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29 juillet 2013 1 29 /07 /juillet /2013 14:49

Financement/retraites : “Mettre à contribution les revenus du capital, pas du travail des ménages”

A en croire Bruno Le Roux ce matin, la prochaine réforme des retraites pourrait se traduire par une augmentation de la Contribution sociale généralisée (CSG). La CSG serait, selon lui, un moyen de mettre à contribution les revenus du capital. En réalité, loin d’être plus juste que les cotisations, la CSG repose essentiellement sur les revenus du travail des ménages (88 %). Les revenus financiers et du patrimoine n'y contribuent que pour 11 %. Les entreprises restent épargnées.

 

Pour Bruno le Roux, qui cherchait à l'évidence un marqueur de gauche, “cette piste ne doit pas être écartée”. Nous pensons qu'aucune ne doit l'être. Pour le financement des retraites comme pour le reste, il y a urgence à engager dès la rentrée un grand plan de relance de la demande comme de l'offre.

 

Si une réforme clairement de gauche, juste et efficace est en réflexion, une majorité de gauche au Parlement peut décider une réforme de l’assiette des cotisations patronales, accroître le taux et la masse des cotisations sociales patronales, en modulant le taux de cotisation patronale afin de relever la part de la masse salariale dans la valeur ajoutée.


Ainsi les entreprises qui relèvent cette part, en développant l’emploi, les salaires et la formation, seraient assujetties à un taux de cotisation relativement abaissé, tandis que l’accroissement des salaires, de l’emploi, permettrait des cotisations accrues.


Inversement, les entreprises qui licencient, réduisent la part des salaires dans la valeur ajoutée, fuient dans la croissance financière, seraient assujetties à un taux de cotisation beaucoup plus lourd.

 

Les revenus financiers des entreprises et des institutions financières s’élèvent à plus de 300 milliards d’euros par an.

 

Ils échappent largement aux prélèvements sociaux.

 

En leur appliquant les taux de cotisations patronales prévus pour chaque branche de la sécurité sociale, cela rapporterait annuellement plus de 80 Milliards d'euros au régime général, dont 30 Milliards pour les seules retraites.


Voilà comment nous pouvons contribuer à la croissance réelle, et contre la financiarisation.

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5 juillet 2013 5 05 /07 /juillet /2013 17:00

Tribune : L’urgence de la réforme des retraites : Refonder le pacte de solidarité entre les générations pour l’emploi et la retraite.

 

 

Anne-Marie Guillemard, Université Paris Descartes. Considérer les progrès de la longévité et le vieillissement démographique qui lui est corrélatif  sous le seul prisme des retraites et des réformes qu’il convient d’engager pour sauver leur équilibre comptable est voué à l’échec. Les questions du vieillissement et de longévité affectent notre société entière dans toutes ses dimensions.

Nos façons de travailler, de répartir les temps sociaux sur le parcours de vie, de couvrir les risques sociaux, de concevoir les identités de chaque âge et les rapports entre les générations sont profondément transformés par ce phénomène. Lorsqu’en 1945 a été construit notre système de retraite par répartition il a reposé sur un accord tacite entre les générations, tant sur les manières de répartir les temps sociaux sur le cycle de vie, que sur les profils de risques à couvrir selon les âges. Un temps d’inactivité pensionnée a été accordé à la vieillesse sous forme de retraite car l’urgence était de bâtir un droit universel à la retraite pour les « vieux », lesquels constituaient alors la fraction la plus pauvre des pays riches.

En échange de ce droit au repos pour la vieillesse après une longue vie de travail (qui représentait tout au plus quelques années de retraite), les jeunes adultes et les adultes se réservaient l’emploi de manière stable et durable après une courte période de formation. Ce pacte de solidarité entre les générations était un pacte gagnant/gagnant reposant sur le principe de l’équité entre les générations. Les générations successives de retraités ont pu rattraper progressivement, grâce à ce pacte, le niveau de vie des actifs. Mais ce pacte de solidarité a tourné au pacte de sacrifice. Révolution de la longévité, ralentissement de la natalité et avènement d’une société postindustrielle avec les changements du travail qu’elle a induits ont rendu inopérant et inéquitable ce pacte.

En effet, aujourd’hui une seule génération étroite d’âge médian entre 30 et 55 ans parvient à se maintenir sur le marché du travail. Elle occupe 80% des emplois alors qu’elle ne représente que 40% de la population. Les jeunes sont tenus aux lisières de l’emploi dans des emplois précaires et les actifs vieillissants sont vulnérables et peinent à durer sur le marché du travail. Les âges médians ne peuvent plus porter à eux seuls l’effort productif du pays et les transferts sociaux nécessaires dans un contexte de vieillissement des populations et de marges de progrès de la productivité limitées. Les réformes comptables récurrentes des retraites ne font qu’aggraver la charge qui pèse sur les jeunes actifs. Ces derniers ont pour seule perspective de contribuer toujours plus au système de retraite pour leurs aînés, tout en ayant pour horizon des retraites plus lointaines et moins généreuses pour eux-mêmes, car rien n’est fait pour leur permettre d’atteindre les nouvelles exigences en matière d’allongement de la durée de contribution pour liquider une retraite pleine (bientôt 42 ans).

On voit bien que le problème majeur posé est celui de l’évolution de la répartition des temps de travail et d’inactivité sur le parcours des âges, qui n’a plus rien à voir avec celle sur laquelle était fondé le pacte de solidarité entre générations de l’après guerre. Depuis plusieurs décennies on a assisté à la conjonction de progrès notables de la longévité, lesquels conduisent à une vie plus longue et en bonne santé (+8 ans d’espérance de vie depuis 1970), et un considérable raccourcissement de la vie de travail. Ainsi, les chiffres de l’OCDE illustrent bien cette évolution. En 1960 un homme passait en moyenne 50 ans de ses 68 ans de vie en emploi. En 1995 sur ses 76 ans d’existence il n’en consacrait plus que la moitié au travail soit 38 ans. Certes l’entrée des jeunes sur le marché du travail est plus tardive, en raison de l’allongement de la scolarité mais aussi des difficultés d’insertion dans l’emploi. Mais surtout la durée de la vie de retraite s’est allongée considérablement sous les effets conjugués de la tendance à la sortie précoce du marché du travail et de l’allongement de l’espérance de vie. Ainsi en France, la durée de retraite espérée a doublé entre 1975 et 2010 passant de 10 ans à plus de 20 ans.

