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17 avril 2016 7 17 /04 /avril /2016 08:12

Primaire de la gauche : le PCF refuse de soutenir Hollande

Le parti a confirmé qu'il était "disponible" pour participer à une primaire et propose même aux "forces politiques et sociales" de "passer aux actes".

Publié le 15/04/2016 à 20:43 - Modifié le 16/04/2016 à 09:23 | Le Point.fr

Le Parti communiste a rappelé vendredi qu'il était "disponible" pour participer à une primaire des gauches, tout en soulignant qu'il ne pourrait "en aucun cas" soutenir le président de la République, selon une motion approuvée à une large majorité par son conseil national. "La candidature de gauche à laquelle nous voulons travailler ne peut évidemment en aucun cas être celle de François Hollande qui s'acharne, malgré le rejet populaire, à vouloir repartir, ni celle d'un autre représentant de la même politique, soutenue, depuis 2012, par la direction du parti", affirme la motion.

Le PCF se dit néanmoins "disponible pour (...) une primaire citoyenne à gauche", à condition qu'elle ait pour ambition de "construire une candidature en phase avec les attentes citoyennes de changement et s'appuyant sur un contrat populaire et citoyen le plus large possible". La place du Colonel-Fabien renouvelle son souhait de voir s'organiser d'ici l'été des débats qui permettent l'émergence d'une "plateforme politique" dont devrait tenir compte le gagnant de la primaire. Au terme des débats "on pourrait imaginer une votation citoyenne pour valider la plateforme politique (...) et désigner le ou la candidate qui en serait porteur", écrit le PCF.

"D'abord les débats, ensuite les candidats"

Alors que le processus de la primaire semble piétiner depuis le lancement de l'idée dans Libération en janvier, les communistes proposent aux "forces politiques et sociales" de "passer aux actes". Ils préconisent ainsi "à tous ceux qui veulent avancer de se rencontrer très vite pour organiser une première vague de débats citoyens avant l'été dans les départements". Ils proposent également qu'aient lieu en juin "quatre grandes rencontres de dimension nationale" autour de thèmes d'actualité (emploi et travail, lutte contre l'évasion fiscale, démocratisation des institutions, Europe).

"D'abord les débats, ensuite les candidats", a commenté le secrétaire national du PCF Pierre Laurent au cours d'une conférence de presse. Le PCF participera pour sa part à l'émergence d'un projet citoyen en lançant dès ce week-end une "grande consultation citoyenne" avec l'objectif de parler à 500 000 citoyens. Les "40 000 à 50 000" adhérents du parti seront mobilisés pour soumettre aux citoyens un questionnaire en quatre feuillets qui fera l'objet d'une "grande restitution nationale" à la fête de l'Humanité.

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14 avril 2016 4 14 /04 /avril /2016 07:36

Évasion fiscale : Éric Bocquet dénonce "l'horreur économique"

MARDI, 24 JUILLET, 2012

HUMANITE.FR

Évasion fiscale : Éric Bocquet dénonce "l'horreur économique"

Le sénateur communiste Eric Bocquet, rapporteur d'une commission d'enquête sénatoriale sur l'évasion des capitaux, a suggéré mardi au gouvernement la création d'un Haut-commissariat pour lutter efficacement contre l'évasion fiscale évaluée annuellement en France à plus de 50 milliards d'euros.

Les sénateurs avouent avoir eu le plus grand mal à chiffrer l'évasion fiscale. Si le sénateur PS Yannick Vaugrenard, membre de la commission a évoqué la fourchette de 50 à 60 milliards d'euros, Eric Bocquet a, devant la presse, parlé d'"un risque fiscal compris entre 30 et 36 milliards d'euros", précisant que "cette évaluation ne compren(ait) pas une série de risques". "Si bien, ajoute-t-il, que la limite supérieure n'est pas définissable: est-ce 50 milliards, 80 milliards ?"

"Il y a donc une impérieuse nécessité à faire cesser cette fraude fiscale", ont souligné les sénateurs au cours d'une conférence de presse rendant compte de cinq mois de travaux de leur commission dont le rapport a été adopté à l'unanimité. "C'est un axe politique majeur sur lequel le gouvernement va devoir travailler à la rentrée", ont estimé les membres de la commission qui proposent une cinquantaine de propositions pour lutter efficacement contre l'évasion fiscale. Pour le sénateur communiste du Nord, Eric Bocquet, un "Haut-commissariat à la protection des intérêts financiers publics" doit être "la pierre angulaire" d'une politique efficace contre l'évasion fiscale. Placée sous l'autorité directe du Premier ministre, cette autorité devrait bien sûr être dotée d'un "outil statistique" solide, dispositif qui fait "cruellement défaut actuellement", a insisté le sénateur.

Eric Bocquet a dénoncé en particulier "la misère des évaluations" ainsi que l'existence d'une "véritable ingénierie de la fiscalité" qui rencontre "une culture de la faille secrétée par un système économique de la performance financière". Le sénateur communiste a fait part de son "effarement" devant "l'horreur économique" recelée par la fraude fiscale, de son "malaise" aussi: "quel sentiment voulez-vous que l'on éprouve à constater que des jeunes gens intelligents consacrent toute leur activité à inventer des moyens de jouer avec les lois?"

Eric Bocquet a accusé une "Europe trop absente" des voies de lutte engagées contre la fraude fiscale par l'OCDE et le GAFI (Groupe d'action financière) , car elle est "paralysée par les concurrences fiscales qu'elle abrite en son sein" et que c'est sur son territoire que résident "les paradis fiscaux les plus puissants du monde". "La politique franco-française de lutte contre l'évasion fiscale porte la marque de ces enlisements", a-t-il aussi remarqué. Aussi, les sénateurs veulent-ils, parmi leurs propositions, "intégrer la fraude et l'évasion fiscales au débat parlementaire" et procéder à une "évaluation régulière" des différents dispositifs qui seront mis en place.

Ils proposent aussi tout une série de mesures pour "valoriser la citoyenneté fiscale" comme le renforcement des prérogatives des institutions représentatives du personnel en matière de prévention de la fraude fiscale ou pour amplifier la "force de frappe" de l'administration notamment en créant un corps interministériel d'"informaticiens-enquêteurs".

La Commission d'enquête, mise en place sur demande du groupe CRC (communiste) en janvier dernier, a auditionné d'avril à juillet 130 personnes, dont 90 au Sénat, et 40 lors de déplacements en Suisse, en Belgique, à Londres et à Jersey. Parmi les personnes entendues : les services de Bercy, la Société générale et BNP Paribas, les groupes LVMH, Total, Saint-Gobain…, des ONG, des syndicalistes, des journalistes d'investigation, des avocats fiscalistes, mais également Laurence Parisot et les tennismen Yannick Noah et Guy Forget. Durant les travaux de la commission, le rapporteur, Eric Bocquet, sénateur communiste du Nord, a tenu un blog.

