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11 août 2017 5 11 /08 /août /2017 09:44

 

Venezuela : quand Ensemble de Clémentine Autain hurle avec les loups fascistes  par Disjecta  mercredi 9 août 2017

Déjà pris dans le pot à confiture sur la Libye, la Syrie et l'Ukraine, le parti Ensemble de Clémentine Autain démontre une nouvelle fois dans un communiqué sur le Venezuela sa propension à promouvoir le calendrier impérialisme et fasciste des USA.

D'un journal détenu par un milliardaire comme l'est Libération (propriété de Patrick Drahi, thuriféraire de l'état raciste israëlien), on n'attendra guère de ses journalistes autre chose que les sons de cloche otanesques unanimement répandus dans les médias "libres" français, tant privés que publics. Quotidiennement depuis plusieurs semaines, Libération y va de sa banderille de propagande afin de soutenir l'arrivée au pouvoir au Venezuela d'un régime fasciste. Ce matin (9 août), c'est François-Xavier Gomez qui s'y colle. Il commence par une mise à jour mettant en avant la condamnation par 12 états d'Amérique du Sud de l'assemblée constituante élue le 30 juillet dernier au Venezuela. " Parmi ces pays, on trouve les plus importants du continent : l’Argentine, le Brésil, le Canada, le Chili, la Colombie, le Costa Rica, le Guatemala, le Honduras, le Mexique, le Panama, le Paraguay et le Pérou", souligne François-Xavier Gomez, probablement incapable de comprendre alors le grotesque de cette mise à jour. Reprenons donc sa liste de pays donnant des conseils de démocratie au Venezuela :

- Argentine : la première mesure de son président, Mauricio Macri, fut de revenir sur la loi sur les médias du gouvernement précédent de Cristina Kirchner et de rétablir ainsi la toute-puissance des conglomérats privés ; il applique depuis son arrivée au pouvoir une féroce politique d'austérité pro-patronale, faisant exploser la dette de l'Argentine et la pauvreté ;

- Brésil : l'actuel président, Michel Temer, est en place depuis un coup d'état "institutionnel" contre la présidente légitimement élue Dilma Roussef ; politique ultra-libérale pro-patronale, corruption, etc.

- Canada : caniche des Etats-Unis

- Colombie : caniche des Etats-Unis, assassinats réguliers de journalistes, de militants progressistes et de syndicalistes, découvertes régulières de fosses communes, promotion du para-militarisme d'extrême-droite.

- Costa-Rica : pays sous protectorat étasunien de fait.

- Honduras : innombrables assassinats de journalistes et de syndicalistes depuis le coup d'état de 2009 contre le président Zelaya, appuyé par les Etats-Unis.

- Mexique : fraudes nombreuses lors des dernières élections présidentielles, disparitions, tortures, assassinats, notamment le 26 septembre 2014 de 43 étudiants de l'école normale d'Ayotzinapa venus manifester contre le gouvernement à Iguala.

- Panama : pays sous protectorat étasunien depuis son invasion et son occupation commandées par Bush Sr en 1989.

- Paraguay : son président élu et de gauche, Fernando Lugo, est renversé par un coup d'état "institutionnel" en 2012 ; retour depuis aux politiques néo-libérales les plus agressives.

- Pérou : pays sous protectorat étasunien, l'installation d'une nouvelle base militaire de l'armée étasunienne dans ce pays est annoncée au début de cette année, qui s'ajoute aux sept bases déjà présentes.

On suppose bien qu'avec la mémoire de poisson rouge qui caractérise la plupart de nos journalistes français, François-Xavier Gomez n'a aucune idée de l'absurdité qu'il y a à brandir la condamnation de l'assemblée constituante tout juste élue au Venezuela par douze pays tous marqués par des coups d'états, des assassinats de syndicalistes et une inféodation étroite aux Etats-Unis. Après une telle entrée en matière, on n'est donc guère surpris de voir l'article de Gomez se poursuivre par ces mots : " Le haut-commissaire aux droits de l’homme des Nations unies, le Jordanien Zeid Ra’ad al-Hussein, a dénoncé mardi « une tendance évidente à l’usage excessif de la force à l’encontre des manifestants » au Venezuela. " Après avoir mis en avant douze pays à des stades plus ou moins avancés de dictature bourgeoise et fasciste, François-Xavier Gomez cite donc un ressortissant du Royaume de Jordanie, pays qui, rappelons-le, est une monarchie prétendument parlementaire où le premier ministre est désigné par le roi, les parlementaires révocables par celui-ci ; un pays au sujet duquel un rapport de 2016 d'Humanrights écrit : "Les actes de torture et de mauvais traitement perpétrés par les agents des services de sécurité restent dans la plupart des cas impunis. Les manifestations sont souvent réprimées de manière violente. La liberté d’expression, d’association et d’information subissent de fortes restrictions. En particulier, les expressions critiques à l’égard du roi, des agents de l’État et de l’islam sont passibles de poursuites pénales. "

En somme, ou bien François-Xavier est un épouvantable idiot ou bien il prend ses lecteurs pour des ahuris. En tout état de cause, son article ne sert qu'une seule chose : l'instauration d'un régime fasciste au Venezuela sous supervision de la CIA et, si besoin est, invasion militaire de l'armée étasunienne. Il n'y a cependant là rien d'extraordinaire, répétons-le, car on imagine bien que le milliardaire Patrick Drahi n'a pas racheté Libération pour promouvoir la démocratie, le progrès et la réduction des inégalités dans le monde.

C'est beaucoup plus embêtant lorsque l'on trouve ce type de propagande dans un communiqué du parti Ensemble de Clémentine Autain, supposé faire partie de la France Insoumise, et donc défendre le processus révolutionnaire et constituant en cours au Venezuela. Voici ce qu'il y est notamment écrit :

" Dans une situation économique et sociale chaotique, qui se double d’une insécurité des personnes, le gouvernement Maduro a choisi la fuite en avant dans le seul objectif de se maintenir au pouvoir. Après le désaveu qu’a constitué la victoire de l’opposition aux élections législatives de 2015, et après avoir tenté d’annihiler les pouvoirs de la nouvelle Assemblée, l’élection d’une pseudo Assemblée constituante représente un nouveau coup de force avec un projet de constitution qui remet de fait en cause le principe du suffrage universel, une personne égale une voix. A cette farce électorale, s’ajoute la répression des opposants politiques, les violences quotidiennes contre les manifestants qui ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés, et au mépris même de la constitution chaviste, le refus d’organiser le référendum révocatoire du président, le blocage des élections des gouverneurs prévus en 2016. Le Venezuela n’est plus aujourd’hui un Etat de droit, ce que ne saurait masquer la rhétorique « anti-impérialiste » du gouvernement. "

