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6 mai 2012 7 06 /05 /mai /2012 23:17

 

Présidentielle, législatives, même combat - Interview de Roland Muzeau

 

Un fort groupe Front de gauche demain à l’Assemblée est essentiel pour assurer le changement. Entretien avec Roland Muzeau, député communiste des Hauts-de-Seine, porte-parole des députés Front de gauche.

 

COMMENT S’ARTICULENT LES DEUX CAMPAGNES : PRÉSIDENTIELLE ET LÉGISLATIVES ?


ROLAND MUZEAU : Ces deux élections sont indissociables, et plus encore depuis leur inversion sous le gouvernement Jospin, ce qui présidentialise à outrance le débatpolitique. A cet égard, notre exigence pour une VIe République commence à être entendue et partagée. 

 

Notre candidat, le Front de gauche élargi et les communistes sont pleinement dans la bataille. Nous avons « enfoncé les lignes », nous démontrons chaque jour un peu plus qu’il est possible de mettre à bas tous les dogmes libéraux assénés depuis des décennies comme des « vérités » incontournables. Nous faisons la démonstration de ce qui distingue la notion d’alternance de celle d’alternative politique, sociale, économique et environnementale.

C’est à cette alternative que les Français aspirent. 

 

A cet égard, nos propositions et les exigences citoyennes s’imposent dans le débat, nos adversaires et concurrents sont contraints d’évoquer le scandale des richesses qui s’accumulent d’un côté, et de l’autre les inégalités qui progressent.

 

Mais tous s’arrêtent aux discours. Nous, nous formulons des exigences et exposons les moyens pour satisfaire une nouvelle répartition des richesses entre le capital et le travail

 

COMMENT LES CANDIDATS AUX LÉGISLATIVES PEUVENT S’IMPLIQUER DÈS À PRÉSENT DANS LA CAMPAGNE ?


R. M. : Ils doivent, comme ils le font d’ailleurs, porter la question du changement. C’est la même campagne, celle des contenus. Nos candidats doivent poursuivre le travail de « pédagogie politique » que le Front de gauche a imposé dans le débat.

Nos concitoyens apprécient que l’on s’adresse à eux en leur parlant autrement, plutôt que de les considérer comme de simples bulletins de vote. Notre pays a payé cher l’abrutissement et le bourrage de crâne. Du national au local, le fil est le même quand il s’agit d’emploi, de santé, d’éducation, de logement, d’environnement, de discrimination…

 

POURQUOI LA QUESTION D’UN GROUPE FRONT DE GAUCHE RENFORCÉ À L’ASSEMBLÉE NATIONALE EST ESSENTIELLE ?


R. M. : Les députés communistes, républicains, citoyens et Parti de gauche ont fait un énorme travail pendant ce quinquennat. Sur toutes les questions fondamentales, ils ont été les seuls à se positionner clairement.

 

Sur les retraites, notre position a été remarquée tant elle affirmait l’exigence et les moyens d’une retraite à 60 ans, à taux plein, sans rallongement de la durée de cotisation, avec la reconnaissance de la pénibilité.

 

Sur la fiscalité, les salaires, le Smic et tant d’autres sujets, nous étions déjà dans ce qui fonde notre campagne : l’humain d’abord.

 

Toutes ces questions demeurent après la présidentielle. Les salariés et les classes populaires auront besoin que l’on change les lois ; que l’on abroge quantité de textes qui ont brisé notre modèle social et la cohésion nationale.

Sur qui peuvent-ils espérer compter vraiment pendant ces cinq prochaines années ? Un groupe renforcé de députés Front de gauche sera pour eux une garantie de ne pas céder aux marchés financiers et aux agences de notation.

Regardons ce qui s’est passé sur le vote au Parlement concernant le traité MES (mécanisme européen de stabilité). La droite et les centristes ont voté pour et le PS s’est abstenu. Le Front de gauche a voté contre.

 

Une majorité de gauche à l’Assemblée nationale doit comprendre beaucoup de députés Front de gauche. Une hégémonie du PS conduirait à réduire la portée du changement et porterait sans nul doute le risque d’une moindre résistance à la puissance des marchés. Le peuple français a besoin que son avis soit respecté, que sa volonté d’une autre politique prenne réalité. Le Front de gauche et ses députés porteront cette alternative politique et l’humain d’abord.

