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2 avril 2015 4 02 /04 /avril /2015 06:24

3 décembre 2012

CAPITAL – Les trois maisons londoniennes de Mittal valent trois fois son investissement à Florange

Lakshmi Mittal, patron du groupe sidérurgique mondial ArcelorMittal, en 2010 à Bombay. (AFP PHOTO/ Pal PILLAI)

Il aura fallu plusieurs semaines et une menace de nationalisation temporaire pour que le gouvernement parvienne à un accord avec le géant de l'acier ArcelorMittal – accord en forme de compromis qui permet d'éviter, pour le moment du moins, la destruction d'emplois sur le site sidérurgique de Florange, en Lorraine. Résultat : le groupe a promis d'investir 180 millions d'euros sur les cinq prochaines années "afin de consolider et de renforcer la position de l'aval de Florange en tant que fournisseur d'acier à haute valeur ajoutée".

180 millions d'euros... Une somme qui devient toute relative quand on sait qu'elle représente à peine un tiers du patrimoine immobilier que le patron du groupe, Lakshmi Mittal, s'est récemment constitué à Londres. En effet, selon le Daily Mail, l'homme d'affaires vient d'acheter l'ancienne ambassade des Philippines (70 millions de livres, soit 86 millions d'euros), supposément pour sa fille Vanisha. Peu avant, c'est à son fils Aditya que le généreux père de famille avait offert une demeure de 117 millions de livres (144 millions d'euros). Les deux propriétés se situent avenue Kensington Palace Gardens, surnommée l'allée des milliardaires, non loin du palace paternel. Le logement de Lakshmi Mittal est en effet connu comme la "maison privée la plus chère du monde" et, détaille le Daily Mail, possède bain turc, piscine incrustée de joyaux, marbre issu de la même carrière que celui du Taj Mahal, suites et quartier pour les domestiques... Au total, donc, ces trois demeures valent 542 millions d'euros, soit trois fois les 180 millions de Florange.

La somme investie dans l'aciérie lorraine devient encore plus relative quand on la compare à la fortune personnelle de M. Mittal, qui s'élève, d'après le Daily Mail, à 27,7 milliards de livres (34 milliards d'euros). Lui qui "a grandi en Inde dans une maison modeste sans eau courante ni électricité, où les 20 membres de sa famille partageaient quelques chambres", a décidément été bien nommé – d'après Lakshmi, la déesse hindoue de la richesse – note aussi le quotidien.

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1 avril 2015 3 01 /04 /avril /2015 13:42

Bruno Fornaciari·

Deux-Sèvres : Nous apprenons à l'instant que la droite unie (UMP-UDI) qui avait remporté la majorité et comptait bien s'emparer de la Présidence du département dès jeudi, s'insurge contre le déni démocratique que constitue, selon elle, une traduction inopinée du suffrage universel qui inverse le résultat, et attribue, après délibération de la commission du tribunal administratif, saisie ce matin, en raison de la validité du reflexe républicain, qui attribue les voix du front de gauche au candidats PS. La droite se trouve privée ainsi de mettre de oeuvre une politique de régression sociale et de réduction des services publics ourdies depuis longtemps. Les partis de droite dénoncent cette injustice et, à leur tour, saisissent la commission préfectorale. De surcroît, compte tenu des "pratiques démocratiques" de la fédération du PCF des Deux-Sèvres, il n'est pas certain que les "troubles-fête" à l'origine du recours et de la polémique, puissent conserver leur carte du PCF.

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31 mars 2015 2 31 /03 /mars /2015 06:07

Bruno Fornaciari Bien sûr, nous sommes d'accord sur le constat et l'analyse. Mais compte tenu de l'autisme du gouvernement et du Président, n'est-il pas temps de prendre une initiative politique majeur chez les frondeurs ? Et j'y ajoute des verts qui le souhaitent ? Un exemple : accord programmatique sur une dizaine de point essentiels avec la gauche dite radicale, déclinés en mesures gouvernementales, constitution d'un nouveau groupe parlementaire à l'assemblée et au sénat dédié, regroupant les élus du gront de gauche, les élus verts et les frondeurs qui le souhaitent. Ainsi serait constitué un groupe parlementaire pesant effectivement dans l'assemblée et sur le gouvernement, rendant legroupe PS minoritaire, l'obligeant à changer de cap et de premier ministre. Nous aurions le soutien populaire. Au-delà de mesures concrètes les frondeurs feraient eux aussi du bavardage, enfoncerait encore plus l'espoir et favoriserait le FN. Et désepèrerait Billancourt, et avec eux les plus convaincus de l'union. Et dans ces conditions, il nous faudrait alors revoir notre stratégie de rassemblement, sans les socialistes d'où qu'ils viennent. Nous n'avons plus le temps d'attendre.

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30 mars 2015 1 30 /03 /mars /2015 09:50

Le Front de Gauche première force à gauche dans l'ancienne banlieue rouge

Nicolas Maury

Dans les Hauts de Seine (92), en Seine Saint Denis (93) et dans le Val de Marne (94), le Front de Gauche peut se satisfaire d'être en position de force à gauche. La droite (toute tendance confondue) remporte 39 cantons, le Front de gauche 17 et le PS (et allié ) 13

Dans les Hauts de Seine, le PCF conserve son rôle de premier opposant

Cette élection signe la déconfiture du PS dans le département le plus riche de France. Le Parti de Manuel Valls ne parvient qu'a sauver 1 canton, celui de Montrouge (52,32%). Le PS subit de lourds revers sur Clichy (46,10%) et Colombes 1 ((45,90%). Ainsi le PS perd 6 de ses 8 élus. La droite triomphe (le mot est faible) dans 19 cantons (sur 23).

Le Parti Communiste Français, même avec la perte de 2 conseillers généraux parvient a faire élire 6 conseillers départementaux dans 3 cantons :

- Gennevilliers avec 75,94% des voix (face au FN)
- Nanterre 1 avec 63,69% des voix
- Bagneux avec 54,34% des voix

Dans le département des Hauts de Seine, le PCF devient la première force de gauche.

Le Val de Marne reste communiste, le PCF fait mentir les prédictions de Nicolas Sarkozy et Jean Marie Le Guen

Dans le Val de Marne, le PCF reste la force politique principale. La droite (victorieuse dans 11 cantons) ne parvient pas à déloger le PCF de la direction du département. La droite passe de 18 élus à 22.

Ainsi le Front de gauche obtient 18 élus (17 PCF et 1 PG) et conquiert les cantons de Ivry (100%), Vitry 1 et 2 (62,37 % et 71,53 %), Villejuif (55,11 %), Champigny 1 et 2 (51,88 % et 51,76 %), Fontenay (55,01 %), le Kremlin-Bicêtre (100%) et Choisy (63,15 %). Le nombre de conseillers communistes augmente (+1).

Le Parti socialiste sauve 4 cantons (Créteil 1-2, Cachan et Alforville) et 8 élus (contre 11 précédemment). Sur Orly les candidats DvG et MRC parviennent à se faire élire face à la droite.

