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6 mars 2013 3 06 /03 /mars /2013 13:43
Ne peut retenir mes larmes d'admiration et de solidarité
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26 janvier 2013 6 26 /01 /janvier /2013 12:48

 

Politique Début de polémique suite aux propos d'Harlem Désir sur les républicains espagnols

Le 24 janvier à 17h33 par Grégory Tuban | Mis à jour il y a 1 heure

Camp d'Argelès-sur-Mer, février 1939. Camp d'Argelès-sur-Mer, février 1939.

Les réfugiés espagnols de 1939 «fiers de la solidarité de la France» ? La déclaration d'Harlem Désir sur le plateau de Mots Croisés sur France 2 n'est pas passée inaperçue auprès des républicains espagnols et de leurs descendants.

 

Verbatim : «Juste avant cette émission, j’étais à Montreuil où nous organisions une réunion de solidarité avec le peuple malien et j’ai vu des hommes et des femmes, beaucoup de Maliens de France, qui étaient à la fois inquiets, pour leur pays, comme ont pu l'être des réfugiés, vous savez, des Espagnols ou autres qui ont été accueillis en France au moment où leur pays traversait des drames et des guerres, et qui en même temps étaient fiers de la solidarité de la France, qui étaient soulagés, qui étaient reconnaissants».

 

Entre incompréhension et indignation, les commentaires n'ont pas tardé à fuser sur le web à l'image du président de l'Association pour le Souvenir de l’Exil Républicain Espagnol en France (ASEREF), Eloi Martinez Monégal , qui accuse le premier secrétaire du PS de «vouloir réécrire l'histoire» en précisant à juste titre que "s’il y a eu en France solidarité à l’égard des réfugiés espagnols, elle venait du peuple français et non pas des autorités gouvernementales de la troisième République". 

 

De l'Amicale des Anciens Internés Politiques et Résistants du camp de concentration du Vernet d'Ariège à l’Amicale des Anciens Guerilleros Espagnols en France, les réactions scandalisées sont unanimes.  Effectivement, si l'on peut discuter de la politique d'intégration post-guerre des réfugiés républicains espagnols en France, leur «accueil» à l'hiver 1939 dans des camps provisoires dont certains n'en auront que le nom (Argelès, Le Barcarès...) n'est pas un exemple à citer lorsque l'on veut parler de solidarité nationale envers des étrangers alors considérés comme "indésirables". 

 

Les descendants de républicains espagnols  auront à coeur de rappeler à Harlem Désir que sous la 3° République, la France a procédé à des rapatriements forcés vers l'Espagne franquiste de femmes et d'enfants ou que furent mis à l'isolement dans des camps disciplinaires (Collioure, Le Vernet...) des «suspects» sans aucun jugement.

 

De citer la longue liste des camps français en 1939 et le nombre hallucinant de réfugiés internés  (plus de 330.000 espagnols sont passés dans les camps des Pyrénées-Orientales suite à la Retirada*).  De lui préciser que le premier convoi de déportés sur l'Allemagne nazie est un convoi de 900 Espagnols partis d'Angoulême le 20 août 1940 pour Mauthausen... D'évoquer les livraisons de suspects aux autorités nazies ou franquistes sous Vichy, les déportations sur les camps d'Afrique du Nord, ces camps où certains espagnols croupissaient encore en 1942...

 

La déclaration d'Harlem Désir peut donc surprendre par son raccourci historique confondant politique d'accueil - qu'aucun historien ne pourra juger «solidaire» en 1939 – et d'intégration à moyen et long terme. Un manque de connaissances au sujet de réfugiés espagnols de la Retirada - dont un grand nombre se sont battus pour la libération de la France -  dont l'histoire reste encore en souffrance. 

 

* En juin 1939, la préfecture des Pyrénées-Orientales estime à 500.000 personnes le nombre de réfugiés à être rentrés en France lors de la Retirada. Ce rapport fait état du passage de 330.000 réfugiés dans les camps des  P.O. et du transfert de 170.000 civils vers les différents départements. (source ADPO)


Mise à jour vendredi 25 janvier


Jacques Cresta écrit à Harlem Desir

Suite à la médiatisation et aux nombreuses réactions engendrées par la déclaration d'Harlem Désir, le député socialiste des Pyrénées-Orientales, Jacques Cresta a écrit au Premier Secrétaire du PS. Extraits : "Ces 500 000 réfugiés, dont 330 000 dans les Pyrénées-Orientales, seront « parqués » dans des camps de fortune, qu’ils devront eux-mêmes construire, les familles étaient séparées, surveillées par des Gardes Mobiles de l’Etat Français. Plusieurs sont morts de froid, de faim. Le nombre aurait été plus important si la générosité de certains français n’avait permis d’atténuer leurs malheurs.
Ces mêmes réfugiés furent envoyés au front pour lutter contre l’invasion allemande, non armés, car l’état Français avait peur de ces « rouges républicains ». Et malgré cela, les mêmes réfugiés républicains espagnols, furent les premiers, dans la division du Général Leclerc à entrer dans Paris. Alors, non, nous ne pouvons pas être fiers de cette République, qui a si mal traité ces réfugiés
."

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15 janvier 2013 2 15 /01 /janvier /2013 07:46

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Solidaires du peuple malien, l'éditorial de Jean-Paul Piérot

Il y a urgence à passer au plus vite à une étape qui dépasse les rapports France-Afrique. L’engagement militaire de la France, qui a débuté vendredi sur décision de François Hollande, à la demande des autorités de Bamako, constitue-t-il la bonne méthode pour parvenir à la restauration de la souveraineté du Mali sur tout son territoire ? Telle est la première question que l’on doit se poser, qui doit primer sur toute autre préoccupation, pour juger d’une décision lourde de graves incertitudes. Les premiers affrontements avec les milices intégristes qui sévissent dans le nord du pays ont été, ce week-end, suffisamment meurtriers – une dizaine de soldats maliens, un officier français, une centaine d’islamistes armés et un nombre indéterminé de civils, 
ces victimes « collatérales » qui semblent compter pour 
si peu – pour qu’il soit permis d’applaudir indécemment au vol des Rafale.

