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9 octobre 2016 7 09 /10 /octobre /2016 16:02

La Gauche doit s’unir !

Christian Laval – Michèle Riot-Sarcey : « Au lieu de s’autodétruire, la gauche critique doit enfin s’unir ! » (Tribune parue dans le journal Le Monde du 5 octobre 2016). La gauche gouvernementale s'est autoanéantie, les « frondeurs » s'égarent dans le bal des ego. Pourtant, la gauche radicale peut encore s'organiser et élaborer un programme unique

Au temps du massacre du peuple syrien, face aux morts en Méditerranée, pendant le scandale du mur de Calais, au présent de l'affaire -Alstom, du procès de ce pitoyable Jérôme Cahuzac et de l'affaire Bygmalion, cette liste de scandales nous oblige à nous poser une simple question : que pouvons-nous espérer ? En ce temps défait, éclaté, où les mots les plus usités perdent leur sens, dans un espace fragmenté et concurrentiel où chacun ne voit plus l'autre que sous la figure d'un rival menaçant, le plus intolérable, c'est que nos représentants, totalement coupés du monde social, deviennent encore plus autistes à l'approche d'une campagne électorale qui incite aux délires les plus inattendus.

« Le temps » sortirait-il « de ses gonds » ?

Sommes-nous vraiment les contemporains de nos représentants politiques ? Sont-ils eux-mêmes les -contemporains de ces hommes et de ces femmes qui chaque jour doivent lutter pour leur propre survie ? Sont-ils à l'écoute de ce qui se passe autour d'eux, autour de nous ? Comment osent-ils parler de démocratie quand il faudrait avant tout tenir compte de ce qui est crié ou écrit sous toutes les formes de l'expression critique à distance du pouvoir en place ? Une masse croissante d'individus parfaitement conscients de la catastrophe qui s'annonce – humaine, écologique – s'époumone en vain, sans parvenir à ébranler la certitude affichée et dérisoire de « représentants » qui ne les représentent pas. Que lesdits représentants de la droite s'ingénient à regarder la réalité de leurs contemporains à la lueur de leurs fantasmes, que l'extrême droite se délecte du délitement des consciences en faisant croire à son adhésion à la démocratie, rien de surprenant, mais que ces dits représentants osent parler en notre nom, cela est proprement hallucinant.

Et que devient la gauche dans tout cela ? Que faut-il en attendre ?

Rien de la gauche gouvernementale, elle s'est -autoanéantie pendant cinq ans. Il subsiste bien sûr la galerie des frondeurs, restés au PS ! Quelles initiatives ont-ils prises ? Quelle alternative politique ont-ils proposée à tous ceux qui ont exprimé leur rejet de la loi El Khomri et leur lassitude du macronisme ? Quelle espérance d'émancipation renouvelée offrent-ils ? Et comment osent-ils se présenter à tour de rôle, seuls, au nom d'un peuple qu'ils ne connaissent guère à force d'avoir fréquenté les allées de l'Elysée ?

Responsabilité immense

La gauche de la gauche, comme il est convenu de l'appeler, ne semble pas plus avertie ni plus lucide que les autres représentants « élus ». Certes, elle promet, pour plus tard, de changer les règles du dispositif de délégation de -pouvoir dont personne ne veut plus, mais en attendant, lorsqu'il s'agit de désigner ses candidats, rien ne change : les ego de personne et les égoïsmes de parti s'imposent. C'est à qui s'autoproclamera « égotiquement » le seul représentant de tous parce qu'il est naturellement le meilleur. Il faut cesser ces petits jeux suicidaires entre amis. Il est encore temps.

La gauche dite radicale ou critique a perdu plus de dix ans à s'autodétruire alors que la colère était partout, que le néolibéralisme montrait ses conséquences désastreuses, que, pour d'importantes fractions des classes populaires, la gauche n'était pas encore synonyme de renoncement et de lâcheté devant les puissants. Oui, cette gauche-là, dont nous nous revendiquons, a été incapable de se constituer en force démocratiquement organisée, prisonnière des vieux schémas des partis d'avant-garde, des arrangements électoraux à géométrie variable, des « sauveurs suprêmes ». Elle a logiquement laissé place au découragement et au Front national. Oui, elle porte une responsabilité immense dans le désastre politique. Et cela suffit !

Il existe un mouvement social, des syndicats, des initiatives collectives, un foisonnement d'associations que nous avons rencontrées partout. Cette nébuleuse démocratique pratique la mise en commun des énergies et des idées, elle reformule l'avenir possible en renouant avec les utopies d'hier. Cette mouvance ne se sent plus représentée par les appareils, petits ou grands. La déconnexion entre l'activité démocratique à la base et le jeu des organisations politiques s'accroît. Nuit debout en est la plus manifeste des expressions créatrices.

Oui, il faut faire de la politique autrement, pour qu'elle soit l'affaire de tous. Pourquoi ne pas repartir de la base, c'est-à-dire du commencement ?

Avant de parler au nom des « insoumis » ou tout simplement des mécontents, avant que chaque organisation ne désigne son candidat ou ne décide de soutenir untel ou untel, pourquoi ne pas mettre en œuvre, tous ensemble, avec la mobilisation de toutes les organisations, l'élaboration d'un programme unique de la gauche critique à partir d'une réflexion construite collectivement ? Ce fut en juin l'idée des assemblées de citoyens, qui a échoué parce qu'elle était isolée. Mais, si toutes les composantes de cette gauche parvenaient in extremis à s'entendre sur un tel processus, il est certain qu'il aboutirait.

Oui, nous espérons, malgré tout, que ceux qui se réfèrent sans cesse au « peuple », à la « démocratie » et à la « république » mettent enfin en pratique les fondements de la liberté collective. Oui, nous disons qu'il y a encore une toute petite chance pour que cette gauche qui se dit différente fasse réellement la preuve de sa différence. Faute de quoi elle risque d'être engloutie dans les ténèbres des années qui nous attendent

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9 octobre 2016 7 09 /10 /octobre /2016 15:56

@plaurent_pcf #QueDemandeLePeuple : le choix de la démocratie avant celui du candidat

Le Parti communiste veut une candidature commune de gauche alternative !

Le Parti communiste français va lancer au début de la semaine prochaine une « grande pétition nationale » en ligne pour appeler à une « candidature commune de gauche alternative », a annoncé samedi Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, lors de l’Emission pour la restitution de #LaGrandeConsultationCitoyenne.

Cela est à une grande initiative pour donner la chance au rassemblement d’une gauche désunie et ne pas sombrer en 2017. Samedi, Pierre Laurent a annoncé que le Parti communiste français allait lancer au début de la semaine prochaine une « grande pétition nationale ». L'objectif ? Appeler à une candidature commune de gauche alternative pour l'élection présidentielle. « Nous n'abandonnerons pas ce combat, il est essentiel », assure Pierre Laurent, le secrétaire national du PCF.

Décision le 5 novembre

« Je n'emmènerai pas le peuple de France avec le Parti communiste à la présidentielle comme on va à l'abattoir, avec la droite et l'extrême-droite », a expliqué Pierre Laurent, qui a également annoncé qu'il réunira le 3 novembre « les personnalités favorables à cette démarche », notamment de la société civile.

Deux jours plus tard, le 5 novembre, la conférence nationale du PCF donnera aux communistes le choix entre plusieurs options de soutien pour la présidentielle et fixera le délai dans lequel ceux-ci devront se prononcer. Pierre Laurent l'assure, le PCF finira par prendre une décision sur le choix d'un candidat. Du succès de la pétition dépendra pas seulement l’attitude du PCF vis-à-vis de tel ou tel candidat(e) mais de la réussite de la Gauche en 2017.

@plaurent_pcf#, quedemandelepeuple personne ne le fait sauf nous ! Des centaines de milliers d'heures de débat citoyens dignes Tout le monde parle de démocratie, mais personne n'a fait ce que nous avons fait: 65 000 questionnaires ! Priorités: salaires, environnement, lutte contre les discriminations, éducation, santé, vivre ensemble. Ces priorités pourraient constituer un socle commun pour agir sans hiérarchie.

Le questionnaire @QueDemande le peuple doit permettre de construire un projet pour de vrai changement progressiste dans notre pays. Cette consultation confirme qu'il y a une majorité de progrès dans ce pays. Nous entrons en campagne, dans une autre campagne, celle où nous dialoguons avec les citoyens.

59% veulent que la politique protège contre la loi du plus fort & construise de l'égalité. Ce sera le fil conducteur pour nous. La protection de tous, la promotion de chacun dans l'égalité des droits, ce sera notre fil conducteur.

Nous entrons en campagne sur les priorités des Français. Nous voulons un débat d'abord sur le projet pas sur les personnes. C'est ce #QueDemandeLePeuple. Il y a une majorité socialement convergente mais politiquement divisée et médiatiquement étouffée. 80% des Français disent qu'ils ne veulent pas le même casting présidentiel qu'en 2012.

La semaine prochaine nous lancerons une grande pétition nationale pour une candidature commune à là présidentielle.