Ensemble a donc choisi de hurler avec les loups. Ensemble a donc décidé d'appuyer la tentative de coup d'état fasciste menée au Venezuela par le patronat le plus rétrograde, le clergé le plus réactionnaire, la bourgeoisie la plus revancharde et la CIA. Ensemble, prétendu parti progressiste, se place donc du côté de ceux qui, naguère déjà, vilipendèrent le Chili de Salvador Allende et permirent la dictature sanguinaire et ultra-libérale du général Pinochet. Le communiqué d'Ensemble sur le Venezuela fait donc de ce parti un complice objectif des tentatives actuelles de l'impérialisme étasunien et de la bourgeoisie fasciste d'Amérique du Sud afin de ramener le continent aux délicieuses heures des dictatures militaires d'extrême-droite du 20ème siècle. En somme, sous ses jolies couleurs rouge et verte, Ensemble promeut un agenda fasciste en Amérique du Sud et se révèle un vilain sous-marin de l'impérialisme sanguinaire étasunien. A moins de dénoncer ce communiqué qui, d'après certains échos sur les réseaux sociaux, aurait été imposé à ses militants par sa direction, Ensemble doit être promptement banni de la France Insoumise

Il semble un peu bousculé par ses convictions, Pablo Stefanoni, dans l’article qu’il a fait paraître sur le site Nueva Sociedad sous le titre « El retroceso ‘nacional-estalinista’ » (« le recul ‘national-staliniste’ ») et repris sur Mediapart sous le titre « La tentation du national-stalinisme au Venezuela ». Il constate – un peu vite –, juge – un peu trop vite –, mais ne renseigne pas. Le lecteur est trimballé et secoué entre des propos péremptoires qui claquent comme des coups de cravache et ne trouve pas à se raccrocher à une perspective historique, à la profondeur d’une analyse ou à un minimum de prudence intellectuelle. Un tract militant, en somme, que cet article qui ne creuse pas ses propres arguments et apporte un soutien inattendu à la propagande occidentale contre la révolution bolivarienne. Est-ce bien digne de l’ex-directeur de l’édition bolivienne du Monde diplomatique?
Citant, pêle-mêle, la corruption de l’armée, les coupures d’électricité, les pénuries et une violence urbaine incontrôlée, l’auteur prétend mettre en évidence la « dégradation morale du processus bolivarien ». Quel que soit le problème évoqué, le président Maduro en est considéré comme le principal responsable et, si ce dernier accuse les Etats-Unis de mener une guerre économique contre son pays, c’est uniquement parce qu’il est de mauvaise foi et qu’il cherche à détourner l’attention de ses propres forfaitures.  « L’Empire conspire partout, écrit Pablo Stefanoni, mais dans les autres pays de l’ALBA, plus ou moins bien administrés, la nourriture ne manque pas sur les marchés ». A chacun ses responsabilités ! Et pour contrer la sanction de l’électorat, il a inventé l’  « entourloupe » de la Constituante – le texte original dit « la manœuvre », « la maniobra » – afin de neutraliser un Congrès où l’opposition est majoritaire depuis 2015. Une démarche révélatrice de la dérive autoritaire constatée par Pablo Stefanoni qui affirme que « ce n’est pas la première fois, ni la dernière, qu’au nom du dépassement de la « démocratie libérale », on supprime la démocratie avec le libéralisme ». D’ailleurs, selon lui, les signes ne trompent pas: plus le gouvernement bolivarien perd en légitimité démocratique, plus il laisse paraître sa « sensibilité nationale-stalinienne », une tendance de fond qu’illustrerait la fascination du président pour le colonel Kadhafi et sa politique de « remplacement de  la démocratie libérale par un État de masse fondé sur son pouvoir personnel et sur une police secrète efficace ». 
Avant d’avancer dans le débat, il nous semble indispensable de souligner qu’en accablant ainsi le président Maduro, Pablo Stefanoni fait, qu’il le veuille ou non, le jeu de la droite vénézuélienne. En voulant démâter une révolution menée, depuis le début, sous les vents contraires du néolibéralisme, il se place, de fait, du côté des États-Unis – prêts à intervenir militairement comme l’a récemment déclaré Donald Trump – et d’organisations comme la NED qui veillent à ce que le monde reste ouvert à la démocratie de marché, à la démocratie des profits défendue par les rentiers de Wall Street, une démocratie gueulée lors de soulèvements populaires soigneusement préparés et qui, en cas de victoire, est sommée de renier son étymologie.
Alors, prenons un peu de recul.
Lorsque Hugo Chavez arrive au pouvoir, il n’est pas le leader d’un mouvement homogène, tous ses suiveurs ne sont pas convaincus de la nécessité de bâtir un monde plus juste. Comme l’explique Sébastien Ville[1], Chavez est alors entouré de « centaines de petits barons locaux » et de « quelques dizaines de cadres de l’ancien régime » qui l’ont rejoint par opportunisme. « Une partie de la bourgeoisie vénézuélienne » a fait campagne à ses côtés en espérant que ce lieutenant-colonel, une fois élu, s’endormirait dans les délices de Capoue et leur laisserait les mains libres. Une hétérogénéité qui explique l’enlisement des premières réformes de Chavez. Dès le départ, ces « conservateurs incrustés dans la coalition de Chavez […] font inscrire dans la Constitution des dispositions qui font obstacle à la radicalité portée par la population » (Ville). Conscient de cette trahison venant de ses propres rangs, Chavez « se fait voter les pleins pouvoirs en 2001 et décrète 49 lois » ce qui amènera des lock-out patronaux et l’entretien de pénuries organisées, en réalité, par l’opposition patronale. Maurice Lemoine cite le cas des producteurs de lait de l’État de Zulia qui « jetaient dans les rivières, des millions de litres de leur production pour générer la pénurie ». Parions qu’une enquête approfondie multiplierait les exemples de ce type.
Cette guerre du patronat contre la révolution atteint son point culminant en avril 2002, lors du coup d’Etat de Pedro Carmona et de la Fedecámaras (le MEDEF vénézuélien), une opération mise en échec en deux jours grâce à la présence de réseaux chavistes au sein de l’armée.
Contraint de court-circuiter un appareil d’État « complice […] de l’opposition et principal organisateur de la corruption », Hugo Chavez lance alors les grandes missions sociales. Il est indispensable de contourner les instances politiques qui fonctionnent comme des relais irréformables de l’oligarchie. En 2005, par exemple, c’est très consciemment qu’ « il fait appel à la mobilisation populaire [pour] s’opposer à l’inertie des gouverneurs, maires ou ministres chavistes » à travers l’Union Nationale des Travailleurs (UNT).
