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14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 12:18

Monde - le 13 Décembre 2011

Europe

Le traité de Lisbonne était bien néfaste

Concurrence, pacte de stabilité, indépendance de la Banque centrale européenne, dumping social… tous ces principes inscrits dans le traité de Lisbonne alimentent la crise et privent 
les États de moyens d’action. Comme nous n’avons cessé 
de le dénoncer. Décryptage.


Il y a deux ans, les soutiens de l’Union européenne (UE) libérale exultaient. Le 1er décembre 2009, le traité de Lisbonne entrait en vigueur et dotait l’UE de nouvelles institutions. « Nous nous donnons ainsi les moyens de relever ensemble plus efficacement les défis de la crise économique et financière, de construire un nouveau modèle économique et social de croissance verte et de jouer notre rôle pour la paix et la sécurité dans le monde », s’envolait l’eurodéputé UMP Michel Barnier, maintenant commissaire. Il réagissait ainsi au vote positif des Irlandais, à l’automne 2009, au second référendum sur le traité de Lisbonne, après un vote négatif l’année précédente. Dans la même veine, des élus Verts saluaient comme « un grand pas vers la construction d’une Europe plus politique, plus juste, plus citoyenne», le fait que les Irlandais cèdent lors du second vote ».

 

En France, seuls le PCF et ses alliés du futur Front de gauche étaient vent debout contre ce traité, dans lequel ils voyaient une pâle copie du traité constitutionnel européen, refusé par référendum, en 2005, par les Français et les Néerlandais.

 

Nicolas Sarkozy est parvenu à faire adopter le traité de Lisbonne grâce à la direction du Parti socialiste, qui avait appelé ses parlementaires à s’abstenir lors du Congrès de Versailles. Une consigne suivie partiellement, puisque 121 parlementaires PS votèrent contre, pour signifier leur exigence d’un référendum. « Il faut adopter ces nouvelles règles pour pouvoir fonctionner à 27 », justifiait alors Ségolène Royal.

 

À deux ans de là, il est légitime de poser la question : qui avait raison ?

 

L’Humanité était alors le seul quotidien à informer les citoyens sur les régressions incluses dans les traités européens.

 

Ces derniers gravaient dans le marbre une construction européenne qui ne vise qu’à attirer les capitaux, au moyen d’une monnaie forte et de la concurrence libre et non faussée. Le traité de Lisbonne érigeait en dogme la concurrence, attaquant de front les services publics. De plus, il interdit toute politique industrielle, ce qui n’est pas pour rien dans la stagnation économique actuelle. En outre, en refusant d’intégrer la dimension sociale, en luttant contre toute harmonisation fiscale, le traité mettait en concurrence les peuples et salariés entre eux, institutionnalisant le dumping et favorisant l’essor de l’extrême droite.

 

L’impuissance organisée


Décembre 2011, c’est aussi le vingtième anniversaire de la signature du traité de Maastricht.

 

Ce dernier ouvrait la voie à l’instauration de la monnaie unique, mais à la sauce de Francfort. À l’époque,"l’Humanité" critiquait ce qui allait devenir une monnaie forte, mais aussi l’indépendance de la Banque centrale européenne (BCE). Cette indépendance, maintenant critiquée au-delà des seuls rangs communistes, est aujourd’hui signe d’impuissance. La BCE ne peut venir en aide aux États victimes de la spéculation. C’est toute une construction européenne fauteuse de crise qui est à revoir.

C’est justement ce qu’entendent éviter les dirigeants européens. Le 30 octobre 2009, à l’issue du Conseil européen qui entérinait l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne, Nicolas Sarkozy déclarait : « On peut tourner la page de dix ans de débats constitutionnels stériles. » C’est le même Sarkozy qui, avec Angela Merkel, a lancé la rédaction d’un éventuel nouveau traité, vendredi dernier. Un texte fertile en surenchères autoritaires pour imposer l’austérité.

 

Décryptage


1. Une BCE à contre-emploi dans une Europe menacée par la récession et le chômage


L’échec des plans de réponse à la crise élaborés par les dirigeants européens a conduit des responsables à remettre en cause le rôle de la Banque centrale européenne (BCE). Le traité constitutionnel reprenait les dispositions de celui de Maastricht établissant la BCE comme une banque « indépendante » des pouvoirs politiques, dont la fonction essentielle est la lutte contre l’inflation. Le soutien de l’activité et de l’emploi reste un objectif secondaire. Un positionnement difficilement acceptable dans une Europe menacée par la récession et où le taux de chômage dépasse les 10 %.

 

Pourquoi les politiques lui ont-ils ainsi bandé les yeux ? Parce qu’ils ont cédé aux exigences de la finance et ne craignent rien de plus qu’une hausse des prix faisant perdre de la valeur à leurs portefeuilles. De fait, la BCE a dû sortir de son rôle.

 

Elle est intervenue massivement pour éviter l’effondrement des banques. Elle a racheté une masse considérable de titres de dette publique sur le marché secondaire afin d’éviter la débâcle des finances de plusieurs États. Face au désastre que serait un éclatement de la zone euro, elle pourra difficilement rester l’arme au pied. Il faudrait qu’elle acquière des titres de dette publique à leur émission, plutôt que de les racheter aux banques, mais à condition qu’ils visent à soutenir l’action des services publics.

 

2. Un pacte d’austérité perpétuelle en échec complet, mais qui ravage les services publics


C’était l’un des dogmes de la construction européenne, et l’une des pierres angulaires du traité de Lisbonne. Une pierre angulaire, car le pacte de stabilité, adopté en 1996 à Dublin, dont l’objectif était de durcir les critères de Maastricht (limitation du déficit public des États à 3 % du PIB et de leur dette publique cumulée à 60 % du PIB), a été intégré au traité de Lisbonne.

 

Dogme, car la croyance établie, dans les milieux libéraux, en la possibilité de restreindre sans limite les dépenses publiques au nom de la réduction de la dette, a été démentie dans les faits, les États s’avérant incapables, avec la crise, de juguler le creusement de leurs déficits (7,1 % pour la France en 2010). Mais l’objectif des 3 % et, au-delà, du « retour à l’équilibre des comptes », reste l’horizon indépassable des traités et de leurs soutiens, de droite comme de gauche, comme on le voit du côté du PS qui prétend y parvenir dès… 2013. Au détriment des services publics ravagés par les coupes budgétaires. Le résultat de ces politiques est pourtant connu, dénoncé par des voix de plus en plus nombreuses. Celles-ci craignent que les plans d’austérité s’ajoutant aux plans d’austérité n’étouffent définitivement toute possibilité de relance et de reprise, plombant en retour les recettes publiques… Et donc entraînant de nouveaux déficits, comme cela se produit aujourd’hui en Grèce.

 

3. Une concurrence libre et non faussée génératrice de sous-développement


La concurrence libre et non faussée est devenue l’alpha et l’oméga de la construction européenne. C’est en son nom que les services publics sont attaqués, avec une Commission européenne qui veut privatiser à tout va, au nom de la libre circulation des capitaux. Ces services sont pourtant nécessaires pour faire baisser les prix de l’énergie, de l’eau, et pour permettre au territoire européen de basculer dans l’économie de demain, en investissant dans la recherche, les infrastructures, et surtout les qualifications des salariés.

 

Plutôt que de stimuler la productivité des pays du sud de l’Europe, la libre concurrence a détruit leur tissu de petites entreprises. Elle a également empêché que l’État ne mène une politique industrielle en développant des productions que le secteur privé était incapable de lancer. C’est aussi vrai pour les pays plus riches. La traque aux aides et à l’abus de position dominante rendrait aujourd’hui impossible la création d’un champion européen tel qu’Airbus. Ce dogme de la concurrence a fait que l’UE a été l’organisatrice de l’ouverture des frontières aux produits venant de dehors, laissant les salariés européens victimes de dumping social. C’est cette libre concurrence qu’impose l’UE dans ses relations avec l’Afrique, y détruisant les productions agricoles locales au profit de ses propres exportations.

 

4. L’obsession de la mise en concurrence 
des salariés conduit au dumping social


Les promoteurs de la construction libérale de l’Union européenne (UE), dont le traité constitutionnel (TCE) devait être le couronnement, sont obsédés par la diminution des « coûts salariaux », invoquée comme seul moyen de renforcer la compétitivité des produits européens. Pour y parvenir, ils n’auront de cesse de faire jouer tout ce qui pourra favoriser la mise en concurrence des travailleurs et impulser le moins-disant salarial. On se souvient de l’offensive lancée en décembre 2006 par le fameux commissaire européen néerlandais Frits Bolkestein. Et des résistances qu’elle suscita.

 

Avec l’adoption du traité de Lisbonne, le principe allait pouvoir s’imposer en dépit du hiatus du « non » au TCE. La Cour européenne de Luxembourg allait même enfoncer le clou en rendant plusieurs verdicts favorables à des entreprises qui avaient fait travailler des salariés sur des chantiers pour des rémunérations deux ou trois fois inférieures aux conventions collectives locales. Seulement ce forcing a provoqué un nivellement par le bas des acquis sociaux et des rémunérations. Et celui-là a, in fine, étouffé la demande intérieure et conduit les partenaires concurrents de la zone euro à tout miser sur leurs exportations comme l’a fait l’Allemagne. Laquelle a joué à fond, elle-même, la carte du dumping social avec les réformes Harz IV. Résultat : la consommation continue de chuter, les plans de relance échouent et l’ensemble de la zone se trouve maintenant au bord de la récession.

 

5. « L’Europe puissance » promise est dans 
les choux et dans les pattes du FMI


Ils nous avaient promis la gloire et la puissance. On a la crise, l’abaissement social et démocratique, et l’impuissance des chefs d’État et de gouvernement de la zone euro à trouver des solutions, prisonniers de leurs conceptions libérales de la gestion publique et privée.

