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24 avril 2012 2 24 /04 /avril /2012 07:45

Et le gagnant au Havre est…

François Hollande fait 519 voix de mieux que Ségolène Royal en 2007. Mais c’est surtout Jean-Luc Mélenchon (10.097 voix de plus que M.-G Buffet) qui redore le blason du PCF.

Dessin : Emmanuel Chaunu

Dessin : Emmanuel Chaunu


En 2007, Ségolène Royal avait réuni 26,77 % des suffrages au Havre. mais elle était devancée par Nicolas Sarkozy (28,96 %). Cette fois, l’ordre des deux premiers s’est inversé : Hollande 30,17 %, Sarkozy 23,19 %. Le président sortant perd 7 042 voix dans une ville où le nombre d’électeurs a chuté lui aussi, de 7 881 électeurs.
Mélenchon : 10 000 voix de mieux
Bien sûr, François Hollande est en tête, et c’est très certainement lui – qui a fait 519 voix de mieux que Ségolène Royal en 2007 – qui gagnera le dimanche 6 mai, du moins au Havre. Il n’empêche que localement, celui qui a le plus progressé en nombre de voix est le Parti communiste, du moins son représentant du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon : là où Marie-Georges Buffet avait glané 3 200 électeurs, celui qui a pris le relais au nom du PCF totalise 13 297 suffrages ! Autre progression spectaculaire, et pas seulement en pourcentage (de 11,05 % à 17,4 % pour le candidat du FN) : Marine Le Pen, qui améliore le nombre de suffrages reçus par son paternel il y a cinq ans de 4.191 unités.
Et les perdants sont…
Ces progressions se font au détriment de Nicolas Sarkozy (- 7 042 voix), François Bayrou (- 8 509 voix), et de l’extrême-gauche (4 500 voix de moins pour Philippe Poutou par rapport à Olivier Besancenot pour le NPA, et 987 de moins pour Nathalie Arthaud par rapport à Arlette Laguillier pour L.O.). Voilà qui rebat les cartes dans la perspective des législatives de juin…
O.B.

Présidentielle 2012 : les résultats au Havre

1. Hollande (30,17 %)
2. Sarkozy (23,19 %)
3. Le Pen (17,4 %)
4. Mélenchon (16,54 %)
5. Bayrou (7,14 %)
6. Joly (1,81 %)
7. Dupont-Aignan (1,47 %)
8. Poutou (1,33 %)
9. Arthaud (0,72 %)
10. Cheminade (0,23 %)

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24 avril 2012 2 24 /04 /avril /2012 07:38

De bons résultats à l'échelle nationale grâce à la mobilisation, partout, des militants Front de gauche

Politique - le 23 Avril 2012

Le succès du Front de gauche est national. Il n’y a plus de zone d’exclusion, même en Alsace où le PCF était quasi-inexistant, Jean-Luc Mélenchon dépasse 7 %. Mais les résultats dans certaines communes symboliques méritent d'être relevés. Voici les scores du candidat Front de gauche dans les villes de la banlieue rouge, à Besançon comme dans d'autres villes emblématiques de la gauche française, mais aussi dans les communes où se sont déroulés d’importants conflits sociaux ces derniers mois.

Le score du Front de gauche

  • En Seine Saint Denis (93)

Bagnolet : 24,88 %
Montreuil 24,09 %
Saint Denis : 21,72 %
Saint Ouen : 20,98 %
Aubervilliers : 20,47 %
Tremblay : 19,84 %
Bobigny : 19,48 %
Pantin : 18,82 %
Drancy : 16,19 %

  • Hauts-de-Seine (92)

Gennevilliers : 28,04 %
Malakoff : 23,06 %
Bagneux : 21,09 %
Nanterre : 18,56 %

  • Val de Marne (94)

Ivry-sur-Seine : 25,45 %
Villejuif : 21,05 %
Valenton : 24,48 %

  • Val-d’Oise (95)

Argenteuil : 16,46 %
Garges-lès-Gonesse : 15,65 %
Sarcelles : 11,41 %

  • Essonne (91)

Corbeil-Essonnes : 15,77 %
Massy : 15,06 %
Palaiseau : 13,24 %
Grigny : 21,23 %

  • Yvelines (78)

Trappes : 17,91 %
Les Mureaux : 14,73 %
Sartrouville : 12,12 %

  • Choix de villes emblématiques de la gauche française

Dieppe (Seine-Maritime) : 18,05 %
Le Havre (Seine-Maritime) : 16,54 %
Vierzon (Cher) 24,05 %
Bourges (Cher) : 14,09 %
Tarnac (Corrèze) : 24,51 %
Calais (Pas de Calais) : 14,40 %
Besançon (Doubs) : 15,46 %
Longueau (Somme) : 19,88 %
Vaulx-en-Velin (Rhône) : 18,82 %
Vénissieux (Rhône) : 19,01 %
Antraigues sur Volane (ville de Jean Ferrat en Ardèche) : 32,99 %
Tergnier (Aisne) : 15,28 %
Bègles (Gironde) : 20,44 %
Port de Bouc (Bouches-du-Rhône) : 36,47 %
Echirolles (Isère) : 18,35 %

  • Du côté des entreprises en lutte

Saint-Junien, albany  (Haute Vienne) 18,52 %
Montataire, STILL  (Oise) 23,09 %
Florange ArcelorMittal (Moselle) : 11,80 %
Petit-Couronne, Petroplus (Seine Maritime) : 17,68 %
Yssengeaux, Lejaby (Haute-Loire) : 8,89 %
Alizay, M-real (l’Eure) : 35,59 %
Aulnay sous bois, PSA, (Seine Saint Denis) : 14,60 %
Gémenos, Fralib (Bouches du Rhône) : 8,47 %
Valenciennes, PSA SevelNord, 12,07 %
Bastia (aéroport), 12,21 %

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21 avril 2012 6 21 /04 /avril /2012 11:50

Politique - le 19 Avril 2012

Présidentielle

L’alternative a enfin trouvé sa voix

Au fil de 
la campagne, 
le Front de gauche est apparu aux yeux des Français comme le seul porteur d’un projet cohérent de changement de société.


