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4 janvier 2017 3 04 /01 /janvier /2017 22:08
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Bernard Adrian
6 h

Non seulement le statut des fonctionnaires a permis à plusieurs générations d'enfants d'ouvriers d'être recrutés par l'Etat et de faire carrière, mais il permet aussi aux fonctionnaires de garantir l'égalité de traitement entre les usagers des services publics.

Oui cette conquête sociale est bien du même niveau que la Sécurité Sociale et le droit de regard sur les comptes des entreprises reconnu aux Comités d'Entreprise.

C'est pour cette raison que les organisations patronales et ceux qui s'y rattachent veulent absolument l'abattre.

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4 janvier 2017 3 04 /01 /janvier /2017 14:54
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1 janvier 2017 7 01 /01 /janvier /2017 08:26

Jean Ziegler : « Les spéculateurs devraient être jugés pour crime contre l’humanité »

PAR 


​​​​​​Les resources de la planète peuvent nourrir 12 milliards d’humains, mais la spéculation et la mainmise des multinationales sur les matières premières créent une pénurie. Conséquence : chaque être humain qui meurt de faim est assassiné, affirme Jean Ziegler, ancien rapporteur spécial de l’ONU pour le droit à l’alimentation. Il dénonce cette « destruction massive » par les marchés financiers. Des mécanismes construits par l’homme, et que l’homme peut renverser. Entretien :

Basta ! : Craignez-vous que la crise financière amplifie celle de la faim dans le monde ?

Jean Ziegler : Tous les cinq secondes, un enfant de moins de 10 ans meurt de faim. Près d’un milliard d’humains sur les 7 milliards que compte la planète souffrent de sous-alimentation. La pyramide des martyrs augmente. À cette faim structurelle, s’ajoute un phénomène conjoncturel : les brusques famines provoquées par une catastrophe climatique – comme en Afrique orientale, où 12 millions de personnes sont au bord de la destruction – ou par la guerre comme au Darfour. En raison de la crise financière, les ressources du Programme alimentaire mondial (PAM), chargé de l’aide d’urgence, ont diminué de moitié, passant de 6 milliards de dollars à 2,8 milliards. Les pays industrialisés ne paient plus leurs cotisations car il faut sauver la Grèce, l’Italie et les banques françaises. Une coupe budgétaire qui a un impact direct sur les plus démunis. Dans la corne de l’Afrique, le PAM est contraint de refuser l’entrée de ses centres de nutrition thérapeutique à des centaines de familles affamées qui retournent dans la savane vers une mort presque certaine.

Et les financiers continuent de spéculer sur les marchés alimentaires. Les prix des trois aliments de base, maïs, blé et riz – qui couvrent 75 % de la consommation mondiale – ont littéralement explosé. La hausse des prix étrangle les 1,7 milliard d’humains extrêmement pauvres vivant dans les bidonvilles de la planète, qui doivent assurer le minimum vital avec moins de 1,25 dollar par jour. Les spéculateurs boursiers qui ont ruiné les économies occidentales par appât du gain et avidité folle devraient être traduits devant un tribunal de Nuremberg pour crime contre l’humanité.

Les ressources de la planète suffisent à nourrir l’humanité. La malnutrition est-elle seulement une question de répartition ?

Le rapport annuel de la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) estime que l’agriculture mondiale pourrait aujourd’hui nourrir normalement 12 milliards d’humains [1], presque le double de l’humanité. Au seuil de ce nouveau millénaire, il n’y a plus aucune fatalité, aucun manque objectif. La planète croule sous la richesse. Un enfant qui meurt de faim est assassiné. Il n’est pas la victime d’une « loi de la nature » !

Au-delà de la spéculation, quelles sont les autres causes de la faim dans le monde ?

Tous les mécanismes qui tuent sont faits de main d’homme. La fabrication d’agrocarburants brûle des millions de tonnes de maïs aux États-Unis. L’océan vert de la canne à sucre au Brésil mange des millions d’hectares de terres arables. Pour remplir un réservoir de 50 litres de bioéthanol, vous devez brûler 352 kg de maïs. Au Mexique ou au Mali, où c’est l’aliment de base, un enfant vit une année avec cette quantité de maïs. Il faut agir face au réchauffement climatique, mais la solution ne passe pas par les agrocarburants ! Il faut faire des économies d’énergies, utiliser l’éolien, le solaire, encourager les transports publics.

