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4 août 2013 7 04 /08 /août /2013 07:48
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29 juillet 2013 1 29 /07 /juillet /2013 14:49

Financement/retraites : “Mettre à contribution les revenus du capital, pas du travail des ménages”

A en croire Bruno Le Roux ce matin, la prochaine réforme des retraites pourrait se traduire par une augmentation de la Contribution sociale généralisée (CSG). La CSG serait, selon lui, un moyen de mettre à contribution les revenus du capital. En réalité, loin d’être plus juste que les cotisations, la CSG repose essentiellement sur les revenus du travail des ménages (88 %). Les revenus financiers et du patrimoine n'y contribuent que pour 11 %. Les entreprises restent épargnées.

 

Pour Bruno le Roux, qui cherchait à l'évidence un marqueur de gauche, “cette piste ne doit pas être écartée”. Nous pensons qu'aucune ne doit l'être. Pour le financement des retraites comme pour le reste, il y a urgence à engager dès la rentrée un grand plan de relance de la demande comme de l'offre.

 

Si une réforme clairement de gauche, juste et efficace est en réflexion, une majorité de gauche au Parlement peut décider une réforme de l’assiette des cotisations patronales, accroître le taux et la masse des cotisations sociales patronales, en modulant le taux de cotisation patronale afin de relever la part de la masse salariale dans la valeur ajoutée.


Ainsi les entreprises qui relèvent cette part, en développant l’emploi, les salaires et la formation, seraient assujetties à un taux de cotisation relativement abaissé, tandis que l’accroissement des salaires, de l’emploi, permettrait des cotisations accrues.


Inversement, les entreprises qui licencient, réduisent la part des salaires dans la valeur ajoutée, fuient dans la croissance financière, seraient assujetties à un taux de cotisation beaucoup plus lourd.

 

Les revenus financiers des entreprises et des institutions financières s’élèvent à plus de 300 milliards d’euros par an.

 

Ils échappent largement aux prélèvements sociaux.

 

En leur appliquant les taux de cotisations patronales prévus pour chaque branche de la sécurité sociale, cela rapporterait annuellement plus de 80 Milliards d'euros au régime général, dont 30 Milliards pour les seules retraites.


Voilà comment nous pouvons contribuer à la croissance réelle, et contre la financiarisation.

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5 juillet 2013 5 05 /07 /juillet /2013 17:00

Tribune : L’urgence de la réforme des retraites : Refonder le pacte de solidarité entre les générations pour l’emploi et la retraite.

 

 

Anne-Marie Guillemard, Université Paris Descartes. Considérer les progrès de la longévité et le vieillissement démographique qui lui est corrélatif  sous le seul prisme des retraites et des réformes qu’il convient d’engager pour sauver leur équilibre comptable est voué à l’échec. Les questions du vieillissement et de longévité affectent notre société entière dans toutes ses dimensions.

Nos façons de travailler, de répartir les temps sociaux sur le parcours de vie, de couvrir les risques sociaux, de concevoir les identités de chaque âge et les rapports entre les générations sont profondément transformés par ce phénomène. Lorsqu’en 1945 a été construit notre système de retraite par répartition il a reposé sur un accord tacite entre les générations, tant sur les manières de répartir les temps sociaux sur le cycle de vie, que sur les profils de risques à couvrir selon les âges. Un temps d’inactivité pensionnée a été accordé à la vieillesse sous forme de retraite car l’urgence était de bâtir un droit universel à la retraite pour les « vieux », lesquels constituaient alors la fraction la plus pauvre des pays riches.

En échange de ce droit au repos pour la vieillesse après une longue vie de travail (qui représentait tout au plus quelques années de retraite), les jeunes adultes et les adultes se réservaient l’emploi de manière stable et durable après une courte période de formation. Ce pacte de solidarité entre les générations était un pacte gagnant/gagnant reposant sur le principe de l’équité entre les générations. Les générations successives de retraités ont pu rattraper progressivement, grâce à ce pacte, le niveau de vie des actifs. Mais ce pacte de solidarité a tourné au pacte de sacrifice. Révolution de la longévité, ralentissement de la natalité et avènement d’une société postindustrielle avec les changements du travail qu’elle a induits ont rendu inopérant et inéquitable ce pacte.

