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5 novembre 2011 6 05 /11 /novembre /2011 06:29

Sommet

Une maîtrise populaire de l’argent


Contre la finance qui asphyxie la croissance, les mouvements sociaux et une partie de la gauche européenne affirment le besoin d’une souveraineté sur la monnaie et le crédit.

 

Les dirigeants du G20 tournent autour du pot, ne sachant comment répondre de manière efficace au besoin de relancer une croissance économique défaillante dans les pays développés. Les désaccords sur le sujet sont d’autant plus flagrants qu’à l’opposé, les mouvements sociaux et alternatifs et une partie des forces progressistes, particulièrement en Europe, commencent à avancer des propositions en faveur d’une maîtrise populaire de l’argent, particulièrement celui des banques, favorable à l’activité et à l’emploi.

 

Le G20 va s’intéresser aux ressources des banques mais de manière très restrictive. Il s’agit pour lui de les inciter à sécuriser leurs activités de soutien aux marchés financiers. Ce qui revient à leur demander de résoudre la quadrature du cercle.

 

À l’opposé, phénomène nouveau, le mouvement syndical international, des mouvements progressistes d’Amérique latine, en Europe, en France, les Indignés, Attac, des associations, et au niveau politique une partie des forces de gauche (PGE, PCF, Front de gauche…) soulignent la nécessité de nouveaux critères de financement visant à promouvoir l’emploi, le développement humain plutôt que d’assurer la satisfaction des exigences de rentabilité financière des groupes et de la finance.

 

Comme des moutons, les acteurs des marchés financiers se précipitent vers les zones où la croissance est encore forte, les promesses de rentabilité plus sûres, chez les émergents.

 

C’est ainsi que les fonds monétaires américains désertent l’Europe en crise, posant ainsi des problèmes aux banques européennes pour trouver des financements en dollars nécessaires, notamment, pour le commerce international.

 

Les mouvements sociaux et politiques alternatifs européens ont, eux, commencé à opérer un tournant. Ils sont plus nombreux à pointer du doigt le rôle de la banque des banques de la zone euro, la Banque centrale européenne.

 

Les différents traités européens la cantonnent dans un rôle de gendarme au service des marchés financiers. Impossibilité lui est faite de financer les dépenses des services publics.

 

Pourtant, la BCE pourrait permettre à des pays qui n’arrivent plus à trouver des ressources sur les marchés ou qui y parviennent très difficilement, de disposer de fonds bon marché.

 

Particulièrement pour le PCF et maintenant pour le Front de gauche, cette assistance de la BCE, sous le contrôle des Parlements nationaux et européen et des acteurs sociaux, ne serait cependant pas réservée aux seuls pays les plus en difficulté, elle pourrait inaugurer un mode de financement alternatif à celui des marchés financiers, en lien avec un changement radical de la politique du crédit des banques, notamment avec la constitution d’un pôle public bancaire et de fonds régionaux pour la sécurité d’emploi et de formation.

 

 

Pierre Ivorra

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4 novembre 2011 5 04 /11 /novembre /2011 22:05

G20 de Cannes, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy

Monde - le 4 Novembre 2011


Washinton, Berlin et Paris imposent un traitement de la crise à leurs conditions, toutes leurs conditions, rien que leurs conditions. Et tant pis s’il faut pour cela s’asseoir sur la démocratie et passer par-dessus la tête des peuples. Après avoir fait la peau à un Premier ministre grec qui, submergé par les mouvements sociaux, avait commis la suprême faute de goût de vouloir consulter son peuple, ils ont décidé de placer l’Italie sous haute surveillance afin de s’assurer qu’elle applique à la lettre la super-austérité recommandée par les marchés.

 

Jeudi soir, à peine rentré à Athènes, le socialiste George Papandreou annonçait qu’un accord avec les dirigeants de l’opposition de droite deviendrait subitement possible ce qui ouvrirait la voie à un gouvernement d’union nationale rendant probablement caduque la consultation d’un référendum. « Les choses progressent » se réjouissait aussitôt à Cannes Nicolas Sarkozy, martelant qu’un tel revirement d’Athènes « serait salué par tout le monde.»

