entente avec des écologistes), de ce point de vue même est décisif le dépassement progressivement radical des rapports de production à caractère de classe (thèse marxienne en litige majeur avec toute une « pensée verte ») ;
2) que ce dépassement implique, même à laisser ouverte la question très controversée des régulations marchandes, l’indispensable dépassement de la régulation dominante par le taux de profit ;
3) et qu’il implique aussi, à laisser ouverte cette autre question vivement controversée qu’est le dépérissement de l’Etat de classe, à tout le moins le plus large passage possible dans le contexte existant de la démocratie délégataire à la démocratie participative.
Sur cette base supposée clairement acquise, apparaîtrait envisageable et dès lors potentiellement bénéfique la constitution d’une force politique fédérative où une organisation communiste serait associée à d’autres de tradition et de culture différentes.
A défaut d’entente sur une base de cet ordre, vouloir aller jusqu’à la maison commune me semblerait une erreur susceptible de conduire à de graves mécomptes : une telle formation ne pourrait en effet manquer de se cliver, voire d’éclater dans telle ou telle situation mettant à nu ses désaccords de fond, et ainsi de décevoir à la mesure des grands espoirs unitaires suscités, déception dont nul ne peut dire d’avance quelles conséquences dramatiques elle pourrait avoir. D’où à mon sens la haute importance de la connaissance mutuelle entre partenaires potentiels qui s’acquiert moins en un certain nombre de discussions de sommet autour d’une table qu’en une foule suivie d’initiatives communes sur les terrains les plus divers : montre-moi comment tu luttes, je saurai qui tu es, et jusqu’où donc il est raisonnable d’aller dans la coopération.
* * *
Les lettres et messages que m’a valus l’annonce de mon départ du PCF m’ont demandé pourquoi je pars, pourquoi maintenant, pour où et pour quoi faire ? Je pense avoir répondu sans faux-fuyant. Pourquoi je pars ? Parce que la mise en route indispensable et urgente d’un communisme pour notre temps requiert à mes yeux de façon impérative des mutations stratégiques et organisationnelles dont sa direction écarte le principe même, et que donc tenter de construire en ce sens ne peut hélas se faire qu’hors de lui. Pourquoi maintenant ?
J’aurais pu et sans doute dû partir en 2007, jugeant impardonnable la faute politique capitale qui fut alors commise, et qu’avec d’autres j’avais tenté en vain de prévenir ; les trois ans écoulés depuis lors, où s’est accentuée la mise à l’écart obstinée de la proposition refondatrice, ont achevé de me convaincre qu’y rester cautionnait ce que je ne puis admettre ; ne voulant rien faire qui soit de nature à nuire si peu que ce soit au résultat des élections régionales, je n’ai passé à l’acte qu’après elles. Et je l’ai fait publiquement avec d’autres, parce qu’il ne s’agit pas d’une fuite individuelle sans horizon mais, dans la mesure du possible, d’un nouveau départ solidaire pour un communisme authentiquement renouvelé.
Pour où je pars ? Pour un où qui n’existe pas encore, un où à construire d’une façon à inventer, même si je considère par exemple qu’une structure fort modeste telle que Communistes unitaires peut être bien utile pour engager ce qui doit l’être. Pour faire quoi ? Ce qu’à mes yeux le PCF aurait dû commencer à faire lui-même il y a bien des années, qu’il ne fait toujours pas, qu’il ne se prépare même pas vraiment à faire, ce qui scandalise le communiste que je suis depuis soixante ans. Sans que cela fasse renoncer à l’optimisme de la volonté.
30 avril 2010
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2 janvier 2017 1 02 /01 /janvier /2017 10:51
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30 décembre 2016 5 30 /12 /décembre /2016 18:48

30/12/2016

Le bilan combatif des députés Front de gauche

députésFG.jpgAurélien Soucheyre, L'Humanité

Dans un rapport sur leur action au Palais Bourbon, les parlementaires du groupe GDR reviennent sur la longue série de lois régressives proposées par l’exécutif, qu’ils ont combattues dans l’Hémicycle, et sur les propositions de loi qu’ils ont défendues, qui auraient dessiné un tout autre quinquennat.

L’heure est au bilan. Loin de toute autosatisfaction, les députés élus sous l’étiquette Front de gauche en 2012 ont présenté leur rapport d’activité. « Avoir l’honneur de représenter le peuple souverain, c’est aussi l’obligation de rendre compte de son action », estime leur chef de file, André Chassaigne.

La XIVe législature et la position des élus du groupe GDR, hors députés ultramarins, a ainsi été décortiquée et étayée jusqu’à octobre 2016. Sidération, combativité et sentiment de grand gâchis se lisent au long des 37 pages du document. La fin est déjà connue : « le peuple de gauche a assisté avec consternation à l’adoption d’une série de lois régressives sur le plan des libertés comme sur le plan économique et social (…). Face à (ces) dévoiements et à (la) dérive idéologique, nous sommes restés fidèles à nos engagements, ceux d’une gauche mue par des valeurs de justice sociale, le développement durable et la solidarité internationale », écrivent les parlementaires.

Le groupe vote contre la deuxième loi de finances rectificative

Tout n’avait pourtant pas si mal commencé. En juillet 2012, les députés Front de gauche votent pour la première loi de finances rectificative. Sitôt élu, François Hollande s’attaque alors à une partie de l’héritage des années Sarkozy (TVA « sociale », heures supplémentaires défiscalisées, affaiblissement de l’ISF…). Ce positionnement sera de très courte durée. « Il s’agira du seul budget du quinquennat en faveur duquel nous nous prononcerons », précisent les députés.

Dès l’automne, ils s’abstiennent au sujet du projet de loi de finances pour 2013, à la suite de leur vote contre la ratification du TSCG européen qui lançait la France sur le chemin de l’austérité et de la réduction de la dette publique. En décembre de la même année, enfin, ils votent contre la deuxième loi de finances rectificative, qui porte déjà en elle le Cice à venir. D’un coût de 20 milliards d’euros par an, financé en partie par une hausse de 10 milliards d’euros de la TVA dès 2014 (« impôt le plus injuste qui occupe une place de plus en plus importante dans le budget d’un ménage »), ce dispositif sera « inefficace, en plus d’être injuste », tout en étant gracieusement accordé sans ciblage ni contrepartie, pour le plus grand bonheur du Medef. En 2013, les collectivités locales seront mises à contribution, avec une perte de 10 milliards sur trois ans.

chassaigneassemblee.jpgEn cinq ans, il y a eu des votes pour. « Quand cela allait dans le sens de l’intérêt général, de l’égalité et du progrès, nous avons tout naturellement soutenu, amendé, tenté d’améliorer au maximum et voté les lois », développe André Chassaigne.

