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16 juin 2013 7 16 /06 /juin /2013 04:07

 

Michel Husson, février 2010

 

Le débat sur les retraites est dominé par la question du financement. Mais ce débat est parasité 

par cet argumentaire simpliste : le nombre de retraités va augmenter, donc on ne pourra plus 

leur verser les mêmes pensions. Il faudra qu’ils travaillent plus longtemps et qu’ils acceptent un 

régime moins favorable. Le sommet de l’hypocrisie consiste ensuite à évoquer un conflit 

intergénérationnel (sous prétexte de le désamorcer) : si aucune mesure supplémentaire n’est 

prise, les actifs renâcleront de plus en plus à payer des retraites dorées. Cet argumentaire est un 

attrape-gogo digne d’un placeur en assurances. Pour le démonter, il faut faire appel à la 

réflexion et décortiquer les données du problème. 

 

Une petite fable 

 

Commençons par une fable. Imaginons une société composée de 80 actifs et 20 retraités. Les 

actifs produisent chaque année une richesse de 1000 (quelle que soit la manière de la mesurer). 

Dans cette société, les retraités disposent d’un droit égal d’accès à cette richesse. Chaque 

membre de la société reçoit donc un revenu de 10. 

 

On suppose que le nombre d’actifs n’évolue pas, ni leur productivité, de telle sorte que la 

richesse disponible chaque année est toujours égale à 1000. Mais cette société vieillit et le 

nombre de retraités passe de 20 à 45. La société a alors deux grands choix possibles : 

elle peut décider de maintenir le principe d’une répartition uniforme en faisant par exemple 

valoir que les retraités étaient actifs avant de prendre leur retraite. Dans ce cas, l’ajustement se 

fait sur l’ensemble des membres de cette société : leur revenu moyen baisse uniformément et 

passe de 10 (1000/100) à 8 (1000/125). Mais elle peut aussi décider de maintenir le revenu des actifs : les 45 retraités doivent alors se partager la même richesse qui revenait auparavant aux 20 retraités. Chaque retraité ne reçoit 

plus alors qu’un revenu de 4,4 (200/45). 

 

Cette fable n’est pas si éloignée de la situation actuelle : la règle absolue selon laquelle la part 

de la richesse qui va aux retraités doit rester fixe revient à choisir la deuxième solution où 

l’ajustement se fait uniquement sur la pension versée à chaque retraité, qui baisse parce que leur 

nombre augmente

Mais cette fable est aussi, comme beaucoup de fables, une simplification. L’hypothèse 

déterminante est ici que la productivité n’augmente pas. Avec un nombre d’actifs fixé (ce qui 

est pour simplifier l’hypothèse pessimiste des prévisions officielles de population active) et une 

productivité constante, la richesse n’augmente pas et doit donc être répartie en un plus grand 

nombre d’ayants droit. Mais si on lève cette hypothèse (pas de gains de productivité) alors les 

choses changent. Pour prolonger la fable, imaginons que, grâce aux progrès de productivité, 

cette richesse double, pour atteindre 2000 au cours de la période qui voit le nombre de retraités 

passer de 20 à 45. Répartie entre l’ensemble de la population, cela donne un revenu moyen de 

16 (2000/125) contre 10 au départ. 

 

Le revenu moyen a donc augmenté pour tous, mais moins que si le nombre de retraités était 

resté le même. L’augmentation plus rapide de nombre de retraités est couverte par l’affectation 

d’une partie des gains de productivité, de manière à respecter le principe d’une augmentation 

uniforme des revenus pour les actifs et pour les retraités.

2 Nous en sommes là : la société a aujourd’hui le choix entre les deux manières d’accompagner 

les évolutions démographiques. Et tout est fait pour que le débat sur cette question ne soit pas 

vraiment ouvert.

 

Tout est un problème de répartition 

 

Comme son nom l’indique, un régime par répartition redistribue auprès des retraités les 

cotisations que les entreprises versent au prorata de leur masse salariale. Son équilibre dépend 

donc de trois variables-clés : 

le taux de cotisation, soit le rapport entre cotisations et masse salariale ; 

le taux de remplacement, soit le rapport entre pension et salaire net ; 

le ratio de dépendance, soit le rapport entre le nombre de retraités et le nombre de cotisants. 

L’égalité entre emplois et ressources d’un régime par répartition conduit à cette règle de base 

(voir annexe) : taux de cotisation = taux de remplacement * ratio de dépendance 

Face à une augmentation du ratio de dépendance, le régime peut alors s’ajuster de deux 

manières : 

soit par baisse du taux de remplacement : dans ce cas, la pension moyenne progresse moins 

vite que le salaire moyen ; 

soit par augmentation du taux de cotisation. 

 

L’ajustement par le taux de remplacement est interne au régime, puisqu’il ne modifie en rien les 

conditions de répartition de la valeur ajoutée. On peut y assimiler le recul de l’âge de la retraite, 

censé freiner la progression du ratio de dépendance. En revanche, l’ajustement par le taux de 

cotisation est susceptible de modifier le partage des revenus au détriment des profits. 

Le financement des retraites est donc toujours un problème de répartition. Il s’agit au fond de 

savoir quelle est la part du revenu national qui ira aux retraités, autrement dit à des citoyens qui 

ne participent plus directement à la création de ce revenu. La taille du revenu disponible dépend 

de la productivité des actifs (ce qu’ils produisent en une heure de travail). Cette productivité 

horaire augmente pour de bonnes raisons (le progrès technique) et pour de mauvaises 

(intensification du travail). Si ces gains de productivité étaient équitablement répartis, le salaire 

devrait progresser aussi vite que la productivité horaire et la part du gâteau resterait à peu près la 

même pour tout le monde. Mais ce n’est pas ce qui se passe car ces gains de productivité sont 

consacrés à d’autres usages : 

réduction de la durée du travail : à l’échelle historique, c’est une tendance majeure puisque 

nous travaillons aujourd’hui à mi-temps par rapport à ce qui se passait il y a un siècle ; 

salaire socialisé : une partie des gains de productivité va à la sécurité sociale sous forme de 

cotisations afin de couvrir diverses dépenses (santé, retraites, chômage, etc.) qui bénéficient à 

l’ensemble des travailleurs, qu’ils soient en activité ou pas ; 

fiscalité : les impôts servent à financer des dépenses collectives ; 

profits : si le partage salaires/profits se déplace en faveur des profits, alors le salaire progresse 

moins vite que la productivité. Ce supplément de profit peut ensuite être investi ou distribué aux 

actionnaires.

 

3 Productivité n’est pas productivisme 

 

Dire que l’équilibre du régime par répartition dépend de l’utilisation des gains de productivité, 

ce n’est pas sombrer dans le productivisme. Quelle que soit la trajectoire économique des 

décennies à venir, quel que soit le contenu de la croissance, autrement dit la nature des biens et 

services produits, la question se posera de déterminer la part qui revient aux retraités. C’est 

d’autant plus vrai qu’il s’agit ici de revenus monétaires, indépendamment par exemple du 

développement de services publics en nature. 

 

La productivité horaire est, pour aller vite, le Pib divisé par le nombre d’heures de travail. Dans 

ce qui suit, on a repris par commodité l’hypothèse sur laquelle travaille le COR, selon laquelle 

cette productivité augmenterait de 1,5 % par an. Mais les raisonnements s’appliqueraient de la 

même manière à une productivité progressant moins vite. Il n’y a qu’une seule contrainte : si 

l’on veut maintenir le rapport entre le revenu moyen des actifs et celui des retraités, on a besoin 

d’une productivité minimale, mais elle n’est que de 0,3 % par an (voir annexe). Le champ des 

possibles est donc largement ouvert. 