Autre élément : le dumping agricole biaise les marchés alimentaires dans les pays africains. L’Union européenne subventionne l’exportation de sa production agricole. En Afrique, vous pouvez acheter sur n’importe quel étal des fruits, des légumes, du poulet venant d’Europe à quasiment la moitié du prix du produit africain équivalent. Et quelques kilomètres plus loin, le paysan et sa famille travaillent dix heures par jour sous un soleil brûlant sans avoir la moindre chance de réunir le minimum vital.

Et la dette extérieure des pays les plus pauvres les pénalise. Aucun gouvernement ne peut dégager le minimum de capital à investir dans l’agriculture, alors que ces États ont un besoin crucial d’améliorer leur productivité. En Afrique, il y a peu d’animaux de traction, pas d’engrais, pas de semences sélectionnées, pas assez d’irrigation.

Enfin, le marché agricole mondial est dominé par une dizaine de sociétés transcontinentales extrêmement puissantes, qui décident chaque jour de qui va vivre et mourir. La stratégie de libéralisation et de privatisation du Fonds monétaire international (FMI), de la Banque mondiale et de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) a ouvert la porte des pays du Sud aux multinationales. La multinationale Cargill a contrôlé l’an dernier 26,8 % de tout le blé commercialisé dans le monde, Louis Dreyfus gère 31 % de tout le commerce du riz. Ils contrôlent les prix. La situation est la même pour les intrants : Monsanto et Syngenta dominent le marché mondial – donc la productivité des paysans.

Que faire face à cette situation ?

Ces mécanismes, faits de main d’homme, peuvent être changés par les hommes. Mon livre, Destruction massive, Géopolitique de la faim, malgré son titre alarmant, est un message d’espoir. La France est une grande et puissante démocratie, comme la plupart des États dominateurs d’Europe et d’Occident. Il n’y a pas d’impuissance en démocratie. Nous avons toutes les armes constitutionnelles en main – mobilisation populaire, vote, grève générale – pour forcer le ministre de l’Agriculture à voter pour l’abolition du dumping agricole à Bruxelles. Le ministre des Finances peut se prononcer au FMI pour le désendettement total et immédiat des pays les plus pauvres de la planète.

La crise de la dette européenne rend cette position plus difficile à envisager…

Elle complique la situation. Mais la taxe Tobin, quand elle a été proposée par Attac il y a quinze ans, était qualifiée d’irréaliste. Aujourd’hui, elle est discutée par le G20 ! Les organisations internationales sont obligées de constater la misère explosive créée par la hausse des prix des matières premières. Un chemin se dessine. Nous avons un impératif catégorique moral – au-delà des partis, des idéologies, des institutions, des syndicats : l’éveil des consciences. Nous ne pouvons pas vivre dans un monde où des enfants meurent de faim alors que la planète croule sous les richesses. Nous ne voulons plus du banditisme bancaire. Nous voulons que l’État à nouveau exprime la volonté du citoyen, et ne soit pas un simple auxiliaire des entreprises multinationales. Ces revendications créent des mouvements dans la société civile.

La crise ne risque-t-elle pas de provoquer une montée du populisme en Europe, plutôt qu’un nécessaire sursaut des consciences ?

La lutte est incertaine. Le chômage et la peur du lendemain sont les terreaux du fascisme. Mais il y a une formidable espérance à la « périphérie », comme le montrent les insurrections paysannes pour la récupération des terres que les multinationales se sont appropriées au nord du Brésil et du Sénégal, au Honduras ou en Indonésie. Si nous arrivions à faire la jonction, à créer un front de solidarité entre ceux qui luttent à l’intérieur du cerveau de ces monstres froids et ceux qui souffrent à la périphérie, alors l’ordre cannibale du monde serait abattu. J’ai d’autant plus d’espoir que l’écart entre Sud et Nord se réduit, parce que la jungle avance. La violence nue du capital était jusqu’ici amortie au Nord, par les lois, une certaine décence, la négociation entre syndicats et représentants patronaux. Aujourd’hui, elle frappe ici les populations humbles. Il faut montrer la voie de l’insurrection et de la révolte.

Propos recueillis par Élodie Bécu

À lire : Jean Ziegler, Destruction massive : Géopolitique de la faim, 2011, Éditions du Seuil, 352 pages, 20 euros. Pour le commander dans la librairie la plus proche de chez vous, rendez-vous sur lalibraire.com.

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20 décembre 2016 2 20 /12 /décembre /2016 11:05

En finir avec l'évasion fiscale - Retour sur la réunion avec les frères Bocquet

 

80 milliards d'euros sont illégalement détournés chaque année vers les paradis fiscaux et l'optimisation fiscale est devenue le sport préféré des multinationales faisant perdre des milliards d'euros aux Etats.