Des exemples : loi Alur, loi relative à l’économie sociale et solidaire, loi pour une République numérique, pour la COP21, pour les emplois d’avenir, pour le statut des stagiaires, contre le harcèlement sexuel, pour le mariage pour tous, pour la transparence de la vie publique, contre le cumul des mandats, pour la refondation de l’école, pour l’égalité et la citoyenneté, contre la fraude fiscale et la grande délinquance économique et financière, ou encore la loi de modernisation de la justice, celle de reconnaissance par le Parlement de l’État palestinien, et même la première loi sur l’état d’urgence. « Dans des circonstances exceptionnelles pour la sécurité de chacun, argumente André Chassaigne. Nous nous sommes fermement opposés à toutes les prorogations suivantes, inefficaces, contraires à l’État de droit et aux libertés fondamentales. » Même son de cloche pour la liberticide loi sur le renseignement, qui place « un dispositif de surveillance massive dans les mains de l’exécutif », rompant, en outre, avec la nécessaire séparation des pouvoirs.

Une motion de censure de gauche après le 49-3 sur la loi El Khomri

Au-delà du projet de déchéance de nationalité, finalement abandonné, les votes contre l’emportent ainsi très largement, à travers des oppositions frontales sur des textes fondamentaux, comme la réforme ferroviaire ou territoriale par exemple, qui rompent avec l’exigence d’égalité entre les citoyens et les territoires, notamment assurée par les services publics. La loi Macron, évidemment, qui a banalisé via 49-3 le travail du dimanche et de nuit sans compensation salariale, amené à une « libéralisation antiécologique du transport » en plus d’une privatisation des aéroports. Idem pour la loi sur l’ANI, celle sur le dialogue social et l’emploi, et bien sûr la loi El Khomri, qui ont entériné une « précarisation des salariés pour sécuriser le patronat ».

Sur la loi travail, passée en force à coup de 49-3, les députés Front de gauche iront jusqu’à signer les deux tentatives de dépôt d’une motion de censure de gauche contre le gouvernement, après avoir proposé de nombreux amendements de suppression des mesures les plus iniques, et de réorientation du texte : réduction du temps de travail, sécurité sociale et professionnelle, encadrement des rémunérations des dirigeants, protection contre l’ubérisation.

Quelques propositions de loi ont finalement été adoptées

Les députés du Front de gauche ont également voté contre tous les projets de loi de financement de la Sécurité sociale, dénonçant la conservation des « mesures instaurées par la droite », « l’allongement de la durée de cotisation pour une retraite à taux plein », et la prolongation durable de « la casse de notre système de santé », dont « les hôpitaux publics sont les premières victimes », jusqu’à se voir imposer un plan d’économie de 10 milliards d’euros sur trois ans.

La plupart des amendements du groupe GDR ont été repoussés, tout comme leurs propositions de loi, de l’amnistie syndicale à l’interdiction des licenciements boursiers, en passant par la tenue d’une conférence européenne pour la restructuration de la dette, la garantie du revenu des agriculteurs, la réhabilitation des fusillés pour l’exemple et le projet de droit de préemption des salariés. Quelques-unes ont été adoptées, comme la loi portant sur l’autonomie des femmes étrangères, celle de la suppression du mot « race » dans la législation, ou encore l’encadrement des rémunérations en entreprise, bien que vidé d’une grande partie de sa substance par un exécutif qui portera « une lourde responsabilité historique devant le peuple de gauche ».

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Published by bruno fornaciari - dans groupe GDR-CRC pcf
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30 décembre 2016 5 30 /12 /décembre /2016 17:49
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30 décembre 2016 5 30 /12 /décembre /2016 08:32

1946 : le statut général des fonctionnaires, un « socle progressiste »

Maurice Thorez, également secrétaire général du Parti communiste français,vice-président du Conseil, chargé de la fonction publique. Le statut fut modernisé et élargi lar le Ministre communiste de la fonction publique Anicet Le Pors en 1983.

Histoire
ANICET LE PORS ANCIEN MINISTRE, CONSEILLER D’ÉTAT HONORAIRE
VENDREDI, 21 OCTOBRE, 2016
L'HUMANITÉ
À partir de 1946, plus d’un million d’agents publics de l’État, comme ici, aux PTT, ont acquis le statut de fonctionnaires protégés par la loi.
À partir de 1946, plus d’un million d’agents publics de l’État, comme ici, aux PTT, ont acquis le statut de fonctionnaires protégés par la loi.
Photo : M. Zalewski/Adoc-Photos

Issue du mouvement de progrès social impulsé par la Résistance, une loi sera promulguée le 19 octobre 1946. Contrairement au système hiérarchique en vigueur, les agents publics de l’État sont considérés comme fonctionnaires, protégés par un statut.

Le 5 octobre 1946, la deuxième Assemblée ­nationale constituante examine son dernier projet de loi avant le référendum sur la Constitution de la IVe République. Il s’en est fallu de peu que ce texte relatif au statut général des fonctionnaires ne puisse venir en discussion avant la fin de la session ; un ultime accord entre le président du gouvernement provisoire, Georges Bidault, et le vice-président du Conseil, chargé de la fonction publique, Maurice Thorez, également secrétaire général du Parti communiste français, a tranché d’âpres débats qui n’en finissaient pas. En quatre heures, sans discussion générale, les 145 articles du texte sont votés à l’unanimité. Plus d’un million d’agents publics de l’État sont considérés comme fonctionnaires, protégés par la loi, même si seulement 47 % d’entre eux sont effectivement titularisés dans le cadre de ce statut. La loi sera promulguée le 19 octobre 1946.

