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24 août 2014 7 24 /08 /août /2014 20:14
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24 août 2014 7 24 /08 /août /2014 01:34
C'est un monde

Le blog de José Fort

Un regard affûté sur le monde, implacable avec les dominations qui l’accablent, toujours à l'écoute des mouvements qui le libèrent.

Dimanche, 24 Août, 2014 - 11:59

Quatre questions toujours sans réponse

Par José Fort. Au cours de cet été finissant, la machine à décerveler les opinions publiques a fonctionné à plein régime. Tenez, prenons quatre exemples : le crash du Boeing 777 au dessus de l’Ukraine, l’assassinat au mois de juin de trois jeunes israéliens, l’incorporation de jeunes français dans l’armée de Tel-Aviv, l’utilisation de l’aide armée occidentale aux djihadistes.

C’était net et sans bavure : l’avion de la Malaysia Airlines a été abattu par les « séparatistes » aux ordres de Moscou. Depuis, silence total sur l’enquête et on apprend qu’un accord « secret défense » a été signé par plusieurs pays occidentaux pour enterrer l’affaire. Que cache cet accord secret ?

L’assassinat de trois jeunes israéliens au début de l’été a été attribué immédiatement au Hamas, le premier ministre Netanyahu annonçant que l’organisation « paiera cher l’ignoble crime ». Le prétexte était trouvé pour déclencher sur les populations de la bande de Gaza un déluge de fer et de feu, plus d’un mois de massacres quotidiens et de destructions massives. La police de Jérusalem a reconnu que ces trois jeunes israéliens avaient été victimes d’un crime sordide relevant du fait divers. Pourquoi les résultats de l’enquête ne sont pas rendus publics ?

Des jeunes français – pas seulement bi nationaux – ont rejoint ces dernières semaines l’armée israélienne. Plusieurs d’entre eux ont participé aux opérations dans la bande de Gaza, l’un d’entre eux, blessé, a témoigné sur une chaîne de télévision française. A juste titre, les autorités ont décidé des mesures à l’encontre des jeunes français s’engageant en Syrie dans les rangs des djihadistes. Que comptent faire ces mêmes autorités dans le cas de ces jeunes français incorporés dans l’armée israélienne et donc au service d’une puissance étrangère ?

Les djihadistes qui sèment actuellement la terreur en Irak, en Syrie s’approchant dangereusement du Kurdistan sont puissamment armés. Les experts affirment que leur arsenal est constitué à 90% des armes livrés par les Etats-Unis, la France et la Grande Bretagne et du reliquat de l’armement libyen. Leur financement est assuré par l’Arabie saoudite et le Qatar, deux pays très étroitement liés à Washington, Paris et Londres. Ces trois capitales continuent-elles à livrer du matériel militaire aux djihadistes ?

Quatre questions toujours sans réponses. Elles pourraient pourtant éclairer d’un jour nouveau les coups tordus qu’on a essayé de nous faire ingurgiter ces trois derniers mois.

- See more at: http://www.humanite.fr/blogs/quatre-questions-toujours-sans-reponse-549844#sthash.Qg16sKaI.lmFYrh08.dpuf

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21 août 2014 4 21 /08 /août /2014 20:07

Le blog de TCHAPAIEV

THÉMATIQUES DU BLOG

AGIR ; POSITIONS DE LA FRANCE . Dette .Keynes . PCF . capitalisme .compromis . front de gauche . gauche. politique israëlienne . ps

LORSQUE RAOUL MARC JENNAR ESSAIE DE PENSER

21 AOÛT 2014 | PAR TCHAPAIEV

Quand Raoul Marc Jennar tente de penser …….

Le billet de Raoul Marc Jennar a attiré l’attention de plusieurs de mes camarades communistes qui m’ont fait part de leur stupéfaction ; j’essaie ici de lui faire amicalement quelques observations.

Raoul Marc Jennar semble avoir trouvé la cause ultime pour laquelle selon lui les choses n’avancent pas comme elles devraient.

Cette cause est simple : c’est la nature du PCF ; il n’est pas utile de citer son propos, il suffit de s’y référer.

Le PG nous aurait, en somme d’abord, fait la grâce d’accepter notre proposition lors de la constitution du Front de Gauche dont il faut quand même lui rappeler que c’est le PCF qui en lança l’idée. Le PG nous tendit donc une perche sous réserve que nous ayons le bon goût de cacher ce qui nous rend infréquentable ou de faire en sorte que nous cessions de l’être ……..Le « productivisme » dont il nous affuble étant l’un des grands sujets, comme on le sait . Ce n’est d’ailleurs pas pour évacuer cette question mais son billet dit d’autres choses et c’est sur elles qu’il convient de porter son attention d’abord.

Le PCF ne fit pas que lancer l’idée du Front de Gauche, il accepta aussi l’idée d’une campagne présidentielle dont la personnalité de proue ne soit pas issue de ses rangs. Et je ne crois pas que dans cette campagne, il fit les choses à moitié en termes de mobilisation.

Pour Raoul Marc Jennar, ceci fait en somme partie d’un petit calcul politique, autre dimension qui nous colle à la peau, selon lequel nous aurions pu ainsi cacher notre influence devenue misérable. Il rappelle le score de Marie George Buffet et comme nous aurions tendance à l’oublier, on doit le remercier pour ce rappel fraternel.

Comme toujours dans un tel cas, Raoul Marc Jennar ne confond pas le PCF et ses militantes et militants pour lesquels il ne tarit ni d’amour ni d’éloges.

On pourrait s’appesantir longuement sur cet aspect qui ne laisse pas d’interloquer : comment une force politique insignifiante ou devenue telle et obligée de « cacher son sein » peut-elle contribuer à un score à deux chiffres , voilà un grand mystère que l’on ne demande pas à Raoul Marc Jennar d’éclaircir ; peut-être songe-t-il que ce score est dû pour l’essentiel à la personnalité du candidat ; sans en diminuer le moins du monde les mérites , on peut quand même se demander si dans ce cas il était bien utile de faire campagne avec une force politique insignifiante et infréquentable ; mais ce n’est pas non plus l’essentiel .

L’Essentiel serait « la trahison » ; chacune et chacun voit là ce dont il est question ; pas besoin de dessin.

Là non plus, on ne voit pas où elle gît, le PCF n’ayant jamais, où que ce soit voté de texte qui implique ou dise que toute alliance ultérieure avec le PS sous quelque forme que ce soit lui est proscrite.

Il en tire la conséquence que le PG doit dorénavant regarder ailleurs et « faire sans le PCF » .Le Front de Gauche aurait vécu ; est-ce de sa part un souhait ou un constat, on ne sait et on se perd en conjectures.

C’est l’affaire du PG après tout. Je n’ai pas l’intention de m’immiscer dans ses affaires ni sa ligne politique.

En revanche une autre question me préoccupe et celle –là devrait aussi intéresser Raoul Marc Jennar.

Quel était donc le but du Front de Gauche ? Un nouveau parti politique ? Le PCF avait dit qu’il n’en serait pas et au demeurant il n’est personne hors de quelques têtes brûlées dont Raoul Marc Jennar a dépassé l’âge de beaucoup pour le demander. Il est avéré que nos compatriotes et en tout cas celles et ceux qui firent campagne en 2012 n’ont que faire de cela.

Le but, accepté, il semble m’en souvenir, par toutes les composantes, y compris le PG, consistait à créer un rassemblement ayant vocation à devenir le cœur d’une gauche rassemblée pour une politique de gauche dont le Programme « l’Humain d’Abord » donnait les traits fondamentaux.

Le PG de son côté y vit une occasion de faire que ce rassemblement qui présentait des candidatures communes aux élections présidentielles et législatives – c’était même une condition si je m’en souviens ( « le paquet ») – passe devant le PS aux législatives ; mais cela ne se produisit pas .

Après tout, le PG pouvait avoir sa propre lecture de ce rassemblement ; il n’y a là rien de choquant. Un rassemblement, par sa nature même, n’efface pas les différences de point de vue entre ses composantes.

