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28 avril 2012 6 28 /04 /avril /2012 06:43

Militants au meeting du Front de gauche à Montpellier

Politique - le 26 Avril 2012

Présidentielle

Qui sont les électeurs du Front de gauche?

Exclusif.

 

Le premier tour a marqué pour le Front de gauche le franchissement d’une étape en obtenant avec 11,1 % le score à deux chiffres visé en début de campagne. Qui sont ces électeurs ? Comment la campagne de Mélenchon a-t-elle été reçue par les catégories populaires ? Une étude de l’institut CSA pour l’Humanité aide à mieux comprendre la composition de cet électorat.

 


Un électorat actif


En regardant la sociologie de l’électorat de Jean-Luc Mélenchon, ce qui saute d’abord aux yeux est sa composition très majoritairement faite d’actifs. En se penchant sur les résultats par classe d’âge, la différence est très nette entre les électeurs en âge de travailler, parmi lesquels il réalise des scores conformes ou supérieurs à sa moyenne nationale, et les retraités chez qui, avec 8 % seulement des plus de 65 ans, il obtient des résultats nettement inférieurs.

Cette constatation d’un électorat actif est confirmée par l’étude du vote par catégorie socioprofessionnelle. Le candidat du Front de gauche réalise ses meilleurs scores parmi les employés et les ouvriers (respectivement 12 et 14 %). Yves-Marie Cann, directeur d’études au département opinion de l’institut CSA, y voit un signe que « la stratégie mise en œuvre par Jean-Luc Mélenchon au cours des derniers mois, en contestant à Marine Le Pen la mainmise sur le vote ouvrier, a porté ses fruits. Il a en tout cas été entendu par une partie des classes populaires qui ont voté pour lui à un niveau légèrement supérieur à la moyenne nationale ». Cela n’était pas acquis d’avance : en début de campagne, les études attribuaient au Front de gauche de meilleurs scores parmi les catégories socioprofessionnelles supérieures 
(CSP +) que parmi les catégories populaires.

Pour autant, Jean-Luc Mélenchon arrive aussi à attirer sur sa candidature des catégories qui ne lui sont pas naturellement acquises, parmi les CSP +, où il se situe à 11 %. Il y obtient son meilleur score, avec 14 % chez les professions intermédiaires.

 

 

Des jeunes plus convaincus que la moyenne


L’électorat de Jean-Luc Mélenchon est sensiblement plus jeune que la moyenne de l’électorat. Son meilleur résultat se trouve chez les 
18-24 ans avec 16 % des suffrages, soit un score de 5 points supérieur à sa moyenne nationale. Yves-Marie Cann y voit un phénomène important : « On a pu noter tout au long de la campagne que cette catégorie d’âge apparaissait dans les enquêtes très peu mobilisée, avec un fort potentiel d’abstention au premier tour ou une tentation du vote protestataire avec une tension entre un vote autoritaire, anti-universaliste, incarné par Marine Le Pen, et un vote qui, tout en conservant un caractère protestataire, paraissait beaucoup plus humaniste, incarné par Jean-Luc Mélenchon. À la lecture de cette étude, on note que ce dernier a su capter une proportion significative du vote des jeunes. »

Un vote qui reste cependant volatile : « C’est un électorat qui est en cours de socialisation, d’affiliation politique, explique le directeur d’études de CSA. Ce score est très encourageant mais il va falloir engager un processus de fidélisation au cours des prochains mois. »

 

 

Transformer l’essai


Un électorat du Front de gauche s’est-il durablement constitué à l’occasion de cette élection présidentielle ? Pour Yves-Marie Cann, « il faut encore transformer l’essai ». En ligne de mire : les élections législatives de juin. On sait par expérience que la participation y est traditionnellement plus faible que pour une élection présidentielle et que l’on y note une déperdition particulièrement élevée parmi l’électorat le plus jeune. La mission du Front de gauche consiste donc maintenant à remobiliser et à fidéliser à cette occasion les électeurs d’avril. Pour Yves-Marie Cann, le Front de gauche a de bonnes bases pour y parvenir : « L’élection présidentielle reste le scrutin mère du système politique français. Elle permet d’établir un rapport de forces qui influence le déroulé des cinq années suivantes. Avoir aujourd’hui un leader et une force politique avec un score à deux chiffres va permettre de peser sur le cours des prochaines années, surtout dans le cas d’une 
alternance.»

 

 

Sondage exclusif CSA/l’Humanité réalisé en ligne le 22 avril 2012. Échantillon national représentatif de 5 969 personnes âgées de 18 ans et plus inscrites sur les listes électorales, constitué d’après la méthode des quotas : sexe, âge, profession de la personne interrogée et après stratifi cation par région et catégorie d’agglomération. Le vote des catégories populaires est établi sur la base du vote des ouvriers et des employés, et des anciens ouvriers et employés à la retraite, soit 2014 invidus.

 

Mélenchon encaisse l’addition de 2007 en 2012. Un regard attentif des reports de voix entre 2007 et 2012 réserve quelques surprises. Pas du côté des communistes, l’électorat de Marie-George Buffet s’étant « massivement rassemblé » (80 %) autour du Front de gauche en 2012, note l’étude. Ni de celui d’Olivier Besancenot, qui a boudé la candidature Poutou pour se reporter, à 40 %, sur celle de Mélenchon. À la marge, l’électorat FN (3 %) et UMP (2 %) a également choisi le Front de gauche. Ce qui « interpelle », note Yves-Marie Cann. Le report de 10 % d’électorat de François Bayrou : un « glissement » rendu possible 
car le bulletin Bayrou en 2007 était perçu « comme une candidature antisystème » : « Il y avait une composante protestataire dans ce vote. ». De même pour les électeurs de Ségolène Royal, dont 12 % se sont reportés sur Jean-Luc Mélenchon, sans perte pour François Hollande, qui reste « à un niveau supérieur » à celui atteint par la candidate PS en 2007.

Adrien Rouchaleou

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28 avril 2012 6 28 /04 /avril /2012 06:10

Depuis 2002 l’extrême droite a reculé dans les villes

Dimanche soir, nous avons pris un coup au moral. Mais passé l'effroi bien entretenu par les médias, regardons plus en détail la percée de l'extrême droite.

 

2007 a vu un siphonage en règle de l’électorat FN par Sarkozy, donc pour analyser la progression des idées FN, il faut comparer 2002 et 2012. Or le succès du FN et de ses idées est plus relatif que les médias ne le disaient hier soir, au moins en pourcentage.

 

En effet en 2002 il y avait 2 candidats d’extrêmes droites (le Pen et Megret), nous l’avons un peu vite oublié, il y avait aussi CPNT qui avait capté dans certains endroits le vote FN.

