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14 décembre 2015 1 14 /12 /décembre /2015 16:43

Mépris gouvernemental pour les smicards : ça « ne peut plus continuer comme cela » (Olivier Dartigolles - PCF)

Le soir du second tour des élections régionales, le 1er secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, a réclamé une inflexion de la politique gouvernementale, notamment en faveur des précaires, car, selon lui, ça "ne peut plus continuer comme cela". Peu de jour avant, la CGT, FO, la CFE-CGC et la CFTC demandaient au gouvernement "un coup de pouce" à la hausse du SMIC permettant de dépasser l'augmentation automatique. Deux demandes faisant échos à l'appel du PCF et du Front de gauche pour une sortie des politiques d'austérité salariale et sociale et pour des dépenses nouvelles.

Le chef du gouvernement a choisi d'ignorer ces appels. Dans son allocution au soir du second tour, M. Valls a confirmé qu'il accélérerait le train des réformes libérales que son gouvernement a engagé. Il confirme ainsi qu'il n'augmentera pas le SMIC au-delà du minimum légal.
En réalité, c'est le mépris gouvernemental pour les smicards qui « ne peut plus continuer comme cela". Cette décision va à l'encontre des attentes populaires et de l'électorat de gauche autant que des besoins du pays. L'électorat de gauche s'est effectivement largement abstenu au premier tour de ces élections régionales en protestation de la politique menée par le gouvernement. Une sanction en forme de désaveu qui refuse d'entériner une politique économique et sociale inefficace, incapable de permettre à la France de reprendre le train de la croissance malgré un activisme forcené en faveur des entreprises sans la moindre contre partie pour l'emploi et les salaires.

Pourtant, chacun sait les raisons du marasme. Bien plus que d'un coût du travail élevé, l'économie française souffre d'un manque de débouchés et de financements émancipés des marchés financiers. Remplir les carnets de commandes des entreprises ne peut donc faire l'économie d'une relance de l'emploi et des salaires. Après les résultats désastreux sur le terrain de l'emploi (+ 42 000 demandeurs d'emploi de catégorie A en octobre), un coup de pouce au SMIC aurait été un signe fort.

Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF,
Paris, le 14 décembre 2015.

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2 octobre 2015 5 02 /10 /octobre /2015 08:37

« Anciens et nouveaux « collabos ». Ils sont une offense à notre pays. Ils le déshonorent. | Page d'accueil

02/10/2015

Ambroise Croizat le bâtisseur de la Sécurité sociale

Ouvrier métallurgiste à treize ans, député communiste du Front populaire, il participe à l’élaboration, dans la clandestinité, du programme du Conseil national de la résistance qui débouche, à la libération, alors qu’il est ministre du Travail, sur la création de la Sécurité sociale.

« Jamais nous ne tolérerons qu’un seul des avantages de la sécurité sociale soit mis en péril. Nous défendrons à en perdre la vie et avec la plus grande énergie cette loi humaine et de progrès. »

Cette phrase, prononcée par Ambroise Croizat lors de son dernier discours à l’Assemblée nationale, le 24 octobre 1950 reste brûlant d’actualité à l’heure du détricotage des acquis et qui sonne comme un hommage à un parcours qui a fait du « bâtisseur de la Sécurité sociale », l’un de ceux qui ont forgé la dignité de notre identité sociale. Il faut rappeler ce chemin entamé un 28 janvier 1901, dans l’éclat des fours de Savoie ou son père, Antoine, est manoeuvre.

En cette aurore du siècle, dans la cité ouvrière de Notre-Dame-de-Briançon, on vit la misère qui court les pages de Germinal. Pas de Sécurité sociale, pas de retraite. L’espoir, c’est le père d’Ambroise qui l’incarne. Fondateur du syndicat CGT, il lance la première grève pour une protection sociale de dignité. Il l’obtient mais de vieilles revanches l’invitent à s’embaucher ailleurs. 1907. Ugine, autre grève, errance obligée vers Lyon.

