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17 août 2017 4 17 /08 /août /2017 06:48

Sale temps pour la presse libre : le cas Polony

Sale temps pour la presse libre : le cas Polony

Depuis quelques temps, nous étions nombreux à nous poser de plus en plus expressément la question : mais qui arrêtera Natacha Polony ? C’était sans compter la formidable et fulgurante répression menaçant sévèrement le pluralisme de moins en moins démocratique de la presse, qui n’a pas tardé à s’abattre sur l’ancienne chroniqueuse de On n’est pas couché et du Grand Journal. L’éviction de Natacha Polony d’Europe 1, où elle intervenait dans la Matinale aux côtés de Thomas Sotto, dans le « Médiapolis » de Duhamel et dans le Débat d’Europe Soir (complètement illégitime d’ailleurs, puisque le quart d’heure de la Matinale qu’elle animait réalisait les meilleures scores d’audience de la chaine), a été suivi de son licenciement de Paris Première la semaine dernière. Elle y avait, avec son émission « Polonium », auparavant carte blanche, tant dans le choix des thèmes que de ses invités.

On ne saurait voir dans cette série d’expulsion un cas isolé. Au contraire, elle s’inscrit directement  dans une logique de connivence de plus en plus affirmée entre un pouvoir politico-économique et les détenteurs et actionnaires majoritaires de la grande presse. C’est d’ailleurs cette même logique qui a présidé à la suppression début 2017 de la rubrique de macroéconomie  (gérée par Romaric Godin) du journal économique La Tribune, sur ordre du nouvel actionnaire Frank Julien (groupe industriel Atalian), ou encore le licenciement d’Aude Lancelin de l’Obs, organe officiel du néo-conservatisme de « gauche », en mai 2016. On ne peut d’ailleurs manquer de rapprocher les prises de position de cette dernière, auteure du Monde libre, pamphlet sulfureux dont le titre fait ironiquement référence au groupe détenu par Matthieu Pigasse, Xavier Niel et Pierre Bergé (Le Monde, l’Obs), dénonçant une « presse française aux mains des géants du CAC 40 »[1] pratiquant un « management par la terreur assumé »[2] , et les récentes prises de position de Natacha Polony.

Matthieu Pigasse, Pierre Bergé et Xavier Niel

De la dénonciation de la connivence généralisée des journalistes, chefs d’entreprises et politiciens au sein de réseaux d’influences (cercle Bilderlberg, etc.), aux questions posées dans l’ONPC du 2 février 2013 à Christine Ockrent sur ses relations aux réseaux de pouvoirs jusqu’à ses plus récentes prises de position au sein du comité Orwell, puis sur sa chaine Youtube Polony.tv (« Le média libre de la France souveraine »), où elle se livre à l’invective  intransigeante d’un journalisme en laisse, Polony faisait manifestement tâche au sein d’un appareil totalement acquis au nouveau pouvoir du président-banquier.  Ses interventions bienvenues jouaient largement le rôle du taon venant perturber un entre soi confortablement installé : « Très souvent sur ce plateau [lorsqu’elle était encore au Grand Journal sur Canal+, ndlr], je me suis retrouvée la seule à tenir un discours différent face à huit personnes autour d’une table qui étaient toutes d’accord. Je crois au pluralisme. C’est d’ailleurs pour cela qu’ils m’ont fait venir. C’était pour apporter quelque chose d’autre ». (septembre 2015, dans « C à vous », France 5). « Apporter quelque chose d’autre », tout cela est bien sympathique, mais dès lors que cet apport étranger à la pensée unique se mêle à la dénonciation claire et limpide des farces présidentielles et législatives auxquelles nous avons assisté, le « pluralisme » généreux ne tarde pas à montrer son véritable visage. Et si en plus cette dénonciation se trouve enrichie par un discours anti-libéral de plus en plus cohérent, qui en vient à tirer de plus en plus gravement la sonnette d’alarme contre la négation pure et simple de la démocratie, et où la défense de la souveraineté nationale contre la sacro-sainte U.E n’est plus écartée d’un revers de main comme un bête délire réactionnaire, mais bien présentée comme la condition même de la démocratie, alors la muselière se referme d’autant plus sévèrement.