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7 octobre 2016 5 07 /10 /octobre /2016 14:29
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30 septembre 2016 5 30 /09 /septembre /2016 10:49

Un plan d'urgence contre le réchauffement climatique !

par Alain Pagano 30 Septembre 2016, 08:46

Les années deviennent de plus en plus chaudes validant chaque jour un peu plus les prévisions alarmistes du GIEC (Groupe International d'Experts sur le Climat) !

Montée du niveau des mers, réfugiés climatiques, sécheresses, catastrophes météorologiques, extinction de la biodiversité ... Je ne développe pas sur les menaces, elles sont connues !

Dorénavant, il y a urgence écologique, pour la planète, pour le genre humain. Il y a besoin d’un grand plan d’urgence contre le réchauffement climatique global !

Concrètement. Rapidement.

Un plan d'urgence dans lequel on mettrait des mesures telles que

- le ferroutage, porteur de développement ferroviaire donc d’emplois ce qui semble bien approprié dans ce contexte de suppressions d’emplois à Alsthom ! L'Etat peut le décider rapidement

- la gratuité des transports en commun (qui a également le mérite de redonner un peu de pouvoir d’achat aux familles et de contribuer à rendre l'air moins pollué dans les grandes agglomérations de notre pays). Chaque municipalité peut le décider de manière volontariste. L'Etat doit accompagner. Il y a besoin d'un effort vigoureux pour le développement des transports en commun.

- la rénovation thermique du logement, pour économiser l'énergie et réduire les factures de nos concitoyens

- la croissance des énergies décarbonées au détriment des énergies carbonées…

Aujourd'hui qu'on soit maire, parlementaire, député européen ou ministre, on devrait tous viser ce même but: l'application rapide de ce plan d'urgence qui n'épargne pas d'autres mesures de court ou moyen terme.

Je suis atterré de tant d'inconséquences et de légèreté de la majeure partie de notre classe politique devant les conséquences de l'inaction... Je mets toutefois à part les communistes qui militent pour cela, notamment dans plusieurs agglomérations pour la gratuité des transports en commun + quelques élus locaux de différentes étiquettes politiques qui ont fait preuve de volontarisme dans ce sens.

C'est ce que j'ai affirmé au conseil municipal d'Angers il y a quelques jours. En cohérence avec la campagne que nous menons depuis plusieurs mois pour la gratuité des transports en commun à Angers.

L'actualité (météorologique) nous oblige à accélérer le mouvement. Avec des mesures plus larges, plus globales (que la seule gratuité des transports en commun, NDLR). Je ne renonce pas à convaincre qu'il est temps d'agir. Rapidement ! Les élections présidentielles et législatives, je l'espère, feront émerger ces propositions concrètes à usage immédiat.

Alain Pagano

Conseiller municipal (et communautaire) d'Angers

Responsable adjoint de la commission Ecologie du Conseil National du PCF

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27 septembre 2016 2 27 /09 /septembre /2016 08:15

Blog de Christian Christian Picquet

NUL, A GAUCHE, NE POURRA DIRE QU'IL NE SAVAIT PAS...
vendredi 23 septembre 2016,

Depuis l’ouverture de ce blog, voici plus de sept ans, j’ai délibérément choisi de l’utiliser prioritairement pour partager des arguments et des réflexions sur les questions fondamentales posées à la société française autant qu’à la gauche. Loin, donc, des tentations de l’immédiateté, de l’approximation, de l’appauvrissement des échanges, du rabougrissement du débat qui auront généralement accompagné l’essor des « réseaux sociaux ». Je n’ai que rarement dérogé à cette règle. Mais j’éprouve à présent trop d’inquiétudes devant ce dont nous sommes menacés, pour ne pas vous livrer ce pur coup de colère.

Tout récemment, mon ami Pierre Laurent se demandait si la gauche française n’était pas devenue, à l’instar de la droite d'antan, « la plus bête du monde ». De fait, tandis que de notre côté s’affiche le désarroi devant ce que nous lègue un quinquennat à bout de souffle, à moins que l’on ne se complaise à l’instar de quelques-uns dans la laudation de son bilan calamiteux, l’adversaire dessine sans contradicteur la contre-révolution politique et sociale qu’il appelle de ses vœux. Ne nous y trompons pas : si la direction des « Républicains » se révèle profondément divisée sur la stratégie apte à lui permettre de revenir aux affaires pour longtemps, les divers prétendants à sa « primaire » n’en partagent pas moins la commune volonté de faire basculer la France dans un modèle de société qui achèvera de détruire le « pacte » sur lequel la République s’était vue reconstruire par la Résistance.

Amputation de cent milliards, voire bien davantage, de la dépense publique ; nouvel allongement de l’âge du départ à la retraite ; accélération du démantèlement des protections collectives contenues dans le code du travail, jusqu’à la suppression (pour certains) de toute durée légale du travail ; volonté concomitante d’amenuiser les pouvoirs, déjà fort rognés, du mouvement syndical ; plafonnement de l’ensemble des allocations sociales et dégressivité accentuée des indemnités chômage ; abrogation du tiers-payant généralisé ; « choc fiscal » au profit des entreprises, couplé à la suppression éminemment symbolique de l’impôt sur la fortune ; hausse de trois points au moins de la TVA ; redéfinition des missions de l’État et remise en cause simultanée du statut de la fonction publique : les ultralibéraux n’ont pas tort d’évoquer une « thérapie de choc », au bénéfice du capital s’entend. Demain, la « présidence des riches », le gouvernement des financiers et des rentiers, si rien ne vient s’opposer à son retour, sera de nouveau tout-puissant…

Et ce n’est là qu’une (petite) dimension de ce qui nous est promis si le parti de la revanche l’emporte. Entre ceux qui, au nom des « économies » à réaliser, appellent à étrangler la démocratie locale en trucidant notamment l’échelon départemental… Ceux qui veulent gouverner par ordonnances dès les premières semaines de la nouvelle mandature, afin de frapper de stupeur les citoyens et de les empêcher de résister… Ceux qui, se lançant à la reconquête des électeurs du Front national, préconisent la substitution du droit du sang à l’actuel droit du sol, comme fondement de l’acquisition de la nationalité… Ceux qui considèrent désormais que la Constitution, c’est-à-dire le texte sanctuarisant l’État de droit, s’avère un obstacle au déploiement des prérogatives régaliennes de la puissance publique et qui, prétextant du terrorisme, imaginent l’ouverture d’un Guantanamo à la française où l’on internerait administrativement quiconque figurerait dans le fameux fichier « s »… Ceux pour qui l’identité française se trouverait minée par la présence, sur le sol national, de quelques millions de personnes de culture ou de confession musulmanes, et qui alignent dans ce cadre les propositions d’interdictions légales (du voile à l’université, du « burkini », du salafisme etc.)… Ceux qui, entraînés par leurs comportements de voyous et n’hésitant pas à flirter avec l’ethnicisme pour mieux épouser la radicalisation d’un large pan de leur base, vont jusqu’à enjoindre une France aux origines mélangées de ne plus se reconnaître que les Gaulois pour ancêtres… Ceux qui, indifférents à la souffrance de centaines de milliers d’hommes et de femmes fuyant les guerres et les dictatures, appellent les élus locaux à refuser de les accueillir un peu partout sur le territoire, bafouant du même coup ce que le pays avait ratifié en 1948 dans la Déclaration universelle de droits… La patrie de Voltaire, de Rousseau, de Condorcet, de Hugo ou de Jaurès affronte le vent mauvais d’un néopétainisme.

Personne ne pourra, dès lors, prétendre n’avoir pas su ce qu’il adviendra si la gauche est éliminée du second tour de la présidentielle et si, par l’effet mécanique du fonctionnement des institutions, elle ne subsiste qu’à un niveau résiduel dans l’Assemblée nationale élue quelques semaines plus tard. Il n’en est que plus atterrant que chacun fasse comme si tel n’était pas l’enjeu primordial de la confrontation qui s’amorce. François Hollande, rejeté par le pays et le peuple de gauche, donc incapable de rassembler le camp progressiste et de l’emmener au succès face aux « Républicains » et au Front national, dès lors qu’il s’emploie à installer l’idée qu’il peut, a minima, représenter un moindre mal face au séisme qui se prépare. La gauche du Parti socialiste et les écologistes, empêtrés dans des divisions et des querelles incompréhensibles du plus grand nombre, lorsqu’ils privilégient la participation à des « primaires » confuses, qui leur interdit de contribuer au rassemblement des énergies disponibles autour d’une candidature unique porteuse d’une perspective d’alternative. Jean-Luc Mélenchon, engagé dans une course en solitaire l’ayant amené à tourner unilatéralement la page du Front de gauche, puisqu’il refuse tout partenariat avec d’autres composantes de la gauche, les socialistes anti-austérité entre autres, au nom de l’objectif qu’il a fait sien et qui consiste à simplement devancer, sur son seul nom, François Hollande dans les urnes.