C’était l’aboutissement d’une longue histoire de la fonction publique. L’Ancien Régime avait connu la vénalité et la patrimonialité des charges administratives. La Révolution française supprima ces privilèges et posa des principes d’égalité d’accès aux emplois publics et de probité des agents publics. Mais c’est une fonction publique dominée par le pouvoir hiérarchique qui prévalut au XIXe siècle et pendant la première moitié du XXe. Au point que le premier statut des fonctionnaires vit le jour sous Vichy, un texte du 14 septembre 1941 inspiré par l’antidémocratique « charte du travail ». Les associations, puis les syndicats de fonctionnaires n’avaient cessé de dénoncer jusque-là les tentatives de « statut carcan » que tentaient de leur imposer les gouvernements conservateurs. Ils réclamaient un « contrat collectif ».

Un premier projet de statut démocratique

Une telle situation met en valeur la lucidité et l’intelligence dont firent preuve les responsables progressistes de l’époque, issus pour la plupart de la Résistance. À l’exemple de Jacques Pruja, un dirigeant de la Fédération générale des fonctionnaires (FGF-CGT), révoqué, arrêté, puis réintégré, qui prit l’initiative d’élaborer un premier projet de statut démocratique avec lequel il finit par vaincre les réserves qui s’exprimaient au sein même de son organisation syndicale. La FGF adopta finalement un projet de statut lors de son congrès de mars 1945. Les forces syndicales de la CGT, majoritaire, et de la CFTC prirent alors une part active dans la promotion des nouvelles dispositions. Le projet retenu par le ministre de la Fonction publique suscita de très vives oppositions. Venant de hauts fonctionnaires qui admettaient difficilement le recul de l’ordre hiérarchique antérieur, les oppositions s’accentuèrent au fil du temps de la part de la CFTC et du MRP, parti démocrate-chrétien, qui finirent par élaborer leur propre projet ; ou encore de ministres socialistes de la SFIO. Le rejet du premier projet de Constitution par ­référendum du 5 mai 1946 menaça de tout faire capoter. Mais, combinant esprit de compromis (abandon de la création d’une fonction de secrétaire général de l’administration, par exemple) et fermeté sur les principes, Maurice Thorez parvint à ses fins.

Une grande référence sociale pour tous les salariés, du public comme du privé

Le statut mit dans la loi de très nombreuses garanties pour les fonctionnaires en matière de rémunération (voir dans l’encadré ci-contre la définition du « minimum vital », l’ancêtre du Smic), d’emploi, de carrière, de droit syndical, de protection sociale et de retraite. Il a été abrogé par l’ordonnance du 4 février 1959 lors de l’avènement de la ­Ve République. Statut fondateur, il a ainsi ouvert la voie au statut fédérateur de 1983 d’une fonction publique « à trois versants » : de l’État, territoriale et hospitalière, regroupant aujourd’hui 5,5 millions de salariés du service public, soit 20 % de la population active de la France, exemple sans équivalent dans le monde. Protégés par la loi plutôt que par le contrat, le statut général indique une voie inverse de celle de la loi El Khomri ; c’est une grande référence sociale pour tous les salariés, du public comme du privé. En 2011, la CGT déclarait à ce sujet : « Dans la fonction ­publique, même s’il subit des attaques sans précédent, le statut général des fonctionnaires demeure un socle progressiste pour des millions d’agents et autant de garanties pour les citoyens. Le caractère unifié doit en être renforcé. » Offensives frontales ou dénaturations sournoises, les attaques contre le statut des fonctionnaires n’ont jamais cessé, ce qui lui a permis de faire la preuve de sa solidité et de son adaptabilité. Nul doute que l’on en reparlera au cours de la campagne présidentielle.

Pour aller plus loin : lire la Fonction publique du XXIe siècle, d’Anicet Le Pors et de Gérard Aschieri. Éditions de l’Atelier, 2015.
Une loi et un statut

Extrait de la loi n° 46-2 294 du 19 octobre 1946 relative au statut général des fonctionnaires. « Chapitre Ier. Dispositions statutaires : Art. 1er. – Le présent statut s’applique aux personnels qui, nommés dans un emploi permanent, ont été titularisés dans un grade de la hiérarchie des cadres d’une administration centrale de l’État, des services extérieurs en dépendant ou des établissements publics de l’État. Art. 32. – Le traitement fixé pour un fonctionnaire nommé à un emploi de début doit être calculé de telle façon que le traitement net perçu ne soit pas inférieur à 120 p. 100 du minimum vital. (…) Par minimum vital, il faut entendre la somme au-dessous de laquelle les besoins individuels et sociaux de la personne humaine considérés comme élémentaires et incompressibles ne peuvent plus être satisfaits. »

Repères

  • 22 avril 1905 La loi prescrit la communication du dossier aux fonctionnaires faisant l’objet d’une sanction disciplinaire.
  • 1911-1913 Une première loi fixe des règles relatives à l’avancement, une seconde les règles du détachement.
  • 19 octobre 1946 Promulgation par la loi du premier statut général des fonctionnaires (de l’État).
  • 1983 Réforme sous la houlette du ministre Anicet Le Pors comprenant un nouveau statut des fonctionnaires.
 
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29 décembre 2016 4 29 /12 /décembre /2016 20:28

Pour la France, un projet politique de gauche porté par un Front populaire et citoyen

À un an des prochaines élections présidentielle et législatives, la situation politique est en pleine évolution. Marquée par de très fortes contradictions et des incertitudes que nourrit, chaque jour un peu plus, l'enfoncement du pouvoir Hollande-Valls dans des choix rejetés par le pays, la période est aussi celle d'un espoir qui renaît. Après les élections régionales, et alors que le pouvoir n'avait pas encore été mis en échec sur la révision constitutionnelle inscrivant la déchéance de nationalité, la situation paraissait verrouillée et dominée par les dangers et les peurs. Aujourd'hui, des idées essentielles sont au premier plan :

  • La mobilisation pour le retrait de la Loi El Khomri marque aussi bien le refus massif d'une insécurité sociale et de précarité généralisée, qu'une exigence de sécurisation de tous les moments de la vie de chacune et chacun ;

  • Du scandale de Panama Papers aux salaires des grands patrons, l'actualité des dernières semaines a rappelé l'ampleur de la prédation financière sur les richesses créées organisée par les multinationales, le système bancaire mondialisé, les gouvernements et les institutions internationales qui soutiennent les puissances d'argent ;

  • Sous différentes manières, dans les manifestations ou sur les places publiques, avec des pétitions ou des appels, des débats et des initiatives diverses, l'intervention citoyenne dit « cela ne peut plus durer », « c'est maintenant qu'il faut se faire entendre et agir », « maintenant qu'il faut montrer que l'on vaut mieux que ça », « qu'un autre avenir est possible ».

