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1 décembre 2014 1 01 /12 /décembre /2014 11:28

À rebours du discours « social », l’austérité municipale version FN

GRÉGORY MARIN

JEUDI, 27 NOVEMBRE, 2014

À Hayange (Moselle), Fabien Engelmann, n’aime pas la danse orientale.

Photo : Jean-Christophe Verhaegen/AFP

Le Front national a beau tenter, sous l’impulsion de Marine Le Pen, de détourner à son profit le malaise social en se proclamant contre l’austérité, l’analyse des décisions budgétaires locales de ses élus prouve le peu de cas qu’ils font des « oubliés » placés malgré eux sous leur administration.

Ce week-end, le Front national a tenu son congrès à Lyon sur fond d’opération de « banalisation » du parti, largement relayée dans les grands médias. Marine Le Pen, qui a désormais pour objectif de transformer le FN en machine électorale, a été reconduite sans difficulté. Marion Maréchal-Le Pen a quant à elle intégrée la direction, verouillant pour des années la mainmise de la « marque » Le Pen sur l’entreprise familiale, et préparant la succession. La stratégie nationale du parti d’extrême droite impulsée par sa présidente, mélange d’exaltation de l’autorité, d’une France réinscrite dans un roman national fantasmé et de détournement d’un vocabulaire de gauche à fin de brouillage idéologique, a de nouveau été validée par les militants.

La reprise sur France Culture, de l’expression marxiste « armée de réserve du capitalisme » par le vice-président du parti, Florian Philippot, en est une preuve, notamment parce qu’il l’employait à propos… de l’immigration, ce « projet du grand patronat », dénonce-t-il, qui « tire vers le bas les salaires ». Pour draguer les classes populaires qui subissent la crise de plein fouet, le Front national organise la concurrence entre pauvres et moins pauvres, entre travailleurs français et immigrés, sans remettre en cause la domination du capital sur la vie quotidienne des « oubliés » qu’il prétend défendre.

La promotion des « nouveaux visages » du FN, élus lors des dernières municipales, est devenue un élément incontournable de la communication du parti. Il a d’abord fallu faire oublier la gestion calamiteuse des années 1995-2001, sur laquelle les journalistes n’interrogent plus que rarement les lepénistes, puis minimiser ou ignorer les erreurs grossières dont sont coutumiers les élus locaux. Car rien ne doit venir entraver la marche au pouvoir de Marine Le Pen, « seul candidat (sic) susceptible de gagner la prochaine élection présidentielle », selon son conseiller Bertrand Dutheil de La Rochère. Sans attendre la campagne présidentielle de 2017,l’Humanité s’est penchée sur les politiques frontistes menées sur le terrain local. Qu’ils ne soient « pas prêts à gouverner », comme le dénoncent leurs adversaires, ou que leur gestion politique les amène à renier une grande partie de leurs promesses électorales, au premier rang desquelles la lutte contre l’austérité, les cadres du FN contredisent au quotidien l’affichage « social » du parti. Derrière les vitrines qui servent la communication du parti, du Nord au Sud, à Fréjus, Beaucaire, Cogolin, Mantes-la-Ville, Villers-Cotterêts, etc., se lisent d’autres orientations, antisociales et austéritaires.

De la gestion frontiste dans les villes conquises en mars dernier, on n’a retenu que l’écume : « rétablissement du porc dans les cantines », d’où il n’avait pas disparu, à Camaret-sur-Aigues (Vaucluse), interdiction de danses orientales à Hayange (Moselle), baptême d’un parking au nom de l’antisémite Maurice Barrès à Cogolin (Var), embauche de cadres « identitaires » à Béziers (Hérault) ou Beaucaire (Gard), refus de commémorer l’abolition de l’esclavage à Villers-Cotterêts (Aisne). Mais c’est dans les domaines du social et des finances locales que se lit la cohérence programmatique du FN, à rebours de l’image pseudo-sociale cultivée publiquement.

Les centres sociaux et les associations au pain sec

Premières victimes des mairies frontistes ou du Rassemblement bleu Marine : les centres sociaux. Maire du 7e secteur de Marseille, le frontiste Stéphane Ravier a fait voter dès juin l’arrêt des subventions au centre social. Tout comme à Fréjus (Var), où le sénateur maire David Rachline a coupé celles du « centre socialiste » du quartier populaire de la Villeneuve, qu’il accusait sur Twitter de « détournement d’argent public ». Celui de la Gabelle, seul accès public à l’informatique pour les démarches administratives, la recherche d’emploi, etc., a vu la sienne gravement amputée. Même politique à l’œuvre à Béziers, où le maire, Robert Ménard, revendique le soutien du FN. Le parti l’a inclus dans son document « Communes Front national, promesses tenues… Ce que les médias ne vous diront pas ». Ici, la réduction du budget des centres sociaux atteint les 20 %, ciblant prioritairement le quartier défavorisé à forte population d’origine immigrée de la Devèze. Mais ces décisions, catastrophiques pour le lien social et la solidarité, ne sont pas les seuls champs d’expérimentation ouverts par l’extrême droite municipale. La gestion locale du tissu associatif participe d’une vision utilitariste développée par l’extrême droite. À la rubrique « lutter contre les gaspillages et les privilèges » (sic), le document « Promesses tenues » du RBM préconise des « réévaluations (des subventions aux associations – NDLR) en fonction du mérite ».