Natacha Polony, sur le site Polony.tv

Sans doute que son refus de courber l’échine devant celui qu’on nous présente comme le nouveau « leader du monde libre » (dans un article hallucinant du Point[1]) ou encore un « président-philosophe » (France Culture[2]), a-t-il joué le rôle de la goutte d’eau.Notamment depuis son intervention très remarqué sur France2, le 27 février 2017, où elle déclara, devant un Delahousse d’une sidérante mauvaise foi, que « [Macron] résiste parce que le système résiste. […] Idéologiquement il est une espèce de truc assez vide, capable de soutenir tout et son contraire. Simplement, ce qu’il a derrière lui, c’est tout simplement des forces financières, qui ont envie de suivre un programme économique très précis. On sait par qui il est soutenu : par Pierre Berger (directeur du Monde), Xavier Niel (principal actionnaire de Free, copropriétaire du journal Le Monde), Patrick Drahi (Altice, SFR Groupe, Virgin Mobile, propriétaire des médias Libération  et L’Express). Il y a derrière des gens qui ont des intérêts financiers à soutenir ».

Depuis, elle n’a fait qu’insister sur l’arnaque du prétendu renouveau, la fin de l’alternance factice droite-gauche n’étant que le meilleur moyen pour le pouvoir financier de prendre enfin les choses en main, sur le mensonge d’un prétendu enthousiasme français pour leur nouveau petit prince, mais dont l’infime participation au scrutin  (20 millions d’électeurs sur les 47 que comptent le pays) cache en réalité  une « France fracturée, divisée, qui n’a pas vu en Emmanuel Macron le sauveur qu’on veut nous faire croire ». Les pratiques des grands médias rejoignent d’ailleurs  ici dangereusement la volonté de l’exécutif et son rêve d’un journalisme policé et sans éclat (voir la dépose de plainte pour la révélation du projet de la nouvelle loi Travail). En effet, depuis son élection, le jeune monarque va jusqu’à verrouiller de plus en plus fermement les grilles dorées de l’Elysée, en se payant désormais le luxe de choisir lui-même, non pas les journaux, mais les journalistes qui auront le privilège sublime de le suivre dans ses interventions. Jamais un chef d’Etat n’avait, sous la Vème République, poussé le vice aussi loin. Jamais la pensée unique n’avait fait ressentir aussi fortement son poids écrasant. Et ce, sous les yeux ébahis et hagards des benêts convaincus qu’il suffisait de crier « No Pasaran » la main sur le cœur, en glissant un bulletin Macron dans l’urne pour sauver ce qu’il restait de la République. Le fait est que la Macronie prend de plus en plus des allures de dictature feutrée, dont les exécutants se révèlent être les putschistes des milieux financiers, formés dans les couloirs des grandes écoles de commerce. C’est la réalité de cette fameuse « société civile » aux manettes, quand elle n’est pas une masse informe de grands paumés et de gogos parfaitement dociles et lobotomisés (voir les prestations lamentables, entre autres, d’Anissa Khedler, Fabienne Colboc et Emilie Guerel, nouvellement élues députées).

Après 5 ans de travail à Europe1, l’auteure de Bienvenue dans le pire des mondes est donc brutalement sommée de prendre la porte. Elle sera remplacée par la toute inoffensive Daphné Burki, mi-animatrice de télévision, mi-égérie de campagnes publicitaires (Galeries Lafayettes, Nestlé, Dim, Femibion), mais dite « irrévérencieuse»  pour avoir montré la moitié d’un sein dans la « Nouvelle Edition » (« Les boobs guident le peuple », 05/09/16). Pour la subversion on repassera, pour la résistance politique, même pas la peine d’espérer. En somme, le petit côté « rebelle » libertaire dont la bourgeoisie Canal + raffole, et qui ne risque en aucun cas de déranger l’oligarchie. La pincée de sel nécessaire pour faire avaler toutes les couleuvres. Le grain de sable certifié conforme qui ne risque pas d’endommager les engrenages.