 

Toute société fait donc des choix quant à la répartition des gains de productivité. Elle doit 

arbitrer entre revenu et temps libre (quelle durée du travail ?), entre consommation individuelle 

et consommation collective (quelle fiscalité ?), entre salaires et profits (quelle part salariale ?) et 

entre salaire direct et salaire socialisé (quelle protection sociale ?). Tout n’est pas possible car 

on ne peut pas répartir plus de revenu qu’on n’en a créé mais il s’agit bien de choix, et les 

arbitrages dessinent une grande variété de modèles sociaux. Evidemment, tout le monde ne pèse 

pas du même poids, et la manière dont une société donnée opère ces choix résulte de processus 

sociaux complexes, la plupart du temps conflictuels, de telle sorte que les choix dont on parle ici 

ne sont pas réellement maîtrisés au niveau de la société mais effectués en quelque sorte en 

aveugle. Mais il n’empêche que ces choix sont faits. On peut dire que la société « révèle » après 

coup ses préférences, selon qu’elle privilégie plutôt le temps libre ou le pouvoir d’achat, le 

salaire direct ou le salaire socialisé, ou encore la part des actionnaires plutôt que celle qui va aux 

salariés ou aux retraités. 

Le constat : quelle utilisation des gains de productivité en France depuis 30 ans 

Les modes d’utilisation des gains de productivité horaire peuvent être quantifiés à partir d’une 

décomposition comptable effectuée sur le champ des sociétés non financières (voir annexe). 

 

Une fois éliminé l’écart qui peut exister entre le prix à la consommation et celui de la valeur 

ajoutée, on retrouve les principaux usages des gains de productivité mentionnés plus haut : 

augmentation du pouvoir d’achat 

augmentation du salaire socialisé 

réduction de la durée du travail 

déplacement du partage de la valeur ajoutée au détriment, ou en faveur, des salariés. 

C’est avec cette grille de lecture que l’on peut interroger l’évolution constatée sur les 30 

dernières années (tableau 1). Entre 1980 et 2008, la productivité horaire du travail a augmenté 

de 70 %, soit un rythme annuel de 1,9 % voisin de la tendance moyenne sur le XXème siècle. 

Mais le pouvoir d’achat moyen du salaire direct n’a augmenté que de 0,7 % par an. Entre les 

deux s’intercalent d’autres usages des gains de productivité. Entre 1980 et 2008, la durée du 

travail a baissé, le taux de cotisation moyen et la part des profits ont augmenté. Le tableau 1 

résume ce bilan et le graphique 1 montre comment on passe de la courbe de la productivité 

horaire à celle du salaire direct.

4 Tableau 1 

 

Les gains de productivité et leurs usages depuis 30 ans 

productivité horaire 1,91 % 

Źprogression du salaire réel 0,66 % 

Źbaisse de la durée du travail 0,54 % 

Źaugmentation du taux de cotisation 0,26 % 

Źaugmentation de la part du profit 0,45 % 

Taux de croissance annuel moyen 1980-2008 - Source : Insee 

Graphique 1 

L’affectation des gains de productivité, 1968-2008 

En indices, base 100 en 1980. Source : Insee. 

Ces évolutions conduisent à une modification significative dans la répartition de la valeur 

ajoutée (tableau 2). La tendance principale est un transfert des salaires vers les profits équivalant 

à 8,8 points de valeur ajoutée. A l’intérieur de la masse salariale, la quasi-intégralité de la baisse 

concerne les salaires nets. La part des cotisations sociales est restée à peu près constante. 

Tableau 2 

Répartition de la valeur ajoutée au coût des facteurs 

1980 2008 variation

Salaires 73,9 65,1 -8,8 

 cotisations sociales 28,1 27,7 -0,4 

 salaires nets 45,8 37,4 -8,4 

Profits 26,1 34,9 8,8 

 profit disponible 23,0 26,5 3,5 

 dividendes nets 3,1 8,4 5,3 

Total 100,0 100,0 0,0 

Sociétés non financières. Source : Insee 5

Du côté des profits, la majeure partie de l’augmentation est allée au versement de dividendes. 

En 1980, les revenus ainsi distribués par les entreprises représentaient 4,2% de leur masse 

salariale, et cette proportion est passée à 12,9 % en 2008. Autrement dit les salariés travaillaient 

72 heures par an pour les actionnaires en 1980. En 2008, c’est 189 heures. 

Trois scénarios 

Que peut-il se passer d’ici à 2050 ? Contrairement à ce que l’on voudrait nous faire croire, les 

marges de manœuvre sont importantes. Certes, le nombre de retraités va augmenter plus vite 

que celui des actifs et personne ne le conteste, même si l’ampleur de ce mouvement est sujette à 

caution. On se calera ici sur les projections du COR, même si on a montré plus haut qu’elles 

étaient contestables. En 2006, il y avait 182 cotisants pour 100 retraités. Dans son rapport de 

2007, le COR prévoit qu’il n’y en aura plus que 134 en 2030, puis 121 en 2050 (graphique 2). 

Ces prévisions sont contestables (voir plus haut) : il suffit de rappeler que les mêmes experts du 

COR annonçaient, deux ans plus tôt, qu’il y aurait 110 actifs pour 100 retraités en 2050. En 

deux ans, on a donc gagné 10 points sur ce fameux ratio à horizon 2050 ! 

Graphique 2 

Nombre de cotisants pour 100 retraités - 2010-2050 

120

130

140

150

160

170

180

2010 2015 2020 2025 2030 2035 2040 2045 2050

Source : COR 

L’essentiel n’est pas là : même si cette évolution est importante, il faut bien comprendre qu’elle 

est étalée sur près d’un demi-siècle. Il s’agit d’un mouvement progressif que l’on peut 

accompagner. Pour illustrer les marges de manœuvre, on examine trois scénarios qui se calent 

(en dépit de nos critiques déjà mentionnées) sur les prévisions du COR quant au rapport 

actifs/retraités et reprennent son hypothèse d’une progression de la productivité du travail au 

rythme de 1,5% sur l’ensemble de la période. Pour simplifier et se concentrer sur la question des 

retraites, on suppose que la durée du travail est constante, ainsi que le taux des autres cotisations 

sociales. 

Scénario de compromis : on suppose ici que la part des salaires (y compris cotisations 

sociales) reste constante à son niveau actuel qui est un minimum historique. Le taux de 

remplacement est constant, de telle sorte que la pension moyenne augmente à la même vitesse 

que le salaire net. L’ajustement se fait sur le taux de cotisation. 

Scénario de rattrapage : il est semblable au scénario de compromis, à cette différence près 

que la part des salaires augmente de cinq points en cinq ans pour se maintenir ensuite au niveau 

qui était le sien avant la récession de 1974-75 (graphique 3). 6

Scénario libéral : on suppose ici que les préceptes néolibéraux sont mis en œuvre sur toute la 

période. La plus importante en ce qui concerne les retraites est que toute augmentation du taux 

de cotisation est proscrite. Par ailleurs, le salaire réel ne bénéficie que dans une proportion des 

deux tiers de la progression de la productivité (1,5 %) et progresse donc de 1 %, ce qui est 

d’ailleurs une hypothèse relativement optimiste par rapport à ce que l’on a connu depuis 20 ans. 

Dans un tel schéma, la variable d’ajustement est le taux de remplacement, et par suite la pension 

moyenne. 