En Seine Saint Denis, la droite majoritaire, mais le PS parvient à sauver sa position

Le Parti socialiste a bien failli tomber face aux coups de la droite séquano-dionysienne. En effet, UMP et UDI remporte la victoire dans 9 cantons (nous faisant tomber dans celui du Blanc-Mesnil - 38,48 %). La droite avait 11 élus avant les élections (5 UDI et 6 UMP), elle disposera d'un groupe de 18 élus.

Le PS (et alliés) parvient à sauver 14 élus (-2) et est victorieux dans 7 cantons, Saint Denis 1 (100%), La Courneuve (61,44%), Pantin (100%), Bagnolet (100%), Montreuil 1 (53,38%), Noisy-le-Grand (51,38%) et Épinay-sur-Seine (55,55%). Le PS subit une lourde défaite dans les cantons de Bondy, Gagny, Sevran, Saint Ouen, Aulnay ...

Pour le Front de Gauche, il y aura 10 élus (-3). 9 PCF et 1 pour Ensemble parviennent à être élus à Saint-Denis 2 (100%), Aubervilliers (100%), Bobigny (52,81 %), Montreuil 2 (59,26 %) et à Tremblay (58,96 %) face au Front National.

Le Front de gauche 1ère force à gauche dans l'ancienne banlieue rouge

Dans ces trois départements, la droite remporte 78 élus (et 39 cantons), le Front de gauche s'impose avec 34 élus (17 cantons gagnés), le PCF obtenant 31 élus, et le Parti socialiste (et alliés PRG, MRC ...) remporte 26 élus (et 13 cantons).

Il s'agit d'un lourd revers pour le PS et pour Jean marie Le Guen qui voyait le PCF mort et enterré ! Pour information, le Front national ne dispose d'aucun élu dans ces trois départements.

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25 mars 2015 3 25 /03 /mars /2015 05:34
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24 mars 2015 2 24 /03 /mars /2015 12:00

Spéculation, évasion fiscale, bonus des traders : observez en direct la démesure des banques et marchés financiers


Sept ans après la crise financière de 2008, rien n’a vraiment changé : spéculation effrénée, création de produits financiers toxiques, évasion fiscale, rémunérations des banquiers... Nous voici revenus aux mêmes niveaux qu’avant la crise, voire au-delà. Les chiffres font peur. Nous vous invitons à une plongée au cœur de cette finance folle, pour en percevoir, minute par minute, la démesure. Pour comprendre les dérives de cette folie spéculative. Et l’urgence de reprendre le contrôle sur ce système financier dérégulé.


« Les produits dérivés sont une arme de destruction massive », affirmait le milliardaire américain Warren Buffett il y a dix ans. Les produits dérivés, ce sont ces produits financiers à l’origine de la crise financière de 2008. Sept ans plus tard, malgré les grandes promesses de régulation, la spéculation sur les produits dérivés est reparti de plus belle ! Une spéculation totalement déconnectée de l’économie réelle. Qui paiera lorsque ce fragile château de cartes vacillera de nouveau ? Regarder en direct défiler les chiffres de ce casino démesuré donne le tournis :

Produits dérivés de gré-à-gré en circulation dans le monde, depuis le 1er janvier
147 439 078 449 645 euros

PIB mondial, depuis le 1er janvier
16 100 709 180 391 euros

Vous avez sous les yeux le montant des produits dérivés échangés de gré-à-gré – ou Over the Counter (OTC) – c’est-à-dire entre deux acteurs économiques ou financiers, sans passer par des places de marché organisées comme les bourses, échappant ainsi à la surveillance des autorités [1]. En 2014, ce montant dépasse le niveau atteint en 2008 : 652 000 milliards d’euros [2]. Soit 10 fois le PIB mondial ! 652 000 milliards d’euros représente le « montant notionnel » de ces produits dérivés. C’est-à-dire le capital théorique sur lequel portent les contrats (qui sont au départ des contrats d’assurance, de « couverture »), le capital sur lequel ils sont adossés.

Ce montant n’est pas équivalent au risque pris : pour un dérivé sur le taux de change d’une monnaie, le risque ne représente que quelques pourcentages de possible variation du cours. Mais pour un dérivé sur un crédit immobilier, le risque est de 100% de ce montant notionnel si l’emprunteur est dans l’incapacité totale de rembourser sa dette. Sur une matière première, le risque est important, les cours du pétrole ou du blé par exemple étant plutôt volatiles. Quand tout va bien, les montants se compensent. Mais vu le niveau de ces produits dérivés, même une faible perte peut avoir des conséquences dramatiques ! Surtout, l’essentiel des transactions sur dérivés (93 %) se fait entre acteurs financiers, bien loin de l’économie réelle. Ils sont devenus des instruments de spéculation. Rappelons que le montant notionnel des produits dérivés de BNP Paribas s’élève à 48 000 milliards d’euros. 23 fois le PIB de la France !

Outre la menace qu’elle fait peser sur la stabilité du système économique mondial, la spéculation peut avoir des conséquences désastreuses. En particulier lorsqu’elle fausse le prix réel des matières premières agricoles, comme le prix du blé, du maïs et du soja qui vont déterminer celui des aliments que nous achetons. « Les activités des fonds indiciels ont joué un rôle clé dans la flambée des prix alimentaires en 2008 », explique la Banque mondiale, après que des émeutes de la faim aient secoué plusieurs pays d’Afrique et d’Asie. La tonne de blé passe alors de 100 à 300 euros. En 2011, les fonds spéculatifs indexés sur les matières premières agricoles, énergétiques et minières pèsent 600 milliards de dollars. Et, à l’exception du Crédit agricole, les grandes banques françaises y participent (lire ici).

Évasion fiscale : un manque à gagner colossal pour les États

Manque à gagner pour la France lié à l’évasion fiscale, depuis le 1er janvier
15 829 348 918 euros

Impôt sur le revenu collecté en France (prévision 2015), depuis le 1er janvier
17 140 923 542 euros

Autre dossier noir de la finance : l’évasion fiscale. Elle serait impossible sans la complicité des banques, qui ferment les yeux ou incitent ouvertement leurs clients à « optimiser » leur patrimoine en transférant leur argent sur des comptes à l’étranger. Le manque à gagner pour l’État français est évalué entre 60 à 80 milliards d’euros par an, selon les derniers rapports parlementaires [3]. Soit l’équivalent de ce qui est collecté avec l’impôt sur le revenu [4]. Un euro sur 5 échappe ainsi à l’impôt en France !

Les scandales se succèdent : la banque HSBC a été mise en examen en 2014 pour démarchage bancaire illicite et blanchiment de fraude fiscale. En 2013, l’Autorité de contrôle prudentiel a infligé à UBS France une amende de 10 millions d’euros, pour « laxisme » dans le contrôle de pratiques commerciales susceptibles de relever du blanchiment de fraude fiscale. Les banques ne semblent pas pressées de mettre un frein à l’industrie de l’évasion fiscale.

Un quart du chiffre d’affaires international des grandes banques françaises est toujours réalisé dans les paradis fiscaux [5]. Grâce à la Loi bancaire de 2013, qui introduit un peu de transparence, on sait que BNP compte 170 filiales dans les paradis fiscaux, devant la Société générale (139 filiales) et le Crédit agricole (134 filiales) [6].