Daphné Burki

Tout ceci s’enchaine avec une prévisibilité monotone, presque ennuyante. Après les pouvoirs absolus donnés par un parlement croupion, le concerto de violons s’intensifie, et sans fausses notes. « Cachez cette opposition que je ne saurais voir, la mise en laisse vous sied si bien ». Désormais, en 2017, l’irrévérence en Macronie  se paye d’ostracisme. Qu’on se le dise.

 

Par Simon Verdun.

[1]«#MakeOurPlanetGreatAgain : le coup de maître d’Emmanuel Macron » (Le Point, 02/06/2017 )

[2]« L’imaginaire intellectuel d’Emmanuel Macron » (France Culture, 15/05/17)

 

[1]Le Point, 13/10/16

[2]Entretien donné à comptoir.org le 20/01/2017

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14 juillet 2017 5 14 /07 /juillet /2017 09:53
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Un massacre oublié

Retour sur la manifestation du 14 juillet 1953.

Les défilés républicains du parti communiste, de la CGT et des organisations progressistes : vue générale du défilé à Paris le 1<sup class="typo_exposants">er</sup> Mai 1937. Auteur non identifié. Droits réservés - Mémoires d’Humanité/Archives départementales de la Seine-Saint-Denis (83Fi/28 367). {JPEG}Les défilés républicains du parti communiste, de la CGT et des organisations progressistes : vue générale du défilé à Paris le 1er Mai 1937. Auteur non identifié. Droits réservés - Mémoires d’Humanité/Archives départementales de la Seine-Saint-Denis (83Fi/28 367).Le 14 juillet 1953, comme chaque année depuis 1936, le Parti communiste français (PCF), la Confédération générale du travail (CGT) et de nombreuses organisations progressistes organisent à Paris un défilé qui se veut une célébration des valeurs de la République. Cette tradition rappelle celle des manifestations du 1er Mai.

Ce 14 juillet, le cortège défile de la place de la Bastille à la Nation. Rendez-vous est donné dès 14 heures aux militants afin de se constituer en cortèges dont l’ordre a été décidé au préalable. Comme chaque année depuis le début des années 1950 les messalistes, militants indépendantistes du mouvement pour les libertés démocratiques en Algérie (MTLD) dirigé par Messali Hadj, prennent part au défilé malgré leurs divergences - le PCF n’est, à l’époque, pas favorable à l’indépendance de l’Algérie. Ils sont encadrés par leur propre service d’ordre que l’on reconnaît à son brassard vert.

Cette année le contexte est particulièrement tendu : les manifestations du 1er Mai ont été marquées par des violences policières ; celles de mai 1952 contre la venue en France du général américain Ridgway accusé d’utiliser des armes bactériologiques en Corée se sont soldées notamment par la mort de l’ouvrier communiste Hocine Bélaïd.

Le cortège du MTLD le 14 juillet 1953. Paris (75), 14 juillet 1953. Correspondant l’Humanité non identifié. Droits réservés - Mémoires d’Humanité/Archives départementales de la Seine-Saint-Denis (83Fi/759 15). {JPEG}Le cortège du MTLD le 14 juillet 1953. Paris (75), 14 juillet 1953. Correspondant l’Humanité non identifié. Droits réservés - Mémoires d’Humanité/Archives départementales de la Seine-Saint-Denis (83Fi/759 15).À 15 heures, le cortège s’ébranle en direction de la place de la Nation avec à sa tête une banderole proclamant l’« Union pour la défense des libertés républicaines ». L’on entonne une première Marseillaise, l’on exige la libération des militants communistes emprisonnés. Quoi que la presse ne s’en fasse pas l’écho par la suite, l’on scande aussi du côté des messalistes des slogans favorables à une Algérie indépendante.