Tableau 3 

Trois scénarios 2009-2050 

Compromis Rattrapage Libéral 

Salaire net* + 1,2 % + 1,4 % + 1,0 % 

Pension moyenne* + 1,2 % + 1,4 % + 0,1 % 

Part des salaires** = + 5 points - 12 points 

Taux de remplacement** = = - 19 points 

Taux de cotisation** + 6 points + 6 points = 

* taux de croissance annuel moyen ** variation en points 

Le scénario de compromis démontre l’inanité des discours catastrophistes. Il montre que, même 

en supposant que la part des salaires reste au niveau historiquement bas qui est le sien 

aujourd’hui, il est possible de faire progresser parallèlement les salaires et les pensions et 

d’équilibrer le régime, moyennant une hausse du taux de cotisation qui modifie la répartition à 

l’intérieur de la masse salariale sans rogner sur la part des profits puisque celle-ci reste 

constante par hypothèse. C’est pourquoi il s’agit d’un compromis. Ce scénario établit donc la 

viabilité des retraites par répartition. 

Pourtant sa prise en considération est rendue impossible par le tabou proscrivant toute 

augmentation des taux de cotisation. Cela revient à tuer la logique du régime par répartition tout 

en proclamant qu’on veut la sauvegarder. Le seul argument invoqué - celui de la sacro-sainte 

compétitivité - ne tient pas, puisque ce scénario laisse la part des salaires inchangée. Certes, les 

salariés disposeraient dans ce scénario d’une moindre progression de leur pouvoir d’achat 

(1,2 % par an au lieu de 1,5 %) mais cet équivalent-productivité de 0,3 % leur garantit la 

perspective d’une pension non dévaluée. Le refus d’envisager un tel compromis ne peut 

s’expliquer autrement que par la volonté du patronat de ne pas se fermer a priori la possibilité 

d’un nouveau recul de la part des salaires. 

Le scénario de rattrapage permet d’absorber encore plus facilement la progression du nombre 

de retraités, grâce à une augmentation de la part salariale au détriment des dividendes. Il élargit 

ainsi le champ des possibles en dégageant d’autres possibilités, non explicitées ici, comme par 

exemple une réduction de la durée du travail créatrice d’emplois. 

Le scénario libéral conduit à des résultats aberrants. Il exclut à peu près toute progression du 

niveau de vie des retraités : c’est donc un scénario de paupérisation relative. Mais il conduit 

également à une invraisemblable baisse de la part des salaires (graphique 3). Elle reculerait de 

12 points d’ici à 2050, et cela ne pourrait être qu’au profit des actionnaires ; en effet, une telle 

déformation dans la répartition des revenus n’inciterait pas les entreprises à investir, faute de 

débouchés. 

Ce scénario pourrait paraître extravagant. Mais qu’on y réfléchisse : il est fondé sur la 

prolongation des tendances observées depuis au moins deux décennies et sur les 

recommandations néolibérales habituelles. Autrement dit le néo-libéralisme n’est pas soutenable 

et il est donc parfaitement légitime de vouloir rompre avec ses principes de base. En récusant 7

toute hausse de cotisation, c’est bien vers ce scénario libéral que l’on s’oriente, avec des 

pressions renouvelées sur les dépenses sociales comme sur les salaires directs. Le résultat 

essentiel des simulations présentées ici est au contraire de montrer qu’il est possible de financer 

les retraites en augmentant les taux de cotisation, même dans l’hypothèse où le partage de la 

valeur ajoutée reste au moins à son niveau actuel, qui n’a jamais été aussi défavorable aux 

salariés. 

Graphique 3 

Evolution de la part des salaires dans les trois scénarios 

50

55

60

65

70

75

1960 1965 1970 1975 1980 1985 1990 1995 2000 2005 2010 2015 2020 2025 2030 2035 2040 2045 2050

Rattrapage

Compromis

Libéral

Cet exercice permet aussi de souligner à quel point la présentation de la question du 

financement est en général fallacieuse. Ainsi, dans son rapport de 2010, qui reprend ses 

projections de 2007, le COR pointe le chiffre qui est censé retenir l’attention : le déficit prévu en 

2050, qui s’élèverait à 69 milliards d’euros. Et le premier ministre a lancé le chiffre rond de 100 

milliards d’euros, supposé encore plus alarmant. 

Mais cette présentation est biaisée : ce qui compte, c’est que ce « déficit » ne représente que 

1,7 % du Pib de 2050. Et surtout, elle masque l’hypothèse fondamentale du calcul, à savoir le 

fait que la part des cotisations dans le Pib reste inexorablement fixée à 13%. 1,7 % du Pib 

nécessaire à l’équilibrage financier des régimes équivaut - pour une part des salaires égale aux 

deux tiers du Pib - à 2,6 points de masse salariale : c’est peu et c’est moins que nos estimations 

(+ 6 points) qui correspondent à des hypothèses différentes notamment en matière d’indexation. 

Dans notre scénario de compromis, les pensions sont indexées sur le salaire net par 

l’intermédiaire d’un taux de remplacement constant. Dans la réalité, les pensions ne sont plus 

indexées que sur les prix, ce qui implique que le pouvoir d’achat de la pension est simplement 

maintenu mais qu’il ne progresse plus. Le rapport de février 2010 du COR est très clair sur ce 

point : « le rapport entre la retraite moyenne nette et le revenu d’activité moyen net baisserait 

ainsi de 9 % à l’horizon 2020 et de 23 % à l’horizon 2050 dans le scénario de base ». 

Nos propositions 

On l’aura compris : si on ne fait pas sauter le tabou des ressources, la situation relative des 

retraités va se dégrader encore plus et notre système par répartition va peu à peu être vidé de sa 

substance et inspirer une méfiance croissante auprès des jeunes générations. Si l’on veut 

préserver un système de retraites solidaire, il faut donc lui assurer un supplément de ressources 8

proportionné à l’augmentation du nombre d’ayants droit. Il existe plusieurs moyens d’arriver à 

ce résultat : 

d’abord soumettre à cotisations les rémunérations non salariales (intéressement, 

participation, épargne salariale Perp ou Perco) qui sont en grande partie exonérées. C’est 

d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles les politiques salariales des entreprises tendent à 

favoriser ces formes de rémunération moins coûteuses - et individualisées - par rapport à des 

augmentations générales de salaires. Ces dispositifs tarissent les ressources du régime de 

retraites. C’est donc l’intérêt des salariés de leur redonner le même statut qu’aux salaires : cela 

leur permettrait de redéfinir des objectifs clairs dans les négociations collectives et de garantir 

leur avenir en tant que futurs retraités. 

dans un régime par répartition, l’ajustement se fait normalement par augmentation du taux de 

cotisation. La revendication la plus simple doit donc viser à faire sauter le tabou absolu du gel 

du taux de cotisation et à augmenter les cotisations patronales. 

compte tenu des évolutions retracées ci-dessous en faveur des actionnaires, il faut mettre en 

avant ce mot d’ordre simple : « faisons cotiser les dividendes ». Il est en phase avec la 

perception des effets de la crise et de la volonté des possédants d’en sortir sans remise en cause 

une répartition des revenus qui leur est favorable. Telle est en effet la question qui va dominer le 

débat dans les années à venir : est-il acceptable que les salariés paient les pots cassés de la crise 

alors que la ponction sur la richesse produite opérée par les actionnaires continuerait comme 

avant ? Pour qu’il n’en soit pas ainsi, on peut élargir l’assiette des cotisations au profit non 

investi, ou établir une contribution spécifique sur les profits distribués. 9

Annexe mathématique 

1. Le mode d’utilisation des gains de productivité 

Le point de départ est la définition comptable de la part salariale ou, pour simplifier on néglige 

l’effet des prix relatifs. Au numérateur, la masse salariale se calcule en fonction de l’emploi (N), 

du salaire horaire réel (sh), de la durée du travail (dur), du niveau des (p), et du taux de 

cotisation (t). Au dénominateur, le Pib est décomposé en volume (Q) et en prix (p). On obtient : 