Mais qu’est-ce qui fait se presser des foules de plus en plus nombreuses aux meetings du Front de gauche qui caracole à des niveaux encore imprévus, il y a quelques semaines à peine, dans les sondages ? La question dérange ou inquiète les états-majors politiques, qui voient leurs scénarios de la présidentielle bousculés par l’ascension du Front de gauche. Et elle tarabuste les éditorialistes, qui ont d’ores et déjà rangé la campagne du candidat au rang de «révélation» ou de «phénomène» sans bien parvenir à en cerner les ressorts : sont-ce les qualités oratoires de son candidat ou bien encore l’armada militante dont il dispose, appuyée sur «la machine du Parti communiste» (dixit le Monde du 5 avril) ?

Volontiers réduit à un vote protestataire par les commentateurs et les autres candidats quand il ne dépassait guère les 5 % des intentions de vote, le Front de gauche est peu à peu apparu aux yeux des Français pour ce qu’il est : le seul porteur d’un projet alternatif global à la politique actuelle (60 % estiment que Jean-Luc Mélenchon incarne le mieux le changement, en tête des candidats, selon BVA), capable d’agréger des électorats aux intérêts et aux motivations en apparence disparates. Dans les explications du «phénomène Mélenchon», François Miquet-Marty, directeur associé de l’institut Viavoice, relève, dans une enquête publiée dans Libération, mardi, que «le corpus de propositions émis par le Front de gauche» a complété «l’image initialement plus protestataire de son candidat par une démarche de projet».


Une implication populaire
clé de voûte du changement


Une démarche de projet qui ne situe nullement son horizon aux échéances politiques immédiates – présidentielle et législatives – mais fait de celles-ci une étape, certes cruciale, d’une «insurrection citoyenne» qui s’inscrit dans le temps long de l’histoire en vue d’en bouleverser le cours. Il parie pour cela sur l’implication populaire, clé de voûte de tout changement réel pour les responsables du Front de gauche. «La dynamique du Front de gauche s’est muée en une lame de fond, un mouvement très profond qui mobilise le monde du travail, les milieux populaires et maintenant la jeunesse, déclarait le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, dans l’Humanité du 30 mars. C’est le résultat de mois de travail pour aller à la rencontre des attentes et des espérances populaires. Désormais, des millions de gens se disent qu’ils peuvent battre Nicolas Sarkozy sans laisser de côté leurs attentes de changement.» «L’implication populaire est la condition préalable du changement, rappelle de son côté Jean-Luc Mélenchon, dans un entretien à Politis, cette semaine. La cohérence du discours politique s’est développée à mesure que la campagne avançait», réalisant une nouvelle «synthèse idéologique». Bref, tout le contraire d’un catalogue de propositions qui se contenterait de «gauchir» le programme socialiste. Le Front de gauche a réussi là où les collectifs antilibéraux avaient laissé l’ouvrage, après leur échec, en 2007.

 

 

Décryptage  en 6 points


1.  La planification écologique, moteur 
d’un projet de société novateur

S’il est une question sur laquelle le Front de gauche n’était pas initialement attendu, c’est bien celle de l’écologie. Or la coalition progressiste a su se poser comme la force de l’écologie politique dans cette campagne, captant, au passage, une forte partie de l’électorat d’Europe Écologie – les Verts. C’est que l’écologie dépasse dans le programme «l’humain d’abord», le statut de thématique de campagne pour devenir une logique, un moteur qui lie entre eux les différents éléments du programme. La «planification écologique» proposée par le Front de gauche donne un cap à l’économie, à la recherche, à l’aménagement du territoire… Repenser des modes de production qui prennent en compte la rareté des ressources, qui évitent le gaspillage, qui correspondent aux besoins sociaux permettrait en outre dès aujourd’hui une relance économique, avec la création de nombreux emplois pour adapter l’outil productif.

Qui plus est, l’autonomie de la France dans le monde s’en trouverait renforcée du fait d’une moins grande dépendance énergétique. Jean-Luc Mélenchon se plaît d’ailleurs à dire que la France, si elle s’engageait dans cette voie, pourrait devenir la première nation écologique au monde et un modèle pour beaucoup de pays.

 

 

2. Paix, démocratie, coopération : des engagements pour un monde plus humain

Au fur et à mesure que la campagne avançait et tandis que la crise internationale participait à la confusion générale, les quelques voix médiatiques qui opposaient à Jean-Luc Mélenchon que son programme était «inapplicable dans le contexte de la mondialisation» ont dû en rabattre. Il faut dire que le candidat du Front de gauche présente une particularité : il est le seul à avoir porté une ambition diplomatique forte pour la France, à avoir développé une envie et une méthode pour que le pays, cinquième puissance mondiale, pèse et change l’ordre du monde. Tous les autres candidats ont soit pris soin de construire des programmes adaptés à l’ordre du monde tel qu’il est aujourd’hui, soit décidé de s’en couper dans un repli sur l’intérieur de nos petites frontières. C’est que le programme «l’Humain d’abord» mise sur l’avenir. Et l’on y privilégie des relations renouvelées de coopération avec les puissances émergentes aux relations avec l’hyperpuissance en déclin que représentent les États-Unis. C’est dans cette optique que Jean-Luc Mélenchon propose que la France, avec ses partenaires, engage tout son poids pour refonder les institutions internationales, libérer les pays émergents et en voie de développement du carcan du FMI et de l’OMC, qu’elle préconise la sortie de l’Otan et se prononce pour un règlement pacifique de tous conflits au sein d’une ONU refondée et démocratisée.