Du côté de la rue Jacques-Cœur surgissent quelques parachutistes, de retour d’Indochine, qui provoquent et agressent les manifestants. Sporadiquement, ces « bérets rouges » qui le matin même défilaient sur les Champs-Élysées agressent les manifestants. Exfiltrés par les policiers, ils ne sont pas arrêtés.

Vers 15 heures 30, une première averse estivale, violente et soudaine, sème un peu le trouble mais le cortège parvient tout de même aux alentours de 16 heures en bon ordre à la Nation où la manifestation doit se disloquer. Depuis la tribune où il prend place, le comité d’organisation salue les différents cortèges.

Tandis qu’une seconde averse, encore plus drue, s’abat sur la place de la Nation, la journée vire au cauchemar. Après son passage devant la tribune officielle, le cortège des messalistes se presse en direction de l’avenue du Trône où un camion attend les militants pour recueillir les drapeaux algériens et les portraits de Messali Hadj qu’ils portaient fièrement durant le défilé. Des rues adjacentes, des policiers fondent sur eux. Ces derniers s’acharnent à piétiner les portraits du leader indépendantiste. Éclate alors une première bagarre sous la pluie torrentielle. Surprises par la réaction belliqueuse des messalistes qui refluent malgré tout vers la place, les forces de l’ordre suppléées de gardes mobiles retournent à la charge tandis que la tribune est évacuée.

Un blessé des affrontements du 14 juillet à Paris, le 14 juillet 1953. Auteur non identifié. Publié (recadré) le 15 juillet 1953 en Une de l’Humanité. Droits réservés - Mémoires d’Humanité/Archives départementales de la Seine-Saint-Denis (83Fi/92 18). {JPEG}Un blessé des affrontements du 14 juillet à Paris, le 14 juillet 1953. Auteur non identifié. Publié (recadré) le 15 juillet 1953 en Une de l’Humanité. Droits réservés - Mémoires d’Humanité/Archives départementales de la Seine-Saint-Denis (83Fi/92 18).Soudain, sans sommation, des coups de feu claquent. « L’horloge monumentale, brisée à l’entrée du carrefour, est arrêtée à 17h20, heure où le premier coup de feu fut tiré », selon France Soir le 16 juillet. Dans la panique générale qui s’en suit, sous une pluie battante, les premiers blessés sont évacués vers les cafés où se réfugient aussi les manifestants effarés qui, comme les clients des cafés, se font frapper par la police. On appelle les ambulances pour transporter les blessés tandis que des médecins donnent les premiers soins. Avenue du Trône, un premier car de police est renversé et enflammé. Deux autres seront brûlés et une vingtaine endommagés. Bien que la traque des manifestants se poursuive jusque dans les cours d’immeubles et sur les quais du métro où les manifestants Algériens – ou qualifiés comme tel - cherchent refuge, un calme relatif revient à peine trente minutes après les premières échauffourées qui furent d’une violence inouïe.

Sept manifestants sont tombés sous les balles de la police, six Algériens et un Français : Amar Tabjadi, 26 ans, décédé à l’hôpital Saint-Louis ; Abdallah Bacha, 25 ans, décédé à l’Hôtel-Dieu des suites d’une balle reçue dans la gorge ; Larbi Daoui, 27 ans, tué d’une balle dans le cœur ; Abdelkader Dranis, 31 ans, décédé à l’hôpital Saint-Louis ; Mohammed Isidore Illoul, 20 ans, décédé à l’hôpital Saint-Louis ; Medjen Tahar, blessé par deux balles, décédé à l’hôpital Tenon et enfin Maurice Lurot, 40 ans, mort à l’hôpital Saint-Louis d’une balle dans le cœur.

