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20 novembre 2014 4 20 /11 /novembre /2014 02:59
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19 novembre 2014 3 19 /11 /novembre /2014 18:50
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14 novembre 2014 5 14 /11 /novembre /2014 21:27

Laurent Mauduit
« Comment les économistes médiatiques nous enfument »

Laurent Mauduit est cofondateur de Mediapart, journaliste économique, d’abord à Libé puis au Monde. Dans Les Imposteurs de l’économie (éd. Jean-Claude Gawsewitch, 2012), il analysait et dénonçait les connivences entre les « grands médias » et les économistes néolibéraux, devenus grands gourous médiatiques de la pensée unique. Dans son livre À tous ceux qui ne se résignent pas à la débâcle qui vient (éd. Don Quichotte, 2014), il boucle la boucle en expliquant, preuves à l’appui, comment le peuple de gauche s’est fait avoir.

Dans Les Imposteurs de l’économie, vous décortiquez le système des « économistes » derrière lequel se cachent les financiers. Depuis cette analyse, les noms ont peut-être un peu changé, mais les pratiques sont-elles encore là ?

Le livre a secoué certains milieux intellectuels. J’y raconte la consanguinité entre les économistes les plus médiatisés, censés être des intellectuels travaillant à l’Université, et qui deviennent en fait des agents de propagande des banques et des assurances placés au cœur du système et du politique. Ça, ça n’a quasiment pas changé.

Quand il y a une crise, il est très important que les citoyens puissent entendre la parole de gens qui ont sur leur matière des points de vue différents mais indépendants. Or beaucoup d’entre eux ont été corrompus précisément par le système qui a conduit à la crise. En théorie, la loi protège l’indépendance des universitaires. En clair, elle leur interdit de siéger dans le conseil d’administration d’une entreprise privée ou d’avoir une mission rémunérée par celle-ci sans avoir eu l’autorisation préalable de leur supérieur hiérarchique, ce qui n’est jamais fait. Il y a une sorte de jurisprudence qui s’est installée pour une cinquantaine d’économistes, une sorte de système de corruption généralisée. Ils sont entre 40 et 50 économistes surmédiatisés (sur 3 000 ou 4 000 économistes en France, scandalisés voire traumatisés par ces pratiques) à s’être transformés en lobbyistes de leurs employeurs privés. Le plus connu d’entre eux, Daniel Cohen, a été embauché par la banque Lazard, LA banque d’affaires du capitalisme de connivence français, qui est au cœur de tous les deals financiers et industriels depuis vingt ans. Il gagnait, en 2011, entre 10 et 20 fois plus que ce qu’il gagne à l’École normale supérieure (ENS) !

La formation des économistes est-elle en cause ?

Il y a une OPA de la finance sur les milieux intellectuels et c’est un danger. La loi de 2006 a autorisé les grandes universités à créer des fondations et des chaires financées par les grands groupes, comme L’Oréal, Axa, Total, BNP Paribas, Crédit agricole… C’est une bombe logée au sein de l’université française qui risque de conduire à un éclatement de l’université dans les disciplines économiques : avec une université de luxe sous la coupe du privé disposant de rémunérations considérablement supérieures à celles de la fonction publique ; et une université du pauvre abandonnée au public avec des professeurs sous-payés. Alors que le traitement d’un professeur en fin de carrière avoisine les 5000 euros par mois, les bénéficiaires d’une chaire sénior à l’École d’économie de Toulouse, très liée au privé, ont une rémunération trois à quatre fois supérieure. D’évidence, l’indépendance de la recherche est en danger.

Pourquoi et comment ces économistes ont-ils pris un tel pouvoir ?