À Beaucaire (Gard), Julien Sanchez s’en prend aux enseignants.

Photo : Bertrand Langlois/AFP

À Beaucaire, le maire, Julien Sanchez, traduisait, en début de mandat : « On ne va pas couper dans les subventions des associations cette année, mais on évaluera pour donner à celles qui méritent l’an prochain. » En attendant, il a voté 2 000 euros d’augmentation à deux associations « méritantes », donc, qui luttent « pour la cause animale », et nommé un « conseiller municipal délégué aux animaux de compagnie »… Une manière de caresser son électorat dans le sens du poil.

Sur le fond, une logique similaire à celle des gouvernements libéraux

D’autres administrés ont moins de chance d’être soutenus par leurs édiles. La mairie frontiste du Pontet (Vaucluse), en quête d’« économies », rogne sur l’aide sociale apportée aux familles qui peinent à payer l’inscription des enfants à la cantine. Depuis septembre, fini les repas subventionnés pour les plus démunis : il faut « responsabiliser les parents d’élèves pour leur montrer que tout n’est pas gratuit ». Une mesure qui ne fera économiser que 30 000 euros à la commune, sur un budget de 50 millions d’euros. Même punition à l’autre bout de la France, à Villers-Cotterêts (Aisne). Franck Briffaut a mis fin à la cantine pour les enfants de chômeurs : « Une personne au RSA peut venir chercher son enfant à l’école car elle ne travaille pas », plaide-t-il… à moins de payer 152 euros de plus par an. Là aussi, la décision ne produira que peu de résultats, avoue le maire, mais il s’agit avant tout de lutter contre « l’assistanat ». Dans son programme présidentiel, Marine Le Pen estimait que les logements sociaux devaient être réservés aux Français, et à la limite, sous conditions, à certains étrangers en situation régulière. Application à la lettre dans le « secteur bleu Marine de Marseille » (dixit le document « Promesses tenues »). Si Stéphane Ravier vote systématiquement, comme la plupart des élus frontistes de France, contre tous les projets de logements sociaux et de rénovation urbaine, c’est qu’il ne veut pas que « l’on déverse des millions d’euros vers ces quartiers en nous faisant croire que cela va changer la nature de celles et ceux qui y habitent ». Voyez-vous, il n’y a « pas beaucoup de Scandinaves dans nos quartiers ».

À l’entendre, Marine Le Pen aurait converti le FN à la lutte contre l’austérité. À y regarder de plus près, le parti s’inscrit dans une logique similaire à celle des gouvernements libéraux ou sociolibéraux. Ainsi, à Beaucaire, le maire a-t-il mis fin à la « surcharge salariale » de 40 000 euros que représentaient… les contractuels de l’été. Et tant pis pour les centres de loisirs. À Mantes-la-Ville, ce sont les contrats jeunes qui ne sont pas reconduits. À Villers-Cotterêts, la municipalité applique le non-remplacement des employés partis à la retraite, et vend des « biens communaux » pour équilibrer son budget. Dans le même temps, les maires de Cogolin et du Luc (Var) ont augmenté leurs indemnités de 15 %. Et si celui du Pontet figure dans le document « Promesses tenues » comme ayant « réduit ses avantages », c’est que le tribunal administratif a refusé l’augmentation de 44 % qu’il s’était octroyée. Au Front national, de « préférence », l’austérité, c’est pour les autres.

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24 novembre 2014 1 24 /11 /novembre /2014 08:55

Un gel des salaires serait un coup de poignard contre le monde du travail et une véritable déclaration de guerre ( Olivier Dartigolles, PCF)

Alors que l'INSEE vient de publier son dernier "portrait social" de la France qui livre, par le détail, les ravages provoqués par l'austérité, le gouvernement s'apprête, jeudi prochain, à annoncer de nouvelles mesures anti-sociales.

Que dit l'INSEE ? Que les dernières années sont marquées par une dégradation du marché du travail, une augmentation de la précarité et une stagnation du revenu salarial. Et que les politiques d'austérité ont amplifié la crise économique et sociale. Alors qu'entre 2002 et 2007, les salaires progressaient de 0,6 % par an, leur hausse annuelle n'a été que de 0,2 entre 2007 et 2012. Les inégalités salariales ont même cessé de diminuer.