 

Moins triomphaliste et comme pour mieux démontrer que c’est elle qui avait imposé ses vues dans le « règlement » de la crise de l’euro, Angela Merkel restait, elle, toutefois sur ses gardes lançant : « Pour nous ce sont les actes qui comptent. »

 

Et de réaffirmer le chantage fait la veille aux dirigeants grecs, martelant que, faute d’une soumission complète aux décisions du sommet de l’UE du 27 octobre, les Européens et le Fonds Monétaire internationale (FMI) ne verseraient pas un sou du plan « d’aide » de 8 milliards d’euros dont Athènes a un besoin impératif d’ici au 15 décembre pour éviter une faillite en bonne et due forme.

 

 

L'Italie mise sous surveillance


Quasiment au même moment Silvio Berlusconi était convoqué devant Barack Obama, Angela Merkel, Nicolas Sarkozy, Mario Draghi (BCE), Jean Claude Juncker (eurogroupe) et Herman van Rompuy. Et à son tour il était sommé d’accepter que son pays soit mis sous surveillance. Les marchés jouaient pleinement leur partition dans la mise en forme du diktat. Les taux d’emprunt à 10 ans de l’Italie battants jeudi de nouveaux records à plus de 6%. Soit quatre points au dessus des taux allemands.

 

Après quelques tergiversations le président du conseil italien s’est incliné. Son pays sera placé sous la tutelle conjointe du FMI et de la commission européenne qui vont contrôler tous ses engagements budgétaires. Une surveillance « stricte » de la mise en œuvre des mesures de super-austérité avancées par le pouvoir italien est annoncée.

 

Le président français, zélé porte-voix du groupe des super-puissants évoqué plus haut, avait bien fait comprendre le sens du message : « La question, avait-il déclaré jeudi, n’est pas tant le contenu du paquet que – est-ce que ce paquet sera mis en œuvre ou non ? » Et de préciser que c’était là-dessus qu’il fallait travailler avec Rome. Ce serait aujourd’hui chose faite.

 

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3 novembre 2011 4 03 /11 /novembre /2011 22:46


Sortir les États de la servitude volontaire

Thomas Coutrot, coprésident d’Attac
Pierre Khalfa, coprésident de la Fondation Copernic
 

 

Le mois d’octobre a vu la crise de la zone euro s’aggraver considérablement et les agences de
notations s’en donner à coeur joie : dégradation de la note de l’Espagne et de l’Italie, menace
sur la Belgique, « mise sous surveillance » de la France qui est ainsi menacée de perdre son
triple A. Tout a déjà été dit sur le rôle des agences de notation. Aveugles lors des crises
financières qu’elles ont été incapables d’anticiper, donnant la note maximale à la banque
Lehman Brothers à la veille de son effondrement, certifiant l’innocuité des produits financiers
hautement toxiques, baignant en permanence dans le conflit d’intérêt, leurs déclarations
devraient susciter l’hilarité générale. Pourtant, gouvernements et institutions européennes,
tout en les dénonçant et en promettant de les mater, persistent à se prosterner devant elles.
C’est que les agences de notations, aussi discréditées soient-elles, jouent un rôle indispensable
au fonctionnement des marchés financiers. Le problème n’est pas de savoir si elles ont raison
ou tort ou si leurs jugements sont basés sur une analyse objective de la situation. Il vient du
comportement même des acteurs de la finance qui ont besoin d’une autorité extérieure pour
orienter leurs décisions grégaires. Les agences de notation ne jouent pas le rôle de
thermomètre, mais d’un virus qui fait monter la fièvre de la cupidité, laquelle pousse à la
formation de bulles dans les moments d’euphorie boursière, et qui déchaîne une panique
incontrôlée dans les moments de doute. Le problème, ce ne sont pas les agences de notation,
mais les marchés financiers. Il est donc criminel d’avoir mis les dettes publiques dans leurs
mains.