« Drôle de Président de la République qui en appelle à la subversion de son pouvoir politique », s’exclame Sébastien Ville qui observe, en outre, que c’est la confrontation avec la violence de l’opposition qui provoque la radicalisation du gouvernement. Une situation qui n’est pas sans rappeler le cas de Fidel Castro qui, pris à la gorge dès sa réforme agraire par l’establishment étasunien et voyant son pays ciblé par des attentats et des bombardements yankees, finira par se déclarer marxiste-léniniste. Quand les capitalistes intégristes poussent la gauche à devenir extrémiste…
Mais Hugo Chavez a beau faire, la société vénézuélienne reste gangrenée par une corruption qui va jusqu’à empêcher la mise en application des décrets. Sébastien Ville cite l’exemple des « grands propriétaires [qui] continuent de faire la loi dans les campagnes grâce à leurs milices privées » et, bien entendu, graissent la patte de « certains cadres de l’institution de réforme agraire ». On ne modifie pas un pays en quelques années, on ne fait pas disparaître un système d’allégeances et de passe-droits avec des ordonnances. La population l’a compris et, méfiante devant des cadres intermédiaires de la révolution, elle boude de plus en plus les élections locales. Sébastien Ville rejoint l’analyse d’Allende dans son analyse des réalités politiques :
« L’appareil d’État (échelons locaux compris), construit pour d’autres intérêts que ceux des masses populaires, ne répond pas aux impulsions de Chavez ; il est un nid de corruption et de clientélisme caractéristique de quarante années de ‘démocratie bipartisane’ »
Bilan : Chavez doit admettre que, malgré huit années passées à la tête du pays, il n’est pas parvenu à mettre en œuvre l’ensemble de sa politique.
Quelle solution apporter alors ? La réponse de Sébastien Ville est parfaitement logique: « Il faut […] détruire l’Etat pour construire un nouveau système d’organisation sociale ».
Bâtir un État révolutionnaire à la place de l’État conservateur, dissoudre les réseaux patronaux qui traversent le tissu social et faire le ménage dans les rangs de la révolution bolivarienne car « nombreux sont les affairistes et arrivistes qui ont fait leur nid dans [son] sillage ».
Une solution pas facile à mettre en œuvre. La révolution a-t-elle les moyens de mener cette guerre contre le patronat qui parasite le pays ?
Pablo Stefanoni semble penser que non. Au début de son article, il cite les paroles de Bertrand Russell, qui, dans un livre intitulé Théorie et pratique du bolchevisme, « avait soutenu que le prix des méthodes [des bolcheviques] était très élevé et que, même en payant ce prix, le résultat n’était pas garanti ». Pablo Stefanoni a du mal à croire aux solutions radicales et préfère se tourner vers l’espoir d’une « normalisation démocratique qui inclurait des contenus sociaux et égalitaires ». Facile sur le papier, facile et progressiste, très social-démocrate, c’est-à-dire en bonne conscience qui avale ses propres mots et les trouve exquis. Il n’est sans doute pas dans le tempérament de Pablo Stefanoni de prendre d’assaut une démocratie que Sartre a défini un jour comme « un ensemble de droits formels accompagnés de démentis concrets ». Il nous semble, d’ailleurs que c’est ici qu’on doit chercher la raison de ce billet : dire à la gauche vénézuélienne que la révolution, ça ne vaut pas le coup, que Lénine est mort et que le chavisme est devenu une farce dramatique. Le changement doit se gagner lentement, en travaillant dur et en faisant preuve d’imagination. Mais, surtout, pas de révolution ! Pas de secousse ! Pas d’excès d’autorité ! Et gare au « national-stalinisme » ! « Faisons tout ce qui est possible pour que Caracas ne soit pas notre mur de Berlin du XXIème siècle », conclut Pablo Stefanoni avec une grandiloquence dont il ne perçoit pas le ridicule.
Dans leur livre La deuxième droite, Jean-Pierre Garnier et Louis Janover affirment qu’ « en acceptant de se soumettre aux mécanismes du système électoral, on conforte l’idée qu’il ne peut exister une voie radicale pour sortir du statu quo, on se place sur le terrain choisi par l’adversaire à qui on offre les meilleures armes ». Pour ces auteurs, le système électoral se limite à « envoyer tour à tour au Parlement et au gouvernement des majorités opposées sur la manière de gérer le système capitaliste mais d’accord pour n’en pas toucher les fondements. »
On aurait aimé que le billet de Pablo Stefanoni décrive mieux et plus précisément la réalité sociale et politique du Venezuela, qu’il expose avec une clarté méticuleuse le fonctionnement d’un État capable de tenir tête, sournoisement, à la majorité placée à sa tête par les élections. On aurait aimé qu’il étale sous nos yeux l’anatomie d’un système de clientélisme et de corruption qui donne à la société vénézuélienne son caractère féodal, avec son cortège de potentats capables de traverser toutes les majorités et de détourner la politique à leur profit.
Mais c’est, manifestement, trop demander.
Bruno Adrie
[1] Sébastien Ville, « La révolution bolivarienne du Venezuela », (Actuel Marx 2007/2 (n° 42), p. 71-83)

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6 août 2017 7 06 /08 /août /2017 09:26

Venezuela. La paix à l’ombre de l’Assemblée constituante

PIERRE BARBANCEY
MARDI, 1 AOÛT, 2017
L'HUMANITÉ
File d’attente devant un bureau de vote, à Caracas dimanche, sous les yeux des pères fondateurs du bolivarisme. Federico Parra/AFP
File d’attente devant un bureau de vote, à Caracas dimanche, sous les yeux des pères fondateurs du bolivarisme. Federico Parra/AFP
 

La nouvelle Assemblée constituante sera installée jeudi. Nicolas Maduro a affirmé que « le moment d’une nouvelle histoire (était) arrivé ». L’opposition continue ses appels à manifester. Washington annonce de nouvelles sanctions.

Caracas (Venezuela), envoyé spécial.
Les Vénézuéliens ont fait mentir les pronostics de tous ceux, dans le pays comme à l’extérieur, qui s’opposaient à la tenue de l’élection d’une Assemblée nationale constituante (ANC), voulue par le président Nicolas Maduro. Plus de 8 millions d’entre eux, soit 41,53 % des électeurs, se sont déplacés. Ils ont pour cela bravé les violences orchestrées par une opposition arc-boutée sur son refus du scrutin sans aucune volonté de participer à la recherche 
de la paix dans le pays et la propagande éhontée des médias internationaux opposés au pouvoir chaviste. Dans les quartiers est de la capitale, des milliers d’habitants n’ont pas pu se rendre aux urnes pour cause de blocage. Sur la place Simon-Bolivar, lieu hautement symbolique de Caracas, le président vénézuélien a pu crier : « Victoire, victoire, victoire populaire ». Pour autant, tout n’est pas réglé. Les Vénézuéliens attendent maintenant des changements pour retrouver la dynamique des années Chavez.