 

3. Des mesures immédiates pour partager les richesses et répondre aux urgences sociales

Agir tout de suite. C’est ce que propose le candidat du Front de gauche pour répondre à l’explosion des inégalités qui aura marqué le quinquennat de Nicolas Sarkozy. Le président du chômage de masse laisse un pays miné par la pauvreté et la précarité, alors que les richesses se sont accumulées entre quelques mains. Pour recréer des millions d’emplois, le Front de gauche propose une véritable réduction du temps de travail, une sécurisation de l’emploi et de la formation tout au long de la vie. Le droit à la retraite à soixante ans à taux plein sera rétabli. Mesure phare de ce programme, le revenu minimum sera porté à 1 700 euros brut. Une proposition qu’un Français sur deux juge justifiée. Autre urgence pour le Front de gauche, un plan pour le logement et contre la spéculation immobilière. 8,6 millions de personnes sont sans logement ou mal logées. Jean-Luc Mélenchon propose de créer un service public national et décentralisé du logement, de l’habitat et de la ville, de réquisitionner des logements vacants. La santé est elle aussi devenu un luxe pour bon nombre de Français, qui ne peuvent plus se payer les soins dont ils ont besoin. Le Front de gauche propose donc de rétablir immédiatement le remboursement intégral à 100 % des dépenses de santé couvertes par la Sécurité sociale.

 

4. Une VIe République pour tourner la page 
du système oligarchique

Un changement de Constitution. L’idée était dans l’air pour enrayer la confiscation du pouvoir par les intérêts privés, sous le vernis d’une démocratie aseptisée. En plaçant la revendication d’une VIe République au cœur de sa campagne, le Front de gauche a réussi le pari de la populariser. 120 000 personnes se sont retrouvées, le 18 mars, place de la Bastille, à Paris, pour la «marche pour la VIe République». Une mobilisation inédite, qui témoigne de l’urgence de tourner la page du système oligarchique, à son apogée durant le quinquennat de Nicolas Sarkozy. Portant haut sa détermination à ce que le peuple reprenne le pouvoir, le programme du Front de gauche a démontré que la question du régime politique n’est pas une affaire de juristes mais bien une condition de la révolution citoyenne. «Prenez le pouvoir», c’est le slogan du Front de gauche, dont le candidat, Jean-Luc Mélenchon, a égrené au fil de ses meetings ses propositions pour une nouvelle République qui garantisse la souveraineté populaire, les droits sociaux et la citoyenneté à l’entreprise. S’il est élu, il propose de convoquer une Assemblée constituante, chargée de rédiger une constitution, qui serait soumise au référendum. Indépendance de la justice et des médias, citoyenneté de résidence pour les étrangers, droit d’intervention dans la gestion des entreprises, nouvelle décentralisation et autonomie des collectivités… Autant de chantiers que le Front de gauche veut soumettre au débat public.

 

5. La résurgence et le renouvellement 
de la gauche de combat et de résistance

«Résistance !» Le mot a été repris en cœur dans les meetings au milieu d’innombrables drapeaux rouges et de forêts de poings levés… Un mot qui revêt une portée historique et qui se conjugue au présent. Les images ont posé le décor : ici, c’est la gauche de combat, celle qui sait d’où elle vient et qui sait où elle veut aller. À plusieurs reprises, Jean-Luc Mélenchon l’aura répété en expliquant le sens de chacun de ces symboles et pourquoi ils étaient plus que jamais d’actualité. Tandis que les commentateurs les plus zélés s’étaient empressés soit de moquer, soit de jeter aux oubliettes de l’histoire tout un pan de la gauche, la voilà qui, aujourd’hui, non seulement resurgit mais parvient à séduire une partie de l’électorat qui se sentait perdu. Non, la gauche n’était pas condamnée au recentrage et, à l’arrivée, à l’autosabordage à l’italienne. Reprendre ces symboles des luttes populaires est un pied de nez à ceux qui, à l’instar de la fondation Terra Nova (think tank proche du Parti socialiste), considéraient juste avant le début de la campagne que la gauche n’avait plus rien à voir avec un mouvement ouvrier désormais propriété du FN, et qu’elle ne devait être, dès lors, que la voix des «classes moyennes supérieures». Tout comme abandonner la question sociale au profit des questions sociétales. À la surprise de nombreux esprits qui n’attendaient plus rien de ce côté de l’échiquier politique, le retour de la gauche de combat et de résistance est bien la première victoire du Front de gauche.

 

6. Pour sortir de la crise, libérer les finances publiques des griffes des marchés financiers

Austérité. La messe était dite. Toute la campagne présidentielle devait tourner autour du strict programme des figures imposées par les dirigeants de l’Union européenne et les marchés financiers. Jusqu’au bout, le pouvoir sarkozyste se sera servi de la crise pour accentuer encore le pillage du travail et l’austérité, avec le recul démocratique sans précédent du nouveau traité qu’il a refusé de soumettre au référendum. La campagne du Front de gauche a montré qu’il était possible de reprendre le pouvoir aux banques et aux marchés financiers, une condition sine qua non pour sortir de la crise. Car l’austérité nourrit la récession qui elle-même pèse sur les recettes fiscales assises sur l’activité économique, ce qui aboutit à creuser les déficits et à alourdir les dettes. Le Front de gauche propose un audit citoyen qui amènera à geler ou effacer les dettes illégitimes. Concernant les nouveaux emprunts nécessaires, il propose de redéfinir le rôle de la Banque centrale européenne (BCE), qui prêterait directement aux États aux mêmes conditions qu’elle prête aux banques. Après avoir soutenu le contraire, Nicolas Sarkozy, dans une ultime volte-face, a affirmé que la BCE devait soutenir la croissance. L’impact des propositions du Front de gauche pousse tous les autres candidats à se repositionner. «Un programme économique irréaliste !» ont pourtant asséné en chœur ses adversaires, en agitant la situation de la Grèce comme un épouvantail, oubliant que d’autres pays comme l’Équateur ou l’Islande ont réussi à s’affranchir de la dictature des marchés financiers.