En effet, aujourd’hui une seule génération étroite d’âge médian entre 30 et 55 ans parvient à se maintenir sur le marché du travail. Elle occupe 80% des emplois alors qu’elle ne représente que 40% de la population. Les jeunes sont tenus aux lisières de l’emploi dans des emplois précaires et les actifs vieillissants sont vulnérables et peinent à durer sur le marché du travail. Les âges médians ne peuvent plus porter à eux seuls l’effort productif du pays et les transferts sociaux nécessaires dans un contexte de vieillissement des populations et de marges de progrès de la productivité limitées. Les réformes comptables récurrentes des retraites ne font qu’aggraver la charge qui pèse sur les jeunes actifs. Ces derniers ont pour seule perspective de contribuer toujours plus au système de retraite pour leurs aînés, tout en ayant pour horizon des retraites plus lointaines et moins généreuses pour eux-mêmes, car rien n’est fait pour leur permettre d’atteindre les nouvelles exigences en matière d’allongement de la durée de contribution pour liquider une retraite pleine (bientôt 42 ans).

On voit bien que le problème majeur posé est celui de l’évolution de la répartition des temps de travail et d’inactivité sur le parcours des âges, qui n’a plus rien à voir avec celle sur laquelle était fondé le pacte de solidarité entre générations de l’après guerre. Depuis plusieurs décennies on a assisté à la conjonction de progrès notables de la longévité, lesquels conduisent à une vie plus longue et en bonne santé (+8 ans d’espérance de vie depuis 1970), et un considérable raccourcissement de la vie de travail. Ainsi, les chiffres de l’OCDE illustrent bien cette évolution. En 1960 un homme passait en moyenne 50 ans de ses 68 ans de vie en emploi. En 1995 sur ses 76 ans d’existence il n’en consacrait plus que la moitié au travail soit 38 ans. Certes l’entrée des jeunes sur le marché du travail est plus tardive, en raison de l’allongement de la scolarité mais aussi des difficultés d’insertion dans l’emploi. Mais surtout la durée de la vie de retraite s’est allongée considérablement sous les effets conjugués de la tendance à la sortie précoce du marché du travail et de l’allongement de l’espérance de vie. Ainsi en France, la durée de retraite espérée a doublé entre 1975 et 2010 passant de 10 ans à plus de 20 ans.

Cette nouvelle distribution des temps sociaux sur le parcours des âges est à l’évidence intenable dans la perspective du vieillissement démographique en cours. Surtout, elle met en évidence que des réformes des retraites uniquement comptables qui jouent sur les paramètres du système actuels sont vouées à l’échec. Pire, la myopie de ces politiques risque de saper les fondements même de notre système de retraite par répartition. Car celles-ci se révèlent incapables de rétablir l’équité intergénérationnelle qui en constituait le ciment. L’accent mis exclusivement sur la soutenabilité financière du système compromet à terme sa soutenabilité sociale. Les efforts pour contenir les dépenses de retraite, même partagée par tous y compris les retraités, ne peuvent déboucher pour les générations futures que sur des retraites contributives qui se rapprocheront des minimas sociaux. Dès lors, le risque est grand de voir se développer une désaffection des jeunes à l’égard d’un système fort coûteux qui leur offre une garantie dans leur vieillesse à peine supérieure à celle de l’assistance. La porte est ouverte pour le développement de systèmes individuels de retraite par capitalisation.

Refonder le pacte de solidarité entre les générations passe par une réflexion sur les contreparties qui doivent être accordées aux jeunes générations en échange des efforts contributifs croissants qui sont exigés d’elles. Il faudrait esquisser les perspectives  à moyen, long terme d’une réforme systémique seule capable de rendre le système plus équitable intra et intergénérationnel. L’allongement de la durée de contribution pourrait être associée à des efforts publics pour une formation tout au long de la vie qui devraient être particulièrement ciblés sur les jeunes diplômés et les salariés de plus de 40 ans. Le but serait de mieux répartir les chances d’activité à tous les âges, car dans une société vieillissante nous avons besoin que tous travaillent.

L’allongement de ces périodes de formation sur le cours de vie devrait se traduire au niveau du calcul de la retraite par une prise en compte partielle afin de compenser, pour ces générations, les conséquences de l’allongement de la période de contribution sur le niveau des retraites futures. Refonder le pacte de solidarité entre les générations pour la retraite et l’emploi est la seule façon de sauver les retraites et d’esquisser des pistes d’avenir pour des retraites équitables et soutenables.

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28 juin 2013 5 28 /06 /juin /2013 17:27

Tract du collectif : la retraite une affaire de jeune !

 

 

Tract du collectif : la retraite une affaire de jeune !

 

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25 juin 2013 2 25 /06 /juin /2013 08:10
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24 juin 2013 1 24 /06 /juin /2013 12:59

 

 

 

 

Retraite

 

« on » prépare l’opinion au pire

 

La ministre des Affaires sociales déclare que « quand on vit plus longtemps, on peut travailler
plus longtemps ». 