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6 mars 2016 7 06 /03 /mars /2016 13:46

Le Conseil national du PCF adopte le « Projet de base commune de discussion » du 37ème congrès

Réuni les 5 et 6 mars à Paris, le Conseil national du PCF a adopté une résolution appelant à amplifier sous toutes ses formes la mobilisation contre le projet de loi El Khomri et à participer aux journées d'action des 9 et 31 mars. Cette résolution lance également une campagne nationale d'actions et de propositions sur le thême « Zéro chômage, pour une sociéte de partage ». (Voir déclaration en pièce jointe).

Le Conseil national a adopté le « Projet de base commune de discussion » soumis par la direction nationale aux débat des communistes pour le 37eme congrès du PCF qui aura lieu du 2 au 5 juin.

Ce projet comporte trois textes.

Le premier intitulé « Le temps du commun » porte sur le projet du Parti communiste.

Le second, intitulé « 2017 : une autre voie pour la France » propose de « construire dans les conditions inédites crées par l'échec du quinquennat de François Hollande une nouvelle étape de rassemblement à gauche pour ouvrir un chemin d'espoir ». Il s'agit de « poursuivre la démarche du Front de gauche et d'écrire une nouvelle étape »

Le PCF lance « une grande consultation citoyenne pour construire un mandat populaire pour 2017 », avec l'objectif de rencontrer 500.000 personnes d'ici la fin de l'été. Le PCF propose de construire dès maintenant, à travers des « état généraux » dans chaque circonscription des candidatures aux élections législatives pour une majorité sur un contrat de législature démocratique et d'intégrité.

Il propose de s'incrire dans le processus de primaire à gauche sur la base de la construction avant l'été d'un socle commun d'entrée dans cette primaire. Pour le conseil nattional, « ce processus, pour réussir, passe par une démarche collective, populaire et citoyenne ». Il doit viser à « écarter l'impasse Hollande et Valls par l'émergence d'une autre voie à gauche ».

Enfin, le troisième texte vise à construire « les transformations utiles et concrètes pour un Parti communiste de nouvelle génération », ce texte doit déboucher sur l'adoption d'un relevé de décisions lors du Congrès.

Les 3 textes de la base commune ont été respectivement adopté par 90 %, 81 % et 88 %. Il seront rendus publics lors d'une conférence de presse qui précédera « les lundi de gauche » :

Lundi 6 mars à 18h au siège du conseil national

Espace Neimeyer, 2 place Colonel Fabien, Parie 19eme

Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, présentera et commentera pour la presse les travaux du Conseil national.

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6 mars 2016 7 06 /03 /mars /2016 12:25

Mobilisé-e-s le 9 mars contre la « Loi Travail - El Khomri »

► Avec la loi dite « El Khomri », le gouvernement Valls/Hollande a encore frappé. L’avant-projet de loi sur la négociation collective, le travail et l’emploi, contient des attaques sans précédent contre le droit du travail. Tout y passe.

► Sous l'effet des premières mobilisations, notamment la pétition, le gouvernement a reculé l'examen de la loi. Mais ce projet n'est pas amendable, il doit être retiré. Le 9 mars, les salarié-e-s, les jeunes (voir appel au dos) seront dans la rue. Pierre Laurent, Secrétaire national du PCF, appelle les députés de gauche au dépôt d'une motion de censure.

PRECAIRES UN JOUR PRECAIRES TOUJOURS ?
Les jeunes, étudiant.e.s, et lycéen.ne.s disent non au projet de loi Travail !

A travers le projet de la Loi Travail, le gouvernement vient de déclencher une offensive sans précédent contre les jeunes et les salarié.e.s. Nous, lycéen.ne.s, étudiant.e.s, jeunes chômeur.se.s, sommes déjà précaires pendant nos études et notre insertion professionnelle, il faudrait maintenant que nous acceptions d’être précaires à vie !

Le contenu de ce projet, directement inspiré des revendications du MEDEF, représente un véritable retour au siècle dernier pour le monde du travail avec une fois de plus les jeunes comme cibles favorites. Les accords se-raient négociés au sein de l'entreprise et primeraient sur les accords de branche et le Code du Travail, exerçant un dangereux chantage pour les salarié.e.s. Ceux-ci auront pour conséquences d'imposer des augmentations de temps de travail et des baisses de salaires aux salarié.e.s. Ce que le gouvernement nous promet c’est :

Travailler plus pour gagner moins : avec cette réforme le patronat pourra nous imposer des semaines allant jusqu’à 46 heures et des heures supplémentaires moins rémunérées qu’auparavant. Les apprenti.e.s de moins de 18 ans pourront être contraint.e.s de travailler jusqu’à 10h par jour et 40h par semaine.

Se faire virer plus facilement : les licenciements seront possibles sans réels motifs économiques et même de façon abusive avec le plafonnement des indemnités prudhommales

Augmenter encore le chômage : du temps de travail supplémentaire pour celles et ceux qui ont un emploi, et moins d'offres d’emplois disponibles pour notre génération alors que 25% d’entre nous sommes au chô-mage voire 40 ou 50% dans les quartiers populaires ou en Outre-mer.

Avec cette réforme le gouvernement veut donc nous précariser à vie. La succession de réformes libérales ren-force le bizutage social dont nous sommes victimes, nous obligeant à enchaîner les contrats précaires, les stages et les services civiques rémunérés à la moitié du Smic.

L’ensemble de ces mesures est inacceptable et nous appelons tou.te.s les jeunes de ce pays à se mobiliser pour exiger le retrait du projet de loi Travail et des mesures immédiates pour la dignité des jeunes et des salarié.e.s :

Pour les apprenti.e.s et les stagiaires : rémunération et droits à la hauteur du poste occupé. Pas de rémunéra-tion en dessous du SMIC et mêmes droits que les autres salarié.e.s comprenant une protection sociale. Les années d’apprentissage doivent être prises en compte dans le calcul de la retraite. L’apprentissage ne doit être légal qu’à partir de 16 ans et doit déboucher sur un emploi stable.

La mise à disposition de budgets supplémentaires pour offrir à tous les jeunes une éducation avec une formation de qualité, qui joue son rôle d'ascenseur social. Mettre en place et une véritable protection sociale durant leurs études avec un revenu, ainsi que compter les années d’études dans le calcul de la retraite et de l'assurance chômage.

En finir avec la précarité : le CDI comme norme d’emploi, la répartition par la diminution du temps de travail sans baisse de salaire entre toutes et tous pour en finir avec le chômage et assurer une protection sociale suffisante à chacun, salarié.e.s comme personnes sans emploi.