Que s'apprête à annoncer Emmanuel Macron au nom de la "croissance" et de "la compétitivité des entreprises" ? Le gel des salaires pendant trois ans et une remise en cause des 35 heures. Cette information sera publiée demain dans le journal allemand Der Spiegel.

Voilà donc le résultats des négociations franco-allemandes à quelques jours des recommandations de la Commission de Bruxelles sur le projet de budget 2015 de la France. Si cette information était confirmée, il s'agirait d'une déclaration de guerre contre le monde du travail. C'est très exactement le contraire qu'il faut faire pour redresser le pays et relancer la croissance par l'augmentations des salaires. Le gel des salaires serait une très grave erreur économiquement, une provocation socialement et, politiquement, une nouvelle étape dans un processus nourrissant l'écœurement et la désespérance, la droite et le FN.

On entend déjà les encouragements du patronat. Raison de plus pour, comme le propose le PCF, de réussir, du 1er au 5 décembre, la semaine de mobilisation contre le MEDEFet la politique d'austérité gouvernementale.

On devine aussi la désolation de femmes et d'hommes de gauche devant ce nouveau coup de poignard. Seul un mouvement permanent de riposte contre l'austérité et de rassemblement à gauche pour en sortir est de nature à modifier le rapport des forces jusqu'à faire reculer Hollande et le gouvernement Valls et imposer une politique de gauche.

Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF

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20 novembre 2014 4 20 /11 /novembre /2014 03:07
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4 novembre 2014 2 04 /11 /novembre /2014 06:41

Un « choc de simplification » qui va mettre en pièces la santé des salariés

Sous prétexte de « choc de simplification », le gouvernement s’apprête à mettre en pièces la médecine du travail, le droit au reclassement des salariés handicapés et la protection des salariés mineurs.

La santé au travail ne saurait être bradée au nom de la « sécurisation juridique des entreprises ». Les employeurs ont l'obligation d'assurer la santé et la sécurité de leurs salariés. Aucun « choc de simplification » ne saurait justifier que le gouvernement envisage de revenir sur le droit à la santé au travail par la casse programmée de la médecine du travail.

Le PCF s'oppose catégoriquement aux "mesures de simplification" que constitueraient :
- la suppression de la visite médicale d'embauche
- la mise à la trappe de l'obligation de l'employeur de suivre les avis des médecins du travail et notamment leurs propositions d'aménagement du poste de travail des salariés rencontrant des problèmes de santé,
- la remise en cause de la protection particulière dont bénéficient les salariés mineurs.

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22 octobre 2014 3 22 /10 /octobre /2014 07:45

Vote budget : "Un coup d'arrêt pour en finir avec un tel gâchis" (Olivier Dartigolles)

Le gouvernement n'a trouvé qu'une majorité relative des plus ric rac pour voter la partie recette d'une politique budgétaire qui est déjà en échec complet avec l’ensemble des moteurs de croissance à l’arrêt. Si l'abstention de 39 députés socialistes et de la quasi totalité des élus écologistes est un marqueur supplémentaire d'une contestation à la politique actuelle, comme lors des textes budgétaires rectificatifs, elle ne permet pas d'obtenir un indispensable coup d’arrêt qui, seul, permettra de prendre une autre direction et d'en finir avec un tel gâchis. Comme l'a indiqué Nicolas Sansu lors des explications de vote du groupe des députés du Front de gauche, " il faut aujourd'hui remettre à plat l'ensemble de l'architecture fiscale".

A l'agenda des prochaines semaines, le débat puis le vote sur le budget de la sécurité sociale seront un rendez-vous très important qui posera une question et une seule : dans quelle société voulons-nous vivre ? Dans un moment où Hollande et Valls, relayés par Sapin et Macron, discutent auprès de la commission européenne et de Berlin la manière et le calendrier pour dépecer la protection sociale de la France, les forces politiques et sociales qui se reconnaissent dans des valeurs de progrès, de justice et de solidarité doivent débattre, construire et agir ensemble pour stopper la casse du pays, des territoires et de millions de vies.

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Si les député frondeurs, cette fois-ci ne votent pas CONTRE les dispositions rétrogrades du gouvernement concernant la sécurité sociale, ils auront définitivement, à mes yeux , usurpés le qualificatif de frondeurs, mais gagné celui de menteur, de démago et de traître et perdu tout crédit. Ils seraient,peu ou prou, comme les autres députés socialistes.

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21 octobre 2014 2 21 /10 /octobre /2014 21:02

Royal Monceau : des salariés en grève pour 2 euros dans un palace à 25.000 euros la nuit

AFP le 22/10/2014 à 09:51

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Des salariés du Royal Monceau-Raffles manifestent devant l'entrée du palace pour obtenir une meilleure rémunération, le 21 octobre 2014 à Paris ( AFP / Stéphane de Sakutin )

"Qatar, il faut payer!": avec drapeaux rouges et tambours, des salariés grévistes d'un palace parisien ont à nouveau manifesté cette semaine pour une meilleure rémunération, espérant être entendus comme l'ont été récemment d'autres collègues d'hôtels de luxe de la capitale française.