D’après le bilan officiel de la Préfecture de police, une soixantaine de policiers furent blessés à divers degrés. Le journal Combat indique le chiffre de quatre-vingt policiers blessés ; du côté des manifestants, outre les sept morts, le même journal recense quarante-quatre blessés. Mais le décompte officiel de la Préfecture – quarante blessés par balles et sept morts – est certainement à réévaluer : de nombreux blessés, de peur d’être incarcérés, ne se rendent pas dans les hôpitaux et certains médecins ne les signalent pas.

Les corps des victimes du 14 juillet 1953 exposés à la Maison des Métallos. Paris (75), 22 juillet 1953. Auteur non identifié. Droits réservés - Mémoires d’Humanité/Archives départementales de la Seine-Saint-Denis (83Fi/759 21). {JPEG}Les corps des victimes du 14 juillet 1953 exposés à la Maison des Métallos. Paris (75), 22 juillet 1953. Auteur non identifié. Droits réservés - Mémoires d’Humanité/Archives départementales de la Seine-Saint-Denis (83Fi/759 21).Dans les jours qui suivent, l’émotion est intense ; la presse s’indigne, comme par exemple l’Humanité, ou au contraire voue aux gémonies les Algériens agresseurs des forces de l’ordre : le Figaro du 15 juillet dénonce les communistes et les Algériens respectivement responsables et initiateurs des affrontements. Le PCF, tout en taisant les revendications indépendantistes des messalistes, invite à un meeting le 21 juillet au Cirque d’Hiver qui remporte un franc succès.

Le même jour, les corps des victimes algériennes sont transportés à la mosquée de Paris pour une cérémonie religieuse tandis que rue Duhesme, au local de la section du PCF à laquelle appartenait Maurice Lurot, une chapelle ardente est dressée en hommage aux sept victimes de la répression policière. Le lendemain, leurs corps sont exposés à la Maison des Métallos avant l’enterrement de Maurice Lurot au cimetière du Père-Lachaise et le transfèrement des corps des Algériens vers l’Algérie.

Mais les brimades ne sont pas encore terminées : les corps de Larbi Daoui et Mohammed Isidore Illoul ne peuvent être rapatriés en Algérie pour des raisons administratives. Ils seront enterrés dans le carré musulman du cimetière de Bobigny. Quant à Amar Tabjadi, si sa dépouille est bien parvenue en Algérie, l’Humanité du 26 juillet rapporte que son corps a été subtilisé à sa famille par des militaires français et enterré « à l’esbroufe ». Tahar Madjeb sera inhumé à Guergour, Abdallah Bacha à Bahalil et Abdelkader Dranis à Nedrouma.

Rassemblement du 1<sup class="typo_exposants">er</sup> mai 1954. S.l., 1<sup class="typo_exposants">er</sup> mai 1954. Correspondant l’Humanité non identifié. Droits réservés - Mémoires d’Humanité/Archives départementales de la Seine-Saint-Denis (83Fi/15 59). {JPEG}Rassemblement du 1er mai 1954. S.l., 1er mai 1954. Correspondant l’Humanité non identifié. Droits réservés - Mémoires d’Humanité/Archives départementales de la Seine-Saint-Denis (83Fi/15 59).Malgré quelques commémorations, le massacre du 14 juillet 1953 sera vite occulté dans les années qui suivent par ceux d’octobre 1961 et de février 1962.

Le 21 septembre 1995, le fils de Maurice Lurot écrivait dans le courrier des lecteurs de l’Humanité-Dimanche : « chaque année, alors que chacun danse, c’est les larmes aux yeux que je cherche un mot qui réchauffe dans l’HD [l’Humanité-Dimanche]. Chaque année, mon père est de nouveau assassiné par les camarades, par leur oubli ».