Car, il faut y insister, ce sont les gouvernements qui ont fait ce choix, ce sont eux qui ont
permis aux marchés de développer leur capacité de nuisance. En France, une réforme de la
Banque de France, votée en 1973 sous l’impulsion de Valéry Giscard d’Estaing, ministre des
finances de Georges Pompidou, interdit au Trésor public d’emprunter directement à la
Banque de France à des taux d’intérêt nuls ou très faibles. La Banque de France ne peut donc
plus financer par de la création monétaire les déficits publics. Le gouvernement français est
dès lors obligé de faire appel aux marchés financiers, c’est-à-dire à des banques privées, et ce,
aux taux d’intérêt de marché. Il s’agit d’un acte fondateur, et destructeur, car il inaugure la
mainmise des marchés financiers sur les États. Cette disposition allait être intégralement
reprise lors de la création de la Banque centrale européenne (BCE), puis dans tous les traités
européens. On a donc abouti à une situation hallucinante. Les États ne peuvent pas être
financés par la BCE ; mais celle-ci peut par contre refinancer les banques privées à de très
faibles taux. Ces dernières prêtent ensuite aux États à des taux nettement supérieurs, voire
carrément usuraires. L’Union européenne se place volontairement sous l’emprise des marchés
financiers.

Cette emprise allait être d’autant plus grande qu’une contre-révolution fiscale s’est déployée
depuis plus d’un quart de siècle. Son fil directeur a été de baisser par de multiples moyens les
impôts payés par les ménages les plus riches et par les entreprises, en particulier les plus
grandes. L’impôt sur le revenu est devenu de moins en moins progressif avec la diminution du
nombre de tranches et les baisses successives du taux marginal supérieur. L’impôt sur les
sociétés, véritable peau de chagrin, pèse trois fois plus lourd sur les PME que sur le CAC 40.
Résultat imparable, l’État s’est appauvri : ses recettes représentaient 15,1 % du PIB en 2009
contre 22,5 % en 1982. On trouve là une des raisons de l’accroissement régulier de la dette
publique avant même la crise financière. Car contrairement à une antienne dont on nous rebat
les oreilles, ce n’est pas l’explosion des dépenses publiques qui a creusé les déficits. Avant la
crise, elles avaient même tendance à baisser : 55 % du PIB en 1993, 52 % en 2007. La crise,
dont il faut rappeler qu’elle trouve son origine dans les délires de la finance, a évidemment
gonflé la dette. Baisse des recettes fiscales dues à la récession, plan de relance pour éviter la
dépression, et enfin sauvetage des banques, se sont combinés pour arriver à ce résultat.
Alors que faire maintenant pour empêcher les prophéties autoréalisatrices des marchés de se
réaliser ? Tout d’abord, il faut acter que les plans d’austérité, au-delà même de leur caractère
socialement inacceptable, sont inutiles. Et c’est tout le paradoxe de la situation. Les marchés
veulent que les déficits publics soient réduits pour être sûrs que les États puissent payer la
charge de la dette, mais ils s’inquiètent du fait que les mesures prises vitrifient l’activité
économique. Face à ces injonctions contradictoires, il ne sert à rien de vouloir rassurer les
marchés, puisque plus on les rassure, plus ils s’inquiètent. La seule solution est de sortir les
États de leur emprise.