C’était l’ambiance des grands jours sur la place Simon-Bolivar, à Caracas, dimanche, dans la nuit. Des corps qui se frôlent en dansant la salsa, des effluves de rhum, des cris et des chants, de quoi fêter le résultat de l’élection de l’Assemblée nationale constituante. Un scrutin décidé le 1er mai dernier par le président Maduro comme la Constitution lui en donne les droits, contrairement à tout ce qui est dit dans les médias et sur les réseaux sociaux. Un pari loin d’être gagné à ce moment-là. D’abord, parce que l’opposition s’était lancée dans un harcèlement du pouvoir en multipliant les manifestations et en favorisant les violences pour mieux gagner l’opinion. Pari loin d’être gagné également parce que les difficultés économiques, l’incapacité à passer à une économie post-pétrole – la chute des prix du baril a durement affecté le Venezuela – et les manœuvres internationales visant à affaiblir le pays – selon un scénario historiquement connu en Amérique latine mis en place contre les régimes progressistes – se sont traduites pour la population par des mesures draconiennes et une pénurie alimentaire et en médicaments. De quoi renforcer la colère, le ressentiment et une perte de confiance dans les autorités. Et pourtant…

Dimanche matin, certains quartiers est de Caracas, aisés, semblaient un champ de bataille. À l’appel de l’opposition, une partie de la population, visiblement aidée par des groupes venus de barrios plus défavorisés, avait dressé des barrages sur les principales artères. Le but : harceler la garde civile déployée en nombre (et qui a fait usage de gaz lacrymogènes) et, surtout, empêcher la tenue du scrutin. L’opposition avait organisé, il y a deux semaines, un scrutin sauvage visant à délégitimer le pouvoir, et annoncé une participation de 7,5 millions de votants – mais avait immédiatement brûlé tous les bulletins ! Il s’agissait donc d’empêcher le pouvoir de dépasser ce chiffre.

« On a droit de voter mais, eux, ils nous en empêchent »

« Je n’ai pas pu voter dans mon bureau habituel parce que, lorsque je suis arrivée, il y avait des chaînes, racontait Nancy Lucena, la cinquantaine. Avec d’autres personnes qui se trouvaient dans la même situation que moi, nous avons tenté d’aller ailleurs parce que la Commission nationale électorale (CNE) a dit qu’on pouvait voter dans n’importe quel centre de la municipalité, mais il y a eu des affrontements, des gaz lacrymogènes, la police circulait très vite à moto, on entendait des cris, il y avait des barrages. On a couru jusqu’à Chacaito, le quartier limitrophe mais qui n’est pas contrôlé par l’opposition. On a décidé que notre sécurité était plus importante. On a droit de voter mais, eux, ils nous en empêchent. » C’était à Chacao, quartier commercial de l’est de Caracas, dont le maire est de l’opposition. Témoignage similaire de Daniela Lanz, venue du quartier los Ruices et qui devait voter au collège Don-Bosco. « Il y avait une guarimba (actes de violence de l’opposition, NDLR) et je n’ai pas pu voter. J’aimerais qu’il y ait du changement, que ces problèmes se terminent et qu’on puisse vivre tranquille et en paix comme les Vénézuéliens que nous sommes », insistait-elle, encore effrayée. De fait, depuis vendredi, les morts se sont accumulés, d’un côté comme de l’autre. Deux candidats à la Constituante ont été assassinés et un membre de la garde civile a reçu une balle en pleine tête.

La stratégie de l’opposition n’a donc pas fonctionné. Car il s’agit d’une stratégie. Dimanche soir, Nicolas Maduro a révélé que, quinze jours auparavant, dans le cadre de contacts secrets entre le pouvoir et l’opposition, il avait proposé de reporter de deux semaines l’élection de la Constituante pour permettre aux opposants d’y participer. Il a essuyé un refus. Pour les Leopoldo Lopez (lire aussi ci-contre) et autre Henrique Capriles, leaders de l’opposition, il s’agit surtout de faire un grand saut vers le passé. Avant la révolution bolivarienne. Or la Constituante, instrument inconnu pour ceux qui n’ont comme vision que la démocratie occidentale, doit permettre tout à la fois d’approfondir la démocratie participative et d’inscrire dans une nouvelle Constitution – qui sera soumise à référendum – les acquis des dix-huit dernières années. D’où le vote de dimanche, visant à élire d’une part des représentants territoriaux, d’autre part des candidats par catégories socioprofessionnelles. De quoi garantir des débats prenant en compte les problèmes réels du peuple vénézuélien. L’opposition, qui avait gagné les élections législatives et contrôlait l’Assemblée nationale, ne s’est jamais engagée sur cette voie, cherchant seulement le renversement de Nicolas Maduro.

En réalité, l’opposition est divisée entre ceux qui visent les élections de gouverneurs pour prendre des places (les élections sont prévues pour le 10 décembre) et ceux, plus violents, directement liés aux États-Unis. Pour l’heure, cette dernière tendance a pris le dessus. D’où l’appel à continuer les manifestations y compris jeudi, jour de l’installation de la Constituante. Elle est encouragée par les États-Unis, qui ont annoncé leur volonté d’amplifier les sanctions économiques contre le Venezuela, l’Union européenne et surtout Madrid, toujours suivistes de Washington, mais aussi par certains pays d’Amérique latine, à commencer par la Colombie, qui avait annoncé la semaine dernière qu’elle ne reconnaîtrait pas la Constituante. La Colombie, bien peu reconnaissante envers le pouvoir chaviste pour son rôle joué en faveur de la paix et de l’accord avec les Farc. Il est vrai que des groupes paramilitaires colombiens proches du président Juan Manuel Santos sont toujours actifs et possèdent des bases en territoire vénézuélien, notamment dans la région de Tachira.