 

Le peuple malien a durement payé les conséquences de l’aventure guerrière dans laquelle Nicolas Sarkozy a emmené la France contre la Libye, dont l’une des pires conséquences fut la mise en déshérence de milliers d’armes des arsenaux de Kadhafi. Ces armes qui sont passées dans les mains de groupuscules islamistes du Sahel et qui eurent raison d’un État malien affaibli par des années de saignées libérales imposées par le FMI. Le coup d’État qui a renversé le président Amadou Toumani Touré, l’offensive conjointe des islamistes armés et des indépendantistes touareg, a non seulement abouti à la partition du pays, mais aussi à l’instauration d’un régime de terreur et d’obscurantisme contre les personnes et de destruction de l’héritage culturel et religieux dans le nord du Mali.

 

Bamako était en droit d’en appeler à la communauté internationale incarnée par l’ONU pour l’aider à mettre fin à la violation de son intégrité territoriale. Le Conseil de sécurité à l’unanimité a fait droit à la requête malienne et s’est prononcé en faveur de la mise sur pied d’une force africaine appuyée par l’ONU pour restaurer la légalité dans le Nord. Trop de mois se sont écoulés entre les résolutions et leur mise en œuvre, alors que les forces alliées à al-Qaida recevaient une aide soutenue – nous n’oserons pas dire « humanitaire » – en provenance des pétromonarchies du Golfe.

 

Si l’on peut admettre que l’offensive des milices djihadistes a sans doute précipité la décision de l’Élysée, dont se félicite, il est vrai, une partie non négligeable de l’opinion malienne et africaine, la France courrait de gros risques dans la poursuite d’un face-à-face avec les forces islamistes. Il y a urgence à passer au plus vite à une étape qui dépasse les rapports France-Afrique. Faute de quoi, ressurgirait dans l’opinion africaine le spectre de la Françafrique et du syndrome Foccart. Le gouvernement, qui doit a posteriori – on le regrette – s’exprimer aujourd’hui devant les parlementaires, est évidemment attendu sur les réponses qu’il y apportera. Les risques d’enlisement dans les sables du Sahel, le recours aux prises d’otages meurtrières, l’armement sophistiqué dont disposent les hommes liges des émirats… de nombreux indicateurs sont au rouge, qui laissent présager un combat difficile, qui devra impliquer toute la communauté internationale et ne se limitant pas au fracas des armes, mais incluant le développement. Sans jamais omettre l’essentiel : la maîtrise, par le peuple malien, de son propre destin.

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4 janvier 2013 5 04 /01 /janvier /2013 18:56

 

D’abord, ça commence mal avec les hôtesses de Cubana de Aviacion à qui on a l’impression d’avoir infligé une peine de travail obligatoire et dont l’attitude constitue aux yeux des passagers une triste première image de la Grande Ile. Rien à voir avec les jeunes ingénieurs, techniciens, professeurs, musiciens, simples employés, serveurs rencontrés au fil du voyage et n’ayant pas, eux, la possibilité financière de voyager à l’étranger. Ils affichent la jeunesse éduquée, souriante, confiante et enthousiaste d’un pays en plein mouvement. Ils sont les enfants de Fidel et de Raul Castro, des anciens guérilleros, des combattants aujourd’hui vieillissants qui progressivement vont disparaître.

 

Je rentre de Cuba trois ans après mon dernier séjour dans l’île. Je m’interrogeais sur l’application des réformes annoncées, il y a un an et demi. L’explosion des activités économiques en tous genres, de la restauration au réparateur de vélo, de l’industrie pharmaceutique à la serveuse de café sur le pas de sa porte, du vélo-taxi au tourisme de masse et surtout le spectaculaire succès des réformes agraires avec champs et pâturages accueillant des troupeaux de vaches et de chèvres ainsi que les  cultures maraichères et les jardins urbains confirment la nouvelle étape franchie par Cuba dans son développement malgré le blocus criminel imposé depuis plus de 50 ans par les Etats-Unis. Imaginez, une seul instant, que la France ait été bloquée pendant un demi siècle à ses frontières avec la Belgique, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne!

 

A Cuba on n’a pas  – pour l’instant – de pétrole mais le système D, on connaît. La propreté des villes (à part quelques quartiers à la Havane), des bas-côtés des routes surprend. « Ici, je vois parfois la pauvreté, pas la misère », glisse Irène, une amie française.

 

Pour apprécier les progrès enregistrés à Cuba, il faut sortir des sentiers touristiques : pour les Canadiens, le ghetto de Varadero limité au soleil, à la plage et au mojito; pour les Européens, le vieux quartier de la capitale et la ville coloniale de Trinidad transformés en réserve à peaux blanches où sont lâchés les chasseurs d’euros et autres marchands de souvenirs. Un mal que Fidel Castro en personne regrettait lors d’une interview conduite par Roland Leroy, alors directeur de « l’Humanité », conscient « du danger de la dollarisation des esprits. Mais comment survivre sans utiliser au maximum notre potentiel ? » Cuba ce n’est pas seulement Varadero et Trinidad. Cuba, c’est autre chose.

C’est Isabel, 30 ans, agronome, qui explique qu’après la chute de l’URSS, premier acheteur de sucre, la moitié des terres consacrées à la canne a été distribuée aux paysans -  leur pouvoir d’achat a triplé - pour favoriser l’élevage et les cultures. C’est Helena, ingénieur agronome, qui nous vante les différentes plantes utilisées pour combattre le cancer, les maladies du foie, cardio-vasculaires et…pour stimuler la sexualité. C’est Jorge chargé de la visite de l’Eglise de Remedios et sa vierge enceinte qui s’étonne d’une question sur les libertés religieuses. « Ici, toutes les église sont ouvertes », dit-il, avant de rejoindre l’un des deux bistrots de la place «  La Foi » et « le Louvre ».  C’est Maria, la directrice d’une crèche et d’une maternelle accueillant des enfants de 1 à 5 ans, chaque classe étant encadrée par une enseignante et trois assistantes. Ce sont les petits villages traversés tous dotés d’une école et d’un dispensaire.