Il faut pour cela tout d’abord européaniser et monétiser les dettes publiques. La BCE et les
banques centrales nationales doivent pouvoir, sous contrôle démocratique, financer les États
et les politiques publiques européennes. Concernant le stock de la dette existant, un audit
citoyen doit pouvoir déterminer la part de la dette qui est illégitime, et donc doit être annulée,
et celle qu’il faudra rembourser, la BCE pouvant dans ce cas la racheter. Les banques doivent
être mises sous contrôle social afin qu’elles se tournent vers les financements de l’activité
productive et la transformation écologique de la société. Enfin, il faut enfin une réforme
fiscale d’ampleur qui redonne des marges de manoeuvres à l’action publique. Ces orientations
supposent de rompre avec tout ce qui a fait l’orthodoxie néolibérale de ces dernières
décennies. Les mouvements sociaux qui commencent à secouer l’Europe devront l’imposer.

 


  tRIBUNR PARUE sur le site d'Attac France


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3 novembre 2011 4 03 /11 /novembre /2011 13:33

 


    le 3 Novembre 2011

Après avoir épinglé l'Elysée en 2009 sur des sondages controversés, la Cour des comptes accable, dans son dernier rapport, Matignon et certains ministères sur des dépenses en matière de communication, rapporte France Télévisions qui s'est procuré le document. Principal bénéficiaire de ces contrats "obscurs", Pierre Giacometti, un proche de Nicolas Sarkozy...


Ce rapport, rendu le 17 octobre à la commission des finances de l'Assemblée nationale, met en évidence "des dépenses de communication sans justificatifs et sans appels d'offres", lit-on sur le site de France Télévisions. Le site poursuit que la société Giacometti-Péron apparaît comme "la principale bénéficiaire" de ces contrats "obscurs". 

Cette société de conseil en stratégie et communication a été cofondée par Pierre Giacometti, ancien dirigeant d’Ipsos, "un proche de Nicolas Sarkozy", présent au Fouquet's, le soir du 6 mai 2007, lors de l'élection présidentielle. "Tous les contrats entre le gouvernement et le cabinet Giacometti-Péron & Associés épinglés par la Cour des comptes représentent un peu plus de 1,7 million d'euros entre 2008 et 2010", écrit France Télévisions.

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31 octobre 2011 1 31 /10 /octobre /2011 07:58

 
Getty Images/David Jones
Après les banques qui ont réalisé 11 milliards de profits au 1er trimestre 2011, c'est le tour des compagnies pétrolières de montrer leur bicottospour le 3 trimestre.

Malgré la baisse de la production de pétrole entre juillet et septembre dernier, les grandes compagnies voient leur profit trimestriel grimper fortement, grâce à la hausse des prix du brut.

 

Toutes les « majors » pétrolières ont subi une baisse de leur production au troisième trimestre, du fait d'un vieillissement des gisements, et de la suspension des opérations en Libye. Certaines comme Conoco Philips ont aussi subi des arrêts prolongés de l'exploitation en mer du Nord, en Alaska, et au large de la Chine. 

 

BP s'est, de son côté, vu freiné par l'arrêt des opérations dans l'offshore profond du golfe du Mexique. Les compagnies sont conscientes qu'elles vont devoir accroître leur production considérablement au cours des mois qui viennent, car les ventes de pétrole ne seront pas aussi lucratives, à l’avenir.

 

Mais en attendant, elles enregistrent encore des profits record au troisième trimestre. L'envolée des prix du baril, qui ont progressé de moitié entre le troisième trimestre 2010 et celui de cette année, est passée par là. Exxon Mobil affiche ainsi plus de 10 milliards de dollars de bénéfices, contre 7 milliards et demi l'an dernier. Mais c'est Shell, le numéro un européen, qui surprend le plus avec 7 milliards de dollars de profits, deux fois plus qu'au troisième trimestre 2010. Le Français Total enregistre 4 milliards de dollars de bénéfices, en hausse de 24 % par rapport à la même période l'an dernier. C'est cependant pour BP que la progression est la plus spectaculaire : 5 milliards de dollars au troisième trimestre, quand elle n'était que d'1,8 milliard l'an dernier et surtout sur les neuf premiers mois de 2011 des gains de 17 milliards et demi quand le groupe britannique enregistrait des pertes de 9 milliards de dollars l'an dernier.