545 personnes sur 6 120 candidats, vont siéger mercredi

Avec l’élection de l’Assemblée nationale constituante, une nouvelle période s’ouvre au Venezuela. 545 personnes, choisies parmi les 6 120 candidats, vont siéger mercredi. Elles ne sont pas toutes des affidés du pouvoir. Vêtu de rouge, le poing brandi et le sourire aux lèvres, Nicolas Maduro a affirmé : « Le moment d’une nouvelle histoire est arrivé. » Une histoire qui va aussi s’affermir au sein de la Commission vérité, qui vise à faire toute la lumière sur les responsabilités des uns et des autres dans les événements de ces derniers mois et qui ont fait plus d’une centaine de morts. « Abandonnez le chemin de la violence, revenez à la politique », a encore lancé le président vénézuélien sur la place Simon-Bolivar avant de moquer Donald Trump, qui ne reconnaît pas le scrutin.

Les discussions secrètes qui ont pris place ces dernières semaines à Saint-Domingue et à Panama n’ont pas abouti. José Luis Rodriguez Zapatero, l’ancien président du Conseil espagnol, qui servait de médiateur, a demandé la semaine dernière de « passer d’une dynamique de rapport de forces à de véritables efforts de négociations. Le premier responsable, c’est le gouvernement, je lui demande de faciliter la négociation par de nouveaux gestes ». Et il a ajouté, sans doute contrit : « Mais sans la volonté et la détermination de l’opposition, rien ne sera possible. » Sans doute les Nations unies devraient-elles jouer un rôle de facilitateur pour permettre à la paix de s’imposer au Venezuela, message principal des huit millions d’électeurs de dimanche. Les premières décisions de l’Assemblée seront déterminantes pour la suite afin d’imposer ce dialogue. Nul doute que les sanctions américaines ne servent qu’à aggraver la situation économique des Vénézuéliens et empêcher la nécessaire transition vers une économie diversifiée. Comme le disait Nancy Lucena du quartier Chacao, « nous avons obtenu beaucoup de choses et je ne veux pas les perdre à cause des violences. C’est un désastre. Tout le monde veut que le Venezuela tombe mais on ira de l’avant ».

 

L’UE et la France emboîtent le pas de trump

La Commission européenne exprime « de sérieux doutes » sur le processus électoral conduisant à l’élection de la Constituante. Le président du Parlement européen, Antonio Tajani, ex-ministre de Silvio Berlusconi, affirme « ne pas reconnaître cette élection ». Selon le Quai d’Orsay, la France « demande aux autorités vénézuéliennes de consentir, dans un esprit de réconciliation nationale, aux compromis nécessaires au dénouement de la crise, dont le prolongement ne peut qu’accroître le désarroi du peuple vénézuélien et déstabiliser toute la région ». Défendant une « médiation internationale sous l’égide de l’ONU afin de rétablir la paix et la sécurité », le PCF appelle le gouvernement français à agir « fermement en ce sens plutôt que d’emboîter le pas » à l’administration Trump.

grand reporter à l'Humanité
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4 août 2017 5 04 /08 /août /2017 19:51

ARTICLE AVN : VENEZUELA : POUR LE PCV, LE NIVEAU DE LA PARTICIPATION ÉLECTORALE EXPRIME LE REJET DES VIOLENCES DE L’OPPOSITION

Le Parti communiste du Venezuela (PCV) estime que l’élection de l’Assemblée nationale constituante (ANC) constitue une victoire marquante pour le peuple vénézuélien. Elle a enregistré un haut niveau de participation. Les électeurs se sont mobilisés pour rejeter le terrorisme et les menaces d’intervention étrangère.

Dans une conférence de presse, lundi [31 juillet 2017], Oscar Figuera, secrétaire général du PCV, a répété que l’ANC  « sera une opportunité de débattre d’une nouvelle société ».

Il a estimé qu’une partie des couches moyennes de la population, qui ne sont pas chavistes, « veulent empêcher une intervention étrangère contre le pays et manifester leur ras-le-bol de la violence fasciste et terroriste ».

Il a ajouté que ces catégories refusent que « les commandos de mercenaires terroristes de l’extrême-droite fasciste, au service de l’impérialisme américain, créent, chaque jour, des situations qui conduisent à la mort de Vénézuéliens par des actes atroces ».

ARTICLE ULTIMA HORA : « PEDRO EUSSE (PCV) : IL EST IMPORTANT QUE LES TRAVAILLEURS NE NOURRISSENT PAS D’ILLUSIONS ». 

La direction du Parti communiste du Venezuela s’est exprimée après l’élection de l’Assemblée nationale constituante. Elle a participé à cet événement électoral, en alliance avec d’autres partis révolutionnaires, même si elle a exprimé son désaccord avec la forme improvisée de son déroulement.

Pedro Eusse, membre du Comité central du PCV, a souligné que, bien que l’on ne dispose pas [à ce moment – le 31 juillet] du taux final de la participation et que l’on ne connaisse pas quels sont les résultats définitifs et s’il y aura des députés communistes à la constituante, « nous devons mettre en avant le soutien apportés par les 8 millions de Vénézuéliens qui sont venus voter ».

« Il est vrai que la participation n’a pas été aussi massive qu’à d’autres échéances électorales, comme nous l’aurions voulu et comme c’était nécessaire, mais il faut garder en tête que l’opposition n’a pas participé au scrutin. Cela explique qu’il faut retrancher un nombre important d’électeurs ne se sont pas déplacés. »

Pour Eusse, d’une façon générale, le niveau de participation est significatif. Et même des électeurs qui ne se s’identifient pas avec le processus bolivarien ont décidé de voter pour contrer les agissements à venir du Président des Etats-Unis et la violence organisée par l’opposition. Et il s’est trouvé bien des gens qui n’ont pas pu sortir de chez eux à cause du blocage des routes par l’opposition.

Pour Eusse : « Le mouvement chaviste, et ceux qui ne sont pas chavistes mais révolutionnaires, comme le PCV, avaient à mettre en échec un ennemi très important, l’impérialisme américain et son principal porte-parole, le Président Donald Trump. Je pense que le message a été clair ».

Eusse était lui-même candidat à l’Assemblée constituante dans le collège ouvrier. Pour lui, l’ANC va être un espace de débat et de lutte idéologique. Mais elle ne va pas, à elle seule, résoudre les problèmes et garantir la paix, parce que la paix ne sera gagné qu’en vainquant le fascisme. Eusse a expliqué « qu’il est important que les travailleurs ne nourrissent pas d’illusions et ne s’accrochent pas à certains bureaucrates des administrations ou des syndicats. Parce que c’est seulement par nos luttes que nous arriverons à des solutions. Nous devons comprendre que la cause fondamentale de nos problèmes réside dans l’existence même du système capitaliste qui continue de dominer notre pays ».