[1] psal = sh.p.dur.(1+t).N/pQ 

Dans cette formule, on introduit le salaire réel direct par tête (s = sh.dur) et la productivité 

horaire (prodh = Q/N.dur) et on obtient alors, en inversant la relation précédente : 

[2] prodh = s.(1+t).(1/dur).(1/psal) 

C’est à partir de cette relation qu’on peut décomposer les usages des gains de productivité 

horaire (hors effet des prix relatifs) : 

pouvoir d’achat du salaire direct : (s) 

salaire socialisé : (1+t) 

réduction de la durée du travail : (1/dur) 

variation du partage salaires/profits :(1/psal) 

2. L’équilibre du régime des retraites 

Les ressources proviennent des cotisations assises à un taux t sur la masse salariale, soit: t.s.p.N 

Les dépenses correspondent aux paiements des pensions. Leur montant est de r.s.p.R où r est le 

taux de remplacement, R le nombre de retraités et s.p le salaire net nominal. 

L’égalité entre ressources et dépenses s’écrit donc : t.s.p.N = r.s.p.R 

Si l’on note d le ratio de dépendance R/N, cette formule permet de calculer le taux de cotisation 

qui assure l’équilibre financier du régime : 

[3] t = r.d 

3. Le calcul de l’équivalent-productivité 

Si le nombre de retraités augmente plus vite que le nombre de cotisants, il faut consacrer une 

fraction des gains de productivité à cet « excès » de retraités. La progression du ratio de 

dépendance peut alors être convertie en équivalent-productivité. Ce calcul conduit à une règle 

relativement simple dans le cas où l’on suppose que la part des salaires et le taux de 

remplacement restent constants (scénario de « compromis »). 

On part du calcul de la part salariale (psal) en distinguant salaire direct et cotisations : 

psal = (s.p.N + t.s.p.N)/pQ = (s.N + t.s.N)/Q 

Dans cette expression, on remplace t par sa valeur qui équilibre le régime des retraites calculée 

selon la relation [3] et l’on obtient : 

psal = (s.N + r.d.s.N)/Q. 10

En introduisant la productivité par tête (Q/N), on obtient finalement : 

[4] psal = s.(1+rd)/prod 

Comme la part des salaires est constante, l’équation [4] ci-dessus montre que le taux de 

croissance (tx) de la productivité se ventile de la manière suivante : 

tx(prod) = tx(s) + tx(1+rd) 

L’expression (1+rd) peut s’interpréter comme le nombre de parties prenantes de la répartition : à 

chaque salarié, il faut ajouter d retraités qui comptent en proportion du taux de remplacement r. 

Le taux de croissance du nombre de parties prenantes est l’équivalent-productivité de 

l’accroissement du nombre relatif de retraités. 

Avec les hypothèses du COR, la productivité augmente de 1,5 % par an et le ratio de 

dépendance d passe de 0,56 en 2008 à 0,83 en 2050. En prenant un taux de remplacement 

constant et égal par exemple à 70 %, le terme (1+rd) passe de 1,39 à 1,58 entre 2008 et 2050, 

soit sur une période de 42 ans. On obtient l’équivalent-productivité en calculant (1,58/1,39)1/42

ce qui donne 0,3 % par an. 

Conclusion : pour une productivité de 1,5 % par an et une part des salaires constante, le salaire 

et la pension moyenne pourraient augmenter de 1,2 % par an. Ce résultat majeur est 

complètement occulté par les experts officiels. 

Notations 

d ratio de dépendance (R/N) 

dur durée du travail 

N emploi salarié 

p prix de la valeur ajoutée 

prod productivité par tête (prod = Q/N) 

prodh productivité horaire (prodh = Q/N.dur) 

psal part des salaires dans la valeur ajoutée des entreprises 

Q valeur ajoutée à prix constants 

R nombre de retraités 

r taux de remplacement (pension moyenne en % du salaire net) 

s salaire réel direct par tête (s = sh.dur) 

sh salaire réel direct horaire 

t taux de cotisations sociales 

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Published by bruno fornaciari - dans RETRAITES
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16 juin 2013 7 16 /06 /juin /2013 04:00

Retraite à 60 ans à taux plein - un enjeu de civilisation

 

Retraite à 60 ans à taux plein

Un enjeu de civilisation

Une nouvelle « réforme des retraites » est en vue. Elle fera suite au énième rapport sur le sujet. Les arguments sont connus, éculés :  « on vit plus longtemps, donc il faut cotiser plus longtemps ». Contrairement à ses promesses de campagne, François Hollande fait sienne cette vielle rengaine que la droite nous a servi à chaque « réforme », et notamment en 2010. Le PS, alors, manifestait dans la rue... Mais ça, c'était avant !

Une nouvelle réforme ?

Les réformes précédentes se sont efforcées de réduire l'accessibilité à une retraite digne. Elles ont reculé l'âge de départ à la retraite, allongé la durée de cotisation pour le bénéfice d'une pension à taux plein et contribué à réduire le niveau des pensions distribuées.

Ces réformes ont été imposées au nom du « sauvetage de notre système de retraite solidaire ». Force est de constater qu'elles ont échoué. Et cela doublement.Elles n'ont pas permis de résorber le déficit des régimes de sécurité sociale. Le régime général était excédentaire en 2000 (+0,5 milliards d'euros), il est désormais déficitaire (-3,5 milliards d'euros attendu fin 2013). D'autre part, elles ont pesé sur le pouvoir d'achat des retraités et impacté la croissance de l'économie. En 20 ans (1992-2012), le pouvoir d'achat des pensions de base a perdu 7,22 % et celui des complémentaires 13,19% (ARRCO : -10,95 % et AGIRC : -15,43%).

Faut-il donc continuer dans une direction qui mène dans le mur ?

Travailler plus longtemps puisque l’on vit plus longtemps ?

Est-ce normal de travailler plus en fonction d’une augmentation de l’espérance de vie ? Cela est régulièrement présenté comme inexorable. Nous le contestons.

D’abord, les gains d’espérance de vie existent depuis 1946 et c’est tant mieux. Entre 46 et les années 80, le gain à 60 ans a été de 5 ans pour les femmes et de 4 ans pour les hommes. Et pourtant, le gouvernement et la majorité de gauche ont concrétisé une revendication du monde du travail et un engagement de la gauche introduisant l’âge ouvrant droit à la retraite à 60 ans au lieu des 65. La gauche a donc fait l’inverse de ce que le gouvernement prétend aujourd’hui inexorable…

Les gains d’espérance de vie n’ont pas vocation à augmenter le temps de travail mais plutôt le temps de vie de libre activité. Si la vie au travail doit vraiment devenir une condition d'un épanouissement de tous et de toutes, elle ne doit pas être le seul horizon.

C'est d'ailleurs une constante de l'histoire et un signe du progrès de la civilisation. Avec l'augmentation de la richesse produite et des gains de productivité, le temps de travail tout au long de la vie diminue et le temps hors travail augmente.

La retraite : un enjeu de société

La retraite, passage à l’inactivité ou nouvelle période de la vie sociale et citoyenne est-elle un temps utile pour la société ? Les retraité-e-s sont-ils ou elles une charge ou une utilité sociale ? L’important n’est-il pas d’arriver à la retraite en bonne santé ?