 

L’euro devait permettre de contrer la domination du dollar. Nicolas Sarkozy, après avoir manifesté de timides velléités de remise en cause du rôle du billet vert dans les relations internationales, est rentré dans le rang. À l’occasion de la crise, les dirigeants de la zone euro ont dû faire appel au FMI, bras armé de Washington, pour élaborer des plans prétendument destinés à venir au secours de la Grèce, du Portugal et de l’Irlande. Le ridicule a été atteint ces derniers mois, lorsque le secrétaire d’État américain au Trésor, Timothy Geithner, s’est invité à la réunion en Pologne des ministres des Finances de l’Union européenne afin de leur expliquer ce qu’il fallait faire.

 

L’Europe, et la France en fin de compte, perd du terrain dans nombre de domaines. Ainsi, si la dépense de recherche & développement des États-Unis a augmenté de plus de 60 % entre 1991 et 2008, et si celle de l’Europe s’est accrue de 50 %, celle de la France n’a progressé que de 25 % seulement. La dépense en recherche & développement des pays émergents représentait, en 2008, environ 120 milliards de dollars, dont 80 milliards pour la Chine seule, soit 27 fois plus qu’en 1999, contre seulement 0,25 fois plus pour la France.

 

6. La démocratie citoyenne n’a jamais été jugée utile dans la construction de l’Europe libérale

La démocratie citoyenne, celle qui permettrait aux peuples d’être les constructeurs de l’Europe, n’est pas plus, aujourd’hui qu’hier, constitutive de la construction européenne. Là est le problème. Se faisant sans les peuples, l’Europe se construit le plus souvent contre leurs intérêts. Ainsi du traité de Lisbonne en France. Ratifié de justesse – grâce à une partie des voix PS associées à la droite – par le Parlement en 2008, le texte souhaité et imposé par Nicolas Sarkozy, copie conforme du traité constitutionnel européen, faisait fi du « non » majoritaire du peuple français au référendum de 2005.

 

Le traité de Lisbonne concentre tous les pouvoirs entre les mains de l’instance garante des traités libéraux, la Commission de Bruxelles. Celle-ci a non seulement le monopole de l’initiative législative mais est indépendante de toute autorité politique. Le Parlement européen, élu par les peuples, est cantonné à des fonctions de contrôle et consultatives pour l’essentiel. Avec la crise et en son nom, le conseil des chefs d’État, sous la pression du couple Sarkozy-Merkel, a pris un poids démesuré plaçant les peuples et les instances élues, le Parlement européen comme les parlements nationaux, en demeure de mettre en œuvre des « recommandations » sur des politiques d’austérité économiques et budgétaires à suivre. Jusqu’à annoncer de manière autoritaire, l’élaboration imminente d’un nouveau traité qui, à l’instar de celui de Lisbonne, risque fort d’être adopté sans que les citoyens aient le droit à la parole.

 

Gaël De Santis, Sébastien Crépel, Bruno Odent, Pierre Ivorra et Max Staat

 

 

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8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 08:41

La chronique de Pierre Ivorra

 

La semaine dernière, le président de la République a eu le culot d’affirmer que 
la crise des finances publiques serait due 
à la volonté des pays développés de « financer la pérennisation de notre modèle social ». Oubliées les diatribes du discours de Toulon contre le capitalisme financier qui aurait perverti le vrai capitalisme. La veille, François Fillon avait appelé à « refonder (notre) modèle de croissance (…) devenu insoutenable car depuis trop longtemps tiré par la consommation soutenue 
par les transferts sociaux ».

 

N’en déplaise à tous les représentants du club du Fouquet’s, le modèle social français, c’est tout autre chose. Il a pris forme sous le Front populaire et à la Libération avec les grandes réformes démocratiques engagées, et il n’a rien d’un système d’assistance.

 

Sa dynamique 
ne s’est pas appuyée d’abord sur les transferts sociaux mais sur l’expansion du salariat, 
le plein-emploi, le rôle actif des services publics. C’est sur ces bases qu’a été développé, avec la création de la Sécurité sociale, un système solidaire de prestations sociales qui, en retour, 
a contribué à consolider la croissance 
et l’efficacité économiques.

 

C’est ainsi que l’emploi salarié a progressé de près d’un tiers depuis 1949, tandis que les effectifs des services publics, notamment d’éducation et de santé, étaient multipliés par 2,6. Cela a fait reculer l’insécurité sociale vis-à-vis de la maladie, de la vieillesse et du chômage, et progresser l’éducation, la formation, la culture.

 

La compétitivité française a tiré 
de là sa force.

 

Qu’est-ce qui a sapé ce système ?

 

Le chômage, principalement. Les politiques publiques 
et les gestions d’entreprise visant à baisser le coût du travail afin de doper la rentabilité financière des capitaux ; quant à l’utilisation 
des nouvelles technologies contre l’emploi 
et les salaires, les privatisations et les délocalisations, elles lui ont porté des coups terribles. Le coût social et financier de ces politiques est considérable.

 

N’en déplaise 
au Figaro Magazine, les chômeurs, les titulaires du RSA préféreraient exercer un emploi, percevoir un salaire, plutôt que de bénéficier 
de « transferts sociaux ».

 

Les transformations du monde, la révolution technologique, la mondialisation, les menaces sur notre écosystème et la crise du capitalisme appellent, certes, une rénovation profonde de notre modèle social, mais afin qu’il sécurise encore davantage le monde du travail.

 

Il s’agit de placer le développement des capacités humaines 
au cœur des politiques publiques 
et de la gestion des banques et des entreprises. La crédibilité de la gauche se jouera 
d’ailleurs sur ce front-là.

 

Pierre Ivorra

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3 décembre 2011 6 03 /12 /décembre /2011 13:16

Le magazine suisse "Bilan" dresse un inventaire non exhaustif des 300 plus riches exilés fiscaux installés en Suisse. Et notamment les 44 Français... Les classiques Wertheimer, Castel ou Rothschild, mais aussi ceux qui viennent de passer la frontière.


Copyright Reuters / infographie : La Tribune
Copyright Reuters / infographie : La Tribune Copyright Reuters / infographie : La Tribune

Par ici la sortie ! Les grosses fortunes quittent à nouveau la France.

 

C'est la conclusion de l'étude que vient de publier le magazine économique de suisse romande, Bilan, sur la présence des exilés fiscaux en Suisse, et intitulée "Les 300 plus riches de Suisse". Le magazine, qui publie cette enquête chaque année depuis douze ans, ne mesure pas le flux d'entrants, mais affirme que sur les 300 plus grosses fortunes résidant en Suisse, comptabilisées avec un patrimoine d'au moins 100 millions de francs suisses (81,5 millions d'euros), il y a aujourd'hui 44 exilés français pour un patrimoine total de 36,5 milliards de francs suisses, soit un peu moins de 30 milliards d'euros. Il y a dix ans, on en comptait dix-sept. Et sur ces quarante-quatre, on compte treize milliardaires en francs suisses.

 

Secret et discrétion


Le classement du magazine n'est pas exhaustif. Sa rédaction estime qu'en réalité le nombre total de personnes, toutes nationalités confondues, disposant d'une fortune supérieure à 100 millions de francs suisses dépasse le millier, soit plus de trois fois les fortunes identifiées. Secret et discrétion restent donc la règle. L'évaluation des fortunes, très impactée par les cours de Bourse, marque donc un recul par rapport à 2010, recul qui serait très net si l'opération de mise en Bourse de Glencore n'avait artificiellement boosté l'évaluation globale. "Alors que le montant de la fortune totale stagne autour de 544 milliards, le nombre de milliardaires progresse pour atteindre 140 familles, contre 135 en 2010, signe que les plus riches des plus riches s'en sortent globalement mieux que les autres" conclut le magazine.

 

Parmi ceux-ci, on compte chez les Français, la famille Wertheimer, propriétaire de Chanel, mais aussi les familles Castel (vins), Primat (héritier Schlumberger), et Benjamin de Rothschild (Compagnie financière Edmond de Rothschild), toutes quatre basées à Genève et dotées d'un patrimoine supérieures à 2 milliards de francs suisses (1,63 milliards d'euros), jusqu'à 4 à 5 milliards, estime le magazine, pour les familles Wertheimer et Castel (voir le détail de chaque famille dans le tableau ci-dessous).

 

 

Nouveaux entrants dans la famille des "trois cents"


Si ces grandes familles du capitalisme français avaient quitté la France depuis longtemps, l'intérêt de l'enquête menée par le magazine Bilan réside dans l'identification de nouveaux entrants dans la liste des 300. Une entrée qui ne signifie pas nécessairement qu'ils viennent de passer la frontière, car ils peuvent être résidents suisses depuis dix ans et n'avoir été identifiés que récemment par le magazine. Ainsi en est-il de la famille de Nicolas Puech, qui a fait parler d'elle en se désolidarisant du reste de la famille Hermès lors de l'entrée par surprise de LVMH au capital de la maison de luxe, des frères Zorbibe qui ont vendu il y a longtemps Lancel au groupe Richemont, ou encore des frères Gabriel et Raphaël Harari, qui ont cédé en 2007 leur laboratoire pharmaceutique Negma à un génériqueur indien.

 

 

Ceux qui ont passé la frontière...


En revanche, d'autres sont bien arrivés récemment en Suisse, comme le français Denis Dumont, qui a fait fortune en créant et rachetant des enseignes de produits frais de qualité à prix discount, via son enseigne Grand Frais, ou Bruno Moineville, actionnaire aux côtés de Patrick Drahi et du fonds Cinven de Numericable, et arrivé discrètement à Vaud il y a près de trois ans.

 

 

Au secours, la gauche revient !


Si le flux s'accélère nettement depuis dix-huit mois, c'est en raison de la suppression du bouclier fiscal, que l'on voit venir depuis 2010, et de la perspective de voir revenir la gauche au pouvoir lors des élections de 2012 : "comme en 1981, la crainte de l'élection d'un président de gauche en France qui va devoir accroître la pression fiscale sur les plus riches pour satisfaire son électorat, incite nombre de Français à organiser leur sortie de France avant même l'élection", affirme, après moults entretiens avec les intéressés, le rédacteur en chef du magazine Bilan, Stéphane Benoît-Godet.

