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9 novembre 2011 3 09 /11 /novembre /2011 11:49

Ils nous ont imposé, traité après traité, loi après loi, la plus totale déréglementation de nos législations

et de notre économie.

 

Les mêmes prétendaient : « maîtriser la crise », « refonder lecapitalisme », « sanctionner les patrons voyous », sans parler de « brider les pratiques spéculatives» ou encore de « créer de la moindre relance ». Ils ont totalement échoué !


Et pourtant, ils continuent.


Pour mieux faire oublier leur totale soumission aux marchés financiers ils nous parlent d’une« gouvernance économique européenne ».


Pour mieux masquer la réalité des responsabilités et tuer l'espoir d'une alternative, ils culpabilisent chaque jour les peuples, parlent d'une « règle d'Or ».


Mais cela trompe de moins en moins notre peuple.


Cette crise financière, l'importance de la dette publique, sont le résultat de choix politiques mises en oeuvre pour accroître sans cesse la part des richesses qu'accapare une minorité.


D'autres choix sont possibles pour briser la spéculation, se libérer des marchés, sortir de l’impasse de l’austérité.


Pour les forces de gauche cela commence par refuser au parlement la règle d'or et les résultats du sommet européen de juillet qui sont nocifs pour la France (ils majorent de 15 milliards la dette de la France) et pour les peuples grec, italien, espagnol.... plongés dans des cercles vicieux sans fin d’austérité et de récession.

 

L’enjeu pour chacun d’entre nous c’est de ne pas nous laisser imposer des choix dont nous ne voulons pas

 

La mobilisation, l’intervention de chacun sera déterminante.


C’est l’ambition que se donnent les communistes avec le Front de Gauche…


Cet argumentaire, non exhaustif, donne un certain nombre d'éléments sur des questions
d'actualité.


1/ D'où vient la dette publique?
2/C’est quoi la soumission aux marchés financiers ?
3/ Quel est le coût des cadeaux accordés aux riches et aux entreprises ?
4/ Quel est le rôle de l'euro aujourd'hui?
5/ Sortir de l’euro est-ce une solution à la crise ?
6/ Quel est le lien entre austérité et récession ?
7/ Quel lien entre Bourse et économie réelle?
8/ La création monétaire comment ça marche?
9/ Propositions pour une dette publique "libérée" des marchés financiers.
10/ Propositions pour une réforme de la fiscalité et des prélèvements obligatoires
11/ Propositions pour une autre utilisation de l'euro, de la BCE et du crédit

 

 

1 : DETTE PUBLIQUE ET CRISE FINANCIERE.

 

D'où vient la dette publique ?


Le constat :


En France, la dette augmente depuis plus de trente ans. C'est à partir de la fin des années
1970 et du début des années 1980, avec le recours de plus en plus systématique aux
marchés financiers que le dette publique française1 s'envole.


De 14% du PIB en 1974, elle passe à 21,2% en 1978, 36% en 1983, pour bondir à 60% en
1998. Les années 2000, après une courte période de latence due à une nette reprise de la
croissance dans les pays développés, donnent lieu à un véritable emballement: 63,3% du
PIB en 2003, 79% en 2009, puis 82,3% en 2010, soit 1591,2 milliards d'euros.


La seule dette de l'État, qui était de 44 milliards d'euros en 1978, a été multipliée par 25
depuis, pour atteindre 1101 milliards d'euros fin 2009. Avec 50 milliards d'euro, la charge
d'intérêts de la dette est devenue le troisième poste de dépense du budget.


Tous les pays avancés ont connu un tel phénomène.


Depuis 1981, date d'envolée du dollar et des marchés financiers aux États-Unis, la limite
d'endettement public décidée par le Congrès y a été relevée cinq fois: de 8 000 milliards
sous Reagan, portée à plus de 10 000 milliards avec Bush père, puis prés de 13 000
milliards sous Clinton , pour atteindre 14 294 milliards de dollars avec Bush junior... Obama
vient, avec difficultés, d'obtenir son relèvement de 2100 milliards de dollars. En 2011 pour la
première fois, la dette publique des États-Unis a dépassé le seuil de 100% du PIB.
Au Japon, depuis un point bas de 63,2% en 1992, la dette publique a progressé jusqu'à
197,2% du PIB en 2010.


Les pays de la zone euro n'ont pas échappé à cette tendance: Alors que, rapportée au PIB, la
dette publique agrégée de la zone enregistrait une moyenne de 67% du PIB de 2000 à 2008,
elle passe brusquement à 78,8% en 2009.


Pourquoi cette explosion de la dette publique ?


1) Le choix de recourir aux marchés financier :

 

L'origine de cette explosion de la dette publique est liée à l'obligation faite à l'État de se tourner vers le privé pour ses besoins de financement. (Fiche Argumentaire 2).


Auparavant l'État pouvait emprunter directement et sans intérêts auprès de la Banque
Centrale.

 

Cette possibilité, perçue comme un manque à gagner par les banques, a été interdite au profit de l’endettement sur les seuls marchés financiers.

 

Conséquence, les marchés financiers où les prêteurs sont les grandes banques privées, les sociétés d’assurance et fonds divers, se sont « gavés » grâce à la dette publique. Pour Michaël Chetrit, économiste, « la somme actualisée des intérêts de dettes payées aux marchés depuis 1974 représentent pour la France près de 1200 milliards d’euros »2, à comparer
avec les 1591,2 milliards d'euros de la dette publique fin 2010!


2) La réduction des prélèvements obligatoires.

 

Au coeur des facteurs qui participent l'augmentation de la dette publique, il y a d'une part la progression régulière et importante de la part des richesses produites dans les entreprises captée par les prélèvements financiers
(intérêts et dividendes..).

 

D'autre part les efforts répétitifs des gouvernements pour faire reculer la part des richesses allant aux prélèvements obligatoires: impôts, cotisations, et ce, au nom de la compétitivité. (Fiche Argumentaire 3).


Ainsi, pour laisser le capital financier prélever une part de plus en plus importante sur la
richesse nationale, les politiques gouvernementales ont systématiquement cherché à faire
reculer la part des richesses produites qui sert au financement des services publics et de la
protection sociale.


3) Le coût de la crise: Les dettes publiques augmentent brutalement en 2008-2009.


L’endettement privé (banques, ménages, entreprises) accumulé depuis des années, en contrepartie d'opérations de spéculations boursières et immobilières, est devenu gigantesque.


Les crises américaines, irlandaises, espagnoles, sont d’abord des crises de dettes privées. Le sauvetage des banques, les auront transformées en dettes publiques. « Privatiser les profits et socialiser les dettes » telle est la politique mise en oeuvre par les politiques libérales.
Aux États-Unis, prés de 800 milliards d'euros sur deux ans ont été injectés, dont 40% en réductions d'impôts. Dans la zone euro, l'ensemble des plans adoptés ont injectés 200 milliards d'euros.


L'impasse


Après l’injection de ces centaines de milliards d’euros sans le moindre engagement sur leur utilisation, la Banque Centrale Européenne (BCE) crée des centaines de milliards de liquidités pour refinancer les marchés financiers sans contreparties utiles au développement social, là non plus sur l’utilisation de ces fonds.3 (Fiche Argumentaire 4).


Cela a permis de sortir de la récession, mais avec une croissance très insuffisante, très peu d'emplois et le maintien, par le chômage, d'une lourde pression sur les salaires. Par contre, les profits financiers et la spéculation sont repartis à la hausse.


En France, après une récession au cours de la quelle le PIB recula de 2,2% en 2009, (année où la bourse de Paris enregistra, elle, une augmentation de 22,32%!) la croissance réelle a atteint péniblement 1,2% en 2010 (Fiche argumentaire7).

 

Après une croissance nulle au deuxième trimestre, l'année 2011 s'annonce fort médiocre. Cette insuffisance de lacroissance réelle accentue l'insuffisance des recettes publiques, et pour "remédier" à l'accroissement du déficit public, le gouvernement engage une politique d'austérité. Nous entrons alors dans le cycle vicieux austérité-récession.


1)La dette publique c'est: la dette de l’État + celles des collectivités locales+ la sécurité sociale.
2:Libération du 22

 

C’est quoi la soumission aux marchés financiers ?


Le constat :


Aujourd'hui les Etats sont dans l'obligation de donner des gages de "bonne gestion capitalistes" et d'avoir "une bonne note" auprès des agences de notation pour pouvoir se financer à un taux "décent" auprès des marchés financiers. Une obligation de se tourner vers ces derniers alors même que les banques peuvent se refinancer, aujourd’hui, auprès de la BCE à moins de 1% et fixer ensuite des taux exorbitants aux États. Plus de 4% pour la France qui bénéficie pourtant d’un AAA auprès des agences de notation, plus de 6% pour l’Italie, plus de 14% pour la Grèce.


Soumettre les États aux marchés financiers: un choix politique.


Cette obligation est la résultante d'une volonté politique. En France c'est la loi du 3 janvier 1973 qui a enclenché ce processus, conforté et renforcé par le traité de Maastricht de 1992 et la loi du 4 août 1993


La loi "Pompidou-Giscard" du 3 janvier 1973, décide de mobiliser la force de l'Etat pour
promouvoir le marché financier et soutenir les opérations financières des banques ordinaires.
Elle stipule en son article 25 que "le Trésor public ne peut être présentateur de ses propres effets à
l'escompte de la Banque de France". En pratique, cela signifie que l'on interdit à la République
française l'accès direct à la création monétaire de la Banque centrale en l'obligeant à emprunter
auprès des banques privées sur les marchés d'obligations à des taux d'intérêt dépendant de la
conjoncture de ces derniers.
Par cette réforme, "il s'agissait à l'époque de constituer un véritable marché des titres à court, moyen
et long terme, qu'ils soient émis par une entité privée ou publique" confirme V. Giscard d'Estaing5. Et il
la justifie: "la possibilité du prêt direct de la Banque de France au trésor public a généré partout où il
fut appliqué une situation d'inflation monétaire permanente". Constatation très discutable, car ce n'est
pas, en soi, l'appel public à la création monétaire de la Banque centrale qui est inflationniste, mais la
façon dont cette création monétaire, utilisée alors par l’État pour de massifs transferts en direction des
capitaux monopolistes, n'a pas engendré une croissance suffisante des richesses réelles, d'où
l'inflation.