Cette nouvelle distribution des temps sociaux sur le parcours des âges est à l’évidence intenable dans la perspective du vieillissement démographique en cours. Surtout, elle met en évidence que des réformes des retraites uniquement comptables qui jouent sur les paramètres du système actuels sont vouées à l’échec. Pire, la myopie de ces politiques risque de saper les fondements même de notre système de retraite par répartition. Car celles-ci se révèlent incapables de rétablir l’équité intergénérationnelle qui en constituait le ciment. L’accent mis exclusivement sur la soutenabilité financière du système compromet à terme sa soutenabilité sociale. Les efforts pour contenir les dépenses de retraite, même partagée par tous y compris les retraités, ne peuvent déboucher pour les générations futures que sur des retraites contributives qui se rapprocheront des minimas sociaux. Dès lors, le risque est grand de voir se développer une désaffection des jeunes à l’égard d’un système fort coûteux qui leur offre une garantie dans leur vieillesse à peine supérieure à celle de l’assistance. La porte est ouverte pour le développement de systèmes individuels de retraite par capitalisation.

Refonder le pacte de solidarité entre les générations passe par une réflexion sur les contreparties qui doivent être accordées aux jeunes générations en échange des efforts contributifs croissants qui sont exigés d’elles. Il faudrait esquisser les perspectives  à moyen, long terme d’une réforme systémique seule capable de rendre le système plus équitable intra et intergénérationnel. L’allongement de la durée de contribution pourrait être associée à des efforts publics pour une formation tout au long de la vie qui devraient être particulièrement ciblés sur les jeunes diplômés et les salariés de plus de 40 ans. Le but serait de mieux répartir les chances d’activité à tous les âges, car dans une société vieillissante nous avons besoin que tous travaillent.

L’allongement de ces périodes de formation sur le cours de vie devrait se traduire au niveau du calcul de la retraite par une prise en compte partielle afin de compenser, pour ces générations, les conséquences de l’allongement de la période de contribution sur le niveau des retraites futures. Refonder le pacte de solidarité entre les générations pour la retraite et l’emploi est la seule façon de sauver les retraites et d’esquisser des pistes d’avenir pour des retraites équitables et soutenables.

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28 juin 2013 5 28 /06 /juin /2013 17:27

Tract du collectif : la retraite une affaire de jeune !

 

 

Tract du collectif : la retraite une affaire de jeune !

 

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25 juin 2013 2 25 /06 /juin /2013 08:10
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24 juin 2013 1 24 /06 /juin /2013 12:59

 

 

 

 

Retraite

 

« on » prépare l’opinion au pire

 

La ministre des Affaires sociales déclare que « quand on vit plus longtemps, on peut travailler
plus longtemps ». 

 

Elle reprend à son compte l’antienne, à l’époque, des partisans UMP et Medef de la réforme Woerth-Sarkozy de 2010. L’un des Messieurs Retraite du PS, le député parisien Jean-Marie
Le Guen, évoquait de son côté toutes les pistes possibles de financement. Toutes ? Il se trouve qu’elles reposent entièrement sur les salariés et les retraités eux-mêmes. 

 

La mort de Pierre Mauroy a réuni les hommages que l’homme socialiste méritait. Son gouvernement, comprenant quatre ministres communistes, mit en œuvre la retraite à soixante ans, une ligne de partage entre gauche de progrès social et réaction qu’il défendit encore voilà trois ans au Sénat. Le tournant de la rigueur austéritaire des années suivant 1983,
et le début de la conversion au libéralisme d’une partie de cette gauche élue sur une promesse de changement, peut se mesurer : entre 1982 et aujourd’hui, la part des richesses créées par le travail consacrée aux salaires brut n’a cessé de baisser ; celle accaparée par les revenus financiers a quasi doublé, atteignant près de 310 milliards d’euros l’an passé. Et l’on ne pourrait pas trouver là-dedans de quoi financer des mesures de justice sociale ? 

 

Prenons l’exemple de Michelin. Le groupe annonce une quasi-fermeture de son site de Joué-lès-Tours. 700 salariés sont sur la sellette.
Un nouveau sinistre industriel et social est en vue. En quoi l’allongement de la durée de cotisation accordera-t-il une meilleure retraite à ceux à qui on supprime le droit au travail aujourd’hui ? Le groupe de pneumatiques affirme qu’il agit au nom de la compétitivité. À lire de plus près
ses documents financiers, on pourra se rendre compte que le mot est plus que jamais synonyme de rente. Ses ventes ont déjà baissé en 2012 ? Son bénéfice a augmenté d’un quart. Les dividendes versés aux actionnaires ont progressé d’un tiers depuis 2010. Et ces derniers sont encore assurés d’une « rentabilité opérationnelle » à deux chiffres en 2013. 

 

Les jeunes, condamnés à rester à la porte de l’emploi stable. Les autres salariés, invités à voir reculer un peu plus l’espérance d’une vraie vie après
le travail. Les retraités d’aujourd’hui, contraints
à se serrer un peu plus la ceinture et à prendre un petit boulot que n’auront pas les premiers... « L’État ne peut pas tout. » La phrase de Lionel Jospin sonna le glas, à l’automne 2001, d’une rupture de gauche avec
le pouvoir chiraquien, et lança Le Pen sur les rails
d’un score historique. Sauf à spéculer sur une réédition symérique de cet affrontement en 2017, va-t-on laisser Michelin et autres rapaces du CAC 40 imposer leur loi d’airain ? Ou des choix politiques peuvent-ils leur être imposés ? 

 

Si division et fatalité sont leurs meilleurs atouts, ce ne sont pas des valeurs de gauche ni de changement, possible et urgent. Parce qu’elle est une question sociale qui atteint au choix de société et de civilisation, convoquant toutes les générations, au présent et pour l’avenir, la question des retraites est loin d’avoir trouvé
sa réponse. Surtout dans un pays comme la France... 