Les "petites mains" du Royal Monceau-Raffles, situé dans de beaux quartiers peu habitués à ce genre de manifestations, en sont à leur troisième semaine de grève.

Le palace où la nuit dans la suite présidentielle coûte 25.000 euros, appartient au groupe Katara hospitality, relevant du riche émirat gazier du Golfe qui multiplie les investissements en France.

Encouragés par des mouvements de contestation similiaire ayant abouti dans deux autres palaces parisiens cette année, les salariés exigent que leurs conditions soient alignées sur celles de leurs collègues des autres établissements de luxe.

Des syndicalistes de la CGT manifestent devant le Royal Monceau-Raffles, le 21 octobre 2014 à Paris ( AFP / Stéphane de Sakutin )

"Tout ce que nous réclamons, c'est deux euros d'augmentation par heure", dit Sabrina Sedik, une femme de chambre qui brandissait mardi une pancarte en carton réclamant "un salaire décent, tout simplement".

La jeune femme, mariée, affirme gagner 1.300 euros par mois.

"Notre palace est un rapace", "Excellence du service = médiocrité du salaire", proclament d'autres banderoles en carton, brandies par les grévistes dans une atmosphère de kermesse.

"Je travaille dans cet hôtel depuis 15 ans, et mon salaire n'a jamais augmenté. On a décidé de faire la grève parce que les salariés des autres palaces sont mieux payés que nous", renchérit une autre femme de chambre, mère de deux enfants, qui ne veut pas dire son nom.

Outre "une augmentation de 2 euros du taux horaire pour tous les salariés", les salariés réclament "la diminution de la cadence et une amélioration des conditions de travail".

- 'Mouvement ascendant' -

Des salariés du Royal Monceau-Raffles manifestent devant l'entrée du palace pour obtenir une meilleure rémunération, le 21 octobre 2014 à Paris ( AFP / Stéphane de Sakutin )

La direction de l'hôtel, sollicitée, n'a pas souhaité faire de commentaire.

Selon les syndicalistes, elle aurait déjà accédé à une partie des demandes des grévistes.

En juin 2013, le Royal Monceau-Raffles avait rejoint le club très fermé des hôtels qui ont obtenu la distinction "palace".

"Cette grève s'inscrit dans la suite des mouvements dans les autres hôtels de Paris", explique Karl Ghazi, porte-parole du syndicat CGT-commerces (Confédération générale du travail). "C'est un mouvement ascendant, qui risque de s'étendre à d'autres palaces".

Les salariés de l'hôtel Hyatt Paris-Madeleine avaient obtenu en septembre, après huit jours de grève, l'alignement de leurs salaires sur ceux des palaces, soit au moins 500 euros par mois de plus.

Ils avaient suivi l'exemple des employés d'un autre établissement de luxe, le Park Hyatt Paris-Vendôme, qui avaient également obtenu de meilleures conditions en ayant recours à la grève.

Des salariées de l'hôtel Hyatt Paris-Vendôme manifestent devant l'établissement, le 19 septembre 2014 à Paris ( AFP/Archives / Thomas Samson )

Selon le porte-parole syndicaliste, 80% du personnel du Royal-Monceau-Raffles est en grève.

Mardi, les grévistes s'étaient d'ailleurs rassemblés devant un autre établissement appartenant au même groupe du Qatar, le Peninsula, avant de marcher en direction du Royal Monceau.

"Katara, tu payeras", ont-ils clamé devant la façade immaculée de ce nouvel hôtel qui a ouvert ses portes cet été, espérant rallier les membres du personnel de cet autre établissement de rêve.

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17 octobre 2014 5 17 /10 /octobre /2014 09:31

Moduler les allocations familiales : une grave faute politique

La question de l'universalité de la Sécurité sociale est déterminante. La protection sociale n'a pas vocation à réduire les inégalités sociales mais à compenser la maladie, le coût de l'enfant, le travail...

S'il faut une politique de réduction des inégalités sociale, c'est avec l'égalité salariale femmes/hommes, l'augmentation des minima sociaux et le plein emploi.

Les parlementaires socialistes et le gouvernement font payer à la sécurité sociale leur absence d'ambition et de courage politique à affronter le patronat dans une politique de réduction des inégalités sociales. Ils préfèrent que les assuré-e-s sociaux se répartissent la protection sociale en régression.

Moduler les droits, c'est créer de fait des catégories qui seront utilisées à termes comme levier pour diviser les travailleurs, les salarié-e-s et détruire le système de protection sociale. Ce qu'il faut moduler, c'est un impôt vraiment progressif et une vraie mise à contribution du capital et des entreprises notamment les revenus financiers.

C'est une question politique centrale. Le PS vient à nouveau de lâcher un repère historique de la Sécurité sociale. Les mobilisations sont indispensables pour reconquérir une protection sociale solidaire. Les communistes y sont déterminés.