L'enjeu était non seulement de mettre l'endettement de l’État au service des grands groupes, mais aussi de favoriser le financement de ces derniers. .
Cela a conduit à une longue période d'essor du marché financier et à une envolée de la dette publique.


De fait, avec le ralentissement de la croissance et la montée du chômage, avec les transfertsde plus en plus massifs de l’État vers les grandes entreprises faisant exploser les gâchis de financements publics, avec l'inauguration des politiques d'austérité raréfiant les recettes fiscales et sociales, les comptes publics de la France ont commencé à s'enfoncer
structurellement dans le rouge à partir de 1974 pour, depuis, ne plus jamais revenir dans le vert.


Sous la pression des marchés, la spirale de la dette.


C'est le cumul de ces déficits successifs qui explique la croissance de la dette publique désormais couverte par des emprunts sur les marchés financiers. S'engage alors une spirale de la dette que renforcent:


- Le rôle des agences de notation : les apporteurs de fonds (banques, assurances,
fonds de pensions et d'investissement...) surveillent la "qualité" des emprunteurs notés par
des Agences de notation. Ils exigent des taux d'intérêt d'autant plus importants que les notes
sont faibles.


- Le poids des intérêts de la dette : Par la suite, l'accumulation de la dette et la
progression des intérêts engendrés ont fait surgir un phénomène "boule de neige" avec une
croissance économique de plus en plus ralentie. La dette publique augmente
mécaniquement, du fait que le taux d'intérêt payé sur elle est plus élevé que le taux de
croissance des ressources qui servent à la rembourser (Rappel: la seule charge d'intérêts de
la dette coûte 50 milliards d'euros à la collectivité et représente le troisième poste du budget
de l'Etat.)
- La "mission" de la BCE : La pratique de l'appel par l’État aux marchés financiers pour
financer ses déficits est devenue encore plus systématique et d'ampleur avec le passage à un
euro conçu, précisément, au service de la domination des marchés financiers, avec une
banque centrale "indépendante" et interdite par traité de toute monétisation de dettes
publiques.


- Le développements des "outils spéculatifs" : Cette spirale se trouve renforcée par
un système devenu totalement « hors de contrôle », avec la mise en place d’outils
spéculatifs qui à l’oeuvre dans la crise de 2007-2008, sont restés quasiment intacts : paradis
fiscaux, opacité des transactions, produits dérivés et ventes à découvert. La motivation des
spéculateurs ne s’embarrasse d’aucun état d’âme, « L’Italie est visée par des spéculateurs
qui ne cherchent plus à se faire rembourser mais parient sur sa faillite. » (Jacques Attali)


6: Les grands groupes pour des objectifs de rentabilité financière, se lancent dans des opérations de
restructuration et de fusions-acquisitions à l'échelle du mondiale requérant d'énormes fonds levés sur les
marchés De fait, avec le ralentissement de la croissance et la montée du chômage, avec les transferts
de plus en plus massifs de l’État vers les grandes entreprises faisant exploser les gâchis de
financements publics, avec l'inauguration des politiques d'austérité raréfiant les recettes
fiscales et sociales, les comptes publics de la France ont commencé à s'enfoncer
structurellement dans le rouge à partir de 1974 pour, depuis, ne plus jamais revenir dans
le vert.

Quel est le coût des cadeaux accordés aux riches et aux entreprises ?


Le constat


Après avoir contraint les États à se soumettre aux marchés financiers, après avoir généré l’endettement massif des agents économiques, les politiques libérales se sont attachées à réduire au maximum le poids de l'impôt et des prélèvements obligatoires sur les plus riches et les entreprises. Une situation que résume avec force le milliardaire Warren Buffet
"Alors que les classes pauvres et les classes moyennes se battent pour nous en Afghanistan, alors que la plupart des Américains luttent pour boucler leurs fins de mois, nous, les mégariches, continuons de bénéficier d'exemptions fiscales extraordinaires". Cette politique fait perdre des milliards aux finances publiques.


Un terrible manque à gagner pour les finances publiques


Ainsi en France, les prélèvements obligatoires, relativement au PIB, sont toujours restés sensiblement inférieurs aux dépenses publiques, de 7,9 points en moyenne de 2003 à 2008, mais de 12,8 points en 2009 et de 12,2 points en 2010.
Cela tient, avant tout, au fait que les gouvernements successifs n'ont cessé de multiplier les cadeaux fiscaux et para-fiscaux (allègements de "charges sociales", suppression de la taxe professionnelle, baisse de l'ISF...) au profit des entreprises, au nom de la compétitivité pour éviter les délocalisations, et des grandes fortunes, sous prétexte que cela inciterait leurs
détenteurs à ne pas s'exiler fiscalement.


Selon un rapport officiel, depuis 1999, "l'ensemble des mesures nouvelles prises en matière de prélèvements obligatoires ont réduit les recettes publiques de prés de 3 points de PIB:". Et les auteurs d'ajouter: "Si la législation était restée celle de 1999, le taux de prélèvements obligatoires serait passé de 44,3% en 1999 à 45,3% en 2008(..). A titre d'illustration, en l'absence de baisse des prélèvements, la dette publique serait environ 20 points de PIB plus faible aujourd'hui qu'elle ne l'est en réalité, générant ainsi une économie annuelle de charge d'intérêts de 0,5 point de PIB.".
Outre les cadeaux faits aux plus riches (allègement ISF, Bouclier fiscal...), ce sont les allègements d'impôts (la suppression de la taxe professionnelle par exemple) et des cotisations sociales dont ont bénéficié les entreprises qui sont au coeur de cette évolution.


Le manque à gagner total, pour l’État, des allègements accordés aux entreprises est de 172 milliards d'euros en année pleine, soit 67,7% du total des recettes fiscales nettes du budget 2011 et 1,87 fois le déficit prévu !
Dans ce total, on retrouve les exonérations de cotisations sociales patronales dont la compensation coûte annuellement quelque 30 milliards d'euros (29,8 milliards en 2009).


(7) Les prélèvements obligatoires sont les impôts et cotisations sociales effectives reçues par les administrations
publiques et les institutions européennes.(définition INSEE).


(8): Tribune dans le « New York Times » du lundi 15 août.


(9) Champsaur P. et JP Cotis: Rapport sur la situation des finances publiques, Avril 2010, p,3.
(10) Conseil des Prélèvement Obligatoires : « Entreprises et « niches » fiscales et sociales, des dispositifs
dérogatoires nombreux », La Documentation française, octobre 2010. Les prélèvements obligatoires sont les
impôts et cotisations sociales effectives reçues par les administrations publiques et les institutions européennes

 
QUEL EST LE ROLE DE L'EURO AUJOURD'HUI ?


Le constat :


L'euro a été conçu au service de la domination des marchés financiers et pour rivaliser avec les USA dans l'attraction des capitaux mondiaux, moyennant un taux d'intérêt offert supérieur en permanence à celui de la devise américaine.
Avec l'euro, les dirigeants européens cherchent à disputer aux USA le privilège exorbitant dont ils disposent avec le dollar, qui est, de fait, la monnaie commune(11)

.
L’Euro utilisé pour favoriser les marchés financiers


La zone euro, avec une BCE "indépendante", cherche à favoriser les marchés financiers.
Ainsi au nom de la lutte contre l’inflation, elle rationne la création monétaire susceptible de soutenir l’emploi, la formation et les salaires. Simultanément, avec le pacte de stabilité, les dépenses publiques sont freinées dans le but de tenir les déficits
publics sous la barre de 3% du PIB.


L'euro a facilité un fort endettement des États membres, à commencer par ceux d'Europe du sud, en retard de développement. Cet argent a servi à la spéculation, immobilière notamment, et a favorisé l'exportation de capitaux et les délocalisations. D'où une croissance réelle insuffisante, pauvre en emplois, qui s'est effondrée avec l'explosion de la bulle
spéculative.


Dans ce contexte, l'endettement public de ces pays est apparu excessif par rapport à leurs capacités réelles de remboursement, déclenchant une intense spéculation faisant brutalement remonter leurs taux d'intérêt. Cela a débouché sur une grave crise de surendettement public et de vives tensions au sein de la zone euro.


Des réponses d'ampleur ont été apportées. Mais elles cherchent, avant tout, à rassurer et consolider les marchés financiers, au prix de l'écrasement des dépenses salariales, sociales et des services publics. Elles cassent donc la croissance et l'emploi et rendent encore plus improbable les remboursements. D'où la poursuite de la spéculation contre les pays concernés, dont le défaut de paiement est anticipé, mais aussi contre tout le système de l'euro, avec les risques d'une contagion.


Le Fonds européen de stabilité financière (FESF) a été mis en place pour tenter d'endiguer cette crise et d'empêcher sa contagion, de concert avec le FMI et la Commission européenne. Il dispose de la garantie des États de la zone euro, ce qui lui permet d'emprunter jusqu'à 440 milliards d'euros sur les marchés financiers et de re-prêter aux États en difficulté avec des conditions punitives.