Dans leur livre les Frères Bocquet détaillent les mécanismes complexes qui sous-tendent ce véritable fléau et donnent à voir des solutions concrètes pour y faire face. C'est au pied du Ministère des finances, à Bercy, qu'ils ont choisi de faire leur conférence-dédicace parisienne, comme un symbole de la nécessité que les pouvoirs publics et les citoyens se lancent dans une bataille acharnée pour récupérer leur argent !

Interview des frères Bocquet et de Pierre Laurent lors de la soirée à Bercy

A voir aussi

Sans domicile fisc, le livre d'Alain et Eric Bocquet

Préface: Jean ZIEGLER

« L’impôt est le prix à payer pour une société civilisée. »
(Henry Morgenthau)

Évasion, optimisation fiscale et fraude font perdre chaque année entre 60 et 100 milliards d’euros au budget de la France et plus de 1 000 milliards en Europe. Conséquences de la lutte molle de nos gouvernements, l’école, la culture, l’hôpital, la justice, les équipements publics, les collectivités perdent des moyens pour répondre aux besoins des citoyens. Cette austérité qui mine l’État gangrène la démocratie et ouvre la porte aux extrémismes.

Et si l’on passait des paroles aux actes ? Deux frères, l’un député, l’autre sénateur, tous deux nordistes et maires de leurs communes, hommes politiques de terrain et militants engagés, font bouger les lignes dans le cadre de leur mission sur la piste des « sans domicile fisc ». Décryptage et démontage des paradis fiscaux par ces experts, tous deux rapporteurs de commissions d’enquête parlementaires sur le sujet, ce livre s’appuie, notamment, sur leur dialogue inédit avec des personnalités de toutes sensibilités, à travers une série d’interviews-témoignages. Au-dessus des positions partisanes, ils analysent ici des mécanismes de spéculation et préconisent des mesures directes concrètes pour la France, pour l’Europe, pour le monde.

https://www.cherche-midi.com/livres/sans-domicile-fisc -

La page facebook avec toutes les rencontres autour du livre : https://www.facebook.com/sansdomicilefisc

 

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Published by bruno fornaciari - dans SOCIAL-ECONOMIE-FINANCES
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19 juillet 2016 2 19 /07 /juillet /2016 10:43

Loi travail : nécessaire mais insuffisante pour faire baisser le chômage

Paris, 12 juil 2016 (AFP) - Publié le mardi 12 juillet 2016 à 16h18, mis à jour à 16h21 -

Le FMI accueille « favorablement » les récentes réformes du marché du travail, à savoir la loi Macron et le projet de loi El Khomri, qui sont « importantes et nécessaires », a déclaré Christian Mumssen, directeur du FMI pour la France, lors d'un point presse à l'occasion de la publication de son rapport annuel définitif.

Dans la future loi travail, il salue en particulier la réforme des licenciements économiques et la primauté donnée à l'accord d'entreprise sur l'accord de branche en matière de temps de travail, les deux mesures les plus polémiques du texte dont l'ultime passage devant les députés est prévu la semaine prochaine.

Selon l'organisation internationale, qui se fonde sur plusieurs simulations des effets de la loi, la « réduction de l'incertitude autour des licenciements économiques » pour les entreprises ne devrait avoir qu'un impact limité sur le chômage dans sa globalité. Mais il devrait faire baisser le chômage des jeunes et, surtout, « encourager l'embauche en CDI ».

La décentralisation du dialogue social devrait pour sa part « permettre aux entreprises de mieux s'adapter aux circonstances économiques », selon le FMI. Il estime notamment qu'un assouplissement du principe de faveur, qui empêche qu'un accord d'entreprise soit moins favorable qu'une convention collective, permet à un pays de mieux réagir aux crises économiques, comme l'a fait l'Allemagne.

Mais la réforme ne suffira pas à résorber le taux de chômage élevé en France, plus structurel que conjoncturel, selon le FMI. Le rapport juge ainsi « essentiel » de réformer également l'assurance chômage qui « crée des trappes à inactivité ».

Les critères d'indemnisation (il faut avoir travaillé quatre mois) sont « parmi les plus laxistes d'Europe », estime notamment le rapport qui préconise de « renforcer la recherche d'emploi et mieux adapter les compétences au marché du travail ».

« Nous sommes préoccupés par le fait que les discussions entre partenaires sociaux » sur les nouvelles règles d'assurance chômage « n'aient pas encore abouti », a commenté M. Mumssen.