 

 

 

 

Valérie Segond - 01/12/2011, 18:00  | 

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2 décembre 2011 5 02 /12 /décembre /2011 18:18

Le magazine suisse « Bilan » fait l'inventaire des 300 plus riches exilés fiscaux installés sur son territoire. Surprise, 44 « patriotes » français figurent au palmarès quand ils n'étaient (que) 17 il y a 10 ans.

Que font les dirigeants UMP, grands chasseurs de fraudeurs devant l'éternel contre cet intolérable triche? Rien, absolument rien. Pourtant Sarkozy, Copé, Chatel ou Wauquiez ne se sont-il pas relayés plus que de raison pour dénoncer la fraude au chômage, à l'assurance sociale, aux minima sociaux avec le plus souvent des trémolos dans la voix?

Le silence de la droite quand 30 milliards d'euros échappent au fisc français est un véritable scandale. Être faible avec les forts et dur avec les faibles est l'éternel leitmotiv de la droite. La preuve étant : la chasse aux fraudeurs s'est arrêtée au bord du Lac Léman.

 

DE L'ARGENT, IL Y EN A : LIRE CI-DESSOUS

 

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28 novembre 2011 1 28 /11 /novembre /2011 19:16

 

source: OCDE

Social-Eco - le 28 Novembre 2011

Pour l'OCDE, la rigueur s'impose encore plus à la France en récession

L'OCDE est formelle. Si le gouvernement français veut tenir son dogme du retour au déficit public à 4, 5% du produit intérieur brut dès 2012, il doit adopter un nouveau plan de rigueur. Comme pour le duo Sarkozy-Fillon, rien  n'est plus important pour la France que de donner des gages aux marchés financiers afin de conserver son triple A auprès des agences de notation, les Français doivent s'attendre à un nouveau tour de vis budgétaire. Et tant pis si cela aggrave la situation de l'emploi, alors que le ministère du Travail devrait annoncer que le taux de chômage en France a passé le mois dernier la barre des 10%.

 

Une récession de faible ampleur...


Selon l'Organisation de coopération et de développement économiques, le contexte économique pour la France est bien pire que les prévisions sur lesquelles se base la politique d'austérité du gouvernement. Dans son rapport rendu ce lundi matin, l'OCDE a en effet drastiquement révisé en baisse sa prévision de croissance pour la France qui semble entrée dans une "brève" période de récession en cette fin 2011. L'économie tricolore passerait de 2,1% de croissance escomptée à 0, 3%, avant une reprise espérée en 2013 à 1,4%, selon ses prévisions semestrielles. La récession que connaîtrait la France serait "de faible ampleur" et se produirait au quatrième trimestre 2011 et au premier trimestre 2012.

 

.. qui appelle un remède de cheval:


Ces prévisions - les plus mauvaises annoncées à ce jour par une institution internationale - sont bien en-deçà de celles du gouvernement qui table encore sur 1% de croissance en 2012. "Compte tenu du ralentissement de la croissance économique et de la charge croissante de la dette", atteindre l'objectif d'un retour du déficit public à 4,5% du PIB en 2012 "exigera de nouvelles mesures de consolidation budgétaire", poursuit l'OCDE. L'organisation chiffre cet effort supplémentaire à 0,4% du PIB, soit près de 8 milliards d'euros, qui s'ajouteraient ainsi au montant des deux plans de rigueur de 11 et 7 milliards d'euros annoncés depuis la fin août par le gouvernement. Il en va selon elle de la "crédibilité" des engagements français.

 

Les fonctionnaires et la protection sociale dans le colimateur


Pour le gouvernement, cette annonce est une aubaine. L'OCDE préconise en effet de porter les efforts sur la réduction des dépenses avec des mesures comme le renforcement de la Révision générale des politiques publiques (RGPP), qui prévoit déjà le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, la suppression des départements ou la réduction de la durée et de la fréquence des hospitalisations. De quoi donner du grain à moudre aux caciques de l'UMP qui, dans leur programme pour les présidentielles de 2012, veulent justement détricotter méthodiquement la protection sociale et réduire l'intervention de l'Etat.

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18 novembre 2011 5 18 /11 /novembre /2011 15:33
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9 novembre 2011 3 09 /11 /novembre /2011 12:49

Ils nous ont imposé, traité après traité, loi après loi, la plus totale déréglementation de nos législations

et de notre économie.

 

Les mêmes prétendaient : « maîtriser la crise », « refonder lecapitalisme », « sanctionner les patrons voyous », sans parler de « brider les pratiques spéculatives» ou encore de « créer de la moindre relance ». Ils ont totalement échoué !


Et pourtant, ils continuent.


Pour mieux faire oublier leur totale soumission aux marchés financiers ils nous parlent d’une« gouvernance économique européenne ».


Pour mieux masquer la réalité des responsabilités et tuer l'espoir d'une alternative, ils culpabilisent chaque jour les peuples, parlent d'une « règle d'Or ».


Mais cela trompe de moins en moins notre peuple.


Cette crise financière, l'importance de la dette publique, sont le résultat de choix politiques mises en oeuvre pour accroître sans cesse la part des richesses qu'accapare une minorité.


D'autres choix sont possibles pour briser la spéculation, se libérer des marchés, sortir de l’impasse de l’austérité.


Pour les forces de gauche cela commence par refuser au parlement la règle d'or et les résultats du sommet européen de juillet qui sont nocifs pour la France (ils majorent de 15 milliards la dette de la France) et pour les peuples grec, italien, espagnol.... plongés dans des cercles vicieux sans fin d’austérité et de récession.

 

L’enjeu pour chacun d’entre nous c’est de ne pas nous laisser imposer des choix dont nous ne voulons pas

 

La mobilisation, l’intervention de chacun sera déterminante.


C’est l’ambition que se donnent les communistes avec le Front de Gauche…


Cet argumentaire, non exhaustif, donne un certain nombre d'éléments sur des questions
d'actualité.


1/ D'où vient la dette publique?
2/C’est quoi la soumission aux marchés financiers ?
3/ Quel est le coût des cadeaux accordés aux riches et aux entreprises ?
4/ Quel est le rôle de l'euro aujourd'hui?
5/ Sortir de l’euro est-ce une solution à la crise ?
6/ Quel est le lien entre austérité et récession ?
7/ Quel lien entre Bourse et économie réelle?
8/ La création monétaire comment ça marche?
9/ Propositions pour une dette publique "libérée" des marchés financiers.
10/ Propositions pour une réforme de la fiscalité et des prélèvements obligatoires
11/ Propositions pour une autre utilisation de l'euro, de la BCE et du crédit

 

 

1 : DETTE PUBLIQUE ET CRISE FINANCIERE.

 

D'où vient la dette publique ?


Le constat :


En France, la dette augmente depuis plus de trente ans. C'est à partir de la fin des années
1970 et du début des années 1980, avec le recours de plus en plus systématique aux
marchés financiers que le dette publique française1 s'envole.


De 14% du PIB en 1974, elle passe à 21,2% en 1978, 36% en 1983, pour bondir à 60% en
1998. Les années 2000, après une courte période de latence due à une nette reprise de la
croissance dans les pays développés, donnent lieu à un véritable emballement: 63,3% du
PIB en 2003, 79% en 2009, puis 82,3% en 2010, soit 1591,2 milliards d'euros.


La seule dette de l'État, qui était de 44 milliards d'euros en 1978, a été multipliée par 25
depuis, pour atteindre 1101 milliards d'euros fin 2009. Avec 50 milliards d'euro, la charge
d'intérêts de la dette est devenue le troisième poste de dépense du budget.


Tous les pays avancés ont connu un tel phénomène.


Depuis 1981, date d'envolée du dollar et des marchés financiers aux États-Unis, la limite
d'endettement public décidée par le Congrès y a été relevée cinq fois: de 8 000 milliards
sous Reagan, portée à plus de 10 000 milliards avec Bush père, puis prés de 13 000
milliards sous Clinton , pour atteindre 14 294 milliards de dollars avec Bush junior... Obama
vient, avec difficultés, d'obtenir son relèvement de 2100 milliards de dollars. En 2011 pour la
première fois, la dette publique des États-Unis a dépassé le seuil de 100% du PIB.
Au Japon, depuis un point bas de 63,2% en 1992, la dette publique a progressé jusqu'à
197,2% du PIB en 2010.


Les pays de la zone euro n'ont pas échappé à cette tendance: Alors que, rapportée au PIB, la
dette publique agrégée de la zone enregistrait une moyenne de 67% du PIB de 2000 à 2008,
elle passe brusquement à 78,8% en 2009.


Pourquoi cette explosion de la dette publique ?


1) Le choix de recourir aux marchés financier :

 

L'origine de cette explosion de la dette publique est liée à l'obligation faite à l'État de se tourner vers le privé pour ses besoins de financement. (Fiche Argumentaire 2).


Auparavant l'État pouvait emprunter directement et sans intérêts auprès de la Banque
Centrale.

 

Cette possibilité, perçue comme un manque à gagner par les banques, a été interdite au profit de l’endettement sur les seuls marchés financiers.

 

Conséquence, les marchés financiers où les prêteurs sont les grandes banques privées, les sociétés d’assurance et fonds divers, se sont « gavés » grâce à la dette publique. Pour Michaël Chetrit, économiste, « la somme actualisée des intérêts de dettes payées aux marchés depuis 1974 représentent pour la France près de 1200 milliards d’euros »2, à comparer
avec les 1591,2 milliards d'euros de la dette publique fin 2010!


2) La réduction des prélèvements obligatoires.

 

Au coeur des facteurs qui participent l'augmentation de la dette publique, il y a d'une part la progression régulière et importante de la part des richesses produites dans les entreprises captée par les prélèvements financiers
(intérêts et dividendes..).

 

D'autre part les efforts répétitifs des gouvernements pour faire reculer la part des richesses allant aux prélèvements obligatoires: impôts, cotisations, et ce, au nom de la compétitivité. (Fiche Argumentaire 3).


Ainsi, pour laisser le capital financier prélever une part de plus en plus importante sur la
richesse nationale, les politiques gouvernementales ont systématiquement cherché à faire
reculer la part des richesses produites qui sert au financement des services publics et de la
protection sociale.


3) Le coût de la crise: Les dettes publiques augmentent brutalement en 2008-2009.