C’est là qu’Ambroise prend le relais du père. à treize ans, il est ajusteur. Derrière l’établi, les mots du père fécondent : « Ne plie pas, petit. Le siècle s’ouvre… » Ambroise adhère à la CGT. à dix-sept ans, il anime les grèves de la métallurgie. Reste à faire le pas. Celui de Tours, ou il entre au PCF. « On le voyait partout, dit un témoin, devant les usines, au coeur d’une assemblée paysanne. Proche du peuple d’ou il venait. »

Antimilitarisme, anticolonialisme tissent les chemins du jeune communiste. 1927. Il est secrétaire de la fédération des métaux CGTU. « Militant ambulant », un baluchon de Vie ouvrière à vendre pour tout salaire. Commence un périple ou il anime les révoltes de Marseille et du Nord, tandis que sur le terreau de la crise germe le fascisme. « S’unir, disait-il, pas unis, pas d’acquis ! » Ces mots, il les laisse au coeur des luttes ou se dessinent les espérances du Front populaire.

En 1936, Ambroise est élu député du PCF dans le 14e arrondissement. Il impose la loi sur les conventions collectives. Présent à Matignon, il donne aux accords du même nom, la couleur des congés payés et de la semaine de quarante heures. Vient l’année noire, 1939. Arrêté le 7 octobre avec trente-cinq autres députés communistes, il est incarcéré à la Santé. Fers aux pieds, il traverse quatorze prisons avant de subir les horreurs du bagne d’Alger. Libéré en février 1943, il est nommé par la CGT clandestine à la commission consultative du gouvernement provisoire autour du général de Gaulle.

Là , mûrissent les rêves du La pl&ace Ambrouse Croizat se situe dans le 14è arrondissement de Paris, Conseil national de la résistance (CNR). La Sécurité sociale, bien sûr, dont le postulat colore le programme de mars 1944 : « Nous, combattants de l’ombre, exigeons la mise en place d’un plan complet de sécurité sociale vivant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence dans tous les cas ou ils sont incapables de se le procurer par le travail avec gestion par les intéressés et l’État. » à la tête d’une commission de résistants, Ambroise trace dès l’été 1943 les moutures de ce qui va devenir l’un des systèmes sociaux les plus enviés au monde. « Dans une France libérée, nous libérerons le peuple des angoisses du lendemain ! » écrit-il le 14 janvier 1944.

C’est cette réflexion collective, mûrie par François Billoux, ministre de la Santé, qui aboutit à l’ordonnance d’octobre 1945. Le texte écrit, reste à bâtir. Le chantier débute en novembre 1945, quand il est nommé au ministère du Travail. Centre trente-huit caisses sont édifiées en deux ans sous sa maîtrise d’oeuvre par un peuple anonyme après le travail ou sur le temps des congés. P. Laroque, technicien chargé de la mise en place du régime, déclarait en 1947 : « En dix mois et malgré les oppositions, a été construite cette structure solidaire alors que les Anglais n’ont pu mettre en application le plan Beveridge, qui date de 1942, qu’en 1948. Il faut dire l’appui irremplaçable d’Ambroise Croizat. Son entière confiance manifestée aux hommes de terrain est à l’origine d’un succès aussi remarquable. »

Rappelons combien le rapport de forces de l’époque permit la naissance de l’institution : un PCF à 29 % ; 5 millions d’adhérents à la CGT, qui a joué un rôle fondateur ; une classe ouvrière grandie par l’héroïsme de sa résistance. Là ne s’arrête pas l’héritage.

Ambroise laisse à l’agenda du siècle ses plus belles conquêtes : la généralisation des retraites, des prestations familiales uniques au monde, les comités d’entreprise, la médecine du travail, les statuts des mineurs et des électriciens et gaziers (cosignés avec M. Paul), la prévention dans l’entreprise, la reconnaissance des maladies professionnelles… « Jamais nous ne tolérerons que soit rogné un seul des avantages de la Sécurité sociale… »

Un cri répété demain, place Ambroise Croizat, pour que la Sécurité sociale ne soit pas une coquille vide livrée au privé mais demeure ce qu’Ambroise a toujours voulu qu’elle soit : un vrai lieu de solidarité, un rempart contre le rejet et l’exclusion. Ambroise meurt en février 1951. Ils étaient un million à l’accompagner au Père-Lachaise. Le peuple de France, « celui à qui il avait donné le goût de la dignité », écrivait Jean-Pierre Chabrol.