Cuba, c’est aussi Manuel et Yara. Il est médecin, bac plus 10, spécialiste des maladies infectieuses, elle est biologiste. Pour arriver jusqu’à chez eux «  t’arrives au bout de la route. Le Parti est à droite, tu prends à gauche », s’amuse un passant. Manuel et Yara, enfants de paysans, doivent «  tout à la révolution ». Mais, ajoutent-ils, « nos salaires sont trop bas et le simple guide de tourisme gagne dix fois plus que nous. » Manuel et Yara se transforment en restaurateur le temps d’une soirée pour gagner les euros nécessaires à l’achat d’un ordinateur. Cuba, c’est aussi Sarah fière de ses fils ingénieurs « gagnant beaucoup d’argent en Floride » et qui considère «  normal » que ses enfants aient été formés par l’école cubaine pour se mettre après au service du capitalisme yankee. La fuite des cerveaux ne préoccupe pas Sarah. En revanche, l’argent envoyé par ses fils est le bienvenu.

 

Cuba va mieux. Les années terribles de l’après camps socialiste sont à ranger au rayon du passé. Les réformes économiques ont donné un nouveau souffle au pays. L’environnement progressiste latino-américain avec notamment le Venezuela, la Bolivie, le Brésil, l’Equateur est plus favorable à la révolution cubaine. Les Etats-Unis ont tenté et tentent toujours d’étrangler Cuba qui a investi dans les intelligences et les nouvelles technologies et échange désormais son savoir faire contre du pétrole et autres produits. Des milliers de médecins cubains sillonnent l’Amérique du sud. Ils sont devenus les champions dans des secteurs comme l’ophtalmologie, le cancer, les maladies de peau… mais devraient consacrer une part de leurs efforts à la lutte contre l’obésité, les Cubains passant trop de temps à manger le plus souvent sucré.

 

Cuba va mieux. A Washington, cette évolution ne plaît guère et aucune mesure n’est envisagée pour mettre fin au blocus et au scandaleux maintien en prison des 5 patriotes cubains envoyés à Miami pour combattre le terrorisme  après accord des services spéciaux US et alors qu’une vague d’attentats frappaient la Havane.

 

Cuba va bien. A ceux qui pensent que le prétendu standard « démocratique » européen doit s’appliquer  partout dans le monde, les responsables cubains répliquent : « Croyez-vous qu’un pays sous blocus, agressé depuis tant d’année soit le meilleur terreau pour l’épanouissement de toutes les libertés ? » La Grande Ile fait parler d’elle depuis 50 ans alors que les autres pays proches restent dans l’anonymat. N’y a-t-il pas là une source de réflexion ? Ne faut-il pas se demander pourquoi les médias consacrent des kilos d’informations aux opposants dont il est prouvé que la plupart sont payés par les services nord-américains et tout récemment ont observé le silence sur les effroyables dégâts provoqués par l’ouragan Sandy dans la partie orientale du pays ? Peut-être parce que Cuba a su limiter les pertes humaines alors qu’à New York les victimes se comptent par dizaines.

 

Radio Reloj, la radio qui donne l’heure chaque minute et 24 heures sur 24, n’est pas près d’arrêter d’émettre tellement les Cubains la considère comme patrimoine national. Comme la révolution qui malgré les années, les échecs et les progrès reste vivante dans le cœur de la majorité des Cubains.

José Fort

L’Humanité Dimanche  (3 au 9 janvier 2013)

 

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20 novembre 2012 2 20 /11 /novembre /2012 19:28

 

Monde - le 20 Novembre 2012

Proche-Orient

Gaza : entretien avec le communiste israélien Dov Khenin

Pour le député communiste au Parlement israélien, membre du mouvement Hadash : "Il ne s’agit pas seulement d’un problème entre le Hamas, Israël et l’escalade actuelle, la véritable question reste celle de l’occupation, le fait que les Palestiniens n’ont toujours pas le droit à l’autodétermination en créant leur propre État indépendant".

Quel est le but recherché 
par le gouvernement israélien ?

Dov Khenin. C’est une question qui reste ouverte ! Même l’establishment israélien comprend qu’il est impossible de détruire le régime du Hamas à Gaza par une opération militaire. D’où la question de la véritable raison de l’attaque en cours. Même si le but réel était d’amener une sorte de calme dans le sud d’Israël, il faut se souvenir qu’il y a eu des opérations similaires dans le passé. Il y a quatre ans, l’opération « Plomb durci » était censée régler la question. En réalité, cela a apporté beaucoup de souffrances à Gaza, 1 400 personnes ont été tuées, des centaines de maisons ont été détruites. Et, au bout du compte, rien n’a vraiment changé. Le problème de sécurité reste entier. Il faut une fois pour toutes comprendre que la voie militaire ne résoudra pas le problème de sécurité des citoyens israéliens.

Que pensez-vous des pays qui, comme la France, 
estiment que Palestiniens et Israéliens partagent 
la responsabilité de ce qui se passe ?

Dov Khenin. Il faut considérer plus largement la question palestinienne. Il ne s’agit pas seulement d’un problème entre le Hamas, Israël et l’escalade actuelle. C’est un problème plus important et plus large. La question principale n’est pas de savoir qui tire sur Gaza ou sur le sud d’Israël. La véritable question reste celle de l’occupation, le fait que les Palestiniens n’ont toujours pas le droit à l’autodétermination en créant leur propre État indépendant. Une telle situation, évidemment, ne permet pas d’aller dans ce sens, d’arriver à un accord de paix et de mettre fin à l’escalade militaire. Voilà la question centrale. Malheureusement, l’Union européenne ne prend pas une position ferme sur cette question de la paix.

Y a-t-il un danger qu’une telle opération, par contrecoup, n’affaiblisse Mahmoud Abbas à la veille de sa nouvelle intervention à l’ONU pour réclamer un statut 
d’État observateur ?