Un coût environnemental gigantesque

Tout ne se mesure pas en euros. Le coût des banques, ce sont aussi les impacts environnementaux de leurs investissements. Et les banques françaises ne sont pas toujours les plus avisées. Depuis la signature du protocole de Kyoto en 2005, le secteur bancaire a investi 165 milliards d’euros dans des projets d’extraction de charbon, alors même que le dérèglement climatique s’aggrave. Ces financements ont augmenté de 397 % en dix ans ! Parmi les 20 plus gros investisseurs, derrière les banques chinoises, états-uniennes ou britanniques, on retrouve deux champions nationaux : Crédit agricole et BNP. Cette dernière investit dix fois plus dans les énergies fossiles que dans les énergies renouvelables. Pour la transition énergique, on repassera ! Les projets dans lesquels BNP investit émettent 1360 millions de tonnes de CO2 par an [7]. Soit quatre fois les émissions de CO2 de la France !

Émissions de CO2 générées par les placements financiers de BNP Paribas, depuis le 1er janvier
307 541 636 tonnes de CO2

Émissions de CO2 générées par les placements financiers du Crédit agricole, depuis le 1er janvier
237 440 234 tonnes de CO2

Émissions de CO2 de la France, depuis le 1er janvier
78 468 344 tonnes de CO2

Rémunérations des banquiers : le jack-pot pour quelques uns

Paradoxe du capitalisme : si les impacts négatifs de ces activités augmentent, les profits des banques également. Mais les dizaines de milliers de salariés des agences bancaires n’en profiteront pas, contrairement à quelques privilégiés qui travaillent pour la banque de marché, à des postes où ils bénéficient de faramineux bonus. Malgré la crise, ces bonus ont fortement augmenté : il y a vingt ans, la Société générale distribuait 21 millions d’euros de bonus, à 1400 salariés. Soit un bonus moyen de 15 000 euros. Rien à voir avec la situation actuelle : 467 millions d’euros de bonus sont distribués par la banque, à 2800 salariés. Soit un chèque de 162 000 euros en moyenne par salarié [8] ! Une petite prime de fin d’année équivalente à ce que gagne un salarié au Smic en 10 ans. Vous avez dit inégalités ?

Rémunérations de 8300 dirigeants et traders de BNP Paribas, Société générale, Crédit agricole, BPCE, depuis le 1er janvier
542 720 535 euros

Rémunérations brutes de 8300 salariés au SMIC, depuis le 1er janvier
32 815 868 euros

Au sommet de la pyramide, les PDG des banques françaises les mieux payés touchent tous les ans l’équivalent de 200 années de Smic. Sans compter les retraites chapeau et autres parachutes dorés. Grâce à ces niveaux inégalés de rémunérations, le secteur de la finance a pris une place prépondérante parmi les hauts revenus. Mieux vaut être trader ou banquier que de créer son entreprise... En quinze ans, les revenus des 0,1% les plus riches ont augmenté de 32 % – tandis que 90% de la population se contentait d’une hausse moyenne de 5%. Et en trois décennies, dans ce club des 0,1% de privilégiés, la proportion de banquiers est passé de 5% à 25% [9].

Le lobby bancaire investit des millions pour que rien ne change

Pourquoi les responsables politiques, malgré leurs promesses de régulation, ont-ils accepté les uns après les autres de maintenir de ce système dangereux et coûteux pour la société, qui socialise les pertes et privatise les profits ? Si rien ne change – ou si peu –, c’est que les banques ont su se montrer convaincantes. Il faut dire que le lobby bancaire est un véritable rouleau compresseur. Ses moyens sont impressionnants : le secteur financier européen emploie au moins 1700 lobbyistes, d’après les estimations de l’ONG Corporate Europe Observatory (CEO). Un chiffre à comparer aux 400 fonctionnaires chargés de la régulation des marchés financiers au sein de la Commission européenne. Soit quatre lobbyistes pour un fonctionnaire ! Selon CEO, le lobby bancaire dépense chaque année 120 millions d’euros pour influencer les politiques européennes [10].

Dépenses de lobbying par les banques en Europe, depuis le 1er janvier
27 136 027 euros

Dépenses des ONG, syndicats et associations de consommateurs européens sur les questions financières à Bruxelles
904 534 euros

Le coût faramineux de la crise et du sauvetage des banques

Ce ne sont là que quelques uns des coûts que font peser les banques sur la société. Nous aurions pu parler des emprunts toxiques, ces produits financiers concoctés par les banques pour accroître leurs profits et qui plombent les finances de collectivités locales et d’hôpitaux, dont les dettes ont littéralement explosées. Nous aurions pu évoquer la forte baisse du taux d’imposition des banques depuis 20 ans. Ou encore les milliards d’euros accordés aux banques par la Banque centrale européenne, à des taux d’intérêts très bas, pendant que celles-ci spéculaient sur les dettes souveraines des pays du sud de l’Europe. Ou bien encore la subvention implicite de 48 milliards d’euros chaque année pour les grandes banques françaises – BNP-Paribas, Crédit agricole, Société générale et Banque populaire-Caisse d’épargne –, du fait de la garantie de l’État qui leur permet de bénéficier sur les marchés financiers de taux d’intérêts plus bas [11]. C’est presque l’équivalent de l’impôt sur les sociétés perçu chaque année en France [12] !

Subvention implicite aux 4 grandes banques françaises, grâce à la garantie de l’État, depuis le 1er janvier
10 854 410 696 euros

Impôt sur les sociétés collecté en France (prévisions 2015), depuis le 1er janvier
12 618 252 434 euros

Nous aurions pu mentionner aussi le coût des scandales, arnaques et manipulations (lire notre article Évasion fiscale, fraudes et manipulations : découvrez le casier judiciaire de votre banque).

Les dirigeants bancaires affirment également que la crise de 2008 n’a rien coûté aux contribuables français. À croire que le nuage de produits financiers toxiques qui a contaminé la planète en 2008 se serait arrêté aux frontières du pays ! L’Union européenne a pourtant dû mobiliser 4500 milliards d’euros pour éviter l’écroulement du système financier. Un chèque en blanc aux banques, d’un montant équivalent à 37 % du PIB européen [13] ! Le sauvetage des banques françaises a coûté 25 milliards d’euros, au minimum. A lui seul, le sauvetage de la banque franco-belge Dexia a plombé les finances publiques de 6,6 milliards d’euros, selon la Cour des comptes [14].

Sans compter les coûts indirects, exorbitants, de la crise financière. Car comme un virus toxique, la crise bancaire s’est propagée aux finances publiques et à l’économie réelle. Dans la zone euro, le taux de chômage est passé de 7,3% avant la crise, à 11% en 2012. Soit huit millions chômeurs en plus ! Quant à la dette publique française, elle fait un bond gigantesque, passant de 60% du PIB en 2006 à plus de 93% en 2013. Les banques françaises rejettent toute responsabilité. Évaluer ces coûts, les rendre visibles est une nécessité. Pour que spéculation et investissements hasardeux ne se fassent plus avec notre argent. Pour que les banques retrouvent leur fonction d’utilité sociale. Et la finance sa juste place.