Michel Etiévent (*)

(*) Auteur d’Ambroise Croizat ou l’invention sociale et de Marcel Paul, Ambroise Croizat, chemins croisés d’innovation sociale. Livres disponibles auprès de l’auteur, 520 avenue des Thermes, 73600 Salins-les-Thermes (25 euros l’un + 5 euros de port l’unité).

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9 avril 2015 4 09 /04 /avril /2015 04:21

Valls ne trouvera pas la paix sociale

MERCREDI, 8 AVRIL, 2015

© ERIC FEFERBERG / AFP

L'éditorial de Maud Vergnol : Lui, président, devait inscrire dans la Constitution le rôle du dialogue social et la place des grandes organisations représentatives. Trois ans plus tard, son gouvernement mené par Manuel Valls propose de jeter aux oubliettes ce que les salariés et leurs syndicats ont patiemment conquis : des cadres institutionnels pour se défendre et conquérir de nouveaux droits.

Lui, président, devait inscrire dans la Constitution le rôle du dialogue social et la place des grandes organisations représentatives. Trois ans plus tard, son gouvernement mené par Manuel Valls propose de jeter aux oubliettes ce que les salariés et leurs syndicats ont patiemment conquis : des cadres institutionnels pour se défendre et conquérir de nouveaux droits. Le projet de loi Rebsamen, que l’exécutif souhaite expédier avant l’été, reprend une nouvelle fois à son compte les suppliques du Medef et propose notamment la fusion des institutions représentatives du personnel, dont les prérogatives seraient réduites. L’objectif ? Appuyer sur l’accélérateur libéral pour « lever les freins à l’embauche ». Un argument éculé depuis le bilan accablant du pacte de responsabilité : 40 milliards de cadeaux aux entreprises qui n’ont pas créé un seul emploi, comme le démontrait encore la semaine dernière un rapport de l’Insee.

Le premier ministre aura beau jeu, aujourd’hui, de jeter des miettes à sa majorité pour la faire taire, à quelques semaines du congrès du Parti socialiste. Les propositions de son ministre du Travail sont une nouvelle provocation pour tous ceux qui ne se résignent pas à la liquidation des politiques de progrès. Et il en faudra plus qu’un nouvel os à ronger sur « l’investissement » pour faire oublier la gifl e électorale et le désaveu populaire qui s’est exprimé le 29 avril. Le matador du socialisme parviendra peut-être à amadouer ses opposants au sein du PS. Mais il n’achètera pas la paix sociale. C’est le sens de l’appel à la grève de demain, porté par la CGT, FO, Solidaires et la FSU, convaincus que contre les politiques d’austérité, l’alternative est possible. Salariés du commerce opposés au travail du dimanche, grévistes de Radio France, professionnels de santé, chômeurs, chauffeurs routiers, artistes, cheminots, chercheurs, retraités… tous ont décidé de relever la tête et de rappeler à Matignon que le peuple peut reprendre l’offensive

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18 décembre 2014 4 18 /12 /décembre /2014 13:57

Le Point - Publié le 17/12/2014 à 20:26 - Modifié le 18/12/2014 à 06:16

Face à des entrepreneurs étrangers et au patron du Medef, il a appelé les entreprises à la modération salariale pour préserver leurs marges.

Le ministre des Finances Michel Sapin a appelé, ce mercredi, les chefs d'entreprise à ne pas faire évoluer les salaires trop rapidement afin de préserver leurs marges. "Les marges ne se calculent pas seulement avec les prélèvements, il peut aussi y avoir des évolutions sur les salaires", a-t-il déclaré devant des responsables de groupes étrangers et le président de l'organisation patronale Medef, Pierre Gattaz.