    Tous ces mouvements montrent que des forces peuvent être disponibles pour reconstruire l'espoir au-delà des batailles engagées. Ces débats, ces mobilisations, ces mouvements peuvent- ils, dans la durée, ouvrir la voie à un nouvel espoir politique, à de nouveaux rassemblements jusqu'au vote et au changement de politique ?

    Face au rejet de sa politique, aux dégâts et aux gâchis considérables provoqués par tant de renoncements et de trahisons depuis 2012, François Hollande et le gouvernement ont décidé de ne rien changer. Malgré l'échec de leur politique, ils s’entêtent et s’obstinent en voulant laisser croire qu'il ne peut pas y avoir d'autre chemin et que « la France va mieux ». Dans le désarroi social et la confusion politique générée par la politique Hollande-Valls, le discrédit de la gauche grandit, les idées de droite et d’extrême droite demeurent omniprésentes, un Medef militant multiplie les provocations, de nouvelles initiatives pro-libérales comme le mouvement d'Emmanuel Macron tentent de surfer sur le besoin de renouvellement politique.

    Nous sommes devant une forte contradiction. D'un côté, la rupture populaire à gauche avec le pouvoir Hollande-Valls paraît irréversible. De l'autre, ce désaveu massif et justifié débouchera inévitablement, si une nouvelle réponse progressiste largement rassembleuse n'est pas construite, sur une victoire de la droite et de l'extrême droite, toutes deux porteuses de programmes radicalisés extrêmement dangereux pour notre peuple. Avec les modes de scrutin présidentiel et législatifs, majoritaires à deux tours, et un système politique ultra-présidentialisé, cette victoire peut même conduire à la marginalisation durable, voire à l'effacement de la représentation politique, des idées progressistes, de la gauche sociale et politique. Et cela alors

même qu'une part croissante du peuple, notamment à gauche, cherche des réponses nouvelles pour la démocratie et le progrès humain.

Nous ne ferons pas à Manuel Valls, François Hollande et Emmanuel Macron le cadeau de laisser raconter cette fable selon laquelle il y aurait « deux gauches irréconciliables » ou selon laquelle « le clivage gauche-droite serait dépassé ». On ne peut pas être de gauche et libéral. Car le libéralisme, fondement des politiques de droite et d'extrême droite, est incompatible avec les valeurs historiques de la gauche, les intérêts du peuple et du monde du travail. Nous sommes déterminés à agir pour une gauche combative au service des intérêts populaires. Nous sommes conscients que cette gauche doit réinventer ses projets et ses pratiques, se réinventer elle-même pour rassembler toutes celles et tous ceux qui veulent une autre voie pour la France.

Ces hommes, ces femmes sont des millions aujourd’hui. Ils et elles sont le cœur des mouvements sociaux, citoyens, de la jeunesse. Ce sont les électrices et les électeurs du Parti communiste et du Front de gauche, une majorité des électrices et électeurs écologistes et socialistes et avec eux, toutes celles et ceux qui, déçus, boudent les urnes. Ils sont très nombreux dans les syndicats, les associations qui agissent dans l’urgence sociale, les droits humains, la laïcité, l’éducation populaire, l’économie sociale et solidaire. Et combien de travailleurs, d’ouvriers, d’employés, d’enseignants, de chercheurs, humiliés par le manque de considération, sont disponibles pour redonner un vrai sens, une vraie valeur à leur travail ? Combien sont-ils, parmi les intellectuels, les artistes, les créateurs, écœurés de voir que le gouvernement qu’ils avaient soutenu offre le visage honteux de l’austérité et de la lâcheté devant le pouvoir de l’argent ? Et combien sont-ils parmi les jeunes qui refusent d’être précarisés à vie ? Ces hommes, ces femmes, qui sont le peuple et qui sont la gauche, ne veulent plus voir le clan au pouvoir piétiner leurs valeurs, parler en leur nom et gouverner en les divisant.

Par millions, ces hommes, ces femmes peuvent s’emparer dès maintenant des échéances politiques de 2017 en étant associés à tous les choix de cette gauche transformatrice en laquelle ils veulent pouvoir de nouveau se reconnaître.

Dans ces circonstances exceptionnelles et inédites, le Parti communiste, en fidélité aux grandes initiatives qu’il a su prendre dans l’histoire de notre pays, appelle à soutenir, participer aux mobilisations sociales, citoyennes et de la jeunesse, à pousser partout les convergences, à poser le débat des perspectives non comme un ralliement à telle ou telle stratégie politique, telle ou telle candidature, mais pour que le mouvement populaire définisse et garantisse ses propres solutions. Nous appelons donc, dans la durée, à un nouveau Front populaire et citoyen de lutte et de construction.

S'appuyer sur l'expérience du Front de gauche, vers un nouveau Front populaire et citoyen

Contribuons à un débat où ces forces diverses se retrouvent pour dire ce qu'elles souhaitent, jusqu'où elles veulent aller ensemble et dans quelles conditions, participons à la mise en mouvement d'un nombre immense de femmes et d'hommes. Cette orientation n'est pas nouvelle. Nous avons de longue date tiré enseignement des échecs des combats de la gauche et de nos propres combats en disant que la mise en mouvement du peuple dans une démarche collective, populaire et citoyenne est la clé d'un succès de la transformation sociale. Et nos efforts, depuis, ont consisté à créer les conditions de ce mouvement. Nous y sommes parfois parvenus, par exemple dans le combat de 2005 contre la constitution libérale européenne. C'est aussi ce que