 

Par la suite, je ne tiendrais compte que de le Pen et Megret.

 

Regardons juste les chiffres :

 

au niveau national en 2002, l’extrême droite fait 16.86% +2.34 % soit 19.2% (sans compter le 4.23% de CPNT),

la gauche radicale (extrême gauche +PCF) totalisait 13.81.

En 2012, le FN totalise 17.9% (soit un recul de 1.3%) et la gauche radicale 12.81 en recul seulement de 1% alors même que la droite étant au pouvoir le vote PS est mécaniquement plus fort.

 

Comme la participation est bien plus forte, évidemment en nombre d’électeurs le FN progresse et on ne peut que s’inquiéter de ce résultat. Mais il masque de profonds changements.

 

En effet, le FN recule fortement dans les grandes villes et les banlieues ouvrières où il est même souvent derrière le FdG. Comparons les scores FdG et FN ville par ville (le tableau est édité en pièce jointe et sous forme brute à la fin de l'article).

 

L’extrême droite chute de plus de 5 points à Lyon, Toulouse, Montpellier et Nice et 4 points à Lille, Paris et Marseille. En 2012, sur 15 grandes villes, le FdG est devant le FN dans 10 d’entre elles. Et sur 5 villes de banlieues aux quartiers dits chauds (Grigny, Vaux en Velin, St Denis, la Courneuve et Aubervillier), l’extrême droite passe de 20.63% en 2002 à 11.88% en 2012.

 

Dans ces villes le FdG fait en moyenne 20,5% soit près de 10 points devant le FN.


Le FN ne progresse pas vraiment dans ces bastions de l’est qui vont du Gard à la Moselle

 

par contre il progresse fortement passant de 10 à 15% dans les départements ruraux de l’ouest où avant il était faible (Dordogne, Cantal, Landes, Charentes..).


Le FN régresse donc là où il existe un tissu social et militant.

 

Loin de moi de nier le danger FN, nous sommes conscient que dans un capitalisme en crise, une course de vitesse est engagée entre la gauche de transformation sociale et le FN.

 

Le FdG a donc eu raison d’en faire un thème de campagne. Le PS et la gauche caviar (je pense au Nouvel Obs) ont eu tort de faire de Mélenchon le perturbateur qu’il fallait décrédibiliser en en faisant un « homme du système ».

 

De plus, depuis 2007, l’UMP popularise et crédibilise les idées du FN. La souffrance sociale, le chômage, la baisse du pouvoir d’achat, la disparition des services publics sont autant d’éléments qui auraient pu encore plus faire augmenter le FN. Finalement dans cette course de vitesse, il semble qu’on ait même marqué des points là où l’on a fait des meetings et une campagne dynamique : dans les grandes villes. Donc si le score élevé du FN nous rappelle les enjeux de la période, on peut se dire que la reconquête des classes populaires a commencé. Il va aussi maintenant falloir que le FdG s'intéresse à ces petites communes et ses territoires ruraux, même dans ces zones rien n'est acquis pour le FN comme le montre le bon score du FdG dans certains villages des Alpes de Haute Provence ou de la Drôme.

 

Cette reconquete ne pourra se poursuivre que si nous restons indépendants et autonomes vis à vis du PS (pas de soutien à un gouvernement social-libéral) et que nous développons la lutte contre l’Europe libérale en renforçant nos syndicats.

 

Dans la rue le premier mai, dans les urnes au second tour (battre Sarko est évidemment impératif) puis pour les législatives, nous devons continuer à renforcer le FdG.

 

On ne lache rien.

 

Hendrik Davi, 23 avril 2012

Voir les cartes de 2002

http://www.liberation.fr/politiques/2012/04/22/presidentielle-2012-tous-les-resultats-ville-par-ville_813180

et de 2012

http://www.liberation.fr/politiques/2012/04/22/presidentielle-2012-tous-les-resultats-ville-par-ville_813180

 

Ville  FRONT e GAUCHE

          2012/FN2012/FN+MNR 2002

Paris 11,09/6.20/10.32

Lyon 11.83/9.87/16.73

Lille 15.42/13.40/17.90

Bordeaux 12.16/8.22/11.73

Toulouse 15.91/10,34/16.12

Montpellier 15.69/13.66/19.66

Nancy 12/10.55/12.73

Metz 10.94/17.27/ 21.55

Rennes 13.44/7.33/9.21

Nantes 12.38/7.78/11.11

Limoges 13.23/14.76/13.29

Clermont ferrand 14.39/12.36/15.60

Marseille 13.43/23.38/ 27.39

Toulon 9.49/ 23.37/ 23.68

Nice 9.21/ 23.03/ 29.14  

Aubervilliers 20.47/ 12.87/ 21.43

Saint Denis 21.72/ 9.9/ 17.82

La Courneuve 20.42/ 11.34/ 19.51

Grigny 21.23/ 11.5/ 19.77

Vaux en Velin 18.82/ 13.83/ 24.62 

 

Pas d'accord entièrement sur ce qui est dit dans le billet ou dans la réaction de Langue-rouge.

Je crois que les populations comprennent globalement un forte minorité (quelque chose qui peut aller jusqu'à pas loin  de 40 %) de gens bornés, fermés, hargneux, méfiants, brefs, bêtes et méchants.

Partout.

Je dis bien : partout.

Les gens de gauche (comme de droite, évidemment, mais aussi chez les abstentioinnistes) contiennent aussi des intolérants, des imbéciles, des sectaires, des pas drôles, des psycho-rigides, des ancrés sur leurs sacrés-saints principes, des épicuriens, des égoïstes, des comme vous ou moi de temps en temps).

Le vote est un moment où l'on essaie de ne pas rester trop con face à nos intérêts.

Il est resté au soir de nos élections du 22 avril dernier 20 + 25 % = 45 % de gens résolument cons de chez archi-con !... C'est pas leur faute, ils ne se referont pas. Mais nous sommes dans la norme universelle.

N'importe quel groupe, n'importe quel village, n'importe quel quartier est composé d'un peu moins de la moitié qu'on laisse pour ce qu'ils sont : de pauvres connards, sans intérêt, qu'on laisse causer, et qu'on espère bien qu'ils ne seront pas au pouvoir.

Voilà.

Nous en sommes là.