 

C'était six mois après la catastrophe du puits Macondo, BP avait alors dû provisionner 41 milliards de dollars pour alimenter un fonds de dédommagement aux victimes de la marée noire. Pour le britannique BP en particulier, ce pourrait être la sortie du tunnel, un an et demi après la marée noire dans le golfe du Mexique. Aujourd'hui, cette dépense a été surmontée et le ciel semble s'éclaircir pour BP, après plusieurs bonnes nouvelles : Anadarco, le co-propriétaire du gisement, a accepté de verser 4 milliards de dollars au fonds d'indemnisation ; un des anciens partenaires de BP en Russie a renoncé à ses poursuites et, mercredi dernier, la compagnie britannique a obtenu le feu vert pour explorer à nouveau dans le golfe du Mexique, à près de 2 000 mètres de fond, soit encore plus profondément que sur le puits Macondo. Reste encore à connaître le verdict du Département américain de la Justice, qui devra dire si oui ou non BP a fait preuve de négligence ayant entraîné l'explosion de la plateforme, il y a dix-huit mois.

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30 octobre 2011 7 30 /10 /octobre /2011 18:49

Politique - le 28 Octobre 2011

 

Pierre Laurent. «Le gouvernement des marchés sort renforcé de ce sommet européen»


Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, dénonce «un renforcement autoritaire au plan européen pour imposer une politique que les peuples ne supportent plus». Entretien.

 


Comment appréciez-vous la décision d’effacer une partie de la dette grecque et de renforcer le Fonds européen de stabilité financière ?


Pierre Laurent. Je ressens beaucoup d’inquiétude. Ceux qui se félicitent des résultats du sommet européen risquent de déchanter très vite car le plan adopté reste dans 
les rails qui ont conduit à la crise et l’ont aggravé depuis trois ans. L’effacement d’une partie de la dette grecque a été rendu inévitable par l’attitude des banques et 
des dirigeants européens qui ont mis ce pays à genoux, et dont on constate le résultat catastrophique. Mais les mesures envisagées, qu’il s’agisse de la recapitalisation des banques ou du renforcement du FESF, ne s’accompagnent d’aucune contrepartie en termes de réorientation des politiques du système bancaire et financier. On ajoute des sommes colossales dans le système sans changer les règles du jeu. Les conditions de nouvelles crises sont donc réunies. Le cri de joie des spéculateurs de la Bourse 
à l’annonce des résultats du sommet n’est pas une bonne nouvelle.

 

 

L’austérité renforcée dans les pays de la zone euro est-elle efficace pour réduire la dette publique ?


Pierre Laurent. Cette fuite en avant est dramatique, la Grèce en est la preuve éclatante. Le plan d’austérité imposé à ce pays n’a fait que l’enfoncer dans la crise et a fait exploser sa dette publique. Malgré cela, les dirigeants européens se sont engagés à renforcer l’austérité dans leurs pays respectifs, alimentant ainsi la spirale actuelle au lieu d’en sortir.

 

 

Le gouvernement envisage une hausse de la TVA pour renflouer les caisses 
de l’État. Qu’en pensez-vous ?


Pierre Laurent. Alors que les patrons des grandes banques françaises se sont octroyé des augmentations de revenus de 44 % en 2010, frapper le pouvoir d’achat populaire serait un scandale et une folie, car cela détériorerait encore le pouvoir d’achat des ménages, donc la consommation et l’activité économique. D’autant que la hausse envisagée de la TVA n’est pas la seule mesure qui frappe durement le pouvoir d’achat des ménages. Après la taxe sur les mutuelles, sur le tabac et les sodas, le gouvernement envisage de taxer les indemnités de licenciement ou de rupture de contrat de travail. Et maintenant, une augmentation de la TVA, qui est l’impôt le plus injuste, serait inacceptable. Il faut inverser ces politiques, en réformant la fiscalité pour rétablir de la progressivité de l’impôt sur le revenu et imposer le capital de manière efficace.