Quelles que puissent être les raisons invoquées, ces postures ne font pas que préparer une terrible débâcle. Elles concourent, involontairement bien sûr, mais cela ne change rien à leur inconséquence, à la « trumpisation » de notre débat public. Pour me montrer plus précis, elles laissent s’opérer la victoire idéologique de ce bloc droitier qui voit maintenant converger de larges secteurs du camp adverse, autour de thématiques dont beaucoup ont été initialement portées par le parti lepéniste. Verra-t-on demain des éditorialistes hexagonaux contraints d’admettre qu’il n’y a plus personne pour s’opposer à cette poussée réactionnaire qui vise à remodeler de fond en comble notre pays ? Nous ne sommes, au fond, pas très éloignés de la situation des États-Unis, qu’un chroniqueur du Monde dépeignait, le 20 septembre, en relevant qu’il ne se trouve plus grand monde là-bas pour « contredire » un Donald Trump derrière lequel renaît l’« Alternative Right », inspirée de « l’extrême droite identitaire européenne » et du mouvement « suprématiste blanc américain raciste »…

Devant de semblables périls, il est néanmoins permis d’espérer que l’intelligence collective finira par se frayer un chemin. Une lueur d’espoir se rallumerait, sans le moindre doute, si toutes celles et tous ceux qui se sentent concernés par l’indispensable affirmation d’une alternative de gauche consentaient, déjà, à vérifier ensemble qu’existent les bases d’un programme à même de sortir la gauche de sa décrépitude présente et de la remettre en mouvement. Un programme ne visant pas simplement à témoigner, mais à gagner une majorité dans le pays. C’est-à-dire les quelques axes, entrant en cohérence, d’une plate-forme correspondant aux attentes d’un peuple qui fait une overdose des régressions qu’on lui a imposées...

À la différence des concurrences illisibles encouragées par des « primaires » incertaines, redeviendrait ainsi possible la convergence, à la présidentielle autant qu’aux législatives suivantes, des forces vives de notre camp. À en croire tous les sondages, celles-ci aspirent, pour la plus grande partie d’entre elles, à une politique retrouvant les fondamentaux de la gauche. Un second tour résumé au face-à-face entre une droite chauffée à blanc et une extrême droite dont les idées gangrènent insidieusement les consciences, n’est par conséquent en rien un scénario inéluctable. Il suffirait, pour faire mentir ces sombres pronostics, que se lève, très au-delà des partis, une force citoyenne bien décidée à rebattre les cartes. On me dira que je rêve, qu’il est trop tard pour conjurer le pire, que je demeure un utopiste invétéré. Je sais pourtant, d’expérience, que « là où est la volonté, il y a un chemin »...

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23 septembre 2016 5 23 /09 /septembre /2016 14:56

2017 - Citoyennes, citoyens, faites irruption dans le débat !

► Plusieurs centaines de milliers de Françaises et Français rencontrés, plus de 50 000 questionnaires remplis, la grande consultation, initiée par le PCF est en train de créer un débat populaire à l'échelle nationale.

► Son résultat donnera une image de l'état de l'opinion et traduira les aspirations de nos compatriotes. Il sera présenté par l'Institut Viavoice et Pierre Laurent y réagira en direct, le 8 octobre à 14h, lors de - Ce que demande le peuple / L'émission - en direct sur www.pcf.fr.

Faites vous entendre ! Remplissez le questionnaire sur :

www.lagrandeconsultationcitoyenne.fr

QUE DEMANDE LE PEUPLE ?

Parce qu’il y en a assez de la parole populaire ignorée, méprisée, trahie, le PCF a lancé, il y a 6 mois une Grande consultation citoyenne dans le pays. Il s'est entouré de professionnels du sondage, l'institut Viavoice. En France comme en Europe, les décisions sont prises sans vous, contre vous. Pourtant, cela fait des années que les peuples sont fatigués des politiques d'austérité.

Tout se passerait mieux si les gouvernants pensaient aux besoins populaires et à l'intérêt des nations plutôt qu'au respect du dogme libéral, écoutaient les citoyen-ne-s plutôt que les financiers. Avec ce questionnaire www.lagrandeconsultationcitoyenne.fr, le Parti communiste a pris une décision : construire avec vous les solutions et l'issue. Il fait le pari de l’irruption du peuple dans le débat. Pour changer la donne.

UN DEBAT A DES MILLIERS DE VOIX

Depuis, les militants communistes, des villages aux centres villes en passant par les entreprises et la Fête de l'Huma, ont rencontré et dialogué avec des centaines de milliers de nos concitoyen-ne-s. Ces personnes sont, au fond, ceux qui font tourner les machines, fabriquent notre pain, font rouler les trains, pousser le blé, éduquent nos enfants, soignent et construisent....

Plus de 50 000 d'entre eux ont pris de leur temps pour répondre aux questions posées, quelques soient leur opinion. C'est, en quelque sorte, un grand Forum citoyen qui se tisse et se déroule dans notre pays. Y émerge des coups de gueule, des exigences populaires, des solutions face à la crise, une opinion générale. Cette enquête se poursuit jusqu'au 8 octobre. Faites, vous aussi, entendre votre voix.

Le 8 octobre : CE QUE DEMANDE LE PEUPLE

Les résultats de ce questionnaire seront présentés le 8 octobre. Si l'on en croit les premiers regards, alors même que le travail d'enquête se poursuit, le portrait dressé de notre pays ne sera pas habituel. Loin, en tout cas, des clichés des JT ou des poncifs politiciens.

Chacun aura l'occasion de découvrir ce nouveau portrait de la France, le 8 octobre à 14h, lors de - Ce que demande le peuple / L'émission - en direct sur www.pcf.fr. Les résultats de l'enquête seront restitués par l'institut de sondage, la parole sera donnée à des citoyen-ne-s qui ont répondu au questionnaire, à des grands témoins… Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, réagira, face à un journaliste, sur l'état de l'opinion, ce que cela fait bouger au Parti communiste, les nouvelles possibilités de rassemblement.

Demandez aux communistes de votre ville ou de votre quartier, où se tient l'écoute collective où vous pourrez assister à cette restitution et discuter collectivement des suites.

ET APRES…

Partout où les questionnaires auront été signés, les communistes organiseront des rencontres publiques, avec vous, pour discuter de cet état réel de l'opinion des françaises et des français, mettre en lumière les aspirations populaires, construire le rassemblement, en cette année précédant deux échéances électorales primordiales.

La droite et l’extrême-droite sont en embuscade et comptent profiter du désarroi, avec des programmes libéraux radicalisés, extrêmement dangereux pour le pays. Il faut que surgisse une autre voie, celle de la parole populaire, de ses exigences et de ses propositions. Et la rendre incontournable.

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21 septembre 2016 3 21 /09 /septembre /2016 13:06

Sans rassemblement, nous risquons une catastrophe politique

Pierre Laurent invité de Public Sénat, le secrétaire général du Parti communiste a évoqué la nécessité d'une "convergence des forces de gauche".

Le secrétaire général du Parti communiste était l'invité ce mardi matin de Territoires d'Infos, la matinale de Public Sénat et Sud Radio, présentée par Cyril Viguier, avec la presse quotidienne régionale : Olivier Alleman (Campanes TV), Hubert Coudurier (Le Télégramme) et Denis Carreaux.

Décision le 5 novembre

Pierre Laurent a évoqué la nécessité d'une « convergence des forces de gauche » pour éviter un scénario « catastrophique pour notre pays ». La décision du Parti communiste de présenter ou non un candidat à l’élection présidentielle sera prise le 5 novembre.

Sur le plateau de Territoires d'Infos, le secrétaire général du PC a plaidé pour une candidature d'union. « Si nous n'allons pas vers la convergence et le rassemblement des forces de gauche qui veulent tourner la page de l'échec du quinquennat de François Hollande, nous risquons d'aller à une catastrophe politique », a-t-il confié.

Pierre Laurent, qui ne veut pas « d'une Assemblée nationale qui ressemble au conseil régional de PACA, où des millions de gens de gauche n'ont aucun représentant ».

Interrogé sur l'accueil des migrants, il a jugé « dramatiques » les propos de Laurent Wauquiez.

« Quand j'entends [ses] déclarations, j'ai honte », a lancé le sénateur de Paris, appelant à ce que "la France soit digne de ses traditions d'accueil".

Réagissant à l'annonce d’une nouvelle hausse des tarifs des péages, Pierre Laurent a évoqué « un scandale pur et simple ». « Nous avons déposé une proposition de loi qui vise à la renationalisation des autoroutes », a-t-il précisé.

« Si on laisse faire les choses, à la fin des concessions privées accordées par Nicolas Sarkozy, les actionnaires auront empoché 32 milliards d'euros de dividendes. C'est un scandale pur et simple et il faut y mettre fin. »

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6 septembre 2016 2 06 /09 /septembre /2016 08:30

« Sans domicile fisc » : le livre choc sur les paradis fiscaux (1/2)

François Vignal

Le 05.09.2016 à 18:57

Panama city.