"Et, bien entendu, c'est la responsabilité de chaque chef d'entreprise de faire en sorte que les salaires n'augmentent pas considérablement plus que la productivité de cette entreprise, surtout dans des périodes où le taux d'inflation est très faible ou même éventuellement proche de zéro", a-t-il ajouté.

L'écart se creuse entre la productivité et les salaires

Il venait de signifier aux responsables présents que le pacte de responsabilité du gouvernement et les baisses de prélèvements (cotisations et impôts) qu'il prévoit rétablissaient, selon lui, les marges d'avant la crise. "Les 41 milliards, c'est très exactement, comptablement, la différence entre les marges d'aujourd'hui et les marges de 2008", a-t-il lancé. "Mais je ne me préoccupe pas de ce qui ne me préoccupe pas, c'est à vous de prendre ceci en conséquence", a-t-il dit aux dirigeants des filiales d'entreprises étrangères installées en France et à Gattaz assis en face de lui pour la 9e édition des États de la France.

En avril 2013, le Conseil d'analyse économique, organisme composé d'économistes universitaires et de chercheurs de sensibilités diverses, constatait que depuis la crise de 2008 un écart se creuse en France entre la productivité du travail, qui tend à stagner, et les salaires, qui continuent de progresser. Dans le même temps, le chômage a entre 2008 et 2012 augmenté de trois points à 10,6 % de la population active, soulignait-il. L'inflation en France a ralenti en novembre, atteignant le niveau extrêmement bas de 0,3 % sur un an, après 0,5 % en octobre, et a été négative pour la première fois hors effets conjoncturels, a annoncé l'Institut national de la statistique et des études économiques le 11 décembre.

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1 décembre 2014 1 01 /12 /décembre /2014 10:28

À rebours du discours « social », l’austérité municipale version FN

GRÉGORY MARIN

JEUDI, 27 NOVEMBRE, 2014

À Hayange (Moselle), Fabien Engelmann, n’aime pas la danse orientale.

Photo : Jean-Christophe Verhaegen/AFP

Le Front national a beau tenter, sous l’impulsion de Marine Le Pen, de détourner à son profit le malaise social en se proclamant contre l’austérité, l’analyse des décisions budgétaires locales de ses élus prouve le peu de cas qu’ils font des « oubliés » placés malgré eux sous leur administration.

Ce week-end, le Front national a tenu son congrès à Lyon sur fond d’opération de « banalisation » du parti, largement relayée dans les grands médias. Marine Le Pen, qui a désormais pour objectif de transformer le FN en machine électorale, a été reconduite sans difficulté. Marion Maréchal-Le Pen a quant à elle intégrée la direction, verouillant pour des années la mainmise de la « marque » Le Pen sur l’entreprise familiale, et préparant la succession. La stratégie nationale du parti d’extrême droite impulsée par sa présidente, mélange d’exaltation de l’autorité, d’une France réinscrite dans un roman national fantasmé et de détournement d’un vocabulaire de gauche à fin de brouillage idéologique, a de nouveau été validée par les militants.

La reprise sur France Culture, de l’expression marxiste « armée de réserve du capitalisme » par le vice-président du parti, Florian Philippot, en est une preuve, notamment parce qu’il l’employait à propos… de l’immigration, ce « projet du grand patronat », dénonce-t-il, qui « tire vers le bas les salaires ». Pour draguer les classes populaires qui subissent la crise de plein fouet, le Front national organise la concurrence entre pauvres et moins pauvres, entre travailleurs français et immigrés, sans remettre en cause la domination du capital sur la vie quotidienne des « oubliés » qu’il prétend défendre.