Les choix effectués relèvent de la nature de notre vie en société, de la place et du concept du travail, du rôle et de la place des retraité-e-s. C’est une exigence de justice sociale avec la sécurisation du parcours de vie de la naissance à la mort et un financement, intergénérationnel et solidaire, tiré des richesses créées par le travail dans l'entreprise.

Les questions de la place des retraité-e-s, de leur participation à la vie sociale, de la reconnaissance de leur apport à la société se posent avec force. Elles nécessitent un vrai débat public en mettant la place et le respect de l’Humain au cœur de la décision politique !

C’est un choix de société, de civilisation !

60 ans, une proposition d'avenir !

Les propositions du PCF pour un régime de retraite solidaire :

1. Fixer le départ en retraite à 60 ans à taux plein

2. Assurer le montant du taux de remplacement à 75% du salaire de référence à partir des 10 meilleures années dans le privé et des 6 derniers mois dans le public, au nom de l'équité public/privé, en engageant le principe qu'aucune pension distribuée ne puisse être inférieure au niveau du SMIC

3. Indexer l'évolution du niveau des pensions sur les salaires et non sur les prix

4. Valider les années de formation comme des années travaillées afin de ne pas faire des besoins de qualification des handicaps au bénéfice de la retraite à 60 ans

5. Engager de véritables négociations sur la pénibilité du travail pour un réel départ anticipé et sur situation des « entrées dans le monde du travail précoce » qui doivent avoir un départ anticipé (tous les dispositifs d’apprentissage par exemple)

6. Développer la prévention, améliorer les conditions de travail afin d’arriver à la retraite en bonne santé

7. Revenir sur les réformes régressives qui ont été engagées depuis 20 ans : Abrogation des réformes Balladur et Fillon avec suppression des décotes et retour aux dix meilleures années comme référence pour les salariés du secteur privé et au six derniers mois pour le secteur public.

8. Développer des services publics en direction des personnes âgées afin de leur permettre d’avoir une vie sociale dans la dignité

En 2010, les forces de gauche se sont battues ensemble pour faire échec à la réforme Woerth/Sarkozy des retraites. Les communistes au cœur du Font de gauche seront aussi déterminés à contribuer à tous les rassemblements utiles pour mettre en échec de nouveaux reculs sur les retraites, utiles pour faire réussir une autre réforme, consolidant notre régime de retraite solidaire.

Ce changement de cap, à gauche, sera au cœur des débats des assises du 16 juin qui réuniront sur une même tribune, des responsables du front de gauche, socialistes, Verts, des acteurs du mouvement social et associatif (http://www.assises16juin.fr).


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15 juin 2013 6 15 /06 /juin /2013 09:04

Retraites: les reculs sociaux du rapport Moreau

 

 

La commission Moreau a remis ce vendredi son rapport sur la réforme des retraites. Cette base de travail pour le gouvernement propose toute une série de recul sociaux et fait porter l'essentiel des efforts sur le dos des retraités et des actifs, sans apporter aucune autre piste de financement.

Zoom sur les préconisations principales.

Le rapport, mené par Yannick Moreau, prône un nouvel effort partagé par les actifs et les retraités : 2/3 pour les actifs et 1/3 pour les retraités. Il propose des pistes pour atteindre l’équilibre du régime des retraites d’ici 2020, grâce à sept milliards d’euros déconomies.

Les efforts des actifs

  • Un allongement de la durée de cotisation qui passerait progressivement de 41.5 années à 44 années de cotisation. Le rapport de la Commission préconise d’augmenter la durée de cotisation à 43 ans pour la génération née en 1962, puis à 44 ans pour ceux de l’année 1966. Ce dispositif pourrait permettre de gagner 600 millions d’euros d’ici 2020.
  • Une hausse des cotisations d’assurance-vieillesse, via une hausse de 0.1 point par an des cotisations pendant 4 ans, et répartie à part égale entre salariés et employeurs. Une telle mesure, qui peut être envisagée à des taux différents, promet un gain de 2.6 milliards d’euros d’ici à 2020.
  • Une modification du calcul des retraites dans le secteur public.Le rapport préconise de calculer les retraites des fonctionnaires « en le faisant progressivement reposer sur une période plus longue que six mois » et en intégrant une partie des primes. Sans trancher sur une nouvelle durée précise, le calcul pourrait être basé sur « une durée de référence variant de 3 à 10 ans ». Pour les salariés du secteur privé, la période de référence prend en compte les 25 meilleures années.

La mise à contribution des retraités

  • Alignement le taux de CSG des retraités à celui des actifs. Les retraités sont ici mis à contribution avec un alignement de leur taux (6.6% actuellement) à celui des actifs, de 7.5%. Cette hausse permettrait un gain estimé à 2 milliards d’euros d’ici 2020.
  • La révision de certains avantages fiscaux. Réviser des mesures fiscales comme l’abattement de 10% sur les pensions et les avantages familiaux pourrait rapporter jusqu’à 900 millions d’euros selon le rapport. Cela concerne les majorations de pensions pour les parents de trois enfants, par exemple, qui seraient désormais fiscalisées.

Jean-Marc Ayrault a expliqué que le gouvernement allait proposer le projet de réforme à la fin de l’été après une période de concertation avec les représentants du patronat et les syndicats lors de la Conférence sociale jeudi et vendredi prochain.

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7 juin 2013 5 07 /06 /juin /2013 11:07

 

POLITIQUE -  le 22 Octobre 2010

événement

Pierre Mauroy : "La retraite à 60 ans, la réforme plus importante dans toute
 la Ve République"

 

 

Entretien avec l'ancien premier ministre du gouvernement de gauche, à participation communiste, qui institua la retraite à 60 ans en 1982 dans les colonnes de l'Humanité en 2010 au moment où le gouvernement de Sarkozy organisait la casse de cette réforme.

Vous êtes intervenu dans 
le débat au Sénat pour fustiger le gouvernement qui « liquide
 en catimini » la retraite à 60 ans. Cette mesure est peut-être, disiez-vous, « la plus importante dans toute
 la Ve République » Pourquoi ?

Pierre Mauroy. Des millions de personnes attendaient cette mesure depuis longtemps. Je me souviens des cortèges de manifestants réclamant deux choses : l’union de la gauche et la retraite à 60 ans. En 1981, nous avions 110 propositions. Mais la retraite à 60 ans est celle qui a suscité le plus d’enthousiasme. Tout cela est resté dans la mémoire de plusieurs générations dans le monde du travail. Cela a été un tel cri d’espoir que, franchement, on ne peut pas l’abandonner. Il faut garder l’entrée dans la possibilité de la retraite à 60 ans pour le plus grand nombre. Retarder la retraite c’est mettre certaines catégories dans la difficulté. Les personnes qui sont à deux ans de la retraite, apprenant qu’elles doivent faire deux ans de plus alors qu’elles sont si fatiguées ! Vraiment il faut garder le seuil des 60 ans.

Les arguments gouvernementaux invoquant la démographie, l’allongement de l’espérance de vie ne visent qu’à éviter de poser la question d’autres pistes de financement…

Pierre Mauroy. J’ai un angle d’attaque qui diffère un peu du vôtre. L’allongement de l’espérance de vie peut avoir des conséquences sur le système des retraites. Des salariés peuvent envisager de partir un peu plus tard. Mais ce n’est pas principalement un problème de temps mais d’argent. Pour équilibrer les retraites il faut que les cotisations soient en proportion du coût qu’elles représentent pour la société. Mais le gouvernement n’a rien rééquilibré. Pour bâtir une solution pérenne. Il faut d’autres sources de financement. Les cotisations, on ne peut les augmenter que légèrement. Il faut se tourner davantage vers les entreprises. Il faut élargir l’assiette, faire contribuer les retraites chapeau, les stock-options. Il faut mettre fin au scandale des scandales, le bouclier fiscal, et d’autres niches. Quand on aura fait tout cela, on peut envisager un allongement raisonnable de la durée du travail proportionnée à la durée de vie.