nous avons décidé de faire en lançant le Front de gauche, avec l'ambition de disputer le leadership idéologique, politique et culturel à gauche. Il nous a permis de progresser dans l’unité des forces antilibérales, de renforcer le combat contre l’austérité. Avec « L'humain d'abord », nous avons réussi à construire du commun, nous avons véritablement su créer une espérance collective. Des débats ont aussi traversé ce rassemblement, notamment son rapport à la gauche et aux alliances à gauche, sa vocation majoritaire pour laquelle le PCF n'a cessé d'agir, sa volonté de changer la gauche en profondeur, ou encore son caractère collectif et démocratique qui n'a malheureusement pas été respecté. Même si nous ne sous-estimons pas les difficultés qu'il rencontre, nous restons attachés au Front de gauche, à la démarche qui lui a donné naissance, et nous militons pour la redéployer dans un mouvement plus large, plus populaire et plus citoyen. Nous devons réactiver les assemblées citoyennes aujourd'hui en sommeil, développer les expériences de participations citoyennes en cherchant à mieux répondre à leurs exigences d'efficacité dans la durée. Nous le disions lors de notre précédent congrès en 2013, « à chaque fois que nous le pouvons, nous voulons œuvrer à rassembler toutes les forces disponibles afin d'ouvrir des brèches au changement. » Et, à propos du Front de gauche, nous ajoutions : « En poursuivant sur le chemin où nous sommes engagés, nous voulons en faire le lieu où la politique devient, de façon de plus en plus irrésistible, l'affaire de toutes et de tous, l'affaire du peuple, contribuant à l'émergence d'un nouveau Front populaire. » Nous ne nous résignons pas à la situation de division d'un mouvement qui a suscité tant d'espoirs et reste un marqueur politique et culturel pour engager le Front populaire et citoyen.

Cette démarche, celle qui a présidé à la création du Front de gauche, il s'agit de la poursuivre et d'en écrire une nouvelle étape dans les conditions inédites d'aujourd'hui, car nous sommes dans une situation grave, à un tournant sans doute de l'histoire politique du pays. Nous avons la responsabilité de proposer une initiative de rassemblement telle que le Parti communiste français a su les prendre aux grands moments de son histoire. C'est un nouveau Front populaire et citoyen, un nouveau front social et politique, que nous voulons contribuer à faire émerger en rassemblant les forces de la gauche et de l'écologie politique, les forces syndicales, le mouvement social, le monde du travail et de la création pour ouvrir un chemin neuf d’espoir pour la France, pour écarter le danger de la droite et de l’extrême droite, pour construire une nouvelle majorité.

Le nouveau Front populaire et citoyen auquel nous appelons est à la fois fait de mobilisations sociales, de constructions citoyennes et d'alliances avec des courants transformateurs et réformistes prêts à agir avec nous pour un projet de transformation sociale.

Parce que le Parti socialiste a poursuivi la politique néolibérale de la droite, les politiques menées sont de plus en plus opposées aux intérêts populaires et le risque de prise du pouvoir du Front national, avec les conséquences politiques gravissimes que cela implique, ne peut être écarté durablement sans une nouvelle dynamique politique de transformation sociale en prise avec les luttes.

L'évolution de la social-démocratie n'est pas conjoncturelle et elle provoque une fracturation inédite au sein du PS. Face à la profondeur de la crise, face à la financiarisation et à la mondialisation du capital, le compromis social-démocrate traditionnel est de plus en plus impuissant. Les dirigeants socialistes français se sont ralliés au capital. C'est la raison de l'abandon par le gouvernement et la direction du PS des promesses de campagne de François Hollande.

Cette évolution liée à la perspective d’une défaite électorale historique a ouvert une crise au sein du Parti socialiste. Le mouvement de conversion de la social-démocratie au libéralisme peut entraîner sa base sociale dans une recomposition politique qui ouvrirait la voie à de nouvelles

coalitions politiques porteuses de projets de régressions sociales et démocratiques de grande ampleur.

Cependant des potentialités existent pour créer une dynamique politique nouvelle qui s'oppose à ce mouvement historique. Force est de constater que désormais la moindre avancée en faveur des intérêts populaires nécessite la mise en œuvre de transformations radicales.

Dans ces conditions, un nouveau dialogue peut se nouer à gauche pour qu'un rassemblement majoritaire porte un projet répondant aux exigences populaires. Les initiatives de notre parti ont permis des accélérations en la matière ces derniers mois, de la participation de nombreux élus socialistes aux « Lundis de gauche » au ralliement inédit de parlementaires socialistes au dépôt d'une motion de censure de gauche.

La grande consultation citoyenne pour un mandat populaire en 2017

La majorité que nous voulons construire, c'est d'abord une majorité populaire unie pour un nouveau projet.

Le niveau des luttes sociales et des mouvements populaires et citoyens est absolument décisif pour construire le rassemblement que nous voulons. Les communistes contribuent à ces mobilisations avec d'autres. Elles sont indispensables pour résister aux politiques mises en œuvre aujourd'hui par le pouvoir et le patronat et pour gagner de nouvelles avancées sociales et démocratiques. Tout ce qui sera arraché et obtenu dans les prochaines semaines comptera pour la suite.

Les luttes, nécessaires pour résister et gagner, sont aussi des moments de prise de conscience des enjeux dans lesquels les débats politiques et d'alternative peuvent s'accélérer. Ces débats porteront sur la conquête des pouvoirs. Pour ce qui concerne le PCF, nous voulons conquérir les pouvoirs à tous les niveaux, comme points d'appui aux luttes et nous n'avons une posture du « tout ou rien » en aucun domaine. Ces débats favorisent les rassemblements. Nous nous prononçons pour la participation au pouvoir pour agir dans l'intérêt du plus grand nombre.

Constituer un nouveau Front populaire et citoyen nécessite des initiatives politiques de très grande ampleur et envergure. Encore très éparses, des propositions politiques commencent à s'esquisser dans le paysage, en réponse aux souffrances sociales et démocratiques et dans la perspective des échéances électorales de 2017. Le Parti communiste en a lui-même initié à l'image des « Lundis de gauche » en février et mars 2016. Les communistes veulent contribuer à la convergence de ces initiatives diverses. Sur l'emploi, le PCF engage une campagne politique et citoyenne dans la perspective d'une société sans chômage sur le thème : « Zéro chômage, pour une société de partage ».

Le PCF entend ouvrir une discussion politique avec notre peuple.