La promotion des « nouveaux visages » du FN, élus lors des dernières municipales, est devenue un élément incontournable de la communication du parti. Il a d’abord fallu faire oublier la gestion calamiteuse des années 1995-2001, sur laquelle les journalistes n’interrogent plus que rarement les lepénistes, puis minimiser ou ignorer les erreurs grossières dont sont coutumiers les élus locaux. Car rien ne doit venir entraver la marche au pouvoir de Marine Le Pen, « seul candidat (sic) susceptible de gagner la prochaine élection présidentielle », selon son conseiller Bertrand Dutheil de La Rochère. Sans attendre la campagne présidentielle de 2017,l’Humanité s’est penchée sur les politiques frontistes menées sur le terrain local. Qu’ils ne soient « pas prêts à gouverner », comme le dénoncent leurs adversaires, ou que leur gestion politique les amène à renier une grande partie de leurs promesses électorales, au premier rang desquelles la lutte contre l’austérité, les cadres du FN contredisent au quotidien l’affichage « social » du parti. Derrière les vitrines qui servent la communication du parti, du Nord au Sud, à Fréjus, Beaucaire, Cogolin, Mantes-la-Ville, Villers-Cotterêts, etc., se lisent d’autres orientations, antisociales et austéritaires.

De la gestion frontiste dans les villes conquises en mars dernier, on n’a retenu que l’écume : « rétablissement du porc dans les cantines », d’où il n’avait pas disparu, à Camaret-sur-Aigues (Vaucluse), interdiction de danses orientales à Hayange (Moselle), baptême d’un parking au nom de l’antisémite Maurice Barrès à Cogolin (Var), embauche de cadres « identitaires » à Béziers (Hérault) ou Beaucaire (Gard), refus de commémorer l’abolition de l’esclavage à Villers-Cotterêts (Aisne). Mais c’est dans les domaines du social et des finances locales que se lit la cohérence programmatique du FN, à rebours de l’image pseudo-sociale cultivée publiquement.

Les centres sociaux et les associations au pain sec

Premières victimes des mairies frontistes ou du Rassemblement bleu Marine : les centres sociaux. Maire du 7e secteur de Marseille, le frontiste Stéphane Ravier a fait voter dès juin l’arrêt des subventions au centre social. Tout comme à Fréjus (Var), où le sénateur maire David Rachline a coupé celles du « centre socialiste » du quartier populaire de la Villeneuve, qu’il accusait sur Twitter de « détournement d’argent public ». Celui de la Gabelle, seul accès public à l’informatique pour les démarches administratives, la recherche d’emploi, etc., a vu la sienne gravement amputée. Même politique à l’œuvre à Béziers, où le maire, Robert Ménard, revendique le soutien du FN. Le parti l’a inclus dans son document « Communes Front national, promesses tenues… Ce que les médias ne vous diront pas ». Ici, la réduction du budget des centres sociaux atteint les 20 %, ciblant prioritairement le quartier défavorisé à forte population d’origine immigrée de la Devèze. Mais ces décisions, catastrophiques pour le lien social et la solidarité, ne sont pas les seuls champs d’expérimentation ouverts par l’extrême droite municipale. La gestion locale du tissu associatif participe d’une vision utilitariste développée par l’extrême droite. À la rubrique « lutter contre les gaspillages et les privilèges » (sic), le document « Promesses tenues » du RBM préconise des « réévaluations (des subventions aux associations – NDLR) en fonction du mérite ».

À Beaucaire (Gard), Julien Sanchez s’en prend aux enseignants.

Photo : Bertrand Langlois/AFP

À Beaucaire, le maire, Julien Sanchez, traduisait, en début de mandat : « On ne va pas couper dans les subventions des associations cette année, mais on évaluera pour donner à celles qui méritent l’an prochain. » En attendant, il a voté 2 000 euros d’augmentation à deux associations « méritantes », donc, qui luttent « pour la cause animale », et nommé un « conseiller municipal délégué aux animaux de compagnie »… Une manière de caresser son électorat dans le sens du poil.