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15 octobre 2014 3 15 /10 /octobre /2014 18:23

Le Sénat sonne le glas des élections prud’homales

JUSTICE SOCIALE

Politiques et syndicats prévenaient depuis des années : la justice prud’homale est en danger. Malgré les mobilisations, les pétitions, les auditions, le mode de désignation des juges prud’homaux, si particulier à la France, va disparaître. Jusqu’ici, les conseillers de prud’hommes étaient élus au suffrage universel par les salariés et les employeurs. Ces conseillers venaient donc du monde du travail mais exerçaient un pouvoir de juge au même titre qu’un juge professionnel issu d’une école de la magistrature. La loi votée hier en première lecture au Sénat va tout remettre en cause.

« Ce qu’il faudrait c’est plus de moyens, plus de greffiers » 155 sénateurs se sont prononcés pour un projet de loi qui va permettre au gouvernement de modifier, par ordonnance, le mode de désignation des conseillers. 32 communistes et écologistes ont voté contre. L’UMP s’est abstenue. Le ministre du Travail, François Rebsamen, a défendu le projet en soulignant que « 75% des inscrits n’avaient pas participé à l’élection » prud’homale en 2008. De quoi, d’après lui, remettre en cause la légitimité de cette institution. « Mais d’autres taux de participation aux élections sont faibles dans ce pays, s’indigne Laurence Cohen, sénatrice du Val-de-Marne, du groupe communiste, républicain et citoyen (CRC). On ne va pas supprimer toutes les élections si les gens ne veulent pas voter. Le gouvernement a une drôle de façon de traiter le problème: il casse le thermomètre plutôt que soigner. » « Il n’y a que 20 % de participation aux élections dans les chambres de commerce, mais on ne supprime pas pour autant les tribunaux de commerce », renchérit Jean-Pierre Gabriel, pour la CGT.

Sa confédération a lancé une grande campagne de soutien aux élections et mis en débat la création d’un ordre juridictionnel social. Les syndicats FO, CFE-CGC, Solidaires et FSU sont aussi favorables aux élections et rejettent un principe de désignation des juges selon l’audience des organisations syndicales dans les entreprises, comme voudrait le mettre en place François Rebsamen. Voilà un nouveau coup porté aux prud’hommes pour Jean-Pierre Gabriel : « Déjà Rachida Dati avait supprimé des tribunaux en redessinant la carte judiciaire. Les conseillers sont aussi les seuls juges encadrés dans le temps: s’ils travaillent au-delà des heures concédées, ils ne sont pas payés. Dans les tribunaux, 50 % des personnels de greffe et administratif ont disparu en cinq ans. Du coup, les procédures traînent.

La France a été condamnée 71 fois pour ses délais excessifs! » « Ce qu’il faudrait c’est plus de moyens, plus de greffiers, explique Laurent Degousée, du syndicat Solidaires. Quand la décision arrive trop tard, elle perd sa vertu. Or 90 % des demandeurs obtiennent gain de cause aux prud’hommes et 98 % des demandeurs sont des salariés. » Le sénateur du Pas-de-Calais, Dominique Watrin (CRC), s’inquiète de la volonté du gouvernement de légiférer dans ce domaine par ordonnance: « On dessaisit le Parlement et donc on l’affaiblit. Alors que nous sommes au coeur de la démocratie sociale, le débat a été court, bâclé. » Le projet de loi sera étudié par l’Assemblée nationale avant la fin de l’année. « Cette réforme va dans la droite ligne du rapport Lacabarats paru cet été, craint Laurent Degousée. C’est-à-dire vers la professionnalisation du juge. Or le conseiller de prud’hommes juge en droit, mais aussi en fait. » D’où l’importance de connaître le monde professionnel et d’en être issu. Cette inquiétude a été confirmée par un autre projet de loi, celui sur l’activité, présenté par Emmanuel Macron, hier, qui veut notamment « professionnaliser la procédure » et « rénover la conciliation » aux prud’hommes. Pour l’instant, les « juges du travail », élus en 2008 pour cinq ans, ont vu leur mandat prolongé jusqu’en 2017. Le temps de concocter une nouvelle réforme?

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14 octobre 2014 2 14 /10 /octobre /2014 05:34

Reflexions d'un jeune citoyen .

OUI, LES CHEMINOTS SONT D'HORRIBLES PRIVILÉGIÉS. MÊME QUE C'EST VRAI PARCE QUE LES JOURNAUX TÉLÉVISÉS L'ONT DIT !

[ " la retraite des cheminots, c’est la vie de château, c’est vrai puisque c’est vu à la télé" .

Aller, on va remettre le cerveau en route et regarder ce qui se cache vraiment derrière le régime spécial des cheminots.

QUI EST CONCERNE PAR LE RÉGIME SPÉCIAL ?