 

Nous ne lâcherons rien.

 

 

Propos recueillis par Gérard Streiff

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6 mai 2012 7 06 /05 /mai /2012 22:50

- le 6 Mai 2012

Le soulagement, le défi et l’espérance

Par Patrick Apel-Muller

 

A 20 heures, une majorité de Français a lâché un ouf! de soulagement.  Ni les diversions ni les compromissions  n’ont changé la donne au second tour. La «vague» que sentait Nicolas Sarkozy n’était pas de celle qu’on apprivoise en surfant sur les haines mais d’une force à balayer les pouvoirs en place.


Le résultat de cette élection présidentielle est d’abord la sanction d’une politique ultra-libérale, anti-sociale et autoritaire, d’une complicité proclamée entre l’oligarchie et l’Elysée. Le président des riches a entrepris de mettre le pays à leur service, en jugeant que la crise créait un état de choc propice à briser les résistances, exalter les craintes et remettre au goût du jour les idéologies les plus réactionnaires.

 

Pour cela, il avait recruté quelques idéologues dans la mouvance d’extrême-droite et donné le sens de sa campagne dans un entretien au Figaro Magazine à la mi-février. A reprendre en boucles les thématiques du FN, il leur a donné un crédit qui a au contraire renforcé le vote Le Pen au premier tour et qui n’a pas rassemblé suffisamment au second. Le président sorti  laisse à droite un paysage inquiétant où une partie de ses troupes parie sur un concubinage voire un mariage avec l’extrême-droite.

La victoire de François Hollande est un non net et sans bavure à cinq  ans de sarkozysme. Elle est aussi l’indice d’une puissante aspiration au changement, à un autre partage des richesses, à l’égalité qui déborde bien au-delà des rangs des électeurs du Front de gauche. Les uns et les autres ont désormais la possibilité d’agir efficacement pour échapper à l’austérité que le tandem Sarkozy-Merkel entendait imposer à l’Europe et pour pousser le nouveau gouvernement à adopter les mesures de justice que réclament les urgences sociales.

 

Un nouveau rapport de force se dégage du suffrage universel et du score large recueilli par le candidat de gauche qui affaiblissent les maîtres des marchés financiers. Une brèche s’entrouvre dans le mur de l’argent. Si la formidable campagne du Front de gauche trouve des prolongements dans l’élection de nombreux députés lors des législatives de juin, il sera possible de résister aux offensives de la droite et fortifier un mouvement populaire qui devra se faire entendre puissamment. Ainsi ferons-nous peser la balance en faveur d’une politique franchement à gauche. Les Français ne seront pas isolés en Europe. Les élections grecques ont vu hier la gauche combative faire un véritable bond en avant, devenant la deuxième force du pays. D’autres élections suivront...

 

Pour les électeurs de gauche, la soirée de dimanche est celle d’une fête populaire, d’une joie de voir le pays repousser les discours xénophobes et les sorties aux relents pétainistes qui avaient marqué la campagne de Nicolas Sarkozy, particulièrement dans l’entre-deux tours. Mais elle était aussi le théâtre où s’exprimait une espérance qui ne doit pas être déçue ou fourvoyée. L’histoire doit perdre «les semelles de plomb» dont les milieux dirigeants l’avaient affublé ces dernières années. «Pas de faiblesse, pas d’équivoque, pas de paresse intellectuelle», enjoignait Jean Jaurès. C’est un défi qu’il est impératif de relever.

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6 mai 2012 7 06 /05 /mai /2012 06:40

Législatives : Jean-Luc Mélenchon ne sait où aller

LE MONDE | 05.05.2012 à 14h07 • Mis à jour le 05.05.2012 à 15h55

 
Jean-Luc Mélenchon depuis le balcon de son QG de campagne aux Lilas le 23 avril.

"Je participerai peut-être à cette bataille des législatives si on en décide, que ce soit à Paris ou à Marseille." Vendredi 4 mai, devant une place Stalingrad bondée lors d'un meeting parisien destiné à mobiliser contre Nicolas Sarkozy, Jean-Luc Mélenchon a entretenu le suspense sur son avenir.