Sur le fond, une logique similaire à celle des gouvernements libéraux

D’autres administrés ont moins de chance d’être soutenus par leurs édiles. La mairie frontiste du Pontet (Vaucluse), en quête d’« économies », rogne sur l’aide sociale apportée aux familles qui peinent à payer l’inscription des enfants à la cantine. Depuis septembre, fini les repas subventionnés pour les plus démunis : il faut « responsabiliser les parents d’élèves pour leur montrer que tout n’est pas gratuit ». Une mesure qui ne fera économiser que 30 000 euros à la commune, sur un budget de 50 millions d’euros. Même punition à l’autre bout de la France, à Villers-Cotterêts (Aisne). Franck Briffaut a mis fin à la cantine pour les enfants de chômeurs : « Une personne au RSA peut venir chercher son enfant à l’école car elle ne travaille pas », plaide-t-il… à moins de payer 152 euros de plus par an. Là aussi, la décision ne produira que peu de résultats, avoue le maire, mais il s’agit avant tout de lutter contre « l’assistanat ». Dans son programme présidentiel, Marine Le Pen estimait que les logements sociaux devaient être réservés aux Français, et à la limite, sous conditions, à certains étrangers en situation régulière. Application à la lettre dans le « secteur bleu Marine de Marseille » (dixit le document « Promesses tenues »). Si Stéphane Ravier vote systématiquement, comme la plupart des élus frontistes de France, contre tous les projets de logements sociaux et de rénovation urbaine, c’est qu’il ne veut pas que « l’on déverse des millions d’euros vers ces quartiers en nous faisant croire que cela va changer la nature de celles et ceux qui y habitent ». Voyez-vous, il n’y a « pas beaucoup de Scandinaves dans nos quartiers ».

À l’entendre, Marine Le Pen aurait converti le FN à la lutte contre l’austérité. À y regarder de plus près, le parti s’inscrit dans une logique similaire à celle des gouvernements libéraux ou sociolibéraux. Ainsi, à Beaucaire, le maire a-t-il mis fin à la « surcharge salariale » de 40 000 euros que représentaient… les contractuels de l’été. Et tant pis pour les centres de loisirs. À Mantes-la-Ville, ce sont les contrats jeunes qui ne sont pas reconduits. À Villers-Cotterêts, la municipalité applique le non-remplacement des employés partis à la retraite, et vend des « biens communaux » pour équilibrer son budget. Dans le même temps, les maires de Cogolin et du Luc (Var) ont augmenté leurs indemnités de 15 %. Et si celui du Pontet figure dans le document « Promesses tenues » comme ayant « réduit ses avantages », c’est que le tribunal administratif a refusé l’augmentation de 44 % qu’il s’était octroyée. Au Front national, de « préférence », l’austérité, c’est pour les autres.

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24 novembre 2014 1 24 /11 /novembre /2014 07:55

Un gel des salaires serait un coup de poignard contre le monde du travail et une véritable déclaration de guerre ( Olivier Dartigolles, PCF)

Alors que l'INSEE vient de publier son dernier "portrait social" de la France qui livre, par le détail, les ravages provoqués par l'austérité, le gouvernement s'apprête, jeudi prochain, à annoncer de nouvelles mesures anti-sociales.

Que dit l'INSEE ? Que les dernières années sont marquées par une dégradation du marché du travail, une augmentation de la précarité et une stagnation du revenu salarial. Et que les politiques d'austérité ont amplifié la crise économique et sociale. Alors qu'entre 2002 et 2007, les salaires progressaient de 0,6 % par an, leur hausse annuelle n'a été que de 0,2 entre 2007 et 2012. Les inégalités salariales ont même cessé de diminuer.

Que s'apprête à annoncer Emmanuel Macron au nom de la "croissance" et de "la compétitivité des entreprises" ? Le gel des salaires pendant trois ans et une remise en cause des 35 heures. Cette information sera publiée demain dans le journal allemand Der Spiegel.

Voilà donc le résultats des négociations franco-allemandes à quelques jours des recommandations de la Commission de Bruxelles sur le projet de budget 2015 de la France. Si cette information était confirmée, il s'agirait d'une déclaration de guerre contre le monde du travail. C'est très exactement le contraire qu'il faut faire pour redresser le pays et relancer la croissance par l'augmentations des salaires. Le gel des salaires serait une très grave erreur économiquement, une provocation socialement et, politiquement, une nouvelle étape dans un processus nourrissant l'écœurement et la désespérance, la droite et le FN.