Cette conviction du PG selon laquelle le Front de Gauche dépasserait le PS et qui, on l’a dit, ne se produisit pas, se transforma rapidement en objectif seul unique et exclusif si l’on en croit les déclarations de ses principaux responsables pendant des mois.

C’était évidemment tordre l’objectif initial mais là encore, il n’y a pas de quoi être offusqué ; les composantes d’un rassemblement développent, chacune, leur politique et si la charte qui forme l’accord sur lequel se fonde le rassemblement est respectée par tous, tout va bien.

Mais que l’une des composantes veuille à tout prix, à marches forcées, imposer son point de vue aux autres, cesse absolument de faire partie du contrat.

Mais le PG ne se contenta pas de cette démarche ; pour la faire absorber, il eut recours à toutes sortes de pressions politiques notamment et principalement sur le PCF en recourant à des insultes d’une violence inouïe visant ses principaux dirigeants et à des formes de procès d’opinion que l’on pouvait penser révolues.

Mais ça n’l’amusa pas ; il pré-fé (accent sur fé) -ra ba-lan-cer ….

Comme précédemment, relativement au score, cet objectif échoua. Paris conserva une Municipalité de gauche ; ce n’était pas gagné d’avance et il aurait fait beau voir que le PCF prête la main pour quelque motif que ce soit à faire basculer la capitale à droite ; je dis, pour quelque motif que ce soit, et je pourrais développer mais lire le programme sur lequel la majorité de gauche a été élue dispense en outre d’un discours plus général ; au demeurant, l’élu et adjoint communiste Ian Brossat , la victoire acquise avec un groupe communiste sérieusement renforcé , n’est pas rentré dans ses foyers en attendant des jours meilleurs ; il ne se passe pas de jour sans innovation politique qui donnent aux parisiennes et parisiens le sentiment qu’ils ont fait le bon choix . Que le PG n’ait pas voulu en être est bien regrettable mais après tout c’est son problème et pas celui de la population de Paris.

Le PG, pour autant, ne se posa aucune question ; la réalité ne lui donnant pas raison, c’est qu’une force nuisible l’en empêchait et cette force nuisible, on l’a deviné, c’est le PCF ; comment une force politique devenue insignifiante et obligée de « cacher son sein » peut-elle avoir un tel pouvoir de nuisance, c’est ce qu’on se demande, mais sans doute Raoul Marc Jennar a-t-il la réponse et on conçoit qu’il la tienne soigneusement cachée.

Mais cette critique –là n’est pas nouvelle ; on l’entendit même du temps où justement le PCF n’avait aucun besoin de « cacher son sein » et où, à gauche, il était déterminant ; en un mot, puissant, le PCF est nuisible car son propos est d’empêcher la révolution prolétarienne, « insignifiant » il est nuisible car il empêche par ses tractations de basse-cour le Front de Gauche d’apparaître comme la seule issue à gauche.

Il devrait prendre envie de marcher à quatre pattes quand on lit de pareilles inepties mais comme il est permis et même à Raoul Marc Jennar de céder à des égarements, on n’y insistera pas.

On s’en doute, mon propos n’est pas uniquement de montrer que ce qu’écrit Raoul Marc Jennar est quelque peu sujet à caution ni de supplier le PG de ne pas céder à de pareilles injonctions.

Le Front de Gauche, en tant que rassemblement, porte une grande ambition et n’est pas la somme de ses composantes ; la question, l’unique question pour celles et ceux qui se sont inscrits dans sa démarche initiale est la suivante : ce rassemblement a-t-il épuisé ses capacités propulsives et sinon comment lui redonner l’élan et la dynamique qui, à ce jour lui font défaut ?

Raoul Marc Jennar n’ pas de temps à perdre avec une pareille question et sa réponse est simple ; Pierre Laurent osant s’exhiber à l’Université d’été du PS, le Front de Gauche serait mort.

Manuel Valls étrangle le Parti Socialiste et s’écrie qu’il y a péril de voir la gauche en France mourir ; décidément les enterrements sont à la mode dans notre pays, sauf à droite, doit-on le dire ?

Sans épuiser le sujet, beaucoup trop vaste pour mon esprit, j’en dis quelques mots :

  1. Un enfant sur trois en France ne part pas en vacances ; le Secours Populaire Français permet à 50000 enfants de passer UNE Journée à la mer par an .On finira devant ces chiffres par hausser les épaules en disant que de toute façon les « vacances sont trop longues et les enfants s’ennuient » ; en tout cas, toute référence à cette situation est absente du billet de Raoul Marc Jennar.

  2. Un ménage sur deux en France ne paie pas d’impôt ; on finira par en conclure que notre pays « vit décidément au-dessus de ses moyens » et qu’on y encourage l’ « assistanat » ; en tout cas, toute référence à cette situation est absente du billet de Raoul Marc Jennar

  3. Il paraît qu’en France les inégalités sociales explosent ; mais même si, comme T. Piketty le souligne, on pense que les inégalités sociales ne sont « pas condamnables en soi, dès lors qu’elles sont justifiées », ladite explosion va finir par poser un problème, si elle ne le pose déjà. On ne donne pas de chiffres ; ils sont bien connus. En gros 1% de la population s’accapare plus de 80% de la richesse nationale.

    De cela, pas un mot chez Raoul Marc Jennar.

  4. Le chômage de masse est devenu la règle comme la précarité ; la précarité est la caractéristique de l’amour, c’est bien connu, et on ne voit pas pourquoi le travail en serait exempté, de la précarité, pas de l’amour… Quant au chômage de masse, que voulez-vous ma brave dame, on a tout essayé. Est-ce un drame après tout ? S’ils n’ont pas de pain, qu’ils mangent de la brioche.

    De cela pas un mot chez Raoul Marc Jennar

    Il n’est pas difficile de poursuivre à l’infini .Le grand problème social de Raoul Marc Jennar est l’Aéroport de Notre Dame des Landes …

    En mot , le Front de Gauche avait pour objectif central d’enrayer par des mesures de gauche s’attaquant aux privilèges du capital , la descente aux enfers qui s’accélère , (que les communistes caractérisent comme la manifestation d’une crise de système au sens où celui-ci a épuisé ses capacités d’apporter des solutions fussent-t-elles partielles aux problèmes de l’humanité) , et en s’y attaquant , de faire une démonstration que notre pays attend et sans laquelle le désespoir ne peut qu’envahir l’horizon : cette démonstration consiste à prouver que des mesures de gauche amples peuvent permettre de nouveaux progrès pour la grande majorité de nos concitoyennes et concitoyens, des progrès sensibles dans leur vie quotidienne .

    Tel était le défi du Front de Gauche, tel en tout cas que les communistes le comprirent lorsqu’ils en firent la proposition.

    Ce défi est-il caduc ? Poser la question c’est y répondre.

    Mais, si tel est le cas, pourquoi les communistes s’engagèrent-ils dans cette construction dont tout laissait entrevoir l’extrême complexité ? Il eût été infiniment plus simple et plus tentant de faire du PCF le seul porteur d’alternative de gauche ; il se trouve que le PCF réfléchît sérieusement à cette question. Sa démarche eût peut-être pu, mais c’est tout sauf certain, être débarrassée d’analyses de messages subliminaux, s’il avait été plus fort, mais en tout cas, son affaiblissement ne fut ni la première ni la principale raison de ce choix.

    Devant la crise de système, le PCF réalisa qu’aucune force politique située à gauche de l’échiquier politique ne pouvait seule avoir la prétention d’offrir une alternative à laquelle l’immense majorité de nos compatriotes adhéreraient.

    La constitution du Front de Gauche, au-delà du défi à relever, prend là sa source.

    Un Front de ce type suppose des partenaires ; le PG qui venait de se constituer s’y offrait naturellement ; d’autres forces anticapitalistes le rejoignirent. L’ « anticapitalisme « était un atout et une question, mais ce n’était pas au Front de Gauche de la résoudre ni de s’y essayer.