 

 

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23 juin 2013 7 23 /06 /juin /2013 08:16
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19 juin 2013 3 19 /06 /juin /2013 06:03

 

Thierry Lepaon (archive)

SOCIAL-ECO -  le 17 Juin 2013

 

Retraites: Thierry Lepaon appelle à la mobilisation en septembre

 

 

Quatre meetings et une journée de mobilisation. Le numéro un de la CGT, Thierry Lepaon, a annoncé ce lundi une rentrée choc pour sa centrale syndicale, contre une réforme des retraites dont les arguments sont de plus en plus puisés du côté du patronat.

"Nous n'accepterons pas une nouvelle diminution de la rémunération du travail et de remise en cause des droits à la retraite par une énième réforme de notre système de retraite", a affirmé Thierry Lepaon, lors d'une conférence de presse, au cours de laquelle il a exposé les positions de la CGT, en vue de la conférence sociale organisée à la fin de la semaine.

Régimes de retraite

Le leader de la CGT a réitéré son opposition à un allongement de la durée de cotisation, évoqué dimanche soir par le président François Hollande, et a renouvelé la demande de la CGT d'une contribution des revenus financierspour assurer la protection sociale. Le syndicat propose par ailleurs un retour à l'âge légal à 60 ans et la constitution d'une "maison commune de la retraite" pour créer "une coordination entre les régimes de retraites" et "un socle de droits communs valables pour tous", a précisé Eric Aubin, secrétaire confédéral chargé de ce dossier.

"Le gouvernement est de plus en plus sensible à ce que peut dire le patronat", a-t-il ressenti lors des rencontres préliminaires avant la conférence sociale des 20 et 21 juin. Pour peser dans le débat, la centrale syndicale de Montreuil annonce donc la tenue de quatre meetings et d'une journée d'action dont la date sera décidée "en lien avec le calendrier parlementaire concernant les grands dossiers sociaux et notamment la réforme des retraites."

9 points de convergence avec les autres centrales

Le successeur de Bernard Thibault a appelé à la mobilisation "la plus unitaire possible" face à un Medef qui s'est soudé autour de la candidature de Pierre Gattaz, "pour peser sur le choix du gouvernement". Selon lui, compte tenu de la manière dont le candidat à la présidence du Medef "s'est exprimé ces dernières semaines sur des contenus et sur la méthode du dialogue social, il est prévu qu'il puisse y avoir un changement avec la période qui a été celle de Laurence Parisot".

D'où l'importance de présenter un front syndical le plus uni. Thierre Lepaon a décelé neuf "points de convergence" entre les positions de la CGT et celles des autres syndicats, dont la CFDT: "l'Europe sociale, l'égalité professionnelle, la qualité de vie au travail, la santé au travail, le refus de la baisse des pensions de retraites, la lutte anti-discrimination, le plan d'action pour l'emploi, les droits syndicaux, le droit de regard" des représentants syndicaux.

Question sur les aides publiques aux entreprises

La CGT demande aussi une "réorientation" des 200 milliards d'euros d'aides publiques aux entreprises. "On est passé d'une politique d'aide aux entreprises qui en ont besoin à une politique de droit des entreprises à disposer de l'argent public", a accusé Thierry Lepaon. Concernant l'emploi, la centrale demande notamment un bilan des contrats de génération et des contrats d'avenir. Thierry Lepaon reconnaît quelques "points positifs" à l'action gouvernementale - notamment la création de la banque publique d'investissement - "mais, aujourd'hui, c'est la déception qui domine", a-t-il jugé.

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19 juin 2013 3 19 /06 /juin /2013 05:49

 

SOCIAL-ECO

Rencontre Laurence Parisot François Hollande (archive)

SOCIAL-ECO -  le 18 Juin 2013

 

Retraites: Laurence Parisot soutient l'approche de François Hollande

"J'ai toujours soutenu l'approche de François Hollande sur toutes les question économiques et sociales car c'est une approche de dialogue, de concertation réelle", a insisté Laurence Parisot ce mardi.

Au cours d'un point presse, la présidente du Medef a plébiscité la méthode de la conférence sociale que le gouvernement s'apprête à réunir ce jeudi et vendredi au sujet de la retraite et de l'emploi. Cette approche est "tout à fait bonne", selon elle.  Cela "va dans le sens de ce que nous défendons, le dialogue, le diagnostic partagé et la volonté d'essayer de trouver un chemin commun". Elle espère ainsi que ce rendez-vous permette "une prise de conscience collective et une dynamique dans la réflexion" pour inclure "à la fois l'âge légal et la durée de cotisation" dans la réforme.

Le précédent de l'ANI

Laurence Parisot a de quoi se féliciter de la méthode de dialogue proposée par François Hollande au vu des résultats de la première conférence sociale consacrée à l'emploi, qui a débouché sur la transposition dans la loi de l'accord national interprofessionnel si généreux pour les employeurs en termes de flexibilisation de l'emploi et de protections contre les recours des salaires lors d'un plan social, entre autre chose.

L'opinion de Laurence Parisot a de quoi renforcer les craintes de la CGT sur les résultats de cette conférence sociale. Lors d'un point presse lundi, Thierry Lepaon a confié qu'au vu des rencontres préliminaires de cette conférence sociale, "le gouvernement est de plus en plus sensible à ce que peut dire le patronat".

Recul des droits sociaux

Le Medef compte bien tirer parti de la méthode Hollande pour aller plus loin que ce que prône déjà le rapport Moreau en matière de recul des droits sociaux. Laurence Parisot, qui participera à la table-ronde consacrée aux retraites, entend bien que ce rendez-vous permette une "prise de conscience" des autres participants, dans le sens des visées du patronat. A savoir:

  • contrecarrer une hausse même modeste des cotisations patronale pour financer les régimes de retraite. "C'est inacceptable, inenvisageable et irresponsable", selon elle.
  • en revanche, faire porter les efforts demandés aux Français à un niveau bioen supérieur que les pistes avancées par la commission Moreau. "Nous savons que les besoins de financement pour l'ensemble des régimes à l'horizon 2020 sont de l'ordre de 22 milliards d'euros par an". Or, sur cette somme, "8,6 milliards représentent les besoins de financement des seuls régimes des fonctionnaires" et "le rapport Moreau laisse entière (...) la question du financement" de ces régimes, a déploré la présidente du Medef.
  • allonger violemment les durées de cotisations et de départ à la retraite. "Le rapport (Moreau) imagine un déplacement de l'âge légal ou un allongement de la durée de cotisation sur un rythme tellement lent qu'effectivement ces mouvements ne produisent que très peu d'effets", a déploré Laurence Parisot qui s'aligne sur les prises de position de son probable successeur. Pierre Gattaz souhaitait vendredi dernier passer directement de 41 ans à 43 ans la durée de cotisation dès 2020.
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17 juin 2013 1 17 /06 /juin /2013 15:48

Retraite: déclaration de guerre sociale


François Hollande et Jean-Marc Ayrault tentent de légitimer toutes leurs actions par la douceur et la noblesse de la « justice », oui, la « justice », toujours la « justice », assaisonnée à toutes les sauces. Même les plus aigres.