On entend déjà les encouragements du patronat. Raison de plus pour, comme le propose le PCF, de réussir, du 1er au 5 décembre, la semaine de mobilisation contre le MEDEFet la politique d'austérité gouvernementale.

On devine aussi la désolation de femmes et d'hommes de gauche devant ce nouveau coup de poignard. Seul un mouvement permanent de riposte contre l'austérité et de rassemblement à gauche pour en sortir est de nature à modifier le rapport des forces jusqu'à faire reculer Hollande et le gouvernement Valls et imposer une politique de gauche.

Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF

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20 novembre 2014 4 20 /11 /novembre /2014 02:07
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4 novembre 2014 2 04 /11 /novembre /2014 05:41

Un « choc de simplification » qui va mettre en pièces la santé des salariés

Sous prétexte de « choc de simplification », le gouvernement s’apprête à mettre en pièces la médecine du travail, le droit au reclassement des salariés handicapés et la protection des salariés mineurs.

La santé au travail ne saurait être bradée au nom de la « sécurisation juridique des entreprises ». Les employeurs ont l'obligation d'assurer la santé et la sécurité de leurs salariés. Aucun « choc de simplification » ne saurait justifier que le gouvernement envisage de revenir sur le droit à la santé au travail par la casse programmée de la médecine du travail.

Le PCF s'oppose catégoriquement aux "mesures de simplification" que constitueraient :
- la suppression de la visite médicale d'embauche
- la mise à la trappe de l'obligation de l'employeur de suivre les avis des médecins du travail et notamment leurs propositions d'aménagement du poste de travail des salariés rencontrant des problèmes de santé,
- la remise en cause de la protection particulière dont bénéficient les salariés mineurs.

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22 octobre 2014 3 22 /10 /octobre /2014 06:45

Vote budget : "Un coup d'arrêt pour en finir avec un tel gâchis" (Olivier Dartigolles)

Le gouvernement n'a trouvé qu'une majorité relative des plus ric rac pour voter la partie recette d'une politique budgétaire qui est déjà en échec complet avec l’ensemble des moteurs de croissance à l’arrêt. Si l'abstention de 39 députés socialistes et de la quasi totalité des élus écologistes est un marqueur supplémentaire d'une contestation à la politique actuelle, comme lors des textes budgétaires rectificatifs, elle ne permet pas d'obtenir un indispensable coup d’arrêt qui, seul, permettra de prendre une autre direction et d'en finir avec un tel gâchis. Comme l'a indiqué Nicolas Sansu lors des explications de vote du groupe des députés du Front de gauche, " il faut aujourd'hui remettre à plat l'ensemble de l'architecture fiscale".

A l'agenda des prochaines semaines, le débat puis le vote sur le budget de la sécurité sociale seront un rendez-vous très important qui posera une question et une seule : dans quelle société voulons-nous vivre ? Dans un moment où Hollande et Valls, relayés par Sapin et Macron, discutent auprès de la commission européenne et de Berlin la manière et le calendrier pour dépecer la protection sociale de la France, les forces politiques et sociales qui se reconnaissent dans des valeurs de progrès, de justice et de solidarité doivent débattre, construire et agir ensemble pour stopper la casse du pays, des territoires et de millions de vies.

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Si les député frondeurs, cette fois-ci ne votent pas CONTRE les dispositions rétrogrades du gouvernement concernant la sécurité sociale, ils auront définitivement, à mes yeux , usurpés le qualificatif de frondeurs, mais gagné celui de menteur, de démago et de traître et perdu tout crédit. Ils seraient,peu ou prou, comme les autres députés socialistes.

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21 octobre 2014 2 21 /10 /octobre /2014 20:02

Royal Monceau : des salariés en grève pour 2 euros dans un palace à 25.000 euros la nuit

AFP le 22/10/2014 à 09:51

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Des salariés du Royal Monceau-Raffles manifestent devant l'entrée du palace pour obtenir une meilleure rémunération, le 21 octobre 2014 à Paris ( AFP / Stéphane de Sakutin )

"Qatar, il faut payer!": avec drapeaux rouges et tambours, des salariés grévistes d'un palace parisien ont à nouveau manifesté cette semaine pour une meilleure rémunération, espérant être entendus comme l'ont été récemment d'autres collègues d'hôtels de luxe de la capitale française.