    Mais tout cela qui était prometteur ne faisait pas le compte ; et il ne s’agissait pas d’arithmétique électorale ; du côté du mouvement syndical et associatif, on nota une certaine réticence qui n’alla pas en se réduisant.

    Cette réticence s’expliquait : tel que constitué, le Front de Gauche était un rassemblement de forces politiques et les partenaires éventuels du mouvement syndical et associatif ne voulaient pas de confusion des genres, ce qui était compréhensible ; il n’est pas certain que devant le problème posé, la réflexion collective, PCF inclus, ait, à l’époque, été à la mesure de l’enjeu. Mais quoi qu’il en soit, la question reste-t-elle posée ? Évidemment. Et soit dit en passant, ce n’est surement pas l’ »adhésion directe » qui serait le début du commencement de l’embryon d’une réponse.

    Mais la réticence en question n’avait pas que cette composante tout à fait légitime et devant être respectée ; le mouvement syndical et associatif est lié de par sa composition même à des courants d’opinion dans le monde du travail et plus largement dans la population , courants d’opinion qui ne SONT PAS « ANTICAPITALISTES » ; et oserais-je le dire , il existe même des courants d’opinion de gauche qui pensent que le capitalisme n’a pas que le mode d’existence insupportable que nous lui connaissons , en d’autre termes , le capitalisme peut être compatible avec un « visage humain » ; et , soyons courageux jusqu’au bout , l’ensemble de ces courants d’opinion est aujourd’hui majoritaire à gauche .

    Si les femmes et les hommes qui peu ou prou se reconnaissent dans ces conceptions ne sont pas partie prenante de la construction de l’alternative, celle –ci n’aura pas lieu.

    Et elles et ils ne seront pas partie prenante si on leur demande de renoncer d’abord à ce à quoi ils croient.

    Bien évidemment ces courants de gauche ont une représentation politique majoritaire – ils ne sont pas, loin s’en faut, épuisés par elle – et cette représentation s’appelle en France le parti socialiste.

    Pour celles et ceux qui s’y rattachent, s’y reconnaissent tout en le critiquant, voire en le maudissant, toute idée faisant du Front de Gauche une sorte de bélier anti PS , voué à sa destruction , les fait bondir .

    On trouve ici un dérivatif commode et politiquement insensé, consistant à opposer les militantes et militants socialistes, et lorsque la vue est plus large on parle des électrices et électeurs socialistes, aux « dirigeants » de ce parti. C’est se moquer.

    D’abord parce que parmi ces dirigeants, il en est qui critiquent ouvertement et durement la politique gouvernementale faite en leur nom ; et surtout parce que chez le pire des dirigeants socialistes actuels il y a quelque chose qui fait que parmi les militantes et militants et chez les électrices et électeurs, il existe quelques atomes crochus ; dissocier est absurde, opposer, insensé.

    Je me suis concentré sur celles et ceux de nos compatriotes qui peu ou prou votent en général pour le parti socialiste ; il y en a des foules qui , étant en dehors, partagent l’idée que le capitalisme est réformable dans un sens inverse à sa tendance visible et même s’ils critiquent durement les orientations du parti socialiste , et même s’ils sont tentés de s’abstenir , leur regard ne se porte pas vers les solutions du Front de Gauche tant qu’elles et ils perçoivent ce rassemblement comme une autre espèce de « machine politique » avec laquelle tout chemin commun est exclu . C’est d’ailleurs exactement ce dont les dirigeants socialistes, dans leur grande majorité, abreuvent leur parti.

    Mettre le Front de Gauche dans cette impasse plonge à l’évidence Raoul Marc Jennar dans le ravissement, si seulement le PCF pouvait y aider. Comme tel n’est apparemment pas le cas et comme il n’y a pas apparence que ça le devienne, Raoul Marc Jennar a recours à la punition. Qu’on fasse donc sans lui.

    Mais faire quoi ?

    On a rappelé plus haut l’objectif initial du Front de Gauche et son programme l’ »Humain d’Abord » en fut une étape. Mais dès son origine le Front de Gauche supposait de devenir une « coopérative politique » comme l’appelèrent les communistes après la séquence électorale de 2012. Pour une part significative mais très partielle, avec son programme, il l’était déjà .Mais la notion de coopérative politique dans son acception la plus large ne vit pas le jour et il en résulta une perte de charge à laquelle vint s’ajouter des tentatives forcenées déjà rappelées de l’éloigner de ses objectifs.

    Le dessin de la coopérative n’est pas sorcier à définir dans ses grandes lignes ; il doit comporter une Charte et un Programme ; le Programme, sous réserve de modifications d’actualisation est déjà connu ; c’est l’ »Humain d’Abord » .

    Le Programme, à l’instar de certaines questions qui vont de soi, comme les décisions relatives aux séquences électorales, est du ressort non exclusif mais prioritaire des composantes politiques qui parviennent ou non à présenter une ligne commune, laquelle n’est pas forcément la même pour toutes les élections.

    Ni les associations ni les organisations syndicales ne revendiquent d’en être partie prenante directe.

    La Charte ensuite ; elle doit être d’une simplicité biblique et lisible par quiconque de bout en bout ; elle définit le cadre de l’action du Front de Gauche, ses objectifs , sa démarche , définit le statut des organisations ,associations et personnalités qui veulent être partie prenante de la démarche sans pour autant se reconnaitre totalement dans telle ou telle formulation ; la Charte sert au Front de Gauche à essaimer sur tout le territoire de façon souple et dynamique ; elle sert à créer des lieux territoriaux de rassemblement du Front de gauche.

    La Charte définit les principes qui fondent la coopération ; celle-ci donne des droits et des devoirs dont celui de contribuer y compris financièrement.

    La Charte précise que le Front de Gauche, coopérative politique, sociale et citoyenne ne peut être enjeu de pouvoir par quiconque et pour quiconque.

    La Charte précise le périmètre et le processus par lesquelles formations politiques, associations et organisations syndicales, personnalités sont associées aux décisions.

    La Charte précise que au sein des principes adoptés communément, le débat est libre, non contraignant, et que les composantes politiques, associatives ou syndicales restent constamment maîtresses de leurs choix.

    La Charte précise le périmètre des litiges éventuels dont le Front de gauche peut débattre et les modalités de ce débat.

    Il n’y a pas mille articles à écrire ; je n’ai pas l’intention d’en fournir un modèle et si j’en avais l’intention, elle serait contraire à la dimension contributrice mais non exclusivement décisionnelle.

    Dans tout ce qui précède on ne voit pas que soit traité le problème que pose le Parti socialiste qui, sans être l’alpha et l’oméga n’est pas quantité négligeable.

    D’une part on peut penser que nombre de celles et de ceux qui sont attirés peu ou prou ou demeurent attachés au parti socialiste trouveront dans l’application des principes de la Charte de quoi leur permettre de venir débattre sans craindre ni l’opprobre ni la pression.

    D’autre part, le parti socialiste est maître de ses choix ; on l’a déjà vu brûler en moins de 24 heures ce qu’il adorait la veille ; ainsi en va-t-il de la souveraineté populaire qui impose ses choix. Mais beaucoup plus important est le fait que ce parti ne s’imagine pas une seconde être privé de l’accès au pouvoir ; il se préfère hégémonique mais faute de grives il mangera des merles, peut- être devra-t-il être encore plus frugal. La question de savoir si c’est encore un parti de gauche fait partie de la rhétorique du sexe des anges ; savoir s’il peut adopter des mesures de gauche est capital.

    Si les choses suivent les idées qui précédent, conduisant à créer PARTOUT des incontournables d’une politique de gauche, ce sera avec lui s’il en a la lucidité, sans lui sinon. On ne le voit pas à dire vrai décider que les choses se fassent sans lui. Mais c’est secondaire, très secondaire.