Au cours de mon enquête, j’observe aussi qu’une partie des journalistes est dans ce même système de corruption. Je prends l’exemple d’une grande émission qui est totalement à pensée unique, la pensée unique néolibérale, qui est C dans l’air, d’Yves Calvi. Les seuls économistes invités sont précisément ceux dont je parle dans mon livre, ceux qui siègent au CA des banques, etc. et qui, de fait, médiatisent « l’économie » de leurs clients. Ils sont invités non-stop, partout, dans tous les médias. On ne voit qu’eux pratiquement, on n’entend qu’eux, ils nous expliquent la crise et ses solutions à leur manière, néolibérale. Un scandale. Parmi ceux que l’on entend et voit partout, il y en a qui sont présentés comme économistes alors qu’ils ne le sont même pas, comme Marc Fiorentino qui détenait lui-même une société de placement en Bourse et qui avait fait l’objet de trois sanctions de l’Autorité des marchés financiers. Craignant qu’on lui retire son agrément, il a dû changer l’objet de sa société. Ce qui est très grave, c’est qu’une grande partie des journalistes économiques s’est couchée et a accepté ces mœurs. Un naufrage…

Comment expliquez-vous cette dérive, ce manque de pluralisme ?

Une des raisons pour lesquelles on n’entend pas les différences, le pluralisme, c’est que la grande presse l’interdit. On sort de la Libération avec des principes de presse édictés par le Conseil national de la résistance, dont l’indépendance de la presse, et tous les journaux se construisent sur ce modèle-là. Chacun à sa façon crée les conditions de son indépendance. Et que vit-on dans le courant des années 2000, avec une tendance qui s’accélérera sous Sarkozy ? La remise en cause de ce principe. C’est l’histoire du Monde, de Libé, des Échos, de toute la presse quotidienne nationale. On assiste d’abord à une normalisation économique. Les formes de propriété sont balayées, les journaux sont rachetés, croqués par des oligarques, et après cette normalisation économique suit une normalisation éditoriale, où des journaux, sans être corrompus, deviennent des journaux sans âme, vidés de leur contenu. Cette double normalisation de la presse accompagne la normalisation des économistes, l’OPA de la finance sur le monde académique et économique, et fait que la presse n’est plus le lieu du débat pluraliste en économie. On est en fait dans une société assez proche de celle du Second Empire. Regardez ce qui se passe sous Napoléon III : un pouvoir fort, pas de contre-pouvoir, le Parlement est méprisé, la presse est rachetée par des oligarques… Je pense qu’on n’est pas dans un État de droit ; je pense que la France est un pays malade et que ce système de remise au pas de la presse et des économistes a été beaucoup plus loin que dans d’autres démocraties… Imaginez-vous qu’aux États-Unis, pays libéral s’il en est, le plus grand quotidien économique soit la propriété du plus grand patron du pays ? On est dans un système de capitalisme de la barbichette : « Je te tiens, tu me tiens, on se rend des services mutuels et les journalistes ne vont pas nous emmerder ! »

On ne comprend pas pourquoi les politiques, et notamment un PS à l’agonie, continuent de mener ces politiques-là…

Je pense qu’il y a deux réponses. Un, le basculement progressif des années 80-90 vers un capitalisme plus tyrannique a fait que le réformisme classique a été asphyxié. Hollande reprend le flambeau là où Jospin l’a laissé : en 2002, Jospin, arrivé en 1997 avec un programme très à gauche, dira : « Mon projet n’est pas socialiste. » Hollande, lui, passe carrément de l’autre côté, où le réformisme n’a plus sa place. Il y a une prééminence totale du capital sur le travail.

Seconde réponse : dans ce mouvement-là, la corruption a gagné jusque dans les rangs du PS et une partie du personnel politique a été totalement gangrénée par le camp adverse ! Regardez sur qui s’appuie François Hollande : Jean-Pierre Jouyet dont toutes les convictions sont à droite, qui pense « qu’il faut aller vers davantage de flexibilité et des boulots qui ne sont pas forcément payés au Smic », dont les réseaux personnels sont des amitiés avec les banquiers d’affaires. Emmanuel Macron, devenu ministre de l’Économie et remplacé en tant que conseiller économique de Hollande par Laurence Boone, membre du Cercle des économistes (l’un des cénacles mondains et parisiens de la pensée unique), chef économiste chez Bank of America Merrill Lynch, puis dans le groupe du milliardaire François Pinault (qui estimait que le Président n’en faisait pas assez en faveur des milieux patronaux)… Il y a une porosité très forte entre certains milieux socialistes et les milieux financiers qui fait que certains d’entre eux ne se posent même plus la question. Ils sont dans une bulle et ne devinent même pas les souffrances sociales du pays.