En savoir plus sur http://www.cbanque.com/actu/58997/loi-travail-necessaire-mais-insuffisante-pour-faire-baisser-le-chomage#PdJWYVL0G2cHKVGw.99

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19 juillet 2016 2 19 /07 /juillet /2016 08:27

AU RAPPORT

Selon un rapport censuré de l'Igas, les 35 heures ont bien créé 350 000 emplois

Par LIBERATION — 18 juillet 2016 à 18:28

L'Inspection générale des affaires sociales a produit une analyse, enterrée en interne le mois dernier et qui a finalement fuité, pointant les vertus du partage du temps de travail.

Fin juin, le Syndicat des membres de l’inspection générale des affaires sociales s’émouvait de la censure en interne d’un rapport sur les 35 heures. Si les productions de l’Igas sont censées être transmises aux ministères concernés, il existe en effet la possibilité pour son directeur de décider de ne pas en faire connaître les conclusions. Ce que Pierre Boissier, le directeur actuel, n’avait jamais fait jusqu’ici, rappelleMediapart, alors qu’il a tranché en ce sens début juin. Au Monde, les services de l’Igas ont rappelé que «des travaux insuffisamment achevés ou présentant des faiblesses méthodologiques ne sont pas transmis par le chef de l’Igas». Une grosse quinzaine de jours plus tard, le rapport a finalement fuité (il est lisible ici). En voici les principaux enseignements:

• Premier constat : les 35 heures, ce n’est pas l’horrible ralentisseur de croissance et empêcheur d’embaucher (en rond) qu’on nous dépeint depuis quelques années. «Les politiques de réduction de la durée légale du travail permettent de créer, au moins à court terme, de l’emploi à condition de respecter des conditions strictes», peut-on lire. Plusieurs recommandations des inspecteurs, qui n’ont pas signé nommément leur rapport en raison de son caractère «polémique», laissent penser que l’emploi se porterait mieux si l’on favorisait les temps partiels (au minimum 80% payés 90%, afin que cela ne se traduise pas par une paupérisation des travailleurs), voire si on plafonnait le temps de travail des cadres à 44 heures hebdomadaires.

D’ailleurs, les inspecteurs tranchent (enfin) le débat sur le nombre d’emplois créés par les lois Aubry à 350 000 en quatre ans (1998-2002) et commentent : «Les arguments avancés pour contester ces créations d’emploi apparaissent fragiles. […] S’agissant de l’effet négatif des lois Aubry sur la compétitivité, aucun élément ne permet de confirmer cette affirmation.»

• Deuxième constat : la France ne fait pas figure d’exception en matière de temps de travail. «La durée effective du travail en France n’est pas particulièrement basse par rapport à celles des autres membres de l’Union européenne si l’on considère le temps de travail de tous les salariés, et pas seulement ceux à temps complet», écrivent les inspecteurs, qui rappellent que le temps de travail diminue partout en Europe.

• Troisième constat : la flexibilité, c’est bien, mais quand c’est correctement utilisé, c’est mieux. Ainsi, alors que les travailleurs en France sont assez ouverts à une individualisation de leur temps de travail, et prêts à adapter leur emploi du temps, les entreprises rechignent à appliquer de la «flexibilité interne», lui préférant une«flexibilité externe», c’est-à-dire le recours à des contrats de courte durée. Autre élément : il faut prendre en compte la durée du travail à l’échelle d’une carrière, pas de quelques mois. Aussi, favoriser les formations professionnelles de quelques mois, ou les congés de soutien à des membres de sa famille en difficulté, pourrait permettre de mieux répartir le travail.

• Quatrième constat : augmenter le nombre d’heures supplémentaires, lorsque la croissance n’est pas au rendez-vous, «pèse négativement sur l’emploi».

Pour rappel, le chômage a augmenté en mai, s’établissant à 5,72 millions de demandeurs d’emploi dans toute la France.

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Published by bruno fornaciari - dans SOCIAL-ECONOMIE-FINANCES
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19 juillet 2016 2 19 /07 /juillet /2016 08:17

ENQUÊTE

Mairies FN : le pauvre ne vaut pas le coût

Par Charlotte Rotman et Laure Equy — 1 août 2014 à 19:46

Centres sociaux étranglés, fin de la cantine gratuite... dans nombre de villes passées au Front national, les déshérités trinquent.