L’endettement privé (banques, ménages, entreprises) accumulé depuis des années, en contrepartie d'opérations de spéculations boursières et immobilières, est devenu gigantesque.


Les crises américaines, irlandaises, espagnoles, sont d’abord des crises de dettes privées. Le sauvetage des banques, les auront transformées en dettes publiques. « Privatiser les profits et socialiser les dettes » telle est la politique mise en oeuvre par les politiques libérales.
Aux États-Unis, prés de 800 milliards d'euros sur deux ans ont été injectés, dont 40% en réductions d'impôts. Dans la zone euro, l'ensemble des plans adoptés ont injectés 200 milliards d'euros.


L'impasse


Après l’injection de ces centaines de milliards d’euros sans le moindre engagement sur leur utilisation, la Banque Centrale Européenne (BCE) crée des centaines de milliards de liquidités pour refinancer les marchés financiers sans contreparties utiles au développement social, là non plus sur l’utilisation de ces fonds.3 (Fiche Argumentaire 4).


Cela a permis de sortir de la récession, mais avec une croissance très insuffisante, très peu d'emplois et le maintien, par le chômage, d'une lourde pression sur les salaires. Par contre, les profits financiers et la spéculation sont repartis à la hausse.


En France, après une récession au cours de la quelle le PIB recula de 2,2% en 2009, (année où la bourse de Paris enregistra, elle, une augmentation de 22,32%!) la croissance réelle a atteint péniblement 1,2% en 2010 (Fiche argumentaire7).

 

Après une croissance nulle au deuxième trimestre, l'année 2011 s'annonce fort médiocre. Cette insuffisance de lacroissance réelle accentue l'insuffisance des recettes publiques, et pour "remédier" à l'accroissement du déficit public, le gouvernement engage une politique d'austérité. Nous entrons alors dans le cycle vicieux austérité-récession.


1)La dette publique c'est: la dette de l’État + celles des collectivités locales+ la sécurité sociale.
2:Libération du 22

 

C’est quoi la soumission aux marchés financiers ?


Le constat :


Aujourd'hui les Etats sont dans l'obligation de donner des gages de "bonne gestion capitalistes" et d'avoir "une bonne note" auprès des agences de notation pour pouvoir se financer à un taux "décent" auprès des marchés financiers. Une obligation de se tourner vers ces derniers alors même que les banques peuvent se refinancer, aujourd’hui, auprès de la BCE à moins de 1% et fixer ensuite des taux exorbitants aux États. Plus de 4% pour la France qui bénéficie pourtant d’un AAA auprès des agences de notation, plus de 6% pour l’Italie, plus de 14% pour la Grèce.


Soumettre les États aux marchés financiers: un choix politique.


Cette obligation est la résultante d'une volonté politique. En France c'est la loi du 3 janvier 1973 qui a enclenché ce processus, conforté et renforcé par le traité de Maastricht de 1992 et la loi du 4 août 1993


La loi "Pompidou-Giscard" du 3 janvier 1973, décide de mobiliser la force de l'Etat pour
promouvoir le marché financier et soutenir les opérations financières des banques ordinaires.
Elle stipule en son article 25 que "le Trésor public ne peut être présentateur de ses propres effets à
l'escompte de la Banque de France". En pratique, cela signifie que l'on interdit à la République
française l'accès direct à la création monétaire de la Banque centrale en l'obligeant à emprunter
auprès des banques privées sur les marchés d'obligations à des taux d'intérêt dépendant de la
conjoncture de ces derniers.
Par cette réforme, "il s'agissait à l'époque de constituer un véritable marché des titres à court, moyen
et long terme, qu'ils soient émis par une entité privée ou publique" confirme V. Giscard d'Estaing5. Et il
la justifie: "la possibilité du prêt direct de la Banque de France au trésor public a généré partout où il
fut appliqué une situation d'inflation monétaire permanente". Constatation très discutable, car ce n'est
pas, en soi, l'appel public à la création monétaire de la Banque centrale qui est inflationniste, mais la
façon dont cette création monétaire, utilisée alors par l’État pour de massifs transferts en direction des
capitaux monopolistes, n'a pas engendré une croissance suffisante des richesses réelles, d'où
l'inflation.


L'enjeu était non seulement de mettre l'endettement de l’État au service des grands groupes, mais aussi de favoriser le financement de ces derniers. .
Cela a conduit à une longue période d'essor du marché financier et à une envolée de la dette publique.


De fait, avec le ralentissement de la croissance et la montée du chômage, avec les transfertsde plus en plus massifs de l’État vers les grandes entreprises faisant exploser les gâchis de financements publics, avec l'inauguration des politiques d'austérité raréfiant les recettes fiscales et sociales, les comptes publics de la France ont commencé à s'enfoncer
structurellement dans le rouge à partir de 1974 pour, depuis, ne plus jamais revenir dans le vert.


Sous la pression des marchés, la spirale de la dette.


C'est le cumul de ces déficits successifs qui explique la croissance de la dette publique désormais couverte par des emprunts sur les marchés financiers. S'engage alors une spirale de la dette que renforcent:


- Le rôle des agences de notation : les apporteurs de fonds (banques, assurances,
fonds de pensions et d'investissement...) surveillent la "qualité" des emprunteurs notés par
des Agences de notation. Ils exigent des taux d'intérêt d'autant plus importants que les notes
sont faibles.


- Le poids des intérêts de la dette : Par la suite, l'accumulation de la dette et la
progression des intérêts engendrés ont fait surgir un phénomène "boule de neige" avec une
croissance économique de plus en plus ralentie. La dette publique augmente
mécaniquement, du fait que le taux d'intérêt payé sur elle est plus élevé que le taux de
croissance des ressources qui servent à la rembourser (Rappel: la seule charge d'intérêts de
la dette coûte 50 milliards d'euros à la collectivité et représente le troisième poste du budget
de l'Etat.)
- La "mission" de la BCE : La pratique de l'appel par l’État aux marchés financiers pour
financer ses déficits est devenue encore plus systématique et d'ampleur avec le passage à un
euro conçu, précisément, au service de la domination des marchés financiers, avec une
banque centrale "indépendante" et interdite par traité de toute monétisation de dettes
publiques.


- Le développements des "outils spéculatifs" : Cette spirale se trouve renforcée par
un système devenu totalement « hors de contrôle », avec la mise en place d’outils
spéculatifs qui à l’oeuvre dans la crise de 2007-2008, sont restés quasiment intacts : paradis
fiscaux, opacité des transactions, produits dérivés et ventes à découvert. La motivation des
spéculateurs ne s’embarrasse d’aucun état d’âme, « L’Italie est visée par des spéculateurs
qui ne cherchent plus à se faire rembourser mais parient sur sa faillite. » (Jacques Attali)


6: Les grands groupes pour des objectifs de rentabilité financière, se lancent dans des opérations de
restructuration et de fusions-acquisitions à l'échelle du mondiale requérant d'énormes fonds levés sur les
marchés De fait, avec le ralentissement de la croissance et la montée du chômage, avec les transferts
de plus en plus massifs de l’État vers les grandes entreprises faisant exploser les gâchis de
financements publics, avec l'inauguration des politiques d'austérité raréfiant les recettes
fiscales et sociales, les comptes publics de la France ont commencé à s'enfoncer
structurellement dans le rouge à partir de 1974 pour, depuis, ne plus jamais revenir dans
le vert.

Quel est le coût des cadeaux accordés aux riches et aux entreprises ?


Le constat


Après avoir contraint les États à se soumettre aux marchés financiers, après avoir généré l’endettement massif des agents économiques, les politiques libérales se sont attachées à réduire au maximum le poids de l'impôt et des prélèvements obligatoires sur les plus riches et les entreprises. Une situation que résume avec force le milliardaire Warren Buffet
"Alors que les classes pauvres et les classes moyennes se battent pour nous en Afghanistan, alors que la plupart des Américains luttent pour boucler leurs fins de mois, nous, les mégariches, continuons de bénéficier d'exemptions fiscales extraordinaires". Cette politique fait perdre des milliards aux finances publiques.


Un terrible manque à gagner pour les finances publiques


Ainsi en France, les prélèvements obligatoires, relativement au PIB, sont toujours restés sensiblement inférieurs aux dépenses publiques, de 7,9 points en moyenne de 2003 à 2008, mais de 12,8 points en 2009 et de 12,2 points en 2010.
Cela tient, avant tout, au fait que les gouvernements successifs n'ont cessé de multiplier les cadeaux fiscaux et para-fiscaux (allègements de "charges sociales", suppression de la taxe professionnelle, baisse de l'ISF...) au profit des entreprises, au nom de la compétitivité pour éviter les délocalisations, et des grandes fortunes, sous prétexte que cela inciterait leurs
détenteurs à ne pas s'exiler fiscalement.


Selon un rapport officiel, depuis 1999, "l'ensemble des mesures nouvelles prises en matière de prélèvements obligatoires ont réduit les recettes publiques de prés de 3 points de PIB:". Et les auteurs d'ajouter: "Si la législation était restée celle de 1999, le taux de prélèvements obligatoires serait passé de 44,3% en 1999 à 45,3% en 2008(..). A titre d'illustration, en l'absence de baisse des prélèvements, la dette publique serait environ 20 points de PIB plus faible aujourd'hui qu'elle ne l'est en réalité, générant ainsi une économie annuelle de charge d'intérêts de 0,5 point de PIB.".
Outre les cadeaux faits aux plus riches (allègement ISF, Bouclier fiscal...), ce sont les allègements d'impôts (la suppression de la taxe professionnelle par exemple) et des cotisations sociales dont ont bénéficié les entreprises qui sont au coeur de cette évolution.


Le manque à gagner total, pour l’État, des allègements accordés aux entreprises est de 172 milliards d'euros en année pleine, soit 67,7% du total des recettes fiscales nettes du budget 2011 et 1,87 fois le déficit prévu !
Dans ce total, on retrouve les exonérations de cotisations sociales patronales dont la compensation coûte annuellement quelque 30 milliards d'euros (29,8 milliards en 2009).