Le Parti socialiste se retrouve à gérer un capitalisme qui ignore le compromis social. Il y a donc un effet d’essoufflement et on assiste sans doute à la mort d’un parti vieux d’un siècle. Il y a un autre aspect : c’est que cette mort intervient dans un système français très oligarchique, et ça a à voir avec nos économistes corrompus. Quelques oligarques professent les mêmes fausses évidences néolibérales quelles que soient les alternances. Je les appelle les « intellectuels essuie-glace » parce que, que ce soit la gauche ou la droite, eux, ils restent toujours en place. De ce point de vue-là, l’histoire d’Attali et de son bras droit Emmanuel Macron est révélatrice. Le premier rapport Attali paraît en janvier 2008 alors que la crise est déjà visible. Écrit par Macron – c’est lui le rapporteur, c’est lui qui tient la plume –, il explique que la France devrait suivre l’exemple des « grands pays qui ont su faire des efforts » : le Portugal, l’Espagne et la Grèce ! L’alternance arrive et Macron change de train. Je le rencontre en septembre 2011 et il me dit : « Moi, je suis prudent. Jean-Pierre Jouyet (ex-ministre de Sarkozy, qui faisait alors campagne pour Hollande) est maladroit. Lui et moi, dans l’opinion publique, on est toxiques pour Hollande, il ne faut pas qu’on nous voie. » Ça m’intrigue quand il me dit ça. Mais il y a plein d’autres journalistes qui voient qu’Hollande travaille avec Macron au moment même où il dit : « Mon adversaire, c’est la finance ! » On aurait dû être plus vigilants. Le reniement, la trahison, la volte-face de Hollande étaient déjà perceptibles, et c’est au cœur même de cette histoire d’économistes corrompus. Notre système, une démocratie anémiée, sans contre-pouvoir, fait que l’oligarchie est particulièrement forte. Même le prix Nobel d’économie Paul Krugman, démocrate modéré, écrit dans le New York Times* : « Ce qui me choque chez Hollande, c’est qu’il souscrive désormais aux doctrines de droite pourtant discréditées. Comme les autres, il s’est soumis, soumission qui vire désormais à la faillite intellectuelle. »

Et ces idées discréditées, celles que la droite a toujours défendu et qui constituent le credo de Hollande, vous les connaissez : c’est que la dette publique est trop forte.

C’est l’un des exemples types des ravages de la pensée unique. Les Français vivent avec l’idée qu’on leur serine à longueur d’émission : le pays vit au-dessus de ses moyens. On dépense trop, les dépenses sociales sont trop importantes, donc il faut que chacun fasse des économies, et l’État lui-même… d’où les 50 milliards d’euros d’économies, un montant totalement hors normes. En fait, quand on étudie les chiffres – ceux du rapport de Gilles Carrez (UMP) en 2011–, ils montrent que s’il n’y avait pas eu de baisse d’impôt de 2000 à 2010, la dette publique serait à 60 %. On serait un bon élève, juste au plafond du critère de Maastricht, pas besoin de plan d’austérité. Or ces baisses d’impôts, c’est quoi ? C’est à 60 % des baisses d’impôts sur le revenu. Par définition, ça touche les 50 % des Français qui ont le plus d’argent. On a donc assisté sur dix ans à un immense système de transfert de revenus : les riches s’enrichissent et on veut le faire payer aux pauvres sous la forme d’un plan d’austérité. Je pense qu’on vit la mort de la gauche, et que Hollande a promu au sommet les fossoyeurs, celui – Valls – dont Montebourg disait : « Il n’a qu’un pas à faire pour passer à l’UMP. » Il n’y a plus aucune différence.

On est quand même étonnés qu’il n’y ait pas un économiste ou un politique qui s’élève contre ce système, même si ça commence à râler chez les frondeurs…

Ce qui est quand même rassurant, c’est que la grande collectivité des économistes a résisté à cette évolution-là. La grande masse a vécu cette évolution avec indignation et il y a des poches de résistance, Attac, Les Économistes atterrés qui proposent des solutions différentes, plus adéquates.