L'objet du billet ne porte pas sur le PS...par contre, on peut en parler. Le vote ouvrier du FN vient de la déception des années Mitterand et de la gauche plurielle mais aussi de l'absence d'amélioration de la vie quotidienne dans les communes communistes ou socialistes des anciens bastions ouvriers. Par contre, il y a aussi et encore recemment une partie de l'intelligenstia de gauche (pas le PS à proprement parlé) qui joue du FN pour maintenir le cap libéral. Ce fut évident dans les dernières semaines de campagne ou l'enemie de certains était plutôt Mélenchon que le Pen. Faire passer Marine Le Pen comme seule candidate antisystème ou encore comparer le "populisme" de gauche à celui de droite (cf Cabu), propager l'idée que l'immigration ou la sécurité sont un problème...tout cela contribue à renforcer le vote FN. Evidemment le vote FN a d'autres ressorts, pauvreté, dépolitisation et surtout 5 ans de Sarko...

 

Une des analyses du (nouveau) vote FN sur france culture à l'instant conseille de s'intéresser au  vote des femmes
Marine le Pen peut présenter une figure d'identification, surtout quand elle s'adresse aux travailleurs pauvres en situation précaire : qui sont à 80% des femmes. Caissières, femmes de ménage etc. Situation de grande précarité.

J'ajouterai - exerçant alors dans des domaines où il y a peu de traditions collectives


Ça me paraît effectivement une bonne explication : rien de fondamentalement fasciste ou fascisant, mais plutôt exprimant un malaise, un mal-être dans la condition de vie et de travail faite aux femmes les plus déqualifiées du pays et sans guère de repères ou d'expériences de solidarités collectives. Je crois que c'est assez vrai (je connais des personnes comme ça, cela dit, c'est un peu lourdingue de vouloir leur rappeler que leur intérêt n'est pas le FN).

Exemple de cette lourdinguerie : on explique aux caissières de supermarchés comment leurs systèmes d'encadrement, de direction et de sous-traitance exclut les plus fragiles d'entre elles et les soumettent à toutes les pressions, financières, sociales, familiales... et fabrique encore plus de pauvreté. Réactions :

– Eh oui ! c'est ça, travailler chez nous ! c'est dur, faut s'y faire ! Tout le monde ne serait pas capable de tenir comme nous le faisons, il faut du courage pour travailler comme on le fait, les clients ne se rendent pas compte, etc.

Comme si se faire surexploiter ça leur donnait un plus dans l'estime d'elles-mêmes !

Allez, Mesdames, encore un effort pour devenir féministes !

Jean-Jacques M’µ

 

 

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26 avril 2012 4 26 /04 /avril /2012 20:12

Politique - le 26 Avril 2012

Alors qu'il animait une réunion de soutien à Nicolas Sarkozy, le député UMP Lionnel Luca, membre de la Droite populaire, s'en est violemment pris à Valérie Trierweiler, compagne de François Hollande en la surnommant "Rottweiler", s'attaquant aussi au physique de Fadela Amara. "Les propos de Lionnel Luca témoignent d'une dérive d'une extrême gravité, sans précédent dans la vie politique française", s'indigne le Parti socialiste.


La délicatesse n'a jamais été le fort des députés de la Droite populaire, l'aile droite de l'UMP, et surtout depuis que le président-candidat est parti à la pêche des voix du Front national. Le député UMP des Alpes-Maritimes, Lionnel Luca, s'en est donné à coeur joie lors d'une réunion publique à Saint-Laurent-du-Var près de Nice en tenant des propos misogynes et outranciers contre le camp socialiste.

 

Selon le membre de la Droite populaire, François Hollande est un "candidat édredon" sur lequel on "peut toujours taper : il répondra toujours noir ou blanc". "Hollande qui a retrouvé une femme, Valérie Rottweiler. Et c'est pas sympa pour le chien, ça !". Interrogé par l'AFP, Lionnel Luca a confirmé avoir tenu ces propos, "très amusants". "Et c'est vrai que le chien rottweiler, il demande rien à personne, alors qu'elle...", a-t-il ajouté.

 

L'équipe de campagne de François Hollande a qualifié jeudi d'"injures abjectes" les propos du député et demandé à Nicolas Sarkozy de "condamner immédiatement cette déclaration". "La droite s'affole. Elle montre son vrai visage dans l'agressivité et ce qui s'apparente désormais à une stratégie de tension délibérée. Elle tombe toujours plus bas et n'a plus que la haine comme ultime stratagème", déclarent dans un communiqué Delphine Batho et Bernard Cazeneuve, porte-parole de du candidat socialiste. "Qu'elle s'en prenne, par des injures abjectes, à la compagne de François Hollande, Valérie Trierweiler, est absolument inqualifiable. Les propos de Lionnel Luca témoignent d'une dérive d'une extrême gravité, sans précédent dans la vie politique française", dénoncent-ils.

 

Mais le député de la droite populaire ne s'arrête pas là, il persévère et s'en prend également à l'ancienne secrétaire d’État de Nicolas Sarkozy, Fadela Amara, qui soutient François Hollande. "Fadela Amara, ben moi, j'ai toujours préféré Rachida Dati, d'abord parce qu'elle est moins moche et parce qu'elle a fait campagne pour le président", a-t-il dit au grand bonheur des personnes "hilares", rapporte Nice Matin. "Si Amara fait campagne pour Miss France, elle aura quand même un handicap", a-t-il ajouté auprès de l'AFP.

 

L'ancien Haut commissaire aux Solidarités actives, Martin Hirsch, également soutien du candidat socialiste, a lui aussi eu droit à ses attaques : "j'ai été le premier à le dénoncer. Martin Hirsch et sa tête de bon apôtre, finalement c'est Judas qui appelle à voter Hollande", a-t-il dit.

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26 avril 2012 4 26 /04 /avril /2012 20:03

Photo : Die Linke dw sur FlickR

 

Politique - le 26 Avril 2012

Pour de nombreux militants et personnalités du centre et de droite, la fin ne justifie pas les moyens. C’est que les valeurs portées comptent au moins autant que le programme. Et la charge sordide ultraconservatrice et islamophobe du candidat de la droite révulse les républicains, du Modem à l’UMP.


Le journaliste Jean-François Kahn, soutien de François Bayrou à la présidentielle, a ouvert le bal en appelant clairement mardi, "tous les républicains et tous les démocrates" à "barrer la route" à Nicolas Sarkozy. "Pour la première fois depuis des lustres, on entend un discours ouvertement pétainiste sortir de la bouche d'un président de la République encore en place. (...) Quoi qu'on pense de son challenger social-démocrate [François Hollande], l'hésitation n'est plus possible, plus tolérable. (...) Tous les républicains, tous les démocrates qui refusent, par patriotisme, le discours de guerre civile et de lacération de notre Nation commune, qu'ils se réclament de Jaurès, de Clemenceau, de De Gaulle, de Mendes France ou de Robert Schuman, doivent voter de façon à barrer la route à l'apprenti sorcier et à permettre qu'on tourne cette page."