 

Chaque semaine qui passe nous apporte en effet son lot de dévoiements et autres renoncements qui constituent autant d’incompréhensions pour une belle majorité des électeurs d’un certain 6 mai 2012. Dernier épisode en date ? Les retraites. Pour l’heure, le gouvernement n’en est (officiellement) qu’à l’énumération de pistes, contenues dans un rapport piloté par la conseillère d’État Yannick Moreau. Ce qui s’y trouve, toutefois, pourrait ouvrir de nouvelles brèches dans le système français et, à terme, si par malheur de semblables mesures étaient appliquées, mettre à bas l’un des piliers du pacte républicain hérité du CNR – du moins ce qu’il en reste…Ce que  le Figaro présente comme un  « cocktail détonant pour réformer les retraites »  s’apparenterait en vérité à une déclaration de guerre sociale, ni plus ni moins.


Allongement de la durée de cotisation, calcul des pensions de la fonction publique non plus sur les six derniers mois mais sur les dix dernières années de carrière, hausse de la CSG pour les retraités, suppression de leur abattement fiscal de 10 %... Principale contrepartie envisagée ? Une hausse de 0,3 % des cotisations patronales. Sans doute faudrait-il dire merci pour ce beau geste ? Stop ! N’en jetez plus ! Depuis vingt-quatre heures, les réactions syndicales sont évidemment à la hauteur de l’inquiétude. Et pour cause. 

Aucune de ces mesures n’améliorerait la situation économique, bien au contraire. Depuis le début de la crise, la France, soumise au diktat des logiques austéritaires, a déjà perdu 8 points de PIB et des centaines de milliers d’emplois.


Or il est impossible d’évoquer le dossier des retraites en le déconnectant des politiques globales. Avec le retour d’un peu de croissance et un chômage à la baisse, nous ne parlerions même plus des éventuels déficits des régimes ! Sortir de la spirale mortifère des politiques de rigueur menées un peu partout, qui ne conduisent qu’à accentuer la récession, est ainsi un impératif et une urgence. Augmenter la durée de cotisation, désindexer les pensions et, au final, rogner sur le pouvoir d’achat, ce serait accroître le mal. Pour contenir la fronde prévisible, le Premier ministre assure que la future réforme sera «guidée» par les mêmes principes que celle de la politique familiale.


Il y a donc tout lieu d’être inquiet. Nous cherchons des traces de virage social – ce pour quoi nous avons élu François Hollande – et nous ne trouvons qu’un virage social-libéral totalement assumé. Où s’arrêtera la trahison du discours du Bourget ? Pendant que Pierre Moscovici tourne casaque sur les salaires des patrons, expliquant qu’il convient de faire confiance au « code de bonne conduite du Medef » (sic), le président pratique l’éloge de Schröder, le démolisseur de l’état social allemand. Comment, après tout cela, oser encore se référer à Jaurès ? Cette question hante sûrement bien des têtes socialistes. 

Que François Hollande se méfie néanmoins. Personne n’a oublié les grandes grèves et manifestations, ni le traumatisme du passage en force des «réformes» Woerth, moule dans lequel semble se couler l’exécutif actuel. Les Français sont inquiets et se disent prêts à se mobiliser contre des mesures qui menaceraient leurs droits. 

Faisons en sorte que ce ne soient pas que des mots, mais une ferme intention 

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16 juin 2013 7 16 /06 /juin /2013 04:07

 

Michel Husson, février 2010

 

Le débat sur les retraites est dominé par la question du financement. Mais ce débat est parasité 

par cet argumentaire simpliste : le nombre de retraités va augmenter, donc on ne pourra plus 

leur verser les mêmes pensions. Il faudra qu’ils travaillent plus longtemps et qu’ils acceptent un 

régime moins favorable. Le sommet de l’hypocrisie consiste ensuite à évoquer un conflit 

intergénérationnel (sous prétexte de le désamorcer) : si aucune mesure supplémentaire n’est 

prise, les actifs renâcleront de plus en plus à payer des retraites dorées. Cet argumentaire est un 

attrape-gogo digne d’un placeur en assurances. Pour le démonter, il faut faire appel à la 

réflexion et décortiquer les données du problème. 

 

Une petite fable 

 

Commençons par une fable. Imaginons une société composée de 80 actifs et 20 retraités. Les 

actifs produisent chaque année une richesse de 1000 (quelle que soit la manière de la mesurer). 

Dans cette société, les retraités disposent d’un droit égal d’accès à cette richesse. Chaque 

membre de la société reçoit donc un revenu de 10. 

 

On suppose que le nombre d’actifs n’évolue pas, ni leur productivité, de telle sorte que la 

richesse disponible chaque année est toujours égale à 1000. Mais cette société vieillit et le 

nombre de retraités passe de 20 à 45. La société a alors deux grands choix possibles : 

elle peut décider de maintenir le principe d’une répartition uniforme en faisant par exemple 

valoir que les retraités étaient actifs avant de prendre leur retraite. Dans ce cas, l’ajustement se 

fait sur l’ensemble des membres de cette société : leur revenu moyen baisse uniformément et 

passe de 10 (1000/100) à 8 (1000/125). Mais elle peut aussi décider de maintenir le revenu des actifs : les 45 retraités doivent alors se partager la même richesse qui revenait auparavant aux 20 retraités. Chaque retraité ne reçoit 

plus alors qu’un revenu de 4,4 (200/45). 