  • Mairies FN : le pauvre ne vaut pas le coût

Ici, c’est la gratuité de la cantine pour les ménages les plus pauvres qui saute. Là, des heures de garderie sont refusées aux enfants de parents chômeurs. Là encore, on coupe les subventions aux centres sociaux des quartiers les plus défavorisés. Les maires du Front national élus en mars se sont voulus discrets pendant leurs premiers mois de mandat, veillant à ne pas commettre d’impair, même si l’œuvre d’art-fontaine repeinte en bleu à Hayange (lire ci-contre) ou le drapeau européen retiré du fronton de la mairie de Fréjus ont été très commentés.

Lors de leurs quatre ou cinq premiers conseils municipaux, ces élus FN ont néanmoins pris des décisions qui égratignent sérieusement les politiques d’aide aux plus pauvres. Sous couvert de redresser les finances de villes souvent très endettées ou de tenir leur promesse de campagne de ne pas augmenter les impôts, ils fragilisent l’accompagnement social réalisé par les associations ou les services municipaux eux-mêmes. En ces temps de disette budgétaire, ils ne sont certes pas les seuls à tailler dans ces politiques bénéficiant aux précaires. «On fait une fixation sur nos villes, mais ça se passe ainsi dans bien d’autres communes et vous n’en parlez pas», rétorque Franck Briffaut, le maire FN de Villers-Cotterêts (Aisne). A Fréjus (Var), trois centres sociaux ont vu leurs subventions fondre jusqu’à 67%. La structure la plus touchée se trouve à la Gabelle, quartier qui concentre les difficultés et où vit une importante population immigrée. Le maire, David Rachline, justifie ces coupes mais aussi le budget de rigueur qu’il a fait voter au printemps par la «situation financière catastrophique» de Fréjus. «Toute la ville est mobilisée pour faire des efforts financiers, et je n’ai pas de tabou»,explique-t-il.

«Fainéants».Au Pontet (Vaucluse), Joris Hebrard a mis fin à la gratuité totale des repas à la cantine dont bénéficiaient les ménages les plus démunis. Là aussi, la mairie invoque «l’endettement dramatique de la ville et la nécessité absolue de détecter les abus». «Cette mesure représente 29 000 euros d’économies sur un budget de 50 millions, ce n’est pas ça qui va résorber la dette ! réplique Miliani Makhechouche, l’ancien candidat PS. Et ces soi-disant économies sont faites sur le dos des pauvres.» Au-delà de son intention de réduire les dépenses, la mairie du Pontet ne se cache pas de vouloir «responsabiliser les parents» en les obligeant à payer pour les repas «une somme même modique» :«Avignon et les mairies d’à côté ne font pas ce service gratuitement. Une ville n’est pas un centre social géant, on ne doit pas tout faire gratis. S’acquitter de 1,58 euro pour un repas complet, c’est une question de principe», argumente le directeur de cabinet, Xavier Magnin. L’opposant UMP Claude Toutain rappelle que le maire n’a, de son côté, pas hésité à relever son indemnité, et juge «la leçon de morale déplacée et démagogique» : «Ces familles sont souvent en attente d’allocations ou d’une pension parce que le mari ou la femme s’est barré. On est dans la mesure idéologique, le maire part du principe que les chômeurs sont des fainéants.»

Ce refrain antigratuité, ils sont plusieurs élus FN à l’entonner. A Villers-Cotterêts, Frank Briffaut, qui a aussi remodelé la grille des tarifs de cantine, assume : «Rien n’est gratuit dans ce monde, arrêtons la démagogie. Expliquons aux gens que tout a un prix. Il n’y a que vingt familles concernées et les parents ne travaillaient pas.» Ce discours ciblant les chômeurs considérés comme des «assistés» est raccord avec les sorties de Marine Le Pen, qui se pose en grande défenseure des«travailleurs pauvres».

A Béziers (Hérault), la politique menée par Robert Ménard (soutenu par le FN) s’apparente «plus à une guerre aux pauvres qu’à une guerre à la pauvreté», accuse son opposant socialiste Jean-Michel Du Plaa. L’ancien président de Reporters sans frontières a choisi de réserver la garderie municipale du matin aux enfants dont les deux parents travaillent. Alors que la ville est classée parmi les dix communes les plus pauvres de France (1), le centre communal d’action sociale (CCAS) a subi, lui, une baisse de subventions de 365 000 euros. L’épicerie sociale qui dépend du CCAS et propose des services de banque alimentaire exige dorénavant«un an de séjour minimum à Béziers». La mairie a également décidé de se retirer d’un partenariat avec le conseil général destiné à accompagner les décrocheurs et les adolescents fugueurs, grâce au travail d’éducateurs de rue.