    Que faire ensuite de Notre Dame des Landes, grand sujet de préoccupation de Raoul Marc Jennar ? La réponse est aussi simple que d’aller à la fontaine : dans la coopérative décrite plus haut aucun sujet d’intérêt collectif ne se heurte a priori à l’absence de solutions majoritaires. Aucun point de vue ne pouvant exciper a priori d’un accès à la vérité révélée, laissons à l’alchimie de la discussion populaire le soin de faire son travail. Soit dit en passant, bien que cette question fondamentale intéresse tous nos compatriotes, s'agissant d'un Grand Equipenent , il devrait sembler évident que la dite alchimie doit attribuer un poids spécifique aux populations directement concernées.

    Je laisse volontairement de côté la question du « productivisme » ; non qu’elle soit sans intérêt mais ce qui précède devrait suffire à démontrer que si quelque chose de neuf, de révolutionnaire doit naitre et se développer dans ce pays c’est bien la démarche du Front de Gauche ,qu’il garde ou non son étiquette ; on doit être convaincu que le PCF n’en démordra pas.

​-----------------------------------------------------------------------------------------------Tout ce que je pense, sans ajout ni retrait de pas même une virgule. Ecrit clairement si bien qu'il encourage à réfléchir et à s'exprimer.

Merci Tchapaiev

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24 juillet 2014 4 24 /07 /juillet /2014 21:56

POURQUOI JE NE VOTERAI PLUS (JAMAIS ?) SOCIALISTE

Jeudi, 24 Juillet, 2014

Citoyen de gauche ordinaire, j'ai toujours appliqué la discipline républicaine depuis que j'exerce mon droit de vote, c'est-à-dire depuis près d'un demi siècle... Apportant régulièrement au premier tour mon suffrage à la « gauche de la gauche » (PCF en général, puis Front de Gauche), lors des scrutins nationaux, locaux ou régionaux, j'ai systématiquement reporté celui-ci au second tour sur le « candidat de gauche le mieux placé », en général présenté ou soutenu par le Parti Socialiste.

Ainsi, et une fois de plus, lors des dernières élections présidentielles, j'ai voté socialiste au second tour, en l'occurrence pour François HOLLANDE, et de même aux élections législatives, toujours au second tour, pour le candidat socialiste local.

Aujourd'hui, C'EST FINI ! Trop, c'est trop ! J'ai décidé de ne plus apporter mon soutien, ni à ce Président « socialiste », ni à son parti, ni à ses dirigeants nationaux, régionaux ou locaux.

Voici pourquoi :

MOI, CITOYEN DE GAUCHE, je n'apporterai plus mon soutien à un parti et à un Président qui, non content de renier la plupart de ses engagements initiaux, ceux-là mêmes pour lesquels j'ai cru bon de voter pour lui au second tour de la dernière élection présidentielle, s'est engagé de façon claire et décomplexée dans la voie du social-libéralisme qui n'est autre que l'ultra-libéralisme à la mode social démocrate...

MOI, CITOYEN DE GAUCHE, je n'apporterai plus mon soutien à une politique économique qui après avoir désigné la Finance comme son principal ennemi, en a fait en réalité, de renoncements en reculs orchestrés, son alliée privilégiée ; Qui a délibérément choisi d'encourager la politique de l'offre au détriment de la demande, de mettre tous les moyens disponibles à la disposition des entreprises et non pour développer le pouvoir d'achat du peuple ; Qui, après s'être engagé à privilégier le dialogue social et la négociation entre partenaires sociaux, a délibérément choisi d'opter quasi-systématiquement pour les positions défendues par le principal syndicat patronal, au point d'enregistrer le satisfecit de ce dernier, événement inédit pour un parti de gauche dans notre pays ;

MOI, CITOYEN DE GAUCHE, je n'apporterai plus mon soutien à un parti et à un Président qui, après s'être engagé à renégocier le Traité budgétaire européen, s'est en définitive contenté d'y faire ajouter un "pacte de croissance" (un mini document de 11 pages) censé compenser ses effets récessifs, laissant perdurer le risque d'une rigueur excessive et de la transformation de la récession en dépression ;

MOI, CITOYEN DE GAUCHE, je n'apporterai plus mon soutien à un parti et à un Président qui permettent que se discute dans la plus grande opacité la mise en place du Partenariat Transatlantique de Commerce et d'Investissement (ou Accord de libre-échange transatlantique) sans que ni le peuple ni ses représentants n’aient eu accès au mandat de négociation, mieux : qui y participe activement alors que cet accord consacre la suprématie des droits des investisseurs sur nos droits démocratiques ;

MOI, CITOYEN DE GAUCHE, je n'apporterai plus mon soutien à un parti et à un Président qui, faute de s'attaquer aux racines de la crise économique et sociale, font leur le discours libéral et instituent une rigueur sociale que n'aurait osé espérer la droite qui les a précédés au pouvoir, terminant le travail de démolition de notre système de solidarité, rognant les retraites et les minima sociaux, diminuant les aides aux associations, allant même jusqu'à remettre en cause le statut (unique en Europe et envié pour cela) des intermittents du spectacle...

MOI, CITOYEN DE GAUCHE, je n'apporterai plus mon soutien à un parti et à un Président qui n'engage que frileusement une transition écologique, pourtant considérée comme indispensable par la communauté scientifique, et porteuse d'emplois potentiels par les économistes ; Et qui continue la construction de projets nucléaires budgétivores, tels les EPR, ou pharaoniques et majoritairement rejetés par les populations locales, tel l'aéroport de Notre-Dame des Landes;

MOI, CITOYEN DE GAUCHE, je n'apporterai plus mon soutien à un parti et à un Président qui placent sur le même plan un état agressif et colonisateur (Israël) et le peuple sans Etat qu'il maintient sous son joug (les Palestiniens) au mépris des résolutions de l'ONU et de sa reconnaissance en tant que Etat par cette dernière ; Qui, applaudit par la Droite, assimile la lutte contre la politique Israélienne qui tue par centaines des hommes, des femmes et des enfants innocents à de l'antisémitisme et ose interdire à ce titre des manifestations pacifiques de soutien au peuple palestinien ;

MOI, CITOYEN DE GAUCHE, je n'apporterai plus mon soutien à un parti et à un Président qui ne propose rien de mieux envers la communauté Rom que la politique honteuse du bulldozer ; Qui laisse se creuser les inégalités dans les villes sans proposer une vraie vision et une véritable politique de la ville ;

MOI, CITOYEN DE GAUCHE, je n'apporterai plus mon soutien à un parti et à un Président qui s'obstinent à faire désigner Défenseur des Droits un homme surtout connu auparavant pour ses prises de position réactionnaires ; Et qui par ailleurs, reniant là encore une promesse de campagne et fuyant un grand débat national, subordonne le droit de vote pour les étrangers résidant légalement en France depuis cinq ans à la constitution d'un hypothétique consensus parlementaire...

Tous les jours la liste ci-dessus, déjà non exhaustive, ne cesse de s'allonger Une telle succession de reculs, de renoncements, de reniements, voire de trahisons ne peut même plus être qualifiée de dérive droitière mais bien de véritable virage à 180° idéologique et politique de la gauche vers la droite.

On mesure ce qu'il faudrait de remise en cause de la politique actuellement prônée par le Parti Socialiste et menée par ses dirigeants pour m'amener à revoir ma position (laquelle, j'en suis convaincu, est partagée par un grand nombre de mes concitoyens déçus et outrés eux aussi)... et l'on se prend à rêver, sans trop y croire, au réveil de la « gauche » du parti socialiste. Si elle existe encore...

D'ici-là, et ne voulant pas choisir entre la droite dure, la droite molle ou la droite social-démocrate, et n'ayant aucun goût pour l'abstention, je voterai donc « blanc » lorsqu'un second tour sera nécessaire (ou dès le premier tour, en cas d'absence d'un vrai candidat de gauche ou écologiste engagé), lors des prochains scrutins, quels qu'ils soient (et quels qu'en soient les risques), dans l'attente que se constitue enfin une véritable alternative de gauche crédible à laquelle je pourrai souscrire et participer.