(7) Les prélèvements obligatoires sont les impôts et cotisations sociales effectives reçues par les administrations
publiques et les institutions européennes.(définition INSEE).


(8): Tribune dans le « New York Times » du lundi 15 août.


(9) Champsaur P. et JP Cotis: Rapport sur la situation des finances publiques, Avril 2010, p,3.
(10) Conseil des Prélèvement Obligatoires : « Entreprises et « niches » fiscales et sociales, des dispositifs
dérogatoires nombreux », La Documentation française, octobre 2010. Les prélèvements obligatoires sont les
impôts et cotisations sociales effectives reçues par les administrations publiques et les institutions européennes

 
QUEL EST LE ROLE DE L'EURO AUJOURD'HUI ?


Le constat :


L'euro a été conçu au service de la domination des marchés financiers et pour rivaliser avec les USA dans l'attraction des capitaux mondiaux, moyennant un taux d'intérêt offert supérieur en permanence à celui de la devise américaine.
Avec l'euro, les dirigeants européens cherchent à disputer aux USA le privilège exorbitant dont ils disposent avec le dollar, qui est, de fait, la monnaie commune(11)

.
L’Euro utilisé pour favoriser les marchés financiers


La zone euro, avec une BCE "indépendante", cherche à favoriser les marchés financiers.
Ainsi au nom de la lutte contre l’inflation, elle rationne la création monétaire susceptible de soutenir l’emploi, la formation et les salaires. Simultanément, avec le pacte de stabilité, les dépenses publiques sont freinées dans le but de tenir les déficits
publics sous la barre de 3% du PIB.


L'euro a facilité un fort endettement des États membres, à commencer par ceux d'Europe du sud, en retard de développement. Cet argent a servi à la spéculation, immobilière notamment, et a favorisé l'exportation de capitaux et les délocalisations. D'où une croissance réelle insuffisante, pauvre en emplois, qui s'est effondrée avec l'explosion de la bulle
spéculative.


Dans ce contexte, l'endettement public de ces pays est apparu excessif par rapport à leurs capacités réelles de remboursement, déclenchant une intense spéculation faisant brutalement remonter leurs taux d'intérêt. Cela a débouché sur une grave crise de surendettement public et de vives tensions au sein de la zone euro.


Des réponses d'ampleur ont été apportées. Mais elles cherchent, avant tout, à rassurer et consolider les marchés financiers, au prix de l'écrasement des dépenses salariales, sociales et des services publics. Elles cassent donc la croissance et l'emploi et rendent encore plus improbable les remboursements. D'où la poursuite de la spéculation contre les pays concernés, dont le défaut de paiement est anticipé, mais aussi contre tout le système de l'euro, avec les risques d'une contagion.


Le Fonds européen de stabilité financière (FESF) a été mis en place pour tenter d'endiguer cette crise et d'empêcher sa contagion, de concert avec le FMI et la Commission européenne. Il dispose de la garantie des États de la zone euro, ce qui lui permet d'emprunter jusqu'à 440 milliards d'euros sur les marchés financiers et de re-prêter aux États en difficulté avec des conditions punitives.


Cette logique consiste donc à emprunter encore et toujours plus sur les marchés et donc à encourager leur croissance cancéreuse et leur domination sur le social et le public, au lieu de faire appel à la création monétaire de la BCE. Cela ne peut qu'accentuer les cercles vicieux de la dette contre l'emploi, les salaires, la formation, les services publics...


(11) Cela leur permet de s'endetter énormément auprés du reste du monde et de rembourser en émettant de
nouveaux dollars, en faisant "marcher la planche à billets" (la Fed vient de racheter pour 600 milliards de
dollars de bons du Trésor des USA).

 

Dette publique et crise financière.


Sortir de l’Euro est-ce une solution à la crise?


Le constat :


Si les critiques de gauche au Traité de Maastricht en 1992, principalement celles du PCF à l'époque, étaient justifiées, comme l'ont été celles émises en 2005 par le PCF et le mouvement altermondialiste face au TCE, il serait par contre réducteur et trompeur de faire d'un "sortir de l'euro" le préalable voire le sésame magique d'une sortie de crise.


En 1992 les économistes communistes et d'autres, défendaient la proposition d'une "monnaie commune", instrument de coopération face au dollar notamment, contre le choix d'une "monnaie unique" au service de l'unification sous la double férule de la "concurrence libre et non faussée"( dumping fiscal, dumping social, démantèlement des services publics, ...) et d'une politique et d'institutions de l'euro (BCE) conçues en fonction et au service d'un financement de l'économie par les marchés financiers.


Déjà à l'époque la question était "A quoi doit servir la monnaie, à la fois dans chaque pays et au service de quel projet européen?


C'est cette même question qui est posée aujourd'hui, avec plus d'acuité. La question ne peut pas se limiter à "Faut il sortir de l'euro?" mais "Quelles transformations monétaires en Europe pour une monnaie et une création monétaire utile à une sortie de crise? Et donc au service de quelle transformation sociale en France et en Europe?". La réponse a cette question n'est évidement pas seulement de technique monétaire mais également de processus politique et social à développer pour rendre possible cette transformation.


Les limites politiques d'un "Sortons de l'euro"


Dans un contexte où les réflexes nationalistes et xénophobes se développent en Europe, ce retour de chaque pays vers sa monnaie nationale risquerait surtout d'exacerber de nouvelles formes de guerre économiques, notamment sous forme de dévaluations compétitives, etc...


Au dumping social et fiscal s'ajouterait un dumping monétaire. Pas vraiment une réponse donc au besoin de nouvelles coopérations! Et surtout pas une réponse à la domination des marchés financiers pouvant encore plus jouer des rivalités et différences entre pays dans les spéculations, les taux d'intérêts, etc... !


Les limites économiques et monétaires


La dette contractée en euros sur les marchés internationaux de capitaux (les 2/3 de la dette française par exemple) resterait libellée dans cette monnaie pour le ou les pays sortants de l'euro. Non seulement leur nouvelle monnaie nationale connaîtrait une dévaluation volontaire (l'objectif des partisans d'une sortie de l'euro étant notamment de retrouver une compétitivité prix à l'exportation par une dévaluation monétaire) mais la dette ancienne libellée en euro exploserait.


A une échelle bien moindre, des ménages polonais, croates, hongrois, affrontent aujourd'hui la difficulté d'être endettés avec une monnaie qui n'est pas la monnaie nationale. Attirés par des banques et des taux d'intérêts bas, ils ont contracté pour plus de 80 milliards de dettes li - bellés en franc suisse. Aujourd'hui, avec un franc suisse qui bat tous les records (avec une hausse de 10% en moyenne depuis mai ), les montants des remboursements explosent.


L'emprunt et ses remboursements (libellés en francs suisse) finissent par dépasser, et de loin, la valeur initiale des biens financés. Ce sont aujourd'hui les banques qui les saisissent.On peut bien sûr penser combiner une sortie de l'euro avec un mouvement massif d'annulation des dettes, mais chaque pays étant revenu vers sa propre monnaie et en guerre économique avec les autres, cette annulation de dettes aboutirait plutôt à des faillites bancaires en chaîne et non maîtrisées.


Ajoutons que ce débat sur la sortie de l'euro a des analogies avec le faux débat de l'année 1983 entre partisans à l'époque d'une "autre politique" en sortant du SME ( Chevènement, Bérégovoy, quelques grands patrons, ...) et la tendance Mauroy-Delors pour le maintient dans le SME.
Le vice et la limite de ce débat étaient que dans les deux cas les sacrifices étaient pour le monde du travail, dans un cas la "rigueur" pour se maintenir dans le SME, et dans l'autre cas, les conséquences d'une dévaluation sur les salaires, les dépenses publiques, ...., avec une course à la compétitivité par les prix à la clé.


Enfin, et c'est évidemment une question qui a pris de l'importance au fil de ces décennies, s'en remettre aux seules monnaies nationales, c'est renoncer face à l'impérialisme du dollar dans les relations économiques internationales.
Pour une réponse offensive de transformation de l'euro Il n'y a pas de raccourci (encore moins par la sortie d'un seul pays de l'euro, (ou des pays les plus en difficultés financières), et à froid) au combat pour une transformation de la construction européenne, incluant une transformation de l'euro.


Le mouvement des indignés, mais aussi les évolutions de la CES, montrent qu'il existe des forces considérables en Europe qui peuvent se mettre en mouvement et converger.
"S'affranchir des marchés financiers" peut être un vecteur rassembleur, de même que la création d'un Fonds Européen, non pas pour rassurer les marchés, mais financer dans l'économie réelle des actions visant à un nouveau type de développement, d'emploi, d'activités, ...
Il convient également de reposer en grand la question de la démocratie. Ce n'est pas seulementune question de pouvoir des États vis à vis des marchés.

La question est celle du pouvoir des peuples face aux marchés et donc d'une transformation des pouvoirs.


L'ensemble des propositions qui sont les nôtres, transformation de la création monétaire, audit de la dette, réévaluation de la part des richesses orientées vers le travail, pôle public du crédit et bataille pour une refonte des statuts de la BCE, jusqu'à la question d'une transformation du FMI et du développement à partir des droits de tirages spéciaux (DTS) d'un outil monétaire mondial face au dollar, peuvent alors s'inscrire dans cette dynamique.


Une réponse qui unit changement en France et transformation de la construction européenne, réévaluation de la place du travail dans l'économie et démocratie, lutte contre les gaspillages du capital et le productivisme et émergence de biens et services, écologiquementsoutenables et émanciper d'une logique de course à la rentabilité. La transformation de la monnaie et donc de l'euro étant un outil au service de ce changement. (Fiche argumentaire11).

 


Quel est le lien entre austérité et récession ?


Le constat :


Pris en tenaille entre des marchés financiers voraces, une politique de la BCE qui les favorise (fiche argumentaire 4) et des moyens d’agir volontairement réduits, les États et les peuples sont exsangues. Conséquences, les États voient leur endettement public exploser (rappel pour la France il est passé de 14% du PIB en 1974 à 81% aujourd’hui).