 

 

>>> « La France doit se doter d’une politique de la ville ambitieuse »

>>> Jean-luc Mélenchon : « ne rien lâcher »

>>> Générations Mélenchon : « On a tous vingt ans »

>>> Pierre Laurent à Marseille: «Nous sommes la chance de la gauche!»

>>> Tout un peuple retrouve la voie de l’espoir

 

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20 avril 2012 5 20 /04 /avril /2012 20:34

 

Nous, économistes, soutenons Mélenchon

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Nous, économistes, soutenons Mélenchon

Tribune de 35 économistes, issus notamment des universités Bordeaux-IV, université populaire de Caen, Lille-I, Paris-XIII, Paris-I, Toulouse I et Toulouse II, École d’économie de Paris et IEP Paris.


Ce texte n’engage que ses signataires et non les institutions mentionnées.


Le programme du Front de gauche est parfois caricaturé comme un catalogue de mesures sociales irréalistes. Il est plutôt irréaliste de continuer dans la spirale austérité-récession qui plonge l’Europe vers le chaos et le chômage. Ce programme recèle une vraie cohérence et cela sur deux plans. D’une part, il se donne les moyens d’atteindre ses objectifs sociaux contre la domination des marchés. Le Smic à 1 700 euros brut, la hausse des minima sociaux, la retraite à 60 ans à taux plein, le développement des services publics ne répondent pas qu’à des urgences sociales. Ces mesures créeront l’impulsion pour sortir de l’austérité budgétaire et salariale. Elles sauveront les PME asphyxiées par la stagnation de la demande intérieure, la domination des grands groupes et la limitation du crédit. Elles permettront de planifier démocratiquement la transition sociale et écologique.

 

D’autre part, autre originalité de cette politique, elle engagera une véritable bifurcation de l’économie vers un modèle de développement de qualité. Ainsi, la réduction collective du temps de travail accroîtra les marges de manœuvre pour créer des centaines de milliers d’emplois, rompre avec la précarité, réduire les inégalités, notamment entre hommes et femmes, et ouvrir une autre conception du bien-être. La bifurcation de l’économie passe par des investissements d’avenir, méprisés par les marchés. Le Front de gauche propose donc de réorienter le crédit bancaire vers les projets porteurs d’un développement écologique de l’emploi, de la formation et de la recherche. Nous nous appuierons sur un pôle financier public qui associera en réseau les institutions financières publiques existantes, celles qui devront être socialisées, et les réseaux mutualistes.

 

L’un des leviers le plus puissant pour agir dans ce sens sera une redéfinition radicale du statut, des missions et des objectifs de la BCE. Les États sont obligés d’emprunter sur les marchés, ce qui augmente considérablement le coût de la dette. C’est le résultat d’une politique délibérée des gouvernements et des institutions européennes qui se sont volontairement placés sous l’emprise des marchés. Aucune politique progressiste ne sera possible si les marchés continuent à dicter leur loi. C’est pourquoi la BCE et les banques centrales nationales doivent pouvoir, sous contrôle démocratique, financer les déficits publics et racheter les titres publics sur le marché secondaire. Sans attendre la modification des traités qu’il faudra entreprendre, des marges d’action, au niveau national comme au niveau européen, peuvent déjà être mobilisées. Les 1 000 milliards d’euros que la BCE vient de prêter aux banques privées sans contrepartie sont là pour démontrer l’ampleur de ce qu’il est possible de faire si nous reprenons le pouvoir face à la finance. Un Fonds européen de développement solidaire financé en partie par la BCE et par une taxe sur les transactions financières permettra, avec la mobilisation de l’épargne populaire, de disposer des investissements publics nécessaires à la grande bifurcation de notre modèle économique. Par ailleurs, le Front de gauche mettra en place un audit citoyen de la dette qui déterminera les conditions de son remboursement.

Cette logique économique nouvelle s’appuiera sur une batterie de mesures fiscales (revenu maximum, progressivité de l’impôt sur le revenu, suppression de niches fiscales) et réglementaires (taxation des mouvements de capitaux, séparation des banques de dépôt et d’investissement, suppression des stock-options, interdiction des produits spéculatifs). Elle sera fondée sur l’exercice de nouveaux pouvoirs économiques des salariés dans l’entreprise, l’un des piliers de la VIe République sociale que nous proposons (droit de veto suspensif et de contre-propositions sur les plans de licenciements).

 

Cette logique peut s’appuyer sur de grandes forces sociales en Europe pour réorienter les politiques économiques et changer le cours de la mondialisation en nouant des coopérations avec les peuples des pays émergents et en développement. On nous menace d’un déchaînement des marchés financiers au lendemain des élections. Ayant seul pris la mesure de cette menace, le Front de gauche propose une nouvelle cohérence économique, sociale et écologique, appuyée sur des mesures précises pour gouverner face aux banques et reprendre le pouvoir aux marchés financiers, produire autrement, partager les richesses et abolir l’insécurité sociale.