 

Comment rebondir après ses 11,10 % des voix à la présidentielle ? Une performance pour le Front de gauche (FG), mais qui ne lui permet pas de peser sur le PS comme il l'aurait souhaité. Lui assure que rien n'est encore décidé même s'il se verrait bien en VRP du Front de gauche. "Ce qui m'intéresse fondamentalement, c'est cette tâche politique qui m'a été confiée pendant cette élection. Comment continue-t-on à la faire vivre ?", soulignait-il, jeudi, à Troyes.

 

Ses partenaires ont quasiment tous exprimé titre personnel" leur souhait de le voir député. Il dit que "ça ne l'obsède pas" mais reconnaît que ce n'est pas gagné. "La vérité est qu'on est partout derrière le PS, il faut donc réussir à monter la marche", juge-t-il. En se lançant dans la bataille ? "Tout le monde veut que je sois député. Très bien, mais où ?", répond-il. C'est toute la question. Depuis qu'il a quitté l'Essonne qui l'avait fait sénateur, il n'a plus de fief. Or, les circonscriptions jugées gagnables ne sont pas légion pour le FG.

PARI RISQUÉ

Dans l'accord national entre les formations, c'est le Parti communiste qui a raflé la mise sur les législatives. Et qui compte bien en profiter. Un cadre du PCF assure même que "ça ne rendrait pas service" à M. Mélenchon de rejoindre les bancs de l'Assemblée. "Il y a des tas de votes sur lesquels cela risque d'être bancal. Il serait obligé de choisir : soit s'aligner, au risque d'en sortir affaibli, soit voter contre, au risque que le groupe apparaisse désuni", ajoute cet élu.

 

On l'a souvent annoncé dans le Val-de-Marne. "Je n'irai pas, a-t-il répété jeudi. Je n'ai pas quitté l'Essonne pour le Val-de-Marne !" La 6e circonscription de Paris (11e et 20e arrondissements) a longtemps fait figure de favorite. Même s'il y a fait de bons scores à la présidentielle, affronter la patronne des écologistes Cécile Duflot, soutenue par le PS, demeure risqué. Marseille, Aubagne ou Gardanne ont aussi été évoquées. Dans les deux dernières existe un risque FN. Elles pourraient faire l'objet d'un accord avec le PS et les écologistes.

 

"Si c'est pour aller taper un FN, pourquoi pas", glisse le député européen, avec les précautions d'usage sur son autonomie vis-à-vis du PS. Mais il faudrait que les candidats PCF locaux lui cèdent la place. Finalement, rester député européen pourrait ne pas présenter que des désavantages. "Depuis le début, je dis que le mieux, c'est d'être là où le suffrage universel vous a placé", juge-t-il. Même son bras droit, François Delapierre, estimait cette semaine que M.Mélenchon "n'a pas besoin d'une tribune à Paris. (...) Jean-Luc a changé de stature". Réponse lundi 7mai, où la question devrait être tranchée.p Raphaëlle Besse Desmoulières

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5 mai 2012 6 05 /05 /mai /2012 16:30

le 4 Mai 2012

Présidentielle

Le second tour de la présidentielle débute ce samedi midi avec le vote des Français résidant en Asie-Pacifique. Après le débat de mercredi soir qui a tourné à l’avantage du candidat socialiste, les électeurs de gauche et de nombreux démocrates placent leurs espoirs dans sa victoire, dimanche. Le début d’une reconquête à poursuivre aux législatives. 


François Hollande est confiant dans l’issue de l’élection de dimanche, même s’il prend garde à ne pas le répéter sur tous les tons. Les électeurs de gauche dans leur diversité et de nombreux démocrates le sont aussi, tant le moment n’a jamais été aussi prêt de tirer un trait sur la présidence Sarkozy, dont les cinq années leur ont paru une éternité. Mais, tout comme le candidat de la gauche, ils observent une réserve sereine mais prudente, attentifs à ne pas triompher avant d’avoir vaincu. Les déconvenues nombreuses de la gauche à l’élection présidentielle leur rappellent que rien n’est acquis d’avance, et que leur mobilisation sera la clé de la victoire.