Cette logique consiste donc à emprunter encore et toujours plus sur les marchés et donc à encourager leur croissance cancéreuse et leur domination sur le social et le public, au lieu de faire appel à la création monétaire de la BCE. Cela ne peut qu'accentuer les cercles vicieux de la dette contre l'emploi, les salaires, la formation, les services publics...


(11) Cela leur permet de s'endetter énormément auprés du reste du monde et de rembourser en émettant de
nouveaux dollars, en faisant "marcher la planche à billets" (la Fed vient de racheter pour 600 milliards de
dollars de bons du Trésor des USA).

 

Dette publique et crise financière.


Sortir de l’Euro est-ce une solution à la crise?


Le constat :


Si les critiques de gauche au Traité de Maastricht en 1992, principalement celles du PCF à l'époque, étaient justifiées, comme l'ont été celles émises en 2005 par le PCF et le mouvement altermondialiste face au TCE, il serait par contre réducteur et trompeur de faire d'un "sortir de l'euro" le préalable voire le sésame magique d'une sortie de crise.


En 1992 les économistes communistes et d'autres, défendaient la proposition d'une "monnaie commune", instrument de coopération face au dollar notamment, contre le choix d'une "monnaie unique" au service de l'unification sous la double férule de la "concurrence libre et non faussée"( dumping fiscal, dumping social, démantèlement des services publics, ...) et d'une politique et d'institutions de l'euro (BCE) conçues en fonction et au service d'un financement de l'économie par les marchés financiers.


Déjà à l'époque la question était "A quoi doit servir la monnaie, à la fois dans chaque pays et au service de quel projet européen?


C'est cette même question qui est posée aujourd'hui, avec plus d'acuité. La question ne peut pas se limiter à "Faut il sortir de l'euro?" mais "Quelles transformations monétaires en Europe pour une monnaie et une création monétaire utile à une sortie de crise? Et donc au service de quelle transformation sociale en France et en Europe?". La réponse a cette question n'est évidement pas seulement de technique monétaire mais également de processus politique et social à développer pour rendre possible cette transformation.


Les limites politiques d'un "Sortons de l'euro"


Dans un contexte où les réflexes nationalistes et xénophobes se développent en Europe, ce retour de chaque pays vers sa monnaie nationale risquerait surtout d'exacerber de nouvelles formes de guerre économiques, notamment sous forme de dévaluations compétitives, etc...


Au dumping social et fiscal s'ajouterait un dumping monétaire. Pas vraiment une réponse donc au besoin de nouvelles coopérations! Et surtout pas une réponse à la domination des marchés financiers pouvant encore plus jouer des rivalités et différences entre pays dans les spéculations, les taux d'intérêts, etc... !


Les limites économiques et monétaires


La dette contractée en euros sur les marchés internationaux de capitaux (les 2/3 de la dette française par exemple) resterait libellée dans cette monnaie pour le ou les pays sortants de l'euro. Non seulement leur nouvelle monnaie nationale connaîtrait une dévaluation volontaire (l'objectif des partisans d'une sortie de l'euro étant notamment de retrouver une compétitivité prix à l'exportation par une dévaluation monétaire) mais la dette ancienne libellée en euro exploserait.


A une échelle bien moindre, des ménages polonais, croates, hongrois, affrontent aujourd'hui la difficulté d'être endettés avec une monnaie qui n'est pas la monnaie nationale. Attirés par des banques et des taux d'intérêts bas, ils ont contracté pour plus de 80 milliards de dettes li - bellés en franc suisse. Aujourd'hui, avec un franc suisse qui bat tous les records (avec une hausse de 10% en moyenne depuis mai ), les montants des remboursements explosent.


L'emprunt et ses remboursements (libellés en francs suisse) finissent par dépasser, et de loin, la valeur initiale des biens financés. Ce sont aujourd'hui les banques qui les saisissent.On peut bien sûr penser combiner une sortie de l'euro avec un mouvement massif d'annulation des dettes, mais chaque pays étant revenu vers sa propre monnaie et en guerre économique avec les autres, cette annulation de dettes aboutirait plutôt à des faillites bancaires en chaîne et non maîtrisées.


Ajoutons que ce débat sur la sortie de l'euro a des analogies avec le faux débat de l'année 1983 entre partisans à l'époque d'une "autre politique" en sortant du SME ( Chevènement, Bérégovoy, quelques grands patrons, ...) et la tendance Mauroy-Delors pour le maintient dans le SME.
Le vice et la limite de ce débat étaient que dans les deux cas les sacrifices étaient pour le monde du travail, dans un cas la "rigueur" pour se maintenir dans le SME, et dans l'autre cas, les conséquences d'une dévaluation sur les salaires, les dépenses publiques, ...., avec une course à la compétitivité par les prix à la clé.


Enfin, et c'est évidemment une question qui a pris de l'importance au fil de ces décennies, s'en remettre aux seules monnaies nationales, c'est renoncer face à l'impérialisme du dollar dans les relations économiques internationales.
Pour une réponse offensive de transformation de l'euro Il n'y a pas de raccourci (encore moins par la sortie d'un seul pays de l'euro, (ou des pays les plus en difficultés financières), et à froid) au combat pour une transformation de la construction européenne, incluant une transformation de l'euro.


Le mouvement des indignés, mais aussi les évolutions de la CES, montrent qu'il existe des forces considérables en Europe qui peuvent se mettre en mouvement et converger.
"S'affranchir des marchés financiers" peut être un vecteur rassembleur, de même que la création d'un Fonds Européen, non pas pour rassurer les marchés, mais financer dans l'économie réelle des actions visant à un nouveau type de développement, d'emploi, d'activités, ...
Il convient également de reposer en grand la question de la démocratie. Ce n'est pas seulementune question de pouvoir des États vis à vis des marchés.

La question est celle du pouvoir des peuples face aux marchés et donc d'une transformation des pouvoirs.


L'ensemble des propositions qui sont les nôtres, transformation de la création monétaire, audit de la dette, réévaluation de la part des richesses orientées vers le travail, pôle public du crédit et bataille pour une refonte des statuts de la BCE, jusqu'à la question d'une transformation du FMI et du développement à partir des droits de tirages spéciaux (DTS) d'un outil monétaire mondial face au dollar, peuvent alors s'inscrire dans cette dynamique.


Une réponse qui unit changement en France et transformation de la construction européenne, réévaluation de la place du travail dans l'économie et démocratie, lutte contre les gaspillages du capital et le productivisme et émergence de biens et services, écologiquementsoutenables et émanciper d'une logique de course à la rentabilité. La transformation de la monnaie et donc de l'euro étant un outil au service de ce changement. (Fiche argumentaire11).

 


Quel est le lien entre austérité et récession ?


Le constat :


Pris en tenaille entre des marchés financiers voraces, une politique de la BCE qui les favorise (fiche argumentaire 4) et des moyens d’agir volontairement réduits, les États et les peuples sont exsangues. Conséquences, les États voient leur endettement public exploser (rappel pour la France il est passé de 14% du PIB en 1974 à 81% aujourd’hui).


Non seulement les Etats et les Banques Centrales ont du injecter des milliards de liquidités pour soutenir les banques et les marchés financiers face à la crise de 2008-2009, mais cette crise financière s’est répercutée sur « l’économie réelle » entraînant récession, chômage,pertes de recettes publiques et dépenses supplémentaires. Par exemple pour la France, 1%
de croissance en moins c’est près de 10 milliards de recettes publiques en moins.


Cette insuffisance de la croissance réelle accentue l'insuffisance des recettes publiques avec ces conséquences par rapport à la dépense qui, elle, est poussée par des besoins irrepressibles (santé, éducation, recherche, accompagnement social...) ce qui dans ces conditions, creuse les déficits, lesquels grossissent la dette.


L'échec des politiques mises en oeuvre


Loin de tirer les leçons des crises à répétions et de l’impasse dans laquelle nous pousse la cupidité des marchés financiers, les tenants des logiques libérales ne font que suivre les recommandations de ceux –là même qui ont échoué.
Des recommandations qui malgré les erreurs et les échecs, qui se cumulent plan après plan, vont toujours dans le même sens : privatiser, démanteler…..
L'exemple italien: Début août 2011, la BCE adresse une lettre au gouvernement Italien pour exiger « d’adopter au plus vite » des mesures pour "Moins de rigidité sur les contrats à durée indéterminée, interventions sur l'emploi public, contrats de travail stimulant la productivité" et la privatisation "des sociétés municipales gérant déchets, transports ou distribution d'électricité"....
A entendre et à lire, l'immense majorité de la classe politique et des experts répètent à l'infini le même discours « rassurer les marchés financiers, réduire les déficits, faire des efforts »....
En décrypté cela donne « ne vous inquiétez pas, les dettes publiques seront honorées au centime d'euro près, le problème de la crise ce ne sont pas les marchés financiers mais les incertitudes que fait planer le poids de la dette publique. Pour résoudre la crise il faut réduire la dette publique et par la même engager de nouveaux efforts et cela passe par privatiser,
précariser le marché du travail, réduire les budgets sociaux ».


Une telle logique, si elle permet à certains de s’enrichir énormément, est vouée à l'échec
pour le prix Nobel, Joseph Stiglitz : «Renforcer l’austérité n’aura pour résultat que de
ralentir la croissance de l’Europe et d’accroître ses problèmes budgétaires » 12
12: Le Monde daté du 17 août 2011

 


Quel lien entre Bourse et économie réelle ?