 

35 premiers signataires :

 

Louis Adam, commissaire aux comptes, Pierre Alary, maître de conférence Université Lille 1, Bruno Amable, professeur Université Paris 1, Nicolas Beniès, université populaire de Caen, Éric Berr, maître de conférence Université Bordeaux 4, Frédéric Boccara, économiste, Paul Boccara, université de Picardie, Marc Bousseyrol, maître de conférence IEP de Paris, Mireille Bruyère, maître de conférence Toulouse 2, Laurent Cordonnier, maître de conférence Lille 1, Yves Dimicoli, économiste, Denis Durand, membre du Conseil économique et social, Cédric Durand, maître de conférence Université Paris 13, Guillaume Etievant, expert auprès des CE, Flacher David, maître de conférence Université Paris 13, Jacques Généreux, professeur IEP de Paris, Bernard Guibert, économiste-statisticien, Jean-Marie Harribey, maître de conférence Université Bordeaux 4, Michel Husson, économiste, Sabina Issehane, Université Paris 13, Pierre Khalfa, syndicaliste, membre du Conseil économique, social et environnemental, Philippe Légé, maître de conférence Université de Picardie, Dany Lang, maître de conférence Université Paris 13, Jean Magniadas, membre honoraire du Conseil économique social, Catherine Mills, maître de conférence Université Paris 1, Matthieu Montalban, maître de conférence Université Bordeaux 4, Alain Morin, directeur de la revue Economie et Politique, François Morin, professeur Université Toulouse 1, Jean-François Ponsot, maître de conférence Université Grenoble 2, Jacques Rigaudiat, ancien conseiller social des Premiers ministres Rocard et Jospin, Robert Salais, chercheur ENS Cachan, Richard Sobel, maître de conférence Université Lille 1, Bruno Tinel, maître de conférence Université Paris 1, Stéphanie Treillet, économiste, Franck Van De Velde, maître de conférence Université Lille 1, Sébastien Villemot, Ecole d’Economie de Paris.

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20 avril 2012 5 20 /04 /avril /2012 20:30

Informations utiles pour suivre une journée électorale

À la veille du premier tour de l’élection présidentielle, nous vous proponsons de revenir sur les principales questions qui se posent lors d’une journée électorale. Des candidats aux assesseurs en passant par les électeurs et les délégués, chacun occupe une place dans les lieux du bureau de vote, orchestrée par les règles du Code électoral.

 

Au sommaire :


- Comment se compose un bureau de vote ?
- Quel est le rôle du président du bureau de vote ?
- Un conseiller municipal peut-il refuser d’être assesseur ?
- Comment un candidat peut-il suivre le déroulement du scrutin ?
- Pourquoi le dépouillement est-il un moment sensible ?
- Comment reconnaître un bulletin nul ?
- Comment peut-on contester le résultats d’une élection ?

 

Informations utiles pour suivre une journée électorale

À la veille du premier tour de l’élection présidentielle, nous vous proposons de revenir sur les principales questions qui se posent lors d’une journée électorale. Des candidats aux assesseurs en passant par les électeurs et les délégués, chacun occupe une place dans les lieux du bureau de vote, orchestrée par les règles du Code électoral.

 

Comment se compose un bureau de vote ?

Le bureau de vote est un acteur principal de l’organisation d’une journée électorale. Il se compose d’un président, d’au moins deux assesseurs et d’un secrétaire. Sa principale mission est d’encadrer la réception des votes en s’assurant que le scrutin se déroule dans de bonnes conditions. Ses décisions sont prises à la majorité (la voix du secrétaire n’est toutefois que consultative). Elles sont par ailleurs consignées dans un procès-verbal qui retrace les différents événements de la journée.

 

Quel est le rôle du président du bureau de vote ?

Le président du bureau de vote est désigné par le maire de la commune où se déroule l’élection, parmi les conseillers municipaux. Suivant une jurisprudence traditionnelle, un élu ne peut pas refuser, sans raison valable, d’assurer cette fonction dévolue par la loi. Dans un arrêt du 21 mars 2007 (commune de Romainville, n° 278437), le Conseil d’État a jugé qu’un conseiller municipal ayant refusé de présider un bureau de vote, sans raison, peut être déclaré démissionnaire de ses fonctions électives par le tribunal administratif, à la demande du maire (article L. 2121-5 du Code général des collectivités territoriales, CGCT). Concrètement, en cas d’absence du président lors de l’ouverture du bureau, les membres de ce dernier devront avertir les services municipaux. Le maire désignera alors un nouveau président. Cette situation ne doit toutefois pas bloquer l’ouverture du bureau. Elle sera mentionnée au procès-verbal. Le président a pour principale mission d’assurer le bon déroulement du scrutin. Pour ce faire, il exerce notamment la police du bureau. Dans ce cadre, il peut recourir aux forces de l’ordre ou encore retirer ses fonctions à un membre du bureau qui troublerait l’élection. Il peut faire expulser un perturbateur et interdire toutes pratiques nuisibles, comme l’utilisation des téléphones.

 

Un conseiller municipal peut-il refuser d’être assesseur ?

Les assesseurs sont désignés par le maire, parmi les membres du conseil municipal ou des électeurs de la commune. Ils concourent au déroulement du vote en encadrant ses différentes étapes. Si le refus d’assurer une présidence de bureau de vote peut clairement être sanctionné, la règle est plus ambiguë pour les fonctions d’assesseur. En effet, dans un arrêt du 3 mars 2011, la cour administrative d’appel de Versailles a estimé que « si un conseiller municipal peut être amené à participer au fonctionnement d’un bureau de vote en tant qu’assesseur supplémentaire sur désignation du maire, cette fonction, qui incombe au premier chef aux électeurs du département et n’est pas inhérente à l’exercice du mandat, ne peut être regardée comme lui étant dévolue par la loi au sens de l’article L. 2121-5 du CGCT et justifiant, en cas de refus de l’exercer, la mise en œuvre de la procédure de démission qu’il prévoit ». Le président de l’Association des maires de France, Jacques Pélissard, a récemment interpellé le ministère de l’Intérieur sur la question. Ce dernier a indiqué que plusieurs recours sont en attente devant la cour administrative d’appel de Versailles. « Dans ce contexte, il paraît opportun d’attendre la décision de cette juridiction avant d’envisager toute disposition de nature à conférer un caractère obligatoire à la fonction d’assesseur supplémentaire. »

 

Comment un candidat peut-il suivre le déroulement du scrutin ?