Non seulement les Etats et les Banques Centrales ont du injecter des milliards de liquidités pour soutenir les banques et les marchés financiers face à la crise de 2008-2009, mais cette crise financière s’est répercutée sur « l’économie réelle » entraînant récession, chômage,pertes de recettes publiques et dépenses supplémentaires. Par exemple pour la France, 1%
de croissance en moins c’est près de 10 milliards de recettes publiques en moins.


Cette insuffisance de la croissance réelle accentue l'insuffisance des recettes publiques avec ces conséquences par rapport à la dépense qui, elle, est poussée par des besoins irrepressibles (santé, éducation, recherche, accompagnement social...) ce qui dans ces conditions, creuse les déficits, lesquels grossissent la dette.


L'échec des politiques mises en oeuvre


Loin de tirer les leçons des crises à répétions et de l’impasse dans laquelle nous pousse la cupidité des marchés financiers, les tenants des logiques libérales ne font que suivre les recommandations de ceux –là même qui ont échoué.
Des recommandations qui malgré les erreurs et les échecs, qui se cumulent plan après plan, vont toujours dans le même sens : privatiser, démanteler…..
L'exemple italien: Début août 2011, la BCE adresse une lettre au gouvernement Italien pour exiger « d’adopter au plus vite » des mesures pour "Moins de rigidité sur les contrats à durée indéterminée, interventions sur l'emploi public, contrats de travail stimulant la productivité" et la privatisation "des sociétés municipales gérant déchets, transports ou distribution d'électricité"....
A entendre et à lire, l'immense majorité de la classe politique et des experts répètent à l'infini le même discours « rassurer les marchés financiers, réduire les déficits, faire des efforts »....
En décrypté cela donne « ne vous inquiétez pas, les dettes publiques seront honorées au centime d'euro près, le problème de la crise ce ne sont pas les marchés financiers mais les incertitudes que fait planer le poids de la dette publique. Pour résoudre la crise il faut réduire la dette publique et par la même engager de nouveaux efforts et cela passe par privatiser,
précariser le marché du travail, réduire les budgets sociaux ».


Une telle logique, si elle permet à certains de s’enrichir énormément, est vouée à l'échec
pour le prix Nobel, Joseph Stiglitz : «Renforcer l’austérité n’aura pour résultat que de
ralentir la croissance de l’Europe et d’accroître ses problèmes budgétaires » 12
12: Le Monde daté du 17 août 2011

 


Quel lien entre Bourse et économie réelle ?


Le constat :


Tous les jours dans les radios et la télévision, les évolutions du CAC40 à la Bourse de Paris, mais aussi du Nikkei à Tokyo et du Down John à New York sont martelées, commentées et interprétées comme des indicateurs économiques fondamentaux dont la vie de tout à chacun dépendrait. Que ces indicateurs "plongent" et ce devrait être l'angoisse pour tous! Alors
qu'une séance boursière euphorique serait un signal de Corne d'abondance.
Il y a là une manipulation à la fois économique et idéologique visant à faire prendre l'intérêt des "marchés financiers", des spéculateurs et des gros actionnaires pour l'intérêt général.


Qu'est ce que la Bourse ?


C'est un marché où sont coté deux types de valeurs, des actions titre de propriété de parts de société anonyme et des obligations, valeur mobilière représentant une créance sur un emprunteur important, grandes sociétés ou État.


Ce que l'on appelle la séance boursière, c'est principalement un "marché de l'occasion", il s'y revend, au comptant ou à terme des titres déjà émis. Pour l'essentiel de son activité la Bourse n'est donc pas pour les entreprises une source d'apport de nouveaux capitaux.


Le CAC40 est l'indice mesurant l'évolution, au jour le jour, du cours 40 principales sociétés cotées à la Bourse de Paris. Il y a donc deux comportements en Bourse: l'un vise le revenu financier, le dividende, par la détention d'actions à moyen ou long terme, l'autre vise des plus-values par des différences de cours à l'achat et la revente avec différentes techniques, permettant pour certains spéculateurs de gagner y compris quand la Bourse baisse. Les traders, opérateurs pour le compte de banques, fonds de placement, assurances, ...maniant les deux techniques pour "optimiser" le rendement financier d'un "portefeuille de titres".


Santé de la Bourse et santé de l'économie, c'est différent.


La course à la rentabilité a eu pour première conséquence toutes ces dernières années de majorer la part des dividendes, et principalement des dividendes distribués dans la répartition des résultats des entreprises. Cette majoration s'est opérée contre les salaires, l'emploi, les qualifications et les investissements utiles. Ainsi il n'est pas rare de voir le cours de l'action d'une entreprise bondir après l'annonce de plans de licenciement, d'où l'expression devenue hélas trop fréquente de "licenciements boursiers".


Ce n'est pas la santé de l'économie qui est le premier critère de l'ambiance boursière, mais bien l'importance des prélèvements opérables par les dividendes et les plus values sur l'économie réelle.


Quand les prélèvements dus à la course à la rentabilité financière aggravent les contradictions de l'économie (les impasses de l'austérité : endettement des États, manque de perspectives de croissance et de débouchés économiques, exacerbation des concurrences et dumping, .....) les risques sur les créances et les perspectives de récession peuvent déclencher des baisses boursières. Ces baisses pouvant être aggravées par des comportements spéculatifs et des fluctuations erratiques des marchés ( loin d'être la "maininvisible" et rationnelle décrite par les marchés, les comportements des marchés sont de
court terme et déformants obnubilés par le prisme de la rentabilité financière).


La santé réelle des grandes entreprises....


Pour autant la santé réelle des grandes entreprises est le plus souvent très distincte des
fluctuations du cours de Bourse de leur action, ainsi il n'est pas rare que des entreprises aient
vu la valeur de leurs actions perdre de 20 à plus de 50% depuis le début de l'année. On parle
ainsi de "milliards d'euros partis en fumée", voire de "débâcle boursière".


Pour les grandes entreprises non financières cette évolution n'a rien changé. Elles disposent
d'un trésor de guerre considérable, non affecté par les variations des cours de Bourse.

La dernière étude de l'association des trésoriers d'entreprise (AFTE) en mai montrait que la
trésorerie d'exploitation des entreprises a atteint son plus haut niveau depuis juillet
2007, avec 170 milliards d'euros de trésorerie pour les groupes non financiers du CAC40 (13).


La question posée est donc plutôt l'utilisation de ses sommes, pour l'investissement, l'emploi,
la production, alors qu'elles sont aujourd'hui principalement utilisées en placements financiers
et en projets dans les seuls pays émergents.

 

La chute des cours de Bourse peut même accroître le rapport dividende/valeur de l'action, et faciliter les mouvements de fusion/concentration d'entreprises, certaines d'entre elles devenant "opéables" (pouvant être la cible
d'OPA), facilitées par le trésor de guerre de trésorerie et la baisse du cours des actions à racheter ...et des banques.


Pour les banques, dont l'actif est principalement constitué de placements financiers et dont le passif peut être déséquilibré par la baisse de valeur des actions de la banque, elles ont aussi des trésoreries, et sont refinancées par la BCE et maintenant sont aussi éligibles pour une recapitalisation éventuelle au Fonds Européen! Par ailleurs en investissant en dettes publiques au cours dévalués, les filiales de type hedge funds peuvent acheter des titres de dettes grecques à 50% de leur valeur, avec une rémunération de l'ordre de 15% !


Les conséquences pour les ménages et le monde du travail.


Pour les ménages en France, les variations boursières n'ont que peu de conséquences. De l'ordre de 10% des ménages sont actionnaires, 20% en Europe. Il n'en va pas de même auxUSA où un ménage américain sur deux a investi en actions, et où les plans de retraite par capitalisation dépendent des cours de Bourse. Cette situation montre plutôt ce qu'il ne faut
pas faire !


Les seuls vrais perdants, non pas des fluctuations boursières mais de la crise financière, sont le monde du travail (salaires emplois services publics), ainsi que les petites et moyennes entreprises qui voient les conditions du crédit se durcir pour elles, et les États mis en demeure de réduire leurs services utiles.


(13): Dernier exemple en date du 1er septembre 2011, le quotidien « les Echos » titre « les profits des géants du CAC 40 défient le pessimisme ambiant », avec des bénéfices en hausse de 10% à 46,2 milliards pour le 1er semestre….

Argumentaire 8 : Dette publique et crise financière.

 

La création monétaire, comment ça marche?


Le constat :


La création monétaire est traditionnellement liée au pouvoir de créer de la monnaie, actif parfaitement liquide, possédant trois fonctions : régler des dettes nées de l'échange, unité de mesure de la valeur de tous les autres biens et instrument de réserve de valeur.


Le pouvoir de création monétaire est détenu par les agents économiques bancaires dans l'économie. Ils alimentent ainsi en monnaie le circuit économique en direction des agents économiques non financiers (ménages, entreprises non financières,...). La puissance publique, l'Etat, n'a plus directement un pouvoir de création monétaire, celui ci ayant été
confié dans les institutions à la Banque Centrale. Cela laisse entière la question d'un contrôle démocratique de la Banque Centrale


Toute banque peut créer de la monnaie, d'autant plus que celle ci est aujourd'hui à plus de 90% scripturale, n'existant que par jeu d'écritures comptables, et non par l'émission de billets ou de pièces. Toute banque crée de la monnaie en accordant un crédit, créance dont elle garantit la valeur. Le crédit est à la source de la création monétaire.


La Banque Centrale, elle joue le rôle de banque des banques. Elle émet de la monnaie banque centrale ( l'euro). Chaque banque commerciale a un compte à la Banque Centrale.
Chaque jour s'opère une compensation interbancaire selon qu'une banque doit de l'argent à une autre, après le solde de toutes les opérations entre elles ( chèques, virements, ...). Cette compensation s'opère en monnaie banque centrale entre les comptes des différentes banques auprès de la banque centrale.

 

Les évolutions liées à la financiarisation:


Depuis les réformes des années 1980, trois évolutions ont été marquantes:


1) Le marché interbancaire (ou marché monétaire) s'est élargi : pour solder leur
comptes et faire face à leurs besoins de refinancement (retrouver des liquidités disponibles
après avoir distribuer beaucoup de crédits) les banques commerciales peuvent se refinancer
directement entre elles ( échange de créances contre des liquidités), sans passer forcement
par la Banque Centrale.