@AgnèsRousseaux

Compteurs : Mathieu Lapprand

Photo : CC David Trawin

À lire, pour aller plus loin : Le livre noir des banques, co-écrit par Basta ! et Attac, Ed. Les liens qui libèrent, 372 pages. Disponible en librairie ou à commander en ligne sur cette page.



Notes



[1]
En 2012, l’Union européenne a imposé des déclarations sur toute transaction de dérivés, avec le règlement européen Emir (European Market and Infrastructure Régulation). Mais la transparence est encore bien difficile à atteindre. Lire ici.



[2]
Source : Banque des règlements internationaux.



[3]
C’est le montant donné par la députée européenne écologiste Eva Joly, et par le rapport d’information de l’Assemblée nationale présenté en octobre 2013 par les députés Alain Bocquet et Nicolas Dupont-Aignan. En janvier 2013, un rapport du syndicat Solidaires-Finances publiques évalue le manque à gagner des différentes formes de fraudes et d’évasion fiscale à ce même montant.



[4]
Montant de l’impôt sur le revenu prévisionnel d’après le Projet de loi de finances pour 2015. Source : ministère des Finances.



[5]
Rapport de la Plateforme Paradis Fiscaux et Judiciaires « 2014 : Que font les plus grandes banques françaises dans les paradis fiscaux ? », qui prend en compte la liste des paradis fiscaux établie par le réseau Tax Justice Network.



[6]
Des chiffres contestés par les banques : BNP estime n’être présente que dans deux paradis fiscaux, en se référant à la liste noire établie par la France. Il faut dire que même Jersey et les Bermudes ont été sorties de cette liste noire officielle en 2014, dans laquelle ne figurent pas non plus la Suisse ou le Luxembourg, paradis fiscaux préférés des banques françaises…



[7]
Source : Finance responsable, site édité par l’ONG Les Amis de la Terre, et rapport du cabinet Utopies/Amis de la Terre, « L’empreinte carbone des banques françaises ». BNP Paribas ne calcule pas les émissions induites par ses activités de financement et d’investissement. Les Amis de la Terre ont estimé ces émissions à plus de 1360 millions de tonnes de CO2 en 2010 pour BNP et à 1050 millions de tonnes de CO2 pour le Crédit agricole. Source pour les émissions de CO2 de la France : ministère de l’Ecologie.



[8]
Chiffres de 2012. Source : Documents de référence de la Société générale.



[9]
Pendant ce temps, les chefs d’entreprises, eux, sont passés de 60% à 20% de ce groupe des 0,1% de privilégiés les mieux rémunérés.



[10]
Lire Le livre noir des banques, co-écrit par Attac et Basta !, Ed. Les liens qui libèrent, 2015, chapitre 17. Et le rapport de Corporate Europe Observatory, « The fire power of the financial lobby, A survey of the size of the financial lobby at the EU level », 2014.



[11]
Pour ces quatre grandes banques universelles française, les investisseurs anticipent le fait que, malgré les risques pris, l’État sera toujours là en cas de faillite. Cette garantie implicite leur permet d’emprunter à des taux plus bas sur les marchés financiers. Grâce à ces taux d’intérêt plus favorables, en 2012, le secteur bancaire européen a perçu l’équivalent de 234 milliards d’euros de subvention implicite des États. Lire le détail ici.



[12]
Montant de l’impôt sur les sociétés prévisionnel, d’après le Projet de loi de finances pour 2015. Source : ministère des Finances.



[13]
Les prêts seront remboursés, les garanties ne seront pas utilisées. Heureusement...



[14]
Pour le détail de cette évaluation, lire Le Livre noir des banques, Attac & Basta !, Éditions Les liens qui libèrent, 2015, chapitre 1.

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22 mars 2015 7 22 /03 /mars /2015 08:01

Comment un appareil s’éloigne de sa base

De multiples facteurs expliquent l’affaiblissement du Parti communiste français. La volonté d’adapter son discours aux attentes des classes moyennes l’aurait-il précipité ?

par Julian Mischi, janvier 2015

Janvier 2014. Nous arrivons au siège du Parti communiste français (PCF), place du Colonel-Fabien à Paris, pour demander des données sur les adhérents. Combien sont-ils ? Mais surtout, qui sont-ils ? D’après tous les indicateurs, les catégories populaires sont de moins en moins présentes au sommet de l’organisation. Mais qu’en est-il à la base ? La réponse devrait être facile à obtenir. Le département « Vie du parti » centralise depuis 2009 les nombreux renseignements que la formation possède sur ses membres : âge, sexe, lieu d’habitation, secteur d’activité... Mais nul mot sur la catégorie socioprofessionnelle. On peut savoir que tel militant travaille à la Société nationale des chemins de fer français (SNCF) ou dans l’aéronautique, mais pas s’il est cadre ou ouvrier. Ce manque d’intérêt pour la condition sociale des adhérents illustre une tendance à l’œuvre au sein du PCF depuis trente ans : jadis centrale, la question de la représentation des classes populaires est devenue secondaire.

De la Libération aux années 1970, au temps où il était le premier parti de gauche en France, le PCF pouvait se présenter comme le porte-parole de la classe ouvrière, car ses responsables étaient majoritairement issus des milieux populaires : ancien mineur comme Maurice Thorez, dirigeant du parti de 1930 à 1964 ; « petit maraîcher » comme son successeur Waldeck Rochet ; apprenti pâtissier comme Jacques Duclos, candidat à l’élection présidentielle de 1969, où il obtint 21 % des voix. Il en allait de même à l’échelon local : avant de devenir maire d’Aubervilliers entre 1945 et 1953, Charles Tillon était ajusteur ; ses successeurs Emile Dubois (1953-1957) et André Karman (1957-1984), respectivement gazier et fraiseur. En propulsant des militants d’origine modeste dans des instances de pouvoir jusque-là réservées aux représentants de la bourgeoisie, le Parti communiste est parvenu, un temps, à bouleverser l’ordre social de la vie politique française. Le caractère populaire de l’organisation était alors perçu comme une nécessité pour inscrire le projet d’émancipation des travailleurs dans les pratiques militantes.

La base du PCF a été frappée de plein fouet par les transformations socio-économiques que connaissent les milieux populaires depuis les années 1970. Confronté à la précarité et au développement du chômage, le monde ouvrier a perdu en cohésion sociale. Pourtant, la crise du parti ne peut être attribuée à une hypothétique disparition des ouvriers : ceux-ci représentent toujours près d’un quart de la population active, et la décrue des effectifs du PCF est bien plus rapide que l’érosion de la classe ouvrière. La France comptait huit millions deux cent mille ouvriers en 1975 et encore sept millions en 1999, alors que, dans le même temps, le PCF perdait plus de la moitié de ses adhérents, passant de cinq cent mille à deux cent mille encartés. En outre, aux côtés des ouvriers, de nouvelles figures populaires ont émergé, dans les services notamment, avec l’essor du groupe des employés. Les ouvriers et les employés demeurent majoritaires dans la population active française, mais les mutations de leurs conditions de vie (relégation spatiale) et de travail (division des collectifs de travail) ont fragilisé leur entrée dans l’action politique. L’affaiblissement du PCF reflète ainsi les profondes transformations sociales et culturelles subies par les classes populaires ; il exprime le reflux du mouvement ouvrier. Ce déclin, qui marque l’épuisement d’une séquence d’intense politisation de la société française durant les « années 1968 », s’explique également par les bouleversements de l’ordre international, en particulier par l’implosion du système soviétique, ou encore par l’évolution du régime politique vers un système présidentiel et bipartisan.