 

 

Avec une gouvernance économique renforcée au niveau européen, quelle place reste-t-il à la souveraineté 
des peuples ?


Pierre Laurent. La souveraineté est d’ores et déjà gravement mise en cause. Il est d’ailleurs frappant de constater que la seule dirigeante européenne qui ait osé se présenter devant son Parlement avant le sommet européen est la chancelière allemande, tout simplement parce que le sommet devait consacrer toutes les mesures qu’elle préconisait. Nous sommes dans une logique de renforcement autoritaire au plan européen pour impulser une politique que les peuples ne peuvent plus supporter. Contrairement à ce que l’on entend, cela n’a rien à voir avec un renforcement de l’Europe politique, parce que la politique, c’est le droit de choisir. Or là, ce qui est renforcé, c’est le gouvernement des marchés, nommé par les dirigeants européens et la Commission européenne. C’est évidemment totalement contraire à l’esprit démocratique qui devrait prévaloir en Europe. Il est donc urgent que les citoyens exigent, lors des élections nationales, le retour du pouvoir aux Parlements nationaux et aux instances démocratiques.

 

 

Quelles principales mesures alternatives préconisez-vous pour sortir de la crise ?


Pierre Laurent. Il faut récupérer au plus vite le pouvoir sur les politiques financières, monétaires et de crédit. Cela signifie que plus un seul euro ne doit être injecté dans le système bancaire et financier sans qu’en contrepartie la puissance publique n’exige un pouvoir sur l’orientation du crédit et l’utilisation de l’argent des banques. Il faut mettre sous surveillance le système bancaire et financier. Il faut reconstituer au plus vite un pôle public bancaire et financier, ce qui implique des nationalisations, pour changer l’orientation du crédit. La France doit également exiger la modification du statut et des missions de la BCE et l’utilisation de son pouvoir de création monétaire pour le mettre au service du développement économique.

 

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29 octobre 2011 6 29 /10 /octobre /2011 03:51

 

Politique - le 28 Octobre 2011

Plus de 200 militants PCF devant chez Moody's contre "l'argent roi"

Plus de 200 militants communistes se sont réunis jeudi en fin de journée devant le siège parisien de l'agence Moody's pour protester contre le règne de "l'argent roi" après l'accord obtenu par les dirigeants européens au sommet de Bruxelles.


Près d'une semaine après l'opération "andouillette AAAAA" de Jean-Luc Mélenchon contre le triple A des agences de notation, les communistes ont accroché une affiche "coupons la tête à l'argent roi" sur le bâtiment qui abrite Moody's, boulevard Haussmann à Paris.

 

Une dizaine d'entre eux, arborant des t-shirts "Moodysmatuer.com" se sont allongés devant le siège quelques instants.

Présent sur les lieux, Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, allié de M. Mélenchon au sein du Front de gauche, a souhaité que "le pouvoir change de main, il doit revenir à la nation, aux élus, aux salariés de ce pays". Il faut un "contrôle public sur tout le secteur bancaire et financier", a-t-il dit, souhaitant également que la Banque centrale européenne "change de mission et cesse d'être un gardien du temple des marchés financiers".

 

Peu avant la prestation télévisée de Nicolas Sarkozy sur TF1 et France 2, Pierre Laurent a déploré que le chef de l'Etat n'ait "parlé ni devant le Parlement, ni devant les Français avant d'aller à Bruxelles".


"Gouverner au-dessus et contre les peuples, ils veulent en faire la règle". a-t-il dit avant d'appeler les militants à multiplier ce type de manifestations avec le Front de gauche devant les banques partout en France. "Nous ne pouvons pas les laisser dormir tranquilles alors qu'ils sont en train de nous assassiner".

 

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27 octobre 2011 4 27 /10 /octobre /2011 19:32

 

Sauver l'Europe en coulant les peuples ?