Avec la crise financière de 2007, les banques commerciales ayant accumulés des milliards de créances douteuses (subprimes, etc..), elles se refusent à se les racheter entre elles.


D'où l'appel massif aux Banques Centrales pour un refinancement du système bancaire par
centaines de milliards à un taux zéro aux USA et de 1% en Europe.
Mais il n'y a aucun critère dans cette création monétaire massive pour sauver les banques,
permettant par exemple de les pénaliser pour activité spéculative et de refinancer
prioritairement les activités utiles.


2) La frontière "banque de dépôts"/"banque d'investissements" a été abolie. Même les banques qui ont les comptes usuels des ménages, ont développé des activités de marché et des activités spéculatives.3) La frontière entre marché monétaire et marché financier (instruments de placements) est devenu totalement opaque avec la libre circulation des capitaux, la
multiplication des produits dérivés, le développent des échanges de "gré à gré" (échanges sans contrôle possible, souvent "hors bilan", et difficilement localisables), la confusion activité de dépôts et de crédits usuels avec les activités de marché financier, la rapidité et la multiplication électronique des transactions, la multiplication des filiales, souvent dans des "paradis fiscaux", .....

 

Dans cette économie d'endettement auprès des marchés financiers, ces derniers dominent le marché monétaire et le financement de l'économie. Dans la globalisation financière, la création monétaire, dans son ampleur et dans son
utilisation, est de plus en plus éloignée de "l'économie réelle".

 

Au plan international, on considère selon les différentes mesures que les transactions liées à l'économie réelle ne
représentent que 2% à 4% des transactions quotidiennes.


Après 2008, les "plans de relance" ont été inefficaces car captés par les marchés financiers, et aujourd'hui les "plans de rigueur" vont pénaliser les peuples, alors que les marchés vont continuer à s'accaparer une création monétaire quasi gratuite ! ( la FED maintient aux USA son taux zéro pour les banques !)

 


Propositions pour une dette publique "libérée" des marchés financiers


Arrétons de diaboliser la dette publique !


La dette n'est pas mauvaise en soi. Il y a de bonnes et de mauvaises dettes. Tout dépend de l'utilisation que l'on fait de l'argent emprunté.


Si il est utilisé pour accroître les richesses réelles14 , cela fait de la croissance durable et saine. Celle-ci va alors entrainer un accroissement des recettes publiques (impôts et cotisations sociales), ce qui permettra de rembourser l'argent emprunté.


Par contre, si l'argent emprunté sert à spéculer sur les marchés bousiers et immobiliers, à délocaliser, à détruire des emplois, à déqualifier et à tirer les salaires vers le bas, cela freine la croissance, raréfie les recettes, ce qui creuse les déficits et les dettes.


Deux propositions:


1) Un audit citoyen sur la dette publique. On l'a vu précédemment depuis l'obligation faite aux États de se refinancer auprès des marchés financiers, ceux-ci se gavent littéralement de la dette. 1200 milliards d’euros d'intérêts de la dette, en total actualisé, versés par la France depuis 1974, cette année cela va représenter 50 milliards d’euros !


Un audit est indispensable pour déterminer la part illégitime de la dette, due par exemple au sauvetage des banques et des fonds spéculatifs et de décider le non remboursement de cette part illégitime. L'occasion aussi d'examiner les nécessaires restructurations de dettes à engager, pour dégonfler la sphère financière au profit de l'économie réelle


2) Un financement des dépenses publiques libéré des marchés financiers. Il faut remettre en cause le recours aux marchés comme mode privilégié de financement des États. Il faut instaurer un nouveau financement des dépenses publiques utiles par la BCE. La FED et la Banque d'angleterre financent directement les dépenses de leurs Etats mais elles le font pour soutenir les dépenses d'armement, les cadeaux fiscaux aux riches, les profits financiers des banques et des groupes, les placements financiers,la spéculation..

.
Sous le poids de la crise, la BCE a été contrainte de transgresser ses propres dogmes monétaristes. Désormais, elle rachète des titres de dette publique des Etats en difficulté, mais pas directement auprés d'eux sur le "marché primaire", ni pour aider au développement des dépenses de services publics et pour la croissance réelle. Elle les achète sur le "marché
secondaire", auprés des banques qui détiennent ces titres afin de continuer la course folle à l'endettement sur les marchés financiers...où les banques achètent les nouveaux titres de dette publique émis à taux d'intérêt élevés avec, notamment, l'argent que leur prête la BCE à 1%!


Il faut absolument que la création monétaire de la BCE serve à une vigoureuse relance des dépenses sociales, pour les services publics et pour une croissance réelle.


'14) Par exemple pour la santé, l'éducation, la recherche, le logement social, la sécurisation de l'emploi, de la
formation et des salaires, l'environnement.

 

Propositions pour une réforme de la fiscalité et des prélèvements obligatoires


Augmenter et rendre plus efficaces les prélèvements obligatoires


Il faut une réforme de la fiscalité : pour accroitre les recettes des impôts, faire reculer les inégalités, dégager des ressources immédiates pour la protection sociale et encourager les comportements favorables à la croissance de l'emploi et des richesses réelles. En même temps cette réforme doit pénaliser la croissance financière des capitaux, la recherche de
l'argent pour l'argent, les délocalisations et, au contraire.

 

Quatre propositions:


1) Impôt sur les sociétés: Nous voulons le moduler de façon à pénaliser les entreprises qui investissent pour diminuer l'emploi et la masse salariale, préfèrent faire des placements financiers ou cherchent surtout à payer des dividendes. Nous voulons, par contre, encourager les entreprises qui investissent en programmant des créations d'emplois, des mises en
formation correctement rémunérés.


2) Impôt territorial sur les entreprises: Nous voulons établir un impôt local sur le capital des entreprises pour en dissuader les gâchis. Il s'agirait d'une "taxe professionnelle" moderne qui serait assise non seulement sur les équipements des entreprises, mais aussi sur les actifs financiers des sociétés et des banques. Cela permettrait aux collectivités territoriales de
disposer de quelque 20 milliards d'euros supplémentaires.


3) Impôt sur les grandes fortunes: Nous voulons accroître son rendement, non seulement en augmentant son barème, mais aussi en élargissant sa base; par exemple en faisant contribuer les fortunes professionnelles de façon modulée, selon que les entreprises concernées augmentent ou non l'emploi et la masse salariale, alors qu'aujourd'hui les équipements professionnels sont exonérés de l'ISF.


4) Cotisations sociales patronales: Nous proposons de faire cotiser les revenus financiers des entreprises et des banques au même taux que les salaires.

 

Utiliser autrement l'argent des prélèvements obligatoires


1) Pour un contrôle et une évaluation publics et sociales de la dépense publique: en lieu et place d'un rationnement systématique avec la RGPP et la prétendue "règle d'or" des finances publiques". Celle-ci ne vise qu'à faire entrer dans notre Constitution des principes pour déssaisir automatiquement les élus de la Nation de tout pouvoir de décision budgétaire.

C’est un dispositif pour contraindre les dépenses de l'Etat, des collectivités territoriales et de la protection sociale aux normes des pactes de stabilité et de l'euro plus, aux injonctions de la BCE et des marchés financiers.2) Accroitre l'efficacité sociale des entreprises: Il faut en finir avec les baisses de cotisations sociales patronales au nom de la compétitivité. Nous voulons, pour accroître l'efficacité sociale des entreprises, non pas baisser les "charges sociales", comme le préconisent la droite et le PS, mais pérenniser un financement efficace de la protection sociale et baisser les charges financières des entreprises (intérêts payés sur les crédits).


Pour cela, nous proposons de :


- Réformer le calcul des cotisations sociales pour accroitre durablement leurs recettes:


Leur taux serait modulé de façon à décourager la croissance financière, les politiques salariales regressives et à encourager la création d'emplois et de formations.


- Alimenter un Fonds national de sécurisation de l'emploi et de la formation avec les quelque 30 milliards d'euros d'argent public aujourd'hui utilisés à baisser les "charges sociales". Cet argent servirait à prendre en charge les intérêts payés aux banques par les entreprises pour l'investissement, en fonction de critères basés sur l'emplois, la formations les progrés écologiques.


- Créer un pôle public bancaire et financier: à partir de la Caisse des dépôts, des autres institutions financières publiques ou semi-publiques et de banques re-nationalisées. Ce pôle aura pour mission de développer, sous contrôle social, un nouveau crédit pour l'investissement des entreprises dont le taux d'intéret serait d'autant plus abaissé, jusqu'à devenir nul, voire négatif, que cet investissement programemerait plus d'emplois et de formations correctement rémunérés.


Taxer les transactions finançières.


ll est indispensable de commencer à frapper très durement les spéculateurs et mettre à contribution les institutions financières pour commencer à alléger celles de dettes publiques qui sont « légitimes ».


La mise en place d'une taxe Tobin sur les transactions financières est plus nécessaire que jamais. En même temps, il faudrait mettre à contribution, par un prélèvement spécifique, les banques, les sociétés d'assurances, les OPCVM et tous les fonds spéculatifs, dans chaque pays et à l'échelle de l'Europe. Devraient être particulièrement pénalisés les opérateurs qui se sont assurés contre un risque de défaut grec (ou autre) dans un but essentiellement spéculatif. Il s'agirait, ce faisant, d'en finir avec les instruments financiers du type des « CDS » (Credit default swap).Les fonds publics ainsi collectés devront être affectés à une réduction de la dette publique grecque.

 


Propositions pour une autre utilisation de l'Euro, de la BCE et du crédit


Ni "eurobligations", ni sortie de l'euro...


Sortir de l'euro ferait redoubler les difficultés et la spéculation, exacerberait les rivalités entre Européens et, au total, consoliderait la domination mondiale du dollar, pourtant elle-même en crise très profonde. Surtout, cela reviendrait à se priver de la force d'une création monétaire commune à l'échelle européenne, donc des conditions de financement qui serait
très limitée par rapport à des pays-continent comme les États-Unis ou la Chine.