Le constat :


Tous les jours dans les radios et la télévision, les évolutions du CAC40 à la Bourse de Paris, mais aussi du Nikkei à Tokyo et du Down John à New York sont martelées, commentées et interprétées comme des indicateurs économiques fondamentaux dont la vie de tout à chacun dépendrait. Que ces indicateurs "plongent" et ce devrait être l'angoisse pour tous! Alors
qu'une séance boursière euphorique serait un signal de Corne d'abondance.
Il y a là une manipulation à la fois économique et idéologique visant à faire prendre l'intérêt des "marchés financiers", des spéculateurs et des gros actionnaires pour l'intérêt général.


Qu'est ce que la Bourse ?


C'est un marché où sont coté deux types de valeurs, des actions titre de propriété de parts de société anonyme et des obligations, valeur mobilière représentant une créance sur un emprunteur important, grandes sociétés ou État.


Ce que l'on appelle la séance boursière, c'est principalement un "marché de l'occasion", il s'y revend, au comptant ou à terme des titres déjà émis. Pour l'essentiel de son activité la Bourse n'est donc pas pour les entreprises une source d'apport de nouveaux capitaux.


Le CAC40 est l'indice mesurant l'évolution, au jour le jour, du cours 40 principales sociétés cotées à la Bourse de Paris. Il y a donc deux comportements en Bourse: l'un vise le revenu financier, le dividende, par la détention d'actions à moyen ou long terme, l'autre vise des plus-values par des différences de cours à l'achat et la revente avec différentes techniques, permettant pour certains spéculateurs de gagner y compris quand la Bourse baisse. Les traders, opérateurs pour le compte de banques, fonds de placement, assurances, ...maniant les deux techniques pour "optimiser" le rendement financier d'un "portefeuille de titres".


Santé de la Bourse et santé de l'économie, c'est différent.


La course à la rentabilité a eu pour première conséquence toutes ces dernières années de majorer la part des dividendes, et principalement des dividendes distribués dans la répartition des résultats des entreprises. Cette majoration s'est opérée contre les salaires, l'emploi, les qualifications et les investissements utiles. Ainsi il n'est pas rare de voir le cours de l'action d'une entreprise bondir après l'annonce de plans de licenciement, d'où l'expression devenue hélas trop fréquente de "licenciements boursiers".


Ce n'est pas la santé de l'économie qui est le premier critère de l'ambiance boursière, mais bien l'importance des prélèvements opérables par les dividendes et les plus values sur l'économie réelle.


Quand les prélèvements dus à la course à la rentabilité financière aggravent les contradictions de l'économie (les impasses de l'austérité : endettement des États, manque de perspectives de croissance et de débouchés économiques, exacerbation des concurrences et dumping, .....) les risques sur les créances et les perspectives de récession peuvent déclencher des baisses boursières. Ces baisses pouvant être aggravées par des comportements spéculatifs et des fluctuations erratiques des marchés ( loin d'être la "maininvisible" et rationnelle décrite par les marchés, les comportements des marchés sont de
court terme et déformants obnubilés par le prisme de la rentabilité financière).


La santé réelle des grandes entreprises....


Pour autant la santé réelle des grandes entreprises est le plus souvent très distincte des
fluctuations du cours de Bourse de leur action, ainsi il n'est pas rare que des entreprises aient
vu la valeur de leurs actions perdre de 20 à plus de 50% depuis le début de l'année. On parle
ainsi de "milliards d'euros partis en fumée", voire de "débâcle boursière".


Pour les grandes entreprises non financières cette évolution n'a rien changé. Elles disposent
d'un trésor de guerre considérable, non affecté par les variations des cours de Bourse.

La dernière étude de l'association des trésoriers d'entreprise (AFTE) en mai montrait que la
trésorerie d'exploitation des entreprises a atteint son plus haut niveau depuis juillet
2007, avec 170 milliards d'euros de trésorerie pour les groupes non financiers du CAC40 (13).


La question posée est donc plutôt l'utilisation de ses sommes, pour l'investissement, l'emploi,
la production, alors qu'elles sont aujourd'hui principalement utilisées en placements financiers
et en projets dans les seuls pays émergents.

 

La chute des cours de Bourse peut même accroître le rapport dividende/valeur de l'action, et faciliter les mouvements de fusion/concentration d'entreprises, certaines d'entre elles devenant "opéables" (pouvant être la cible
d'OPA), facilitées par le trésor de guerre de trésorerie et la baisse du cours des actions à racheter ...et des banques.


Pour les banques, dont l'actif est principalement constitué de placements financiers et dont le passif peut être déséquilibré par la baisse de valeur des actions de la banque, elles ont aussi des trésoreries, et sont refinancées par la BCE et maintenant sont aussi éligibles pour une recapitalisation éventuelle au Fonds Européen! Par ailleurs en investissant en dettes publiques au cours dévalués, les filiales de type hedge funds peuvent acheter des titres de dettes grecques à 50% de leur valeur, avec une rémunération de l'ordre de 15% !


Les conséquences pour les ménages et le monde du travail.


Pour les ménages en France, les variations boursières n'ont que peu de conséquences. De l'ordre de 10% des ménages sont actionnaires, 20% en Europe. Il n'en va pas de même auxUSA où un ménage américain sur deux a investi en actions, et où les plans de retraite par capitalisation dépendent des cours de Bourse. Cette situation montre plutôt ce qu'il ne faut
pas faire !


Les seuls vrais perdants, non pas des fluctuations boursières mais de la crise financière, sont le monde du travail (salaires emplois services publics), ainsi que les petites et moyennes entreprises qui voient les conditions du crédit se durcir pour elles, et les États mis en demeure de réduire leurs services utiles.


(13): Dernier exemple en date du 1er septembre 2011, le quotidien « les Echos » titre « les profits des géants du CAC 40 défient le pessimisme ambiant », avec des bénéfices en hausse de 10% à 46,2 milliards pour le 1er semestre….

Argumentaire 8 : Dette publique et crise financière.

 

La création monétaire, comment ça marche?


Le constat :


La création monétaire est traditionnellement liée au pouvoir de créer de la monnaie, actif parfaitement liquide, possédant trois fonctions : régler des dettes nées de l'échange, unité de mesure de la valeur de tous les autres biens et instrument de réserve de valeur.


Le pouvoir de création monétaire est détenu par les agents économiques bancaires dans l'économie. Ils alimentent ainsi en monnaie le circuit économique en direction des agents économiques non financiers (ménages, entreprises non financières,...). La puissance publique, l'Etat, n'a plus directement un pouvoir de création monétaire, celui ci ayant été
confié dans les institutions à la Banque Centrale. Cela laisse entière la question d'un contrôle démocratique de la Banque Centrale


Toute banque peut créer de la monnaie, d'autant plus que celle ci est aujourd'hui à plus de 90% scripturale, n'existant que par jeu d'écritures comptables, et non par l'émission de billets ou de pièces. Toute banque crée de la monnaie en accordant un crédit, créance dont elle garantit la valeur. Le crédit est à la source de la création monétaire.


La Banque Centrale, elle joue le rôle de banque des banques. Elle émet de la monnaie banque centrale ( l'euro). Chaque banque commerciale a un compte à la Banque Centrale.
Chaque jour s'opère une compensation interbancaire selon qu'une banque doit de l'argent à une autre, après le solde de toutes les opérations entre elles ( chèques, virements, ...). Cette compensation s'opère en monnaie banque centrale entre les comptes des différentes banques auprès de la banque centrale.

 

Les évolutions liées à la financiarisation:


Depuis les réformes des années 1980, trois évolutions ont été marquantes:


1) Le marché interbancaire (ou marché monétaire) s'est élargi : pour solder leur
comptes et faire face à leurs besoins de refinancement (retrouver des liquidités disponibles
après avoir distribuer beaucoup de crédits) les banques commerciales peuvent se refinancer
directement entre elles ( échange de créances contre des liquidités), sans passer forcement
par la Banque Centrale.


Avec la crise financière de 2007, les banques commerciales ayant accumulés des milliards de créances douteuses (subprimes, etc..), elles se refusent à se les racheter entre elles.


D'où l'appel massif aux Banques Centrales pour un refinancement du système bancaire par
centaines de milliards à un taux zéro aux USA et de 1% en Europe.
Mais il n'y a aucun critère dans cette création monétaire massive pour sauver les banques,
permettant par exemple de les pénaliser pour activité spéculative et de refinancer
prioritairement les activités utiles.


2) La frontière "banque de dépôts"/"banque d'investissements" a été abolie. Même les banques qui ont les comptes usuels des ménages, ont développé des activités de marché et des activités spéculatives.3) La frontière entre marché monétaire et marché financier (instruments de placements) est devenu totalement opaque avec la libre circulation des capitaux, la
multiplication des produits dérivés, le développent des échanges de "gré à gré" (échanges sans contrôle possible, souvent "hors bilan", et difficilement localisables), la confusion activité de dépôts et de crédits usuels avec les activités de marché financier, la rapidité et la multiplication électronique des transactions, la multiplication des filiales, souvent dans des "paradis fiscaux", .....

 

Dans cette économie d'endettement auprès des marchés financiers, ces derniers dominent le marché monétaire et le financement de l'économie. Dans la globalisation financière, la création monétaire, dans son ampleur et dans son
utilisation, est de plus en plus éloignée de "l'économie réelle".

 

Au plan international, on considère selon les différentes mesures que les transactions liées à l'économie réelle ne
représentent que 2% à 4% des transactions quotidiennes.


Après 2008, les "plans de relance" ont été inefficaces car captés par les marchés financiers, et aujourd'hui les "plans de rigueur" vont pénaliser les peuples, alors que les marchés vont continuer à s'accaparer une création monétaire quasi gratuite ! ( la FED maintient aux USA son taux zéro pour les banques !)