Dans la nuit du 26 au 27 octobre, les participants du sommet européen ont abouti à un nouvel accord, censé pour une énième fois « sauver l'Europe ». À la baguette, Angela Merkel (et Nicolas Sarkozy), Christine Lagarde (pour le FMI) et, surprise… un représentant du secteur bancaire, Charles Dallara. Alors, qu'en est-il vraiment de cet accord qui a déjà fait bondir les bourses ?

On retiendra tout d'abord que la restructuration de la dette grecque est enfin mise à l'ordre du jour ; et malgré les résistances de Nicolas Sarkozy et du secteur bancaire, les créanciers devront débourser à hauteur de 50%, via une décote de leurs titres de dette. Il aura donc fallu deux ans, deux ans de calvaire pour le peuple grec  pour que la réalité rattrape en partie les dirigeants de la zone euro.

Mais les peuples grecs et européens sont loin d'être tirés d'affaire pour autant. Conformément aux exigences allemandes, l'interdiction faite à la BCE de prêter directement aux gouvernements de la zone euro ne sera pas levée. Elle leur permettrait pourtant de s'émanciper des marchés financiers.

À la place, les pays en difficulté devront se tourner vers le fonds européen (le FESF), démultiplié grâce à la participation de pays émergents, et placé sous la supervision du FMI. Les clients ne devraient pas tarder à pointer au guichet du FESF… Espagne, Portugal, mais aussi la France, dans un contexte où la recapitalisation des banques par les fonds publics risque de s'avérer inéluctable.

Dans tous les cas, qu'ils fassent ou non appel à l'intervention du FESF, les gouvernements européens se sont accordés pour accroître la « discipline », le contrôle budgétaire des dépenses publiques et l'inscription dans leurs constitutions du carcan budgétaire de la « règle d'or » pour 2012. Des mesures adoptées sans aucun débat ou consultation populaire, à l'image de cette nouvelle « gouvernance » de l'Europe, parfaitement anti-démocratique. Au nom de laquelle on annonce déjà une nouvelle modification des traités…

Le « deal » était donc le suivant : en l'échange d'une (inévitable et tardive) restructuration de la dette grecque, c'est l'hyper-austérité qui est promise aux peuples. Avec toutes les conséquences sociales dramatiques qu'elle a déjà causées, à travers les licenciements, les baisses des salaires, des retraites, le démantèlement de l'Etat social… et au risque de voir plonger l'Europe dans le cercle vicieux de la récession. Mais aussi de voir les peuples se dresser les uns contre les autres, sous prétexte que les uns paieraient pour les autres.

Il est clair que les peuples ne veulent plus de cela, à l'image des manifestants et manifestantes grecs, des indignés espagnols, italiens ou britanniques. Il est désormais urgent de sortir l'Europe du «piège de la dette publique».

Attac France participe avec d'autres organisations du mouvement social à un audit citoyen de la dette (http://www.audit-citoyen.org/). Cette initiative vise à démontrer les mécanismes pervers de l'endettement public, et à proposer de véritables solutions pour sortir de la crise. Présentée à l'occasion du contre G20 de Nice la semaine prochaine, lors duquel l'indignation sera plus que jamais de mise.

Attac France,
Paris, le 27 octobre 2011

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26 octobre 2011 3 26 /10 /octobre /2011 05:27

 

La taxe sur les hauts revenus a été adoptée mercredi soir, à l’Assemblée nationale.

 

Vont-ils s’en remettre ?

 

Les contribuables dont le revenu annuel est compris entre 250 000 et 500 000 euros par an vont devoir s’acquitter une taxe de 3 % et ceux qui gagnent plus de 500 000 euros annuellement se verront taxer à 4 % !

 

C’est ce qu’on appelle, du côté de l’UMP et du gouvernement, qui ont fait adopter cette mesure dans le cadre du débat du budget 2012, faire participer les plus fortunés à l’effort de tous.