A la fin de son intervention, Eusse a exhorté à unir les forces du « Front national de lutte de la classe ouvrière » et du « Front anti-impérialiste et populaire antifasciste » pour « transcender les luttes et faire de la bataille pour la libération, une bataille pour une véritable émancipation. »

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3 août 2017 4 03 /08 /août /2017 14:03

Venezuela : Le PGE condamne la tentative de coup d’État parlementaire

L'ouverture annoncée d'un dialogue entre le gouvernement du président Nicolas Maduro et les représentants de l'opposition, avec le soutien de l'UNASUR et des présidents Lionel Fernandez, Martin Torrijos et José Luis Rodriguez Zapatero et avec la médiation du représentant du Vatican Emil Paul Tscherrig s'est écrasé devant le mur du refus de l'aile la plus extrémiste de l'opposition.

 Depuis toujours, la confrontation brutale et le rejet de tout dialogue fait partie des méthodes utilisées par cette opposition. Après les élections législatives de décembre 2015, la nouvelle majorité des représentants des vieux partis cherche à hâter la fin du gouvernement progressiste venezuelien et imposer ses politiques néolibérales.

 Le Tribunal suprême de Justice en reconnaît plus la légitimité de ce parlement qui a imposé, de la manière la plus autoritaire, que trois députés de l'opposition siègent malgré leur élection contestée et entachée par la fraude.

 L'opposition utilise la provocation en voulant imposer un référendum révocatoire cette année alors que les partis de l'opposition ont toujours su qu'ils en pourront obtenir ce référendum puisqu'ils n'ont pas entamé la procédure nécessaire dans les temps prévus par la constitution. L'objectif de ses dirigeants est, encore une fois, la déstabilisation politique, et porter ombre sur la légitimité du gouvernement chaviste.

 La déclaration que l'Assemblée nationale vient de faire publique est un pas de plus dans cette guerre déclarée contre la révolution bolivarienne et est une tentative flagrante de provoquer un coup d’État parlementaire qui rappelle d'autres qui ont eu lieu contre d'autres gouvernements progressistes de la région.

 L'accuser le président Nicolas Maduro d'être l'auteur d'un coup d’État es une manière cynique d'inverser les rôles. Le véritable coup d’État en cours au Venezuela aujourd'hui est celui que l'opposition essaye de mettre en place en d’arrogant des compétences dont elle en peut pas disposer et qui lui permettraient de soumettre le président élu à un procès politique, nommer un nouveau Conseil national électoral et designer des nouveaux magistrats au Tribunal suprême de Justice.

 L’ingérence de la part des alliés de Washington dans la région en s'est pas fait attendre. Le Secrétaire exécutif de l'OEA, le président argentin Mauricio Macri et d'autres représentants des gouvernements de droite ont fait des déclarations qui rappellent les temps où les Etats-Unis pouvaient faire et défaire des gouvernements en Amérique latine.

 Le Parti de la gauche européenne condamne énergiquement cette nouvelle tentative de coup d’État contre le gouvernement légitime du président Nicolas Maduro et déclare son soutien le plus ferme et sa solidarité avec le peuple venezuelien et avec les forces progressistes qui font face à l'offensive des forces du passé.

 Être solidaires avec le Venezuela est favoriser le dialogue qui reste la seule voie pour trouver une issue à la crise actuelle.

 

Source: Parti de la Gauche Européenne

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1 août 2017 2 01 /08 /août /2017 18:26
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Laurence Cohen
6 h

Venezuela : Un vote qui appelle le retour immédiat à la paix et au dialogue 🇻🇪

41,53% des Vénézuéliens ont pu se rendre aux urnes ce dimanche 30 juillet, malgré un climat de violence accru par l'opposition au président Nicolas Maduro qui refusait de présenter des candidats au scrutin et qui entendait l'empêcher en rendant la situation incontrôlable. 10 personnes ont ainsi perdu la vie au cours de cette journée de vote, montant le bilan macabre de ces quatre derniers mois d'affrontements politiques aigus à près de 130 morts.

Le peuple vénézuélien paie d'un lourd tribut son aspiration à la paix. La veille du vote, des militants masqués prétendant défendre la démocratie avaient saccagé du matériel électoral en le brûlant en place publique.

L'opposition appelle déjà à des actions lundi et mercredi, jour d'installation de l'Assemblée constituante ; elle est notamment appuyée par l'Administration américaine qui parle, avec l'élection de dimanche, d'un "pas vers la dictature" et qui brandit à nouveau la menace de sanctions, et par les autorités de Colombie, où 1 million de Vénézuéliens ont émigré pour fuir les violences et trouver du travail.

C'est continuer à jeter de l'huile sur le feu alors qu'il s'agirait pour la communauté internationale de créer les conditions d'une médiation internationale sous égide de l'ONU afin de rétablir la paix et la sécurité au Venezuela.

Le Parti communiste français, partisan de la paix et du dialogue national, appelle le gouvernement français à agir fermement en ce sens plutôt que d'emboîter le pas à un président Trump qui multiplie ces jours-ci les déclarations et décisions agressives.

Le PCF adresse aux forces de la paix, de la justice sociale et de la démocratie vénézuéliennes sa solidarité et affirme la nécessité d'un arrêt immédiat des violences qui endeuillent le peuple du Venezuela.

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30 juillet 2017 7 30 /07 /juillet /2017 06:51
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21 juillet 2017 5 21 /07 /juillet /2017 18:45
Un pays pétrolier qui résiste à l’Empire depuis plus de quinze ans et qui a sorti du néant ses « fils de rien »

VENEZUELA : le bain de sang approche. Que fait la gauche internationale ?

Il ne faudra pas venir pleurer demain lorsque l’on assassinera, torturera, « disparaîtra », les militants chavistes. Les précédents historiques sont malheureusement nombreux.

Les classes dominantes vénézuéliennes veulent une revanche sociale, liquider la « révolution bolivarienne », ou ce qu’il en reste, afin que le peuple des anciens « invisibles » ne relève plus jamais la tête. L’oligarchie veut que ces « fils de rien », auxquels le chavisme a donné statut et dignité, retournent au néant.

On peut émettre des critiques sur la gestion, sur la stratégie du président Maduro. Mais il a été élu, certes de peu, mais élu. Donc légitime. Il propose le dialogue, et a le droit de se défendre contre des émeutiers. La plupart des médias vénézuéliens et étrangers s’acharnent à donner une image chaotique du pays, à mettre sur le dos des chavistes les exactions commises par des groupes violentissimes, masqués, souvent armés, les « guarimbas », qui veulent la guerre civile.

