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19 janvier 2011 3 19 /01 /janvier /2011 07:06
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18 janvier 2011 2 18 /01 /janvier /2011 08:33

 

Des intellectuels du plus grand renom ont tiré la sonnette d’alarme : le pilotage par
les entreprises conduit à négliger la recherche fondamentale,
dont les bénéfices sont rarement immédiats mais qui ouvre ensuite des horizons immenses.

La soumission de l’université au bon vou­loir des actionnaires menace du même enfermement la formation des cadres du pays dans la logique du profit à courte vue. C’est la dynamique même d’une civi­lisation, sa capacité à relever les défis aux­quels elle est confrontée qui s’en trouvent altérées.

L’imposition des politiques de privatisa­tion dans les domaines essentiels de la vie humaine suscite de plus en plus de couacs. La SNCF fait rouler ses TGV à 320 km/h mais il faut vingt-six heures à un train pour relier Strasbourg à Nice et Port-Bou. La logique du « business » s’est traduite par 25 000 suppressions d’emplois en neuf ans et les « réserves en personnel de bord » ne sont plus pourvues alors qu’elles auraient dû permettre de pallier la défaillance de conducteur. Au nom de la « concurrence libre et non faussée », les « aiguilleurs n’ont plus de contact avec les autres services », déplore la CGT chemi­nots. Et voilà qu’un train à grande vitesse se retrouve à Nantes plutôt qu’à Rennes.

À quoi sera réduit, demain, le service pos­tal français, si les règles de la concurrence et de la rentabilité en guident le fonction­nement ? Les banlieues et les zones rura­les seront délaissées car trop coûteuses à desservir et la situation qui voit des régions entières ne plus bénéficier de l’acheminement de leur journal quotidien le samedi se généralisera. Cette orienta­tion constituera à la fois un gâchis mons­trueux pour toute la société et un fromage coulant en dividendes pour les entreprises qui lorgnent le marché.

C’est leurs voix qu’entendent, hélas, la Commission européenne, le FMI et la Banque mondiale, qui l’exigent des peu­ples du monde. Cette confusion entre l’in­térêt général, le service public et les appé­tits des multinationales fait mauvais mé­nage avec la sécurité. Le scandale du Mediator l’atteste après la gabegie du vaccin contre la grippe porcine.

Qu’en sera-t-il des hôpitaux si leur gestion est livrée aux grandes sociétés du secteur ? Lorsqu’une base aérienne à Creil voit son organisation confiée à un géant du CAC 40, chacun mesure la pente dange­reuse qui menace la défense nationale. Lorsque les États-Unis et ses affidés ont confié des missions en Irak et en Afgha­nistan aux mercenaires des multinationa­les de la sécurité, on a vu ce qu’il en a coûté aux populations civiles, réduites à des variables d’ajustement.

Parler des bonnes manières faites par Manuel Valls à Nicolas Sarkozy, sur les 35 heures après l’avoir accompagné sur la sécurité, n’est pas s’éloigner du sujet. Parie-t-il sur un succès du président sor­tant en 2012 qui lui laisserait l’espoir de se construire, durant ces cinq années, un profil à la Tony Blair ? En tout cas, le député maire d’Évry, qui fait passer en comparaison Dominique Strauss-Kahn pour un parangon de la gauche, vient de confesser sur Canal Plus qu’il n’avait jamais lu "l’Humanité" et lui préférait "Le Figaro". Tout s’explique !

Comme il doit écouter plus souvent Michel Sardou que Jean Ferrat, dédions-lui des extraits d’une chanson qu’on croirait faite pour lui :

« La porte du bonheur est une porte étroite / 
On m’affirme aujourd’hui que c’est la porte à droite […]
On m’a dit tu comprends, tes idées archaïques / 
Ne feront qu’aggraver la crise économique
 »…

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BRUNO FORNACIARI

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