Cette discussion politique va prendre des formes multiples. La rencontre avec les citoyennes et citoyens est déjà au cœur de notre pratique. Nous savons combien la défiance est profonde à l’égard de la politique, nous savons combien le mot

« gauche » peut être perverti aux yeux de nombreux citoyens par les orientations mises en œuvre par le gouvernement et ceux qui le soutiennent. À l’heure où un nombre croissant a le sentiment

nous avons réalisé de nombreuses conventions thématiques sur le travail, l’Europe, l'industrie, la révolution numérique, l'école, l'aménagement du territoire. Nous mettons en débat un texte de

référence

La France en commun

», nous débattons de notre projet, de notre parti. Nous

Depuis notre dernier congrès,

voulons faire plus, mieux et en plus grand.

de ne jamais avoir réellement la parole, nous voulons produire un événement politique majeur pour que notre peuple reprenne la main, pour refaire de la politique un champ ouvert, une affaire populaire. Cette campagne prendra notamment la forme d’une consultation citoyenne, intitulée « Que demande le peuple ? » nous permettant d’aller à la rencontre de 500 000 personnes d'ici à la fin de l'été afin d’ouvrir le débat politique sur la base de leurs préoccupations et de nos propositions. Nous voulons ainsi nouer le dialogue, faire reculer les idées reçues qui nourrissent les divisions populaires, recréer de l’espoir. Avec cette grande consultation citoyenne, nous proposons d'écrire à des milliers de mains un mandat populaire pour 2017. Nous voulons, dans cette discussion, trouver les moyens d'agir ensemble, de mobiliser les énergies disponibles, d'ouvrir des voies nouvelles. Cette initiative nationale fera l'objet d'une restitution publique pour rendre incontournables la parole et les exigences populaires.

Les élections législatives : un objectif central pour une véritable démocratie et une issue à la crise

Avec le double objectif de mobilisation sociale et d’unité politique, notre ambition est d'initier, construire et rendre dynamique un nouveau socle politique pour une nouvelle majorité à gauche dans notre pays.

Pour avancer dans cette voie dans les échéances électorales de 2017, nous préparons, sans attendre l’après-élection présidentielle, les élections législatives.

En effet, force est de constater notre très grande difficulté à exister mécaniquement dans la législative dans le sillage d’un score à la présidentielle. C'est pourquoi nous devons mettre en place les conditions pour que nos candidates et candidats puissent entrer en campagne dès maintenant.

Depuis 2002, la formation d’un groupe parlementaire à l’Assemblée nationale a été un véritable combat pour notre parti. Son renforcement est un enjeu prioritaire. Depuis 2012, le groupe de la Gauche démocrate et républicaine composé de 10 député-e-s du Front de gauche et de 5 élu-e-s ultramarins a montré toute son utilité par un travail considérable sur des questions essentielles comme la réforme territoriale, l’accord national interprofessionnel (ANI), la loi Macron ou tout récemment contre la loi travail.

Plus que jamais aujourd’hui, nos idées et notre pratique doivent s’inscrire dans une inversion de la logique actuelle. Notre pays a besoin d’un Parlement fort de sa légitimité populaire et d’une Assemblée nationale élue au scrutin proportionnel avant l’élection présidentielle, afin d’être davantage représentative de ce que pense et veut le peuple. Nos conceptions institutionnelles sont pour un septennat non renouvelable, pour l’élection du Président de la République par le Congrès, avec un gouvernement responsable devant le Parlement et non, de fait, devant le seul Président. Avec son projet « La France en commun », le PCF porte sur ces questions des réflexions, des propositions qui sont formulées pour être débattues, enrichies, remaniées, dans la perspective d’une VIe République.

Les élections législatives sont plus perméables que l’élection présidentielle à l’intervention citoyenne qui privilégie le peuple acteur et non les démarches de sommet. La majorité parlementaire doit rendre des comptes au peuple et non au Président !

Dans le contexte actuel de crise de la politique et du système politique, accepter que les élections législatives soient déconnectées des enjeux réels de la fonction législative par le résultat de

l’élection présidentielle, hyper personnalisante dans une dérive oligarchique, ne peut que contribuer à occulter toujours plus la représentation nationale chargée d’élaborer et de voter les lois qui concernent la vie quotidienne et l’avenir de nos concitoyens. Cela, dans le droit fil des théories libérales promues par les forces du capital pour empêcher les aspirations populaires de peser dans le débat et les décisions politiques.

À l’inverse et sans attendre, la mobilisation pour des rassemblements à vocation majoritaire doit être notre priorité. Nous y voyons le moyen et une ardente obligation pour construire les meilleurs rapports de forces possibles dans toutes les circonscriptions et pour faire élire le maximum de députés présentés ou soutenus par le PCF.

Ce sera aussi un levier politique, citoyen et de proximité, pour la candidature que nous présenterons ou soutiendrons à la présidentielle.

Ces élections législatives peuvent être une étape importante de rassemblement de toutes celles et ceux qui ne veulent pas se résigner aux renoncements de ceux qui gouvernement, qui ne veulent pas de la droite et de l’extrême droite, qui espèrent contribuer à une société plus égalitaire, plus juste et fraternelle, qui veulent faire émerger une alternative à l'austérité libérale. Et plus tôt les communistes s’engageront dans les législatives, plus nous réduirons le risque d’être les victimes d'une présidentielle possiblement ravageuse pour notre peuple et la démocratie.

Les élections législatives sont donc un temps électoral déterminant pour l’existence nationale, pour le développement du PCF et de sa stratégie de rassemblement. L’enjeu est également très important pour sa représentation au Sénat.

Dans un Parlement bicaméral, le Sénat participe au vote des lois. Émanation des élus locaux, il a le pouvoir de promouvoir des lois progressistes en faveur de la citoyenneté, des services publics, de la liberté d’action des collectivités territoriales, des coopérations pour des projets d’intérêts général, d’un État solidaire des territoires et garant de leur égalité, de l’autonomie des collectivités, d’un véritable statut de l’élu-e.

Les élections sénatoriales de septembre 2017, au scrutin indirect par de « grands électeurs », seront également, après les législatives, un rendez-vous politique très important, mais difficile pour notre parti du fait des progressions de la droite et de l’extrême droite dans les élections locales.