Dov Khenin. Avant que l’opération sur Gaza ne démarre, le gouvernement avait développé l’idée de se débarrasser de Mahmoud Abbas et de l’Autorité palestinienne. Le ministre des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman, l’a dit ouvertement. Cette nouvelle guerre est peut-être menée pour pousser Abbas dans un certain coin politique des combats qui se déroulent dans l’arène israélo-palestinienne.

Le Parti communiste et le mouvement Hadash 
organisent des manifestations contre la guerre à Gaza. Comment êtes-vous reçus ?

Dov Khenin. Ce n’est pas facile ! Nous avons eu notre première manifestation le soir même du déclenchement de l’opération. Actuellement nous luttons contre un courant nationaliste qui se développe en Israël. Il est important que se fassent entendre des voix différentes, alternatives qui, avec le temps, reçoivent de plus en plus de soutien de la part de différents secteurs de l’opinion publique israélienne.

Lire aussi :

Entretien réalisé par Pierre Barbancey

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20 novembre 2012 2 20 /11 /novembre /2012 07:02

Qui a violé la trêve à Gaza ?, par Jean-Claude Lefort,
président de l'AFPS

Une trêve existait entre Israël et le Hamas avant le déclenchement des opérations israéliennes actuelles à Gaza. Les grands médias, sans se soucier autrement des faits, ainsi que les principaux dirigeants de la planète ont repris en cœur l’affi

rmation selon laquelle c’est le Hamas avait violé cette trêve et qu’en conséquence « Israël est en état de légitime défense. » Cela n’est que pure et simple propagande. Déjà ce même scénario avait été utilisé pour la guerre de Gaza de 2008. Au fond, et indépendamment des réalités, Israël est toujours en état de « légitime défense » de sorte qu’il faut soutenir ses dirigeants en les incitant, tout au plus, de faire preuve de « modération » ou de « riposte proportionnée ». Comme on sait, ce sont les Palestiniens qui occupent Israël…

La vérité est toute autre et la question de la responsabilité initiale dans cette dialectique de violence est une question majeure que tout politique sérieux se doit d’établir, quand bien même cela ne correspond pas au schéma qu’il pourrait souhaiter. C’est trop grave pour agir autrement.

Rappelons d’abord, et avant tout, qu’il y a ce fait majeur et insupportable : le blocus de Gaza décrété par Israël qui dure depuis plus de 5 ans maintenant. Cinq ans qu’une population de plus d’1 500 000 d’habitant est placée de force dans une prison et un mouroir à ciel ouvert. Et elle devrait se taire et supporter sans rien dire…

Mais l’enchaînement des faits est sans appel (1) pour établir la responsabilité initiale.

Pour mettre fin à cette situation terrible il faut d’abord tenir compte de cela, de ces faits et de ce qu’ils traduisent. Il faut, en premier lieu, obtenir une trêve qui soit durable. On comptait dimanche soir pas moins de 83 morts et 650 blessés du côté palestinien et 3 morts du côté israélien. Tout cela est inacceptable. Terrible. Insupportable.

Pour obtenir ne trêve qui soit durable, l’Egypte a sans doute un grand rôle à jouer. Mais la France et les autres puissances mondiales, en particulier l’Union européenne, ont également leur rôle à jouer, et vite. Cette trêve durable ne peut pas durer sans qu’il soit mis un terme, aussi et enfin, au blocus de Gaza. La « communauté internationale » le considère comme étant illégal. Mais que fait-elle pour qu’il soit levé ? Rien. Est-elle dépourvue de moyens pour se faire entendre ? Absolument pas. Encore faut-il qu’elle le veuille. L’Union européenne peut faire jouer l’article II de l’Accord d’association avec Israël qui stipule que cet accord ne vaut que si les droits fondamentaux de l’Homme sont respectés. En finir avec l’impunité dont bénéficie la politique israélienne est clairement devenu un moyen majeur de progresser vers la paix.

Si la trêve a été violée par les dirigeants israéliens, cela tient à des considérations de politique intérieure : pour gagner les élections il faut présenter aux électeurs un sordide et terrifiant « tableau de chasse ». Il faut des morts palestiniens. En 2009, Netanyahu a déjà été élu de la sorte en s’opposant à l’arrêt de l’opération « Plomb durci » décidée par Tzipi Livni, premier ministre d’Israël de l’époque.

Mais en violant la trêve et en déclenchant cette nouvelle guerre, Netanyahu poursuit un second but connu de tous : torpiller la candidature palestinienne à l’ONU.

Cette candidature qui lui fait peur par-dessus tout parce qu’elle permettrait à l’Etat de Palestine, même comme « Etat non-membre » de disposer de la possibilité de saisir la Cour pénale internationale. Là encore, on attend que la France et l’Union européenne prennent leurs responsabilités. 65 ans après qu’en 1947 l’Assemblée générale de l’ONU ait décidé le partage de la Palestine et la création de deux États, la question de l’admission de la Palestine à l’ONU sera soumise au vote le 29 novembre prochain. Un Etat est né suite à ce plan décidé le 29 novembre 1947. L’autre promis et prévu à l’époque ne l’est toujours pas.

Qui comprendrait, alors que l’opinion publique française est largement favorable à cette admission, toutes tendances politiques confondues, que la France se dérobe devant un vote positif ? C’est pourtant ce que laissent présager les déclarations tortueuses de François Hollande. Si la France se retrouvait dans une position d’abstention, cela serait gravissime. Pour que la Palestine soit admise à l’ONU comme « État non-membre » il faut une majorité simple des membres de l’ONU à l’Assemblée générale. La majorité est donc acquise. Mais cela se fera-t-il avec ou sans la France ? Les dirigeants de notre pays veulent-ils jouer le rôle qu’on attend de notre pays en faveur du droit et de la justice ? Une abstention de la France le 29 novembre prochain placerait durablement la France du côté des pays hostiles au monde arabe, avec toutes les conséquences qui en découleraient.