Tout candidat dispose d’un droit à représentation dans l’ensemble des bureaux de vote où se déroule l’élection. Premièrement, il peut désigner un assesseur qui composera le bureau de vote. Deuxièmement, un délégué peut être choisi, par lui, pour le représenter au sein de la salle de vote. Les délégués peuvent être sélectionnés parmi tous les électeurs du département où se déroule l’élection. Ils ont le pouvoir de contrôler les opérations électorales et de demander l’inscription d’observations au procès-verbal. Ils ne font toutefois pas partie du bureau. Afin de permettre sa représentation, le candidat devra effectuer, en amont du scrutin, une déclaration auprès du maire, au plus tard l’avant-veille de l’élection à 18 heures. Il notifiera les nom, prénoms, date et lieu de naissance, adresse de chacun des assesseurs et délégués choisis. Il devra aussi indiquer le bureau de vote où il souhaite les voir affectés. Suite à cette opération, le maire délivrera un récépissé qui garantira les droits des représentants. Ce document sera demandé par le président du bureau de vote.

 

Pourquoi le dépouillement est-il un moment sensible ?

Le dépouillement est le moment de décompte des suffrages. C’est là où se noue le résultat. L’organisation du dépouillement est décrite à l’article L. 65 du Code électoral. Première étape, dès la clôture du scrutin, il est procédé au dénombrement des émargements. L’urne est ensuite ouverte et le nombre des enveloppes est vérifié. Si ce nombre est plus grand ou moindre que celui des émargements, il en est fait mention au procès-verbal. Le bureau et les candidats désignent parmi les électeurs présents des scrutateurs qui sont répartis entre différentes tables. Après que les rôle et place de chacun ont été répartis, l’ouverture des enveloppes peut commencer. Dans le cas où une enveloppe contient plusieurs bulletins, le vote est nul quand les bulletins portent les noms de candidats différents. À l’inverse, si un seul nom est retenu, le vote sera validé mais ne comptera évidemment que pour un. Lors de ce moment central, le candidat ou son représentant peut demander l’inscription au procès-verbal de toutes difficultés qu’il aurait relevées.

Comment reconnaître un bulletin nul ?

Le Code électoral définit les conditions suivant lesquelles un bulletin doit être compté comme nul. Selon l’article L. 66, n’entrent pas dans le résultat du dépouillement : – les bulletins blancs ; – ceux qui ne contiennent pas une désignation suffisante ou dans lesquels les votants se sont fait connaître ; – les bulletins trouvés dans l’urne sans enveloppe ou dans des enveloppes non réglementaires ; – les bulletins écrits sur papier de couleur ; – les bulletins ou enveloppes portant des signes intérieurs ou extérieurs de reconnaissance ; – les bulletins ou enveloppes portant des mentions injurieuses pour les candidats.

Comment peut-on contester le résultat d’une élection ?

Dans le cas où un électeur ou un candidat estime que la sincérité du scrutin a été altérée par des faits ou comportements frauduleux, il peut saisir le juge de l’élection pour demander l’annulation du scrutin. Le préfet dispose aussi de cette compétence. À l’inverse, les personnes morales (partis politique ou collectivités territoriales) ne peuvent pas entreprendre une telle action. Le juge de l’élection se différencie du juge administratif et civil. Ainsi, pour les élections municipales et cantonales, un recours devra être formé en première instance devant le tribunal administratif dans les cinq jours qui suivent le résultat. Pour les élections régionales, le requérant saisira directement le Conseil d’État dans les dix jours. S’agissant des élections législatives, c’est le juge constitutionnel qui sera interpellé dans les dix jours pour.

 

ATTENTION Pour l’élection présidentielle :
Les électeurs ne peuvent contester la régularité d’une opération qu’en inscrivant dans le procès-verbal de leur bureau de vote leur réclamation. Les délégués des candidats disposent aussi de ce droit. Le préfet peut quant à lui attaquer l’élection dans les quarante-huit heures qui suivent la clôture du scrutin. Les candidats bénéficient aussi de cette voix de recours dans le même délai de quarante-huit heures.

ATTENTION Pour l’élection présidentielle :
Un modèle uniforme de bulletin est fourni par l’administration pour chaque candidat. Il comporte uniquement leur nom et prénom. Lors du dépouillement, tous bulletins différents de ceux délivrés par l’administration n’entrent pas en compte dans le résultat. (Article 24 du décret du 8 mars 2011 portant application de la loi du 6 novembre 1962, relative à l’élection du Président de la République au suffrage universel).

 

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20 avril 2012 5 20 /04 /avril /2012 15:36

- le 20 Avril 2012

A deux jours du premier tour de la présidentielle, les derniers sondages sont tombés, qui installent tous François Hollande en tête des intentions de vote, avec une avance confortable sur un Nicolas Sarkozy qui dévisse. De quoi remettre en cause les appels nourris du Parti socialiste à "voter utile", donc pour leur candidat.