 

Le candidat François Bayrou ne prand pas parti ouvertement. Mais il dit : "Aborder la question de l'immigration en validant la thèse du FN et en prétendant que les déséquilibres des comptes sociaux étaient dus aux immigrés, c'est un reniement d'un demi-siècle de politique sociale en France. C'est un reniement du gaullisme aussi bien que des démocrates-chrétiens et humanistes". Et comme "le courant politique que j'anime s'est toujours défini par des valeurs qui sont d'abord humanistes"… Le patron du Modem laisse à ses militants le soin de compléter et de faire preuve d’un peu de logique.

 

Toujours  le camp centriste, le malaise se propage, beaucoup ne peuvent rester neutres. Au Modem, les eurodéputés Jean-Luc Bénnahmias Robert Rochefort n’ont pas tardé à apporter leur soutien à François Hollande, à cause des « valeurs leur lesquelles Sarkozy s’appuie. »

 

Plus à droite, c’est l’ex-ministre de l’éducation Luc Ferry qui s’en prend à la dérive droitière de Sarkozy dans le Libération de jeudi, la qualifiant : « d’erreur de fond ». Et d’expliquer que pour lui, la vraie question d’avenir est la jeunesse et les générations futures. « En prenant comme boussole le FN, en affirmant que nous avons besoin de frontières et de nation, Sarkozy passe complètement à côté de cette aspiration cruciale. »

  • Plus à droite, d’autres apportent leur soutien du bout des lèvres, avec tellement de modérateurs qu’on se demande si ce sont réellement des soutiens.

L’ancien président Valery Giscard-d'Estaing, dans le Parisien ce jeudi s’exprime sur le bilan de 5 ans de Sarkozysme : « il a improvisé la fonction. Il y a eu des critiques que j’ai parfois partagées. Quand au personnage de Sarkozy, il dit plein de sous-entendus : « le caractère, c’est la destinée, dit un vers d’Eschyle. Les êtres ne changent pas beaucoup. Mais ils peuvent faire un travail sur eux même… »

 

Quant à l'ex-Premier ministre Jean-Pierre Raffarin il se met dans la position du petit soldat : s'il n'est "pas d'accord sur beaucoup de choses" avec Nicolas Sarkozy, "ce n'est pas dans le combat" que "le lieutenant contredit la stratégie" du chef. "Par exemple, quand il y a eu la circulaire Guéant sur les étudiants étrangers, j'ai dit que je n'étais pas d'accord" précise-t-il. Et sur le 1er mai ? "Le mot +vrai travail+ peut prêter à discussion" concède-t-il. Mais "dans le combat, c'est la loyauté qui prime", on a bien compris.

 

Concluons par la sénatrice Chantal Jouanno, qui s’est faite proprement insulter par François Fillon après avoir dit qu’elle préférait voter PS que FN au législatives car  « je ne pense pas que la réponse soit dans la droitisation ».

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26 avril 2012 4 26 /04 /avril /2012 13:31

Affiche placardée un peu partout en France à l'occasion du 1er mai 1941

Politique - le 25 Avril 2012

 

 

Des journalistes bien en cour, s'offusquent de la Une de 'l'Humanité" de mercredi 25 avril, ils sont "vent debout" avec leurs commentaires de coqs effarouchés.

1er mai : les syndicats répondent au candidat Sarkozy

 

En annonçant un rassemblement pour opposer les salariés entre eux lors 
de la journée internationale des travailleurs, le candidat UMP entend draguer les voix du FN et avancer vers une recomposition autour d’une droite extrême.


Provocation ? Dévoilement ? L’annonce par Nicolas Sarkozy d’un grand rassemblement autour du « vrai travail » le 1er Mai, au Champ-de-Mars, à Paris, suscite une vive émotion au sein de la gauche et des organisations syndicales.

Tout est parti d’une phrase du candidat président lundi, au lendemain de sa défaite du premier tour. « Le 1er Mai, nous allons organiser la Fête du travail, mais la Fête du vrai travail, de ceux qui travaillent dur, qui souffrent et qui ne veulent plus que, quand on ne travaille pas, on puisse gagner plus que quand on travaille. » « On défendra, nous, le travail. Pas le statut, le travail. » D’aucuns y voient une manœuvre électoraliste d’entre deux tours pour capter la plus grande part possible des voix portées, dimanche dernier, sur l’extrême droite et la candidate du Front national. D’autres voix constatent une cohérence d’obédience pétainiste dans la politique menée depuis cinq ans et plus par l’actuel candidat de la droite extrême. Dans les deux cas, dérive ou conviction, le sarkozysme apparaît comme un danger pour la démocratie elle-même.

 

Sarkozy prend les accents de Pétain


Les réactions à gauche n’ont d’ailleurs pas tardé. Le NPA considère que Nicolas Sarkozy prend les accents de Pétain pour « gagner des voix » et appelle à faire du 1er Mai, « un raz-de-marée antiraciste et antifasciste contre la droite ». Jean-Luc Mélenchon, pour le Front de gauche, parle « d’une radicalisation du combat » par le candidat de la droite, tandis que son conseiller, Éric Coquerel, estime que « Sarkozy veut déclarer la guerre aux travailleurs qu’il méprise » et dénonce « un clin d’œil supplémentaire au FN ». François Hollande, candidat de la gauche au second tour, a aussitôt réagi : « Je n’oppose pas les Français entre eux. Je ne fais pas du 1er Mai une fête des uns contre les autres. » Ajoutant, hier, lors d’un meeting dans l’Aisne : « Un candidat qui commence à diviser les travailleurs, à mettre d’un côté ceux qui seraient les “vrais” et ceux qui seraient les “faux”, vous imaginez ce que cela peut faire pour la conduite du pays ? »

 

 

Le recyclage des idées de la droite nationaliste


Certes, le Front national de Jean-Marie Le Pen avait créé un précédent nauséeux. C’était en 1988. Il souhaitait récupérer le mythe de Jeanne d’Arc. Normalement, c’est le 8 mai, jour où, en 1429, elle aurait délivré Orléans de l’occupation anglaise. Pour avoir une audience la plus large possible, le FN avait choisi le 1er Mai, pour « une Fête du travail et de Jeanne d’Arc ». La date tombait, comme par hasard, entre les deux tours de la présidentielle. Le FN n’était pas en réalité le précurseur d’une manipulation de ce type. À l’origine, le 1er Mai est né de la lutte syndicale américaine et du grand mouvement social pour conquérir la journée de huit heures enclenché le 1er mai 1886. La répression devait être d’une rare violence : trois syndicalistes tués, cinq autres condamnés à mort par pendaison. Le mouvement prendra par la suite une dimension revendicative sociale internationale. C’est alors que Pétain, le 1er mai 1941, à Commentry lançait une réécriture de l’histoire. L’activité des syndicats ayant été suspendue et leurs biens saisis, il fera de cette date « une Fête du travail et de la concorde sociale », tout en profitant du moment historique pour jeter au feu le Code du travail.