Ce ne sont pas tous les cheminots qui bénéficient du régime spécial de retraite. Pour y avoir droit, il faut avoir été embauché à la SNCF jusqu’à 30 ans. Les cheminots embauchés au delà de cet âge sont au régime général. Fin 2011, ils étaient un peu plus de 9000 et leur nombre augmentait de 1000 par an. (Source). On peut donc penser qu’à fin 2013, les cheminots au régime général représentent en gros 10 000 personnes sur les 155 000 salariés de l’EPIC SNCF soit environ 6,5% de l’effectif.

Petite précision, par cheminot, on entend tout salarié de la SNCF qu’il soit conducteur ou pas. J’ai vu que, pour certains, seuls les conducteurs sont cheminots. Ce n’est pas le cas.

* Une retraite, ça se prend quand on en a le droit ET qu’on peut se le permettre…

Pour avoir le droit de partir à la retraite, il faut avoir atteint l’âge légal de départ. Dans le régime général, un salarié né à partir de 1955 a le droit de partir à 62 ans. Un cheminot au régime spécial aura le droit de partir à 52 ans s’il est conducteur ou 57 ans s’il est agent en service sédentaire. Ces chiffres, vous les connaissez, les télés et journaux les répètent assez. Bêtement, les médias oublient toujours qu’une retraite, on la prend quand on en a le droit ET qu’on peut se le permettre.

En effet, avoir le droit de partir c’est bien mais pouvoir se le permettre financièrement c’est mieux. On omet donc toujours de rappeler qu’il y a un nombre de trimestres à cotiser pour toucher sa retraite pleine. Si l’on n’a pas ces trimestres, on est soumis à une décote et l’on touche donc une pension plus petite. Plus il manque de trimestres, plus la décote est importante. Voila donc les chiffres qui sont oubliés par les médias.

Un salarié du régime général doit cotiser 166 trimestres pour pouvoir prétendre à l’intégralité de sa pension. Un cheminot au régime spécial, qu’il soit conducteur ou agent sédentaire, n’obtient sa retraite pleine qu’à la condition d’avoir cotisé… 166 trimestres. Dingue ça !

Petit exercice pratique. Sachant que 166 trimestres correspondent à 41,5 années de travail et en prenant un salarié qui a été embauché à 20 ans, à quel âge pourra t’il prendre sa retraite et toucher sa pension sans décote ?

- Au régime général : 62 ans (il aura sa retraite pleine à 61,5 ans mais devra attendre six mois d’atteindre l’âge légal de départ).

- Au régime spécial de la SNCF : 61,5 ans soit neuf ans et demi après l’âge légal de départ s’il est conducteur ou quatre ans et demi après l’âge légal de départ s’il est agent sédentaire.

Six mois d’écart, voila l’énorme privilège dont bénéficient les cheminots que vous croisez.

Le mode de calcul de la pension…

Autre privilège exorbitant dont jouiraient les cheminots, le calcul de la pension sur les six derniers mois au lieux des vingt cinq meilleures années. Une fois de plus, les médias oublient toujours un point important: dans le régime général, on calcule la pension sur l’intégralité des revenus, à la SNCF c’est sur le seul traitement de base et, en bossant en horaires décalés, les majorations horaires représentent un bon tiers du salaire. On a donc une retraite calculée sur 75% des revenus.

Pour se faire une idée du résultat, il faut mettre des chiffres concrets en face de mots qui peuvent donner une fausse idée de la réalité. Regardons le résultat de ces différents modes de calcul sur le taux de remplacement, c’est à dire le pourcentage du dernier salaire touché par le retraité. On parle là du taux obtenu pour un salarié partant avec une retraite à taux plein. La différence de mode de calcul donne un taux de remplacement médian de 69,2% pour les cheminots contre 74% pour le régime général .

Des cotisations plus élevées…

Autre spécificité du régime spécial des cheminots, le montant des cotisations. Dans le régime spécial, un salarié cotise au taux de 7,85% quand, dans le privé, le taux est de 7,05%. Si l’on fait la comparaison entre les cotisations totales (part salarié + part employeur), on a même un taux de à la SNCF 41,55% contre 17,25% dans le régime général. Ça fait quand même une sacrée différence ! Pour l’employeur, s’il dispose d’un même budget pour une embauche, la paye finale du cheminot sera moins élevée que son homologue du privé. Les collègues, qui ont pu partir à 52 ans, leur retraite anticipée, ils l’avaient plus que payé.

Ben oui mais le déficit, faut bien le combler…

Oui, il y a un déficit du régime de retraite des cheminots. Mais d’où vient il ? Des réductions d’effectifs. De 450 000 cheminots à la fin de la deuxième guerre, on est tombé à 155 0000 fin 2013. Sans même aller chercher si loin, l’effectif était encore de 210 000 actifs en 2000. Forcément, à force de faire des économies sur les salaires, ont génère du déficit sur les retraites en supprimant des cotisants. Comme les salariés du régime général qui subissent la perte de cotisations générée par le chômage, il n’y a pas de raison que les cheminots payent la facture et c’est pourtant bien ce qui se passe. Nous en sommes au même point que les salariés du privé: nous payons l’addition des restrictions budgétaires.