 

Maxime Courban 
Archiviste en charge des fonds photographiques du journal l’Humanité 
Juillet 2013

Bibliographie sélective

  • Emmanuel BLANCHARD, La Police parisienne et les Algériens (1944-1962), Paris, Nouveau Monde éditions, 447 p.
  • Emmanuel BLANCHARD, « Police judiciaire et pratiques d’exception pendant la guerre d’Algérie », Vingtième Siècle. Revue d’histoire, 2006/2 no 90, p. 61-72. Disponible sur : http://www.cairn.info/revue-vingtie….
  • Emmanuel BLANCHARD, « La dissolution des Brigades nord-africaines de la Préfecture de police : la fin d’une police d’exception pour les Algériens de Paris (1944-1958) ? », Bulletin de l’IHTP, 1er semestre 2004, p. 70-82.
  • Emmanuel BLANCHARD, « La Goutte d’Or, 30 juillet 1955 : une émeute au cœur de la métropole coloniale », Actes de la recherche en sciences sociales, 2012/5 n° 195, p. 98-111. Disponible sur : http://www.cairn.info/revue-actes-d…
  • Jacques JURQUET, Algérie, 1945-1954. Des élections à la lutte armée, Éditions du Centenaire, 1984, 443 p.
  • Maurice RAJSFUS, 1953, un 14 juillet sanglant, Agnès Viénot éditions, 2003, 237 p. (coll. Moisson rouge).
  • Danielle TARTAKOWSKI, Les Manifestations de rues en France, 1918-1968, Publications de la Sorbonne, 1997, 869 p.
 
 
 
 

EN IMAGES


 
 
 
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25 mai 2017 4 25 /05 /mai /2017 10:40

Régis Debray : "J'éprouve une certaine joie de ne plus être de mon temps !"
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« Détrompez-vous, ce qui se passe aujourd'hui n'est pas la fin du politique, c'est la subordination du politique à la bonne marche des affaires. Le parti tourne à l'entreprise et le gouvernement à la gouvernance. Le projet perd à la fois son idéal et sa mémoire historique pour devenir une offre ponctuelle répondant à une demande. Les candidats députés envoient leur CV par internet, avec une lettre de motivation et passent ensuite un entretien d'embauche. Le secrétaire général devient un PDG, les instances nationales un conseil d'administration. L'idéal type du gagneur remplace l'idéal type du militant qui occupait le terrain depuis un siècle. Chaque époque son éthos. J'éprouve une certaine joie à ne plus être de mon temps.»

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13 mai 2017 6 13 /05 /mai /2017 16:02
Macron élu. Face à un libéral aux commandes, le besoin de députés pour nous défendre !
L’Humanité Dimanche - STÉPHANE SAHUC ssahuc@humadimanche.fr
En choisissant le Louvre pour célébrer sa victoire, Emmanuel Macron s’est placé dans la ligne du monarque républicain. Quel renouveau !

Vainqueur du scrutin, et deuxième président de la Ve République le mieux élu, Emmanuel Macron enregistre pourtant une victoire en trompe-l'oeil qui ne doit pas masquer l'absence d'adhésion populaire à son programme de casse sociale. Pour riposter face à la catastrophe annoncée : se saisir des législatives des 11 et 18 juin prochains afin de « faire entrer le peuple l'Assemblée ».

Quel président sera Emmanuel Macron ? Deuxième président le mieux élu de la Ve République, après Jacques Chirac et ses 82 %, il n'est pourtant pas dans une situation aussi confortable que son prédécesseur. La preuve par deux chiffres : s'il recueille 66 % des suffrages exprimés, seuls 61 % des Français souhaitent qu'il obtienne une majorité à l'Assemblée nationale, selon une enquête Ipsos. La preuve également par l'absence de liesse. Certes, le rassemblement du Louvre a plutôt bien fonctionné en termes d'image, de symbole et d'affluence (lire page 21), mais dans les rues de Paris, ou il réalise pourtant près de 90 %, comme dans celles des grandes villes, cela n'a pas été le concert de Klaxon habituel des soirs de second tour, tant pour fêter une victoire que se réjouir d'une défaite. Tout juste un soupir de soulagement que le pire soit évité. Il n'y a pas, il n'y a jamais eu de « désir de Macron » en France. Il faut lui reconnaître d'avoir bien joué sa partition, bien aidé en cela par l'orchestre médiatique (lire page 22). Mais sa petite musique avait comme qualité principale d'être moins discordante que la fanfare militaro-nationaliste de Mme Le Pen.