François CAUCHE
Citoyen de gauche ordinaire
Ardèche

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18 juin 2014 3 18 /06 /juin /2014 05:21

Imaginons un seul instant notre belle histoire de France sans mouvement ouvrier ( et surtout oui surtout sans la CGT!), sans ces grèves et toutes ces actions pour la dignité, ces militants dévoués à la cause publique qui savent dire non à la mort sociale, veillent au refus de la casse de nos conquis sociaux et tout cela au détriment de leur salaire et de leur carrière, alors ceux qui aujourd'hui râlent et cassent du gréviste n'auraient pas tout ce que ces camarades ont obtenus ou tentent d'obtenir et de conserver par la GREVE!!!!
-la sécurité sociale
-le droit aux libertés élémentaires et un syndicalisme LIBRE,
-la retraite
-la médecine du travail
-les congés payés
-les conventions collectives
-les statuts des électriciens,des fonctionnaires, des mineurs, de la fonction publique en général et tous les services publics, le CNRS...
-les allocations familiales et toutes les prestations fabuleuses qui les accompagnent
-le respect du congé hebdomadaire
-les horaires de travail décents...
ect.. ect...ect.......
Est-il si difficile à comprendre que si des grévistes acceptent de perdre leur salaire aujourd'hui c'est uniquement pour le bien être des usagers, et que l'outil de la grève est le seul seul possible pour se faire entendre d'un patronat et d'un gouvernement qui n'écoute plus depuis longtemps les ouvriers. Que restera-til pour ces usagers râleurs si le mouvement gréviste perd et si pas plus de monde ne soutient ceux qui font notre dignité et la force de notre identité sociale ?????? bises à tous et debout!!! Michel Etievent

 

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9 juin 2014 1 09 /06 /juin /2014 06:33

Alliance avec UMP à la tête de « Terres de France » : François Asensi et Clémentine Autain veulent « travailler avec tous dans le consensus dans l’intérêt des populations ».

Brève, politique, vivelepcf, 31 mai 2014

Le 10 avril, Asensi et Autain s’allient avec l’UMP pour s’assurer la présidence de la communauté de communes des « Terres de France ». En échange, la maire UMP de Villepinte en devient 1ère vice-présidente. Le 30 mai, Asensi fait également élire la droite à la présidence du SEAPFA (Syndicat d’équipement et d’aménagement des Pays de France et de l’Aulnoye), alors que, sur le papier, la gauche était majoritaire. C’est sans doute leur « nouvelle façon de faire de la politique » et d’élargir le Front de gauche !

Il y a des politicien-ne-s plus exaspérants que d’autres : ceux et celles qui confondent audace et toupet, ceux et celles qui sont capables d’un sprint pour se poser au premier rang devant les caméras, ceux et celles qui donnent des leçons de démocratie à tout vent, des leçons de « nouvelle façon de faire de la politique », pour mieux faire avancer leurs ambitions.

Le Front de gauche n’est pas dépourvu de ce type d’opportunistes. Un duo est assez champion en la matière : le député de Seine-Saint-Denis François Asensi et sa suppléante Clémentine Autain.

Asensi prône le renouvellement en politique : il est député depuis 35 ans…

Asensi prône le non-cumul des mandats : il est maire de Tremblay-en-France depuis 23 ans…

Asensi juge que les partis politiques sont dépassés, notamment le PCF. Ancien apparatchik, il a su capter l’héritage de « bastions communistes » érigés par les luttes incessantes des militants. Maintenant, la personnalité devenue « indépendante » garde les places et les indemnités pour elle-même.

« Nouvelle façon de faire de la politique », on vous dit !

Dans ce domaine, Asensi a rencontré une partenaire idéale : Clémentine Autain. Elle en est l’égérie autoproclamée. Mais on pourrait dire que sa véritable devise est plutôt : « écartez-vous de là que je m’y mette ».

La lobbyiste de sa propre cause a trouvé un terrain favorable dans le Front de gauche. Ne représentant rien, mais surfant sur les poncifs de la nouvelle radicalité sociétale, jouant des contradictions entre PG et direction du PCF, elle a réussi à devenir porte-parole nationale d’une structure qui n’est pas censée exister. On a pu la voir ainsi occuper un tiers du temps de paroles dans le cadre de la campagne télévisée des européennes.

Sur le plan électoral, sa réussite est moindre. Il faut dire que les Asensi ne lâchent pas vite les places…

Aux municipales de 2001, elle réussit à supplanter (avec la complaisance de la direction du PCF 75) la candidate désignée par les communistes dans le 17ème arrondissement pour devenir conseillère de Paris, adjointe « radicale » de Delanoë. Mais ensuite, avant 2008, elle échoue, devant la concurrence d’autres prétendants, à conquérir la mairie de Montreuil. En 2014, candidate aux municipales à Sevran, elle échoue à nouveau, malgré le soutien du député de la circonscription Asensi. La surenchère à la multiplication des caméras de vidéosurveillance (le contraire de ce qu’elle défendait à Paris) n’a pas fonctionné face au maire sortant EELV. Elle doit se contenter d’une place de conseillère municipale.

Qu’à cela ne tienne ! Autain et Asensi n’entendent pas renoncer. Les villes de Tremblay, Sevran et Villepinte sont rassemblées dans la communauté de communes des « Terres de France ». Avant les dernières municipales, Asensi en était le président. Pour rester en place (nul n’est irremplaçable sauf lui), la partie est devenue plus délicate. La mairie de Villepinte est passée à l’UMP. Le maire EELV de Sevran, la commune la plus peuplée, remonté contre Asensi, réclame la place pour les siens.

Dans cette situation, Asensi choisit de faire alliance avec Martine Valleton, la nouvelle maire UMP de Villepinte, au grand étonnement des journalistes novices du Parisien (édition du 11 avril : « la droite vote comme un seul homme pour Asensi »). Asensi reste président. Valleton devient 1ère vice-présidente, Autain vice-présidente.

Asensi se justifie : « L’objectif est de travailler avec tous dans le consensus et surtout dans l’intérêt des populations ». Consensus Fdg-UMP ?

Rebelote le 30 mai : Asensi fait ouvertement élire l’UMP à la présidence du Syndicat d’équipement et d’aménagement des Pays de France et de l’Aulnoye. Pourtant, les représentants de gauche au SEAPFA sont majoritaires, 19 contre 18, dans ce syndicat où siègent des élus de Sevran, Tremblay, Villepinte, Aulnay et du Blanc-Mesnil. « Le travail s’est toujours fait dans le consensus au sein du SEAPFA » argue à nouveau Asensi…

Dans une tribune récente, Autain réclame « un rassemblement plus large que le Front de gauche ». Son expérience sur le terrain politicien a de quoi inquiéter !

Et si le PCF se redonnait les moyens de rassembler les travailleurs en fermant la porte à ces opportunistes !

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4 juin 2014 3 04 /06 /juin /2014 22:30

"Le Front de Gauche doit créer les conditions du nouveau bloc majoritaire"

Tribune

Mercredi, 4 Juin, 2014

Le Conseil national de Gauche Unitaire a adopté cette lettre en vue de la réunion de la coordination nationale du Front de Gauche. Il y est question de la structure du Front de gauche et des enseignements à tirer des dernières élections européennes.

Chères et Chers Camarades,

Dans notre lettre en date du 28 avril, nous vous faisions part de notre très vive inquiétude devant le discours qui tendait à dominer l’expression publique du Front de gauche, le rendant inaudible de la gauche et du peuple. Nous vous indiquions, en notre qualité de cofondateur du Front de gauche, notre crainte de le voir s’enliser dans l’impuissance de postures incantatoires et dénonciatrices, susceptibles de le mener aux mêmes déboires qu’une extrême gauche désormais privée d’influence véritable. Et nous vous disions combien, à nos yeux, la dynamique délétère des coups de force permanents et des chantages incessants, celle de l’invective voire des insultes proférées contre des partenaires membres de la même coalition, était de nature à ruiner le pluralisme en notre sein et à nous groupusculariser aux yeux de l’opinion.