 

Cette fable n’est pas si éloignée de la situation actuelle : la règle absolue selon laquelle la part 

de la richesse qui va aux retraités doit rester fixe revient à choisir la deuxième solution où 

l’ajustement se fait uniquement sur la pension versée à chaque retraité, qui baisse parce que leur 

nombre augmente

Mais cette fable est aussi, comme beaucoup de fables, une simplification. L’hypothèse 

déterminante est ici que la productivité n’augmente pas. Avec un nombre d’actifs fixé (ce qui 

est pour simplifier l’hypothèse pessimiste des prévisions officielles de population active) et une 

productivité constante, la richesse n’augmente pas et doit donc être répartie en un plus grand 

nombre d’ayants droit. Mais si on lève cette hypothèse (pas de gains de productivité) alors les 

choses changent. Pour prolonger la fable, imaginons que, grâce aux progrès de productivité, 

cette richesse double, pour atteindre 2000 au cours de la période qui voit le nombre de retraités 

passer de 20 à 45. Répartie entre l’ensemble de la population, cela donne un revenu moyen de 

16 (2000/125) contre 10 au départ. 

 

Le revenu moyen a donc augmenté pour tous, mais moins que si le nombre de retraités était 

resté le même. L’augmentation plus rapide de nombre de retraités est couverte par l’affectation 

d’une partie des gains de productivité, de manière à respecter le principe d’une augmentation 

uniforme des revenus pour les actifs et pour les retraités.

2 Nous en sommes là : la société a aujourd’hui le choix entre les deux manières d’accompagner 

les évolutions démographiques. Et tout est fait pour que le débat sur cette question ne soit pas 

vraiment ouvert.

 

Tout est un problème de répartition 

 

Comme son nom l’indique, un régime par répartition redistribue auprès des retraités les 

cotisations que les entreprises versent au prorata de leur masse salariale. Son équilibre dépend 

donc de trois variables-clés : 

le taux de cotisation, soit le rapport entre cotisations et masse salariale ; 

le taux de remplacement, soit le rapport entre pension et salaire net ; 

le ratio de dépendance, soit le rapport entre le nombre de retraités et le nombre de cotisants. 

L’égalité entre emplois et ressources d’un régime par répartition conduit à cette règle de base 

(voir annexe) : taux de cotisation = taux de remplacement * ratio de dépendance 

Face à une augmentation du ratio de dépendance, le régime peut alors s’ajuster de deux 

manières : 

soit par baisse du taux de remplacement : dans ce cas, la pension moyenne progresse moins 

vite que le salaire moyen ; 

soit par augmentation du taux de cotisation. 

 

L’ajustement par le taux de remplacement est interne au régime, puisqu’il ne modifie en rien les 

conditions de répartition de la valeur ajoutée. On peut y assimiler le recul de l’âge de la retraite, 

censé freiner la progression du ratio de dépendance. En revanche, l’ajustement par le taux de 

cotisation est susceptible de modifier le partage des revenus au détriment des profits. 

Le financement des retraites est donc toujours un problème de répartition. Il s’agit au fond de 

savoir quelle est la part du revenu national qui ira aux retraités, autrement dit à des citoyens qui 

ne participent plus directement à la création de ce revenu. La taille du revenu disponible dépend 

de la productivité des actifs (ce qu’ils produisent en une heure de travail). Cette productivité 

horaire augmente pour de bonnes raisons (le progrès technique) et pour de mauvaises 

(intensification du travail). Si ces gains de productivité étaient équitablement répartis, le salaire 

devrait progresser aussi vite que la productivité horaire et la part du gâteau resterait à peu près la 

même pour tout le monde. Mais ce n’est pas ce qui se passe car ces gains de productivité sont 

consacrés à d’autres usages : 

réduction de la durée du travail : à l’échelle historique, c’est une tendance majeure puisque 

nous travaillons aujourd’hui à mi-temps par rapport à ce qui se passait il y a un siècle ; 

salaire socialisé : une partie des gains de productivité va à la sécurité sociale sous forme de 

cotisations afin de couvrir diverses dépenses (santé, retraites, chômage, etc.) qui bénéficient à 

l’ensemble des travailleurs, qu’ils soient en activité ou pas ; 

fiscalité : les impôts servent à financer des dépenses collectives ; 

profits : si le partage salaires/profits se déplace en faveur des profits, alors le salaire progresse 

moins vite que la productivité. Ce supplément de profit peut ensuite être investi ou distribué aux 

actionnaires.

 

3 Productivité n’est pas productivisme 

 

Dire que l’équilibre du régime par répartition dépend de l’utilisation des gains de productivité, 

ce n’est pas sombrer dans le productivisme. Quelle que soit la trajectoire économique des 

décennies à venir, quel que soit le contenu de la croissance, autrement dit la nature des biens et 

services produits, la question se posera de déterminer la part qui revient aux retraités. C’est 

d’autant plus vrai qu’il s’agit ici de revenus monétaires, indépendamment par exemple du 

développement de services publics en nature. 

 

La productivité horaire est, pour aller vite, le Pib divisé par le nombre d’heures de travail. Dans 

ce qui suit, on a repris par commodité l’hypothèse sur laquelle travaille le COR, selon laquelle 

cette productivité augmenterait de 1,5 % par an. Mais les raisonnements s’appliqueraient de la 

même manière à une productivité progressant moins vite. Il n’y a qu’une seule contrainte : si 

l’on veut maintenir le rapport entre le revenu moyen des actifs et celui des retraités, on a besoin 

d’une productivité minimale, mais elle n’est que de 0,3 % par an (voir annexe). Le champ des 

possibles est donc largement ouvert. 

 

Toute société fait donc des choix quant à la répartition des gains de productivité. Elle doit 

arbitrer entre revenu et temps libre (quelle durée du travail ?), entre consommation individuelle 

et consommation collective (quelle fiscalité ?), entre salaires et profits (quelle part salariale ?) et 

entre salaire direct et salaire socialisé (quelle protection sociale ?). Tout n’est pas possible car 

on ne peut pas répartir plus de revenu qu’on n’en a créé mais il s’agit bien de choix, et les 

arbitrages dessinent une grande variété de modèles sociaux. Evidemment, tout le monde ne pèse 

pas du même poids, et la manière dont une société donnée opère ces choix résulte de processus 

sociaux complexes, la plupart du temps conflictuels, de telle sorte que les choix dont on parle ici 

ne sont pas réellement maîtrisés au niveau de la société mais effectués en quelque sorte en 

aveugle. Mais il n’empêche que ces choix sont faits. On peut dire que la société « révèle » après 

coup ses préférences, selon qu’elle privilégie plutôt le temps libre ou le pouvoir d’achat, le 

salaire direct ou le salaire socialisé, ou encore la part des actionnaires plutôt que celle qui va aux 

salariés ou aux retraités. 