 


Propositions pour une dette publique "libérée" des marchés financiers


Arrétons de diaboliser la dette publique !


La dette n'est pas mauvaise en soi. Il y a de bonnes et de mauvaises dettes. Tout dépend de l'utilisation que l'on fait de l'argent emprunté.


Si il est utilisé pour accroître les richesses réelles14 , cela fait de la croissance durable et saine. Celle-ci va alors entrainer un accroissement des recettes publiques (impôts et cotisations sociales), ce qui permettra de rembourser l'argent emprunté.


Par contre, si l'argent emprunté sert à spéculer sur les marchés bousiers et immobiliers, à délocaliser, à détruire des emplois, à déqualifier et à tirer les salaires vers le bas, cela freine la croissance, raréfie les recettes, ce qui creuse les déficits et les dettes.


Deux propositions:


1) Un audit citoyen sur la dette publique. On l'a vu précédemment depuis l'obligation faite aux États de se refinancer auprès des marchés financiers, ceux-ci se gavent littéralement de la dette. 1200 milliards d’euros d'intérêts de la dette, en total actualisé, versés par la France depuis 1974, cette année cela va représenter 50 milliards d’euros !


Un audit est indispensable pour déterminer la part illégitime de la dette, due par exemple au sauvetage des banques et des fonds spéculatifs et de décider le non remboursement de cette part illégitime. L'occasion aussi d'examiner les nécessaires restructurations de dettes à engager, pour dégonfler la sphère financière au profit de l'économie réelle


2) Un financement des dépenses publiques libéré des marchés financiers. Il faut remettre en cause le recours aux marchés comme mode privilégié de financement des États. Il faut instaurer un nouveau financement des dépenses publiques utiles par la BCE. La FED et la Banque d'angleterre financent directement les dépenses de leurs Etats mais elles le font pour soutenir les dépenses d'armement, les cadeaux fiscaux aux riches, les profits financiers des banques et des groupes, les placements financiers,la spéculation..

.
Sous le poids de la crise, la BCE a été contrainte de transgresser ses propres dogmes monétaristes. Désormais, elle rachète des titres de dette publique des Etats en difficulté, mais pas directement auprés d'eux sur le "marché primaire", ni pour aider au développement des dépenses de services publics et pour la croissance réelle. Elle les achète sur le "marché
secondaire", auprés des banques qui détiennent ces titres afin de continuer la course folle à l'endettement sur les marchés financiers...où les banques achètent les nouveaux titres de dette publique émis à taux d'intérêt élevés avec, notamment, l'argent que leur prête la BCE à 1%!


Il faut absolument que la création monétaire de la BCE serve à une vigoureuse relance des dépenses sociales, pour les services publics et pour une croissance réelle.


'14) Par exemple pour la santé, l'éducation, la recherche, le logement social, la sécurisation de l'emploi, de la
formation et des salaires, l'environnement.

 

Propositions pour une réforme de la fiscalité et des prélèvements obligatoires


Augmenter et rendre plus efficaces les prélèvements obligatoires


Il faut une réforme de la fiscalité : pour accroitre les recettes des impôts, faire reculer les inégalités, dégager des ressources immédiates pour la protection sociale et encourager les comportements favorables à la croissance de l'emploi et des richesses réelles. En même temps cette réforme doit pénaliser la croissance financière des capitaux, la recherche de
l'argent pour l'argent, les délocalisations et, au contraire.

 

Quatre propositions:


1) Impôt sur les sociétés: Nous voulons le moduler de façon à pénaliser les entreprises qui investissent pour diminuer l'emploi et la masse salariale, préfèrent faire des placements financiers ou cherchent surtout à payer des dividendes. Nous voulons, par contre, encourager les entreprises qui investissent en programmant des créations d'emplois, des mises en
formation correctement rémunérés.


2) Impôt territorial sur les entreprises: Nous voulons établir un impôt local sur le capital des entreprises pour en dissuader les gâchis. Il s'agirait d'une "taxe professionnelle" moderne qui serait assise non seulement sur les équipements des entreprises, mais aussi sur les actifs financiers des sociétés et des banques. Cela permettrait aux collectivités territoriales de
disposer de quelque 20 milliards d'euros supplémentaires.


3) Impôt sur les grandes fortunes: Nous voulons accroître son rendement, non seulement en augmentant son barème, mais aussi en élargissant sa base; par exemple en faisant contribuer les fortunes professionnelles de façon modulée, selon que les entreprises concernées augmentent ou non l'emploi et la masse salariale, alors qu'aujourd'hui les équipements professionnels sont exonérés de l'ISF.


4) Cotisations sociales patronales: Nous proposons de faire cotiser les revenus financiers des entreprises et des banques au même taux que les salaires.

 

Utiliser autrement l'argent des prélèvements obligatoires


1) Pour un contrôle et une évaluation publics et sociales de la dépense publique: en lieu et place d'un rationnement systématique avec la RGPP et la prétendue "règle d'or" des finances publiques". Celle-ci ne vise qu'à faire entrer dans notre Constitution des principes pour déssaisir automatiquement les élus de la Nation de tout pouvoir de décision budgétaire.

C’est un dispositif pour contraindre les dépenses de l'Etat, des collectivités territoriales et de la protection sociale aux normes des pactes de stabilité et de l'euro plus, aux injonctions de la BCE et des marchés financiers.2) Accroitre l'efficacité sociale des entreprises: Il faut en finir avec les baisses de cotisations sociales patronales au nom de la compétitivité. Nous voulons, pour accroître l'efficacité sociale des entreprises, non pas baisser les "charges sociales", comme le préconisent la droite et le PS, mais pérenniser un financement efficace de la protection sociale et baisser les charges financières des entreprises (intérêts payés sur les crédits).


Pour cela, nous proposons de :


- Réformer le calcul des cotisations sociales pour accroitre durablement leurs recettes:


Leur taux serait modulé de façon à décourager la croissance financière, les politiques salariales regressives et à encourager la création d'emplois et de formations.


- Alimenter un Fonds national de sécurisation de l'emploi et de la formation avec les quelque 30 milliards d'euros d'argent public aujourd'hui utilisés à baisser les "charges sociales". Cet argent servirait à prendre en charge les intérêts payés aux banques par les entreprises pour l'investissement, en fonction de critères basés sur l'emplois, la formations les progrés écologiques.


- Créer un pôle public bancaire et financier: à partir de la Caisse des dépôts, des autres institutions financières publiques ou semi-publiques et de banques re-nationalisées. Ce pôle aura pour mission de développer, sous contrôle social, un nouveau crédit pour l'investissement des entreprises dont le taux d'intéret serait d'autant plus abaissé, jusqu'à devenir nul, voire négatif, que cet investissement programemerait plus d'emplois et de formations correctement rémunérés.


Taxer les transactions finançières.


ll est indispensable de commencer à frapper très durement les spéculateurs et mettre à contribution les institutions financières pour commencer à alléger celles de dettes publiques qui sont « légitimes ».


La mise en place d'une taxe Tobin sur les transactions financières est plus nécessaire que jamais. En même temps, il faudrait mettre à contribution, par un prélèvement spécifique, les banques, les sociétés d'assurances, les OPCVM et tous les fonds spéculatifs, dans chaque pays et à l'échelle de l'Europe. Devraient être particulièrement pénalisés les opérateurs qui se sont assurés contre un risque de défaut grec (ou autre) dans un but essentiellement spéculatif. Il s'agirait, ce faisant, d'en finir avec les instruments financiers du type des « CDS » (Credit default swap).Les fonds publics ainsi collectés devront être affectés à une réduction de la dette publique grecque.

 


Propositions pour une autre utilisation de l'Euro, de la BCE et du crédit


Ni "eurobligations", ni sortie de l'euro...


Sortir de l'euro ferait redoubler les difficultés et la spéculation, exacerberait les rivalités entre Européens et, au total, consoliderait la domination mondiale du dollar, pourtant elle-même en crise très profonde. Surtout, cela reviendrait à se priver de la force d'une création monétaire commune à l'échelle européenne, donc des conditions de financement qui serait
très limitée par rapport à des pays-continent comme les États-Unis ou la Chine.


Les euro-obligations, dont la conception s'inscrit toujours dans le recours aux marchés financiers, présentent deux autres inconvénients. D'une part elles interdisent la possibilité de conduire des politiques différenciées selon les besoins propres de chaque pays. D'autre part, émises au nom de la zone euro, elles imposeraient, pour garder leur notation, aux pays les
plus faibles de s'aligner sur les normes des pays qui dominent, Allemagne en tête, poussant ainsi vers une politique budgétaire unique.


Tout au contraire, l'enjeu est de commencer à rompre avec cette logique qui consiste à faire
accumuler de nouvelles dettes, pour tenter de régler celles en cours, en empruntant toujours
plus sur les marchés financiers.


Utiliser l'euro et la BCE autrement :


C'est possible avec une autre utilisation de l'euro, de la création monétaire de la BCE, du crédit bancaire, des fonds publics nationaux et européens.


Le PCF, le Front de gauche, et le Parti de la gauche européenne (PGE) proposent de construire un Fonds social et solidaire pour le développement européen.


Son principe: l'émission des titres nationaux de dette publique rachetés par la BCE à un taux d'intérêt nul qui alimenteraient ce nouveau Fonds. Celui-ci serait chargé de les répartir, démocratiquement, entre chaque pays, selon leurs besoins respectifs, dans le but, expressément, de développer leurs services publics et leur potentiel de croissance sociale nouvelle.