CATHERINE SINET
avec THIBAULT PRÉVOST

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13 novembre 2014 4 13 /11 /novembre /2014 12:52
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10 novembre 2014 1 10 /11 /novembre /2014 22:19
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6 novembre 2014 4 06 /11 /novembre /2014 09:17

Et vous Monsieur Bourdin, vous habitez où. C'est un appartement de fonction ou votre propriété ? Combien de pièces ? Dites-le-nous, les auditeurs ont le droit de savoir. Alors combien vous l'avez payé ? Avez-vous fait des aménagements, des réparations ? et combien ça coûte tout cà ? C'est pas un peu le luxe ? répondez Monsieur Bourdin, les français ont le droit de savoir! Monsieur Bourdin, payez-vous l'impôt sur la fortune? Avec le salaire que vous avez! Eh oui, au fait, combien vous gagnez Monsieur Bourdin ? payez-vous oui ou non l'impôt sur la fortune Monsieur Bourdin. Ne croyez-vous pas Monsieur Bourdin que vous êtes assez mal placé pour promouvoir la retenu salariale alors que vous... Au fait Monsieur Bourdin, quels sont les "à-côté" de vos revenus ? je veux dire les publicités, les "ménages" etc..., et votre femme Monsieur Bourdin..à vous deux vous gagnez combien ? Faîtes vous partie des 1% les plus riches en France. Répondez Monsieur Bourdin, répondez!.....répondez!

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3 novembre 2014 1 03 /11 /novembre /2014 20:47

De l’arithmétique à la poliorcétique, Guillaume Roubaud-Quashie

03 NOVEMBRE 2014 | PAR LA REVUE DU PROJET


Quel paysage politique se présente sous nos yeux quand la crise du capitalisme et les politiques d’austérité immergent notre peuple chaque jour davantage dans les bouillons acides de la vie dure, quand il faudrait batailler fort et clair et ferme pour gagner l’alternative. Tout semble n’être que déchirures et dissensions.

Tout ? Hélas, pas vraiment : le Front national, naguère encore miné par de visibles désaccords, s’avance, verbe haut et mains sales, uni derrière quelques idées qui sont les branches d’un même tronc : il faut mettre un terme à l’invasion musulmano-africaine, cause de tous les grands maux de notre temps. Le discours, porté par une force structurée et unie, validé en outre à droite et parfois même à certains égards, au gouvernement, gagne assurément en écho populaire. Pour autant, les lecteurs de cette revue le savent, et tant pis pour les amateurs d’apitoiements romantiques (façon Musset : « Les plus désespérés sont les chants les plus beaux », etc.) : ces idées ne sont pas encore hégémoniques. Elles avancent, doucement, dangereusement, résistiblement.


Alors, unir, se rassembler pour résister : voilà une idée qui chemine. Qui n’a entendu un parent, un ami prôner l’union sacrée de tous les démocrates ce soir de mai 2014 lorsque le Front national arriva en tête des élections européennes ? Qui croit vraiment que les discours alarmistes de Manuel Valls appelant à serrer les rangs derrière le Parti socialiste pour éviter le pire ne trouvent aucune oreille ? Des millions de personnes sont déjà sensibles à ces appels ; toutes choses égales par ailleurs, ils seront à n’en pas douter des millions de plus lorsque, non sans trembler, ils seront seuls dans l’isoloir, ce dimanche qui accueillera l’élection qu’ils jugent seule utile (non sans quelque raison, la Ve République étant ce qu’elle est) : l’élection présidentielle.
Et pourtant, qui peut penser que l’issue est là ? Qui peut penser que cette alliance défensive et sans contenu pourra mobiliser ces autres millions de citoyens sans lesquels aucune majorité de progrès n’est plus possible, ces millions de citoyens que ces cris aux loups lassent, face à une vie qui ne s’améliore décidément jamais vraiment ? Toute la période politique tient sans doute dans cette contradiction toute de résignation aux conclusions contraires : voter pour le mieux placé, quel qu’il soit, pour éviter le pire du pire afin que rien ne change en vraiment mal ; ne pas voter du tout puisque rien ne changera de toute façon.