 

Ce rapprochement entre les postures sarkozyste et pétainiste s’éclaire d’un jour nouveau. Le pétainisme, c’est quoi ? Il s’agissait, dans les circonstances de l’Occupation, du recyclage par un fascisme à la française des idées de la droite nationaliste, réactionnaire, à la fois monarchiste, bonapartiste et maurrassienne. Il s’inscrit dans la confusion des pouvoirs législatif et exécutif, le rejet du multipartisme, le corporatisme, la suppression des syndicats et des corps intermédiaires, le populisme au service d’une révolution nationale, l’apologie des valeurs traditionnelles synthétisées dans le triptyque « Travail, Famille, Patrie », le rejet des élites, le culte de la personnalité et le catholicisme comme valeurs universelles de civilisation, la stigmatisation des responsables supposés de la défaite… Les immigrés de notre époque ? De vieilles idées de droite que Sarkozy ripoline à peine.

 

La musique des mots évoque des souvenirs : « Sarkozy, nous voilà ? » « J’ai tout donné à la France », a-t-il dit, il y a quelques jours. « Je fais à la France le don de ma personne », marmottait Pétain. « Aidez-moi », comme un refrain repris par le candidat UMP. Sarkozy n’entend-il pas « effacer l’héritage républicain » et du Conseil national de la Résistance, démolir l’État et le modèle social. L’affaire du 1er Mai sarkozyste révèle une cohérence d’ambition politique. Et un remodelage de la droite.

 

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26 avril 2012 4 26 /04 /avril /2012 07:40

Malgré sa déception à dépasser Mme Le Pen, le Front de gauche et Jean-Luc Mélenchon avec 11,11% affichent leur confiance pour le nouveau test des législatives. 

 

Devant la presse, François Delapierre, le directeur de campagne de JL Mélenchon, a salué ce mercredi "une progression du Front de gauche sans précédent", avec un score quasiment deux fois plus important qu'aux européennes de 2009 (6,5%).  

 

Après une "petite déception" dimanche, "il y a un climat de grande satisfaction" avec une "très forte progression homogène nationale", et  Pierre Laurent (PCF) d'ajouter : des "progrès dans nos zones de force" comme la Seine-Saint-Denis et nos "zones de faiblesse" comme la Haute-Savoie.

 

Le FG a contribué à faire chuter l'abstention et conquiert un nouvel électorat, plus jeune, plus urbain (plus de 15% à Toulouse, Lille, Marseille ou Montpellier). "Nous avons été seul dans la bataille contre le FN"


Sans faire d'autocritiques face au FN, François Delapierre estime que "la progression de Marine Le Pen correspond à la chute de Sarkozy": "c'est le vote ouvrier de droite qui est très élevé", "un vote d'adhésion au racisme" où la "lutte du peuple contre l'oligarchie" est "remplacée par un duel Français-immigrés".  

 

Se plaignant d'avoir été "seul" dans la "bataille", il a même parlé d'"instrumentalisation du vote FN par le PS" pour qui cette montée "n'est pas une si mauvaise nouvelle que ça".

 

Le FG n'est nulle part en tête, mais est-ced e mauvais augure pour les législatives? C'était pareil en 2007 et le PCF a finalement été devant le PS dans une vingtaine de circonscriptions, à l'image de Marie-George Buffet: 32,3% en Seine-Saint-Denis après ses 3,5% à la présidentielle dans son département (1,93% au niveau national). 

 

"Les marchés ne vont pas attendre pour attaquer"

 

Si entre 2002 et 2007, le PCF a perdu 4 députés, cette fois-ci, l'objectif est de passer de 19 élus (16 PCF et apparentés + 3 Parti de gauche) "au plus grand nombre possible" bien entendu xce qui pourrait se traduire par  une trentaine. A l'Assemblée, "un ou deux députés PS en plus ne changeront rien (à la politique menée) mais 10 ou 20 députés du Front de gauche en plus, ça changera tout", veut croire Pierre Laurent, en numéro un communiste "confiant et ambitieux".

 

Si François Hollande l'emporte, "les marchés ne vont pas attendre pour attaquer", ce qui "va nous renforcer", veut aussi croire François Delapierre, candidat dans l'Essonne pour qui le vote utile en faveur du PS ne fonctionnera pas en juin.  

 

Les législatives doivent aussi être "un coup d'arrêt aux ambitions du FN", souhaite Pierre Laurent. D'ailleurs le FG entend négocier avec le PS pour une candidature unique de la gauche dans les 60 à 100 circonscriptions où le risque FN est fort. 

"Il faudra m'expliquer où est la loyauté politique"

 

Benoît Hamon (PS) s'est dit mardi favorable à la recherche d'accords sur ce point mais aucun contact n'a encore été établi, selon le FG qui a toujours en travers de la gorge l'accord PS-EELV et la désignation, face au sortant FG, de Stéphane Gatignon (ex-PCF devenu EELV) à Sevran (Seine-Saint-Denis) à propos duquel Pierre Laurent a lancé : "Il faudra m'expliquer où est la loyauté politique".

Reste aussi à trancher le cas Mélenchon. S'il veut y aller, "on créera les conditions pour cela", affirme le secrétaire national PCF qui évoque des circonscriptions susceptibles d'être gagnées dans le Val-de-Marne ou en Ardèche. "Candidat commun des communistes dans 577 circonscriptions (à la présidentielle), il peut bien être leur candidat dans une", glisse François Delapierre. 

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26 avril 2012 4 26 /04 /avril /2012 03:07

Politique - le 24 Avril 2012

"Nous organiserons un grand meeting sur la place Stalingrad, qui est un peu notre place fétiche, vendredi 4 mai, sur nos propres objectifs, nos propres revendications pour le lendemain aller voter Hollande contre Sarkozy" a déclaré Jean-Luc Mélenchon sur BFM-TV à l'issue d'une réunion au siège du PCF à Paris, place du Colonel Fabien en présence de Pierre Laurent, "nous serons présents dans toutes les villes de France, le 1er mai, avec les syndicats" a-t-il poursuivi.


"Elle a été très longue parce que très précise. Il y règne un certain enthousiasme dans la mesure où nous pensons que nous avons de bonnes chances d’arriver à battre monsieur Sarkozy d’une part et d’autre part parce que nous avons examiné nos résultats (…) Tout le monde a plutôt la banane aujourd’hui (…) La lutte elle a lieu après (…) ce n’est pas un diner de gala que nous sommes en train d’organiser".