Les "petites mains" du Royal Monceau-Raffles, situé dans de beaux quartiers peu habitués à ce genre de manifestations, en sont à leur troisième semaine de grève.

Le palace où la nuit dans la suite présidentielle coûte 25.000 euros, appartient au groupe Katara hospitality, relevant du riche émirat gazier du Golfe qui multiplie les investissements en France.

Encouragés par des mouvements de contestation similiaire ayant abouti dans deux autres palaces parisiens cette année, les salariés exigent que leurs conditions soient alignées sur celles de leurs collègues des autres établissements de luxe.

Des syndicalistes de la CGT manifestent devant le Royal Monceau-Raffles, le 21 octobre 2014 à Paris ( AFP / Stéphane de Sakutin )

"Tout ce que nous réclamons, c'est deux euros d'augmentation par heure", dit Sabrina Sedik, une femme de chambre qui brandissait mardi une pancarte en carton réclamant "un salaire décent, tout simplement".

La jeune femme, mariée, affirme gagner 1.300 euros par mois.

"Notre palace est un rapace", "Excellence du service = médiocrité du salaire", proclament d'autres banderoles en carton, brandies par les grévistes dans une atmosphère de kermesse.

"Je travaille dans cet hôtel depuis 15 ans, et mon salaire n'a jamais augmenté. On a décidé de faire la grève parce que les salariés des autres palaces sont mieux payés que nous", renchérit une autre femme de chambre, mère de deux enfants, qui ne veut pas dire son nom.

Outre "une augmentation de 2 euros du taux horaire pour tous les salariés", les salariés réclament "la diminution de la cadence et une amélioration des conditions de travail".

- 'Mouvement ascendant' -

Des salariés du Royal Monceau-Raffles manifestent devant l'entrée du palace pour obtenir une meilleure rémunération, le 21 octobre 2014 à Paris ( AFP / Stéphane de Sakutin )

La direction de l'hôtel, sollicitée, n'a pas souhaité faire de commentaire.

Selon les syndicalistes, elle aurait déjà accédé à une partie des demandes des grévistes.

En juin 2013, le Royal Monceau-Raffles avait rejoint le club très fermé des hôtels qui ont obtenu la distinction "palace".

"Cette grève s'inscrit dans la suite des mouvements dans les autres hôtels de Paris", explique Karl Ghazi, porte-parole du syndicat CGT-commerces (Confédération générale du travail). "C'est un mouvement ascendant, qui risque de s'étendre à d'autres palaces".

Les salariés de l'hôtel Hyatt Paris-Madeleine avaient obtenu en septembre, après huit jours de grève, l'alignement de leurs salaires sur ceux des palaces, soit au moins 500 euros par mois de plus.

Ils avaient suivi l'exemple des employés d'un autre établissement de luxe, le Park Hyatt Paris-Vendôme, qui avaient également obtenu de meilleures conditions en ayant recours à la grève.

Des salariées de l'hôtel Hyatt Paris-Vendôme manifestent devant l'établissement, le 19 septembre 2014 à Paris ( AFP/Archives / Thomas Samson )

Selon le porte-parole syndicaliste, 80% du personnel du Royal-Monceau-Raffles est en grève.

Mardi, les grévistes s'étaient d'ailleurs rassemblés devant un autre établissement appartenant au même groupe du Qatar, le Peninsula, avant de marcher en direction du Royal Monceau.

"Katara, tu payeras", ont-ils clamé devant la façade immaculée de ce nouvel hôtel qui a ouvert ses portes cet été, espérant rallier les membres du personnel de cet autre établissement de rêve.

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Published by bruno fornaciari - dans SOCIAL-ECONOMIE-FINANCES
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