Pour cela nous appelons tou.te.s les jeunes à se réunir, à débattre et à s’organiser dans les lycées, les universi-tés, les quartiers et les entreprises. Nous appelons à une journée d’actions et d’initiatives le mercredi 9 mars, à l’occasion du passage du projet de la loi travail en Conseil des ministres.

À L’image de la mobilisation contre le Contrat Première Embauche, où la jeunesse avait fait reculer gouvernement aux côté des salarié.e.s, nous appelons à poursuivre le mouvement, notamment lors des journées de mobilisation intersyndicale.

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Published by bruno fornaciari - dans PCF LUTTES
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6 mars 2016 7 06 /03 /mars /2016 12:23

Loi travail : Le PCF appelle à la mobilisation le 9 mars

La mobilisation ne cesse de grandir dans notre pays contre le projet de loi El Khomri et le dynamitage, inédit depuis 1945, du code du travail qu'il prépare.

Le PCF, ses militant-e-s, ses élu-e-s, ses parlementaires, sont entièrement mobilisés pour s'opposer à ce texte, pour participer à toutes les initiatives, pour contribuer à ce que cette mobilisation se renforce jusqu'au retrait de ce texte rétrograde.

La riposte doit être à la hauteur de la gravité de l'attaque portée au monde du travail, aux salariés, à la jeunesse, à l’emploi.

Ce texte organise, au nom de la « modernité », le retour au 19ème siècle : il cherche à tuer l'idée même de progrès humain et d'extension des droits, il dilapide les conquêtes sociales et progressistes conquises de haute lutte. Il veut en finir avec l'existence en France d'une gauche de transformation sociale qui agit au service des intérêts populaires, pour la réduire à la simple obéissance aux exigences du MEDEF.

Le PCF français refuse cette perspective.

Les centaines de milliers de signatures recueillies en quelques jours, les convergences sur le front syndical, des organisations de la jeunesse, de l'évolution du débat à gauche ont permis un premier recul du gouvernement.

La mobilisation doit se poursuivre jusqu'au retrait du texte. Pour y contribuer, le PCF invite ses militant-e-s et elu-e-s à agir pour atteindre et dépasser le million de signatures, à être présents et contribuer partout au succès de la mobilisation, en commençant par celle prévue pour la journée du 9 mars.

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Published by bruno fornaciari - dans PCF LUTTES
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5 mars 2016 6 05 /03 /mars /2016 17:41
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26 février 2016 5 26 /02 /février /2016 22:53

Réforme El Khomri : une attaque sans précédent contre le droit du travail

► Avec la loi dite « El Khomri », le gouvernement Valls/Hollande a encore frappé. L’avant-projet de loi sur la négociation collective, le travail et l’emploi, contient des attaques sans précédent contre le droit du travail. Tout y passe.

►L'urgence : se mobiliser pour empêcher le gouvernement de réaliser son projet d’éradication du droit du travail. Les syndicats préparent la riposte, les cheminots ont déjà déposé un préavis de grève. Plus personne, ne pouvant se revendiquer de gauche, ne soutient ce projet. Un meeting unitaire est programmé le 10 mars, à Paris. Pierre Laurent, Secrétaire national du PCF, appelle les députés de gauche au dépôt d'une motion de censure.

Ce texte offre une liberté totale au patronat . S’il est adopté, il constituerait un recul historique des droits. En 53 articles, 7 titres, 131 pages tout y passe, tout est cassé.
Le temps de travail est dérégulé

Si le principe d’une durée légale de 35 heures par semaine reste posé, l’avant-projet de loi va permettre d’y déroger systématiquement : les heures supplémentaires pourront être compensées et non plus majorées, la durée maximale hebdomadaire du travail est repoussée de 48 h à 60 h, sans l’autorisation préalable de l’inspection du travail. Il suffira pour cela d’obtenir, sous la menace de licenciements, un accord d’entreprise sur ce sujet ou, à défaut, un accord de branche. Le repos quotidien de 11 h pourra être fractionné. Les congés payés ne sont plus obligatoires, le salarié peut y renoncer contre de l'argent.

Le temps de travail en matière d’apprentissage est également modifié. Les apprentis de moins de 18 ans pourront travailler jusqu’à 10 heures par jour, au lieu de 8 heures, et 40 heures par semaine contre 35 actuellement. Le médecin du travail et l’inspecteur du travail ne seront pas consultés mais simplement informés.

Haro sur les syndicats

Le projet revoit complètement le droit de la négociation collective. Le principe d’un accord majoritaire est réaffirmé. Mais le droit pour les organisations syndicales représentant plus de 50 % des salariés de s’opposer à un accord signé par des organisations syndicales minoritaires est supprimé. Il sera désormais possible pour des organisations n’ayant recueilli que 30 % des suffrages aux élections professionnelles d’organiser, avec la bénédiction de l’employeur, et chantage à l’emploi, des referendums par internet auprès des salariés.

Plafonnement des indemnités de licenciement

Désormais, quelque soit la taille de l’entreprise, le motif, le caractère abusif du licenciement, la situation du salarié ou le préjudice qu’il subit, s’il a moins de deux ans de présence dans l’entreprise, il aura droit à trois mois de salaire. Pour des employés présents dans l’entreprise depuis plus de vingt ans, le maximum des indemnités qui leur seront versées serait de quinze mois. Les grosses entreprises pourront ainsi provisionner dès maintenant les sommes nécessaires pour licencier, même sans justificatif, des salariés dans les mois ou les années à venir. C’est une véritable autorisation de licenciement abusif que livre là le gouvernement.

Le licenciement

La réforme élargit les conditions dans lesquelles peuvent se pratiquer les licenciements économiques. Ainsi, les entreprises pourront y recourir non seulement si des « mutations technologiques » le nécessitent, mais aussi en cas de « réorganisation nécessaire à la sauvegarde de l’entreprise ». Formulation très souple qui pourra s’appliquer à bien des cas.

L’astreinte

Vous êtes d’astreinte, autrement dit prêts à tout moment à partir travailler, mais votre entreprise n’a finalement pas fait appel à vos services pendant cette période ? Eh bien, désormais, ce temps sera considéré comme du repos. Autrement dit, il ne sera pas pris en compte dans le calcul de la durée maximale de travail.

Tout le pouvoir est laissé aux patrons

Le gouvernement reprend les propositions de la droite, lors du vote de la loi Macron, visant à mettre en place des accords de compétitivité « offensifs ». La loi élargirait ainsi le modèle des accords de « maintien dans l’emploi » qui autorisent les entreprises à accroître le temps de travail et réduire les salaires en cas de difficultés économiques. Et les salariés qui refuseraient la remise en cause de leur contrat pourront être licenciés pour cause réelle et sérieuse.