 

"Nous voulons faire battre Sarkozy, nous allons nous servir du bulletin Hollande pour le faire, nous allons donc voter Hollande pour le faire".


"On sera rassemblé le vendredi soir en région parisienne sur la place Stalingrad, qui est un peu notre place fétiche (…)


C’est là qu’aura donc lieu le dernier de tous les meetings de la campagne présidentielle." On sera donc rassemblé le 4 mai sur nos propres objectifs, nos propres revendications pour le lendemain aller voter Hollande contre Sarkozy" a poursuivi le candidat du Front de gauche. Ce meeting servira à "appeler à battre Sarkozy et à se mobiliser pour continuer à porter notre programme, L'Humain d'abord, aux législatives" qui suivent en juin, a précisé Eric Coquerel, le conseiller de Jean-Luc Mélenchon. D'ici le 4 mai, le Front de Gauche lance également un "appel à se mobiliser derrière les syndicats le 1er mai à partir du moment où Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen en font un enjeu d'affrontement social", a-t-il ajouté

 

"Le 1er mai, notre adversaire a fait le choix de faire un passage en force, il fait une manifestation antisyndicale, contre les syndicats, donc nous, nous nous mettons derrière les syndicats. Donc nous appelons tous nos adhérents, nos amis, nos électeurs à se regrouper avec les syndicats derrière eux, à leur appel et nous serons présents dans toutes les villes de France et en fin de parcours évidemment nos amis, suivant la situation locale, défileront eux aussi, ce jour-là c’est un jour de bars de fer, on va faire du judo. Puisque Sarkozy a décidé de chercher la châtaigne avec les syndicats et bien il va nous trouver sur son chemin" a ajouté Jean-Luc Mélenchon sur BFM-TV.

 

Selon Eric Coquerel, le Front de gauche, fort des 11,1% de Jean-Luc Mélenchon au premier tour de la présidentielle, est devenu "une nouvelle force incontournable pour battre Sarkozy". "La clef du 2e tour c'est notre électorat", a-t-il ajouté.

 

 

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24 avril 2012 2 24 /04 /avril /2012 06:45

Et le gagnant au Havre est…

François Hollande fait 519 voix de mieux que Ségolène Royal en 2007. Mais c’est surtout Jean-Luc Mélenchon (10.097 voix de plus que M.-G Buffet) qui redore le blason du PCF.

Dessin : Emmanuel Chaunu

Dessin : Emmanuel Chaunu


En 2007, Ségolène Royal avait réuni 26,77 % des suffrages au Havre. mais elle était devancée par Nicolas Sarkozy (28,96 %). Cette fois, l’ordre des deux premiers s’est inversé : Hollande 30,17 %, Sarkozy 23,19 %. Le président sortant perd 7 042 voix dans une ville où le nombre d’électeurs a chuté lui aussi, de 7 881 électeurs.
Mélenchon : 10 000 voix de mieux
Bien sûr, François Hollande est en tête, et c’est très certainement lui – qui a fait 519 voix de mieux que Ségolène Royal en 2007 – qui gagnera le dimanche 6 mai, du moins au Havre. Il n’empêche que localement, celui qui a le plus progressé en nombre de voix est le Parti communiste, du moins son représentant du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon : là où Marie-Georges Buffet avait glané 3 200 électeurs, celui qui a pris le relais au nom du PCF totalise 13 297 suffrages ! Autre progression spectaculaire, et pas seulement en pourcentage (de 11,05 % à 17,4 % pour le candidat du FN) : Marine Le Pen, qui améliore le nombre de suffrages reçus par son paternel il y a cinq ans de 4.191 unités.
Et les perdants sont…
Ces progressions se font au détriment de Nicolas Sarkozy (- 7 042 voix), François Bayrou (- 8 509 voix), et de l’extrême-gauche (4 500 voix de moins pour Philippe Poutou par rapport à Olivier Besancenot pour le NPA, et 987 de moins pour Nathalie Arthaud par rapport à Arlette Laguillier pour L.O.). Voilà qui rebat les cartes dans la perspective des législatives de juin…
O.B.

Présidentielle 2012 : les résultats au Havre

1. Hollande (30,17 %)
2. Sarkozy (23,19 %)
3. Le Pen (17,4 %)
4. Mélenchon (16,54 %)
5. Bayrou (7,14 %)
6. Joly (1,81 %)
7. Dupont-Aignan (1,47 %)
8. Poutou (1,33 %)
9. Arthaud (0,72 %)
10. Cheminade (0,23 %)

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24 avril 2012 2 24 /04 /avril /2012 06:38

De bons résultats à l'échelle nationale grâce à la mobilisation, partout, des militants Front de gauche

Politique - le 23 Avril 2012

Le succès du Front de gauche est national. Il n’y a plus de zone d’exclusion, même en Alsace où le PCF était quasi-inexistant, Jean-Luc Mélenchon dépasse 7 %. Mais les résultats dans certaines communes symboliques méritent d'être relevés. Voici les scores du candidat Front de gauche dans les villes de la banlieue rouge, à Besançon comme dans d'autres villes emblématiques de la gauche française, mais aussi dans les communes où se sont déroulés d’importants conflits sociaux ces derniers mois.

Le score du Front de gauche

  • En Seine Saint Denis (93)

Bagnolet : 24,88 %
Montreuil 24,09 %
Saint Denis : 21,72 %
Saint Ouen : 20,98 %
Aubervilliers : 20,47 %
Tremblay : 19,84 %
Bobigny : 19,48 %
Pantin : 18,82 %
Drancy : 16,19 %

  • Hauts-de-Seine (92)

Gennevilliers : 28,04 %
Malakoff : 23,06 %
Bagneux : 21,09 %
Nanterre : 18,56 %

  • Val de Marne (94)

Ivry-sur-Seine : 25,45 %
Villejuif : 21,05 %
Valenton : 24,48 %

  • Val-d’Oise (95)

Argenteuil : 16,46 %
Garges-lès-Gonesse : 15,65 %
Sarcelles : 11,41 %

  • Essonne (91)

Corbeil-Essonnes : 15,77 %
Massy : 15,06 %
Palaiseau : 13,24 %
Grigny : 21,23 %

  • Yvelines (78)