Au cœur du quartier de la Défense,
le choix de l’humanisme et de la démocratie

Mais ces explications externes au parti ne suffisent pas, et il serait réducteur d’envisager le déclin du PCF sous l’aspect d’une évolution mécanique, programmée, dont il n’y aurait aucune leçon à tirer.

Pour comprendre l’éloignement du PCF vis-à-vis des classes populaires et son effondrement électoral (il passe de 15,3 % lors de la présidentielle de 1981 à 1,9 % en 2007), il faut analyser les évolutions de son discours et de son organisation. A partir des années 1980 et surtout 1990, le PCF entend représenter non plus seulement les classes populaires, mais la France dans sa « diversité ». La lecture de la société en termes de classes s’efface derrière des thématiques comme la « participation citoyenne » ou la recréation du « lien social ». A l’image de la ville de Montreuil, les municipalités communistes de banlieue adoptent largement la thématique de l’« exclusion » dans les « quartiers » et entérinent sa dimension dépolitisante (1). Les élus communistes se font les chantres d’une « démocratie locale » censée combler le fossé entre la classe politique et les « citoyens ».

Le projet initial du parti, d’inspiration marxiste, laisse alors place à une rhétorique humaniste largement partagée dans le monde associatif et politique. « Association, partage, mise en commun, coopération, intervention, concertation : ces exigences prennent une vitalité inédite, en lien avec le développement de la révolution technologique et informationnelle et la complexification de la société, l’évolution du travail, le besoin de citoyenneté, de nouvelles relations humaines respectant l’autonomie des individus... », proclame par exemple le document adopté lors du XXIXe congrès de 1996. Ce congrès, qui fait le« choix de l’humanisme et de la démocratie », de la « révolution humaine, citoyenne, solidaire » pour répondre au fait que « c’est la civilisation humaine tout entière qui est en péril », se déroule pour la première fois dans le quartier des affaires de la Défense.

Douze ans plus tard, dans le texte proposé par le Conseil national du PCF comme « base commune » pour le XXXIVe congrès de 2008, le mot « ouvrier » n’apparaît qu’une seule fois, et comme un groupe social au même titre que beaucoup d’autres : il s’agit en effet de rassembler« ouvriers, techniciens, employés ou cadres, femmes et hommes salariés de toutes catégories, précaires, intellectuels, sans-papiers, sans-emploi, paysans, créateurs, étudiants, retraités, artisans ». En rejetant l’ouvriérisme associé au stalinisme, les représentants du PCF ont tendance à abandonner la priorité accordée au rôle des ouvriers et des classes populaires dans le combat politique. Ayant délaissé la réflexion sur les rapports de classe et sur l’organisation de la lutte par ceux-là mêmes qui subissent la domination, ils ont naturellement éprouvé des difficultés à prendre en compte l’essor des nouvelles figures populaires — les employés des services et les descendants des travailleurs immigrés du Maghreb notamment.

L’entreprise de rénovation du communisme français passe par une transformation des modes d’organisation du parti. Les dispositifs de sélection et de formation de cadres militants d’origine populaire sont abandonnés dans les années 1990 et 2000 sous l’effet de la baisse des effectifs, mais aussi d’une remise en cause des pratiques autoritaires du centralisme démocratique (lire « A l’école des militants »). Les écoles, par exemple, disparaissent ou perdent leur fonction d’éducation populaire. La « politique des cadres » — un système de formation qui favorisait les militants ouvriers des entreprises — s’éteint progressivement. Pour le renouvellement du parti, on discute désormais surtout de rajeunissement et de féminisation. Quand il est question de « mixité », il ne s’agit jamais de la promotion explicite des militants issus des classes populaires.

Aux permanents d’origine ouvrière, formés dans les écoles du parti, succèdent des responsables dont la trajectoire (scolaire, professionnelle et militante) est étroitement associée au monde des collectivités territoriales. C’est autour de ces administrations locales que se restructure et survit le communisme contemporain et non, comme jadis, autour des réseaux syndicaux. En 2013, sur l’ensemble des adhérents répertoriés par le département « Vie du parti », 75 % indiquent travailler dans le secteur public, dont 23 % dans une collectivité territoriale. Et il en va de même au sommet de l’appareil. Le dernier dirigeant national passé par des fonctions au sein de la Confédération générale du travail (CGT) fut Georges Marchais : ajusteur de profession, il fut responsable syndical dans la métallurgie avant d’occuper la tête du parti de 1970 à 1994. Ses successeurs, eux, ont partie liée à la gestion des collectivités locales. M. Robert Hue fut le premier édile à devenir le secrétaire national du PCF, en 1994 ; il était alors maire de Montigny-lès-Cormeilles, conseiller général, conseiller régional et surtout président de l’Association nationale des élus communistes et républicains. Mme Marie-George Buffet lui a succédé en 2001. Elle fut d’abord employée à la mairie du Plessis-Robinson avant d’être maire adjointe dans une autre municipalité, puis élue au conseil régional d’Ile-de-France.

Quand les nouveaux dirigeants du PCF passent par le syndicalisme, il s’agit du syndicalisme étudiant. Mme Buffet a fait partie du bureau national de l’Union nationale des étudiants de France (UNEF). Secrétaire national du PCF depuis 2010, M. Pierre Laurent, lui, a dirigé l’Union des étudiants communistes (UEC). Titulaire d’une maîtrise de sciences économiques de la Sorbonne, cet ancien journaliste et directeur de la rédaction de L’Humanité symbolise la puissance de l’engagement familial au sein du communisme contemporain. Fils de Paul Laurent, député et cadre de l’appareil dans les années 1970-1980, il est aussi le frère de M. Michel Laurent, autre dirigeant national qui fut responsable de la fédération de Seine-Saint-Denis. Les nouveaux dirigeants deviennent communistes davantage par héritage local et par fidélité familiale qu’en faisant l’expérience des inégalités sur leur lieu de travail.

La recherche de sources de financement par les permanents, qui ne peuvent plus être rétribués par un parti en perte de vitesse et cherchent à se salarier sur des postes électifs, explique aussi l’évolution du PCF. En 2013, selon le rapport financier présenté au congrès, la contribution des élus s’établit à 46 % des ressources totales du parti (contre 26 % au Parti socialiste et 3 % à l’Union pour un mouvement populaire). Ainsi, partout en France, les dirigeants communistes ont été appelés à entrer dans les assemblées électives. Il existait jusqu’ici une distinction forte entre les responsables d’appareil et les élus, les premiers étant chargés de « surveiller » les seconds en évitant leur « notabilisation » et en assurant la vitalité des réseaux militants. Or les responsables départementaux du parti ont eu pour consigne d’entrer dans leurs conseils régionaux à partir de 1998. Grâce à une alliance avec le Parti socialiste (PS), beaucoup ont pris des responsabilités dans les exécutifs de leur région. La notabilisation élective des cadres d’appareil est en marche.