François Hollande, comme député puis comme candidat, s’est prononcé clairement pour cette admission. Ce sont ses engagements et « cochon qui s’en dédit » ! A nous de pousser en ce sens pour que la France, par un vote positif, se trouve le 29 novembre en harmonie avec ce rendez-vous de l’histoire. A nous de faire qu’elle joue enfin un rôle positif pour la paix – la paix par le droit et la justice !

Jean-Claude Lefort

(1) Le PCHR rapporte : le 5 novembre l’armée israélienne tire, près de la frontière, sur un jeune de 20 ans. Les médecins palestiniens n’ont l’autorisation de l’évacuer qu’au bout de six heures. Il est mort. Le 8 novembre, l’armée israélienne fait une incursion de 300 mètres au nord-est de Khan Younis. Elle nivelle des parcelles de terres se protégeant par des tirs à l’aveugle, puis elle se déplace vers le sud jusqu'au village d’Abassan. Elle ouvre à nouveau le feu sans cibles précises et nivelle encore des terres. Aux environs de 16h30, à la suite de ces tirs à l’aveugle, un jeune de 13 ans, qui jouait au football avec ses amis, est grièvement blessé par une balle à l'abdomen. Il meurt 15 minutes plus tard. Le 10 Novembre vers 15h30, des véhicules militaires israéliens tirent un obus sur des enfants qui jouent au football à Al Mentar à l'est de la ville de Gaza, à 1.500 mètres de la frontière. Deux jeunes sont tués. Des civils se précipitent sur les lieux. L’armée tire trois obus, deux autres civils palestiniens sont tués sur le coup. Ces faits sont rapportés par le PCHR. Qui peut les ignorer en haut lieu ? C’est ce que font pourtant les dirigeants occidentaux. Lourde est leur responsabilité. Il en va de même pour Ahmed Al-Jabari, le dirigeant du Hamas, froidement assassiné le 14 novembre dans sa voiture par un missile israélien. S’il était dehors et dans sa voiture, c’est précisément parce qu’il y avait bien une trêve. Il était le mieux informé de tous.
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20 novembre 2012 2 20 /11 /novembre /2012 06:52

Monsieur le Président,

 

 

 

Monsieur le Président de la République, je remets entre vos mains qui peuvent tant une demande pour des humains qui n’en peuvent plus.

 

Monsieur le Président, j’ai reçu un message par internet de mon ami Ziad Medhouk. Mon ami qui demeure à Gaza. Mon ami poète et brillant enseignant de français. Mon ami sous les bombes, cette fois encore, et encore, et toujours. Mon ami enfermé et sans pays, ailleurs qu’en son cœur.

 

Monsieur le Président, ce soir j’ai reçu un e-mail de mon ami. Un e-mail terrible, un e-mail horrible. Il me dit que l’immeuble qui jouxte le sien a été soufflé par les bombes. Il me dit que, lui qui ne pleure jamais, pleure aujourd’hui les larmes de son corps. Il me dit que dans cet immeuble de 5 étages qui n’existe plus vivait la famille Dalou. Dans cette immeuble pulvérisé, 12 morts, 12 cadavres, 12 horreurs. Et une montagne de larmes et de souffrances. Et le regard sans âme d’une barbarie méprisante…

 

Monsieur le Président, vous n’avez pas le temps, je ne vous parlerai pas des blessés, pas des angoisses, pas des deuils impossibles, pas même de tous ces morts. Je vous parlerai des enfants, juste des enfants… Vous aurez bien un tout petit peu de temps, pour des enfants, pour ces obscures enfants entrés dans la mort. Il est important que vous pensiez à eux, eux pour qui il est trop tard. Pour eux vous ne pouvez plus rien. Puis vous pensez aux autres, envers qui vous pouvez tant.

 

Monsieur le Président, j’ai vu ces enfants, ces enfants sortis des photos, sortis de ce trou et des gravats souvenir de ce qui fut un immeuble de vie. Je vois ce sauveteur, ce voisin, ce parent ( ?) sortant ce petit corps pantelant. Sur une autre photo je vois un brancard, un pauvre brancard tout petit où sont posés collés l’un à l’autre ces corps minuscules, comme endormis, comme se touchant l’un l’autre pour se rassurer, comme pour se dire que ce n’est que la mort.

 

Monsieur le Président, ne me dites pas que vous ne pouvez rien. Que vous compatissez mais ne pouvez rien.

 

Monsieur le Président, je dois aussi vous parler de Nathan Blanc. Il a 19 ans et demeurait à Haifa. Il est israélien. Aujourd’hui il demeure en prison. Nathan n’avait pas connaissance de ce témoignage de Ziad, mais il savait ce qui était en train d’advenir. Nathan a eu le courage de dire non, au prix de la prison.

Monsieur le Président, vous ne pouvez pas abandonner Nathan, ce tout jeune pacifiste israélien, et dans le même mouvement tourner le dos à mes amis israéliens, juifs comme moi, qui ont le courage d’affronter cette folie guerrière. Au nom de mon pays la France, au nom de ce pays qu’ont rejoint mes grand parents avec un énorme espoir de liberté et de dignité vous devez vous engager, clairement, fermement. Monsieur le Président, les pacifistes israéliens attendent de nous, les pacifistes palestiniens attendent de nous. N’abandonnez pas au  désespoir Leïla Shahid confrontée au mur colonial.

 

 

Après l’horrible opération « plomb durci » qui avait vu le massacre d’un habitant sur 1000, 5 sur 1000 blessés, le « crime de guerre voir contre l’humanité » avait été évoqué. Et puis rien. Et puis le silence. Et puis pas de Tribunal. Alors, alors ça recommence, cette danse macabre des êtres sans conscience, sans dignité, sans humanité. Monsieur le Président, les silences, les lâchetés, libèrent les bêtes sauvages. Monsieur le Président, le silence est un crime de lâcheté. Simplement appeler à « de la retenu » est un silence, une fuite devant les responsabilités.