Le constat : quelle utilisation des gains de productivité en France depuis 30 ans 

Les modes d’utilisation des gains de productivité horaire peuvent être quantifiés à partir d’une 

décomposition comptable effectuée sur le champ des sociétés non financières (voir annexe). 

 

Une fois éliminé l’écart qui peut exister entre le prix à la consommation et celui de la valeur 

ajoutée, on retrouve les principaux usages des gains de productivité mentionnés plus haut : 

augmentation du pouvoir d’achat 

augmentation du salaire socialisé 

réduction de la durée du travail 

déplacement du partage de la valeur ajoutée au détriment, ou en faveur, des salariés. 

C’est avec cette grille de lecture que l’on peut interroger l’évolution constatée sur les 30 

dernières années (tableau 1). Entre 1980 et 2008, la productivité horaire du travail a augmenté 

de 70 %, soit un rythme annuel de 1,9 % voisin de la tendance moyenne sur le XXème siècle. 

Mais le pouvoir d’achat moyen du salaire direct n’a augmenté que de 0,7 % par an. Entre les 

deux s’intercalent d’autres usages des gains de productivité. Entre 1980 et 2008, la durée du 

travail a baissé, le taux de cotisation moyen et la part des profits ont augmenté. Le tableau 1 

résume ce bilan et le graphique 1 montre comment on passe de la courbe de la productivité 

horaire à celle du salaire direct.

4 Tableau 1 

 

Les gains de productivité et leurs usages depuis 30 ans 

productivité horaire 1,91 % 

Źprogression du salaire réel 0,66 % 

Źbaisse de la durée du travail 0,54 % 

Źaugmentation du taux de cotisation 0,26 % 

Źaugmentation de la part du profit 0,45 % 

Taux de croissance annuel moyen 1980-2008 - Source : Insee 

Graphique 1 

L’affectation des gains de productivité, 1968-2008 

En indices, base 100 en 1980. Source : Insee. 

Ces évolutions conduisent à une modification significative dans la répartition de la valeur 

ajoutée (tableau 2). La tendance principale est un transfert des salaires vers les profits équivalant 

à 8,8 points de valeur ajoutée. A l’intérieur de la masse salariale, la quasi-intégralité de la baisse 

concerne les salaires nets. La part des cotisations sociales est restée à peu près constante. 

Tableau 2 

Répartition de la valeur ajoutée au coût des facteurs 

1980 2008 variation

Salaires 73,9 65,1 -8,8 

 cotisations sociales 28,1 27,7 -0,4 

 salaires nets 45,8 37,4 -8,4 

Profits 26,1 34,9 8,8 

 profit disponible 23,0 26,5 3,5 

 dividendes nets 3,1 8,4 5,3 

Total 100,0 100,0 0,0 

Sociétés non financières. Source : Insee 5

Du côté des profits, la majeure partie de l’augmentation est allée au versement de dividendes. 

En 1980, les revenus ainsi distribués par les entreprises représentaient 4,2% de leur masse 

salariale, et cette proportion est passée à 12,9 % en 2008. Autrement dit les salariés travaillaient 

72 heures par an pour les actionnaires en 1980. En 2008, c’est 189 heures. 

Trois scénarios 

Que peut-il se passer d’ici à 2050 ? Contrairement à ce que l’on voudrait nous faire croire, les 

marges de manœuvre sont importantes. Certes, le nombre de retraités va augmenter plus vite 

que celui des actifs et personne ne le conteste, même si l’ampleur de ce mouvement est sujette à 

caution. On se calera ici sur les projections du COR, même si on a montré plus haut qu’elles 

étaient contestables. En 2006, il y avait 182 cotisants pour 100 retraités. Dans son rapport de 

2007, le COR prévoit qu’il n’y en aura plus que 134 en 2030, puis 121 en 2050 (graphique 2). 

Ces prévisions sont contestables (voir plus haut) : il suffit de rappeler que les mêmes experts du 

COR annonçaient, deux ans plus tôt, qu’il y aurait 110 actifs pour 100 retraités en 2050. En 

deux ans, on a donc gagné 10 points sur ce fameux ratio à horizon 2050 ! 

Graphique 2 

Nombre de cotisants pour 100 retraités - 2010-2050 

120

130

140

150

160

170

180

2010 2015 2020 2025 2030 2035 2040 2045 2050

Source : COR 

L’essentiel n’est pas là : même si cette évolution est importante, il faut bien comprendre qu’elle 

est étalée sur près d’un demi-siècle. Il s’agit d’un mouvement progressif que l’on peut 

accompagner. Pour illustrer les marges de manœuvre, on examine trois scénarios qui se calent 

(en dépit de nos critiques déjà mentionnées) sur les prévisions du COR quant au rapport 

actifs/retraités et reprennent son hypothèse d’une progression de la productivité du travail au 

rythme de 1,5% sur l’ensemble de la période. Pour simplifier et se concentrer sur la question des 

retraites, on suppose que la durée du travail est constante, ainsi que le taux des autres cotisations 

sociales. 

Scénario de compromis : on suppose ici que la part des salaires (y compris cotisations 

sociales) reste constante à son niveau actuel qui est un minimum historique. Le taux de 

remplacement est constant, de telle sorte que la pension moyenne augmente à la même vitesse 

que le salaire net. L’ajustement se fait sur le taux de cotisation. 

Scénario de rattrapage : il est semblable au scénario de compromis, à cette différence près 

que la part des salaires augmente de cinq points en cinq ans pour se maintenir ensuite au niveau 

qui était le sien avant la récession de 1974-75 (graphique 3). 6

Scénario libéral : on suppose ici que les préceptes néolibéraux sont mis en œuvre sur toute la 

période. La plus importante en ce qui concerne les retraites est que toute augmentation du taux 

de cotisation est proscrite. Par ailleurs, le salaire réel ne bénéficie que dans une proportion des 

deux tiers de la progression de la productivité (1,5 %) et progresse donc de 1 %, ce qui est 

d’ailleurs une hypothèse relativement optimiste par rapport à ce que l’on a connu depuis 20 ans. 