La dénonciation du pacte de stabilité, le rejet déterminé du pacte de l'euro +, marcheraient alors de paire avec le lancement d'un nouveau pacte pour une croissance sociale, écologique et solidaire européenne.


Redonner une pleine utilité à la création monétaire et au crédit


Pour y parvenir nous avançons un ensemble cohérent de propositions:


· Réorienter la politique monétaire de la BCE sous le contrôle des parlements européen et nationaux.· Redonner aux banques centrales la possibilité de financer directement les États, soit par des avances monétaires directes, soit par la souscription d'obligations du Trésor à bas taux d'intérêt.


· Différencier les taux d'intérêt (des banques commerciales vers les ménages et les entreprises, et de la Banque Centrale vers les banques commerciales) selon l'utilité sociale effective de l'activité à financer ou refinancer


· Revenir sur le décloisonnement banque de dépôts/banque d'investissement et interdire certaines pratiques comme les opérations de "gré à gré"


· Réinventer une maîtrise publique et sociale du système bancaire et d'assurances


· Revenir sur la libre circulation des capitaux et instaurer une taxe sur les transactions financières


· Réorienter le crédit vers l'économie réelle, en privilégiant les activités socialement et écologiquement efficaces, pour permettre un nouveau type de développement pour générer des richesses indispensables pour retrouver des recettes publiques, des revenus populaires, et les moyens de répondre aux besoins sociaux, en premier lieu d'emplois.


Une telle réorientation de la création monétaire et du crédit à l'économie peut contribuer à maîtriser et résoudre le problème de la dette, sans les "cures d'austérité" qui saignent les peuples sans guérir l'économie. Il faut organiser un dégonflement de sphère financière.


Une affaire mondiale et pas seulement européenne :


Il faut en finir avec la dictature des agences de notation privées pour le compte des marchés financiers et la spéculation.


 Cela nécessite une profonde transformation du système monétaire international dans le cadre d'une nouvelle conférence mondiale qui serait au moins de la portée de celle de Bretton Woods de 1944.


L' Europe peut jouer un rôle majeur dans ce sens, de concert avec sa propre transformation:


· En se tournant vers les besoins énormes de développement du monde arabe en révolution et de l'Afrique sub-Sahara avec un nouveau plan de type Marshall sans domination.


· En se rapprochant des pays émergents pour faire reculer le rôle du dollar et aller vers la création d'une monnaie commune mondiale de coopération, à partir des droits de tirage spéciaux (DTS) du FMI, comme l'envisagent désormais explicitement la Chine, la Russie, la CNUCED... et d'une refondation des institutions monétaires, financières et commerciales internationales.

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7 novembre 2011 1 07 /11 /novembre /2011 13:46

 

 

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5 novembre 2011 6 05 /11 /novembre /2011 06:29

Sommet

Une maîtrise populaire de l’argent


Contre la finance qui asphyxie la croissance, les mouvements sociaux et une partie de la gauche européenne affirment le besoin d’une souveraineté sur la monnaie et le crédit.

 

Les dirigeants du G20 tournent autour du pot, ne sachant comment répondre de manière efficace au besoin de relancer une croissance économique défaillante dans les pays développés. Les désaccords sur le sujet sont d’autant plus flagrants qu’à l’opposé, les mouvements sociaux et alternatifs et une partie des forces progressistes, particulièrement en Europe, commencent à avancer des propositions en faveur d’une maîtrise populaire de l’argent, particulièrement celui des banques, favorable à l’activité et à l’emploi.

 

Le G20 va s’intéresser aux ressources des banques mais de manière très restrictive. Il s’agit pour lui de les inciter à sécuriser leurs activités de soutien aux marchés financiers. Ce qui revient à leur demander de résoudre la quadrature du cercle.

 

À l’opposé, phénomène nouveau, le mouvement syndical international, des mouvements progressistes d’Amérique latine, en Europe, en France, les Indignés, Attac, des associations, et au niveau politique une partie des forces de gauche (PGE, PCF, Front de gauche…) soulignent la nécessité de nouveaux critères de financement visant à promouvoir l’emploi, le développement humain plutôt que d’assurer la satisfaction des exigences de rentabilité financière des groupes et de la finance.

 

Comme des moutons, les acteurs des marchés financiers se précipitent vers les zones où la croissance est encore forte, les promesses de rentabilité plus sûres, chez les émergents.

 

C’est ainsi que les fonds monétaires américains désertent l’Europe en crise, posant ainsi des problèmes aux banques européennes pour trouver des financements en dollars nécessaires, notamment, pour le commerce international.

 

Les mouvements sociaux et politiques alternatifs européens ont, eux, commencé à opérer un tournant. Ils sont plus nombreux à pointer du doigt le rôle de la banque des banques de la zone euro, la Banque centrale européenne.

 

Les différents traités européens la cantonnent dans un rôle de gendarme au service des marchés financiers. Impossibilité lui est faite de financer les dépenses des services publics.

 

Pourtant, la BCE pourrait permettre à des pays qui n’arrivent plus à trouver des ressources sur les marchés ou qui y parviennent très difficilement, de disposer de fonds bon marché.

 

Particulièrement pour le PCF et maintenant pour le Front de gauche, cette assistance de la BCE, sous le contrôle des Parlements nationaux et européen et des acteurs sociaux, ne serait cependant pas réservée aux seuls pays les plus en difficulté, elle pourrait inaugurer un mode de financement alternatif à celui des marchés financiers, en lien avec un changement radical de la politique du crédit des banques, notamment avec la constitution d’un pôle public bancaire et de fonds régionaux pour la sécurité d’emploi et de formation.

 

 

Pierre Ivorra

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4 novembre 2011 5 04 /11 /novembre /2011 22:05

G20 de Cannes, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy

Monde - le 4 Novembre 2011


Washinton, Berlin et Paris imposent un traitement de la crise à leurs conditions, toutes leurs conditions, rien que leurs conditions. Et tant pis s’il faut pour cela s’asseoir sur la démocratie et passer par-dessus la tête des peuples. Après avoir fait la peau à un Premier ministre grec qui, submergé par les mouvements sociaux, avait commis la suprême faute de goût de vouloir consulter son peuple, ils ont décidé de placer l’Italie sous haute surveillance afin de s’assurer qu’elle applique à la lettre la super-austérité recommandée par les marchés.

 

Jeudi soir, à peine rentré à Athènes, le socialiste George Papandreou annonçait qu’un accord avec les dirigeants de l’opposition de droite deviendrait subitement possible ce qui ouvrirait la voie à un gouvernement d’union nationale rendant probablement caduque la consultation d’un référendum. « Les choses progressent » se réjouissait aussitôt à Cannes Nicolas Sarkozy, martelant qu’un tel revirement d’Athènes « serait salué par tout le monde.»

 

Moins triomphaliste et comme pour mieux démontrer que c’est elle qui avait imposé ses vues dans le « règlement » de la crise de l’euro, Angela Merkel restait, elle, toutefois sur ses gardes lançant : « Pour nous ce sont les actes qui comptent. »

 

Et de réaffirmer le chantage fait la veille aux dirigeants grecs, martelant que, faute d’une soumission complète aux décisions du sommet de l’UE du 27 octobre, les Européens et le Fonds Monétaire internationale (FMI) ne verseraient pas un sou du plan « d’aide » de 8 milliards d’euros dont Athènes a un besoin impératif d’ici au 15 décembre pour éviter une faillite en bonne et due forme.

 

 

L'Italie mise sous surveillance


Quasiment au même moment Silvio Berlusconi était convoqué devant Barack Obama, Angela Merkel, Nicolas Sarkozy, Mario Draghi (BCE), Jean Claude Juncker (eurogroupe) et Herman van Rompuy. Et à son tour il était sommé d’accepter que son pays soit mis sous surveillance. Les marchés jouaient pleinement leur partition dans la mise en forme du diktat. Les taux d’emprunt à 10 ans de l’Italie battants jeudi de nouveaux records à plus de 6%. Soit quatre points au dessus des taux allemands.

 

Après quelques tergiversations le président du conseil italien s’est incliné. Son pays sera placé sous la tutelle conjointe du FMI et de la commission européenne qui vont contrôler tous ses engagements budgétaires. Une surveillance « stricte » de la mise en œuvre des mesures de super-austérité avancées par le pouvoir italien est annoncée.

 

Le président français, zélé porte-voix du groupe des super-puissants évoqué plus haut, avait bien fait comprendre le sens du message : « La question, avait-il déclaré jeudi, n’est pas tant le contenu du paquet que – est-ce que ce paquet sera mis en œuvre ou non ? » Et de préciser que c’était là-dessus qu’il fallait travailler avec Rome. Ce serait aujourd’hui chose faite.

 

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3 novembre 2011 4 03 /11 /novembre /2011 22:46


Sortir les États de la servitude volontaire

Thomas Coutrot, coprésident d’Attac
Pierre Khalfa, coprésident de la Fondation Copernic
 

 

Le mois d’octobre a vu la crise de la zone euro s’aggraver considérablement et les agences de
notations s’en donner à coeur joie : dégradation de la note de l’Espagne et de l’Italie, menace
sur la Belgique, « mise sous surveillance » de la France qui est ainsi menacée de perdre son
triple A. Tout a déjà été dit sur le rôle des agences de notation. Aveugles lors des crises
financières qu’elles ont été incapables d’anticiper, donnant la note maximale à la banque
Lehman Brothers à la veille de son effondrement, certifiant l’innocuité des produits financiers
hautement toxiques, baignant en permanence dans le conflit d’intérêt, leurs déclarations
devraient susciter l’hilarité générale. Pourtant, gouvernements et institutions européennes,
tout en les dénonçant et en promettant de les mater, persistent à se prosterner devant elles.
C’est que les agences de notations, aussi discréditées soient-elles, jouent un rôle indispensable
au fonctionnement des marchés financiers. Le problème n’est pas de savoir si elles ont raison
ou tort ou si leurs jugements sont basés sur une analyse objective de la situation. Il vient du
comportement même des acteurs de la finance qui ont besoin d’une autorité extérieure pour
orienter leurs décisions grégaires. Les agences de notation ne jouent pas le rôle de
thermomètre, mais d’un virus qui fait monter la fièvre de la cupidité, laquelle pousse à la
formation de bulles dans les moments d’euphorie boursière, et qui déchaîne une panique
incontrôlée dans les moments de doute. Le problème, ce ne sont pas les agences de notation,
mais les marchés financiers. Il est donc criminel d’avoir mis les dettes publiques dans leurs
mains.