© AFP

Millionnaires et multinationales y fuient le fisc. La criminalité et le terrorisme les utilisent… Les paradis fiscaux sont la face obscure de la finance. Les frères Eric et Alain Bocquet, sénateur et député PCF, mettent en lumière ce scandale dans « Sans domicile fisc ». Publicsenat.fr en publie les bonnes feuilles.

Plongée au cœur de la finance et des paradis fiscaux. Plongée en eaux troubles. Dans « Sans domicile fisc » (Cherche Midi, parution le 8 septembre), les frères Bocquet, Eric et Alain, sénateur et député communistes du Nord, dressent un réquisitoire précis et implacable des affres de la mondialisation financière. A lire d’urgence, tant le poids de l’opinion publique est indispensable pour accélérer le changement.

A l’heure du procès Cahuzac, ils décryptent les mécanismes qui permettent aux plus riches et aux multinationales d’échapper à l’impôt. Un scandale qui se chiffre à coup de centaines de milliards d’euros par an ! Rien que pour la France, le manque à gagner est estimé entre 60 et 80 milliards d’euros chaque année. A l’échelle de l’Europe, on passe à une estimation « d’environ 1.000 milliards d’euro par an ». Les chiffres donnent le tournis.

« C’est la crise ! Quelle crise ? Elle n’est pas pour tout le monde. Jamais pour ces « sans domicile fisc » que leur addiction à l’évitement de l’impôt classe en véritables parasites de nos sociétés, en délinquants » écrivent les deux frères. Forts de leur travail de parlementaires – deux commissions d’enquête du Sénat (voir nos articles) et une mission d’information à l’Assemblée – ils ont pu toucher de près cette réalité complexe. Pour leur ouvrage, ils se sont appuyés sur de nombreux entretiens (Nicolas Hulot, Eva Joly, Alain Bauer, ONG, lanceurs d’alerte, journalistes, etc).

Le rappel des scandales successifs, HSBC, UBS, Luxleaks, le cas Mc Donald’s et bien sûr les « Panama papers », donnent froid dans le dos. Le rôle des Etats est tout aussi troublant : les parlementaires pointent l’hypocrisie, voire le double jeu qui règne en Grande-Bretagne, aux Etats-Unis ou même en France.

« Fraudeurs, optimisateurs, blanchisseurs, évadés ou exilés nous volent. (…) Il est temps de passer de la parole aux actes »

Le pantouflage des fonctionnaires vers le secteur privé et l’embauche de conseiller issus du monde bancaire et de la finance – Emmanuel Macron en est l’exemple – illustre cette proximité, voire cette connivence entre politiques et banquiers. Dès lors, comment changer le système de l’intérieur si le système est vérolé ? C’est le constat que font Eric et Alain Bocquet. Cette situation pose de nombreuses questions sur le plan démocratique.

La crise de 2008 a cependant poussé les Etats du G20, confrontés à la chute des rentrées fiscales, a amorcé un changement salutaire, sous l’égide de l’OCDE. L’échange automatique de données fiscales entre Etats, qui se généralise petit à petit, y compris avec certains paradis fiscaux, est encourageant. Il sera appliqué en 2017. Trop mou, trop lent, selon les frères Bocquet : « Aujourd’hui, on tire avec un pistolet à eau sur une cible qui nécessite… le recours à plusieurs escadres lourdement équipées ».

Pour eux, rien n’est inéluctable. « Fraudeurs, optimisateurs, blanchisseurs, évadés ou exilés nous volent. (…) Il est temps de passer de la parole aux actes. Ramenons les « sans domicile fisc » sur la voie de la justice » lance les Bocquet.

Ils font leurs propositions et en appellent à l’opinion publique. A l’image de la COP sur le climat, ils proposent une COP de la finance sous l’égide des Nations-Unis, la création d’un « observatoire parlementaire de lutte contre la fraude et l’optimisation fiscales » qui disposerait d’un pouvoir de convocation et de contrôle, la suppression du verrou de Bercy ou carrément la mise sous embargo des paradis fiscaux. Pour Eric et Alain Bocquet, face à « des Etats sous tutelle » de la finance, le sujet de la lutte contre les paradis fiscaux devrait être au cœur de la présidentielle.

Publicsénat.fr vous a sélectionné les bonnes feuilles de « Sans domicile fisc ». D’autres sont à venir demain.

« Sans évasion fiscale, pas de déficit, plus de dette »

« Les évaluations des ONG sont édifiantes : cette situation génère chaque année un manque de recettes de 60 à 80 milliards d’euros pour le budget de la République française, dont le montant total des recettes est de 300 milliards pour 2016. Une perte à comparer avec la trentaine de milliards d’euros de recettes de l’impôt sur les sociétés, ou encore les 73 milliards du déficit budgétaire annoncé pour 2016. Le sujet devrait s’imposer comme la priorité des priorités. La chasse aux économies cible tous les domaines, des crédits de la recherche aux aides destinées aux handicapés, alors que des ressources existent mais échappent à la nation. Le calcul est simple ! Ne soyons pas naïfs, cela ne peut se régler d’un coup de baguette magique, mais le rapprochement est spectaculaire. Il désigne un but ; voilà le mobile de la lutte. Sans évasion fiscale, pas de déficit, plus de dette. Le logiciel budgétaire peut être reconfiguré, ainsi que toute la logique des politiques menées en France, en Europe, dans le monde. On change les cartes : tout devient possible ».

Alain Bauer (criminologue, analyste des réseaux criminels ou terroristes) : « La bienveillance de l’État devient de la complicité »

« La présence active des banques dans les paradis, l’organisation par d’avides banquiers eux-mêmes de véritables filières d’évasion, de fraude, structurent un système mondialisé, organisé. Alain Bauer jette un regard cru sur cette évolution : « Le tuyau de l’optimisation permet de nombreux branchements complémentaires. Ceux qui le font campent toujours sur de bonnes raisons. Il s’agit de faciliter la vente de produits essentiels à nos industries, le règlement des commissions… puis des rétrocommissions. Alors la bienveillance de l’État devient de la complicité.

Le crime organisé aussi s’est branché sur le tuyau. C’est une simple nécessité : le crime est présent dans le jeu des commissions et des rétrocommissions. Le blanchisseur de même. Toutes ces masses d’argent se retrouvent dans les places offshore connues, Bahamas, Caïmans, Chypre mais aussi à la City, à Vienne ou au Delaware…

Le même Alain Bauer, appelle même à utiliser la manière forte : « À un moment, l’État aurait pu reprendre sa place. L’offshore n’aurait résisté que quelques secondes face à l’intervention d’une frégate, qu’elle soit américaine, française, chinoise ou russe. Or, nous sommes restés dans cette logique d’hypocrisie ».

Hillary Clinton et Donald Trump apprécient le Delaware, Etat américain et… paradis fiscal

« Voilà peu, un cabinet conseil, un intermédiaire comme il en sévit partout, affichait sur son site « Le Delaware, mieux que le Panama… ». « Il est plus facile de créer une société écran aux États-Unis que dans n’importe quel autre pays du monde, à l’exception du Kenya », ont conclu trois chercheurs américains après avoir testé toutes les formules à travers le monde, et celle de l’offshore en particulier. Parmi les clients du Delaware ont figuré des profils peu recommandables, comme l’ancien officier soviétique russe et trafiquant d’armes Viktor Bout, ou El Chapo, le baron de la drogue mexicain. Hillary Clinton et Donald Trump y ont pignon sur rue ! L’ancienne secrétaire d’État de Barack Obama s’y fait payer ses conférences dans le monde, et le milliardaire et magnat de l’immobilier y gère son patrimoine.

Quand le Quai d’Orsay demandait à BNP Paribas de rester au Panama

Publicsenat.fr l’avait révélé en avril dernier (voir notre article), l’ancien patron de BNP Paribas, Baudouin Prot, avait raconté devant la commission d’enquête du Sénat que l’Etat lui avait demandé de ne pas quitter le Panama, paradis fiscal… Il avait pris cette décision en 2009. Eric et Alain Bocquet relatent ses propos : « C’est d’ailleurs la raison pour laquelle le président de la République du Panama est intervenu très fortement, à l’époque, auprès du Quai d’Orsay. Un peu paradoxalement, celui-ci nous a alors écrit pour nous demander de rester au Panama ! Nous avons néanmoins décidé de vendre nos activités dans ce pays ».

Sarkozy a fait de la France un paradis fiscal pour… le Qatar

« Autre particularité de notre cher Hexagone, les conditions fiscales tout à fait particulières dont y jouit le Qatar. À l’initiative de Nicolas Sarkozy a été voté en 2008 un avenant à la convention fiscale liant les deux pays. Résultat : un bouquet de faveurs tout à fait exceptionnelles dont l’exonération totale des plus-values immobilières réalisées par l’émirat, la suppression de la retenue à la source sur les dividendes perçus par des sociétés qataries, l’exonération d’impôt sur la fortune pendant cinq ans. Le coup a porté : la France est désormais la deuxième destination des dollars venus de l’émirat après le Royaume-Uni. Parmi ces investissements, le rachat du Paris Saint-Germain pour en faire un club de football et une marque de renommée mondiale.