 

La pugnacité de Hollande

Le débat de mercredi soir a sonné le glas de l’un des seuls arguments qui restaient à Nicolas Sarkozy pour faire la différence avec son adversaire : celui de l’inexpérience supposée du candidat socialiste qui ne lui résisterait pas dans la joute verbale sur les grands dossiers du pays. Il n’en a rien été, au contraire. Même si le débat de l’entre-deux-tours ne devrait pas déplacer significativement les grandes lignes du rapport de forces, désormais solidement établies par les résultats du premier tour et des sondages invariablement favorables au candidat de gauche, il a démontré les qualités de pugnacité de François Hollande face à un Nicolas Sarkozy poussé dans ses retranchements sur la défense de son bilan calamiteux, une dimension qu’il a essayé de fuir durant toute la campagne. La droite a vu de l’« arrogance » de la part du candidat socialiste, manière de ne pas reconnaître l’ascendant pris par ce dernier durant la confrontation.

 

1 défaire Sarkozy, 2 mener le combat des législatives

La victoire attendue le 6 mai ne sonnera pas encore l’heure du changement espéré dans les cercles de plus en plus large des électeurs qui en appellent à une rupture franche, nette, avec la domination capitaliste. Ces électeurs se sont retrouvés dans le vote en faveur de Jean-Luc Mélenchon au premier tour de l’élection présidentielle ou ont hésité jusqu’au dernier moment avec le bulletin Hollande. Pour eux, la bataille pour mettre les exigences de gauche au premier plan continuera avec le scrutin législatif. Mais ils savent que, pour lui donner sa pleine efficacité, cela passe nécessairement par la défaite de Sarkozy et l’élection de François Hollande à l’Élysée, dimanche.

 

1. Une brèche possible dans l’axe d’austérité Sarkozy-Merkel

Le pacte de stabilité mis en place par Sarkozy-Merkel est dangereux pour l’avenir de l’Europe sociale. Ses objectifs : instaurer la règle d’or puis, via le mécanisme européen de stabilité, l’imposer à chaque pays, et pratiquer des coupes drastiques dans les dépenses publiques pour résorber les déficits. François Hollande s’est engagé à « renégocier » ce pacte « car personne ne peut imaginer que si la croissance n’est pas là, les objectifs posés par ce pacte pourront être atteints ». Sans conteste, la défaite de Nicolas Sarkozy, même si François Hollande ne va pas jusqu’à remettre en cause les objectifs de ce pacte, mettrait à bas l’axe Sarkozy-Merkel et ouvrirait une brèche en Europe pour que les peuples exigent une autre construction européenne.

 

2. En finir avec le président des riches

Jamais un quinquennat n’aura été autant marqué par l’explosion des inégalités. Après cinq ans de cadeaux aux plus riches, François Hollande affiche vouloir en finir avec la présidence du Fouquet’s. Même si son programme est loin de répondre à toutes les urgences sociales et à la nécessaire redistribution des richesses, il défend une réforme fiscale « qui refera de l’impôt le pilier de la redistribution : un impôt juste, progressif et citoyen ». Le candidat socialiste propose notamment de supprimer « les niches fiscales qui ne servent pas l’emploi » et limiter les autres à des avantages fiscaux de 10 000 euros par ménage et par an. Alors que la question des salaires aura été la grande absente des discours de François Hollande, celui-ci a commencé à évoquer la possibilité d’un « coup de pouce » à la revalorisation du Smic s’il est élu.

 

3. Bannir la centralisation 
de tous les pouvoirs

Le quinquennat s’est caractérisé par une centralisation à l’extrême des pouvoirs entre les mains de Sarkozy. Le premier ministre était un « collaborateur », le Parlement aux ordres, les collectivités locales mises sous contrôle. François Hollande a déclaré vouloir « être un président qui ne veut pas être un président qui décide de tout, chef de tout et en définitive responsable de rien ». La défaite de Sarkozy peut-être ainsi un coup d’arrêt à la présidentialisation du régime. Cela demandera, demain, de donner plus de pouvoir d’initiative au Parlement, de ne pas simplement abroger une partie de la réforme des collectivités territoriales mais sa totalité et, plus globalement, comme le propose le Front de gauche, d’aller vers une VIe République.