Pour ce Front populaire et citoyen, l'élection présidentielle est un moment décisif

Nous devons agir pour déjouer avec notre peuple le piège qui lui est tendu. Les institutions et le mode de scrutin sont faits pour empêcher le changement, et ces mécanismes se sont encore aggravés du fait de la crise politique et démocratique profonde traversée par notre République. Face à cela, nous voulons faire grandir une démarche collective, populaire, citoyenne. Il s'agit de relancer une dynamique d'intervention populaire, pour qu'un-e candidat-e de gauche puisse représenter les intérêts et les aspirations populaires dans cette échéance et qu'il puisse les faire triompher du néolibéralisme et du néo-nationalisme, qu'il puissent rassembler cette majorité de la gauche et du peuple en attente d'une perspective de changement profond et durable. C'est un objectif politique de haut niveau, qui est la meilleure voie, selon nous, pour éviter de subir cinq années supplémentaires la violence de la domination des forces de la finance.

L'idée se répand selon laquelle il n'y aurait rien à attendre de la prochaine élection présidentielle. Nous refusons résolument cette fatalité.

Le Parti communiste français appelle au rassemblement dans un pacte d'engagements communs de toutes les forces populaires, sociales et politiques, qui veulent remettre la France sur la voie du progrès social et de la démocratie, et reconstruire pour cela une gauche porteuse d'espoir.

Ce pacte d'engagements communs, travaillé en lien avec les mobilisations sociales dans leur diversité, unira les citoyens qui s'engageront dans sa construction, dans la bataille, pour qu'il soit respecté, et sur lequel pourra se construire une candidature commune à l'élection présidentielle avec toutes les forces qui auront permis son émergence.

Nous proposons que ce pacte d'engagements communs soit rédigé d'ici le mois d'octobre. Nous prendrons toutes les initiatives nécessaires à tous les échelons territoriaux, jusqu'au niveau national, pour aboutir à la rédaction de ce pacte national d'engagements communs avec toutes les forces engagées dans sa construction.

Il sera alors soumis à une votation citoyenne nationale, devenant le mandat populaire pour 2017, propriété de tous les participants à cette votation citoyenne nationale.

Pour le construire, nous appelons à un vaste débat populaire, comme nous le proposons avec la grande consultation citoyenne. Nous encourageons toutes les initiatives visant à favoriser l'implication citoyenne, c'est pourquoi nous soutenons notamment la démarche de « l'Appel des 100 ».

Nous nous adresserons dès demain à toutes les forces sociales et politiques, tous les candidats déjà déclarés susceptibles de converger pour un tel mandat, à mettre les idées sur la table, à les confronter dans les débats publics ou sur des plateformes collaboratives, à faire converger leur processus de consultation et d'élaboration citoyenne de chacun.

Les forces engagées dans la rédaction de ce pacte et dans l'organisation de la votation citoyenne auraient alors la responsabilité de désigner un candidat commun à l'élection présidentielle pour porter ces engagements. Si plusieurs candidats issus de ces forces sont disponibles, une primaire citoyenne ou toute autre forme de processus citoyen de désignation pourrait les départager. Les communistes travaillent pleinement à un tel processus et à y engager un-e candidat-e pour y mettre en débat nos idées et y porter notre conception du rassemblement.

Pour ce qui concerne les adhérents du PCF, une conférence nationale est convoquée le 5 novembre, avec, à son ordre du jour, l'évaluation du processus engagé et l'évolution de la situation politique et sociale du pays, la décision concernant de soutenir ou de présenter une candidature dans le cadre d 'un processus collectif. Si tel n'est pas le cas, les communistes auront à choisir quel-le candidat-e ils soutiendront ou ils présenteront. Cette conférence nationale sera aussi un temps fort de notre mobilisation pour les élections législatives.

Les objectifs du processus auquel nous voulons travailler sont clairs et ils seront aussi un point d'appui pour les législatives.

La candidature de gauche pour l'élection présidentielle ne peut évidemment en aucun cas être celle de François Hollande qui s'acharne, malgré le rejet populaire, à vouloir repartir, ni celle d'un

autre représentant de la même politique, soutenue, depuis 2012, par la direction du Parti socialiste.

Le rassemblement de toutes les composantes de la gauche – politique, syndicale et associative – qui veulent une alternative à la politique gouvernementale est indispensable pour créer les conditions de la mobilisation populaire. C'est pourquoi nous regrettons les trop nombreuses candidatures annoncées à gauche et nous les appelons à s'inscrire dans la construction collective nécessaire. Si nous regrettons les conditions dans lesquelles la candidature de Jean-Luc Mélenchon, qui a été notre candidat en 2012, a été annoncée, nous continuons à l'inviter à s'inscrire dans cette conception collective.

Nous appelons les Français-e-s et toutes ces forces à participer à un processus collectif qui donne la priorité à la construction d'un projet politique issu de débats citoyens et porteur des exigences populaires autour de cette question : « quelle France voulons-nous ? ».

Le PCF identifie cinq questions essentielles dans ce débat, sur lesquelles le pays, les forces qui veulent le changement devraient tout faire pour converger. Car ces questions, qui mobilisent le pays, sont des leviers indispensables pour rendre le changement possible.

Nous voulons une France qui s'engage dans la refondation démocratique de la République, avec notamment : primauté du Parlement et des élections législatives dans le respect des engagements pris devant les citoyen-ne-s ; suppression du 49-3 et scrutin proportionnel à parité dans toutes les élections ; déprésidentialisation du régime avec un septennat présidentiel non renouvelable et l'élection du Président par le Congrès ; refonte de la loi NOTRe, avec la commune et les collectivités locales et de nouveaux pouvoirs citoyens comme poumons démocratiques de la République ; nouveaux droits pour les salariés, les usagers et les consommateurs dans la vie économique ; droit de vote des résidents étrangers et luttes contre les toutes les discriminations.

Nous voulons une France qui s'engage dans la lutte pour éradiquer le chômage et sécuriser la vie quotidienne de nos concitoyens, avec notamment : un système de véritable sécurisation de l'emploi et la formation ; une conférence nationale pour l'emploi et la formation, l'augmentation des salaires et la reconnaissance des qualifications, la revalorisation des retraites et des minimas sociaux ; la réduction du temps de travail à 32 heures ; un plan national pour le logement ; un plan d'urgence de lutte contre l'exclusion et la grande pauvreté ; la relance des services des publics (éducation et culture, santé, justice, police...) et de la protection sociale.