Dans un tel schéma, la variable d’ajustement est le taux de remplacement, et par suite la pension 

moyenne. 

Tableau 3 

Trois scénarios 2009-2050 

Compromis Rattrapage Libéral 

Salaire net* + 1,2 % + 1,4 % + 1,0 % 

Pension moyenne* + 1,2 % + 1,4 % + 0,1 % 

Part des salaires** = + 5 points - 12 points 

Taux de remplacement** = = - 19 points 

Taux de cotisation** + 6 points + 6 points = 

* taux de croissance annuel moyen ** variation en points 

Le scénario de compromis démontre l’inanité des discours catastrophistes. Il montre que, même 

en supposant que la part des salaires reste au niveau historiquement bas qui est le sien 

aujourd’hui, il est possible de faire progresser parallèlement les salaires et les pensions et 

d’équilibrer le régime, moyennant une hausse du taux de cotisation qui modifie la répartition à 

l’intérieur de la masse salariale sans rogner sur la part des profits puisque celle-ci reste 

constante par hypothèse. C’est pourquoi il s’agit d’un compromis. Ce scénario établit donc la 

viabilité des retraites par répartition. 

Pourtant sa prise en considération est rendue impossible par le tabou proscrivant toute 

augmentation des taux de cotisation. Cela revient à tuer la logique du régime par répartition tout 

en proclamant qu’on veut la sauvegarder. Le seul argument invoqué - celui de la sacro-sainte 

compétitivité - ne tient pas, puisque ce scénario laisse la part des salaires inchangée. Certes, les 

salariés disposeraient dans ce scénario d’une moindre progression de leur pouvoir d’achat 

(1,2 % par an au lieu de 1,5 %) mais cet équivalent-productivité de 0,3 % leur garantit la 

perspective d’une pension non dévaluée. Le refus d’envisager un tel compromis ne peut 

s’expliquer autrement que par la volonté du patronat de ne pas se fermer a priori la possibilité 

d’un nouveau recul de la part des salaires. 

Le scénario de rattrapage permet d’absorber encore plus facilement la progression du nombre 

de retraités, grâce à une augmentation de la part salariale au détriment des dividendes. Il élargit 

ainsi le champ des possibles en dégageant d’autres possibilités, non explicitées ici, comme par 

exemple une réduction de la durée du travail créatrice d’emplois. 

Le scénario libéral conduit à des résultats aberrants. Il exclut à peu près toute progression du 

niveau de vie des retraités : c’est donc un scénario de paupérisation relative. Mais il conduit 

également à une invraisemblable baisse de la part des salaires (graphique 3). Elle reculerait de 

12 points d’ici à 2050, et cela ne pourrait être qu’au profit des actionnaires ; en effet, une telle 

déformation dans la répartition des revenus n’inciterait pas les entreprises à investir, faute de 

débouchés. 

Ce scénario pourrait paraître extravagant. Mais qu’on y réfléchisse : il est fondé sur la 

prolongation des tendances observées depuis au moins deux décennies et sur les 

recommandations néolibérales habituelles. Autrement dit le néo-libéralisme n’est pas soutenable 

et il est donc parfaitement légitime de vouloir rompre avec ses principes de base. En récusant 7

toute hausse de cotisation, c’est bien vers ce scénario libéral que l’on s’oriente, avec des 

pressions renouvelées sur les dépenses sociales comme sur les salaires directs. Le résultat 

essentiel des simulations présentées ici est au contraire de montrer qu’il est possible de financer 

les retraites en augmentant les taux de cotisation, même dans l’hypothèse où le partage de la 

valeur ajoutée reste au moins à son niveau actuel, qui n’a jamais été aussi défavorable aux 

salariés. 

Graphique 3 

Evolution de la part des salaires dans les trois scénarios 

50

55

60

65

70

75

1960 1965 1970 1975 1980 1985 1990 1995 2000 2005 2010 2015 2020 2025 2030 2035 2040 2045 2050

Rattrapage

Compromis

Libéral

Cet exercice permet aussi de souligner à quel point la présentation de la question du 

financement est en général fallacieuse. Ainsi, dans son rapport de 2010, qui reprend ses 

projections de 2007, le COR pointe le chiffre qui est censé retenir l’attention : le déficit prévu en 

2050, qui s’élèverait à 69 milliards d’euros. Et le premier ministre a lancé le chiffre rond de 100 

milliards d’euros, supposé encore plus alarmant. 

Mais cette présentation est biaisée : ce qui compte, c’est que ce « déficit » ne représente que 

1,7 % du Pib de 2050. Et surtout, elle masque l’hypothèse fondamentale du calcul, à savoir le 

fait que la part des cotisations dans le Pib reste inexorablement fixée à 13%. 1,7 % du Pib 

nécessaire à l’équilibrage financier des régimes équivaut - pour une part des salaires égale aux 

deux tiers du Pib - à 2,6 points de masse salariale : c’est peu et c’est moins que nos estimations 

(+ 6 points) qui correspondent à des hypothèses différentes notamment en matière d’indexation. 

Dans notre scénario de compromis, les pensions sont indexées sur le salaire net par 

l’intermédiaire d’un taux de remplacement constant. Dans la réalité, les pensions ne sont plus 

indexées que sur les prix, ce qui implique que le pouvoir d’achat de la pension est simplement 

maintenu mais qu’il ne progresse plus. Le rapport de février 2010 du COR est très clair sur ce 

point : « le rapport entre la retraite moyenne nette et le revenu d’activité moyen net baisserait 

ainsi de 9 % à l’horizon 2020 et de 23 % à l’horizon 2050 dans le scénario de base ». 