(…) Le traitement fiscal hors normes du Qatar est toujours en vigueur et représente un coût chiffré entre 150 et 200 millions d’euros à la charge des contribuables français. Merci, monsieur le Président ! Ce type d’accord à géométrie variable se retrouve dans l’exonération attribuée à l’UEFA (Union des associations européennes de football), à la tête du dernier Championnat d’Europe de football. L’Union dont le siège est à Nyon, en Suisse, a engagé, via la société en charge de l’organisation basée à Paris, environ 600 millions d’euros de dépenses pour mettre sur pied cet Euro 2016 et elle en attendait 1,9 milliard de recettes. Résultat attendu, et sans tir au but, de 1,3 milliard de bénéfices. Rien ne reviendra au budget national puisque la société a été exonérée de l’impôt sur le revenu, de la taxe sur les salaires ! Amateur de foot spectacle ou non, le contribuable paiera la note, comme il aura payé les équipements publics nécessaires pour cette compétition ».

EDF, dont l’Etat est actionnaire à 85%, réduit aussi ses impôts

« Exemple avec la présence en Belgique d’EDF, de Sanofi, de Total et de Danone, qui placent leur trésorerie dans des filiales faisant office de banques au service des autres entités. Les intérêts des prêts sont déduits des bases imposables des sociétés emprunteuses, tandis qu’en Belgique les intérêts perçus sont très faiblement taxés. Les groupes bénéficient de ce concept financier et fiscal purement belge dit « des intérêts notionnels ». Ils réduisent de près de 60 % les taxations qu’ils auraient acquittées en France sur ces produits financiers. Les 14 principaux bénéficiaires français ont économisé près de 450 millions d’euros. Au total, ces ruses feraient perdre au fisc national de l’ordre de 15 à 20 milliards d’euros selon les estimations du Syndicat national unifié des impôts ».

Des Français qui aiment la Suisse

Dans le récent classement annuel des 300 plus grosses fortunes de Suisse publié en novembre 2014 par le magazine économique helvétique Bilan, la première est la famille du fondateur d’Ikea, Ingvar Kamprad, avec 35 milliards d’euros. Figurent aussi sur la liste 49 Français soucieux de bénéficier d’un régime fiscal favorable. Le total de leurs patrimoines cumulés serait de l’ordre de 46 milliards d’euros. Dans la catégorie des fortunes les plus élevées, supérieures à 5 milliards de francs suisses, soit environ 4,6 milliards d’euros, figurent ainsi la famille Wertheimer (Chanel), les Castel (boissons et eaux minérales) et Patrick Drahi (Numéricable-SFR) ».

Panama, l’argent de la drogue et d’Al-Qaïda

« Le Panama, petit territoire niché entre l’Amérique du Nord et l’Amérique du Sud, est l’un des plus obscurs de la planète finance, une terre de scandales. Le financement du premier canal avait déjà provoqué un séisme mondial. Grande blanchisserie de l’argent sale qui offre services de lavage, de séchage et de repassage, l’État est connu comme un repaire historique de l’argent criminel ou mafieux, celui des cartels colombiens et mexicains de la drogue, de l’argent du terrorisme, celui d’al-Qaida. Toutes les pratiques nébuleuses permettant de recycler l’argent des combines et détournements fiscaux, du crime et de la fraude y ont cours ».

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5 septembre 2016 1 05 /09 /septembre /2016 07:10

https://youtu.be/MqcpvT5k6lk

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5 septembre 2016 1 05 /09 /septembre /2016 06:45

Pierre Laurent : Discours aux Universités d’été – Angers le 27 août 2016

Pierre Laurent : Discours aux Universités d’été – Angers le 27 août 2016

Seul le prononcé fait foi

Cher(e)s camarades,

C’est un très grand plaisir de vous retrouver à cette université d’été qui se tient pour la première fois à Angers. Je veux d’emblée remercier chaleureusement tous les camarades qui, sous la coordination de Véronique Sandoval puis de Guillaume Roubaud-Quashie, tout nouveau directeur de l’université, avec Aurélien Guillot, secrétaire départemental de la Mayenne, Alain Pagano, secrétaire départemental du Maine-et-Loire, les militants communistes du département et tous les camarades de la commission de préparation de l’université, nous ont concocté trois jours de programmation de grande qualité intellectuelle et politique, et un beau moment de fraternité.

Ces moments sont précieux : à quelques jours du plus grand rendez-vous populaire de toute la rentrée politique, la Fête de l’Humanité, notre université d’été est un beau moment d’éducation et d’intelligence collective. Oui, quand tout dans nos vies semble aller de manière frénétique, quand les médias nous imposent chaque jour des questions qui ne sont pas les nôtres, pour être une femme ou un homme libre, pour être un citoyen capable de s’engager, pour être un, une militant(e), un, une communiste qui soit utile à ouvrir des chemins d’émancipation, ces temps d’échange, de formation politique, de découvertes artistiques, culturelles et scientifiques sont indispensables. Ces temps sont des fenêtres sur l’imagination, pour penser un autre monde possible. Et le faire ainsi à 800, ensemble, venus de tout le pays, quand chaque jour ce ne sont que le chacun pour soi, la concurrence sur fond d’ignorance et la méfiance qui sont flattés, c’est une grande force.

Comprendre le monde pour le rendre meilleur, comprendre nos sœurs et nos frères humains pour faire ensemble plutôt que les uns contre les autres : voilà qui est à proprement parler révolutionnaire dans un siècle dominé par les « furieux désirs » (pour reprendre l’expression de l’un de nos invités Fethi Benslama) de rentabilité, de concurrence, d’exploitation.

Ici nous ne sommes ni des optimistes béats qui nient les dangers de la période singulière que nous traversons, ni des militants désespérés d’attendre « le grand soir » qui ne vient pas. Ici nous sommes des femmes et des hommes qui, comme un jeune toulousain appelé Georges Séguy, ont choisi un jour d’agir et de ne plus subir. Et comme lui, nous sommes prêts à tous les combats, disponibles pour toutes les rencontres, sincères, ne supportant aucune injustice et déterminés à les faire reculer sans relâche. Nous rendrons à ce militant, à ce dirigeant cégétiste et communiste, dont la vie est une fierté pour notre pays, le 20 septembre au siège de la CGT à Montreuil un hommage national conjoint de la CGT et du Parti communiste qui résonnera d’une très grande actualité.

Georges Séguy nous a quittés dans un été à nouveau marqué par la barbarie qu’il a combattue toute sa vie. La leçon qu’il nous laisse pour l’affronter est le choix de l’humain en toutes circonstances, le choix de la paix, de la justice et de la fraternité. Tout est fait pour nous en éloigner. Les forces de Daech comme celles qui ne prétendent lui répondre que par la violence de la guerre veulent faire céder la France, et l’entraîner dans une spirale dont elle sortirait durablement meurtrie et abîmée. Nous ne céderons pas. Et je renouvelle mon appel : tenez bon, tenez bon contre la haine ! Oui, ensemble, Français de toutes conditions, de toutes confessions, Français et migrants venus d’ailleurs, ensemble, tenons bon contre la haine !

Des meutes se déchaînent pour nous entraîner sur les dangereux chemins de la peur et du tous contre tous. A les écouter, l’été n’a été que terreur.

Je veux pour ma part d’abord retenir devant vous de cet été les belles paroles de dignité du maire de Saint-Etienne-du-Rouvray, notre camarade Hubert Wulfranc, qui ont rendu fierté à la France entière après le lâche assassinat du père Hamel. Je veux retenir l’hommage rassembleur du maire de Magnanville, notre camarade Michel Lebouc, dans cette commune frappée de stupeur par le massacre de Jessica Schneider et Jean-Baptiste Salvaing, ce couple de policiers qui n’avait qu’une ambition, servir la sécurité de leurs concitoyens. Quelle dignité ! Quelle hauteur de vue ! Quelle humanité ! Et quelle différence avec le déferlement violent et bien souvent irresponsable entendu après le carnage de Nice !Oui, ces élus, comme le font des milliers de militants du quotidien, tiennent la France debout face à ceux qui cherchent à l’abaisser.

OoO

Je veux retenir la joie de ces milliers d’enfants et de familles privés de vacances, cette magnifique invention sociale du Front populaire, emmenés pour une journée à la mer lors des journées de solidarité organisés par les communistes tout l’été. Plus de 10 000 personnes !

Je veux retenir les milliers de remerciements entendus lors de nos ventes solidaires de fruits et légumes au cours desquelles 80 tonnes de produits ont été écoulée grâce à la coopération avec nos amis agriculteurs partenaires de ces journées.

Je veux retenir les larmes de bonheur de nos médaillés olympiques, de cette équipe de France venue de nos quartiers. Ce n’est pas la “France de la diversité” qui a battu le record de médailles, c’est la France tout simplement, c’est la jeunesse de notre pays telle qu’elle est, celle que certains saluent un jour mais stigmatisent le lendemain, celle remarquable d’audace, de solidarité qui, de Champigny à Aubervilliers, a fait ses premiers pas sur un tatami ou sur un ring dans des villes qui croient au sport pour tous et y consacrent les moyens nécessaires.