Les experts en communication
aux manettes lors des campagnes électorales

M. Hue entendait en 1995 libérer « de toute “tutelle” ombrageuse du parti les élus qui détiennent leur mandat non des seuls communistes mais du suffrage universel (2) ». Dès lors, les dirigeants nationaux eux-mêmes peuvent dévaloriser les ressources militantes au profit des élus et des expériences gestionnaires. Sur le terrain, les militants voient leur rôle se réduire, et l’activité électorale devient prioritaire. Les nouveaux adhérents ne restent pas longtemps de simples militants, mais sont rapidement sollicités pour se présenter aux élections municipales, avec pour conséquence un affaiblissement récurrent du militantisme local — d’autant que les élus, cumulant les mandats, délaissent rapidement les réunions du parti. Aux sièges des fédérations départementales, la présence militante s’efface, les réunions se tiennent avant 18 heures, et les militants « bénévoles » laissent la place à des professionnels (permanents, collaborateurs des groupes d’élus, personnel administratif, etc.) absents le week-end.

Or les élus ont leurs propres préoccupations. Pour préparer la prochaine campagne électorale, ils embauchent des experts en communication ; du fait de la technicisation croissante de l’action locale, ils s’entourent de cadres de la gestion publique (3). Ils peuvent délaisser les relais militants ou associatifs au profit de professionnels, qui leur ressemblent socialement. Résultat : l’univers social des élus communistes se détache de celui de leurs administrés, et les catégories populaires jouent un rôle plus effacé dans la vie politique locale.

Cet éloignement des responsables communistes à l’égard des groupes sociaux qu’ils ont vocation à défendre affecte les pratiques militantes. Pendant longtemps, le PCF a impulsé une sociabilité politique étoffée dans les territoires où il était bien implanté (les « banlieues rouges », certaines communes rurales...). Ses militants animaient un ensemble d’organisations « amies » (Union des femmes françaises, Confédération nationale des locataires, Mouvement de la paix, Fédération sportive et gymnique du travail, etc.), mais aussi des cellules de quartier ou d’entreprise. Au cours des années 1980 et 1990, à mesure que la base militante se réduit et que les responsables se focalisent sur les enjeux électoraux, le militantisme local au PCF se limite de plus en plus à des actions de type associatif. L’essentiel des activités de masse est alors consacré à l’organisation de rassemblements festifs et commémoratifs, à l’image des traditionnels banquets du 1er-Mai ou du 14-Juillet.

Pris au piège de la droitisation de l’allié socialiste

Les communistes tirent en quelque sorte les leçons du moindre impact des réunions politiques d’autrefois, d’autant plus que cette dimension festive a traditionnellement constitué une force du communisme français, à l’image du succès continu de la Fête de L’Humanité au-delà des rangs du parti. Ainsi, au niveau local, la sociabilité autour de rendez-vous festifs perd son caractère politique, car les associations et les municipalités prennent le pas sur le parti dans l’organisation. Dans le village de Treban (Allier), par exemple, trois instances se substituent progressivement au PCF dans l’animation locale : l’amicale laïque, le comité des fêtes et le club du troisième âge. Les adhérents, une cinquantaine dans les années 1960-1970, ne sont plus qu’une dizaine dans les années 1990, essentiellement des agriculteurs à la retraite. Ils ne se rassemblent qu’une fois par an, lors de la remise des cartes organisée par le maire — un enseignant à la retraite — et son épouse. La réduction continue du nombre des travailleurs de la terre et de l’industrie, les déceptions vis-à-vis de la participation du PCF au gouvernement (d’abord en 1981-1984, puis en 1997-2002), la fin de l’Union soviétique : un ensemble de processus contrarie le maintien de l’organisation, qui a pourtant vu différentes générations de communistes se succéder depuis les années 1920. Faute de renouvellement militant, la mairie, communiste depuis l’entre-deux-guerres, est finalement perdue en 2001.

Les élus PCF de cette région rurale axent leurs politiques sur les thèmes de la vitalité associative : à la « citadelle rouge » succèdent des communes à la pointe dans le domaine de l’animation et de la promotion de la vie associative, sans référence à la défense d’une identité populaire ou politique. Dans l’éditorial du journal municipal de Bourbon-l’Archambault (deux mille cinq cents habitants) du début de l’année 2014, le maire communiste remercie « le monde associatif bourbonnais et les acteurs économiques locaux [qui] ont travaillé pour défendre et développer l’activité locale (...). Qu’ils soient commerçants, artisans, agriculteurs, chefs d’entreprise, membres de professions libérales, salariés ou agents de l’administration, retraités ou tout simplement concitoyens, les habitants de notre commune méritent remerciements et encouragements ».

Sur le plan pratique, la thématique de la lutte des classes perd sa position centrale pour les militants et laisse peu à peu place à une multitude de combats ciblés : répartition des richesses, féminisme, environnement, diversité, mondialisation. Il s’agit moins de s’engager au PCF au nom de la société socialiste future que de rejoindre certains réseaux à thème (éducation, immigration, Europe, etc.) qui se développent avec des comités propres et des manifestations particulières. Les militants sélectionnent les domaines qu’ils investissent sans se reconnaître forcément dans l’ensemble du message partisan. Cette segmentation de l’engagement contraste avec la place centrale qu’occupaient le parti et l’idéologie marxiste dans l’univers communiste. Dans ces conditions, certains militants ouvriers investissent la CGT mais se détournent du PCF ; d’autres, souvent plus diplômés, participent aux activités de l’Association pour la taxation des transactions financières et pour l’action citoyenne (Attac) ; d’autres encore se consacrent exclusivement à leurs tâches d’élu local. Le parti a progressivement perdu sa position centrale dans les réseaux militants de la gauche du PS.

Néanmoins, après une longue période de léthargie et de vieillissement, un certain renouvellement des réseaux militants est intervenu depuis quelques années. D’abord lors de la campagne victorieuse contre le traité constitutionnel européen de 2005, puis dans le cadre du Front de gauche, la coalition électorale mise en place en 2008 entre le PCF et d’autres formations de gauche. Pour la première fois depuis 1980, les effectifs militants annoncés par la direction se sont stabilisés autour de soixante-dix mille adhérents (4), et la part des moins de 30 ans a légèrement augmenté. La campagne présidentielle de 2012 a tout particulièrement remobilisé les rangs communistes. A cette occasion, le PCF a soutenu M. Jean-Luc Mélenchon, responsable du Parti de gauche (PG), qui a obtenu 11,1 % des suffrages. Ce dernier, ancien socialiste, a opéré une certaine radicalisation du discours avec un retour de la thématique des antagonismes sociaux, alors que les campagnes précédentes étaient marquées par une euphémisation des référents communistes et anticapitalistes.