  • Hollande devant dans tous les sondages

Ce vendredi, les instituts donnent tous le candidat socialiste devant le président sortant au premier tour:

  1. 30% contre 26,5%, pour l'institut BVA, dans une enquête publiée par Le Parisien-Aujourd'hui en France
  2. 28% contre 25%, dans un sondage CSA pour BFM-TV, 20 Minutes et CSC
  3. 27,5% contre 26,5%, pour Harris Interactive, VSD et LCP
  4. Seul Sofres-Sopra Group pour I>Télé donne du 27-27%

Si tous ces instituts soulignent la marge d'erreur, qui varie de 1,5% à 4% selon la taille des échantillons, pour le premier tour, tous sont encore plus formels pour la tendance au deuxième tour en cas de duel Hollande-Sarkozy. Le premier compte une dizaine de points d'avance sur le second (de 55%-45% pour TNS Sofres à 14 points (57%-43% pour BVA).

  • Le Front de gauche affronte le Front national

En revanche, l'incertitude est totale pour la troisième place, entre le candidat du Front de gauche et celui du Front national. Si BVA les place à égalité à 14%, les autres instituts donnent l'avantage à la fille de Jean-Marie Le Pen (17% contre 13% pour TNS Sofres, 16%-12% pour Harris, 16%-14,5% pour CSA). Avec, là encore, toutes les précautions d'usage sur les marges d'erreur.

  •  
  • Les deux façons de voter utile selon Mélenchon

De quoi donner encore plus de force à l'appel aux indécis de gauche de Jean-Luc Mélenchon pour l'aider à passer devant l'extrême droite, et "faire avancer le niveau des exigences" de la gauche. "Le vote utile (...) c'est le vote pour le Front de gauche, et le niveau du vote du Front de gauche est l'indicateur du trouillomètre de la droite", a-t-il expliqué jeudi soir lors de son dernier meeting avant le premier tour au Parc des expositions de Paris.

"Il faut bien comprendre ce que nous sommes en train de faire, ce n'est pas seulement un peuple qui règle ses comptes avec un dirigeant (...) nous ne nous battons pas que pour nous-mêmes. Nous allons briser sur le Vieux continent l'axe Merkozy, c'est-à-dire le cœur de l'Europe "austéritaire", a ajouté le porteur du Programme partagé.

 

"Plus vous mettez de bulletins, plus ils lâcheront"

Pour Jean-Luc Mélenchon, le vote utile est aussi celui qui permet de porter des exigences bien ancrées à gauche. Assurant être du côté du réalisme, le candidat Front de gauche a de nouveau défendu le relèvement du Smic à 1.700 euros brut, l'une des mesures phares de son programme. Il s'est réjoui de l'évolution, sur ce sujet, de la position de François Hollande. Après avoir parlé de "coup de pouce", le candidat PS a dit son intention d'opérer un "rattrapage" du Smic s'il est élu le 6 mai

"Allez-y", a lancé à ses électeurs potentiels celui qui se targuait récemment d'une "mélenchonisation des esprits". "Plus vous mettez (de bulletins de vote), plus ils lâcheront, allez." Et de conclure: "Nous serons, et pour toujours, la force autonome, indépendante, exigeante qui ne se marchande pas".

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20 avril 2012 5 20 /04 /avril /2012 15:27

Coup de théâtre à quelques heures du premier tour de l'élection présidentielle. Éric Besson, ministre de l’Industrie, vient d'annoncer cette nuit sa démission du gouvernement afin d'apporter son soutien à François Hollande.

 

Coup de théâtre à quelques heures du premier tour de l'élection présidentielle. Alors que la côte de Nicolas Sarkozy est au plus bas dans les sondages d'opinion, un nouveau coup sévère vient d'être porté à la campagne du candidat UMP.

Dans une interview accordée à Libération, Éric Besson, ministre de l’Industrie, vient d'annoncer cette nuit sa « démission du gouvernement afin d'apporter son soutien à François Hollande. »

 

FAIRE TOMBER LE MASQUE



EricBesson.jpgInterrogé par Nicolas Demorand, directeur de publication de Libération, M.Besson a déclaré vouloir « faire tomber le masque d'ignominie porté depuis cinq ans » en révélant au grand jour son « rôle d'agent infiltré au sein du gouvernement de Nicolas Sarkozy. »

Membre de l'équipe de campagne de Ségolène Royal en 2007, Éric Besson avait démissionné de son mandat de secrétaire national à l'économie du PS puis rejoint Nicolas Sarkozy peu avant le premier tour de la précédente élection présidentielle. Un acte qualifié à l'époque de "traîtrise".

« Croyez-moi, en 2007, sans en parler à personne, j'ai décidé seul de gagner les rangs de l'adversaire », a confié M.Besson. « J'ai considéré que tout était perdu avec Ségolène, mais je me refusais à laisser la France entre les mains d'un fou dangereux, un maboul complètement cintré qui voulait saigner les pauvres pour goinfrer les riches. Je suis vraiment de gauche, moi, monsieur ! »

 

DES CHIFFRES FAUX


Pressé de s'expliquer sur son zèle à la tête du ministère de l’Identité nationale et de l'UMP, Éric Besson a ensuite lâché une bombe politique. « Que ce soit à la Prospection, à l'Industrie ou à l'Immigration j'ai systématiquement contrevenu aux ordres du malfaisant Nicolas Sarkozy en présentant des chiffres faux, systématiquement faux ! »


L’ex-ministre a rejeté l’accusation de sabotage de l’action gouvernementale en plaidant avec emphase pour son « sens de la dignité et son respect pour la valeur de tous les individus fondée sur la capacité de tout citoyen à déterminer entre le bien et le mal. »

Puis d'ajouter qu'en admirateur du cinéma de Louis Malle, il lui était « évidemment impossible d'être le salaud de l'histoire, un traître. De séparer des familles et d'éparpiller des destins. J'ai trop aimé le film "Au revoir les enfants" pour laisser faire ces horreurs. Non, je ne suis pas un traître, croyez-moi sur parole », a particulièrement insisté M.Besson avant d'ajouter qu'il était toujours de gauche et qu'il ne demandait rien en échange de son ralliement, « sinon un poste de secrétaire d'Etat, de préférence dans un ministère avec vue sur la Seine. »