4. Arrêter les surenchères 
avec l’extrême droite

« Je ne fais pas le siège de l’extrême droite, je n’essaie pas de prendre des thèmes, des mots, des phrases. » François Hollande a été clair, mercredi matin, sur BFMTV : élu président, il retendrait le cordon sanitaire qui a toujours existé avant Nicolas Sarkozy entre partis républicains et Front national. Après des années de drague éhontée des électeurs frontistes, conclues dans un apogée qui a vu, il y a quelques jours, l’actuel président de la République se prononcer pour la « préférence nationale », les digues sont à reconstruire. Car si la droite a longtemps prétendu que le FN posait les bonnes questions, elle n’hésite plus aujourd’hui à lui emprunter ses solutions. Le retour d’une gauche qui replacerait les idéaux de solidarité et de fraternité au cœur de la société permettrait de reprendre la bataille idéologique dominée par la droite extrême.

 

5. Vers une nouvelle 
démocratie sociale ?

« Sur les retraites, par exemple, il y a eu des manifestations, des protestations, mais la réforme, sans drame et surtout sans violence, a pu être adoptée et appliquée », telle est la conception du dialogue social de Nicolas Sarkozy. En cas de « blocage », le candidat UMP a annoncé qu’il passerait outre les « corps intermédiaires », fustigeant une nouvelle fois les syndicats le 1er Mai. François Hollande défend une autre conception. Même si son programme concède peu de nouveaux pouvoirs aux salariés dans l’entreprise (droit à des représentants dans les conseils d’administration et dans les comités de rémunération), le candidat socialiste s’est engagé à réunir « dès l’été 2012, une grande conférence économique et sociale », ce qui, au passage, le dispense de trop s’avancer en matière sociale. Il entend mener une « concertation » avec les partenaires sociaux avant tout examen d’une loi les concernant. Avec modification de la Constitution à la clé « pour qu’elle reconnaisse et garantisse cette nouvelle forme de démocratie sociale ».

 

6. Rassembler le peuple français

« Pendant trop d’années, les Français ont été opposés, systématiquement, les uns par rapport aux autres, divisés et donc je veux les réunir, car je considère que c’est de toutes les forces de la France dont nous avons besoin. » C’est le pendant de la bataille idéologique contre la droite et son extrême, dont les thèses se confondent désormais. En appliquant comme seule solution aux problèmes du chômage, du logement, du pouvoir d’achat, que la recherche de boucs émissaires, Nicolas Sarkozy a profondément fracturé la société : Français, riches d’un côté, immigrés, profiteurs du système de l’autre… Même le 1er mai a fait l’objet d’une véritable guerre de tranchées intellectuelle, dans laquelle il fallait se positionner dans le camp du « vrai travail », inspiré de Pétain, ou « derrière les drapeaux rouges de la CGT ».

7. Rompre 
avec l’atlantisme

Les questions internationales n’ont pas été au cœur de la campagne. Les candidats se sont très peu exprimés sur le sujet. Si l’on connaît bien la vision de Sarkozy, qui, reprenant à son compte les mots du Pr Huntington, père de la théorie du choc des civilisations, avait expliqué en 2007 qu’il voulait que la France rejoigne la « famille occidentale » – c’est-à-dire le camp de l’Otan sous le leadership des États-Unis –, François Hollande en a moins dit. On sait cependant qu’il s’est prononcé pour le retrait total des troupes d’Afghanistan dès la fin de l’année, ou encore pour la reconnaissance de l’État palestinien. En 2008 il s’était aussi déclaré hostile au retour de la France dans le commandement intégré de l’Otan.

 

8. Reprendre l’offensive 
sur les conquêtes sociales

C’était l’objectif du quinquennat sarkozyste : « défaire méthodiquement » tous les acquis sociaux issus du CNR. Réforme des retraites, remise en cause de la Sécurité sociale, droit de grève. La liste est longue des attaques du gouvernement Fillon contre les acquis sociaux. François Hollande prévoit un retour à la retraite à 60 ans pour les Français qui ont cotisé 41 ans. Et affirme qu’il ouvrira cependant au cours de sa première année à l’Élysée « une négociation globale » pour se diriger vers un système « à la carte », dans lequel les départs à la retraite seront modulés en fonction, notamment, de la pénibilité des métiers. Sur le système de santé, il propose une sécurisation de l’accès aux soins pour tous les Français, en supprimant notamment le droit d’entrée dans le dispositif de l’aide médicale d’État.