«Péril».Sandrine Montagard, directrice d’un des centres sociaux de Fréjus, celui de Villeneuve, est obligée de se séparer de trois salariés sur douze et de renoncer à un projet éducatif complet d’accueil des préadolescents. Comme si les élus FN sous-estimaient l’utilité sociale, notamment en matière de prévention, de ce genre de programme qui œuvre en outre à l’égalité des chances. «Cette baisse des subventions a des conséquences dramatiques, cela peut mettre en péril l’existence des centres sociaux. Une partie de l’électorat FN est là aussi, dans ces quartiers», rappelle-t-elle. S’il reconnaît que le «bilan des centres sociaux n’est pas mauvais»,David Rachline compte leur proposer une convention pluriannuelle pour «pérenniser» leurs budgets mais sur des actions précises… choisies par l’équipe municipale frontiste. Les élus du parti d’extrême droite se défendent de cibler les plus pauvres et assurent qu’ils mèneront une politique sociale à leur sauce. «J’ai plein d’idées», claironne Rachline.«Faire du social, ce n’est pas rendre tout gratuit, ce n’est pas forcément aider ceux dont on attend le suffrage en retour, prévient le maire de Mantes-la-Ville (Yvelines), Cyril Nauth. Je veux bien faire du social, pas du socialisme.»

(1) Selon une étude de janvier 2014, du Centre d’observation et de mesure des politiques d’action sociale (Compas), près de 33 % des habitants de Béziers vivent sous le seuil de pauvreté.

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18 décembre 2015 5 18 /12 /décembre /2015 13:20

FO le syndicat scissionniste à l'instigation de la CIA et financé par elle.

Décidément les médias manipulent.. Par exemple à propos d'André Bergeron, un des fondateurs de FO, L’occasion leur était donnée de raconter avec objectivité la naissance de FO et ses conséquences sur le mouvement ouvrier et la première casse de nos acquis.
Qu'ai-je entendu: « Bergeron, un des créateurs de FO était partisan d'un « syndicalisme indépendant », « indépendant des patrons et de de toute politique ». Voilà comment ils résument l'histoire.... aucun mot sur la naissance de FO. Alors racontons: Nous sommes en 1947, nous venons de vivre (45-47) une période de conquis sociaux extraordinaires dans le sillage du CNR avec les ministres communistes. Il fallait évidemment briser cette formidable invention sociale, D’autant plus que la guerre froide pointe son nez. Comment? Et bien en divisant le mouvement ouvrier. Et d'où va venir cette inspiration à la scission... des USA évidemment. Inspirée de Bruxelles par Irving Brown, le 18 décembre 1947, décision est prise par Jouhaux, Bothereau, Delamarre…de démissionner du bureau confédéral de la CGT.Le 13 avril 1948, ils organisent le Congrès d’une nouvelle Confédération. La « CGT-Force ouvrière » est née. La scission est consommée…La responsabilité directe des syndicats américains dans la scission sera plus tard attestée par Georges Meany, nouveau secrétaire de l’AFL (American Federation of Labour). En 1953, lors d’un « Club de la Presse » à Washington, l’homme déclarera en substance aux journalistes ébahis : « Il n’y a pas de forces plus importantes aux USA que les Fédérations syndicales américaines. Oui, nous avons un grand rôle à jouer à l’étranger. Tout aussi important, sinon plus, parce que nous pouvons nous permettre de le révéler maintenant, c’est avec l’argent des ouvriers de Détroit et d’ailleurs qu’il m’a été possible d’opérer la scission, très importante pour nous, de la CGT, en créant le syndicat FO » .Dans une interview au « Los Angeles Times » en 1964, Thomas Braden confirmera, quant à lui, que la CIA, dont il fut l’un des dirigeants, avait largement contribué au financement de FO.

Les conséquences seront terribles pour le mouvement social: division ouvrière, obstacles aux nouvelles conquêtes sociales, affaiblissement de la CGT, reprise en main des patrons après leur période noire de libération, facilitation de toute la casse des conquis. Juste un exemple: la sécu.En 1967 par ses ordonnances, De Gaulle casse le principal acquis de la Libération en instaurant dans les CA des caisses de sécu le paritarisme. Sous Ambroise Croizat : 3/4 des sièges étaient aux ouvriers, 1/4 aux patrons; Avec de Gaulle ce sera, outre la suppression des élections, le rapport 50-50, Il suffira désormais d'un syndicat minoritaire (FO par exemple...) pour faire pencher la balance vers une gestion patronale et commencer le détricotage de l’œuvre du CNR et notre sécu....Voilà, c'était juste pour rétablir un peu de vérité historique.
Michel ETIEVENT