Ne pensez-vous pas que derrière
la dramatisation entretenue par
le gouvernement sur l’avenir des retraites se cachent d’autres intentions, celle du remplacement du système solidaire par répartition par
la capitalisation ?

Pierre Mauroy. Moi, je le crois. Franchement, organiser ce mur d’intransigeance, manifester cette volonté de ne pas bouger, cela est suspect. Dans le débat au Sénat, la droite a tout refusé. Il n’y a pas eu un seul geste de générosité. Ils sont restés sur une position dure… Pourquoi ? On peut penser que le système par répartition ne leur convient pas, ils ne peuvent pas aller plus loin ouvertement mais plus tard on pourrait passer à l’étape de la capitalisation des retraites. La droite va l’emporter car elle a la majorité au Parlement. Mais cela ne sera pas pour elle une victoire, car la question de la retraite est tellement importante pour les Français, c’est une période où l’on espère avoir une vie plus heureuse, Je le répète : le gouvernement et la droite ne veulent pas une négociation qui risquerait de réussir. Ils ont d’autres objectifs en vue.

Plus de 70 % des Français sont contre le projet Sarkozy. Un gouvernement peut-il ainsi piétiner l’opinion 
de la majorité ?

Pierre Mauroy. Il y aura des élections. Les Français n’ont pas la mémoire courte. Le président aura du mal dans sa rencontre avec les Français en 2012. Mais au-delà des retraites, les Français sentent bien qu’ils sont mal gouvernés. En réalité, les dirigeants actuels sont tellement proches du monde de la finance que cela apparaît de façon éclatante. Ce sont des gens d’argent. L’actuel chef de l’État n’est pas un personnage qui aurait dû être élevé au niveau de président de la République, mais nous sommes des républicains et nous respectons le vote des Français.

On a le sentiment d’être dans 
une impasse…

Pierre Mauroy. Du fait de l’entêtement du président et du gouvernement. Ce que nous souhaitons, c’est de conclure ce débat positivement. SI ce n’est pas possible avec eux, ensuite nous trouverons la solution. Ce gouvernement, au plus bas dans toutes enquêtes d’opinion, oppose au mouvement social un non qui veut donner l’impression de la force et de l’autorité, alors que cela donne une image tout à fait contraire. La mobilisation sociale est la plus forte depuis plusieurs années. Des millions de personnes descendent dans la rue. Un gouvernement responsable rechercherait la solution permettant aux uns et aux autres de sortir de ce conflit sans trop de dégâts. La première chose à faire, serait de réunir les syndicats, de se donner un délai et de rouvrir le chantier.

Entretien réalisé par Jean-Paul Piérot et Max Staat

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5 juin 2013 3 05 /06 /juin /2013 17:21

Retraites: quand le PS trouvait "injuste" de relever l'âge légal de départ

 

 

Au vu des propositions du rapport Moreau demandé par le gouvernement, la réforme des retraites pourrait au final être très éloignées des préconisations du Parti socialiste dans cette vidéo de 2010, du temps où il était dans l'opposition

"Relever l'âge légal des retraites ne règlerait qu'une petite partie des problèmes", expliquait ainsi cette animation. "Nous voulons que les efforts soient répartis de façon juste", poursuivait-elle. Le PS entendait mettre à contribution les revenus du capital, les bonus, les stock-options et les plus-values, le tout pour 25 milliards. Les cotisations sociales, salariales et patronales devaient elles-aussi augmenter de 0,1% chaque année de 2012 à 2022, pour récupérer 12 milliards d'euros.

Des mesures étaient aussi envisagées en direction des seniors pour les maintenir dans l'emploi plus longtemps. La ménibilité sera elle-aussi prise en compte avec 5 milliards d'euros budgétés pour.

Rapport Moreau moins généreux

La boîte à outil de mesures, proposée dans le rapport Moreau de la Commission pour l'avenir des retraites, se montre bien moins généreuses pour les particuliers.

Pas de trace de taxation du capital, des bonus... Certes, une hausse des cotisations patronales et syndicales est bien envisagée, de 0,1 à 0,2 point. Mais seulement sur 3 ans, non jusqu'en 2022. Et l'effort portera à 40% sur les salariés, à 60% sur les entreprises. La pénibilité des métiers est en revanche bien prise en compte. La commission suggère des avantages au titre de la pénibilité, accordés notamment pour les professions qui travaillent la nuit et pour celles exposées à des substances cancérigènes.

Pistes de droite

En revanche, le rapport Moreau ouvre des pistes qui n'apparaissent pas dans les préconisations du PS en 2010, tout simplement parce que celles-ci, il y a trois ans, étaient évoquées par la droite au pouvoir:

  • Le changement de calcul des retraites des fonctionnaires, qui ne seront plus basées sur les 6 derniers mois mais sur les 10 meilleures années, en incluant une partie des primes.
  • L'allongement de la durée de cotisation pour avoir une retraite à taux plein, jugée "injuste" dans le film de 2010. Celle-ci pourrait être allongée jusqu'à "43, voire 44 ans, en accélérant le calendrier de la réforme Fillon", qui a déjà porté cette durée à 41,5 ans, selon une source syndicale citée par l'AFP.
  • La mise à contribution des 15 millions de retraités. En plus de la fin de l'indexation du niveau de leurs pensions sur l'inflation, le taux de la contribution sociale généralisée (CSG) des retraités imposables serait aligné sur celui des actifs et/ou on leur supprimerait l'abattement fiscal des 10%, et/ou le bonus fiscal de 10% pour les ménages ayant eu trois enfants et plus.
  • La révision vers le bas du calcul du niveau des retraites pour les actifs. En prenant exemple également sur les régimes complémentaires gérés par les partenaires sociaux, une baisse des rendements des retraites du régime général serait mise en place en temps de crise économique. Ainsi les actifs cotisant 100 euros n'en verront que 95 pris en compte pour leur future pension. Ce mode de calcul pourrait être revu en période de plus grande prospérité économique.

La commission Moreau rend son rapport jeudi 13 juin prochain, en vue de la conférence sociale des 20 et 21 juin prochain. Cette vidéo de 2010 du Parti socialiste pourrait être instructive au vu des mesures finalement actées par le gouvernement, en vue de la réforme du financement des retraites

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    4 juin 2013 2 04 /06 /juin /2013 16:38

    Jean-Marc Ayrault

    POLITIQUE -  le 4 Juin 2013

     

    Retraites: Jean-Marc Ayrault veut faire comme pour les allocations familiales

     

     

    Cela promet. Le premier ministre a expliqué ce mardi que la future réforme des retraites serait "guidée" par les mêmes principes de "justice" et de "solidarité" que celle de la politique familiale, présentée lundi. La note risque d'être salée pour les retraités actuels et à venir, au vu des premières fuites du rapport que doit rendre la Commission pour l'avenir des retraites.