 

Monsieur le Président, vous pouvez tant pour mettre fin à cette horreur. Vous pouvez clamer que la France ne se taira plus, que ça suffit. Vous pouvez affirmer l’engagement de la France pour l’application du Droit International, sans faiblesse, pour que la Palestine entre à l’ONU, pour que les frontières intégrales de 67 soient reconnues et imposées.

 

Vous pouvez, Monsieur le Président, appeler à la convocation du Tribunal International que ceux qui commettent ces morts répondent de leurs actes.

 

Monsieur le Président, la paix demande du courage. La paix demande de la détermination. La paix demande du Droit. En vous honorant d’œuvrer pour le Droit vous défendrez la vie, vous porterez la place et l’histoire de notre pays.  

 

Serge Grossvak

Le, 19 novembre 2012 

 

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19 novembre 2012 1 19 /11 /novembre /2012 09:53

 

Politique - le 16 Novembre 2012

Gaza : nombreuses manifestations de soutien prévues en France

Le Parti communiste français a réclamé vendredi "des sanctions contre Israël", appelant à des rassemblements et des "initiatives de protestation" en France, notamment samedi à Paris, "contre cette nouvelle guerre contre le peuple palestinien". De nombreuses organisations, autour du Collectif National pour une Paix Juste et Durable entre Palestiniens et Israéliens, se joignent à l’appel.

"Le PCF appelle à des sanctions françaises et européennes contre Israël jusqu'à ce que cet État accepte de respecter les résolutions de l'ONU", écrit le PCF dans un communiqué, exprimant "son émotion et sa totale condamnation devant l'agression israélienne à Gaza". "La France devra soutenir la résolution palestinienne présentée le 29 novembre au vote de l'Assemblée générale des Nations unies pour que la Palestine voit son statut rehaussé pour accéder à celui d'Etat observateur".
Des manifestations sont ainsi prévues. A Paris, un rassemblement unitaire de solidarité à l'initiative du « Collectif national pour une paix juste entre palestiniens et israéliens », aura lieu samedi 17 novembre à 15 heures, Place de l’Opéra.

Le Collectif National pour une Paix Juste et Durable entre Palestiniens et Israéliens, qui rassemble parmi beaucoup d’autres le PCF, le PG, EELV, la CGT, ATTAC, la Fase, la FSU, GU, Union Juive Française pour la Paix, a lancé plusieurs rassemblement ce week-end, et dès ce vendredi soir, dans toute la France.

-Nantes : vendredi 16 à 17h30, Carrefour des trams : 50 otages/Commerce
- Lannion : vendredi 16 à 18h Mairie de Lannion
- Rouen : vendredi 16 Métro Palais de Justice
- Montpellier : samedi 17/11/2012 à 16h place de la comédie
- Boulogne sur mer : samedi 17/11 à 12 heures
- Lyon : samedi 17/11 14 H Pont de la Guillotière
- Marseille : samedi 17/11 à 14h devant la préfecture
- Belfort : samedi 17/11 à 14h30 Place Corbis
- Orléans : samedi 17/11 15h place Jeanne d’ arc
- Pau : samedi 17 à midi devant la préfecture
- Toulouse : samedi 17/11 à 17h Place du Capitole
- Strasbourg : samedi 17/11 à 16 h Place Kléber
- Nîmes : samedi 17/11 à 15 h devant Carré d’Art
- Angers : lundi 19/11 à 18 place du ralliement

Europe Ecologie-Les Verts a également fortement réagit et a appelé à se joindre aux rassemblements. « Les Nations Unies et l’Union Européenne doivent exiger la fin des bombardements et des assassinats ciblés. […] La France doit assumer sa  responsabilité afin de donner une chance réelle aux négociations en soutenant la demande palestinienne. Il s’agit de l’un des engagements pris par François Hollande durant la campagne présidentielle. Il est nécessaire de le tenir. EELV appelle à joindre le rassemblement du « Collectif national pour une paix juste et durable entre palestiniens et israéliens » à Paris et dans d’autres villes de France. A Paris, samedi 17 novembre à 15h, place de l'Opéra. » 

Signataires du Collectif national pour une paix juste entre palestiniens et israéliens
Agir Contre le Colonialisme Aujourd’hui (ACCA) - Alliance for Freedom and Dignity (AFD) - Alternative Libertaire (AL) - Américains contre la guerre (AAW) - Association des Travailleurs Maghrébins de France (ATMF) - Association des Tunisiens en France (ATF) - Association France Palestine Solidarité (AFPS) - Association Nationale des Elus Communistes et Républicains (ANECR) - Association pour la Taxation des Transactions et pour l’Aide aux Citoyens (ATTAC) - Association pour les Jumelages entre les camps de réfugiés Palestiniens et les villes Françaises (AJPF) - Association Républicaine des Anciens Combattants (ARAC) - Association Universitaire pour le Respect du Droit International en Palestine (AURDIP) - Campagne Civile Internationale pour la Protection du Peuple Palestinien (CCIPPP) - Cedetim / IPAM - Collectif des Musulmans de France (CMF) - Collectif Faty Koumba : association des libertés, droits de l’Homme et non-violence - Collectif interuniversitaire pour la coopération avec les Universités Palestiniennes (CICUP) - Collectif Judéo-Arabe et Citoyen pour la Paix (CJACP) - Collectif Paix Palestine Israël (CPPI Saint-Denis) - Comité de Vigilance pour une Paix Réelle au Proche-Orient (CVPR PO) - Comité Justice et Paix en Palestine et au Proche-Orient du 5e arrt (CJPP5) - Confédération Générale du Travail (CGT) - Confédération paysanne - Droit-Solidarité - Europe-Ecologie / les Verts (EE-LV) - Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives (FTCR) - Fédération pour une Alternative Sociale et Ecologique (FASE) - Fédération Syndicale Unitaire (FSU) – Gauche Anticapitaliste (GA) - Gauche Unitaire (GU) - Génération Palestine - La Courneuve-Palestine - Le Mouvement de la Paix - Les Alternatifs - Les Femmes en noir - Ligue Internationale des Femmes pour la Paix et la Liberté, section française de la Women’s International League for Peace and Liberty (WILPF) (LIFPL) - Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples (MRAP) - Mouvement Jeunes Communistes de France (MJCF) - Mouvement Politique d’Education populaire (M’PEP) - Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) - Organisation de Femmes Egalité - Parti Communiste des Ouvriers de France (PCOF) - Parti Communiste Français (PCF) - Parti de Gauche (PG) - Participation et Spiritualité Musulmanes (PSM) - Une Autre Voix Juive (UAVJ) - Union des Travailleurs Immigrés Tunisiens (UTIT) - Union Juive Française pour la Paix (UJFP) - Union Nationale des Etudiants de France (UNEF) - Union syndicale Solidaires