Un mois plus tard, le résultat des élections européennes vient, après la contre-performance des municipales, de marquer un indéniable échec du Front de gauche. Nous parlons bien d’échec, non du produit de circonstances objectives difficiles. Chacun en conviendra en effet, dans la plupart des pays de l’Union européenne, la gauche anti-austérité s’est maintenue, quand elle n’a pas fortement progressé comme en Espagne, aux Pays-Bas et, naturellement, en Grèce, avec la magnifique percée de nos camarades de Syriza.

Cet échec survient au pire moment. Alors que la France acquitte la lourde addition de la dérive libérale de François Hollande et de son gouvernement, qu’elle se retrouve pour cette raison au bord du précipice, que le Front national affiche sa volonté d’hégémonie sur un large pan du monde du travail et des classes populaires, que la gauche tout entière se voit menacée de marginalisation politique et électorale… Alors que nous devrions être, en un tel moment, un pôle de résistance et de contre-offensive au service de notre camp social et politique…

Ayons donc aujourd’hui le courage de mettre sur la table tous les débats qui ont été escamotés dans la dernière période. Finissons-en définitivement avec les auto-congratulations hallucinogènes, autant qu’avec l’idée fantasmatique selon laquelle « demain ce sera notre tour ». Ne cherchons pas d’explication rassurante en désignant les responsables prétendus d’un brouillage de notre message à l’occasion des municipales, puisqu’au scrutin du 25 mai, ce sont bien des listes séparées du Parti socialiste qui se seront présentées, sous l’étiquette du Front de gauche, aux suffrages des électeurs. N’attendons pas que le mouvement social ou l’initiative citoyenne viennent redistribuer les cartes à gauche, les difficultés actuelles des mobilisations provenant d’abord de l’inexistence d’une perspective politique crédible. N’ayons pas l’illusion qu’une modification des règles de notre fonctionnement militant, ou encore l’ouverture du Front de gauche aux adhésions directes, pourraient, à eux seuls, favoriser son redéploiement.

Le problème auquel nous sommes confrontés est celui du nouveau cap stratégique à adopter. Si le Front de gauche a échoué ce 25 mai, c’est que la dynamique qui lui avait permis, jusqu’à l’élection présidentielle, de mordre sur un vaste secteur de l’électorat de gauche et de marginaliser l’extrême gauche, s’est épuisée. C’est qu’il n’apparaît pas utile à celles et ceux dont il sollicite les suffrages. C’est qu’il n’incarne pas, qu’il ne peut incarner solitairement, une solution de pouvoir crédible. C’est qu’il n’est pas perçu comme le défenseur d’une orientation pour toute la gauche. C’est qu’il n’a pas su mettre dans le débat public les quelques propositions simples à partir desquelles il lui aurait été possible d’appeler, « grand angle » comme on dit, une large majorité de ladite gauche à se retrouver.

Poursuivre dans cette voie serait une catastrophe. Le pays, nous partageons tous ce diagnostic, est entré dans la zone des tempêtes. C’est son avenir, celui de la République, celui de la gauche qui se trouvent en jeu. C’est un nouveau 21 Avril, aux conséquences bien plus graves que le précédent du fait du poids désormais acquis par l’extrême droite, qui pointe possiblement à l’horizon.

Le seul facteur d’espoir vient à présent du débat qui traverse la gauche et n’a cessé de s’approfondir depuis les élections municipales. Le départ d’Europe écologie-Les Verts à la suite de la nomination de Manuel Valls à la tête du gouvernement, puis la fronde d’une large partie des députés socialistes et du PS lui-même devant la débâcle où les mène le président de la République, en représentent les principales traductions. Bien au-delà du Front de gauche, de l’écologie politique et même de l’aile gauche estampillée du Parti socialiste, c’est la majeure partie de la gauche qui ne se reconnaît pas dans la politique de l’exécutif. L’événement est d’une immense portée.

Il importe, dans ces conditions, de se saisir de toutes les opportunités à partir desquelles il deviendra possible de relever, reconstruire et refonder la gauche. En l’occurrence, à l’aune du rejet dont les orientations du pouvoir en place font l’objet dans la gauche, il est possible d’aller vers une nouvelle majorité politique, rose-vert-rouge, supportant un autre gouvernement. Pour que cette majorité voit le jour, toutes les énergies disponibles à un changement de politique se doivent, ensemble, de donner à voir au pays que la gauche ne saurait être identifiée à la dérive austéritaire mise en application au sommet de l’État.

S’il veut retrouver une place pertinente dans la gauche, il importe que le Front de gauche relève ce défi. Qu’il soit le levier qui créera les conditions du nouveau bloc majoritaire qui se cherche. Qu’il affirme avec force et clarté qu’il veut unir la gauche dans une dynamique renouvelée de combat. Qu’il mette en discussion les quelques grands axes d’un pacte anti-austérité qui le permettra. Qu’il propose la mise en place immédiate d’un comité de liaison entre toutes les forces disposées à agir pour la sortie de l’austérité et en faveur d’une politique de relance socialement juste et écologiquement soutenable. Qu’il avance l’objectif d’assises de la gauche, respectueuses des identités et des histoires de chacun, pour un changement de cap. Qu’il mette en œuvre cette démarche, en toute circonstance, sans exclusive ni préalable, avec la ferme volonté d’aboutir.

Cela ouvre, nous ne l’ignorons pas, un débat des plus essentiels entre nous. À nos yeux, l’indépendance envers un gouvernement dont l’action tourne le dos aux besoins et attentes du plus grand nombre est essentielle. Mais cette indépendance ne saurait être synonyme d’ignorance du reste de la gauche, ni de résignation aux divisions qui font le jeu de l’adversaire. C’est pour cette raison que nous avons toujours récusé la théorie des « deux gauches », repliées sur elles-mêmes et fermées l’une à l’autre. Et que nous considérons aujourd’hui que, comme dans tous les moments cruciaux de l’histoire, l’unité est une question-clé pour notre camp social et politique. Elle est la condition de la construction d’une dynamique de contre-offensive.

La politique de « l’offre », chère au président de la République, démoralise le monde du travail et le divise en profondeur. Cette division interdit au camp progressiste de faire barrage à la droite et de faire refluer cet ennemi mortel du mouvement ouvrier et de la gauche qu’est l’extrême droite. Le rassemblement de la gauche, non en soutien à une action gouvernementale qui la désintègre mais sur une plate-forme de rupture avec le libéralisme et le productivisme, est dès lors la condition de la remobilisation de ces millions d’hommes et de femmes qui sombrent lentement dans le désespoir. C’est, nous semble-t-il, la conviction qui doit animer le Front de gauche, comme elle l’inspirait à sa création.

Pour nous résumer, le devenir du Front de gauche nous paraît dépendre directement de son aptitude à penser différemment son rapport au pays et à reprendre sa place au cœur de la gauche, pour y mener une politique en direction de toute la gauche.

Voilà, Chères et Chers Camarades, ce que nous voulions soumettre à votre réflexion. Nous appelions de nos vœux, en avril, une remise à plat sans faux-semblants. Elle peut être engagée par le séminaire dont nos camarades communistes ont permis la tenue le 2 juin. C’est, du moins, notre souhait le plus cher.

Bien fraternellement.

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31 mai 2014 6 31 /05 /mai /2014 03:44

Ci dessous un important article d Alain Badiou qui fustige les politiques et intellectuels responsables de la montee du Fn Entièrement d accord avec le début de son article Ce mepris du peuple semble etre une marque de notre temps Il faudrait faire la leçon comme Hollande veut nous la faire sur sa politique ? Besoin de (se ) comprendre mais aussi donc besoin d aller plus loin que la dénonciation qui suit, même si le démonstration de badiou est brillante Pourquoi ça marche ?

Alain Badiou :
" L'importance du vote pour Marine Le Pen accable et surprend. On cherche des explications. Le personnel politique y va de sa sociologie portative : la France des gens d'en bas, des provinciaux égarés, des ouvriers, des sous-éduqués, effrayée par la mondialisation, le recul du pouvoir d'achat, la déstructuration des territoires, la présence à leurs portes d'étranges étrangers, veut se replier sur le nationalisme et la xénophobie.