Car, il faut y insister, ce sont les gouvernements qui ont fait ce choix, ce sont eux qui ont
permis aux marchés de développer leur capacité de nuisance. En France, une réforme de la
Banque de France, votée en 1973 sous l’impulsion de Valéry Giscard d’Estaing, ministre des
finances de Georges Pompidou, interdit au Trésor public d’emprunter directement à la
Banque de France à des taux d’intérêt nuls ou très faibles. La Banque de France ne peut donc
plus financer par de la création monétaire les déficits publics. Le gouvernement français est
dès lors obligé de faire appel aux marchés financiers, c’est-à-dire à des banques privées, et ce,
aux taux d’intérêt de marché. Il s’agit d’un acte fondateur, et destructeur, car il inaugure la
mainmise des marchés financiers sur les États. Cette disposition allait être intégralement
reprise lors de la création de la Banque centrale européenne (BCE), puis dans tous les traités
européens. On a donc abouti à une situation hallucinante. Les États ne peuvent pas être
financés par la BCE ; mais celle-ci peut par contre refinancer les banques privées à de très
faibles taux. Ces dernières prêtent ensuite aux États à des taux nettement supérieurs, voire
carrément usuraires. L’Union européenne se place volontairement sous l’emprise des marchés
financiers.

Cette emprise allait être d’autant plus grande qu’une contre-révolution fiscale s’est déployée
depuis plus d’un quart de siècle. Son fil directeur a été de baisser par de multiples moyens les
impôts payés par les ménages les plus riches et par les entreprises, en particulier les plus
grandes. L’impôt sur le revenu est devenu de moins en moins progressif avec la diminution du
nombre de tranches et les baisses successives du taux marginal supérieur. L’impôt sur les
sociétés, véritable peau de chagrin, pèse trois fois plus lourd sur les PME que sur le CAC 40.
Résultat imparable, l’État s’est appauvri : ses recettes représentaient 15,1 % du PIB en 2009
contre 22,5 % en 1982. On trouve là une des raisons de l’accroissement régulier de la dette
publique avant même la crise financière. Car contrairement à une antienne dont on nous rebat
les oreilles, ce n’est pas l’explosion des dépenses publiques qui a creusé les déficits. Avant la
crise, elles avaient même tendance à baisser : 55 % du PIB en 1993, 52 % en 2007. La crise,
dont il faut rappeler qu’elle trouve son origine dans les délires de la finance, a évidemment
gonflé la dette. Baisse des recettes fiscales dues à la récession, plan de relance pour éviter la
dépression, et enfin sauvetage des banques, se sont combinés pour arriver à ce résultat.
Alors que faire maintenant pour empêcher les prophéties autoréalisatrices des marchés de se
réaliser ? Tout d’abord, il faut acter que les plans d’austérité, au-delà même de leur caractère
socialement inacceptable, sont inutiles. Et c’est tout le paradoxe de la situation. Les marchés
veulent que les déficits publics soient réduits pour être sûrs que les États puissent payer la
charge de la dette, mais ils s’inquiètent du fait que les mesures prises vitrifient l’activité
économique. Face à ces injonctions contradictoires, il ne sert à rien de vouloir rassurer les
marchés, puisque plus on les rassure, plus ils s’inquiètent. La seule solution est de sortir les
États de leur emprise.

Il faut pour cela tout d’abord européaniser et monétiser les dettes publiques. La BCE et les
banques centrales nationales doivent pouvoir, sous contrôle démocratique, financer les États
et les politiques publiques européennes. Concernant le stock de la dette existant, un audit
citoyen doit pouvoir déterminer la part de la dette qui est illégitime, et donc doit être annulée,
et celle qu’il faudra rembourser, la BCE pouvant dans ce cas la racheter. Les banques doivent
être mises sous contrôle social afin qu’elles se tournent vers les financements de l’activité
productive et la transformation écologique de la société. Enfin, il faut enfin une réforme
fiscale d’ampleur qui redonne des marges de manoeuvres à l’action publique. Ces orientations
supposent de rompre avec tout ce qui a fait l’orthodoxie néolibérale de ces dernières
décennies. Les mouvements sociaux qui commencent à secouer l’Europe devront l’imposer.

 


  tRIBUNR PARUE sur le site d'Attac France


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3 novembre 2011 4 03 /11 /novembre /2011 13:33

 


    le 3 Novembre 2011

Après avoir épinglé l'Elysée en 2009 sur des sondages controversés, la Cour des comptes accable, dans son dernier rapport, Matignon et certains ministères sur des dépenses en matière de communication, rapporte France Télévisions qui s'est procuré le document. Principal bénéficiaire de ces contrats "obscurs", Pierre Giacometti, un proche de Nicolas Sarkozy...


Ce rapport, rendu le 17 octobre à la commission des finances de l'Assemblée nationale, met en évidence "des dépenses de communication sans justificatifs et sans appels d'offres", lit-on sur le site de France Télévisions. Le site poursuit que la société Giacometti-Péron apparaît comme "la principale bénéficiaire" de ces contrats "obscurs". 

Cette société de conseil en stratégie et communication a été cofondée par Pierre Giacometti, ancien dirigeant d’Ipsos, "un proche de Nicolas Sarkozy", présent au Fouquet's, le soir du 6 mai 2007, lors de l'élection présidentielle. "Tous les contrats entre le gouvernement et le cabinet Giacometti-Péron & Associés épinglés par la Cour des comptes représentent un peu plus de 1,7 million d'euros entre 2008 et 2010", écrit France Télévisions.

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31 octobre 2011 1 31 /10 /octobre /2011 07:58

 
Getty Images/David Jones
Après les banques qui ont réalisé 11 milliards de profits au 1er trimestre 2011, c'est le tour des compagnies pétrolières de montrer leur bicottospour le 3 trimestre.

Malgré la baisse de la production de pétrole entre juillet et septembre dernier, les grandes compagnies voient leur profit trimestriel grimper fortement, grâce à la hausse des prix du brut.

 

Toutes les « majors » pétrolières ont subi une baisse de leur production au troisième trimestre, du fait d'un vieillissement des gisements, et de la suspension des opérations en Libye. Certaines comme Conoco Philips ont aussi subi des arrêts prolongés de l'exploitation en mer du Nord, en Alaska, et au large de la Chine. 

 

BP s'est, de son côté, vu freiné par l'arrêt des opérations dans l'offshore profond du golfe du Mexique. Les compagnies sont conscientes qu'elles vont devoir accroître leur production considérablement au cours des mois qui viennent, car les ventes de pétrole ne seront pas aussi lucratives, à l’avenir.

 

Mais en attendant, elles enregistrent encore des profits record au troisième trimestre. L'envolée des prix du baril, qui ont progressé de moitié entre le troisième trimestre 2010 et celui de cette année, est passée par là. Exxon Mobil affiche ainsi plus de 10 milliards de dollars de bénéfices, contre 7 milliards et demi l'an dernier. Mais c'est Shell, le numéro un européen, qui surprend le plus avec 7 milliards de dollars de profits, deux fois plus qu'au troisième trimestre 2010. Le Français Total enregistre 4 milliards de dollars de bénéfices, en hausse de 24 % par rapport à la même période l'an dernier. C'est cependant pour BP que la progression est la plus spectaculaire : 5 milliards de dollars au troisième trimestre, quand elle n'était que d'1,8 milliard l'an dernier et surtout sur les neuf premiers mois de 2011 des gains de 17 milliards et demi quand le groupe britannique enregistrait des pertes de 9 milliards de dollars l'an dernier.

 

C'était six mois après la catastrophe du puits Macondo, BP avait alors dû provisionner 41 milliards de dollars pour alimenter un fonds de dédommagement aux victimes de la marée noire. Pour le britannique BP en particulier, ce pourrait être la sortie du tunnel, un an et demi après la marée noire dans le golfe du Mexique. Aujourd'hui, cette dépense a été surmontée et le ciel semble s'éclaircir pour BP, après plusieurs bonnes nouvelles : Anadarco, le co-propriétaire du gisement, a accepté de verser 4 milliards de dollars au fonds d'indemnisation ; un des anciens partenaires de BP en Russie a renoncé à ses poursuites et, mercredi dernier, la compagnie britannique a obtenu le feu vert pour explorer à nouveau dans le golfe du Mexique, à près de 2 000 mètres de fond, soit encore plus profondément que sur le puits Macondo. Reste encore à connaître le verdict du Département américain de la Justice, qui devra dire si oui ou non BP a fait preuve de négligence ayant entraîné l'explosion de la plateforme, il y a dix-huit mois.

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30 octobre 2011 7 30 /10 /octobre /2011 18:49

Politique - le 28 Octobre 2011

 

Pierre Laurent. «Le gouvernement des marchés sort renforcé de ce sommet européen»


Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, dénonce «un renforcement autoritaire au plan européen pour imposer une politique que les peuples ne supportent plus». Entretien.