Et le modèle ultralibéral de l’économie numérique entre dans le Code du travail

Les petits boulots hyper-précarisés et mal rémunérés de l’économie numérique ont vocation à le rester. La dépendance de ces « tâcherons du XXIe siècle » à la plate-forme numérique pour leur trouver des clients, et fixer les prix de leurs services, n’est pas considérée comme un lien de subordination mais une relation de gré à gré. En conséquence, ils ne peuvent faire appel à un inspecteur du travail et doivent procéder eux-mêmes au recouvrement des cotisations sociales et allocations familiales.

--

Une pétition contre la loi travail circule et a déjà été signée par plus de 450 000 personnes : http://www.loitravail.lol

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Published by bruno fornaciari - dans PCF SYNDICATS - JUSTICE SOCIALE
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23 février 2016 2 23 /02 /février /2016 12:57

L'article publié ici reprend point pour point les thèses et les positions mélenchonistes. Faut-il s'en étonner ? A mon sens, le débat mérite mieux que les affirmations péremptoires, supposées incontestables. En outre les fausses perspectives et le strabisme avec lequel est raconté l'histoire pollue la discussion et stérilise la pensée.
Ainsi, dès l'entrée, l'accusation assène :"En cautionnant une primaire "de toute la gauche", le secrétaire national du PCF prend un risque considérable : celui de soutenir in fine un candidat social-libéral, de précipiter la fin du Front de gauche… "
A moins de ne point entendre Pierre Laurent clamer sur tous les tons que ni Hollande, ni Valls, ni ceux qui participent à l'exécutif gouvernemental ne serait concerné par cette recherche d'une réponse de gauche à la catastrophe annoncée.

Que les points de vue des 3 composantes du FDG divergent n'est pas une révélation.
"l’annonce à la hussarde de la candidature de Jean-Luc Mélenchon", est selon l'article une péripétie mais "c'est Pierre Laurent" qui en d’affirmant son option de la primaire de toute la gauche, fragiliserait le front de gauche. Primaire pour laquelle Pierre Laurent fait des propositions concrètes, sur le contenu d'abord (options, socle commun, plate-forme programmatique), puis ensuite seulement alors, discussion sur les candidatures, qui pourrait déboucher sur une personnalité désignée en commun ou, à défaut, par une primaire.

Dans cet article, il est mis au passif du PCF l'absence "d’accords entre le Parti communiste et le Parti de gauche", qui aurait donné le "coup de grâce" pour le Front de gauche ?

Ainsi on somme le plus gros "contributeur" du cartel de se ranger à l'avis des autres "partenaires" sans coup férir, afin de ne point être accusé de division et de rupture du front, tandis que le "leader" du Front de Gauche se pavane de chaîne de télés en radios pour expliciter sa décision de candidature en solo, avec des journalistes complaisants.

En quoi "ne pas rompre avec les électeurs de François Hollande dans l’espoir de les rallier à une proposition politique vraiment de gauche." fait-il du PCF un soutien aux thèses gouvernementales alors que ses militants, ses députés et sénateurs sont sur la brèche pour les faire échouer ? "la rupture avec les choix gouvernementaux" est actée dès 2012 en ne participant pas au gouvernement tandis que Jean-Luc Mélenchon se voyait premier Ministre.

En quoi "La seconde préoccupation du PCF"..." de ne pas perdre de positions électives" serait-elle contre-révolutionnaire ? Et en quoi une différence de position "aussi variable que les situations locales" à Paris 5 millions d'habitants et Trifouillis-les-Oies serait-elle incompréhensible A moins de définir d'en haut, de la façon dont il faut faire cuire les carottes..Ce que fait allègrement Mélenchon du haut de sa stature de "Commandeur" acquise grâce à l'obligeance de PCF. L'achoppement sur ce point, est mis en exergue par JLM, avec le soutien et la complicité médiatique (on ne compte plus les invitations dans les médias) et la reprise des accusations contre Pierre Laurent, traité tour à tour de "traitre", de "vendu" et de "pleutre". On pourrait mieux faire pour débattre.

Avec le Front de Gauche, le PCF a permis à Jean-Luc Mélenchon de se sortir de 30 ans "socialisme" et d'incarner, grâce à lui et ses militants le candidat à l’élection présidentielle. Choix judicieux mais risqué, comme on en voit les soubresauts aujourd'hui.
"l’annonce de la candidature de Jean-Luc Mélenchon" a surpris tous les partenaires du front de gauche. Cette décision unilatérale, irrespectueuse, est la suite, logique, pourrait-on dire, de la stratégie annoncée dès le 1er décembre 2012 au grand rassemblement de la Bastille à Paris et poursuivit depuis, celle de la division de la gauche et la stratégie du recours, qui a échoué, avec comme conséquences des pertes électorales principalement du PCF, le PG étant inexistant. Les péripéties des discussions entre partenaires pour la désignation des équipes aux municipales et la désignation des candidats aux régionales font grand cas de la virginité révolutionnaire et désintéressée du PG." le coup de grâce"du front de gauche était déjà à l'oeuvre tandis que l'ambition, personnelle de JLM ,est réaffirmée.

"Pierre Laurent s’est engagé dans le processus des primaires de "toute la gauche" proposées par Libération et quarante personnalités, aujourd’hui accepté par le PS, comme une démarche susceptible de favoriser les discussions et les rapprochement à gauche en vue d'éviter le scénario catastrophe droite/FN ou libéralisme /social-libéralisme. La "confiance dans le choix que feront les citoyens de gauche" évoqué par Pierre Laurent met l'accent sur la nécessité du débat, pour avancer, pour construire un rassemblement "au-delà de nous-mêmes"(du front de gauche) et des convaincus, pour dégager une perspective à vocation majoritaire. Mais cette perspective, d'un choix ultime du ou de la candidate ne sied guère à Jean-Luc qui se voit un "destin" personnel" et cette incarnation serait justifiée par le score de 4 millions de voix en 2012. Comme si la situation politique et les enjeux n'avaient pas changé. Selon moi, vous l'aurez compris la candidature de Mélenchon est trop étroite. Et en disant cela je ne remets pas en cause ses qualités personnelles ni son apport passé, ni son potentiel. Car en effet, comme le rappelle Pierre Laurent "si la gauche va à l’élection présidentielle avec un représentant qui défend le bilan du quinquennat actuel, qui est rejeté par les électeurs de gauche, la gauche va être éliminée", et j'ajoute, que si elle y va avec un candidat clivant, brutal, qui n'est pas rassembleur déjà dans son camp, comment peut-on espérer triompher du piège dans lequel le libéralisme voudrait nous voir tomber. En ce sens, à mon avis, "le meilleur d'entre-nous" est aussi le plus mauvais candidat. Et ce n'est pas lui faire offense.