    Vibrant plaidoyer de Jean-Marc Ayrault ce mardi à l'Assemblée. Le chef du gouvernement a tenté de justifier la méthode utilisée par son équipe aussi bien pour la réforme de la politique familiale dévoilée hier, que pour celle à venir du financement des retraites. Selon lui, cette réforme du quotien familial "est la preuve qu'on peut sauver le modèle social français en le réformant, en réduisant les injustices, en répondant à des besoins nouveaux et en apportant plus de solidarité". Question de point de vue. Pour Michel Canet, président de l'Union des familles laïques (UFAL), ces mesures vont dans le sens d'"une semi-privatisation de la politique sociale"

    Fonctionnaires et retraités en ligne de mire

    Cette politique qui ne rompt pas avec l'austérité budgétaire est bien celle que compte mettre en place le gouvernement pour la réforme des retraites à venir. "C'est la politique du gouvernement! C'est celle qui nous conduira pour les autres réformes de notre système social, c'est celle qui nous inspirera pour la réforme des retraites", explique Jean-Marc Ayrault.

    Au vu des premières pistes de mesures que la Commission pour l'avenir des retraites va proposer la semaine prochaine au gouvernement, qui ont fuité ce mardi, cette même méthode risque d'être salée pour:

    • les fonctionnaires: le rapport Moreau, du nom du haut-fonctionnaire Yannick Moreau qui préside cette commission, devrait proposer de changer les règles de calcul des retraites des fonctionnaires, qui ne seront plus basées sur les 6 derniers mois mais sur les 10 meilleures années, en incluant une partie des primes.
    • les retraités: le taux de la contribution sociale généralisée (CSG) des retraités imposables serait aligné sur celui des actifs. On leur supprimerait l'abattement fiscal des 10%, ainsi que le bonus fiscal de 10% pour les ménages ayant eu trois enfants et plus. Comme cela a déjà été décidé par les retraites complémentaires du privé (Agirc-Arrco), les pensions ne seraient pas directement indexées sur l'inflation.
    • les actifs, futurs retraités: en prenant exemple également sur les régimes complémentaires gérés par les partenaires sociaux, une baisse des rendements des retraites du régime général serait mise en place en temps de crise économique. Ainsi les actifs cotisant 100 euros n'en verront que 95 pris en compte pour leur future pension. Ce mode de calcul pourrait être revu en période de plus grande prospérité économique.

    En revanche, les entreprises devraient être préservées, la Commission proposant une légère hausse des cotisations.

    "Ca va être chaud"

    Pour faire passer la pillule aux particuliers, la commission suggère des avantages au titre de la pénibilité, accordés notamment pour les professions qui travaillent la nuit et pour celles exposées à des substances cancérigènes. "Tout cela, c'est la boîte à outils, mais le gouvernement devra choisir et prendre ses responsabilités (...). Cela va être chaud", a commenté un syndicaliste auprès de l'AFP.

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    21 mai 2013 2 21 /05 /mai /2013 12:35

     


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     1706BabouseOn en a peu parlé (y compris dans nos colonnes), mais cela fait déjà plus d’un mois que les négociations entre syndicats de travailleurs et patronat au sujet des retraites complémentaires et de leurs régimes (Arrco – pour les salariés – et Agirc – pour les cadres) sont terminées. Retour sur une nouvelle atteinte à nos droits et à nos conditions de vie.

    Petit rappel des faits
    À l’origine, l’enjeu affiché de ces « tractations » n’était autre que la réduction du déficit annuel de l’Arrco et de l’Agirc, lequel déficit, à en croire les chiffres, s’élevait à près de cinq milliards d’euros en 2012. Mais sous ces motivations économes, se cachait, bien sûr, la sempiternelle volonté gouvernementale de dépouiller les plus démunis pour renflouer les caisses de l’État et les poches du patronat.
    Du côté du Medef, on affichait jusque-là le désir de voir les pensions des retraités revalorisées de un point inférieur à l’inflation pour une durée de cinq ans minimum dès 2013… Ce qui se serait traduit par une baisse de 5 % du pouvoir d’achat des retraités et aurait conditionné – à la baisse – le calcul des retraites des salariés. L’organisation patronale souhaitait également s’attaquer aux pensions des veufs et veuves, en les indexant sur la durée du mariage des concernés.
    Les syndicats de travailleurs, eux, demandaient une augmentation des cotisations patronales – en particulier celles des entreprises réalisant de gros bénéfices –, voire salariales, et ce afin de ne pas toucher aux revenus des retraités, pour la plupart déjà bien maigres. Devant l’intransigeance du patronat, la CGT et FO avaient quitté, début mars, la table des négociations, laissant la CFDT, la CFTC et la CGC négocier seules avec le Medef. Les trois organisations avaient alors vite fait savoir qu’elles étaient prêtes à accepter une désindexation des pensions (sans pour autant préciser le niveau !), mais seulement si, en contrepartie, le patronat acceptait le principe d’une augmentation des cotisations des employeurs…
    Quant au gouvernement, il avait très vite annoncé qu’il était probable que les pensions octroyées par les régimes de retraite de base (Cnav et MSA) – dont la réforme est prévue pour cet été – connaîtraient, à terme, le même sort que les régimes complémentaires… Autrement dit, il entendait faire de la réforme des régimes de retraite complémentaire une réforme plus générale du régime de retraite dans son ensemble. Le Medef encourageait d’ailleurs l’État à s’engager dans cette voie, pourvu, bien sûr, que cette réforme n’implique aucune augmentation des cotisations patronales.

    Les directions syndicales responsables
    L’accord – dont l’enjeu était de taille ! – fut signé le 13 mars. Et ce qui se profilait dès le début des négociations s’est confirmé : les retraités voient leurs pensions sous-indexées par rapport à l’inflation depuis le 1er avril et, à partir du 1er janvier 2014, les travailleurs actifs supporteront à hauteur de 40 % l’augmentation de la cotisation pour l’Arrco et l’Agirc. Et le gouvernement, bien sûr, confirme son ambition de réformer dans cette veine-là les régimes de base… Une fois de plus, les directions syndicales n’ont pas été à la hauteur.Notamment  celles de la CFDT, de la CFTC et de la CGC (qui ont ratifié l’accord).
    Une fois de plus, cette histoire ne fait que témoigner de l’impasse qu’incarnent ces négociations nationales. Le 11 janvier, de semblables avaient abouti, malgré les départs « enragés » de la CGT et de FO, à un accord national interprofessionnel instaurant une flexibilité synonyme de précarité et d’insécurité pour les travailleurs. Les retraités, mais aussi les salariés (actifs ou non), devront donc investir la rue et les entreprises par la grève et les manifestations pour, via des organisations syndicales réappropriées (et, donc, des bureaucraties dépassées), imposer la satisfaction de leurs intérêts immédiats. Le reste n’est qu’illusion, hypocrisie et mensonge.

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    18 mai 2013 6 18 /05 /mai /2013 10:02

     

    SOCIAL-ECO -  le 17 Mai 2013

     

    Financement des retraites : la CGT a des propositions

     

     


    La CGT propose une vraie réforme du financement des retraites, une mise à plat les règles du financement de la protection sociale en France. Comme traiter différemment les grands groupes et les petites entreprises.Eric Aubin explique comment aller chercher l’argent et pour quoi faire.


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    29 mars 2013 5 29 /03 /mars /2013 16:37

    Jean-Luc Mélenchon, en marge de la mobilisation contre l'ANI, le 5 mars 2013

    Politique - le 26 Mars 2013

    Tirs nourris au PS contre "la violence verbale" de Jean-Luc Mélenchon

    Plusieurs personnalités du parti socialiste ont appelé ce mardi Jean-Luc Mélenchon à cesser ses attaques contre la politique gouvernementale et mis en cause ses "propos outranciers".