Je veux retenir de ces Jeux de Rio, qui bien sûr n’ont pas échappé aux stigmates de notre monde d’argent et d’inégalités, ce message olympique de paix qui perdure entre les athlètes de la planète. Je pense à cette image incroyable de cette nageuse syrienne de 18 ans, Yusra Mardinila, membre de l’équipe olympique des réfugiés, qui gagne sa série du 100m papillon, tout juste un an après avoir failli mourir en mer en fuyant la Syrie, et qui, avec sa soeur, avait remorqué à la nage son embarcation et ses occupants durant plus de trois heures avant d’atteindre l’île de Lesbos.

Voilà le monde d’humanité vers lequel nous voulons continuer de tendre nos regards et nos ambitions. Ce monde est possible. Il est à notre portée. D’immenses richesses existent pour construire un monde de partage et de bien commun, mais à condition de faire cesser la prédation mondialisée de ces richesses par un système capitaliste qui ne connaît comme règles que concurrence à outrance, dominations et guerres.

OoO

La France de la fraternité que nous aimons est aujourd’hui durement attaquée. Dans notre pays, déjà en proie à une profonde crise sociale, politique et démocratique, des meurtres de masse, des assassinats et des attaques-suicides menées au nom du “djihad” ont plongé nos concitoyens dans l’effroi, l’incrédulité, le chagrin et la peur.

Les cibles visées ne le sont pas au hasard : les dessinateurs de Charlie Hebdo, l’hypercasher de Vincennes, la jeunesse des terrasses, des concerts et des stades, la fête populaire du 14 juillet, le père Hamel dans son église, un couple de policiers. C’est la République qui est visée.

Pour combattre ce terrorisme assassin, qui nous tend le piège de la “guerre des civilisations” pour nous y précipiter, il nous faut désormais résister à un terrorisme plus soft, le terrorisme politique et idéologique qui voudrait nous interdire de penser et de comprendre les causes et les racines de ces drames. Expliquer c’est commencer à excuser, avait dit le Premier ministre. “Nous sommes en guerre” un point c’est tout, et la guerre sera notre seule réponse.

Nous refusons cette démission. Nous refusons de baisser pavillon sur les valeurs universelles de liberté, d’égalité et de fraternité. Nous refusons de rendre les armes de la pensée, justement parce que le défi à relever est immense. Le terrorisme de Daech et les formes mutantes qu’il endosse en recrutant dans les plaies de notre propre société en crise, nous obligent à penser des réponses nouvelles. Face aux dangers nouveaux qui menacent, il serait fou de défaire les solidarités qui unissent le peuple de France. J’accuse de la plus grande irresponsabilité ceux qui jouent à cela et qui ont décidé de faire de la logique de peur un instrument de gouvernement.

C’est une bataille quotidienne, celle de la pensée contre la peur que nous allons devoir mener avec constance.

La manière dont les maires LR de la Côte-d’Azur poussés par Nicolas Sarkozy et soutenus par Manuel Valls viennent d’instrumentaliser le burkini est révélatrice. Car il est clair que ce qui était visé par eux était en réalité une nouvelle offensive de stigmatisation des musulmans de France et rien d’autre. Et nous avons eu honte pour la France en voyant la scène des interpellations sur les plages cannoises, qui ne visait déjà plus le burkini, et qui était de ce point de vue dramatiquement révélatrice. Le Conseil d’Etat vient de remettre les pendules à l’heure en stoppant l’engrenage visé. Et c’est tant mieux.

Quant au burkini lui-même, que les choses soient claires : nous ne céderons pas non plus sur la liberté des femmes à disposer entièrement et librement de leur corps. Ce combat est pour nous universel, nous voulons le mener avec toutes les femmes, et bien entendu tous les hommes, contre toutes les assignations, vestimentaires ou plus graves encore, qui voudraient réduire le droit à l’égalité pour toutes et tous. Ce combat, il concerne toute la société française, et traverse toutes les conditions, toutes les confessions. Ce dont nous avons besoin, c’est de lois toujours plus fortes, de moyens toujours plus importants pour lutter contre toutes les violences faites aux femmes dans notre société, et pour l’égalité femmes-hommes en tous domaines. C’est ce combat que nous devons ériger au plus vite au rang de cause nationale.

En 2017, le pays aura à faire, sur cette question et bien d’autres, des choix de société majeurs pour son avenir. Nous le sentons bien : dans l’affrontement politique en cours, ce qui se joue, c’est la France. Et je veux vous parler de l’ambition que nous devons porter pour notre pays. Car rien ne serait plus dramatique que de laisser la droite, l’extrême droite et le gouvernement actuel nous dicter les termes du débat national.

OoO

L’un des choix que la France doit faire avec audace est celui de la jeunesse, de la culture, de l’éducation.

Quelle vie, quel idéal propose-t-on à la jeunesse ?

L’engagement dans des interventions extérieures armées ? Devenir milliardaire comme le propose Macron ? Devenir auto-entrepreneur comme le propose Gattaz ? Ou peut-être chasser le Pokemon ?

Quelle vie ? Quel idéal, quand on a 18 ou 20 ans, des parents au chômage, sur la touche, privés parfois de droit de vote ? Quand le seul rapport au monde social est d’être exclu de Pôle emploi ; le seul rapport à l’État est le harcèlement répété du contrôle policier au faciès ; le seul rapport à la culture est la téléréalité…

Franchement, les jeunes de France, tous les jeunes nés dans ce beau pays ou qui le rejoignent, sont un trésor précieux.

Je suis consterné quand j’entends le gouvernement placer la rentrée scolaire sous le signe de la sécurité. Voilà l’entrée dans la vie que nous allons offrir aux enfants du pays: des exercices de confinement contre les risques d’attentats. Outre que tout cela n’est que du vent, sans aucun moyen de sécurité supplémentaire réel, le signe envoyé est désastreux.

Le droit à l’éducation, à la culture, au sport devrait être notre drapeau, et la rentrée scolaire une fête. La France a besoin au plus vite d’une grande loi de programmation pluri-annuelle sur 5 ans pour l’éducation, la culture et le sport, où tous les moyens de la réussite et de l’émancipation soient donnés à chaque jeune de notre pays, sans en laisser un seul au bord de la route. Des moyens exceptionnels doivent être dégagés pour cela. C’est la priorité des priorités pour donner un avenir à la France.

OoO

Donner un avenir à la France, c’est inventer sans attendre le travail de demain et sécuriser la vie de nos concitoyens.

La loi travail, nous devons dire la loi de précarisation du travail, imposée grâce au 49-3 est une imposture car elle vise en réalité le dumping social et non l’emploi, et un anachronisme, car la guerre économique à laquelle elle nous condamne sera sans fin et conduira la planète à de nouvelles crises pires que celle de 2008.

En vérité, s’ils nous enferment dans la guerre, le conflit, la concurrence, c’est parce qu’ils s’accrochent à leur vieux monde, aux privilèges de l’argent, à la domination des grands intérêts financiers et commerciaux, au fond à ce vieux système capitaliste en crise qui règne sur la planète mais ne sait plus répondre aux défis contemporains du développement de l’humanité. Alors, pour continuer à régner, ils préfèrent nous diviser, nous trier, nous fragiliser, nous mettre en concurrence pour mieux nous exploiter, plutôt que de toucher à leur sacro-sainte loi du libre marché au service des rendements financiers.

Nous, ce que nous voulons c’est tout le contraire, c’est rassembler, c’est construire une civilisation du commun, c’est développer chacune et chacun pour émanciper toute l’humanité dans un projet de paix et d’égalité devant le droit au progrès humain.

Nous refusons la fatalité d’une société qui laisse sur la touche une partie grandissante d’elle-même. Le chômage et la précarité sont les poisons de notre société. Si nous laissons primer les logiques actuelles, la rentabilité et la compétitivité dans un monde ouvert à toutes les concurrences et avec la numérisation, la valeur de notre travail va être saccagée, le passage par le chômage deviendra la règle, la seule raison du marché dominera tout. Seuls les plus puissants, les 1 %, deviendront toujours plus richissimes.

Nous proposons de changer cette logique en créant une nouvelle sécurité sociale, celle de l’emploi et de la formation.

Ce progrès de civilisation majeur qui garantirait à chacun le droit à l’emploi et à l’évolution professionnelle par la formation tout au long de la vie, en garantissant à tous une sécurité de revenus, serait un puissant levier pour changer le sens du travail, pour changer l’entreprise, pour repenser et réduire les temps de travail pour tous.

Là encore, on pourrait commencer par la jeunesse en visant cet objectif d’exception: zéro jeune au chômage. Comment ? Chaque jeune signerait avec le service public de l’emploi une convention de sécurisation de l’emploi et la formation. Le parcours choisi d’insertion dans l’activité ou le contrat de travail associé à cette convention garantirait un revenu égal au SMIC ou une allocation d’autonomie. Ainsi, tout le rapport de la société et des entreprises au chômage en serait bouleversé. C’est une autre logique qui peut s’installer.