 

Elle reprend à son compte l’antienne, à l’époque, des partisans UMP et Medef de la réforme Woerth-Sarkozy de 2010. L’un des Messieurs Retraite du PS, le député parisien Jean-Marie
Le Guen, évoquait de son côté toutes les pistes possibles de financement. Toutes ? Il se trouve qu’elles reposent entièrement sur les salariés et les retraités eux-mêmes. 

 

La mort de Pierre Mauroy a réuni les hommages que l’homme socialiste méritait. Son gouvernement, comprenant quatre ministres communistes, mit en œuvre la retraite à soixante ans, une ligne de partage entre gauche de progrès social et réaction qu’il défendit encore voilà trois ans au Sénat. Le tournant de la rigueur austéritaire des années suivant 1983,
et le début de la conversion au libéralisme d’une partie de cette gauche élue sur une promesse de changement, peut se mesurer : entre 1982 et aujourd’hui, la part des richesses créées par le travail consacrée aux salaires brut n’a cessé de baisser ; celle accaparée par les revenus financiers a quasi doublé, atteignant près de 310 milliards d’euros l’an passé. Et l’on ne pourrait pas trouver là-dedans de quoi financer des mesures de justice sociale ? 

 

Prenons l’exemple de Michelin. Le groupe annonce une quasi-fermeture de son site de Joué-lès-Tours. 700 salariés sont sur la sellette.
Un nouveau sinistre industriel et social est en vue. En quoi l’allongement de la durée de cotisation accordera-t-il une meilleure retraite à ceux à qui on supprime le droit au travail aujourd’hui ? Le groupe de pneumatiques affirme qu’il agit au nom de la compétitivité. À lire de plus près
ses documents financiers, on pourra se rendre compte que le mot est plus que jamais synonyme de rente. Ses ventes ont déjà baissé en 2012 ? Son bénéfice a augmenté d’un quart. Les dividendes versés aux actionnaires ont progressé d’un tiers depuis 2010. Et ces derniers sont encore assurés d’une « rentabilité opérationnelle » à deux chiffres en 2013. 

 

Les jeunes, condamnés à rester à la porte de l’emploi stable. Les autres salariés, invités à voir reculer un peu plus l’espérance d’une vraie vie après
le travail. Les retraités d’aujourd’hui, contraints
à se serrer un peu plus la ceinture et à prendre un petit boulot que n’auront pas les premiers... « L’État ne peut pas tout. » La phrase de Lionel Jospin sonna le glas, à l’automne 2001, d’une rupture de gauche avec
le pouvoir chiraquien, et lança Le Pen sur les rails
d’un score historique. Sauf à spéculer sur une réédition symérique de cet affrontement en 2017, va-t-on laisser Michelin et autres rapaces du CAC 40 imposer leur loi d’airain ? Ou des choix politiques peuvent-ils leur être imposés ? 

 

Si division et fatalité sont leurs meilleurs atouts, ce ne sont pas des valeurs de gauche ni de changement, possible et urgent. Parce qu’elle est une question sociale qui atteint au choix de société et de civilisation, convoquant toutes les générations, au présent et pour l’avenir, la question des retraites est loin d’avoir trouvé
sa réponse. Surtout dans un pays comme la France... 

 

 

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23 juin 2013 7 23 /06 /juin /2013 08:16
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19 juin 2013 3 19 /06 /juin /2013 06:03

 

Thierry Lepaon (archive)

SOCIAL-ECO -  le 17 Juin 2013

 

Retraites: Thierry Lepaon appelle à la mobilisation en septembre

 

 

Quatre meetings et une journée de mobilisation. Le numéro un de la CGT, Thierry Lepaon, a annoncé ce lundi une rentrée choc pour sa centrale syndicale, contre une réforme des retraites dont les arguments sont de plus en plus puisés du côté du patronat.

"Nous n'accepterons pas une nouvelle diminution de la rémunération du travail et de remise en cause des droits à la retraite par une énième réforme de notre système de retraite", a affirmé Thierry Lepaon, lors d'une conférence de presse, au cours de laquelle il a exposé les positions de la CGT, en vue de la conférence sociale organisée à la fin de la semaine.

Régimes de retraite

Le leader de la CGT a réitéré son opposition à un allongement de la durée de cotisation, évoqué dimanche soir par le président François Hollande, et a renouvelé la demande de la CGT d'une contribution des revenus financierspour assurer la protection sociale. Le syndicat propose par ailleurs un retour à l'âge légal à 60 ans et la constitution d'une "maison commune de la retraite" pour créer "une coordination entre les régimes de retraites" et "un socle de droits communs valables pour tous", a précisé Eric Aubin, secrétaire confédéral chargé de ce dossier.