Nous voulons une France qui s'engage dans la lutte contre la finance et pour une autre utilisation des richesses, avec notamment : la création d'un grand pôle public bancaire pour financer un autre développement créateur d'emplois et écologique, l'investissement des PME, les services publics, la relance industrielle et la transition écologique ; la lutte contre l'évasion fiscale et une grande réforme de justice pour la fiscalité ; le plafonnement des salaires et des dividendes des grands patrons et l'encadrement des salaires dans une échelle de 1 à 20.

Nous voulons une France qui s'engage dans un nouveau modèle de développement, avec notamment: une relance industrielle tournée vers la maîtrise nationale des grands choix économiques, la satisfaction des besoins sociaux, avec de nouveaux processus de production plus écologiques ; un plan national de transition écologique conforme aux objectifs de lutte contre le réchauffement climatique ; un plan de soutien à l'agriculture tournée vers la rémunération du travail paysan et le respect d'une alimentation de qualité, un plan d'action pour le développement de l'économie sociale et solidaire et du commerce équitable.

Nous voulons une France qui s'engage dans la refondation démocratique et sociale de l'Europe, contre les modèles d'austérité actuels, avec notamment la reconquête de la politique monétaire par le changement des missions, du rôle et des critères de la BCE ; avec la remise en cause du pacte budgétaire ; la réorientation de l'argent des banques et de la BCE en faveur des services publics, de l'emploi et de l'écologie ; le contrôle du Parlement sur tous les choix européens qui engagent la France ; la suspension immédiate des négociations sur le TTIP ; le lancement par la France d’États généraux de la refondation européenne avec les forces et gouvernements progressistes disponibles.

Nous proposons aux citoyen-ne-s et à toutes les forces disponibles de travailler avec nous à redéfinir la gauche, son projet, ses valeurs ; d'ancrer dans la durée un rassemblement qui respecte la souveraineté des organisations qui le composent et expérimente de nouvelles pratiques permettant à la grande majorité de notre peuple de réinvestir le champ politique ; de construire une complémentarité d'action entre les composantes du mouvement populaire et progressiste, politiques, syndicales, associatives, intellectuelles et initier des fronts d'idées et d'actions à partir des luttes dans tous les domaines avec des millions de nos concitoyen-ne-s pour contrer l'idéologie dominante et obtenir des avancées concrètes à tous les niveaux.

Nous voulons participer à écrire une nouvelle page du combat de notre peuple qui renoue avec le récit émancipateur de la France : le récit de la gauche, le récit de la liberté, de la démocratie, de la République et des droits humains, le récit de l'égalité femmes/hommes, le récit de la sécurité et de la justice sociales, le récit de la fraternité, de la solidarité, le récit de l'ouverture au monde et de la paix. 

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29 décembre 2016 4 29 /12 /décembre /2016 15:39

Contre l'austérité : pour un service public du XXIème siècle !

 

► LA DROITE VEUT DETRUIRE LES SERVICES PUBLICS PAR UN COUP DE FORCE!

François Fillon a remporté la primaire de la droite avec un programme destructeur pour les services publics : moins 500 000 fonctionnaires, prise en charge des seules maladies longue durée pour la Sécurité sociale....

La droite nous refait le coup des fonctionnaires inutiles et coûteux! Pour donner des services utiles à la population en pâture au privé et aux frais des citoyens! La fonction publique, au 70ème anniversaire de sa création, c'est un statut pour les besoins fondamentaux de la population, assurés de manière démocratique et efficace! Mais il faut mettre les moyens! Non aux classes à 35 élèves, non à la suppression des zones d'éducation prioritaire, non au surmenage des personnels hospitaliers toujours plus surchargés! Le passage aux 39 heures ne réglerait pas le problème et causerait du chômage supplémentaire. 

 

► NON A LA SUPPRESSION DE POSTES DANS LA FONCTION PUBLIQUE !

Les services publics, nos biens communs, méritent mieux que le traitement qui leur est infligé. Dans un moment de crise sociale et économique profonde, la question des services publics resurgit au cœur des débats comme une réponse incontournable structurante d’une nouvelle société plus humaine et solidaire. Partout dans nos territoires les luttes se multiplient contre les politiques d’austérité pour empêcher la fermeture du bureau de poste du quartier, la fermeture des services de l’hôpital voisin, de la classe de l’école communale ou la suppression d’une ligne ferroviaire. Mettons un coup d’arrêt à la diabolisation de « la dépense publique » pour obtenir des avancées concrètes pour le service public du XXIème siècle !

 

► POUR UN MONDE SOLIDAIRE ET FRATERNEL, PLUS DE SERVICES PUBLICS!

Un appel citoyen de CONVERGENCE NATIONALE SERVICES PUBLICS «pour les services publics et la protection sociale du XXIème siècle », lancé par les Assises du service public du 21ème siècle, le 19 novembre dernier, s’adresse à l’ensemble des citoyens qui devront se prononcer à travers leurs votes au printemps prochain, sur l’avenir des services publics, pour conjuguer toutes les initiatives et les actions nécessaires pour faire des services publics un enjeu sociétal et environnemental majeur, pour que renaisse l’espoir d’une société solidaire.

Rejoignons cet appel et rassemblons nous pour un égal accès au service public sur tout le territoire, que l'on habite à la ville ou à la campagne! C'est une question démocratique de la plus haute importance: répondre aux besoins de la population grâce à une fiscalité plus juste, au lieu de la suppression de l'impôt sur la fortune, en s'attaquant aux profits financiers des grands groupes et à l'évasion fiscale (60 à 80 milliards d'euros par an), grâce à une sécurité sociale reconquise par le peuple. C'est ce que porte le Parti communiste français dans son programme La France en commun. 

 

 

 

 
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28 décembre 2016 3 28 /12 /décembre /2016 01:10
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Published by bruno fornaciari - dans ACTUALITES MEDIAS et PLURALISME PCF
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BRUNO FORNACIARI

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