 

Comme l’a calculé le député d’Europe Écologie-les Verts, François de Rugy, « un célibataire qui gagnerait juste en dessous de 500 000 euros par an, soit 40 000 euros par mois, vous allez lui demander 625 euros par mois ! »

Et selon le député socialiste Christian Eckert, pour un couple gagnant 510 000 euros par an, soit 40 fois le smic, ce sera 300 euros. De quoi les mettre sur la paille !

 

Pour Roland Muzeau, porte-parole des députés communistes, cette taxe est « au mieux un effet de manches pour faire digérer la pilule amère de la politique d’austérité ». Revue et corrigée, la nouvelle taxe concernera 26 000 à 27 000 foyers. Elle ne devrait rapporter au budget de l’État qu’un peu plus de 400 millions (contre 2,2 milliards pour la taxation des complémentaires santé).

 

De quoi pousser le député socialiste Henri Emmanuelli à rafraîchir la mémoire de la majorité : « Au mois de juin, vous avez sorti la moitié des contribuables de l’ISF pour 1,8 milliard d’euros. »


Ce ne sera pas plus car le premier ministre, François Fillon, a sommé le député UMP Michel Piron et les députés du Nouveau Centre de retirer leur amendement réclamant l’instauration d’une tranche supplémentaire de l’impôt à 46 % pour les revenus supérieurs à 150 000 euros. Et demandé à sa majorité de rejeter tous les amendements de l’opposition de gauche qui allaient dans le même sens.

 

Olivier Mayer

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20 octobre 2011 4 20 /10 /octobre /2011 19:56

Politique - le 20 Octobre 2011


Au sénat, la droite approuve, le PS contredit ses homologues de l’Assemblée, le PCF et Parti de gauche s’opposent.


Les députés PS désapprouvent le plan du gouvernement. Les Sénateurs PS l’approuvent.

 

Cherchez l’erreur de ces votes contradictoires qui font dire, au nouveau président (UMP) de la commission des finances du Sénat, Philippe Marini, «ceci montre que le PS en situation de responsabilité car majoritaire comme au Sénat se comporte de façon différente que le PS en minorité à l’Assemblée»!

 

Pour cause de spéculations financières, la conduisant au bord du gouffre avec des milliards de produits toxiques, la banque Dexia, censée être la banque des collectivités, sera démantelée. L’Etat garantira, via la Caisse des dépôts et consignation (CDC) et la Banque Postale, dix milliards de prêts douteux à hauteur de 70% et trente-trois milliards d’euros, sur dix ans, pour apurer la dette de Dexia.

 

Les élus de droite approuvent, eux, qui font leur ce principe libéral selon lequel il faut privatiser les profits et sociabiliser les pertes avec l’argent public. Comme nous le voyons, particulièrement depuis la crise financière de 2008.

 

Les députés PS ont voté contre ce plan au prétexte que «le flou du texte fait courir des risques à la CDC». Pour leur part, les sénateurs PS, après avoir obtenu par un amendement l’interdiction des «bonus» de toutes sortes  dans les banques aidées par l’Etat- ce qui provoque la colère de la droite mais ne change rien à la logique de ce projet- ont, avec les écologistes, approuvé ce texte.

 

Après ce couac, Jean-Marc Ayrault, chef des députés PS souhaite un peu plus de cohérence entre parlementaires socialistes. Dans quel sens ?

 

De leur côté, les élus PCF et Parti de gauche, tant à l’Assemblée nationale qu’au Sénat, ont voté contre un plan qui vise, avant tout selon eux, à «restaurer la confiance des marchés financiers».

 

Un plan qui fera «payer une partie de la facture» des dérives financières et des emprunts toxiques aux collectivités territoriales.

 

Ils demandent ainsi un pôle public financier pour favoriser l’investissement et l’emploi.

 

  • À lire :

--> le communiqué de Pierre Laurent (PCF/PG) et de Erik De Bruyn (Rood)

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BRUNO FORNACIARI

HPIM3303

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