C'est déjà du reste cette France "retardataire" qu'on accusait d'avoir voté non au référendum sur le projet de Constitution européenne. On l'opposait aux classes moyennes urbaines éduquées et modernes, qui font tout le sel social de notre démocratie bien tempérée.

Disons que cette France d'en bas est quand même, en la circonstance, le baudet de la fable, le pelé et le galeux "populiste" d'où nous vient tout le mal lepéniste. Etrange, au demeurant, cette hargne politico-médiatique contre le "populisme". Le pouvoir démocratique, dont nous sommes si fiers, serait-il allergique à ce qu'on se soucie du peuple ? C'est l'avis dudit peuple, en tout cas, et de plus en plus. A la question "les responsables politiques se préoccupent-ils de ce que pensent les gens comme vous ?", la réponse entièrement négative "pas du tout" est passée de 15 % de l'ensemble en 1978 à 42 % en 2010 ! Quant au total des réponses positives ("beaucoup" ou "assez"), il est passé de 35 % à 17 % (on se reportera, pour cette indication statistique et d'autres d'un très grand intérêt, au numéro hors série de la revue La Pensée titré "Le peuple, la crise et la politique" et réalisé par Guy Michelat et Michel Simon). La relation entre le peuple et l'Etat n'est pas faite de confiance, c'est le moins qu'on puisse dire.
Préparez vous à être surpris !
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Faut-il conclure que notre Etat n'a pas le peuple qu'il mérite, et que le sombre vote lepéniste atteste cette insuffisance populaire ? Il faudrait alors, pour renforcer la démocratie, changer le peuple, comme le proposait ironiquement Brecht...

Ma thèse est plutôt que deux autres grands coupables doivent être mis en avant : les responsables successifs du pouvoir d'Etat, de gauche comme de droite, et un ensemble non négligeable d'intellectuels.

En définitive, ce ne sont pas les pauvres de nos provinces qui ont décidé de limiter autant que faire se peut le droit élémentaire d'un ouvrier de ce pays, quelle que soit sa nationalité d'origine, de vivre ici avec sa femme et ses enfants. C'est une ministre socialiste, et tous ceux de droite ensuite qui se sont engouffrés dans la brèche. Ce n'est pas une campagnarde sous-éduquée qui a proclamé en 1983, que les grévistes de Renault - en effet majoritairement algériens ou marocains - étaient des "travailleurs immigrés (...)agités par des groupes religieux et politiques qui se déterminent en fonction de critères ayant peu à voir avec les réalités sociales françaises".

C'est un premier ministre socialiste, bien entendu à la grande joie de ses "ennemis" de la droite. Qui a eu la bonne idée de déclarer que Le Pen posait les vrais problèmes ? Un militant alsacien du Front national ? Non, c'est un premier ministre de François Mitterrand. Ce ne sont pas des sous-développés de l'intérieur qui ont créé les centres de rétention pour y emprisonner, hors de tout droit réel, ceux qu'on privait par ailleurs de la possibilité d'acquérir les papiers légaux de leur présence.

Ce ne sont pas non plus des banlieusards excédés qui ont ordonné, partout dans le monde, qu'on ne délivre aux gens des visas pour la France qu'au compte-gouttes, pendant qu'on fixait ici même des quotas d'expulsions que devait à tout prix réaliser la police. La succession des lois restrictives, attaquant, sous prétexte d'étrangeté, la liberté et l'égalité de millions de gens qui vivent et travaillent ici, n'est pas l'oeuvre de "populistes" déchaînés.

A la manoeuvre de ces forfaits légaux, on trouve l'Etat, tout simplement. On trouve tous les gouvernements successifs, dès François Mitterrand, et sans répit par la suite. En la matière, et ce ne sont que deux exemples, le socialiste Lionel Jospin a fait savoir dès son arrivée au pouvoir qu'il n'était pas question d'abolir les lois xénophobes de Charles Pasqua ; le socialiste François Hollande fait savoir qu'on ne décidera pas les régularisations de sans-papiers autrement sous sa présidence que sous celle de Nicolas Sarkozy. La continuité dans cette direction ne fait aucun doute. C'est cet encouragement obstiné de l'Etat dans la vilenie qui façonne l'opinion réactive et racialiste, et non l'inverse.

Je ne crois pas être suspect d'ignorer que Nicolas Sarkozy et sa clique ont été constamment sur la brèche du racisme culturel, levant haut le drapeau de la "supériorité" de notre chère civilisation occidentale et faisant voter une interminable succession de lois discriminatoires dont la scélératesse nous consterne.

Mais enfin, nous ne voyons pas que la gauche se soit levée pour s'y opposer avec la force que demandait un pareil acharnement réactionnaire. Elle a même bien souvent fait savoir qu'elle "comprenait" cette demande de "sécurité", et a voté sans état d'âme des décisions persécutoires flagrantes, comme celles qui visent à expulser de l'espace public telle ou telle femme sous le prétexte qu'elle se couvre les cheveux ou enveloppe son corps.

Ses candidats annoncent partout qu'ils mèneront une lutte sans merci, non tant contre les prévarications capitalistes et la dictature des budgets ascétiques que contre les ouvriers sans papiers et les mineurs récidivistes, surtout s'ils sont noirs ou arabes. Dans ce domaine, droite et gauche confondues ont piétiné tout principe. Ce fut et c'est, pour ceux qu'on prive de papiers, non l'Etat de droit, mais l'Etat d'exception, l'Etat de non-droit. Ce sont eux qui sont en état d'insécurité, et non les nationaux nantis. S'il fallait, ce qu'à Dieu ne plaise, se résigner à expulser des gens, il serait préférable qu'on choisisse nos gouvernants plutôt que les très respectables ouvriers marocains ou maliens.

Et derrière tout cela, de longue date, depuis plus de vingt ans, qui trouve-t-on ? Qui sont les glorieux inventeurs du "péril islamique", en passe selon eux de désintégrer notre belle société occidentale et française ? Sinon des intellectuels, qui consacrent à cette tâche infâme des éditoriaux enflammés, des livres retors, des "enquêtes sociologiques" truquées ? Est-ce un groupe de retraités provinciaux et d'ouvriers des petites villes désindustrialisées qui a monté patiemment toute cette affaire du "conflit des civilisations", de la défense du "pacte républicain", des menaces sur notre magnifique "laïcité", du "féminisme" outragé par la vie quotidienne des dames arabes ?

N'est-il pas fâcheux qu'on cherche des responsables uniquement du côté de la droite extrême - qui en effet tire les marrons du feu - sans jamais mettre à nu la responsabilité écrasante de ceux, bien souvent - disaient-ils - "de gauche", et plus souvent professeurs de "philosophie" que caissières de supermarché, qui ont passionnément soutenu que les Arabes et les Noirs, notamment les jeunes, corrompaient notre système éducatif, pervertissaient nos banlieues, offensaient nos libertés et outrageaient nos femmes ? Ou qu'ils étaient "trop nombreux" dans nos équipes de foot ? Exactement comme on disait naguère des juifs et des "métèques" que par eux la France éternelle était menacée de mort.

Il y a eu, certes, l'apparition de groupuscules fascistes se réclamant de l'islam. Mais il y a tout aussi bien eu des mouvements fascistes se réclamant de l'Occident et du Christ-roi. Cela n'empêche aucun intellectuel islamophobe de vanter à tout bout de champ notre supérieure identité "occidentale" et de parvenir à loger nos admirables "racines chrétiennes" dans le culte d'une laïcité dont Marine Le Pen, devenue une des plus acharnées pratiquantes de ce culte, révèle enfin de quel bois politique il se chauffe.