 

9. Après le 6 mai 
l’enjeu, la composition 
de la future Assemblée nationale

La défaite de Sarkozy et la victoire de Hollande est la première condition indispensable, mais pas suffisante, pour la mise en œuvre d’une politique de gauche. C’est le Parlement qui vote les lois, qui devra traduire la réalité du changement. Les élections législatives de juin seront donc décisives pour élire une majorité de gauche. Mais de la composition de cette majorité dépendra la nature et même l’ampleur des changements. En effet, entre le candidat du PS, qui préconise l’alternance, le changement sans rupture, et le Front de gauche qui porte une alternative et des propositions rompant avec le système actuel, les différences sont importantes. Le contenu de la politique de la future majorité de gauche sera déterminé, pour une large part, par la le nombre de députés du Front de gauche.

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5 mai 2012 6 05 /05 /mai /2012 16:23
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5 mai 2012 6 05 /05 /mai /2012 12:10

 

Politiques Hier à 14h59

Malika Salim a posté ce matin un message qu'elle s'est empressée d'effacer.

Par JONATHAN BOUCHET-PETERSEN

Conseillère municipale (UMP) à Choisy-le-Roi et suppléante de Thierry Hebbrecht aux prochaines législatives, Malika Salim a posté ce matin un tweet dans lequel elle s'adresse ainsi aux électeurs qui la suivent: «Si vous voulez que nos villes deviennent Bamako-sur-Seine et Ghaza-sur-Marne, votez pour Hollande». Une allusion tout en légèreté à la proposition du candidat socialiste d'accorder aux étrangers non communautaires le droit de vote aux élections municipales. Et un tweet en droite ligne avec les propos du candidat Sarkozy diabolisant le risque d'émergence d'un «vote communautaire».

Devant les réactions outrées de nombreux twittos, Malika Salim n'a pas tardé à rétropédaler et à s'excuser, sans oublier d'effacer le tweet incriminé. Celui-ci n'apparaît donc plus sur son compte, mais de vigilants internautes (le collectif Bonjour la droite) avaient fait une capture d'écran de ses propos.

Déjà le 29 avril, l'élue UMP avait eu ce tweet peu républicain faisant écho au concept sarkozyen du «musulman d'apparence»:

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5 mai 2012 6 05 /05 /mai /2012 08:19

 

 

  04/05/2012 à 20h17

Législatives : les candidatures EELV invalidées par la justice

Sophie Verney-Caillat | Journaliste Rue89
 

Eva Joly, François Hollande et Cécile Duflot après un meeting, le 27 avril 2012 à Limoges (Fred Dufour/AFP)

« Le conseil fédéral a outrepassé ses pouvoirs, il devra établir un nouveau scénario des candidatures aux législatives de juin 2012. » Par ces mots, Europe Ecologie - Les Verts a été condamné par le tribunal de grande instance de Paris à revoter les investitures dans les circonscriptions réservées « union de la gauche ». Ce référé, rendu ce vendredi 4 mai, et que Rue89 a pu consulter, est une mini-bombe dans le fonctionnement interne du parti. Le juge écrit :

« Le courant Envie a obtenu plus du quart des voix lors des élections organisées en novembre et décembre 2011 et le conseil fédéral ne leur a accordé qu’un sixième des investitures. »

Philippe Meirieu, le président du bureau exécutif du parti, a reconnu que ce jugement était « une vraie difficulté » et nous dit qu’il « voit mal comment échapper à un nouveau vote du conseil fédéral ».

Nouveau vote probable lundi

Justement, cette instance, qui est le parlement du parti, se réunit lundi au lendemain de l’élection du nouveau président de la République. L’ordre du jour, initialement consacré à la participation au gouvernement, sera donc logiquement chamboulé.

Sur les 63 circonscriptions réservées « union de la gauche », on estime qu’une vingtaine sont gagnables. Or, le courant Maintenant, mené par Cécile Duflot, s’en est attribué plus que son poids réel mesuré lors d’un vote en novembre dernier.