Un président fragile

Plus qu'aucun autre avant lui, Emmanuel Macron est un président par défaut. Le niveau d'adhésion à son projet est historiquement faible. En réalité, le nouveau président, s'il est majoritaire en voix, est minoritaire idéologiquement et politiquement. La majorité des Français est hostile à ce qu'il porte et ce qu'il incarne. Une hostilité telle qu'elle a empêché François Hollande de se présenter. C'est d'ailleurs l'ultime tour de force de ce dernier que d'avoir réussi à ce que son successeur soit celui qui incarne le mieux la continuité de sa politique.

Le nouveau chef de l'État, bien que majoritaire en voix, reste minoritaire idéologiquement et politiquement.

Et si Emmanuel Macron a su parfaitement profiter des circonstances qui ont vu successivement l'éviction de Nicolas Sarkozy, d'Alain Juppé, de François Hollande et de Manuel Valls pour se positionner comme vote refuge, il pourrait être à son tour confronté à une rupture lors des élections législatives. Pour la première fois depuis l'inversion du calendrier électoral, les élections qui s'annoncent pourraient ne pas être une simple confirmation de l'élection présidentielle. Pour toutes ces raisons la victoire d'Emmanuel Macron est fragile. D'autant que la forte progression de l'abstention et du vote blanc prouve qu'en plus de ceux qui ont voté pour lui par défaut, une autre partie importante du corps électoral n'a pu se résoudre, malgré la menace Le Pen, à le choisir.

MACRON EN MONARQUE

Tout était millimétré. Bien loin du joyeux bazar des seconds tours passés, où, à la Bastille pour la gauche ou à la Concorde pour la droite, le peuple des vainqueurs faisait la fête. La longue marche du nouveau président élu faisait écho à celle de François Mitterrand jusqu'au Panthéon en 1981. Mitterrand encore avec « l'Hymne à la joie », Mitterrand toujours avec la pyramide du Louvre comme décor de sa première intervention comme chef de l'État. Millimétré jusqu'au choix du lieu qui se situe entre Bastille et Concorde. Comme un symbole centriste, « et de droite et de gauche », qui juge les clivages dépassés et veut renouveler et « recomposer » la politique française. Mais plus près de Concorde tout de même. Le centre n'est jamais qu'un faux nez de la droite et la politique prônée par le nouveau président a de fortes chances d'être mise en oeuvre par un premier ministre issu des rangs de la droite. Le Louvre, c'est aussi le palais des rois de France. Et l'on se souvient des fêtes johanniques d'Orléans, le 8 mai 2016, où Macron rendit hommage à Jeanne d'Arc parce qu'elle avait su « fendre le système » et « imposer le rêve fou comme une évidence », celui de rendre la France à son roi. De Jeanne au Louvre, Emmanuel Macron veut incarner à la fois la figure du sauveur et celle du monarque. « Il y a dans le processus démocratique et dans son fonctionnement un absent. Dans la politique française, cet absent est la figure du roi. (...) On a essayé ensuite de réinvestir ce vide, d'y placer d'autres figures : ce sont les moments napoléonien et gaulliste, notamment. Le reste du temps, la démocratie française ne remplit pas l'espace. On le voit bien avec l'interrogation permanente sur la figure présidentielle, qui vaut depuis le départ du général de Gaulle. Après lui, la normalisation de la figure présidentielle a réinstallé un siège vide au coeur de la vie politique. Pourtant, ce qu'on attend du président de la République, c'est qu'il occupe cette fonction », expliquait-il au magazine « le 1 » en juillet 2015. Après Le Louvre, Macron, nouveau monarque présidentiel, occupera le Château.