 


Comment appréciez-vous la décision d’effacer une partie de la dette grecque et de renforcer le Fonds européen de stabilité financière ?


Pierre Laurent. Je ressens beaucoup d’inquiétude. Ceux qui se félicitent des résultats du sommet européen risquent de déchanter très vite car le plan adopté reste dans 
les rails qui ont conduit à la crise et l’ont aggravé depuis trois ans. L’effacement d’une partie de la dette grecque a été rendu inévitable par l’attitude des banques et 
des dirigeants européens qui ont mis ce pays à genoux, et dont on constate le résultat catastrophique. Mais les mesures envisagées, qu’il s’agisse de la recapitalisation des banques ou du renforcement du FESF, ne s’accompagnent d’aucune contrepartie en termes de réorientation des politiques du système bancaire et financier. On ajoute des sommes colossales dans le système sans changer les règles du jeu. Les conditions de nouvelles crises sont donc réunies. Le cri de joie des spéculateurs de la Bourse 
à l’annonce des résultats du sommet n’est pas une bonne nouvelle.

 

 

L’austérité renforcée dans les pays de la zone euro est-elle efficace pour réduire la dette publique ?


Pierre Laurent. Cette fuite en avant est dramatique, la Grèce en est la preuve éclatante. Le plan d’austérité imposé à ce pays n’a fait que l’enfoncer dans la crise et a fait exploser sa dette publique. Malgré cela, les dirigeants européens se sont engagés à renforcer l’austérité dans leurs pays respectifs, alimentant ainsi la spirale actuelle au lieu d’en sortir.

 

 

Le gouvernement envisage une hausse de la TVA pour renflouer les caisses 
de l’État. Qu’en pensez-vous ?


Pierre Laurent. Alors que les patrons des grandes banques françaises se sont octroyé des augmentations de revenus de 44 % en 2010, frapper le pouvoir d’achat populaire serait un scandale et une folie, car cela détériorerait encore le pouvoir d’achat des ménages, donc la consommation et l’activité économique. D’autant que la hausse envisagée de la TVA n’est pas la seule mesure qui frappe durement le pouvoir d’achat des ménages. Après la taxe sur les mutuelles, sur le tabac et les sodas, le gouvernement envisage de taxer les indemnités de licenciement ou de rupture de contrat de travail. Et maintenant, une augmentation de la TVA, qui est l’impôt le plus injuste, serait inacceptable. Il faut inverser ces politiques, en réformant la fiscalité pour rétablir de la progressivité de l’impôt sur le revenu et imposer le capital de manière efficace.

 

 

Avec une gouvernance économique renforcée au niveau européen, quelle place reste-t-il à la souveraineté 
des peuples ?


Pierre Laurent. La souveraineté est d’ores et déjà gravement mise en cause. Il est d’ailleurs frappant de constater que la seule dirigeante européenne qui ait osé se présenter devant son Parlement avant le sommet européen est la chancelière allemande, tout simplement parce que le sommet devait consacrer toutes les mesures qu’elle préconisait. Nous sommes dans une logique de renforcement autoritaire au plan européen pour impulser une politique que les peuples ne peuvent plus supporter. Contrairement à ce que l’on entend, cela n’a rien à voir avec un renforcement de l’Europe politique, parce que la politique, c’est le droit de choisir. Or là, ce qui est renforcé, c’est le gouvernement des marchés, nommé par les dirigeants européens et la Commission européenne. C’est évidemment totalement contraire à l’esprit démocratique qui devrait prévaloir en Europe. Il est donc urgent que les citoyens exigent, lors des élections nationales, le retour du pouvoir aux Parlements nationaux et aux instances démocratiques.

 

 

Quelles principales mesures alternatives préconisez-vous pour sortir de la crise ?


Pierre Laurent. Il faut récupérer au plus vite le pouvoir sur les politiques financières, monétaires et de crédit. Cela signifie que plus un seul euro ne doit être injecté dans le système bancaire et financier sans qu’en contrepartie la puissance publique n’exige un pouvoir sur l’orientation du crédit et l’utilisation de l’argent des banques. Il faut mettre sous surveillance le système bancaire et financier. Il faut reconstituer au plus vite un pôle public bancaire et financier, ce qui implique des nationalisations, pour changer l’orientation du crédit. La France doit également exiger la modification du statut et des missions de la BCE et l’utilisation de son pouvoir de création monétaire pour le mettre au service du développement économique.

 

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29 octobre 2011 6 29 /10 /octobre /2011 03:51

 

Politique - le 28 Octobre 2011

Plus de 200 militants PCF devant chez Moody's contre "l'argent roi"

Plus de 200 militants communistes se sont réunis jeudi en fin de journée devant le siège parisien de l'agence Moody's pour protester contre le règne de "l'argent roi" après l'accord obtenu par les dirigeants européens au sommet de Bruxelles.


Près d'une semaine après l'opération "andouillette AAAAA" de Jean-Luc Mélenchon contre le triple A des agences de notation, les communistes ont accroché une affiche "coupons la tête à l'argent roi" sur le bâtiment qui abrite Moody's, boulevard Haussmann à Paris.

 

Une dizaine d'entre eux, arborant des t-shirts "Moodysmatuer.com" se sont allongés devant le siège quelques instants.

Présent sur les lieux, Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, allié de M. Mélenchon au sein du Front de gauche, a souhaité que "le pouvoir change de main, il doit revenir à la nation, aux élus, aux salariés de ce pays". Il faut un "contrôle public sur tout le secteur bancaire et financier", a-t-il dit, souhaitant également que la Banque centrale européenne "change de mission et cesse d'être un gardien du temple des marchés financiers".

 

Peu avant la prestation télévisée de Nicolas Sarkozy sur TF1 et France 2, Pierre Laurent a déploré que le chef de l'Etat n'ait "parlé ni devant le Parlement, ni devant les Français avant d'aller à Bruxelles".


"Gouverner au-dessus et contre les peuples, ils veulent en faire la règle". a-t-il dit avant d'appeler les militants à multiplier ce type de manifestations avec le Front de gauche devant les banques partout en France. "Nous ne pouvons pas les laisser dormir tranquilles alors qu'ils sont en train de nous assassiner".

 

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27 octobre 2011 4 27 /10 /octobre /2011 19:32

 

Sauver l'Europe en coulant les peuples ?


Dans la nuit du 26 au 27 octobre, les participants du sommet européen ont abouti à un nouvel accord, censé pour une énième fois « sauver l'Europe ». À la baguette, Angela Merkel (et Nicolas Sarkozy), Christine Lagarde (pour le FMI) et, surprise… un représentant du secteur bancaire, Charles Dallara. Alors, qu'en est-il vraiment de cet accord qui a déjà fait bondir les bourses ?

On retiendra tout d'abord que la restructuration de la dette grecque est enfin mise à l'ordre du jour ; et malgré les résistances de Nicolas Sarkozy et du secteur bancaire, les créanciers devront débourser à hauteur de 50%, via une décote de leurs titres de dette. Il aura donc fallu deux ans, deux ans de calvaire pour le peuple grec  pour que la réalité rattrape en partie les dirigeants de la zone euro.

Mais les peuples grecs et européens sont loin d'être tirés d'affaire pour autant. Conformément aux exigences allemandes, l'interdiction faite à la BCE de prêter directement aux gouvernements de la zone euro ne sera pas levée. Elle leur permettrait pourtant de s'émanciper des marchés financiers.

À la place, les pays en difficulté devront se tourner vers le fonds européen (le FESF), démultiplié grâce à la participation de pays émergents, et placé sous la supervision du FMI. Les clients ne devraient pas tarder à pointer au guichet du FESF… Espagne, Portugal, mais aussi la France, dans un contexte où la recapitalisation des banques par les fonds publics risque de s'avérer inéluctable.

Dans tous les cas, qu'ils fassent ou non appel à l'intervention du FESF, les gouvernements européens se sont accordés pour accroître la « discipline », le contrôle budgétaire des dépenses publiques et l'inscription dans leurs constitutions du carcan budgétaire de la « règle d'or » pour 2012. Des mesures adoptées sans aucun débat ou consultation populaire, à l'image de cette nouvelle « gouvernance » de l'Europe, parfaitement anti-démocratique. Au nom de laquelle on annonce déjà une nouvelle modification des traités…

Le « deal » était donc le suivant : en l'échange d'une (inévitable et tardive) restructuration de la dette grecque, c'est l'hyper-austérité qui est promise aux peuples. Avec toutes les conséquences sociales dramatiques qu'elle a déjà causées, à travers les licenciements, les baisses des salaires, des retraites, le démantèlement de l'Etat social… et au risque de voir plonger l'Europe dans le cercle vicieux de la récession. Mais aussi de voir les peuples se dresser les uns contre les autres, sous prétexte que les uns paieraient pour les autres.

Il est clair que les peuples ne veulent plus de cela, à l'image des manifestants et manifestantes grecs, des indignés espagnols, italiens ou britanniques. Il est désormais urgent de sortir l'Europe du «piège de la dette publique».

Attac France participe avec d'autres organisations du mouvement social à un audit citoyen de la dette (http://www.audit-citoyen.org/). Cette initiative vise à démontrer les mécanismes pervers de l'endettement public, et à proposer de véritables solutions pour sortir de la crise. Présentée à l'occasion du contre G20 de Nice la semaine prochaine, lors duquel l'indignation sera plus que jamais de mise.

Attac France,
Paris, le 27 octobre 2011

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BRUNO FORNACIARI

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