Prêter à Pierre Laurent des intentions électoralistes alors que JLM engage "SA" campagne électorale "sans les partis" est un contre-sens malveillant et trompeur. A aucun moment comme il est dit dans ce papier Pierre Laurent "s’engage à accepter de soutenir un ministre ou un ancien ministre, voire l’actuel président... cela face à la candidature de Jean-Luc Mélenchon" La courte-vue électoraliste décrite ici ne concerne pas le PCF. Ce dernier n'a pas, pour l'heure d'ambition électorale. La seule ambition à laquelle il travaille d'arrache-pied est de créer, malgré les difficultés et elles sont nombreuses, venant de gauche et de droite, les conditions d'un rassemblement indispensable pour changer vraiment et non témoigner peut-être.

"Le corps militant communiste" se mobilise en préparant, dans le soutien aux luttes, en proposant des solutions alternatives, leur congrès début juin, qui marquera on l'espère un renouveau du parti lui-même et de sa feuille de route. Le ralliement à un "candidat social-libéral" comme le laisse supposer cet écrit rocambolesque n'est pas "le pari de Pierre Laurent". En cela,les communistes peuvent être tranquilles. L'appel à Mélenchon pour rejoindre le collectif sera-t-il entendu ? rien n'est moins sûr. Et là encore, cette fausse bonne idée de sa candidature "en dehors" risque, si elle était maintenue, de jouer le rôle de 'l'idiot utile' au mieux et au pire de complicité avec ceux qu'il dit combattre. On ne peut avoir raison seul, comme on ne peut gagner sans le soutien de tous, à gauche.

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réponse à Rody qui m'interpelle

@Rody, j'ai dû louper un épisode. Pour ce qui le concerne P. Laurent n'évoque à aucun moment de se mettre en ligne avec Macron et consort, c'est le contraire, il les considère comme, je cite : "disqualifiés". C'est on ne peut plus clair. Alors pourquoi ce charabia ? Faire croire que son chien à la rage est peut-être une bonne méthode pour justifier l'euthanasie. Mais en politique, il faut se garder de justifier sa position en contraste avec ses propres lubies.
En effet, il est facile de déclarer sa candidature. Clémentine Hautain l'a évoqué, pas P. Laurent. Pourquoi ? pas par incapacité, mais parce que l'heure est à construire l'alternative, le plus largement possible pour gagner et changer cette politique libérale. Notre problème à tous, à toi, comme à moi, n'est pas de savoir quel est celui ou celle qui fera le meilleur score du 3e ou de 4e, en laissant en friche et gâchant les potentiels de rassemblement et de victoire. Que Mélenchon revienne, qu'il défende son point de vue , le programme qu'il propose à tous, qu'il entende les différence que l'on peut rassembler. Non la question d'aujourd'hui n'est pas d'instaurer le socialisme qu'il soit à la Chavez ou cubain. Mais d'inverser la tendance droitière et libérale qu'à emprunter notre société depuis très longtemps, avec tous ceux qui, déçus et mécontents de "l'oeuvre" Hollandaise veulent bien s'associer pour rechercher une base commune sur laquelle nous pourrions nous entendre (donc y compris JLM) pour partir à l'assaut d'une nouvelle société démocratique dans laquelle des mesures anti capitalistes et de progrès pourraient constituer le socle d'un projet gouvernemental à construire avec toutes les forces disponibles.

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Published by bruno fornaciari - dans PCF THOUARSAIS PCF 79 PCF
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21 février 2016 7 21 /02 /février /2016 08:21

Les dossiers d’économie et Politique 13 économie et politique 706-707 mai - juin 2013

Réorienter l’Europe pour la refonder I

l est vrai que, en écho aux difficultés sociales et politiques engendrées par la mise en œuvre d’orientations visant des enjeux financiers nationaux et européens, monte une critique de la construction actuelle, mais sur un mode essentiellement négatif, protestataire et, donc, sans avancer aucune vision positive alternative.

Une telle critique ne permet pas de faire bouger les rapports de force et d’avancer vers un nouveau rassem- blement transformateur en France. La mondialisation est vécue aujourd’hui – à bon droit – comme très hostile. La France est ressentie comme vulnérable dans l’espace mondial et le besoin d’une construction européenne, permettant d’avoir prise sur le devenir du monde, de compter dans cet espace « dérégulé », demeure très puissant. C’est en ce sens que, s’il y a crise de l’idée européenne, il n’y a pas abandon, comme l’a confirmé, à sa façon, Syriza qui s’est prononcé contre la sortie de la Grèce de l’euro et pour que celui-ci devienne solidaire pour les peuples. Dans ces conditions, de même qu’il s’agit de montrer, ici en France, qu’il y a une autre politique possible à gauche et une majorité de gauche possible pour la mettre en œuvre, il s’agit de montrer, inséparablement, qu’il y a une autre construction européenne possible qui soit conforme aux idéaux sociaux, économiques, démocratiques et éthiques de la gauche. Dans cette optique, il est juste de mettre en avant désormais l’objectif de refondation de l’Europe qui souligne l’exigence de transformations très radicales.

Mais, pour autant, gardons-nous de donner à penser que cet objectif pourrait être atteint au terme d’un « grand soir » qui permettrait de faire en quelque sorte « table rase ». Ne réactivons pas, à propos de l’Europe, Notre projet pour une refondation Yves Dimicoli I

l faut partir des questions de la crise de la construction européenne et les traiter en liaison avec les préoccupations relatives aux échéances électorales à venir et, donc, avec le type de rassemblement que nous voulons construire en France et en Europe.

La construction actuelle de l'euro débouche sur un formidable fiasco. En écho aux terribles difficultés sociales, economiques et politiques engendrées par la mise en œuvre des politiques d'austérité monte une critique forte de la construction actuelle, mais souvent sur un mode essentiellement négatif, protestataire et, donc, sans avancer aucune vision positive alternative. Nous devons articuler à l'exigence nécessaire de refondation le réalisme d'un combat quotidien efficace pour réorienter cette construction en visant sa refondation.

D'où l'importance décisive de propositions concrètes, cohérentes et mobilisatrices donnant à voir, à l'appui des luttes et du débat politique, la possibilité d'une alternative crédible. l’opposition que nous avons décidé de dépasser entre réformes et révolution. Nous devons articuler à l’exi- gence nécessaire de refondation le réalisme d’un combat quotidien efficace pour réorienter cette construction en visant sa refondation. . Cohérence des combats pour changer en France, Europe et monde Il est absolument indispensable de changer le monde, ce que ressentent confusément, sans trop y croire, tous ceux qui critiquent ou craignent la mondialisation actuelle.