    Ces prises de position interviennent après un week-end de polémiques et une intervention du co-président du Parti de gauche sur France Inter, au cours de  laquelle il a revendiqué un "dru et cru".

     

    "Apprentis sorciers"

    Lors d'un point presse ce mardi matin, l'une des porte-parole du PS, Annick Lepetit, a dénoncé les "apprentis sorciers" qui, de l'UMP concernant le projet de loi sur le mariage pour tous, à Jean-Luc Mélenchon, "jettent de l'huile sur le feu". Soulignant que le gouvernement et la majorité ne comptaient "pas céder à ces formes d'intimidation qui dénaturent le débat", la porte-parole a précisé qu'elle le disait "aussi pour Jean-Luc Mélenchon et le Parti de Gauche", qui, "en insultant le ministre des Finances et en tenant des propos outranciers ont insulté toute la gauche."

    "Jean-Luc Mélenchon a choisi de s'illustrer par l'invective, la violence verbale, l'intimidation, et la brutalité des propos fait partie de son fonds de commerce. Non seulement il ne s'en excuse pas, mais il le revendique", a déploré Mme Lepetit, se demandant "jusqu'où mène la violence verbale".

     

    "Donner des leçons"

    De son côté, Thierry Mandon, autre porte-parole du groupe PS, a lancé dans les couloirs: "Il s'en est pris au ministre de l'Economie et des Finances, élu et réélu dans l'une des circonscriptions les plus ouvrières de France. Quand Jean-Luc Mélenchon aura fait ses preuves au suffrage universel direct dans une circonscription ouvrière, il pourra donner des leçons de gauche à ceux qu'il critique."

     

    "Dans l'opposition"

    Sur France 3 mardi, le président du groupe des députés socialistes à l'Assemblée, Bruno Le Roux, classe le cofondateur du Parti de gauche dans l'opposition. "Il n'est pas un allié, il est dans l'opposition depuis plusieurs mois, dans l'opposition la plus dure, la plus caricaturale, qui emploie des termes qui n'ont jamais été employés dans le débat politique à gauche. Il faut que cela cesse. Il faudrait que chacun ait le sens de l'intérêt national plutôt que de l'intérêt partisan."

    Interrogé sur le score élevé de la candidate Front national à la législative partielle dans l'Oise ce dimanche, Julien Dray, ancien leader du courant Gauche socialiste, "ne tire pas un trait d'égalité entre Mélenchon et Le Pen", mais souligne qu'"on ne combat pas le FN en employant ses instruments. Attention à ne pas diviser la gauche au point, comme dans l'Allemagne des années 1930, de laisser le fascisme s'installer", met-il en garde.

     

    "Manoeuvre"

    Ce mardi matin, invité sur France Inter, Jean-Luc Mélenchon a dénoncé "une manoeuvre montée par le Parti socialiste contre moi qui a essayé de m'accuser d'antisémitisme pour faire taire le débat sur sa responsabilité dans l'affaire de Chypre". Dans cette île, "un parlement national a voté contre des mesures proposées par un comité de l'Eurogroupe et on a décidé de s'asseoir dessus. C'est un événement immense dans la vie de l'Union européenne."

    Vidéo: l'intervention de Jean-Luc Mélenchon sur France-Inter

     

    Récusant toute forme d'outrance, le candidat du Front de gauche à la présidentielle de 2012 a mis en cause le traitement de l'information dans les médias, "intéressés à aucun raisonnement, aucun texte du congrès du Parti de Gauche (...) jusqu'à ce qu'il y ait le mot salopard: vous êtes des petits amusants, on vous manipule comme des pantins en agitant des chiffons rouges et vous rappliquez tous".

     

    "La colère du peuple"

    "Il y a 15 jours, vous étiez tous rassemblés autour de la momie d'Hessel, en train d'agiter vos palmes et vos engins à encens: indignez-vous, c'est magnifique! Mais il faut s'indigner dans le langage de la bonne société, il faut dire prout-prout, parler gentiment". "Ce n'est pas comme ça que s'exprime la colère du peuple, les gens en ont par dessus la tête, ils ont besoin d'avoir des dirigeants qui parlent dru et cru, qui disent les choses comme elles sont", a assuré Jean-Luc Mélenchon.

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    29 mars 2013 5 29 /03 /mars /2013 15:52

     

    Social-Eco - le 29 Mars 2013

    Manifestation

    Des retraités mobilisés contre la perte de leur pouvoir

    À l’appel de la CGT retraités, suivi par la FSU Île-de-France, un millier de personnes se sont donné rendez-vous jeudi près du siège du Medef pour affirmer leur détermination à « ne pas lâcher sur le pouvoir d’achat ».

    Ils étaient plusieurs centaines de manifestants, jeudi, devant le siège du Medef, à Paris pour défendre le pouvoir d’achat des retraités, à l’appel de la CGT. Au 1er avril, les pensions vont progresser de 1,3 %, mais pour les militants, c’est largement insuffisant quand 5 millions de retraités bénéficient d’une pension totale comprise entre 800 euros et 1 200 euros par mois. Infirmier à l’hôpital Sainte-Anne, Bernard Bruant explique que, « dans son établissement, une infirmière part à la retraite avec 1 300 à 1 400 euros quand une aide-soignante perçoit tout juste l’équivalent d’un Smic ». Une perte de revenu qui s’ajoute à la disparition d’une prise en charge partielle de sa mutuelle et à l’impossibilité de continuer à profiter des œuvres sociales proposées aux personnels de l’administration parisienne lorsqu’on est actif. Ce qui « accentue les difficultés à se soigner, se loger mais se cultiver aussi ». De son côté, François Collin, responsable CGT pour la fédération des transports, indique qu’en moyenne les revenus diminuent de 30 % lors du passage à la retraite, alors que « seuls 320 000 des 3 millions de retraités que compte l’Île-de-France bénéficient d’un titre transport gratuit ou à tarif réduit ». Il propose, pour rattraper cette injustice, une harmonisation au niveau régional des conditions d’attribution du passe Navigo Améthyste dès soixante ans. Pour répondre aux besoins réels des retraités, la CGT propose notamment « un rattrapage de 300 euros mensuels » pour l’ensemble des retraites et « une revalorisation des pensions de base et des complémentaires indexées sur la base du salaire moyen ».

    D’autant que la baisse du niveau de vie va s’accentuer avec la décision prise par le Medef et des syndicats d’« assainir » les comptes des régimes de retraite complémentaire Agirc et Arrco en revalorisant les pensions à un niveau inférieur à l’inflation pendant trois ans. Une réduction supplémentaire du pouvoir d’achat de ces retraités est donc à prévoir pour les trois années à venir. Et les syndicats craignent que le gouvernement s’inspire de cette mesure et l’applique au régime général. Cela représenterait, avertit la CGT, 
« au moins 2 milliards d’euros » de manque à gagner pour les retraités. Alors que, entre 1993 et 2010, le syndicat estime que le cumul des réformes imposées aux retraites a déjà induit une perte de 20 % du pouvoir d’achat.

    Des exigences immédiates. La CGT rappelle ses revendications pour le pouvoir d’achat 
des retraités : rattrapage de 300 euros par mois pour tous les retraités, revalorisation des pensions et des retraites complémentaires indexées sur la base du salaire moyen, instauration d’une retraite minimum égale au Smic pour 
une carrière complète, relèvement des pensions de réversion 
à 75 % de la retraite initiale, rétablissement de la demi-part 
pour le calcul de l’impôt sur le revenu.

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    Published by bruno fornaciari - dans RETRAITES
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