Les euro-obligations, dont la conception s'inscrit toujours dans le recours aux marchés financiers, présentent deux autres inconvénients. D'une part elles interdisent la possibilité de conduire des politiques différenciées selon les besoins propres de chaque pays. D'autre part, émises au nom de la zone euro, elles imposeraient, pour garder leur notation, aux pays les
plus faibles de s'aligner sur les normes des pays qui dominent, Allemagne en tête, poussant ainsi vers une politique budgétaire unique.


Tout au contraire, l'enjeu est de commencer à rompre avec cette logique qui consiste à faire
accumuler de nouvelles dettes, pour tenter de régler celles en cours, en empruntant toujours
plus sur les marchés financiers.


Utiliser l'euro et la BCE autrement :


C'est possible avec une autre utilisation de l'euro, de la création monétaire de la BCE, du crédit bancaire, des fonds publics nationaux et européens.


Le PCF, le Front de gauche, et le Parti de la gauche européenne (PGE) proposent de construire un Fonds social et solidaire pour le développement européen.


Son principe: l'émission des titres nationaux de dette publique rachetés par la BCE à un taux d'intérêt nul qui alimenteraient ce nouveau Fonds. Celui-ci serait chargé de les répartir, démocratiquement, entre chaque pays, selon leurs besoins respectifs, dans le but, expressément, de développer leurs services publics et leur potentiel de croissance sociale nouvelle.


La dénonciation du pacte de stabilité, le rejet déterminé du pacte de l'euro +, marcheraient alors de paire avec le lancement d'un nouveau pacte pour une croissance sociale, écologique et solidaire européenne.


Redonner une pleine utilité à la création monétaire et au crédit


Pour y parvenir nous avançons un ensemble cohérent de propositions:


· Réorienter la politique monétaire de la BCE sous le contrôle des parlements européen et nationaux.· Redonner aux banques centrales la possibilité de financer directement les États, soit par des avances monétaires directes, soit par la souscription d'obligations du Trésor à bas taux d'intérêt.


· Différencier les taux d'intérêt (des banques commerciales vers les ménages et les entreprises, et de la Banque Centrale vers les banques commerciales) selon l'utilité sociale effective de l'activité à financer ou refinancer


· Revenir sur le décloisonnement banque de dépôts/banque d'investissement et interdire certaines pratiques comme les opérations de "gré à gré"


· Réinventer une maîtrise publique et sociale du système bancaire et d'assurances


· Revenir sur la libre circulation des capitaux et instaurer une taxe sur les transactions financières


· Réorienter le crédit vers l'économie réelle, en privilégiant les activités socialement et écologiquement efficaces, pour permettre un nouveau type de développement pour générer des richesses indispensables pour retrouver des recettes publiques, des revenus populaires, et les moyens de répondre aux besoins sociaux, en premier lieu d'emplois.


Une telle réorientation de la création monétaire et du crédit à l'économie peut contribuer à maîtriser et résoudre le problème de la dette, sans les "cures d'austérité" qui saignent les peuples sans guérir l'économie. Il faut organiser un dégonflement de sphère financière.


Une affaire mondiale et pas seulement européenne :


Il faut en finir avec la dictature des agences de notation privées pour le compte des marchés financiers et la spéculation.


 Cela nécessite une profonde transformation du système monétaire international dans le cadre d'une nouvelle conférence mondiale qui serait au moins de la portée de celle de Bretton Woods de 1944.


L' Europe peut jouer un rôle majeur dans ce sens, de concert avec sa propre transformation:


· En se tournant vers les besoins énormes de développement du monde arabe en révolution et de l'Afrique sub-Sahara avec un nouveau plan de type Marshall sans domination.


· En se rapprochant des pays émergents pour faire reculer le rôle du dollar et aller vers la création d'une monnaie commune mondiale de coopération, à partir des droits de tirage spéciaux (DTS) du FMI, comme l'envisagent désormais explicitement la Chine, la Russie, la CNUCED... et d'une refondation des institutions monétaires, financières et commerciales internationales.

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7 novembre 2011 1 07 /11 /novembre /2011 14:46

 

 

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5 novembre 2011 6 05 /11 /novembre /2011 07:29

Sommet

Une maîtrise populaire de l’argent


Contre la finance qui asphyxie la croissance, les mouvements sociaux et une partie de la gauche européenne affirment le besoin d’une souveraineté sur la monnaie et le crédit.

 

Les dirigeants du G20 tournent autour du pot, ne sachant comment répondre de manière efficace au besoin de relancer une croissance économique défaillante dans les pays développés. Les désaccords sur le sujet sont d’autant plus flagrants qu’à l’opposé, les mouvements sociaux et alternatifs et une partie des forces progressistes, particulièrement en Europe, commencent à avancer des propositions en faveur d’une maîtrise populaire de l’argent, particulièrement celui des banques, favorable à l’activité et à l’emploi.

 

Le G20 va s’intéresser aux ressources des banques mais de manière très restrictive. Il s’agit pour lui de les inciter à sécuriser leurs activités de soutien aux marchés financiers. Ce qui revient à leur demander de résoudre la quadrature du cercle.

 

À l’opposé, phénomène nouveau, le mouvement syndical international, des mouvements progressistes d’Amérique latine, en Europe, en France, les Indignés, Attac, des associations, et au niveau politique une partie des forces de gauche (PGE, PCF, Front de gauche…) soulignent la nécessité de nouveaux critères de financement visant à promouvoir l’emploi, le développement humain plutôt que d’assurer la satisfaction des exigences de rentabilité financière des groupes et de la finance.

 

Comme des moutons, les acteurs des marchés financiers se précipitent vers les zones où la croissance est encore forte, les promesses de rentabilité plus sûres, chez les émergents.

 

C’est ainsi que les fonds monétaires américains désertent l’Europe en crise, posant ainsi des problèmes aux banques européennes pour trouver des financements en dollars nécessaires, notamment, pour le commerce international.

 

Les mouvements sociaux et politiques alternatifs européens ont, eux, commencé à opérer un tournant. Ils sont plus nombreux à pointer du doigt le rôle de la banque des banques de la zone euro, la Banque centrale européenne.

 

Les différents traités européens la cantonnent dans un rôle de gendarme au service des marchés financiers. Impossibilité lui est faite de financer les dépenses des services publics.

 

Pourtant, la BCE pourrait permettre à des pays qui n’arrivent plus à trouver des ressources sur les marchés ou qui y parviennent très difficilement, de disposer de fonds bon marché.

 

Particulièrement pour le PCF et maintenant pour le Front de gauche, cette assistance de la BCE, sous le contrôle des Parlements nationaux et européen et des acteurs sociaux, ne serait cependant pas réservée aux seuls pays les plus en difficulté, elle pourrait inaugurer un mode de financement alternatif à celui des marchés financiers, en lien avec un changement radical de la politique du crédit des banques, notamment avec la constitution d’un pôle public bancaire et de fonds régionaux pour la sécurité d’emploi et de formation.

 

 

Pierre Ivorra

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4 novembre 2011 5 04 /11 /novembre /2011 23:05

G20 de Cannes, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy

Monde - le 4 Novembre 2011


Washinton, Berlin et Paris imposent un traitement de la crise à leurs conditions, toutes leurs conditions, rien que leurs conditions. Et tant pis s’il faut pour cela s’asseoir sur la démocratie et passer par-dessus la tête des peuples. Après avoir fait la peau à un Premier ministre grec qui, submergé par les mouvements sociaux, avait commis la suprême faute de goût de vouloir consulter son peuple, ils ont décidé de placer l’Italie sous haute surveillance afin de s’assurer qu’elle applique à la lettre la super-austérité recommandée par les marchés.

 

Jeudi soir, à peine rentré à Athènes, le socialiste George Papandreou annonçait qu’un accord avec les dirigeants de l’opposition de droite deviendrait subitement possible ce qui ouvrirait la voie à un gouvernement d’union nationale rendant probablement caduque la consultation d’un référendum. « Les choses progressent » se réjouissait aussitôt à Cannes Nicolas Sarkozy, martelant qu’un tel revirement d’Athènes « serait salué par tout le monde.»

 

Moins triomphaliste et comme pour mieux démontrer que c’est elle qui avait imposé ses vues dans le « règlement » de la crise de l’euro, Angela Merkel restait, elle, toutefois sur ses gardes lançant : « Pour nous ce sont les actes qui comptent. »

 

Et de réaffirmer le chantage fait la veille aux dirigeants grecs, martelant que, faute d’une soumission complète aux décisions du sommet de l’UE du 27 octobre, les Européens et le Fonds Monétaire internationale (FMI) ne verseraient pas un sou du plan « d’aide » de 8 milliards d’euros dont Athènes a un besoin impératif d’ici au 15 décembre pour éviter une faillite en bonne et due forme.

 

 

L'Italie mise sous surveillance


Quasiment au même moment Silvio Berlusconi était convoqué devant Barack Obama, Angela Merkel, Nicolas Sarkozy, Mario Draghi (BCE), Jean Claude Juncker (eurogroupe) et Herman van Rompuy. Et à son tour il était sommé d’accepter que son pays soit mis sous surveillance. Les marchés jouaient pleinement leur partition dans la mise en forme du diktat. Les taux d’emprunt à 10 ans de l’Italie battants jeudi de nouveaux records à plus de 6%. Soit quatre points au dessus des taux allemands.

 

Après quelques tergiversations le président du conseil italien s’est incliné. Son pays sera placé sous la tutelle conjointe du FMI et de la commission européenne qui vont contrôler tous ses engagements budgétaires. Une surveillance « stricte » de la mise en œuvre des mesures de super-austérité avancées par le pouvoir italien est annoncée.

 

Le président français, zélé porte-voix du groupe des super-puissants évoqué plus haut, avait bien fait comprendre le sens du message : « La question, avait-il déclaré jeudi, n’est pas tant le contenu du paquet que – est-ce que ce paquet sera mis en œuvre ou non ? » Et de préciser que c’était là-dessus qu’il fallait travailler avec Rome. Ce serait aujourd’hui chose faite.

 

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BRUNO FORNACIARI

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