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5 octobre 2012 5 05 /10 /octobre /2012 14:27

Monde

Monde - le 5 Octobre 2012

Venezuela : une marée rouge a envahi le centre de Caracas

Venezuela, envoyée spéciale. A trois jours de l’élection présidentielle, les soutiens d’Hugo Chavez sont sortis dans Caracas par centaines de milliers, malgré la pluie battante, manifester leur soutien au président sortant.


Et le déluge fut. Sur l’avenue Bolivar, la Lecuna, la Mexico, la Urdaneta, les forces armées… Une marée rouge a envahi, hier, les sept principales artères du centre de Caracas. Sept, comme le 7 octobre, jour de l’élection présidentielle, où leur candidat, le président sortant Hugo Chavez, brigue un nouveau mandat. Combien étaient-ils à patienter en dépit d’une pluie diluvienne ? Des centaines de milliers ? Un million, voire plus ?

 

Quoi qu’il soit, ce fut une démonstration de force impressionnante à même de démentir les propos du principal concurrent de Chavez, le candidat néolibéral, Henrique Capriles, qui, quatre jours plus tôt, dans ces mêmes lieux, avait déclaré que sa marche était la plus importante de toute l’histoire du Venezuela. «  Cette avalanche qui a traversé tout le pays ces dernières semaines, nous devons la transformer en une avalanche  de votes dimanche prochain », a lancé Hugo Chavez sous une cascade d’eau.

 

Ce 7 octobre, « nous jouons la vie du Venezuela (…) Entre nos mains  nous ne perdrons pas le futur de la patrie », a précisé le candidat du Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV), avertissant ainsi quant aux enjeux du scrutin dont l’issue s’annoncerait serrée, selon des sondages très controversés. « Le Venezuela était un pays affamé, a poursuivi, Hugo Chavez. Aujourd’hui, il n’y a plus de faim grâce à la révolution ». Le président sortant a par ailleurs rappelé qu’au cours de ces dix dernières années la pauvreté a été réduite de moitié et, dans la foulée, assuré que « ce chiffre devait être réduit de moitié », en référence aux programmes sociaux de ses deux derniers mandats et des grandes « missions » à venir. 

 

Aux premières heures de la journée, par petits groupes, les avenues se sont peu à peu remplies dans une ambiance festive et revendicative. « Nous devons beaucoup à ce président », déclare Germaris, militante des campements pionniers qui travaillent à la construction de logements «  communautaire ».  « C’est grâce à ces politiques que les aides en direction des femmes et des personnes âgées ont vu le jour, poursuit-elle. Vingt-deux universités ont été créées, le réseau de distribution alimentaire, Mercal ». Et demain en cas de réélection ? « J’attends beaucoup de choses ; elles sont toutes positives », s’enthousiasme Germaris au milieu d’une foule diverse et colorée.

 

Sous les slogans, les cris, les drapeaux, et les applaudissements, le président Chavez a fendu, à bord d’un véhicule, cette manifestation considérée comme l’une des plus importantes du pays, en dépit d’une météo capricieuse. Plus d’un y ont vu un signe : des trombes d’eau avaient accompagnées la victoire d’Hugo Chavez, lors de la précédente élection présidentielle, en 2006, qu’il avait remporté avec plus de 62%. 

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5 octobre 2012 5 05 /10 /octobre /2012 08:05

 

Monde - le 2 Octobre 2012

Elections au Venezuela : contre-expertise avec Jean Ortiz

A quelques jours des élections au Venezuela, les médias occidentaux s’en prennent ouvertement à Chavez et ce n’est qu’à reculons qu’ils évoquent, parfois, son bilan social et la réduction des inégalités. L’occasion de faire une contre-revue de presse, et de vous inviter à (re)lire les chroniques de l’ami Jean Ortiz, en reportage au Venezuela cet été, alors que se préparaient déjà les élections.


"Jamais l'opposition n'a eu de meilleur candidat. M. Capriles a mené une campagne extraordinaire, par sa proximité avec les gens et sa démonstration de force" raconte en substance la presse Française ces derniers jours, citant ici un "expert" en opinion publique interrogé par l’AFP.

 

Et qu’en a vu Jean Ortiz ? "La droite, difficilement unie dans la MUD, sorte de front d'unité de façade et "démocratique", sait qu'elle va perdre. La tonalité, dans les rues, les sondages, en témoignent. […] La droite et ses alliés socio-démocrates, démocrates chrétiens, vieux restes des partis qui ont fait faillite, mettent tout en place pour un "néo-putsch" pseudo-démocratique."

 

"La droite, sorte de front d'unité de façade, sait qu'elle va perdre"

Chroniques vénézuéliennes, par Jean Ortiz. A deux mois des élections présidentielles, état des lieux du Venezuela treize années après l'arrivée au pouvoir de Hugo Chavez. Aujourd'hui : "Une invasion invisible ?"

À Caracas, place Altamira, sur le lieu même où se réunirent les putschistes en 2002, où ils prièrent pendant des semaines face à l'obélisque de Luis Roche, à quelques pas du grand hôtel où ils cachèrent les armes, il règne un calme glacé d'hommes d'affaires pressés. Pas une affiche de Capriles. C'est à se demander si le candidat de l'opposition fait campagne dans la rue. Un secteur de la droite reconnaît même qu'il est franchement mauvais. Il est à la fois un montage politico-médiatique, une feuille de vigne, et un expert en communication. Pour gagner en popularité, il va jusqu'à singer Chavez, portant parfois le chapeau paysan des "llanos" (plaines d'élevage) ... lorsque Chavez le porte.