OoO

Donner un avenir à la France, c’est construire un nouveau pacte républicain pour retrouver la République partout, sur tout le territoire, et la République pour tous.

La République pour tous, c’est un plan d’urgence et de mobilisation nationale pour la relance de tous les services publics, ce qui veut évidemment direclore le chapitre désastreux de l’austérité, de la RGPP, de la réduction drastique des budgets des collectivités locales.

La République pour tous c’est la bienveillance plutôt que la surveillance comme l’a déclaré le maire de Saint-Etienne-du-Rouvray.

Hélas, s’il existe des caméras de surveillance, il n’existe pas de caméras de bienveillance… Peut-être, un jour, on les inventera… En attendant, la bienveillance demande donc de l’intervention humaine, du débat, de la réflexion, de l’action intelligente, de l’écoute attentive, de la patience opiniâtre.

La République pour tous, c’est une nouvelle politique publique de sûreté nationale qui protège mieux les populations et le territoire national, alliant des moyens plus importants et surtout mieux répartis sur tout le territoire. Des moyens employés à bon escient pour le suivi et l’investigation des signalements, des démantèlements de filières d’enrôlement et de trafics d’armes, des services de justice et de prison mieux équipés et formés, une coopération européenne et internationale des services de police, de renseignement et de renseignement militaire coordonnés autour de l’objectif commun de neutraliser les individus potentiellement dangereux. Disant cela, je n’invente rien : écoutez les personnels, écoutez leurs représentants syndicaux, écoutez les grandes organisations des droits de l’homme, écoutez l’expérience d’autres pays.

La République pour tous c’est mettre en chantier une VIeRépublique. Nous inverserons le calendrier électoral pour faire primer l’Assemblée nationale sur l’exécutif.

Nous supprimerons le 49-3 et ferons la proportionnelle à toutes les élections pour une juste représentation des partis. Nous ouvrirons une nouvelle ère de la citoyenneté en instaurant le referendum d’initiative populaire, de nouveaux droits pour les salariés dans les entreprises, et transformerons le Sénat en une nouvelle chambre citoyenne comportant plusieurs collèges de représentants syndicaux, associatifs, d’élus locaux ainsi qu’un collège composé de citoyens tirés au sort. Pour en finir avec la professionnalisation de la vie politique, nous créerons un statut de l’élu et étendrons le non cumul des mandats.

Nous engagerons une refonte de la loi NOTRe pour faire prévaloir la coopération et la démocratie locale. Notre nouveau pacte républicain visera la réalisation concrète des valeurs de la République, la liberté, l’égalité, la fraternité, un renouveau de la laïcité, il inscrira dans la loi le principe de non-régression pour les droits sociaux et politiques.

Il portera de nouvelles avancées pour l’égalité femmes-hommes par un renforcement immédiat des dispositifs contraignants pour l’égalité professionnelle. Il garantira la citoyenneté de résidence et mettra enfin en œuvre le droit de vote des résidents étrangers aux élections locales.

Il donnera une traduction concrète à la lutte contre le racisme et contre toutes les discriminations, notamment la lutte contre le contrôle au faciès avec la mise en place du récépissé lors des contrôles d’identité. Nous mettrons enfin en place des observatoires départementaux de la laïcité, sous l’égide de l’observatoire national, dont le but serait la médiation, l’apaisement des tensions, le règlement des conflits dans un esprit républicain.

La République pour tous, c’est une nouvelle action de la France pour une politique internationale de sécurité globale : la sécurité des uns implique la sécurité de tous, et pour la construire, notre pays a un choix fondamental à faire : ou perpétuer l’ordre existant, ou mettre un terme aux politiques d’alliances et au billard à trois bandes, aux opérations de conquête de marchés de l’armement, aux compromis avec les dictateurs et de fuite en avant vers des traités et accords de libre-échange qui affaiblissent toutes les économies nationales.

Oui, la France a le choix, membre du Conseil de sécurité de l’ONU, elle peut décider que le politique et la diplomatie, la prévention des conflits et la résolutions des injustices sociales et économiques sont prioritaires dans l’action multilatérale pour briser les reins des organisations qui comme l’État islamique, Boko Haram ou AlQaïda ont profité de la faiblesse ou de l’effondrement d’Etats pour généraliser leur offensive meurtrière. Chaque jour, en Afghanistan, Pakistan, en Syrie et en Irak, au Nigeria, des bombes explosent sur des marchés et des places publiques ; le fléau s’étend à la Turquie d’Erdogan qui a soutenu l’Ii : alors quelles conclusions en tirer ?

Si ce n’est qu’il est grand temps de sortir de ces situations « schizophréniques » où les grandes puissances font l’inverse de ce qu’elles proclament, se mêlant de tout tout le temps, empêchant les peuples de choisir leurs dirigeants et leurs projets de société, faisant le tri dans les « bons » dictateurs contre les « mauvais ». Pour quels résultats ?

Les peuples du monde ne sont pas dupes et ces errements qui conduisent à tant de vies fauchées, gâchées, ne pourront durer éternellement. À la fête de l’Humanité, puis le 24 septembre dans 15 villes de France le PCF sera dans les Marches pour la paix pour faire entendre la voix de celles et ceux qui n’ont pas abandonné la lutte pour un monde débarrassé de la course aux armements, de l’arme nucléaire et des alliances belliqueuses comme l’OTAN.

Oui, la paix doit redevenir une grande cause nationale pour la France.

OoO

Donner un avenir à la France, c’est s’engager dans un autre mode de développement, un mode de développement humain et durable, qui mène d’un même pas la lutte contre la surexploitation humaine et celle contre le saccage de la planète et le réchauffement climatique qui en est la conséquence.

Nous voulons faire du bien commun le moteur d’un nouveau mode de développement pour la France. Les citoyens, les salariés, ne nous ont pas attendus. Ils sont déjà à l’œuvre à travers de multiples expériences dans le pays. Mais cela reste fragile. Il faut que la puissance publique s’en mêle !

Nous engagerons un renouveau de l’industrie et de la recherche dans les filières structurantes.

Nous proposons de faire de l’essor des industries et de la recherche écologiques une des politiques de cette nouvelle industrialisation de la France en lien avec le développement des services publics qui permettra de créer un million d’emplois dans des filières variées (énergies renouvelables, automobile, transports urbains, bâtiment, rénovation thermique des logements, recyclage et réparation…).

Nous lancerons également un plan national pour promouvoir les Fablabs car ils sont les prémisses d’un nouveau modèle productif fondé sur l’innovation, l’initiative décentralisée, la relocalisation, le partage et la constitution de réseaux. Nous déposerons dès l’automne une proposition de loi pour la création d’un pôle public de l’énergie.

Donner un avenir à la France, c’est mettre fin à l’indécente prédation financière des banques et des grands groupe financiers sur les richesses de la planète, c’est lutter contre la finance pour une autre utilisation des richesses.

Nous proposons de reprendre le pouvoir aux banques pour que les richesses créées par le travail servent l’émancipation de tous les citoyens. Devant l’échec manifeste du CICE, nous créerons un pôle public bancaire pour promouvoir cette ambition avec une gouvernance réellement démocratique sur la base des institutions financières publiques existantes (la Banque postale, la CDC, …) et nous nationaliserons les deux plus importantes banques françaises, la Société générale et BNP Paribas, dont les pratiques actuelles sont à l’opposé des intérêts du pays. En s’attaquant partout au coût du capital, nous créerons également un fonds national et des fonds régionaux pour développer et sécuriser l’emploi et la formation.

Nous bloquerons les échanges de capitaux avec les paradis fiscaux et renforcerons les services fiscaux dans le cadre d’un plan inédit de lutte contre l’évasion fiscale qui représente désormais près de 70 milliards d’euros soit l’équivalent de notre déficit public. Nous engagerons une grande réforme de justice pour la fiscalité qui fera contribuer davantage les hauts revenus et les revenus du capital et nous réformerons l’impôt sur les sociétés pour encourager les entreprises qui décident d’investissements utiles, créent des emplois de qualité et respectent l’environnement, et pénaliser celles qui n’ont pour seul objectif que l’enrichissement de leurs actionnaires. Enfin, les salaires et dividendes des grands patrons seront plafonnés et les salaires encadrés dans une échelle de 1 à 20.

OoO

Enfin, donner un autre avenir à la France c’est reprendre l’action de la France pour refonder du sol au plafond le projet européen et construire une Europe solidaire et démocratique.

Plus personne ne veut de l’Union européenne actuelle. Nous lancerons une procédure inédite d’écriture citoyenne d’un nouveau projet de traité et nous nous engagerons à le défendre, à utiliser l’influence de la France, à trouver les alliances pour le rendre possible.