Trappes : 17,91 %
Les Mureaux : 14,73 %
Sartrouville : 12,12 %

  • Choix de villes emblématiques de la gauche française

Dieppe (Seine-Maritime) : 18,05 %
Le Havre (Seine-Maritime) : 16,54 %
Vierzon (Cher) 24,05 %
Bourges (Cher) : 14,09 %
Tarnac (Corrèze) : 24,51 %
Calais (Pas de Calais) : 14,40 %
Besançon (Doubs) : 15,46 %
Longueau (Somme) : 19,88 %
Vaulx-en-Velin (Rhône) : 18,82 %
Vénissieux (Rhône) : 19,01 %
Antraigues sur Volane (ville de Jean Ferrat en Ardèche) : 32,99 %
Tergnier (Aisne) : 15,28 %
Bègles (Gironde) : 20,44 %
Port de Bouc (Bouches-du-Rhône) : 36,47 %
Echirolles (Isère) : 18,35 %

  • Du côté des entreprises en lutte

Saint-Junien, albany  (Haute Vienne) 18,52 %
Montataire, STILL  (Oise) 23,09 %
Florange ArcelorMittal (Moselle) : 11,80 %
Petit-Couronne, Petroplus (Seine Maritime) : 17,68 %
Yssengeaux, Lejaby (Haute-Loire) : 8,89 %
Alizay, M-real (l’Eure) : 35,59 %
Aulnay sous bois, PSA, (Seine Saint Denis) : 14,60 %
Gémenos, Fralib (Bouches du Rhône) : 8,47 %
Valenciennes, PSA SevelNord, 12,07 %
Bastia (aéroport), 12,21 %

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21 avril 2012 6 21 /04 /avril /2012 10:50

Politique - le 19 Avril 2012

Présidentielle

L’alternative a enfin trouvé sa voix

Au fil de 
la campagne, 
le Front de gauche est apparu aux yeux des Français comme le seul porteur d’un projet cohérent de changement de société.


Mais qu’est-ce qui fait se presser des foules de plus en plus nombreuses aux meetings du Front de gauche qui caracole à des niveaux encore imprévus, il y a quelques semaines à peine, dans les sondages ? La question dérange ou inquiète les états-majors politiques, qui voient leurs scénarios de la présidentielle bousculés par l’ascension du Front de gauche. Et elle tarabuste les éditorialistes, qui ont d’ores et déjà rangé la campagne du candidat au rang de «révélation» ou de «phénomène» sans bien parvenir à en cerner les ressorts : sont-ce les qualités oratoires de son candidat ou bien encore l’armada militante dont il dispose, appuyée sur «la machine du Parti communiste» (dixit le Monde du 5 avril) ?

Volontiers réduit à un vote protestataire par les commentateurs et les autres candidats quand il ne dépassait guère les 5 % des intentions de vote, le Front de gauche est peu à peu apparu aux yeux des Français pour ce qu’il est : le seul porteur d’un projet alternatif global à la politique actuelle (60 % estiment que Jean-Luc Mélenchon incarne le mieux le changement, en tête des candidats, selon BVA), capable d’agréger des électorats aux intérêts et aux motivations en apparence disparates. Dans les explications du «phénomène Mélenchon», François Miquet-Marty, directeur associé de l’institut Viavoice, relève, dans une enquête publiée dans Libération, mardi, que «le corpus de propositions émis par le Front de gauche» a complété «l’image initialement plus protestataire de son candidat par une démarche de projet».


Une implication populaire
clé de voûte du changement


Une démarche de projet qui ne situe nullement son horizon aux échéances politiques immédiates – présidentielle et législatives – mais fait de celles-ci une étape, certes cruciale, d’une «insurrection citoyenne» qui s’inscrit dans le temps long de l’histoire en vue d’en bouleverser le cours. Il parie pour cela sur l’implication populaire, clé de voûte de tout changement réel pour les responsables du Front de gauche. «La dynamique du Front de gauche s’est muée en une lame de fond, un mouvement très profond qui mobilise le monde du travail, les milieux populaires et maintenant la jeunesse, déclarait le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, dans l’Humanité du 30 mars. C’est le résultat de mois de travail pour aller à la rencontre des attentes et des espérances populaires. Désormais, des millions de gens se disent qu’ils peuvent battre Nicolas Sarkozy sans laisser de côté leurs attentes de changement.» «L’implication populaire est la condition préalable du changement, rappelle de son côté Jean-Luc Mélenchon, dans un entretien à Politis, cette semaine. La cohérence du discours politique s’est développée à mesure que la campagne avançait», réalisant une nouvelle «synthèse idéologique». Bref, tout le contraire d’un catalogue de propositions qui se contenterait de «gauchir» le programme socialiste. Le Front de gauche a réussi là où les collectifs antilibéraux avaient laissé l’ouvrage, après leur échec, en 2007.

 

 

Décryptage  en 6 points


1.  La planification écologique, moteur 
d’un projet de société novateur

S’il est une question sur laquelle le Front de gauche n’était pas initialement attendu, c’est bien celle de l’écologie. Or la coalition progressiste a su se poser comme la force de l’écologie politique dans cette campagne, captant, au passage, une forte partie de l’électorat d’Europe Écologie – les Verts. C’est que l’écologie dépasse dans le programme «l’humain d’abord», le statut de thématique de campagne pour devenir une logique, un moteur qui lie entre eux les différents éléments du programme. La «planification écologique» proposée par le Front de gauche donne un cap à l’économie, à la recherche, à l’aménagement du territoire… Repenser des modes de production qui prennent en compte la rareté des ressources, qui évitent le gaspillage, qui correspondent aux besoins sociaux permettrait en outre dès aujourd’hui une relance économique, avec la création de nombreux emplois pour adapter l’outil productif.

Qui plus est, l’autonomie de la France dans le monde s’en trouverait renforcée du fait d’une moins grande dépendance énergétique. Jean-Luc Mélenchon se plaît d’ailleurs à dire que la France, si elle s’engageait dans cette voie, pourrait devenir la première nation écologique au monde et un modèle pour beaucoup de pays.

 

 

2. Paix, démocratie, coopération : des engagements pour un monde plus humain

Au fur et à mesure que la campagne avançait et tandis que la crise internationale participait à la confusion générale, les quelques voix médiatiques qui opposaient à Jean-Luc Mélenchon que son programme était «inapplicable dans le contexte de la mondialisation» ont dû en rabattre. Il faut dire que le candidat du Front de gauche présente une particularité : il est le seul à avoir porté une ambition diplomatique forte pour la France, à avoir développé une envie et une méthode pour que le pays, cinquième puissance mondiale, pèse et change l’ordre du monde. Tous les autres candidats ont soit pris soin de construire des programmes adaptés à l’ordre du monde tel qu’il est aujourd’hui, soit décidé de s’en couper dans un repli sur l’intérieur de nos petites frontières. C’est que le programme «l’Humain d’abord» mise sur l’avenir. Et l’on y privilégie des relations renouvelées de coopération avec les puissances émergentes aux relations avec l’hyperpuissance en déclin que représentent les États-Unis. C’est dans cette optique que Jean-Luc Mélenchon propose que la France, avec ses partenaires, engage tout son poids pour refonder les institutions internationales, libérer les pays émergents et en voie de développement du carcan du FMI et de l’OMC, qu’elle préconise la sortie de l’Otan et se prononce pour un règlement pacifique de tous conflits au sein d’une ONU refondée et démocratisée.