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14 décembre 2015 1 14 /12 /décembre /2015 16:43

Mépris gouvernemental pour les smicards : ça « ne peut plus continuer comme cela » (Olivier Dartigolles - PCF)

Le soir du second tour des élections régionales, le 1er secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, a réclamé une inflexion de la politique gouvernementale, notamment en faveur des précaires, car, selon lui, ça "ne peut plus continuer comme cela". Peu de jour avant, la CGT, FO, la CFE-CGC et la CFTC demandaient au gouvernement "un coup de pouce" à la hausse du SMIC permettant de dépasser l'augmentation automatique. Deux demandes faisant échos à l'appel du PCF et du Front de gauche pour une sortie des politiques d'austérité salariale et sociale et pour des dépenses nouvelles.

Le chef du gouvernement a choisi d'ignorer ces appels. Dans son allocution au soir du second tour, M. Valls a confirmé qu'il accélérerait le train des réformes libérales que son gouvernement a engagé. Il confirme ainsi qu'il n'augmentera pas le SMIC au-delà du minimum légal.
En réalité, c'est le mépris gouvernemental pour les smicards qui « ne peut plus continuer comme cela". Cette décision va à l'encontre des attentes populaires et de l'électorat de gauche autant que des besoins du pays. L'électorat de gauche s'est effectivement largement abstenu au premier tour de ces élections régionales en protestation de la politique menée par le gouvernement. Une sanction en forme de désaveu qui refuse d'entériner une politique économique et sociale inefficace, incapable de permettre à la France de reprendre le train de la croissance malgré un activisme forcené en faveur des entreprises sans la moindre contre partie pour l'emploi et les salaires.

Pourtant, chacun sait les raisons du marasme. Bien plus que d'un coût du travail élevé, l'économie française souffre d'un manque de débouchés et de financements émancipés des marchés financiers. Remplir les carnets de commandes des entreprises ne peut donc faire l'économie d'une relance de l'emploi et des salaires. Après les résultats désastreux sur le terrain de l'emploi (+ 42 000 demandeurs d'emploi de catégorie A en octobre), un coup de pouce au SMIC aurait été un signe fort.

Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF,
Paris, le 14 décembre 2015.

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2 octobre 2015 5 02 /10 /octobre /2015 08:37

« Anciens et nouveaux « collabos ». Ils sont une offense à notre pays. Ils le déshonorent. | Page d'accueil

02/10/2015

Ambroise Croizat le bâtisseur de la Sécurité sociale

Ouvrier métallurgiste à treize ans, député communiste du Front populaire, il participe à l’élaboration, dans la clandestinité, du programme du Conseil national de la résistance qui débouche, à la libération, alors qu’il est ministre du Travail, sur la création de la Sécurité sociale.

« Jamais nous ne tolérerons qu’un seul des avantages de la sécurité sociale soit mis en péril. Nous défendrons à en perdre la vie et avec la plus grande énergie cette loi humaine et de progrès. »

Cette phrase, prononcée par Ambroise Croizat lors de son dernier discours à l’Assemblée nationale, le 24 octobre 1950 reste brûlant d’actualité à l’heure du détricotage des acquis et qui sonne comme un hommage à un parcours qui a fait du « bâtisseur de la Sécurité sociale », l’un de ceux qui ont forgé la dignité de notre identité sociale. Il faut rappeler ce chemin entamé un 28 janvier 1901, dans l’éclat des fours de Savoie ou son père, Antoine, est manoeuvre.

En cette aurore du siècle, dans la cité ouvrière de Notre-Dame-de-Briançon, on vit la misère qui court les pages de Germinal. Pas de Sécurité sociale, pas de retraite. L’espoir, c’est le père d’Ambroise qui l’incarne. Fondateur du syndicat CGT, il lance la première grève pour une protection sociale de dignité. Il l’obtient mais de vieilles revanches l’invitent à s’embaucher ailleurs. 1907. Ugine, autre grève, errance obligée vers Lyon.