Et l’avenir…

Vous le voyez, le départ à 52 ou 57 ans, ce n’est qu’un chiffre sur du papier. Dans la réalité, il est devenu impossible de partir si tôt sauf à manger des patates toute sa retraite. Malgré cela, les taux de cotisation n’ont pas été revus à la baisse. Au contraire, dès 2026, la part salariale passera à un taux de 10,55%.

Il est clair qu’il est temps de faire quelque chose car nous en sommes au point où, du régime spécial, il ne nous reste que les inconvénients (cotisations plus élevées et taux de remplacement plus bas) mais plus les avantages (réelle possibilité de partir plus tôt).

Pas mal de cheminots ne veulent pas que l’on touche au régime. Une partie de l’opinion veut que l’on bascule purement et simplement sur le régime général. De leur côté les politiques ne touchent à rien et ils auraient tord. Ils se retrouvent avec une population qui paye plus que les autres pour une retraite équivalente. Personnellement, je ne sais pas quelle solution est préférable. Soit on m’intègre au régime général et on arrête de me faire cotiser plus soit on me redonne les moyens de partir tôt. Pour l’ensemble des cheminots la seconde solution serait peut être la meilleure. Pour mon cas, la seconde m’arrangerait en m’évitant d’être polypensionné et donc de subir une double décote. Bref, je ne sais que choisir.

Une seule chose est claire: il faut vite qu’on arrête de me raconter que ma retraite est un privilège !]

Source (bien plus complet avec chiffres ) ==> http://blog.sylvainbouard.fr/la-retraite-des-cheminots-du-reve-a-la-realite/

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Published by bruno fornaciari - dans SOCIAL-ECONOMIE-FINANCES
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25 août 2014 1 25 /08 /août /2014 19:01

Menaces sur la Sécurité Sociale

La Sécurité sociale voit ses principes fondateurs de solidarité et d'universalité menacés par le désengagement progressif du patronat de son financement. Au profit d’une logique d’assistance pour les plus démunis et d’assurance pour les plus riches. La CGT revendique une réforme de son financement, aux antipodes des solutions libérales prônées aujourd’hui..

Ambroise Croizat, un des fondateurs de la Sécurité sociale1 et du système des retraites en France, était secrétaire général de la Fédération CGT des travailleurs de la métallurgie et Ministre du travail et de la Sécurité sociale de 1945 à 1947.

"Dans le mur" Chez ce syndicaliste rompu aux questions de protection sociale, la réponse a fusé à peine notre question posée : « Où va la Sécu ? » Qu’il semble loin le temps où l’ancien secrétaire général CGT de la métallurgie, Ambroise Croizat, « père » de la Sécu, déclarait en 1950 : « Jamais nous ne tolérerons que soit renié un seul des avantages de la Sécurité sociale. Nous défendrons à en mourir et avec la dernière énergie cette loi humaine et de progrès. » La Sécu avait alors cinq ans. Sur son berceau, dans son ordonnance du 4 octobre 1945, le Conseil national de la Résistance avait annoncé son ambition :


« La Sécurité sociale est la garantie donnée à chacun qu’en toutes circonstances,
il disposera des moyens nécessaires pour assurer sa subsistanc
e. »


À l’étranger aussi, les jalons d’une protection sociale sont posés. À la fin du XIXe siècle, le chancelier allemand -Bismarck était à l’origine de lois sociales financées par des cotisations partagées entre salariés et employeurs. En 1942, en Grande-Bretagne, Lord -Beveridge initiait un système de protection peu élevé mais universel et financé par l’impôt.

Financée majoritairement par les cotisations sociales, la Sécu française s’inspire plutôt du système bismarckien. Mais son carac-tère universel emprunte aussi au système -Beveridge. Elle repose sur un principe d’obligation (salariés et employeurs y adhèrent) et de solidarité (entre régimes, entre malades et bien portants, etc.). Il existe plusieurs régimes de base : le régime général, divisé en quatre branches (maladie, famille, vieillesse et recouvrement), couvre 80 % de la population ; le régime agricole (Mutualité sociale agricole) et le régime social des indépendants (artisans…). D’autres régimes particuliers (RATP, SNCF, fonctionnaires…) complètent ce paysage.