Y a-t-il une issue positive possible ? Beaucoup en doutent, parfois même parmi nous, se laissant aller aux soupirs et au découragement luxueux. D’autres estiment que c’est en montrant un refus opiniâtre de tout rassemblement que l’étincelle jaillira, mettant le feu à la plaine. Le hic est que les plaines sont plutôt détrempées et que les solos funèbres assèchent mal les marais. Quel autre choix que le rassemblement dès lors ?
Mais, protestera-t-on, n’y a-t-il pas des désaccords profonds, sérieux ? N’y a-t-il pas des faux nez, des opportunistes filous ? Leur tendre la main ne fera-t-il pas accroire que nous les croyons sincères ? Un travail avec eux ne leur permettra-t-il pas de jouir de notre crédit tout en l’amoindrissant aux yeux de ceux qui connaissent leurs travers ?
À ces fortes objections souvent sincères, le Parti communiste répond avec juste constance que l’issue – car issue il y a – ne peut être que dans le contenu, dans le projet – c’est pourquoi les communistes y travaillent tant depuis le dernier congrès. On ne rassemblera pas des majorités sur des mots étendards
– fût-ce le mot « gauche », toujours puissant mais bien écorné. On ne les rassemblera pas davantage sur des tactiques politiciennes – alliance systématique comme refus systématique d’alliance étant mêmement postures qui ne régalent que ceux qui n’ont pas le ventre vide. On ne pourra rassembler des majorités que sur des contenus phares.


De ce point de vue, en ce 50e anniversaire de la mort de Maurice Thorez, réfléchir au Front populaire, mutatis mutandis, n’est peut-être pas inutile. Des revendications peu nombreuses, simples, populaires ; l’unité de ceux qui travaillent par-delà même les barrières traditionnelles ; comprendre ce qu’il y a de juste dans les angoisses qui poussent vers les rives extrêmes et prétendre y apporter une vraie réponse plutôt que d’insulter les égarés.
Le passage est célèbre mais la place de l’histoire communiste dans notre société étant ce qu’elle est – défigurée et étouffée –, il vaut d’être cité à nouveau : « Nous te tendons la main, catholique, ouvrier, employé, artisan, paysan, nous qui sommes des laïques, parce que tu es notre frère, et que tu es comme nous accablé par les mêmes soucis. Nous te tendons la main, volontaire national, ancien combattant devenu croix-de-feu, parce que tu es un fils de notre peuple, que tu souffres comme nous du désordre et de la corruption, parce que tu veux, comme nous, éviter que le pays ne glisse à la ruine et à la catastrophe. » (Maurice Thorez, Radio-Paris, 17 avril 1936).


Oui, mille et mille désaccords existent parmi ceux que nous avons à rassembler. Oui, ces désaccords sont importants – gare à qui l’oublierait – mais soyons-en sûrs, ils perdureront longtemps, non seulement dans les appareils politiques – qui passent – mais aussi dans notre peuple – qui demeure. Or si nous voulons dépasser le capitalisme – et notre monde en a tant besoin –, il nous faudra bien travailler avec ces millions de personnes qui, d’accord avec nous sur plusieurs aspects, ne le sont pas – pas encore – sur d’autres. Unissons-les autour de quelques idées (le Front populaire en avait choisi trois) et commençons le chemin qui, seul, permettra de convaincre plus et mieux.


Alors, oui, unir, largement, sans réserve, sur un contenu populaire de progrès. Unir pour entraîner et pour gagner ou dépérir seul, la pureté au cœur et la vérité en tête : telle est l’alternative. Bien sûr, ce combat ne relève sans doute pas de la Blitzkrieg (guerre éclair) ; il s’agit bien davantage d’un siège – ce qu’en langage savant, on appelle la poliorcétique.


Pierre Laurent l’a dit à la Fête de l’Humanité dans un discours important : « L’heure n’est pas aux soustractions. L’heure doit être aux additions des forces disponibles pour construire une issue favorable. » En d’autres termes, troquons notre armée de divisions contre des divisions armées. Ou encore, divisions pour divisions : quittons l’arithmétique pour la poliorcétique.