L’idée selon laquelle la France, à elle toute seule, pourrait y arriver a perdu totalement de sa crédibilité, ce qui ne veut pas dire qu’elle ne peut rien faire. En réalité, il y a besoin d’une construction européenne pour pouvoir changer le monde. Simultanément, donc, il faut changer l’Europe. Pourquoi ? Mais parce que les efforts de construction de celle-ci depuis la dernière guerre ont développé une très grande interdépendance entre les pays qui la composent et, plus encore, depuis le début des années 1990 avec la marche à l’euro et, à partir de 2000, avec l’euro lui-même. C’est le contenu et les moyens institutionnels, matériels et financiers de maîtrise de cette interdépendance qui posent problème et pas l’interdépendance en soi. Celle-ci est construite, aujourd’hui, surtout sur la base de solidarités pour la domination des marchés financiers et des capitaux allemands. Il faut prendre l’étendard de la construction d’une solidarité nouvelle pour les salariés et les peuples, contre la tutelle des marchés financiers et toute forme d’hégémonie économique et politique en Europe. de l’Union européenne économie et politique 706-707 mai - juin 2013 Les dossiers d’économie et Politique 14 Un besoin et une opportunité de clarification sur les buts et les moyens de l’Union

La construction actuelle de l’euro débouche sur un formidable fiasco. Et cela, parce qu’il n’a pas été conçu pour répondre aux besoins de développement des peuples européens mais pour tenter d’attirer massivement les multinationales et les capitaux financiers mondiaux et, ainsi, par la promotion d’un grand marché financier européen unique très attractif, d’arriver à rivaliser avec le leadership de Wall-Street. D’où, la promotion d’un « euro fort », c’est-à-dire capable, en, toutes circonstances, d’offrir aux détenteurs de capitaux le rapport rentabilité/risque le plus attrayant.

Dans ce but, la BCE ne doit se préoccuper que de maintenir l’inflation des prix en zone euro sous la barre des 2 % et veiller à ce que les taux d’intérêt offerts par les placements en euro soient en permanence supérieurs à ceux offerts par les placements en dollars. C’est pour cela qu’elle a été fondée « indépendante » de toute autorité politique et que l’article 125 du traité de Maastricht lui a interdit formellement de créer de la monnaie pour soutenir la dépense publique et sociale où que ce soit dans la zone euro. L’objectif stratégique des promoteurs de cette Europe-là était et demeure d’arriver à obtenir des États-Unis qu’ils finissent par accepter de partager leur domination financière sur le monde, du fait de l’affaiblissement du dollar et d’un endettement extérieur devenu insoutenable (pour les créanciers chinois notamment). Pour rassembler les Européens, cette tentative de construction a cherché à mobiliser des idéaux et des buts généreux (paix, « plein-emploi », modèle social européen porté au niveau allemand, prospérité partagée, rééquilibrage des rapports de force dans le monde…). Mais le cœur de cette tentative est bien cette ambition dominatrice pour la finance, pour les multinationales à base européenne, pour les grands capitaux allemands. D’où une ambiguïté fondatrice essentielle qui a accompagné la construction européenne dès ses origines.

C’est cette tentative qui échoue gravement aujourd’hui. Aussi, cette période de crise aggravée de l’Europe peutelle être propice à une clarification sur les exigences de cohérence entre les buts sociaux et sociétaux, les valeurs mises en avant pour justifier la construction européenne et les moyens financiers et les pouvoirs nécessaires pour les atteindre. Le fédéralisme vise l’éloignement des structures de décision des salariés et des citoyens, des élus de terrain, pour pouvoir mieux concilier les exigences de gouver- nance de l’ensemble européen avec la domination des marchés financiers et de ceux qui sont hégémoniques dans les rapports de force intra-européens, à commen- cer par l’Allemagne. Pour les dirigeants français, il s’agirait d’effectuer un « bond en avant » dans le fédéralisme dont ils pensent qu’il leur permettrait de partager tout de suite, avec les dirigeants allemands, les pouvoirs d’orientation des marchés, au profit des multinationales à base française.

Pour les dirigeants allemands, qui ont besoin eux aussi d’une construction européenne pour leur domination dans le monde, il s’agit d’abord de « faire converger » les structures nationales sous la pression des marchés et de « couronner » ce processus d’adaptation structurelle aux normes allemandes par l’adoption d’institutions fédérales.

En alternative, il faudrait mettre en avant l’ambition d’ un con-fédéralisme européen d’un nouveau type. Il ne renverrait pas seulement aux pouvoirs d’États natio- naux, largement amputés aujourd’hui par la pression des marchés. Mais il serait construit aussi sur des institutions de partage des informations, des pouvoirs et des moyens financiers, de l’entreprise aux collectivités territoriales, des régions aux nations, des nations à l’Europe.

Ceci serait susceptible de maîtriser les marchés à tous les niveaux pour faire prévaloir des progrès sociaux, envi- ronnementaux et démocratiques de partout. Précisément, de partout, grandissent des luttes de pro- testation contre des politiques tendant, en pratique, à avancer d’une façon ou d’une autre vers une construc- tion européenne de type fédéral, avec de très graves atteintes à la souveraineté populaire et à la démocratie parlementaire. Ces luttes devraient pouvoir converger, en visant à progresser vers une cohérence nouvelle réclamant des changements institutionnels et de pratiques politiques profonds, à partir des aspirations à la sécurisation de l’emploi et de la formation, à un progrès des revenus salariaux et de remplacement, des protections sociales, à l’expansion de tous les services publics. Il s’agirait, alors, de contrer l’hyper-fédéralisme de la BCE et les tentatives d’y formater les pratiques institutionnelles nationales – notamment en matière de politique budgétaire avec le TSCG et les two et six packs. Il s’agirait de faire avancer, en pratique, un nouveau type de confédéralisme de maîtrise sociale décentralisée et démocratique des marchés pour une double sécurisation- promotion commune de l’emploi et de la formation et des services publics.

L’enjeu fondamental des rapports France-Allemagne/Europe du Sud L’Allemagne est devenue le grand créancier des pays d’Europe du Sud, France comprise. Elle réalise sur eux une part considérable de ses énormes excédents commerciaux et leur consent un certain recyclage de ces surplus en contrepartie de sacrifices sociaux et salariaux, d’adaptations structurelles qui, en réalité, conduisent à approfondir la crise européenne. L’Allemagne cherche à imposer à la zone euro des spé- cialisations qui puissent conforter la domination de son propre système productif national afin de rivaliser dans la recherche d’une hégémonie mondiale avec les autres grandes puissances économiques, financières et commerciales.