Parmi les dix-sept personnes qui ont saisi la justice en leur nom propre (et non au nom de leur courant), Silvain Pastor, militant dans le Gard depuis quinze ans et qui n’a pas été investi aux législatives, nous explique sa démarche :

« On avait prévenu la direction que s’ils nous écrasaient, cette fois on ne se laisserait pas faire. C’est un abus de pouvoir délibéré, du clientélisme de la part d’une direction qui a trop promis de postes à trop de gens et qui, du coup, est obligée d’écraser les minorités pour récompenser les fidélités. »

Le courant Envie, à la gauche du parti, s’était opposé à l’accord avec le parti socialiste. Ce qui ne l’empêche pas de vouloir présenter des candidats à hauteur de son poids dans le parti.

 

QUE SE PASSE-I-IL DANS LA 3E CIRCONSCIPTION DES DEUX-SEVRES?

 

 

FAUDRA-T-IL EN PASSER AUSSI PAR LA JUSTICE POUR FAIRE RESPECTER LES ACCORD NATIONAUX SIGNES PAR LES PARTENAIRES DU FRONT DE GAUCHE CONCERNANT LES INVESTITURES DE LA 3e CIRCONSCRIPTION ATTRIBUEES AU PCF, CONTESTES PAR L'ASSEMBLEE CITOYENNE QUI PRESENTE SES PROPRES CANDIDATS AU NOM DU FRONT DE GAUCHE

 

LA QUESTION EST POSEE A LA DIRECTION NATIONALE DU PCF

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5 mai 2012 6 05 /05 /mai /2012 02:22

Gérard Longuet

  - le 4 Mai 2012

Lapsus de Gérard Longuet: «Nous, au Front national»

Gérard Longuet au Front national. C'est fait si l'on en croit son inconscient qui a parlé pour lui. Ce matin, sur RFI, la langue du ministre de la Défense a fourché. «Pour nous, au Front national», a t'il commencé l'une de ses phrases, avant de se reprendre, "euh, pour eux, au Front national."


Ce lapsus confirme bien le rapprochement de l'UMP avec le FN qu'a appelé de ses voeux cet ancien militant du mouvement d'extrême-droite Occident dans un entretien à Minute en début de semaine.

 

Invité sur RFI, Gérard Longuet a d'abord dit ne pas comprendre pourquoi ses propos à l'hebdomadaire Minute avaient provoqué un tel tollé, répétant que la présidente du FN avait un « comportement différent » de celui de son père. « La question se pose à la gauche, comme à la droite: comment gérer une relation avec un parti qui a la tentation de se banaliser », a-t-il ensuite demandé. Le ministre a enchaîné « pour nous, au FN ... », avant de se reprendre : « euh pour eux, au FN, c'est un vrai problème, car s'ils sont moyens, ils vont disparaître »

 

"Relation différente avec le FN"

Militant de l'extrême droite dans sa jeunesse, Gérard Longuet a souligné à nouveau que Marine Le Pen « n'a pas jalonné son parcours de provocations », ce qui rend « pour la droite, et pour la gauche, la relation avec le FN différente. » « Lorsque vous avez une femme politique, dont je ne partage pas les solutions et les analyses, qui se comporte d'une façon à peu près respectueuse d'une sorte de morale commune, c'est un peu plus compliqué », a expliqué le ministre d'Etat.

Longuet déçu par Bayrou. Estimant qu'une victoire de Nicolas Sarkozy dimanche était une « absolue nécessité », Gérard Longuet s'est dit par ailleurs, sur RFI, déçu de la position de François Bayrou, qui a décidé de voter pour le socialiste François Hollande, le ministre a déclaré à propos du centriste. "Il a gâché un capital, le centre, dont la France a besoin pour être une démocratie équilibrée (...) La vérité, c'est que c'est une triste fin solitaire".

 

L'intervention de Gérard Longuet sur RFI

Marie Deschamps

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5 mai 2012 6 05 /05 /mai /2012 02:13

Le 6 mai, ensemble contre Sarkozy, appelons à utiliser le bulletin Hollande

Le 22 avril dernier, vous vous êtes déplacé et avez exprimé une défiance sans précédent à un président en exercice. Cette première victoire est celle de toutes celles et ceux qui ont été exclus, broyés, méprisés par un pouvoir qui dès le lendemain de son avènement a affiché son vrai visage. En allant fêter sa victoire au Fouquet’s avec les élites financières de ce pays, Nicolas Sarkozy montrait sa véritable ambition: gouverner pour les plus riches, servir les intérêts privés. Ce cap qu’il s’est fixé ne s’est plus démenti depuis: il a augmenté tous les impôts les plus inégalitaires, puisque non progressifs (TVA, CSG, CRDS), et créé plus de 30 nouvelles taxes (sur les mutuelles par exemple) tandis qu’il baissait tous les impôts des plus riches, multipliait les niches fiscales et dilapidait l’argent du contribuable.