2) Maladie, 50 % des dépenses du régime général, dont 3 % AT/MT (CNAMTS)

3) Vieillesse, 33 % des dépenses du régime général (CNAV)

4) Recouvrement, gestion de la trésorerie de la Sécu, recouvrement des cotisations (ACOSS)

Le patronat, un opposant de toujours


À droite comme à gauche, on s’accorde volontiers à vanter notre système de soins ou à saluer le rôle d’amortisseur de notre système de protection sociale en période de crise. Mais, dans les faits, les déficits de la Sécu apparus il y a une trentaine d’années ont surtout permis au patronat de justifier sa remise en cause. « Depuis le début, il y a eu des forces pour tenter de mettre à bas l’édifice construit par Ambroise Croizat et Pierre Laroque. La Sécu devait par exemple prendre en charge 100 % des soins. Ce n’est pas le cas en raison de la bataille menée par les mutualistes », illustre Denis Lalys, secrétaire de la fédération CGT des organismes sociaux.


Le déficit comme prétexte

Logique donc qu’aujourd’hui, le déficit de la Sécu largement alimenté par le chômage, la précarité et les exonérations de cotisations, serve de prétexte à ceux qui veulent en finir avec elle. Haro donc sur les « profiteurs ». La Sécu serait condamnée à se réformer sans cesse au détriment des assurés sociaux : déremboursements, franchises médicales, réformes successives des retraites, menaces sur la branche famille…


« Peu à peu, on revient à la situation d’avant-guerre avec la remise en cause du salaire socialisé et de l’universalité du système, dénonce Denis Lalys, le risque est grand d’aboutir à une architecture qui comprendrait un pilier dédié à l’assistanat pour les travailleurs pauvres, un autre pilier de protection obligatoire mais très minimale et un troisième pilier totalement privatisé. L’on se rapprocherait ainsi des objectifs minimalistes que s’est fixés la Commission européenne en matière de protection sociale. »


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Les exonérations fiscales

La politique d’exonération des cotisations sociales patronales menée depuis plus de vingt ans mine le budget de la Sécurité sociale. Sans profiter à l’emploi.


Dans le cadre du pacte de responsabilité, le gouvernement a accordé aux entre-prises, en plus du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE), une nouvelle réduction des cotisations sociales patronales versées à l’Urssaf et à la branche famille de la Sécurité sociale pour un montant d’environ 10 milliards d’euros. (Lire l'entretien avec Eric Aubin).

À vrai dire, cette politique n’est pas vraiment nouvelle puisqu’elle est appliquée dans notre pays depuis plus de vingt ans. Elle a été inaugurée par le gouvernement Balladur, qui a décrété en 1993 l’exonération totale des cotisations sociales famille sur les salaires au voisinage du Smic, pour un coût de 3,4 milliards d’euros. Et poursuivie avec entrain par les gouvernements Juppé, Aubry, Fillon… L’addition a dépassé l’an dernier 27 milliards d’euros, en incluant les mesures « ciblées » en direction des territoires et des publics particuliers. Et plus de 370 milliards d’euros en l’espace de vingt ans !


Allègements de charges, quelle efficacité ?


Pour quelle efficacité ? L’expérience montre que cette politique n’a jamais permis de réduire le niveau du chômage, contrairement au discours de ses promoteurs. Elle a plus sûrement servi à alimenter les marges des entreprises et des dividendes versés aux actionnaires. La Cour des comptes, dans un rapport rédigé en 2006, relève que « les nombreux dispositifs d’allégements de charges sont insuffisamment évalués en dépit de la charge financière croissante qu’ils représentent pour les finances publiques ». En jugeant leur « efficacité trop incertaine pour ne pas amener à reconsidérer leur ampleur, voire leur pérennité ». Les magistrats de la rue Cambon n’ont toujours pas été entendus.
Cette politique constitue en outre une véritable « trappe à bas salaire » puisque la réduction de cotisations est maximale au niveau du Smic. « Est-ce compatible avec l’objectif de montée en gamme de l’économie française ? », interroge Henri -Sterdyniak, de l’OFCE. Et elle fragilise considérablement le financement de la -Sécurité sociale, dont une part croissante est transférée sur l’impôt (les cotisations ne représentent plus que 59 % des recettes du régime général).

200 milliards d'exonérations payés par les ménages

Sachant que les exonérations de cotisations sociales sont compensées à 90 % par le budget de l’État, les ménages paient donc deux fois : par le biais des impôts, d’une part, et de la baisse des prestations, d’autre part. Pour toutes ces raisons, la CGT réclame une remise à plat et une évaluation sérieuse de cette politique d’exonération des cotisations sociales. Et plus généralement de l’ensemble des aides publiques versées aux entreprises, dont le montant avoisine quelque 200 milliards d’euros chaque année. La distribution d’argent public doit être contrôlée et conditionnée à des objectifs mesurables et vérifiables.

Conformément à l’esprit de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, qui a valeur constitutionnelle : "Tous les citoyens ont le droit de constater par eux-mêmes ou par leurs représentants, la nécessité de la contribution publique, de la consentir librement, d’en suivre l’emploi et d’en déterminer la quotité, l’assiette, le recouvrement et la durée."

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BRUNO FORNACIARI

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