 

3. Des mesures immédiates pour partager les richesses et répondre aux urgences sociales

Agir tout de suite. C’est ce que propose le candidat du Front de gauche pour répondre à l’explosion des inégalités qui aura marqué le quinquennat de Nicolas Sarkozy. Le président du chômage de masse laisse un pays miné par la pauvreté et la précarité, alors que les richesses se sont accumulées entre quelques mains. Pour recréer des millions d’emplois, le Front de gauche propose une véritable réduction du temps de travail, une sécurisation de l’emploi et de la formation tout au long de la vie. Le droit à la retraite à soixante ans à taux plein sera rétabli. Mesure phare de ce programme, le revenu minimum sera porté à 1 700 euros brut. Une proposition qu’un Français sur deux juge justifiée. Autre urgence pour le Front de gauche, un plan pour le logement et contre la spéculation immobilière. 8,6 millions de personnes sont sans logement ou mal logées. Jean-Luc Mélenchon propose de créer un service public national et décentralisé du logement, de l’habitat et de la ville, de réquisitionner des logements vacants. La santé est elle aussi devenu un luxe pour bon nombre de Français, qui ne peuvent plus se payer les soins dont ils ont besoin. Le Front de gauche propose donc de rétablir immédiatement le remboursement intégral à 100 % des dépenses de santé couvertes par la Sécurité sociale.

 

4. Une VIe République pour tourner la page 
du système oligarchique

Un changement de Constitution. L’idée était dans l’air pour enrayer la confiscation du pouvoir par les intérêts privés, sous le vernis d’une démocratie aseptisée. En plaçant la revendication d’une VIe République au cœur de sa campagne, le Front de gauche a réussi le pari de la populariser. 120 000 personnes se sont retrouvées, le 18 mars, place de la Bastille, à Paris, pour la «marche pour la VIe République». Une mobilisation inédite, qui témoigne de l’urgence de tourner la page du système oligarchique, à son apogée durant le quinquennat de Nicolas Sarkozy. Portant haut sa détermination à ce que le peuple reprenne le pouvoir, le programme du Front de gauche a démontré que la question du régime politique n’est pas une affaire de juristes mais bien une condition de la révolution citoyenne. «Prenez le pouvoir», c’est le slogan du Front de gauche, dont le candidat, Jean-Luc Mélenchon, a égrené au fil de ses meetings ses propositions pour une nouvelle République qui garantisse la souveraineté populaire, les droits sociaux et la citoyenneté à l’entreprise. S’il est élu, il propose de convoquer une Assemblée constituante, chargée de rédiger une constitution, qui serait soumise au référendum. Indépendance de la justice et des médias, citoyenneté de résidence pour les étrangers, droit d’intervention dans la gestion des entreprises, nouvelle décentralisation et autonomie des collectivités… Autant de chantiers que le Front de gauche veut soumettre au débat public.

 

5. La résurgence et le renouvellement 
de la gauche de combat et de résistance

«Résistance !» Le mot a été repris en cœur dans les meetings au milieu d’innombrables drapeaux rouges et de forêts de poings levés… Un mot qui revêt une portée historique et qui se conjugue au présent. Les images ont posé le décor : ici, c’est la gauche de combat, celle qui sait d’où elle vient et qui sait où elle veut aller. À plusieurs reprises, Jean-Luc Mélenchon l’aura répété en expliquant le sens de chacun de ces symboles et pourquoi ils étaient plus que jamais d’actualité. Tandis que les commentateurs les plus zélés s’étaient empressés soit de moquer, soit de jeter aux oubliettes de l’histoire tout un pan de la gauche, la voilà qui, aujourd’hui, non seulement resurgit mais parvient à séduire une partie de l’électorat qui se sentait perdu. Non, la gauche n’était pas condamnée au recentrage et, à l’arrivée, à l’autosabordage à l’italienne. Reprendre ces symboles des luttes populaires est un pied de nez à ceux qui, à l’instar de la fondation Terra Nova (think tank proche du Parti socialiste), considéraient juste avant le début de la campagne que la gauche n’avait plus rien à voir avec un mouvement ouvrier désormais propriété du FN, et qu’elle ne devait être, dès lors, que la voix des «classes moyennes supérieures». Tout comme abandonner la question sociale au profit des questions sociétales. À la surprise de nombreux esprits qui n’attendaient plus rien de ce côté de l’échiquier politique, le retour de la gauche de combat et de résistance est bien la première victoire du Front de gauche.

 

6. Pour sortir de la crise, libérer les finances publiques des griffes des marchés financiers

Austérité. La messe était dite. Toute la campagne présidentielle devait tourner autour du strict programme des figures imposées par les dirigeants de l’Union européenne et les marchés financiers. Jusqu’au bout, le pouvoir sarkozyste se sera servi de la crise pour accentuer encore le pillage du travail et l’austérité, avec le recul démocratique sans précédent du nouveau traité qu’il a refusé de soumettre au référendum. La campagne du Front de gauche a montré qu’il était possible de reprendre le pouvoir aux banques et aux marchés financiers, une condition sine qua non pour sortir de la crise. Car l’austérité nourrit la récession qui elle-même pèse sur les recettes fiscales assises sur l’activité économique, ce qui aboutit à creuser les déficits et à alourdir les dettes. Le Front de gauche propose un audit citoyen qui amènera à geler ou effacer les dettes illégitimes. Concernant les nouveaux emprunts nécessaires, il propose de redéfinir le rôle de la Banque centrale européenne (BCE), qui prêterait directement aux États aux mêmes conditions qu’elle prête aux banques. Après avoir soutenu le contraire, Nicolas Sarkozy, dans une ultime volte-face, a affirmé que la BCE devait soutenir la croissance. L’impact des propositions du Front de gauche pousse tous les autres candidats à se repositionner. «Un programme économique irréaliste !» ont pourtant asséné en chœur ses adversaires, en agitant la situation de la Grèce comme un épouvantail, oubliant que d’autres pays comme l’Équateur ou l’Islande ont réussi à s’affranchir de la dictature des marchés financiers.

 

 

>>> « La France doit se doter d’une politique de la ville ambitieuse »

>>> Jean-luc Mélenchon : « ne rien lâcher »

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>>> Tout un peuple retrouve la voie de l’espoir

 

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BRUNO FORNACIARI

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