L’opposition vénézuélienne n’est pas toute favorable à ce coup d’Etat permanent, qui va déboucher sur un massacre. Mais les secteurs qui dominent cette opposition sont parvenus à la radicaliser, à instrumentaliser le dépit de secteurs populaires éprouvés. Ils sont majoritairement d’ultra-droite. Ils veulent en découdre, et rapidement désormais. Ouvertement encouragés par la brute va-t-en guerre Trump, ils redoublent d’exactions, de sabotages, de destruction de bâtiments et de services publics, de violences en tout genre.

Le pays étant encore en grande partie capitaliste, l’oligarchie, les propriétaires, les possédants, organisent la guerre économique sur des produits ciblés, et font porter la responsabilité des difficultés structurelles, des pénuries et des queues interminables sur le gouvernement, qui n’est pas tout blanc, mais qui cherche, par la Constituante, une issue pacifique à la crise abyssale.

On peut, voire il faut, critiquer les erreurs du régime, mais n’oublions jamais que les chavistes et le peuple (même si une partie peut s’en éloigner) sont sous le feu permanent d’une véritable guerre menée par les Etats-Unis contre un pays aux énormes ressources pétrolières, et qui a osé résister à « l’Empire » pendant plus de quinze ans et chercher une autre voie que celle de l’inféodation, vers l’indépendance, la justice sociale, le socialisme. Qui a eu le culot, par la voix d’Hugo Chavez, de remettre les dirigeants des Etats-Unis (« ¡Váyanse pal carajo, yanquis de mierda ! ») à leur place.

N’est-il pas temps que la gauche dans son ensemble se ressaisisse et manifeste sa condamnation de l’ingérence étrangère dans un pays souverain, et affirme sa solidarité, fût-elle critique, voire conditionnelle (ni dans l’aveuglement, ni donneuse de leçon), avec la révolution bolivarienne ?

« La solidarité est la tendresse des peuples » disait Che Guevara. Il faut être aveugle, ou inconséquent, pour ne pas saisir ce qui est aujourd’hui en jeu au Venezuela.

Jean ORTIZ, Maître de conférences, université de Pau.

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7 juillet 2017 5 07 /07 /juillet /2017 13:12

CUBA / UE : Les députés cubains rejettent la Résolution non législative du Parlement européen

Les députés cubains déclarent qu'une telle Résolution est « contraire aux principes de respect, d'égalité et de réciprocité contenus dans l'Accord sur le dialogue politique et de coopération, signé à Bruxelles le 12 décembre 2016, entre Cuba et l'Union européenne ».

Le Parlement européen vient de donner son feu vert à l’entrée en vigueur d’un accord de coopération dit "historique" entre l’UE et Cuba, à l’heure où les États-Unis de Donald Trump remettent en cause leur rapprochement amorcé avec l’île. Le feu vert des eurodéputés va permettre une application provisoire de l’accord de coopération avec Cuba, mais les ratifications de tous les États membres de l’UE sont encore nécessaires pour une application complète et définitive.

C'est une bonne chose mais il peut être suspendu si l'Europe constate que les "droits de l'homme" à Cuba ne s'améliorent pas. C'est d'autant plus inacceptable que parallèlement à leur vote favorable, les eurodéputés ont adopté mercredi une résolution (non législative) particulièrement scélérate appelant les deux parties "à donner des garanties qui facilitent l’action des défenseurs des droits de l’homme et la participation active de tous les acteurs de la société civile et de l’opposition politique à ce processus, sans exception".

Le texte "invite instamment le gouvernement cubain à aligner sa politique en matière de droits de l’homme sur les normes internationales" et demande la libération des prisonniers politiques.

La réplique des députés cubains ne s'est pas faite attendre. La voici :

Déclaration de la Commission des Relations Internationales de l’Assemblée Nationale du Pouvoir Populaire de la République de Cuba en réponse à la résolution sur Cuba adoptée par le Parlement européen le 5 juillet 2017

La Commission des relations extérieures de l’Assemblée nationale du pouvoir populaire de la République de Cuba rejette de la façon la plus énergique la résolution sur Cuba que vient d’adopter le Parlement européen, résolution d’autant plus inacceptable qu’elle est contraire aux principes de respect, d’égalité et de réciprocité entérinés dans l’Accord de dialogue politique et de coopération signé à Bruxelles le 12 décembre 2016 entre Cuba, l’Union européenne et ses États membres.

Prétextant de son assentiment à l’application provisoire de cet Accord, le Parlement européen a émis une déclaration qui dénature notre réalité, suggère des recettes dont Cuba n’a nul besoin, constitue une intromission dans nos affaires intérieures et contient des points gravement attentatoires à la souveraineté du peuple cubain

La Résolution du Parlement européen contraste avec le cours positif que suivent les relations de Cuba avec la Commission européenne, le Service européen d’action extérieure et les États membres du bloc communautaire.
Des députés européens, dont la position vis-à-vis de Cuba ne date pas d’hier et dont on connaît l’opposition aux relations entre celle-ci et l’Union européenne, ont fomenté l’adoption de cette Résolution qui non seulement s’avère contre-indiquée et inopportune, mais a de forts relents colonialistes, et qui prétend nous donner des leçons en matière de démocratie et de droits de l’homme, comme si les politiques unilatérales, discriminatoires et sélectives qui avaient caractérisé par le passé la position de l’Union européenne vis-à-vis de Cuba pouvaient être encore de mise.

Tout en se référant timidement aux lois et mesures à effet extraterritorial en cours, la Résolution non législative du Parlement européen ne mentionne ni la Loi Helms-Burton ni le blocus économique, commercial et financier appliqué à Cuba par les États-Unis, qui est contraire au droit international et viole les droits humains du peuple cubain. Curieusement, non contente de passer sous silence le fait que le président Trump vient de renforcer ce blocus ainsi que l’interdiction faite aux Étatsuniens de voyager à Cuba, elle fait sienne la rhétorique à laquelle il a recouru pour annoncer des mesures destinées à complaire à une minorité de vieux ultras et terroristes qui lui a servi de parterre à Miami.

Le Parlement européen ferait mieux de s’occuper de la défiance toujours plus profonde et accrue des Européens envers les institutions communautaires, défiance qui se traduit par des taux de participation très faibles aux événements politiques et électoraux, par la hausse de la xénophobie et des pratiques ségrégationnistes contre les minorités sur le territoire de l’Union, par la carence de solidarité de l’Union européenne envers les réfugiés qui arrivent par vagues d’Afrique et du Moyen-Orient et par son absence de sens de ses responsabilités historiques face à ce phénomène qui continue de causer de lourdes pertes humaines.