En vérité, ce sont des intellectuels qui ont inventé la violence antipopulaire, singulièrement dirigée contre les jeunes des grandes villes, qui est le vrai secret de l'islamophobie. Et ce sont les gouvernements, incapables de bâtir une société de paix civile et de justice, qui ont livré les étrangers, et d'abord les ouvriers arabes et leurs familles, en pâture à des clientèles électorales désorientées et craintives. Comme toujours, l'idée, fût-elle criminelle, précède le pouvoir, qui à son tour façonne l'opinion dont il a besoin. L'intellectuel, fût-il déplorable, précède le ministre, qui construit ses suiveurs.

Le livre, fût-il à jeter, vient avant l'image propagandiste, laquelle égare au lieu d'instruire. Et trente ans de patients efforts dans l'écriture, l'invective et la compétition électorale sans idée trouvent leur sinistre récompense dans les consciences fatiguées comme dans le vote moutonnier.

Honte aux gouvernements successifs, qui ont tous rivalisé sur les thèmes conjoints de la sécurité et du "problème immigré", pour que ne soit pas trop visible qu'ils servaient avant tout les intérêts de l'oligarchie économique ! Honte aux intellectuels du néo-racialisme et du nationalisme bouché, qui ont patiemment recouvert le vide laissé dans le peuple par la provisoire éclipse de l'hypothèse communiste d'un manteau d'inepties sur le péril islamique et la ruine de nos "valeurs" !

Ce sont eux qui doivent aujourd'hui rendre des comptes sur l'ascension d'un fascisme rampant dont ils ont encouragé sans relâche le développement mental."

Né en 1937, professeur de philosophie à l'Ecole normale supérieure, Alain Badiou articule pensée formelle et récit littéraire, argumentation conceptuelle et intervention politique

Alain Badiou, philosophe, dramaturge et écrivain

lire aussi http://www.humanite.fr/politique/bernard-stiegler-le-front-national-prospere-dans-l-526499

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16 mai 2014 5 16 /05 /mai /2014 15:07
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15 mai 2014 4 15 /05 /mai /2014 14:19

 

Débats et controverses

Front de gauche : l'adhésion directe est-elle souhaitable, nécessaire ou inopportune ? Par Jean Rabaté

Crise de la politique, Front de gauche et élections européennes : et maintenant ?

Jean Rabaté

Lundi, 12 Mai, 2014

Par son intervention dans l’Humanité du 6 mai, Brigitte Donnet invite à « se mettre au service de la transformation ». Transformer quoi, pour en faire quoi ? L’absence de réponse précise dans le développement qui suit ce titre autorise toutes les interrogations, suppositions, voire suspicions (qui ne manquent pas, si j’en juge par « Facebook » ou autres sites d’internet). S’agirait-il de transformer le Front de Gauche en parti? La proposition clairement exprimée (permettre les adhésions directes au Front de Gauche) conduit à le penser. Qu’on le veuille ou non l’adhésion directe conduira en effet inévitablement à la création d’une nouvelle structure; ne serait-ce que pour comptabiliser les adhérents, désigner ou élire leurs représentants aux comités de coordination locaux, régionaux ou national, gérer les problèmes financiers, etc.. Est-ce souhaitable, et d’abord est-ce nécessaire (1) ?
Selon Brigitte « seule une adhésion (directe) » permettrait à « toutes les énergies qui voudraient se mobiliser avec le Front de gauche » de se voir reconnaitre « un pouvoir de décision et de choix à part entière ». Dans l’état actuel des choses rien ni personne n’empêche quiconque le souhaite de participer aux réflexions, prises de décisions et actions du Front de Gauche là où il existe, au cours d’ «ateliers, assemblées ou autres » (un peu vite expédiés par Brigitte…). Les exemples ne manquent pas pour le confirmer. En bien des villes ou quartiers des citoyen(ne)s «non encarté(e)s » (vilaine expression !) n’ont-ils pas participé activement à l’élaboration des programmes municipaux et à la campagne électorale ? Au plan régional et national peut-il en être de même ? Bien sûr ! Deux exemples me viennent immédiatement à l’esprit. En Corse, Maria Guidicelli n’appartient à aucune formation politique. C’est pourtant elle qui a été choisie par le Front de Gauche pour le représenter au sein de l’exécutif régional. Même ses adversaires politiques reconnaissent la qualité de son travail appelant souvent « décision et choix ». Marie-Christine Vergiat n’adhère pas davantage à l’un des partis du Front de Gauche. Elle le représente pourtant avec bonheur à l’Assemblée européenne. Elle pourra continuer à assurer ses responsabilités de député grâce, ne l’oublions pas, au parti communiste qui contrairement à d’autres a souhaité et permis sa prochaine réélection. « Deux hirondelles ne font pas le printemps » me dira-t-on peut-être. Je ne doute pas qu’il en est bien d’autres à qui ont été aussi reconnus « un rôle et une place ». En nombre encore insuffisant ? Certainement, mais pour des raisons qui ne tiennent ni d’abord, ni surtout à la seule possibilité ou non d’adhésions directes.

A défaut d’être nécessaires, celles-ci sont-elles souhaitables ? Pour les raisons déjà évoquées, elles conduiraient tôt ou tard selon moi à la formation d’un nouveau parti. Or, la création du Front de Gauche est née de la nécessité absolu de rassembler le plus largement possible hommes et femmes se réclamant de la gauche, dans le but de créer le rapport des forces nécessaire pour en finir avec la politique , et en engager une autre garante de justice sociale, démocratie , liberté et paix. Ce rassemblement s’est réalisé sur la base d’orientations choisies en commun par ses différentes composantes, et concrétisées sous le générique « l’Humain d’abord ». Aucune formation politique fondatrice n’y trouve l’intégralité de son propre programme. Participer au Front de Gauche n’est donc pas se rallier à toutes les idées de telle ou telle d’entre elles. Cette liberté de penser et d’agir, jointe à la liberté laissée à chacun d’adhérer ou nom à une formation politique - partie prenante ou non du Front de Gauche , le choix est déjà large !- fait la force du rassemblement nécessaire. Sa transformation en parti entrant, de fait, en «concurrence » avec ceux existant, n’aiderait nullement - au contraire- à surmonter les divergences pouvant exister ou surgir. Elle signerait très probablement la fin du Front de Gauche en tant que facteur du large rassemblement plus que jamais nécessaire.
« Nous avions commencé à créer du neuf, continuons. » écrit, pour conclure, Brigitte à l’appui de sa (seule) proposition concrète. Entièrement d’accord, dressons ensemble un bilan des premières années d’existence du Front de Gauche. Actualisons et précisons sur cette base ses objectifs, sa stratégie, ses propositions, son fonctionnement, sa médiatisation et ses actions. Dans le même élan, pour ce qui concerne les communistes, renforçons notre parti sans lequel le Front de Gauche ne serait ni ce qu’il est, ni ce qu’il ambitionne de devenir. Ainsi pourrons nous espérer en faire le rendez-vous de toutes les femmes et tous les hommes qui se reconnaissent dans notre projet commun « l’Humain d’abord ».

(1) Proposer la possibilité d’adhésions directes à un rassemblement se voulant de masse n’a rien de sacrilège. Ni de nouveau. Le débat a eu lieu en… I932, au sein du mouvement Amsterdam-Pleyel contre la guerre et le fascisme. L’un de ses fondateurs Henri Barbusse précisait à ce propos : « Nous ne sommes ni une association, ni une ligue, ni une organisation ressemblant en quoi que ce soit à un parti (…) mais bien un mouvement (…) Aucune carte d’adhérent ne sera établie. Nous constituons un mouvement et non une ligue… » . Certes les conditions sont différentes, et le passé « ne peut pas être notre lanterne, ni comme modèle de société ni comme modèle de parti ou d’alliances politiques ». Reste qu’il peut participer à rechercher la bonne voie. Peut-être ne serait-il pas inutile de se pencher sur l’histoire d’Amsterdam-Pleyel, du Front Populaire, de la création, du vécu, du rôle de leurs comités de base. Pour s’en inspirer ou éviter des erreurs, sans craindre d’être soupçonné de céder à l’analogie et à la nostalgie.

 

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BRUNO FORNACIARI

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