Si la stratégie du Front de gauche a freiné le déclin électoral du PCF aux élections présidentielle (2012) et européennes (2009, 2014), la décrue s’est poursuivie lors des élections législatives (2012) et municipales (2014), c’est-à-dire lors de scrutins où le PCF, plus que le Front de gauche, était en première ligne. Cette stratégie a mis au premier plan le problème de l’influence des élus dans l’appareil communiste et de leur dépendance à l’égard du PS. Le Front de gauche a en effet impulsé une dynamique qui s’accorde mal avec la poursuite d’une configuration classique d’union de la gauche PCF-PS. Les élections municipales de mars 2014 ont d’ailleurs donné lieu à des tensions très fortes entre le PCF et le PG, favorable à des listes autonomes du PS dans les grandes villes dès le premier tour. Elles ont également suscité des contestations internes au PCF, de la part de nouveaux adhérents qui s’opposent à la reconduction de l’alliance avec le PS. Mais, pour les élus et pour une part significative de la direction du PCF, conserver les municipalités à direction communiste avec le soutien du PS et les postes d’adjoint dans les autres mairies d’union de la gauche reste une priorité, au risque, selon certains, d’alimenter le lent déclin du militantisme.

L’équilibre semble compliqué à trouver pour les militants. Les élus locaux ont permis indéniablement le maintien d’une certaine influence du PCF alors que son audience nationale s’est effondrée. Par le passé, les municipalités communistes étaient en outre au cœur de l’implantation du PCF dans les milieux populaires : point d’appui à la diffusion des idées, elles constituaient des bases pratiques d’organisation militante et de résistance aux élites politiques et sociales. Plus que la bolchevisation de 1924-1934, ce sont les compromis du « communisme municipal », tout comme la stratégie du Front populaire d’alliance avec le frère ennemi socialiste, qui ont favorisé l’ancrage populaire du PCF. Néanmoins, dans le contexte contemporain de droitisation du PS, de professionnalisation des collectivités territoriales et de faiblesse des réseaux militants, ce qui fut une force pour le PCF peut parfois constituer un frein à son renouvellement.

Julian Mischi

Chercheur en sociologie à l’Institut national de la recherche agronomique (INRA), auteur de l’ouvrage Le Communisme désarmé. Le PCF et les classes populaires depuis les années1970,Agone, Marseille, 2 014.

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20 mars 2015 5 20 /03 /mars /2015 07:51

L’Ifrap : think tank ultra-libéral à l’aise sur France 2, et ailleurs

par Martin Coutellier , le 19 mars 2015

Le 8 mars dernier, Agnès Verdier-Molinié était doublement mise à l’honneur dans un sujet du 20h de France 2 : d’une part elle faisait partie des rares auteurs de livres de sciences humaines à voir leur ouvrage et leurs idées cités à une heure de grande écoute, d’autre part elle avait eu la latitude d’écarter un contradicteur n’ayant pas l’heur de lui plaire, pour en choisir un moins… contradictoire ! L’occasion pour nous de nous pencher sur l’Ifrap et sa présence médiatique.

Dans le 20h de France 2 du dimanche 8 mars, le cinquième sujet était consacré à un « débat », ainsi introduit par Laurent Delahousse : « [La reprise de l’économie française] fait l’objet d’un débat entre experts. Alors la France a-t-elle les moyens de s’en sortir ? Dans un livre choc, Agnès Verdier-Molinié apporte sa réponse : pour elle la France va dans le mur [1]. C’est l’heure ce soir du débat. » En fait de débat, le sujet de 3 minutes est un match de boxe en quatre rounds : sur quatre sujets (« fonctionnaires », « chômage », « 35 heures » et « la France va-t-elle dans le mur ? »), Agnès Verdier-Molinié énonce une proposition en une phrase, et son adversaire lui répond, en une phrase également. Et c’est Thierry Pech, directeur du think tank Terra Nova et présenté comme« économiste social-libéral » qui est le sparing partner de la directrice de l’Ifrap. C’est donc à cet affrontement stérile que se résume la vision donnée par le 20h de France 2 du « débat entre experts » ce soir-là. Et puisqu’il s’agit en réalité d’un spectacle, on peut comprendre que la directrice de l’Ifrap, avec ses « propositions provocatrices », soit une interlocutrice de choix pour France 2.

On s’étonnera en revanche de savoir que la rédaction du 20h a laissé passer l’opportunité de mettre en scène un débat potentiellement plus virulent (et donc plus spectaculaire). Un article de libération.frrévélait en effet le 10 mars qu’Agnès Verdier-Molinié avait refusé de débattre avec un économiste plus critique, Henri Sterdyniak, au motif d’un précédent débat houleux sur Public Sénat. C’est ainsi qu’Agnès Verdier-Molinié a non seulement eu l’opportunité de faire la promotion de son livre et de ses idées à une heure de grande écoute sur le service public, mais en plus en y posant ses conditions. Cela amène naturellement à poser la question des rapports qu’elle et sa fondation entretiennent avec les médias.

L’Ifrap, institut de recherche ?

L’institut français de recherche sur les administrations et les politiques publiques, devenu « Fondation IFRAP » en 2009 après avoir été reconnu d’utilité publique [2], a été fondé par Bernard Zimmern en 1985. Créé sur le modèle des think tank américains, il définit ainsi ses objectifs : « effectuer des études et des recherches scientifiques sur l’efficacité des politiques publiques, notamment celles visant la recherche du plein emploi et le développement économique, de faire connaître le fruit de ces études à l’opinion publique, de proposer des mesures d’amélioration et de mener toutes les actions en vue de la mise en œuvre par le Gouvernement et le Parlement des mesures proposées ». Pour faire bref : un mélange assez trouble de science et de lobbying. Mélange trouble et troublant : les « recherches » menées par l’Ifrap ont été plusieurs fois épinglées pour leur caractère biaisé, orienté et peu rigoureux, voire mensonger : le contraire d’une recherche scientifique [3].

Un chercheur du CNRS posait ainsi la question sur son blog en novembre 2011 : « L’Ifrap fait-elle de la recherche scientifique » ? [4]. Il constatait notamment : « des "chercheurs" de l’IFRAP examinés ci-dessus n’a jamais publié le moindre article dans une revue internationale d’économie. Aucun n’a même effectué une formation à la recherche attestée par un doctorat. [...] À la lumière de cet examen, j’hésiterais à dire que l’IFRAP est un institut de recherche, et que ses membres sont des chercheurs au sens usuel du terme. Lobbyistes serait sans doute un terme plus juste. Notez qu’il n’est pas honteux d’être lobbyiste. En revanche il est plus discutable de le dissimuler derrière une étiquette fallacieuse de "chercheur", et de faire passer ses opinions pour des connaissances scientifiquement établies ». Un lobby régulièrement qualifié d’ultra-libéral, non sans raison : on retrouve parmi ses propositions de mesures telles que le gel des embauches de fonctionnaires pour (au moins ?) cinq ans, la privatisation des services de l’eau, de l’électricité, de la santé et de l’éducation, la suppression du SMIC, la diminution des allocations aux chômeurs ou la suppression de l’impôt sur les grandes fortunes.