Guillaume Roubaud-Quashie,
Rédacteur en chef

La Revue du projet, n° 40, octobre 201
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26 août 2014 2 26 /08 /août /2014 23:52

Rassemblons sans relâche pour une autre politique

L’été 2014 aura décidemment douché tous les espoirs du Président de la République et de son Gouvernement, qui a dû démissionner, sur un terrible constat d’échec, cinq mois après son entrée en fonction. La morosité climatique n’y est pas pour grand chose, tant les nuages noirs de l’austérité budgétaire et les cadeaux faits à la finance ont produit leurs effets. On pourrait d’ailleurs tirer un premier bilan des derniers privilèges accordés au patronat début 2014. Car le résultat ne s’est pas fait attendre :une hausse de 30 % des dividendes versés aux actionnaires au deuxième trimestre… alors même que les grandes entreprises françaises touchaient quelques 7 milliards du crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE). Ne cherchez pas ! Ce que les communistes et le Front de Gauche n’ont eu de cesse de dénoncer est arrivé : plus on exonère les grandes entreprises et leurs actionnaires de leur responsabilité économique et sociale, plus on laisse libre court à leur boulimie financière.

Le plus inquiétant dans cette gabegie d’argent soutiré aux salariés, ce sont bien les effets qui en découlent pour l’ensemble des Françaises et des Français. Des salaires et une consommation en berne, des dizaines de milliers de personnes supplémentaires privées d’emploi, une pauvreté qui explose, une économie en panne. Mais le plus dangereux, c’est d’entendre et de voir les promoteurs de cette politique au service de la finance faire leur rentrée politique avec les mêmes recettes libérales, et procéder à un remaniement ministériel dans le seul objectif d’aller toujours plus loin, toujours plus vite dans l’erreur. En plus de rendre l’immense majorité des Français plus pauvre, la finance rendrait donc aveugle et sourd ceux qui la soutiennent !

Au regard des faits, la bataille politique prioritaire à mener est bien la lutte contre le coût exorbitant du capital. Ou devrais-je plutôt dire, contre les coûts du capitalisme financier tant ils sont nombreux, des salaires indécents aux profits démesurés. Car les moyens d’une véritable relance de notre économie sont d’abord là, dans les 300 milliards d’euros versés annuellement en dividendes aux actionnaires et en intérêts aux banques. Plutôt que de continuer à nourrir le pillage de richesses produites en courbant l’échine à chaque nouvelle demande du MEDEF, il est urgent de revenir à la raison économique.

Car la France n’a pas besoin de nouvelles coupes budgétaires. Elle a un besoin urgent de nouveaux investissements dans ses services publics, dans sa recherche, dans son système d’éducation et de formation, dans l’accompagnement d’investissements d’avenir et d’infrastructures performantes. Les Françaises et les Français n’ont pas besoin d’une sécurité sociale au rabais, affaiblie par la baisse de ses cotisants et privée des moyens de répondre à leurs souffrances ; ils ont besoin d’une protection sociale renforcée par des emplois plus nombreux, par plus de cotisants et par une mise à contribution du capital. Le pays n’a pas besoin d’une réforme territoriale quil’amputera de la vitalité de ses territoires et de l’investissement des collectivités ; il a besoin d’une démocratie locale renouvelée, proche des citoyens, et qui réponde à leurs besoins.

Lutter contre le coût du capital, s’attaquer frontalement à l’évasion fiscale et aux gâchis financiers, mener une grande réforme fiscale au service d’un impôt juste et progressif, créer des emplois utiles dans les services publics, dans l’industrie, dans la recherche, planifier et assurer les moyens d’une transition écologique vertueuse… voilà les grands axes d’une politique que l’ensemble de la gauche devrait porter et qui redonnerait les moyens d’une véritable relance. Alors que l’Assemblée nationale va reprendre ses travaux avec un gouvernement marqué par une droitisation accrue, c’est sur ces sujets déterminants que les députés communistes et du Front de gauche, fidèles à leurs engagements, continueront de porter leurs efforts. C’est sur ce terrain-là qu’ils continueront d’appeler à converger à gauche, à mobiliser toutes les volontés au service du redressement du pays, à rassembler sans relâche pour une autre politique que celle de l’austérité.

 

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BRUNO FORNACIARI

HPIM3303

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