"Le gouvernement est de plus en plus sensible à ce que peut dire le patronat", a-t-il ressenti lors des rencontres préliminaires avant la conférence sociale des 20 et 21 juin. Pour peser dans le débat, la centrale syndicale de Montreuil annonce donc la tenue de quatre meetings et d'une journée d'action dont la date sera décidée "en lien avec le calendrier parlementaire concernant les grands dossiers sociaux et notamment la réforme des retraites."

9 points de convergence avec les autres centrales

Le successeur de Bernard Thibault a appelé à la mobilisation "la plus unitaire possible" face à un Medef qui s'est soudé autour de la candidature de Pierre Gattaz, "pour peser sur le choix du gouvernement". Selon lui, compte tenu de la manière dont le candidat à la présidence du Medef "s'est exprimé ces dernières semaines sur des contenus et sur la méthode du dialogue social, il est prévu qu'il puisse y avoir un changement avec la période qui a été celle de Laurence Parisot".

D'où l'importance de présenter un front syndical le plus uni. Thierre Lepaon a décelé neuf "points de convergence" entre les positions de la CGT et celles des autres syndicats, dont la CFDT: "l'Europe sociale, l'égalité professionnelle, la qualité de vie au travail, la santé au travail, le refus de la baisse des pensions de retraites, la lutte anti-discrimination, le plan d'action pour l'emploi, les droits syndicaux, le droit de regard" des représentants syndicaux.

Question sur les aides publiques aux entreprises

La CGT demande aussi une "réorientation" des 200 milliards d'euros d'aides publiques aux entreprises. "On est passé d'une politique d'aide aux entreprises qui en ont besoin à une politique de droit des entreprises à disposer de l'argent public", a accusé Thierry Lepaon. Concernant l'emploi, la centrale demande notamment un bilan des contrats de génération et des contrats d'avenir. Thierry Lepaon reconnaît quelques "points positifs" à l'action gouvernementale - notamment la création de la banque publique d'investissement - "mais, aujourd'hui, c'est la déception qui domine", a-t-il jugé.

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19 juin 2013 3 19 /06 /juin /2013 05:49

 

SOCIAL-ECO

Rencontre Laurence Parisot François Hollande (archive)

SOCIAL-ECO -  le 18 Juin 2013

 

Retraites: Laurence Parisot soutient l'approche de François Hollande

"J'ai toujours soutenu l'approche de François Hollande sur toutes les question économiques et sociales car c'est une approche de dialogue, de concertation réelle", a insisté Laurence Parisot ce mardi.

Au cours d'un point presse, la présidente du Medef a plébiscité la méthode de la conférence sociale que le gouvernement s'apprête à réunir ce jeudi et vendredi au sujet de la retraite et de l'emploi. Cette approche est "tout à fait bonne", selon elle.  Cela "va dans le sens de ce que nous défendons, le dialogue, le diagnostic partagé et la volonté d'essayer de trouver un chemin commun". Elle espère ainsi que ce rendez-vous permette "une prise de conscience collective et une dynamique dans la réflexion" pour inclure "à la fois l'âge légal et la durée de cotisation" dans la réforme.

Le précédent de l'ANI

Laurence Parisot a de quoi se féliciter de la méthode de dialogue proposée par François Hollande au vu des résultats de la première conférence sociale consacrée à l'emploi, qui a débouché sur la transposition dans la loi de l'accord national interprofessionnel si généreux pour les employeurs en termes de flexibilisation de l'emploi et de protections contre les recours des salaires lors d'un plan social, entre autre chose.

L'opinion de Laurence Parisot a de quoi renforcer les craintes de la CGT sur les résultats de cette conférence sociale. Lors d'un point presse lundi, Thierry Lepaon a confié qu'au vu des rencontres préliminaires de cette conférence sociale, "le gouvernement est de plus en plus sensible à ce que peut dire le patronat".