Interrogé sur son modus operandi, Éric Besson a confié que ses cabinets successifs « ont organisé des réseaux d'exfiltration des familles de sans-papiers avec le concours discret de RESF et de la Ligue des Droits de l'Homme. Des préfets, proprement écoeurés par le projet politique de l'abominable Sarkozy, nous ont spontanément apporté leur concours et depuis cinq ans, à la barbe du pouvoir, plus aucun enfant n'a été raflé à la sortie de son école. »

 

DES RÉACTIONS EN MASSE


besson4.jpgRéagissant sur Europe1 Nathalie Kosciusko Morizet, porte-parole de Nicolas Sarkozy, a provoqué l'effroi par des propos particulièrement maladroits, « si le président est réélu, les traîtres et les mauvais Français seront tous pendus à des crocs de boucher ! »

Le candidat du Modem François Bayrou, à la recherche d'un second souffle dans les sondages, a déclaré que « si tout cela s'avérait véridique, alors M.Besson pouvait légitiment retrouver sa place au sein de la République et intégré son équipe de campagne en vue d'un large rassemblement au centre. »


Jean Luc Mélenchon, candidat du Front de Gauche, n'a pas commenté les déclarations d'Éric Besson mais s'en est pris avec virulence au candidat Sarkozy : « Ces fascistes parfumés, ces vermines, ces rats qui quittent le navire payent leurs dix ans de politiques néolibérales destructrices. Bientôt l'UMP sera aussi insignifiant que le parti des chasseurs. Nous leur ferons les poches ! We are dangerous ! »

Interrogé sur RTL François Hollande, prochain président de République, a estimé que le « destin de traître » d'Eric Besson le suivrait toute sa vie.

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20 avril 2012 5 20 /04 /avril /2012 07:05

- le 19 Avril 2012

 HOLLANDE tente de siphonner l'électorat du Front de gauche

Après la hausse du Smic, l'Europe. A quatre jours du premier tour de la présidentielle, François Hollande a à nouveau fait un signe aux électeurs du Front de gauche en tentant de marcher sur les plates bandes du Programme partagé. Le candidat PS souligne ce jeudi matin avoir "un point commun" avec celui du Front de gauche Jean-Luc Mélenchon : le refus du traité européen sur les disciplines budgétaires "tel qu'il a été signé en mars".


Mais comme pour le coup de pouce du Smic auquel François Hollande semble s'être converti depuis mercredi, mais pas à la hauteur des 1700 euros réclamés tout de suite par le Front de gauche, le fossé reste grand entre ce que préconise le président du Conseil général de Corrèze sur l'Europe et le porteur du Programme partagé. "On peut regarder ce qui sous sépare, on peut regarder ce qui nous rapproche. J'ai été dans le même parti que Jean-Luc Mélenchon (ex-PS, ndlr) donc il y avait beaucoup de choses qui nous unissaient", a déclaré M. Hollande sur RMC et BFMTV.

 

Augmenter le Smic "autant qu'il serait possible"

Le candidat PS a souligné que "le Smic, c'est une question non pas de principe, je voudrais augmenter autant qu'il serait possible les salaires, mais j'ai une obligation, moi, si je deviens le prochain président de la République: je dois réussir, je ne suis pas là simplement pour faire une belle élection, pour faire un beau premier tour".

 

"J'accepte les disciplines" budgétaires

"En revanche, là encore, nous avons un point commun avec Jean-Luc Mélenchon, pas forcément exprimé de la même manière: je n'accepterai pas le traité budgétaire tel qu'il a été signé au mois de mars". "Je dirai, et je pense que mon message a été entendu, que j'accepte les disciplines, que je ferai en sorte que la dette de la France soit diminuée", mais "je dirai, s'il n'a pas un volet de croissance, si nous ne levons pas des emprunts pour soutenir des grands projets d'infrasructures, des projets industriels écologiques en Europe, eh bien nous aurons et l'austérité et la dette", a-t-il réaffirmé.

 

Là encore, le Front de gauche va bien plus loin, en proposant un référendum pour rejeter le traité "Merkozy" qui gravel'austérité dans le marbre constitutionnel de l'Europe.

 

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19 avril 2012 4 19 /04 /avril /2012 17:21

 

Libération : Porte-voix de Marine le Pen?

Quelle atroce impression nous laisse ce matin la lecture de Libération, le quotidien autrefois de gauche. A 3 jours du scrutin, rendez-vous crucial pour notre pays, le journal de la rue Béranger met à sa Une, la candidate du FN en titrant « La menace ».
Coûte que coûte, au mépris de la plus élémentaire déontologie, il faut faire peur à l'électorat de gauche. Faire silence sur ce qui fait pourtant l'événement de la presse mondiale qui couvre l'élection française : l'irruption du Front de gauche désormais en capacité de dépasser l'extrême droite placée, il y a quelques mois à plus de 20 % .

 

Le Front de gauche et son candidat Jean-Luc Mélenchon est en passe de réussir son pari : faire pièce à Marine Le Pen dans l'électorat populaire, fichant en l'air un scénario écrit à l'avance. Scénario auquel Libération avait déjà largement contribué le 9 janvier dernier, avec ce titre  : « 30% des Français n'exclueraient pas de voter Le Pen «  (faute d'orthographe incluse).

Quelle triste évolution que celle du journal fondé par Jean-Paul Sartre qui, pour jouer les rabatteurs du vote Hollande, s'est transformé en organe central de Marine Le Pen !

 

Alain Hayot, membre de la direction du PCF, spécialiste du Front National,

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19 avril 2012 4 19 /04 /avril /2012 15:13
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BRUNO FORNACIARI

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