La droite, difficilement unie dans la MUD, sorte de front d'unité de façade et "démocratique", sait qu'elle va perdre. La tonalité, dans les rues, les sondages, en témoignent. Le Comandante bénéficie d'un quotient personnel impressionnant, renforcé par sa lutte courageuse contre la maladie. Alors, la droite prépare déjà le terrain. Sa ligne de défense apparaît clairement dans les médias : " Chavez viole la constitution, le code électoral", "s'apprête à frauder", "monopolise les ondes" ... La droite et ses alliés socio-démocrates, démocrates chrétiens, vieux restes des partis qui ont fait faillite, mettent tout en place pour un "néo-putsch" pseudo-démocratique. Le journal Tal Cual, de l'ex-guérillero repenti, Teodoro Petkoff, ex-ministre ultra-libéral du président COPEI (chrétien démocrate) Rafael Caldera, titre : "Chavez viole la constitution", le code électoral, alors que c'est le candidat ex-putschiste Henrique Capriles Radonski qui a refusé de signer le cahier des charges électoral. La campagne sur la fraude est déjà installée. Battue, la droite conteste d'ores et déjà les conditions de la campagne et le résultat qu'elle pressent. La plupart des chavistes, militants de base ou députés, que nous avons rencontrés craignent qu'après la Lybie, la Syrie, nous disent-ils, ce ne soit le tour du Venezuela. Au parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV), comme au petit parti communiste (PCV), on redoute une déstabilisation qui ferait ici couler beaucoup de sang. "Chavez es pueblo" Un ami universitaire nous laisse entendre que des groupes paramilitaires se préparent, certains venus de Colombie.

Photo : ajcvmovil81 (flickr)


Nous prenons le métro, dangereux selon la propagande des médias-mensonges; il nous apparaît propre, calme et efficace. Des affiches y défendent la réforme agraire, appellent à respecter les règles civiques élémentaires. Arrêt station Capitolio. Sains et saufs. Pas de chars cubains dans les rues, mais une Police nationale bolivarienne, au sifflet strident, créée en 2009 pour pallier la corruption des anciens corps.

 

Place Bolívar, face à la statue équestre du Libertador, un groupe de vieux messieurs et de vieilles dames, anciens guérilleros communistes des années 1960-1970, attendent de recevoir un prix à la mairie. La cérémonie commence par un hommage officiel à Gustavo Machado, fondateur du PCV. Après l'offrande florale aux pieds du Libertador, une chorale entonne l'hymne du Venezuela. Ces vieux lutteurs communistes, Hernán Abreu (Patricio), Carmen Estévez (Lucía), sont émus de la présence d'un communiste français. L'internationalisme peut s'avérer lacrymal. Demain, départ pour une virée kilométrique à l'intérieur du pays.

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Et aussi : "Mais où est donc l'opposition à Chavez?"

 

Le bilan social de 13 ans de Chavisme


"Le taux de pauvreté a par exemple chuté de 49,4% en 1999 à 27,8% en 2010, alors que l'analphabétisme est passé de 9,1% en 1999 à 4,9% en 2011" doit constater, par la force des choses, la presse. Ce sont les nombreux « Mais » qui suivent qui sont intéressants. La réforme agraire par exemple est assez critiquée ainsi que "le programme de distribution d'aliments dans un pays qui n'a quasiment plus d'activité agricole alors que l'Etat a exproprié près de trois millions d'hectares."

 

"La lutte est dure, tendue; elle sera longue, mais on ne reviendra pas en arrière" expliquent de leur côté des paysans vénézuéliens à Jean Ortiz. Car "chaque petit producteur bénéficie d'une grande facilité pour accéder a des crédits, dans des conditions particulièrement favorables."

 

Et si "La Révolution a commencé à changer la vie des petits et moyens paysans, l'agriculture, longtemps laissée a l'abandon, ne représente encore que 10% du PIB." Retrouvez aussi le témoignage de German Gustavo Pernia Vera, la réforme agraire, il l'a payée de son sang et de sa sueur. "Cette terre, je ne la rendrai pas"

Quant aux universités : "Afin d'optimiser la démocratisation, le gouvernement a ouvert des universités bolivariennes, décentralisées, revendiquant des contenus et un enseignement novateurs. Elles ont fait exploser les inscriptions (augmentation de 300%), et le nombre d'étudiants, de 18 ans à 90 ans, est impressionnant."

 

L’insécurité reste un véritable problème


C’est d'ailleurs ce qui est le plus mis en avant pour critiquer le bilan du Chavisme. La criminalité reste très élevée. Dans le centre de Caracas  raconte Jean Ortiz, "commerçants, cafetiers, banquiers, employés, vous préviennent : « Faites attention à vous ». La préoccupation populaire est réelle. Mieux vaut ici voler une banque que la posséder. L'insécurité, la droite en fait son cheval de bataille." Lire aussi : Caracas : un coupe-gorge ?

 

La chronique conclusive de Jean Ortiz est plus que jamais d’actualité :"Le Venezuela chaviste est un pays laboratoire d'expériences sociales et politiques passionnantes. Nous sommes convaincus que le résultat des élections présidentielles du 7 octobre concerne tous les révolutionnaires et progressistes du monde. La droite ne s'y trompe pas. Les Etats-Unis, la CIA, les grands médias internationaux multiplient leurs campagnes de diabolisation de la révolution et de son leader, voire de criminalisation. Tous les sondages, n'en déplaise à l'immense écrivain et nain politique Vargas Llosa, donnent Chavez largement vainqueur. Le scénario impérialiste se précise de jour en jour: Capriles doit gagner. S'il ne gagne pas, c'est qu'il y aura eu fraude..."

 

Retrouvez toutes les chroniques vénézu

 

Chronique vénézuélienne par Jean Ortiz

 

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BRUNO FORNACIARI

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