L’Ifrap, « boîte à idées » multimédias

Il est donc d’autant plus aisé de comprendre les objectifs et les méthodes de l’Ifrap que la fondation utilise une recette classique en matière d’économie [5] : sous couvert d’expertise scientifique et de raison pure, elle ne relaie au final que ses thèses, en l’occurrence ultra-libérales et plutôt extrêmes [6]. On est donc pas étonné de trouver une section « L’Ifrap dans les médias » sur le site de la fondation : il s’agit cœur de son activité. Et force est de constater que la fondation s’active :

(Source : laviemoderne.net. Image à présent indisponible sur le site de l’Ifrap)

Omniprésence médiatique est une expression qui semble être faite pour l’Ifrap et son ubiquitaire directrice (depuis 2007) Agnès Verdier-Molinié, qui en est l’inépuisable porte-parole multimédia. Pour le mois de mars 2015 et le lancement de son livre, elle totalise huit passages à la télévision [7], cinq passages à la radio, en plus de son « débat » hebdomadaire sur Europe 1 le dimanche matin avec Éric Heyer [8]. Au moins huit articles de presse écrite ont également été consacrés à la sortie de ce livre [9]. À comparer à la couverture médiatique dont bénéficient les ouvrages d’économie en général (et celle des ouvrages « hétérodoxes » en particulier)…

Il n’est bien sûr pas question de contester aux médias la possibilité de relayer les thèses qu’ils souhaitent exposer, que ce soit pour les soutenir ou pour les discuter. Mais un véritable problème se pose lorsque ces thèses sont abondamment diffusées dans de nombreux médias sous l’apparence de l’expertise et de la neutralité, a fortiorilorsqu’il s’agit de médias publics. Ce problème a un nom : il s’agit de propagande. L’Ifrap ne s’y trompe d’ailleurs pas, et indique sur son site internet que « Depuis 1985, l’iFRAP a fait "passer" dans la législation nombre de ses propositions » (affirmation illustrée par une liste).

Plusieurs éléments peuvent participer à expliquer la façon dont l’Ifrap et sa directrice ont pénétré les médias. Premièrement, c’est son travail : en tant que directrice d’un organisme dont le but est de diffuser ses idées aux quatre vents, Agnès Verdier-Molinié se doit d’être disponible pour tous les médias, tous les jours, sur tous les sujets, et elle est payée pour ; ce n’est pas donné à tout le monde. Par ailleurs, Agnès Verdier-Molinié a été journaliste [10]. Il est possible que ses expériences professionnelles à L’Express, Sud Ouest, France 3 et Radio France lui aient permis de constituer un carnet d’adresse utile, et il est probable qu’ils lui ont donné la possibilité de maîtriser les codes de l’expression médiatique, ces petits gestes et ces petites phrases qui vous transforment en un « bon client ».

Un de ces codes, parfaitement exploité par l’Ifrap et sa directrice (entre autres) est l’appétit médiatique pour les chiffres, qui objectivent le débat et permettent de prétendre expliquer une situation politique par une équation arithmétique, ce qui fait toujours gagner du temps. Agnès Verdier-Molinié donne donc de très nombreux chiffres à l’appui de ses analyses et des mesures qu’elle propose ; que ces chiffres soit régulièrement contestables ou carrément frauduleux ne l’empêche pas d’en donner toujours plus. Un autre appétit médiatique auquel répond Agnès Verdier-Molinié est celui de la nouveauté et de la jeunesse : dans l’univers masculin, cravaté et quinquagénaire de l’économie pour plateau télé, une femme de 37 ans ne peut que détonner favorablement. Pour finir, on peut supposer qu’une organisation relayant les intérêts d’une classe sociale aussi nettement définie (les très riches et très puissants) bénéficie de l’appui, financier et autre, des membres de cette classe. La liste de ses donateurs n’étant pas publiée par la fondation, cela n’est qu’une supposition [11].


Agnès Verdier-Molinié dirige une fondation construite sur le modèle des think tank américains : son action ne vise pas tant à développer des idées qu’a produire et diffuser les discours qui les soutiennent. L’efficacité de ces discours se mesure à leur degré d’adaptation aux contraintes et aux appétits des médias. De ce point de vue, on comprend que le fondateur de l’Ifrap soit satisfait du travail de sa directrice : « Elle nous a rendus compréhensibles sans changer le fond » [12].

Sa victoire du prix Tocqueville en 2004 [13] avait permis à Agnès Verdier-Molinié de visiter deux des principaux think tanks ultra-libéraux américain, le Cato Institute et la Heritage Foundation. Un dirigeant de cette dernière disait en 1995 : « Lorsque nous avons commencé, on nous qualifiait d’"ultra-droite" ou d’"extrême-droite". Aujourd’hui, nos idées appartiennent au courant dominant » [14]. En 2015 en France, pour Agnès Verdier-Molinié, il devient difficile de savoir s’il s’agit encore d’un objectif ou déjà d’un résultat.

Martin Coutellier

[1] Le livre d’Agnès Verdier-Molinié, paru ce mois-ci, est en effet subtilement titré On va dans le mur...

[2] Les généreux donateurs de l’Ifrap ont donc la possibilité de déduire une partie de leurs dons de leurs impôts, ce que l’administration fiscale entend toujours essayer de refuser aux donateurs d’Acrimed.

[3] On peut lire ici une critique détaillée des publication de l’Ifrap conncernant l’éducation.

[4] Il s’agit de Franck Ramus, chercheur en sciences cognitives ; l’article est toujours en lignesur son blog..

[5] Visiter à ce sujet notre riche section économie.

[6] Sa proposition de gelée toute embauche de fonctionnaire pendant 5 ans va « plus loin que la droite » selon la voix off du sujet du 20h de France 2.

[7] Au Grand Journal de Canal+ le 5 mars, sur BFM TV le 6 et le 9, au 20h de France 2 le 8, sur LCI le 9, au 28 minutes d’Arte de 11, sur LCP le 12 et le 13 ; et cela sans compter les cinq passages sur des télévisions régionales ou plus confidentielles : Décideurs TV, L’Opinion TV, BFM Business et Les Echos TV.

[8] sur Sud Radio le 5 mars, France Info le 6, Europe 1 le 9, Radio Classique le 11 et RMC le 12 ; elle était également invitée sur la radio suisse RTS le 11.

[9] Dans Le Figaro et Le Figaro Magazine, deux fois dans Les Échos, deux fois dansL’Opinion, dans Le Point et dans Valeurs Actuelles.

[10] On peut d’ailleurs remarquer qu’elle assume la direction d’une fondation de recherche en économie en étant titulaire d’une maîtrise d’histoire économique contemporaine, et sans aucun parcours scientifique préalable en dehors de son travail de « chercheuse »… à l’Ifrap, entre 2002 et 2007.

[11] Ses comptes sont en revanche publiés le site de la fondation, qui nie l’évidence en se targuant de ne pas recevoir d’argent public (cf note 2).

[12] Cité dans Dominique Albertini, « Agnès Verdier-Molinié. Impôts au feu ». Libération, 25 septembre 2013.

[13] Voir ici.

[14] Cité dans Serge Halimi, « Les "boîtes à idées" de la droite Américaine », Le Monde Diplomatique, mai 1995 (article réservé aux abonnés)

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3 mars 2015 2 03 /03 /mars /2015 14:24
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3 mars 2015 2 03 /03 /mars /2015 08:01
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BRUNO FORNACIARI

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