La France doit appeler l’Europe à sortir de la gabegie spéculative et de l’austérité qui nous ont fait entrer dans une crise du développement sans précédent : l’euro, la Banque centrale européenne, les outils communs doivent être tournés vers le développement industriel, les services publics et les PME. Nous porterons l’idée d’un fonds européen de développement social et solidaire, abondé par la Banque centrale européenne qui allouerait des financements sur critères sociaux et environnementaux. Les budgets ne doivent plus être soumis à la règle d’or. Nous nous battrons pour l’abrogation du traité budgétaire, quitte à retirer la signature de la France. A la raison sociale ensuite. Il faut une grande loi européenne anti-dumping pour cesser la mise en concurrence des travailleurs qui nourrit les nationalismes : progressivement, il est possible de faire converger par le haut les salaires et les droits des travailleurs en prenant comme référence le pays où ils sont les plus élevés. Nous demanderons une révision complète de la directive sur les travailleurs détachés et proposerons un ensemble de règles sociales et environnementales auxquelles les entreprises devront se soumettre. Nous proposerons que l’Europe se batte, à l’échelle mondiale, pour des règles du travail internationales avancées et leur respect. Nous suspendrons les négociations TAFTA, CETA et TISA. Enfin, la France doit appeler l’Europe à la raison démocratique : l’Union européenne ne peut être un cadre punitif où les souverainetés nationales sont sans cesse réprimées. Chaque peuple doit pouvoir choisir librement les projets, les coopérations qu’ils jugent bons de partager avec les autres pays européens. Au sein des institutions européennes, les instances élues doivent avoir le dernier mot. Les sommets européens seront précédés en France d’un vote du Parlement et nous soumettrons les grands enjeux aux Français, par référendum.

OoO

« Dans quel pays, quelle société voulons-nous vivre ? », voilà le débat qui nous importe et dans lequel nous sommes décidés à faire entendre la voix forte des communistes, pour le bien du pays.

J’invite les salariés, les citoyens, les chercheurs, les enseignants, les artistes les intellectuels, j’invite les jeunes ; j’invite les syndicalistes, les militants des mouvements sociaux et associatifs ; j’en appelle aux militants, aux électeurs de gauche, aux écologistes à investir ce débat et à ne pas s’en laisser dessaisir.

Vous le savez, la bataille présidentielle ne s’engage pas pour le moment sous les meilleurs auspices, car malgré le fiasco gouvernemental qui ne semble pas vouloir s’arrêter, malgré l’énorme pression de droite et d’extrême droite pour étouffer tout débat d’alternatives sociale et démocratique, les forces nécessaires à la construction de cette alternative restent aujourd’hui dispersées.

Tout est prêt pour imposer aux Français un choix, un débat, un casting dont ils ne veulent pas. Des millions d‘entre eux sont perdus car rien dans ce qui se passe ne suscite leur envie.

Je le dis avec force à nos concitoyens : dîtes haut et fort ce que vous attendez, ne restez pas dans votre coin. Intervenez, organisez-vous pour que vos luttes, vos revendications, vos aspirations prennent place au premier rang des échéances politiques, sinon le débat vous sera confisqué. Les mobilisations sur la loi Travail, Nuit debout ont montré la voie.

Et nous les communistes, mettons-nous au service de cette entrée en scène des citoyens dans ces échéances décisives. Et consacrons tous nos efforts dans les semaines à venir à rendre visible, incontournable ce qui est commun à toutes les forces démocratiques, sociales, progressistes qu’il convient de rassembler. Non, la division actuelle de ces forces ne correspond pas à ce qui unit réellement des millions de Français.

Des dizaines de milliers de personnes ont déjà participé à notregrande consultation citoyenne. Amplifions le mouvement avec la Fête de l’Humanité et sa préparation. Et nous rendrons publics ses résultats fin septembre pour mettre ces exigences au cœur du débat public.

Pour donner plus de force à cette démarche, nous soumettrons à une grande votation citoyenne en octobre les bases d’un pacte commun possible pour une alternative de gauche en 2017.

Droits des femmes, jeunesse et éducation, temps libre, culture et sport, sécurité d’emploi et formation, plan zéro jeune au chômage, sauvegarde de la planète, nouveau pacte républicain, nouvelle République, politique de paix et de fraternité, lutte contre la finance, maitrise publique des banques, refondation européenne… Je viens de verser des idées pour un tel pacte. J’ai écouté les propositions d’Arnaud Montebourg, celles de candidats à la primaire socialiste qui ont combattu avec nous la loi Travail. Je sens que dans le discours que prononcera demain Jean-Luc Mélenchon, nous retrouverons beaucoup de ce qui nous est commun. J’étais hier à l’université d’été des Verts pour un débat pour une autre loi travail, une loi de progrès social. J’ai senti l’intérêt à ce travail commun, et pour vous faire une confidence, je crois qu’il y a plus d’intérêt à ce débat parmi les militants écologistes qu’à la primaire interne qu’ils tiendront fin octobre.

Tout ce que nous ferons pour faire émerger ce commun ne sera pas du temps de perdu. Et c’est là que nous trouverons les armes et les forces à rassembler pour faire face dans les combats immédiats à la surenchère ultralibérale, raciste et guerrière que nous allons devoir faire chaque jour reculer.

Nous aurons nous mêmes à faire notre choix pour la présidentielle début novembre, et je ne sais à l’heure qu’il est si nous trouverons avec tous les Français qui le souhaitent la force de faire bouger le paysage actuel. Mais je le dis, tant que la menace est là, nous devons travailler à cette réponse forte et rassemblée. En tout état de cause, car il n’est pas question pour nous de déserter l’arène présidentielle malgré ces difficultés, nous ferons notre choix en responsabilité, et nous ferons entendre quel que soit ce choix la voix du Parti communiste pour le présent et pour l’avenir.Nous avons dès cette minute un rôle éminent à jouer pour reconstruire la gauche dont ce pays à un besoin vital.

Les élections législatives et sénatoriales seront elles aussi essentielles. Nous devons batailler contre la dévalorisation organisée de ces échéances qui est une des dimensions de la présidentialisation et de la dévitalisation démocratique du pays. Les constructions de rassemblements populaires que nous sommes capables d’initier dans nombre de circonscriptions peuvent jouer un rôle essentiel pour faire bouger les lignes présidentielles. De quel député de gauche avez-vous besoin ? Faisons de cette question une grande question publique. La proximité peut être un atout. Car l’enjeu peut dans ces circonstances devenir bien plus accessible à nombre de nos concitoyens désarçonnés par une vie politique nationale dans laquelle ne re retrouvent plus.

Nos choix ne sont pas ceux d’un débat en permanence imposé par les provocateurs intégristes de toutes religions. Nos choix ne sont pas ceux d’un pays sidéré par la peur, cédant à la panique, acceptant l’état d’exception. Nos choix sont ceux d’un pays affichant tranquillement, fraternellement, avec bienveillance encore une fois, l’affirmation de ce qu’on est, de notre état de droit.

J’ai la certitude qu’une grande majorité des Françaises et Français cherche un autre choix que départager la droite, l’extrême droite et François Hollande.

Tout cela nous l’avons décidé lors de notre congrès et nous allons nous y tenir. J’entends et je comprends les impatiences dans nos rangs, à voir la succession des annonces de candidatures pour les primaires ou la présidentielle. C’est pourquoi je vous dis : « tenons-nous à nos propres décisions, à notre calendrier. Nous avons huit mois d’ici la présidentielle. L’échéance se rapproche mais les enjeux sont si importants, si décisifs que nous aurions tort d’en rabattre en bradant le travail de large rassemblement que nous avons décidé d’entreprendre.

Mon appel à tous est pressant.

A tous citoyens de gauche de toutes sensibilités, à tous, responsables politiques de gauche qui menons dans des combats communs, contre la loi El Khomri et la déchéance de nationalité, à tous, partenaires du Front de gauche, à tous, candidates et candidats, déclarés ou potentiels, je vous le dis : « il est temps de décider à construire un chemin commun. C’est encore possible. Je vous demande de ne pas brader la grande ambition collective de changer les choses, de changer la vie des gens, des travailleurs, des jeunes, contre les moins grandes ambitions, personnelles et partisanes, toutes légitimes qu’elles soient, de se faire une place, de faire à son parti ou mouvement une place, toute méritée qu’elle soit. Je le dis avec franchise : notre place personnelle, la place de notre parti ou de notre formation, elle sera immense si nous construisons du commun, elle sera minuscule si nous n’y parvenons pas. Alors je vous le propose : parlons vite et parlons bien. J’irai partout où il sera nécessaire. Et je vous attends à la Fête de l’Humanité. Cette fête qui prendra cette année un caractère exceptionnel. Je vous invite à y partager le pain, le vin, la fraternité, là, au plus près du peuple exigeant de la Fête de l’Huma. Je vous invite à y lancer au moins un signal : nous prenons nos responsabilités pour que les échéances de 2017 ne fassent pas le malheur de la France mais engagent son renouveau ».

OoO

Dans son nouveau roman qui paraît ces jours-ci, Salman Rushdie qualifie avec lyrisme notre époque de « temps des étrangetés » – Qui d’entre nous au fond ne ressent pas la même chose, que les choses vont « à l’envers » ?

A nous de les remettre à l’endroit, le plus vite possible.

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Published by bruno fornaciari - dans PCF PCF THOUARSAIS
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BRUNO FORNACIARI

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