Recul des droits sociaux

Le Medef compte bien tirer parti de la méthode Hollande pour aller plus loin que ce que prône déjà le rapport Moreau en matière de recul des droits sociaux. Laurence Parisot, qui participera à la table-ronde consacrée aux retraites, entend bien que ce rendez-vous permette une "prise de conscience" des autres participants, dans le sens des visées du patronat. A savoir:

  • contrecarrer une hausse même modeste des cotisations patronale pour financer les régimes de retraite. "C'est inacceptable, inenvisageable et irresponsable", selon elle.
  • en revanche, faire porter les efforts demandés aux Français à un niveau bioen supérieur que les pistes avancées par la commission Moreau. "Nous savons que les besoins de financement pour l'ensemble des régimes à l'horizon 2020 sont de l'ordre de 22 milliards d'euros par an". Or, sur cette somme, "8,6 milliards représentent les besoins de financement des seuls régimes des fonctionnaires" et "le rapport Moreau laisse entière (...) la question du financement" de ces régimes, a déploré la présidente du Medef.
  • allonger violemment les durées de cotisations et de départ à la retraite. "Le rapport (Moreau) imagine un déplacement de l'âge légal ou un allongement de la durée de cotisation sur un rythme tellement lent qu'effectivement ces mouvements ne produisent que très peu d'effets", a déploré Laurence Parisot qui s'aligne sur les prises de position de son probable successeur. Pierre Gattaz souhaitait vendredi dernier passer directement de 41 ans à 43 ans la durée de cotisation dès 2020.
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17 juin 2013 1 17 /06 /juin /2013 15:48

Retraite: déclaration de guerre sociale


François Hollande et Jean-Marc Ayrault tentent de légitimer toutes leurs actions par la douceur et la noblesse de la « justice », oui, la « justice », toujours la « justice », assaisonnée à toutes les sauces. Même les plus aigres.

 

Chaque semaine qui passe nous apporte en effet son lot de dévoiements et autres renoncements qui constituent autant d’incompréhensions pour une belle majorité des électeurs d’un certain 6 mai 2012. Dernier épisode en date ? Les retraites. Pour l’heure, le gouvernement n’en est (officiellement) qu’à l’énumération de pistes, contenues dans un rapport piloté par la conseillère d’État Yannick Moreau. Ce qui s’y trouve, toutefois, pourrait ouvrir de nouvelles brèches dans le système français et, à terme, si par malheur de semblables mesures étaient appliquées, mettre à bas l’un des piliers du pacte républicain hérité du CNR – du moins ce qu’il en reste…Ce que  le Figaro présente comme un  « cocktail détonant pour réformer les retraites »  s’apparenterait en vérité à une déclaration de guerre sociale, ni plus ni moins.


Allongement de la durée de cotisation, calcul des pensions de la fonction publique non plus sur les six derniers mois mais sur les dix dernières années de carrière, hausse de la CSG pour les retraités, suppression de leur abattement fiscal de 10 %... Principale contrepartie envisagée ? Une hausse de 0,3 % des cotisations patronales. Sans doute faudrait-il dire merci pour ce beau geste ? Stop ! N’en jetez plus ! Depuis vingt-quatre heures, les réactions syndicales sont évidemment à la hauteur de l’inquiétude. Et pour cause. 

Aucune de ces mesures n’améliorerait la situation économique, bien au contraire. Depuis le début de la crise, la France, soumise au diktat des logiques austéritaires, a déjà perdu 8 points de PIB et des centaines de milliers d’emplois.


Or il est impossible d’évoquer le dossier des retraites en le déconnectant des politiques globales. Avec le retour d’un peu de croissance et un chômage à la baisse, nous ne parlerions même plus des éventuels déficits des régimes ! Sortir de la spirale mortifère des politiques de rigueur menées un peu partout, qui ne conduisent qu’à accentuer la récession, est ainsi un impératif et une urgence. Augmenter la durée de cotisation, désindexer les pensions et, au final, rogner sur le pouvoir d’achat, ce serait accroître le mal. Pour contenir la fronde prévisible, le Premier ministre assure que la future réforme sera «guidée» par les mêmes principes que celle de la politique familiale.


Il y a donc tout lieu d’être inquiet. Nous cherchons des traces de virage social – ce pour quoi nous avons élu François Hollande – et nous ne trouvons qu’un virage social-libéral totalement assumé. Où s’arrêtera la trahison du discours du Bourget ? Pendant que Pierre Moscovici tourne casaque sur les salaires des patrons, expliquant qu’il convient de faire confiance au « code de bonne conduite du Medef » (sic), le président pratique l’éloge de Schröder, le démolisseur de l’état social allemand. Comment, après tout cela, oser encore se référer à Jaurès ? Cette question hante sûrement bien des têtes socialistes. 

Que François Hollande se méfie néanmoins. Personne n’a oublié les grandes grèves et manifestations, ni le traumatisme du passage en force des «réformes» Woerth, moule dans lequel semble se couler l’exécutif actuel. Les Français sont inquiets et se disent prêts à se mobiliser contre des mesures qui menaceraient leurs droits. 

Faisons en sorte que ce ne soient pas que des mots, mais une ferme intention 

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BRUNO FORNACIARI

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