Nos propositions 

On l’aura compris : si on ne fait pas sauter le tabou des ressources, la situation relative des 

retraités va se dégrader encore plus et notre système par répartition va peu à peu être vidé de sa 

substance et inspirer une méfiance croissante auprès des jeunes générations. Si l’on veut 

préserver un système de retraites solidaire, il faut donc lui assurer un supplément de ressources 8

proportionné à l’augmentation du nombre d’ayants droit. Il existe plusieurs moyens d’arriver à 

ce résultat : 

d’abord soumettre à cotisations les rémunérations non salariales (intéressement, 

participation, épargne salariale Perp ou Perco) qui sont en grande partie exonérées. C’est 

d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles les politiques salariales des entreprises tendent à 

favoriser ces formes de rémunération moins coûteuses - et individualisées - par rapport à des 

augmentations générales de salaires. Ces dispositifs tarissent les ressources du régime de 

retraites. C’est donc l’intérêt des salariés de leur redonner le même statut qu’aux salaires : cela 

leur permettrait de redéfinir des objectifs clairs dans les négociations collectives et de garantir 

leur avenir en tant que futurs retraités. 

dans un régime par répartition, l’ajustement se fait normalement par augmentation du taux de 

cotisation. La revendication la plus simple doit donc viser à faire sauter le tabou absolu du gel 

du taux de cotisation et à augmenter les cotisations patronales. 

compte tenu des évolutions retracées ci-dessous en faveur des actionnaires, il faut mettre en 

avant ce mot d’ordre simple : « faisons cotiser les dividendes ». Il est en phase avec la 

perception des effets de la crise et de la volonté des possédants d’en sortir sans remise en cause 

une répartition des revenus qui leur est favorable. Telle est en effet la question qui va dominer le 

débat dans les années à venir : est-il acceptable que les salariés paient les pots cassés de la crise 

alors que la ponction sur la richesse produite opérée par les actionnaires continuerait comme 

avant ? Pour qu’il n’en soit pas ainsi, on peut élargir l’assiette des cotisations au profit non 

investi, ou établir une contribution spécifique sur les profits distribués. 9

Annexe mathématique 

1. Le mode d’utilisation des gains de productivité 

Le point de départ est la définition comptable de la part salariale ou, pour simplifier on néglige 

l’effet des prix relatifs. Au numérateur, la masse salariale se calcule en fonction de l’emploi (N), 

du salaire horaire réel (sh), de la durée du travail (dur), du niveau des (p), et du taux de 

cotisation (t). Au dénominateur, le Pib est décomposé en volume (Q) et en prix (p). On obtient : 

[1] psal = sh.p.dur.(1+t).N/pQ 

Dans cette formule, on introduit le salaire réel direct par tête (s = sh.dur) et la productivité 

horaire (prodh = Q/N.dur) et on obtient alors, en inversant la relation précédente : 

[2] prodh = s.(1+t).(1/dur).(1/psal) 

C’est à partir de cette relation qu’on peut décomposer les usages des gains de productivité 

horaire (hors effet des prix relatifs) : 

pouvoir d’achat du salaire direct : (s) 

salaire socialisé : (1+t) 

réduction de la durée du travail : (1/dur) 

variation du partage salaires/profits :(1/psal) 

2. L’équilibre du régime des retraites 

Les ressources proviennent des cotisations assises à un taux t sur la masse salariale, soit: t.s.p.N 

Les dépenses correspondent aux paiements des pensions. Leur montant est de r.s.p.R où r est le 

taux de remplacement, R le nombre de retraités et s.p le salaire net nominal. 

L’égalité entre ressources et dépenses s’écrit donc : t.s.p.N = r.s.p.R 

Si l’on note d le ratio de dépendance R/N, cette formule permet de calculer le taux de cotisation 

qui assure l’équilibre financier du régime : 

[3] t = r.d 

3. Le calcul de l’équivalent-productivité 

Si le nombre de retraités augmente plus vite que le nombre de cotisants, il faut consacrer une 

fraction des gains de productivité à cet « excès » de retraités. La progression du ratio de 

dépendance peut alors être convertie en équivalent-productivité. Ce calcul conduit à une règle 

relativement simple dans le cas où l’on suppose que la part des salaires et le taux de 

remplacement restent constants (scénario de « compromis »). 

On part du calcul de la part salariale (psal) en distinguant salaire direct et cotisations : 

psal = (s.p.N + t.s.p.N)/pQ = (s.N + t.s.N)/Q 

Dans cette expression, on remplace t par sa valeur qui équilibre le régime des retraites calculée 

selon la relation [3] et l’on obtient : 

psal = (s.N + r.d.s.N)/Q. 10

En introduisant la productivité par tête (Q/N), on obtient finalement : 

[4] psal = s.(1+rd)/prod 

Comme la part des salaires est constante, l’équation [4] ci-dessus montre que le taux de 

croissance (tx) de la productivité se ventile de la manière suivante : 

tx(prod) = tx(s) + tx(1+rd) 

L’expression (1+rd) peut s’interpréter comme le nombre de parties prenantes de la répartition : à 

chaque salarié, il faut ajouter d retraités qui comptent en proportion du taux de remplacement r. 

Le taux de croissance du nombre de parties prenantes est l’équivalent-productivité de 

l’accroissement du nombre relatif de retraités. 

Avec les hypothèses du COR, la productivité augmente de 1,5 % par an et le ratio de 

dépendance d passe de 0,56 en 2008 à 0,83 en 2050. En prenant un taux de remplacement 

constant et égal par exemple à 70 %, le terme (1+rd) passe de 1,39 à 1,58 entre 2008 et 2050, 

soit sur une période de 42 ans. On obtient l’équivalent-productivité en calculant (1,58/1,39)1/42

ce qui donne 0,3 % par an. 

Conclusion : pour une productivité de 1,5 % par an et une part des salaires constante, le salaire 

et la pension moyenne pourraient augmenter de 1,2 % par an. Ce résultat majeur est 

complètement occulté par les experts officiels. 

Notations 

d ratio de dépendance (R/N) 

dur durée du travail 

N emploi salarié 

p prix de la valeur ajoutée 

prod productivité par tête (prod = Q/N) 

prodh productivité horaire (prodh = Q/N.dur) 

psal part des salaires dans la valeur ajoutée des entreprises 

Q valeur ajoutée à prix constants 

R nombre de retraités 

r taux de remplacement (pension moyenne en % du salaire net) 

s salaire réel direct par tête (s = sh.dur) 

sh salaire réel direct horaire 

t taux de cotisations sociales 

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Published by bruno fornaciari - dans RETRAITES
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BRUNO FORNACIARI

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