Le Parlement européen ferait mieux de s’occuper de la corruption galopante qui sévit dans certains secteurs politiques européens, de la détérioration croissante des systèmes de sécurité sociale, notamment ceux qui ont trait à la santé, de la persistance de taux de chômage élevés, surtout chez les jeunes, et des maigres avancées qu’enregistre l’égalité entre les sexes en Europe.

Nous ne reconnaissons aucun droit au Parlement européen d’aborder des questions relevant du strict ressort du peuple cubain, qui continue d’édifier son avenir socialiste, démocratique, souverain et indépendant.

Commission des relations internationales
Assemblée nationale du pouvoir populaire

La Havane, 5 juillet 2017
An LIX de la Révolution

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Published by bruno fornaciari - dans Cuba SOLIDARITE INTERNATIONALE
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21 juin 2017 3 21 /06 /juin /2017 04:20
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26 mai 2017 5 26 /05 /mai /2017 07:20

Pour la paix et la sécurité dans le monde, la France doit sortir de l’Otan 

VENDREDI, 8 JUILLET, 2016
L'HUMANITÉ

Lydia Samarbakhsh et Joseph Marie Responsables du secteur international du PCF

L’organisation du traité de l’Atlantique Nord (Otan) a été mise en place en 1949 et regroupait alors 12 pays : les États-Unis, le Canada et 10 pays d’Europe de l’Ouest et du Nord. Elle a été souvent présentée comme une alliance défensive destinée à faire face à la menace militaire du bloc soviétique. Pourtant, en 1949, les États-Unis étaient les seuls à posséder la bombe atomique et le pacte de Varsovie n’a vu le jour qu’en 1955 en raison essentiellement de l’intégration de l’Allemagne de l’Ouest (RFA) à l’Otan.

L’Otan est avant tout une organisation militaire, mais, dès l’origine, elle s’est définie comme un outil au service d’une idéologie et un outil pour des intérêts économiques et géostratégiques. Ainsi l’article 2 de la convention constitutive en date du 4 avril 1949 stipule que les parties « s’efforceront d’éliminer toute opposition dans leurs politiques économiques internationales ». Dans la réalité d’une Europe post-guerre détruite et très affaiblie, l’Otan a été totalement dominée par les États-Unis. Pour ne pas dépendre de cette domination, la France, sans quitter l’Otan, s’est retirée de 1966 à 1995 du commandement militaire intégré de l’Alliance à l’initiative du général de Gaulle. Elle réintègre le commandement militaire intégré en avril 2009 à l’initiative de Nicolas Sarkozy et, au sommet de Chicago en 2010, le président Hollande accepte les missions nucléaires de l’Otan et le bouclier antimissiles. En fait, avec la fin de la guerre froide marquée en 1991 par la désintégration du pacte de Varsovie, le caractère militaire et offensif de l’Otan se confirmait en contradiction avec la charte des Nations unies et le droit international, d’autant que la possibilité existait d’un nouveau système de sécurité européen dans lequel l’Organisation pour la sécurité commune en Europe (OSCE), qui avait le statut d’organisation de sécurité régionale tel que défini dans la charte des Nations unies, aurait pu constituer un outil approprié pour la sécurité en Europe.

Mais l’Otan sous le leadership des États-Unis au lieu de revaloriser le rôle des Nations unies a profité de cette situation pour étendre son influence, en élargissant ses compétences à travers un nouveau concept stratégique du National Security Council (NSC) adopté au sommet de Rome les 7 et 8 novembre 1991, complété au sommet de Washington en avril 1999 par la décision de l’Otan de s’autoriser à agir sans le consentement des Nations unies, ce qui fut le cas en Afghanistan mais aussi dans le cadre de l’invasion anglo-américaine de l’Irak en 2003, après le Kosovo en mars 1999.

Au sommet de Lisbonne en novembre 2010, l’Otan s’autorise à intervenir militairement hors du territoire des pays membres, confirmant sa totale illégalité par rapport au droit international et à la charte des Nations unies. Avec l’intégration de la plupart des États issus de l’ex-Union soviétique au nom du partenariat pour la paix et avec, en plus, son extension à l’espace méditerranéen, c’est une véritable hydre militaire qui s’est implantée au cœur du monde. Quand on sait que l’Otan estime, via le NSC, que son intervention peut se justifier en cas de menace sur les approvisionnements énergétiques, on mesure le degré de danger et d’illégalité de l’Otan. Dans cette logique guerrière et expansionniste, l’Otan estime devoir disposer de moyens militaires nouveaux et prévoit sinon exige que ses membres s’engagent à maintenir ou augmenter leurs dépenses militaires.

Cette extension des compétences et des terrains d’action de l’Otan inclut les armes nucléaires et explique que des armes nucléaires américaines sont toujours implantées sur le territoire européen.

Ces quelques éléments sont autant d’illustrations du danger que constitue l’Otan mais aussi de son incapacité totale à résoudre les problèmes, comme l’atteste la situation en Afghanistan et en Irak par exemple. De plus, la volonté de l’Otan à travers « le partenariat pour la paix » d’encercler systématiquement la Russie de pays intégrés à l’Otan est créatrice de tensions et contribue là aussi à l’augmentation des dépenses d’armement et à une militarisation des relations internationales dangereuse pour la paix. C’est pourquoi la France doit se retirer de cette organisation militariste et agir pour sa dissolution. En effet, la mise en œuvre d’une conception de la sécurité commune et de la paix basée sur la promotion de tous les droits humains, le respect du droit international, la justice, passe par un développement du multilatéralisme sans domination impliquant la dissolution de l’Otan. Une telle conception implique une action propre en France, en Europe (en réactivant les principes initiaux de l’OSCE) et au plan mondial à travers les Nations unies, pour le développement d’une sécurité humaine et d’une culture de la paix visant la prévention et la résolution politique des conflits.

Une telle ambition nécessite la réduction des inégalités de développement à travers des plans ou programmes solidaires de développement humain, social et écologique permettant par exemple la réalisation des 17 objectifs du développement durable (ODD) adoptés par l’Assemblée générale des Nations unies, mais aussi une diminution des budgets consacrés aux dépenses militaires tout à fait compatible avec le maintien d’une défense crédible.

C’est cette conception, qui inclut notre exigence d’un monde débarrassé des armes nucléaires, qu’avec les autres peuples nous entendons promouvoir, en apportant notre soutien au contre-sommet de l’Otan les 8 et 9 juillet à Varsovie et en contribuant au succès des marches pour la paix qui auront lieu en France dans 11 grandes villes le samedi 24 septembre à l’initiative du Mouvement de la paix.

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Published by bruno fornaciari - dans paix SOLIDARITE INTERNATIONALE
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BRUNO FORNACIARI

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