C’est là qu’Ambroise prend le relais du père. à treize ans, il est ajusteur. Derrière l’établi, les mots du père fécondent : « Ne plie pas, petit. Le siècle s’ouvre… » Ambroise adhère à la CGT. à dix-sept ans, il anime les grèves de la métallurgie. Reste à faire le pas. Celui de Tours, ou il entre au PCF. « On le voyait partout, dit un témoin, devant les usines, au coeur d’une assemblée paysanne. Proche du peuple d’ou il venait. »

Antimilitarisme, anticolonialisme tissent les chemins du jeune communiste. 1927. Il est secrétaire de la fédération des métaux CGTU. « Militant ambulant », un baluchon de Vie ouvrière à vendre pour tout salaire. Commence un périple ou il anime les révoltes de Marseille et du Nord, tandis que sur le terreau de la crise germe le fascisme. « S’unir, disait-il, pas unis, pas d’acquis ! » Ces mots, il les laisse au coeur des luttes ou se dessinent les espérances du Front populaire.

En 1936, Ambroise est élu député du PCF dans le 14e arrondissement. Il impose la loi sur les conventions collectives. Présent à Matignon, il donne aux accords du même nom, la couleur des congés payés et de la semaine de quarante heures. Vient l’année noire, 1939. Arrêté le 7 octobre avec trente-cinq autres députés communistes, il est incarcéré à la Santé. Fers aux pieds, il traverse quatorze prisons avant de subir les horreurs du bagne d’Alger. Libéré en février 1943, il est nommé par la CGT clandestine à la commission consultative du gouvernement provisoire autour du général de Gaulle.

Là , mûrissent les rêves du La pl&ace Ambrouse Croizat se situe dans le 14è arrondissement de Paris, Conseil national de la résistance (CNR). La Sécurité sociale, bien sûr, dont le postulat colore le programme de mars 1944 : « Nous, combattants de l’ombre, exigeons la mise en place d’un plan complet de sécurité sociale vivant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence dans tous les cas ou ils sont incapables de se le procurer par le travail avec gestion par les intéressés et l’État. » à la tête d’une commission de résistants, Ambroise trace dès l’été 1943 les moutures de ce qui va devenir l’un des systèmes sociaux les plus enviés au monde. « Dans une France libérée, nous libérerons le peuple des angoisses du lendemain ! » écrit-il le 14 janvier 1944.

C’est cette réflexion collective, mûrie par François Billoux, ministre de la Santé, qui aboutit à l’ordonnance d’octobre 1945. Le texte écrit, reste à bâtir. Le chantier débute en novembre 1945, quand il est nommé au ministère du Travail. Centre trente-huit caisses sont édifiées en deux ans sous sa maîtrise d’oeuvre par un peuple anonyme après le travail ou sur le temps des congés. P. Laroque, technicien chargé de la mise en place du régime, déclarait en 1947 : « En dix mois et malgré les oppositions, a été construite cette structure solidaire alors que les Anglais n’ont pu mettre en application le plan Beveridge, qui date de 1942, qu’en 1948. Il faut dire l’appui irremplaçable d’Ambroise Croizat. Son entière confiance manifestée aux hommes de terrain est à l’origine d’un succès aussi remarquable. »

Rappelons combien le rapport de forces de l’époque permit la naissance de l’institution : un PCF à 29 % ; 5 millions d’adhérents à la CGT, qui a joué un rôle fondateur ; une classe ouvrière grandie par l’héroïsme de sa résistance. Là ne s’arrête pas l’héritage.

Ambroise laisse à l’agenda du siècle ses plus belles conquêtes : la généralisation des retraites, des prestations familiales uniques au monde, les comités d’entreprise, la médecine du travail, les statuts des mineurs et des électriciens et gaziers (cosignés avec M. Paul), la prévention dans l’entreprise, la reconnaissance des maladies professionnelles… « Jamais nous ne tolérerons que soit rogné un seul des avantages de la Sécurité sociale… »

Un cri répété demain, place Ambroise Croizat, pour que la Sécurité sociale ne soit pas une coquille vide livrée au privé mais demeure ce qu’Ambroise a toujours voulu qu’elle soit : un vrai lieu de solidarité, un rempart contre le rejet et l’exclusion. Ambroise meurt en février 1951. Ils étaient un million à l’accompagner au Père-Lachaise. Le peuple de France, « celui à qui il avait donné le goût de la dignité », écrivait Jean-Pierre Chabrol.

Michel Etiévent (*)

(*) Auteur d’Ambroise Croizat ou l’invention sociale et de Marcel Paul, Ambroise Croizat, chemins croisés d’innovation sociale. Livres disponibles auprès de l’auteur, 520 avenue des Thermes, 73600 Salins-les-Thermes (25 euros l’un + 5 euros de port l’unité).

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Published by bruno fornaciari - dans SANTE SOCIAL-ECONOMIE-FINANCES
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