Alors même que l’ordre du monde est en train de bouger (tendance à l’affaiblissement du leadership américain, montée irréversible des grands pays émergents, Chine en tête... C’est ainsi qu’elle entend faire accepter par ses « parte- naires » d’Europe du Sud une nouvelle spécialisation de leur système productif à bas « coût du travail ». Comme elle a réussi, après la « chute du mur », à imposer aux PECO une spécialisation conforme aux exigences de ses grands groupes. Celle-ci a permis aux multinationales à base allemande de relever des défis de la mondialisation (segmentation du processus de production) sans, pour autant, mettre radicalement en cause le « site allemand Les dossiers d’économie et Politique 15 économie et politique 706-707 mai - juin 2013 de production », à la différence de ce qu’ont fait les grands groupes à base française. Et les bas « coûts salariaux » des mains d’œuvres qualifiées des PECO ont joué ici un rôle déterminant.

Cette tentative renvoie aussi à l’absolu besoin pour l’Allemagne – ou plus précisément ses capitalistes – que le reste de l’Europe qualifiée travaille pour elle ou chez elle, y compris pour faire reculer les revendications salariales outre-Rhin. On sait, en effet, que la démographie y est crépusculaire avec un faible taux de fécondité et un ratio de dépendance (nombre d’individus sans emploi/nombre d’individus avec emploi) de plus en plus dégradé du fait de l’érosion de la population active, du chômage et du vieillissement.

Il est possible de voir comment, face à ces défis, les dirigeants allemands cherchent à utiliser l’euro, ses contra- dictions, sa crise et, simultanément, les besoins exacerbés de solidarité des pays en difficulté, pour leur imposer un chantage permanent à l’ajustement structurel. Celui-ci se traduit, alors, au final, soit par des prises de contrôle par des capitaux allemands de débouchés et/ou d’entreprises d’Europe du Sud en difficulté, y compris des entreprises publiques privatisables, soit par la migration grandissante de populations juvéniles et formées d’Europe du Sud vers le marché du travail allemand.

Dans un contexte où les pays d’Europe du Sud sont contraints, avec les politiques d’austérité, d’accepter une très faible croissance de leur marché intérieur, cela se traduit, inséparablement, chez eux par la baisse du coût du travail. Car ils sont mis en concurrence pour accéder au marché intérieur allemand seul à présenter une perspective de relance. Au final, c’est le coût des importations par l’Allemagne des produits que lui vendent ces pays qui tend à diminuer, ce qui accroît ses propres excédents commerciaux.

C’est dire l’importance des rapports France-Allemagne dans cette partie de bras de fer historique si contradictoire. Ils sont fondateurs de la communauté européenne et, plus encore, de la zone euro. Chacun de ces deux pays a, pour l’heure, l’autre pour principal partenaire commercial. Si la France avançait sur une autre option de construction, mettant en avant la nécessité fondamentale de solidarités nouvelles pour un co-développement des peuples de la zone et de mise en cause de la domination des marchés financiers, en s’appuyant sur les aspirations et les luttes montant en Europe du Sud, le cours de l’Europe pourrait commencer à bifurquer. La France, pilier fondateur de l’euro, a un statut particulier dans cette zone. Elle y est, à la fois, dominante sur l’Europe du Sud, comme l’Allemagne, et dominée par l’Allemagne, comme les autres pays d’Europe du Sud. Elle occupe donc une place absolument stratégique. D’autant plus que l’Allemagne elle-même, malgré les oppositions qui se font jour en son sein et que les dirigeants allemands utilisent volontiers comme argument de chantage sur leurs partenaires, a absolument besoin de l’euro pour développer sa propre domination au plan mondial. Si F. Hollande, au lieu de trahir sa promesse de renégo- cier le TSCG et de combattre son ennemi « la finance », était allé jusqu’à imposer une renégociation en écho aux attentes sociales et démocratiques des peuples français et d’Europe du Sud, l’histoire aurait sans doute bougé.

Mais le jeu français ne visant qu’à défendre les intérêts européens des multinationales à base française, à essayer de partager avec l’Allemagne la domination sur l’Europe, le bras de fer a, vite, tourné court. Le défi d’un marché transatlantique Il faut, à ce propos, mesurer le défi que constitue le projet d’un grand marché transatlantique unissant l’Europe et les pays d’Amérique du Nord. Cela pourrait conduire à rendre encore plus difficiles et contradictoires, pour les Français et l’Europe du Sud, les rapports avec l’Allemagne.

En effet, la France et les États-Unis, certes avec des échelles différentes, présentent des spécialisations productives analogues et, donc, concurrentes, alors que l’Allemagne présente un type de spécialisation plutôt complémentaire de celui des États-Unis.

L’ouverture d’un grand marché transatlantique pourrait alors accentuer la concurrence avec les productions américaines sur des atouts productifs essentiels de la France comme l’aéronautique, l’automobile, l’énergie, les télé- communications, les transports, la chimie-pharmacie, l’agriculture, la culture et l’audio-visuel… une concurrence qui serait d’autant plus difficile à soutenir pour la France avec « l’euro fort » face au dollar. Cela pourrait alors conduire à de nouveaux affaiblissements relatifs de la France face à l’Allemagne en Europe dont pâtiraient aussi tous les autres pays d’Europe du Sud.

L’euro et la BCE Ils sont au cœur de la construction actuelle et leur mise en place, comme leur fonctionnement, ont développé de très importantes interdépendances non solidaires entre pays membres de la zone euro. Prétendre que l’issue à la crise actuelle passerait par une sortie de l’euro et, en fait, par la disparition de celui-ci, est illusoire, voire purement démagogique. L’enjeu est, au contraire, de rassembler, à l’appui des luttes, sur des propositions permettant de changer l’utilisation de l’euro. Et, donc, de changer le rôle, la politique monétaire, les missions et le contrôle de la BCE (1). Il s’agirait de les articuler à des proposi- tions pour changer l’utilisation du crédit et le rôle des banques en France (pôle financier public, nouveau crédit sélectif).

Tout en mettant en avant les possibilités de s’arracher à la domination du dollar et des États-Unis avec une réforme profonde du FMI et de la Banque mondiale pour une véritable monnaie commune mondiale alternative au Billet vert. Celle-ci, comme le réclament désormais les Chinois, les Russes et des Latino-Américains, pourrait être construite à partir des droits de tirage spéciaux (DTS) du FMI.  (1) Financement par création monétaire d'une grande expansion des services publics via un Fonds social, solidaire et écologique de développement européen ; monétisation d'une partie des dettes publiques ; sélectivité nouvelle de la politique monétaire pour encourager d'autant plus le crédit bancaire qu'il sert à financer des investissements programmant plus d'emplois et de formations et pour pénaliser les crédits à la spéculation.