 

Il a aussi entrepris activement de détruire les services publics, seul garant, pour toutes et tous de réponse à des besoins fondamentaux. Il s’est même vanté d’avoir supprimé 150.000 postes de fonctionnaires!

 

Culpabilisant et stigmatisant les plus faibles, faisant la promotion de l’individualisme, Nicolas Sarkozy nous propose pour seul projet de société la stigmatisation des étrangers, des chômeurs, des journalistes ou des syndicats.

 

Cette France qui divise, qui met au ban, qui pointe du doigt n’est pas la nôtre.

 

Cette campagne présidentielle a remis à l’honneur les manifestations politiques et républicaines, a remobilisé beaucoup de ceux qui se sentaient abandonnés. Ce mouvement doit continuer et s’amplifier, car la démocratie n’est pas qu’un rendez-vous quinquennal, elle ne survit que par la vigilance quotidienne et la conscience éclairée des citoyens, et c’est seulement à ce prix que le peuple fera respecter l’intérêt général.

 

Le 6 mai ne doit pas être vu comme un aboutissement, mais plutôt comme le début du rétablissement de la morale politique et d’une réelle transformation de la redistribution des richesses produites.

 

Nous voulons, nous, de vraies propositions pour combattre le seul véritable ennemi, le monde de la finance. Nous voulons des réponses aux problèmes du quotidien de millions de français: augmentation des loyers, du prix de l’essence, précarisation du travail et hausse du chômage, difficultés grandissantes d’accès aux soins...

 

Ces réponses existent et sont attendues, comme la promotion des valeurs du progrès social, de la solidarité, de la transition écologique.

 

Pour cela, nous appelons à battre Nicolas Sarkozy en utilisant le bulletin François Hollande le 6 Mai prochain.


Puis, avec le programme du Front de gauche, L'humain d'abord, nous allons mener la campagne des législatives pour élire de nombreux députés du Front de gauche ; des femmes et des hommes utiles pour soutenir nos exigences, pour proposer et faire voter des lois qui changent nos vies. Des élu-e-s déterminé-e-s à faire échec à la cupidité des marchés financiers.

 

Corinne DUPONT, Maire de Mitry-Mory         

Jean-Pierre BONTOUX, 1er Vice Président du CG77   

          

Charlotte BLANDIOT-FARIDE, Conseillère régionale Ile de France      

      

Marianne MARGATÉ, Présidente des élus communistes  et progressistes Mitry-Mory

 

Franck SUREAU, Secrétaire du PCF local, Animateur du Front de Gauche du Canton Mitry-Claye-Villeparisis

 

 

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5 mai 2012 6 05 /05 /mai /2012 02:11

Il n'est pas si loin le temps où Gérard Longuet, actuel ministre de la défense, sévissait dans les rangs d'Occident un groupe d'extrême droite anticommuniste ultra violent.

 

Hier, lors d'une interview pour le journal d'extrême droite Minutes, il a aboli les frontières entre l'UMP et le FN en déclarant que Marine Le Pen était désormais fréquentable.

 

Dans la course à l'extrême-droitisation du discours de l'UMP, cette initiative ne doit rien au hasard.

 

Depuis le soir du premier tour le candidat UMP a largement ouvert les vannes de cette future alliance. Nicolas Sarkozy a d'ailleurs déclaré hier encore qu'il y avait trop d'immigrés en France, se calquant mot pour mot sur l'argumentation raciste et xénophobe de Marine Le Pen.

 

Gérard Longuet joue les poissons pilotes de l'alliance de la haine. Le 6 mai, faisons œuvre de salubrité publique en votant François Hollande. Il faut les empêcher de nuire. Le PCF et ses partenaires du Front de gauche continueront de combattre les idées rétrogrades et dangereuses de la droite et de son extrême.

 

Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF

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