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Published by bruno fornaciari - dans EUROPE pcf
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20 février 2016 6 20 /02 /février /2016 13:53

Olivier Dartigolles et Isabelle de Almeida, comité de liaison de la primaire de la gauche


« Nous voulons un débat d’idées qui unit »
vendredi 19 février 2016

Déclaration d’Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF, et Isabelle de Almeida, présidente du Conseil national, lors de la réunion du comité de liaison de la primaire de la gauche et des écologistes.

« Nous voulons un débat d’idées qui unit »

Nous voulons dire en toute transparence les propositions que le Parti communiste a porté lors de cette réunion pour que progresse et réussisse le processus qui est lancé.

C’est d’abord l’extrême gravité de la situation qui nous motive. Nous entrons dans des temps très compliqués : les perspectives d’une crise financière plus grave encore que celle de 2008, les risques d’un éclatement de l’Europe dans les pires conditions, planent sur nos têtes. Ces menaces s’ajoutent à la crise climatique et à celle du travail secoué par les réponses libérales à la révolution informationnelle.

Jamais comme aujourd’hui notre peuple, le monde du travail et de la création, n’auront eu besoin de réponses de gauche à ces grands enjeux. Et jamais comme aujourd’hui ces réponses de gauche n’ont été autant marginalisées par François Hollande et Manuel Valls. Ils ont confisqué le pouvoir en s’étant affranchi de toute contrainte parlementaire et de leur camp politique. Ils ont signé leur adieu à la gauche.

Le scénario d’ores et déjà installé pour 2017 est celui d’un véritable cataclysme. Si rien ne bouge, c’est un match à trois qui se déroulera dès le premier tour de la présidentielle entre Marine Le Pen, le candidat de la droite et celui du clan Hollande-Valls, et toute autre candidature sera pratiquement disqualifiée du fait du mécanisme de vote utile. C’est dire que les réponses de gauche, les aspirations populaires au changement seraient hors jeu dès le premier tour. Au second tour, il y a fort à penser que ce serait un match entre Le Pen et la droite. Derrière, ne sous estimons pas les dégâts sociaux et politiques pour le pays. Prenons bien la mesure de la rupture démocratique qui s’ensuivrait. Combien de longues années avant que ne puisse commencer à se reconstruire un espoir ! Nous ne pouvons laisser se réaliser ce cauchemar sans réagir.

Nous voulons donc ouvrir dès maintenant une nouvelle voie et nous avons la conviction que c’est réellement possible. Des forces immenses sont aujourd’hui disponibles. Ils sont des millions, les électeurs du Front de gauche, les électeurs écologistes, des électeurs socialistes, à dire aujourd’hui : « ça ne peut plus continuer ainsi ». Ils ont été désorientés, sidérés parfois devant les abandons successifs du président de la République et du gouvernement et ils se sont démobilisés. Mais avec la déchéance de nationalité, avec la casse du code du travail, ils disent : « Maintenant, trop c’est trop ! »

Ces femmes et ces hommes disponibles sont aussi les syndicalistes, les militants associatifs qui pensent que maintenant, il faut qu’ils se mêlent de ces échéances politiques. Ce sont aussi les salariés, les enseignants, les soignants, tous ces travailleurs humiliés par le manque de considération pour leur travail, leur expérience, leurs conditions de vie. Ce sont les millions de chômeurs, de pauvres, méprisés, exclus, montrés du doigt. Les jeunes à qui l’avenir est refusé.

Toutes ces forces en mouvement ou en attente, aujourd’hui trop dispersées, nous voulons aider à les faire converger. C’est ce que nous avons contribué à faire en 2005 lors du referendum sur le traité constitutionnel européen, c’est ce qui nous guidait quand nous avons lancé le Front de Gauche. Nous proposons à toutes les forces du Front de gauche de poursuivre cette démarche dans les conditions inédites d’aujourd’hui qui nous permettent de le faire à une bien plus grande échelle.

Comment ?

Nous ne voulons pas d’une démarche de sommet, nous voulons un peuple acteur.

Il s’agit de relancer une dynamique d’intervention populaire. Nous pensons que le peuple doit investir le processus des primaires de gauche pour qu’il réussisse. C’est à dire pour parvenir à faire émerger, pour l’élection présidentielle une candidature commune qui bouscule la donne, qui relance une gauche de rupture avec la politique suivie depuis 2012, de rupture avec l’austérité et les recettes libérales. Et une gauche qui créé la surprise et gagne.

Nous proposons dans un premier temps l’élaboration citoyenne d’une plate-forme commune qui soit le socle d’entrée de la primaire pour les candidates et les candidats comme pour les électrices et électeurs. Les candidats acceptant ce mandat populaire, débattraient publiquement en exposant leurs propositions pour le mettre en œuvre. Le choix des citoyens se porterait alors sur le candidat le mieux à même selon eux, par ses engagements de réaliser ce mandat populaire. De bout en bout, ce processus est celui du débat et d’un choix d’idées et de contenus et jamais un simple casting. Tout ce qui nourrirait le présidentialisme condamne à l’échec.

Nous ne voulons pas d’une bataille de personnes qui divise, nous voulons un débat d’idées qui unit.

Nous proposons de réfléchir ensemble aux outils pour l’élaboration collective et citoyenne de cette plate-forme. Pour ce qui concerne les communistes nous prendrons des initiatives et nous participerons à tout ce qui s’inscrit dans cette démarche pour aller à la rencontre des citoyennes et citoyens pour recueillir leurs avis à partir de quelques grandes têtes de chapitre et bâtir avec eux le mandat populaire. Nous formulons ces propositions pour la réussite du processus de primaires de gauche et redonner espoir au pays.

Nous voulons que le maximum de celles et ceux qui souhaitent une candidature de gauche en rupture avec ce qui a été fait depuis 2012, s’investissent dans ce processus collectif. Jean-Luc Mélenchon propose sa candidature. Nous souhaitons que la dynamique que nous engageons le conduise à accepter le cadre collectif sans lequel une candidature de la gauche en rupture avec l’austérité et le libéralisme, n’a aucune chance de succès. Cette démarche que nous voulons impulser, les objectifs de rassemblement gagnant de toutes les forces de gauche et citoyenne que nous visons, ne permet pas dans notre esprit que l’emporte une candidature qui se fixerait l’objectif de poursuivre ce qui a été fait par le président de la République et le gouvernement depuis 2012. Nous avons d’ailleurs bien compris que ni Manuel Valls, ni François Hollande n’expriment l’intention de se plier à l’exercice des primaires.

Nous rendrons compte de nos échange de ce matin au Conseil national du PCF les 5 et 6 mars. Les communistes auront à décider des suites qu’ils voudront donner à ce processus.
Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF, Isabelle De Almeida, Présidente du Conseil national,

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BRUNO FORNACIARI

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