LA FABRICATION D'UN PRÉSIDENT « ANTI-SYSTÈME »

Il fallait entendre Julien Dray, proche conseiller de François Hollande et ex« parrain » politique d'Emmanuel Macron, raconter à la télévision, au soir de son sacre élyséen, la fable de l'homme parti de rien ou presque. Ex-apprenti philosophe ayant soutenu son mémoire de maîtrise sur Machiavel, le nouveau chef de l'État a soigneusement bâti une légende qui ne résiste pas à l'examen des faits : sa « Blitzkrieg » présidentielle, il l'a menée avec une armée de richissimes parrains, patrons de presse, banquiers, industriels et leurs cohortes de sherpas stipendiés, à l'instar de Jacques Attali ou encore d'Alain Minc. Compatissons donc, en compagnie de Julien Dray, à la solitude d'Emmanuel Macron, entouré des seuls ­ liste non exhaustive ­ Patrick Drahi (SFR, BFM TV, « Libération »...), Xavier Niel (Free, « le Monde », « l'Obs »), Vincent Bolloré (Canal Plus), Bernard Arnault (« les Échos », « le Parisien »). Autant de pontes du CAC 40 officiant dans le luxe, les télécoms, et dont les fortunes en constante expansion rachètent une presse moribonde, travestie en brigade d'acclamation du produit manufacturé Macron. Peu avant sa mort, le 6 novembre 2016, l'une des innombrables bonnes fées penchées sur le berceau du plus jeune président de la Ve République, le pionnier de la grande distribution Henry Hermand, se confiait dans les colonnes du « Figaro »: « J'étais l'un de ceux qui le suppliaient de ne pas tarder à démissionner de manière à ne pas entretenir la confusion avec Hollande. J'aurais aimé qu'il le fasse plus tôt. (...) J'incite toutes mes relations d'affaires à immédiatement aider Emmanuel Macron. » Cet ex-soutien de François Hollande se vantait aussi de l'avoir convaincu d'abandonner « l'idée de social-libéralisme, de socialréformisme, pour parler de progressisme, qui signifie l'adaptation à ce qui change ». Ironie de la fable, son poulain « anti-système » qui se pique de symboles a fait danser ses « marcheurs » funambules, le soir de sa victoire au pied de la pyramide du Louvre, au son du groupe Magic System. Qu'il est magique, en effet...

On peut d'ores et déjà prédire un quinquennat qui commencera mal, continuera mal et finira très mal. La menace FN

Un avertissement, mais qui ne sera pas sans frais cette fois, pour tous ceux qui depuis des années avaient fait le pari d'une présence de Mme Le Pen au second tour pour assurer leur éventuelle élection. Pas sans frais, car la candidate frontiste, malgré un calamiteux débat de second tour qui a révélé son imposture sociale, recueille plus de 10 millions de voix et gagne près de 13 points entre les deux tours. La présidente du FN, qui se voit maintenant en chef de l'opposition au nouveau président de la République, entend bien faire fructifier ce capital, et ce dès les législatives. Une situation qui prouve la banalisation des idées d'extrême droite, encore renforcée durant cette campagne. Mais qui est aussi « le résultat de décennies d'alternances politiques défavorables aux intérêts populaires, de trahisons et de renoncements des gouvernements successifs », comme le soulignait le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, au soir du second tour. Un président faible et sans assise populaire ; une droite en embuscade pour prendre sa revanche sur une élection qu'elle jugeait imperdable ; un Front national à son plus haut niveau historique ; un PS en miettes... Autant dire que, dans ces conditions, si Emmanuel Macron met en oeuvre son programme de casse sociale, s'il s'applique à gouverner par ordonnances comme annoncé, l'avenir s'annonce des plus incertains. Et l'on peut d'ores et déjà prédire un quinquennat qui commencera mal, continuera mal et finira très mal, surtout si le nouveau président compte sur un remake de 2017 en 2022 et mise une nouvelle fois sur le rejet de l'extrême droite.

Quelle Assemblée nationale ?

Le seul élément d'espoir et de nouveauté qui émerge de la période est bien évidemment la dynamique suscitée au premier tour autour de Jean-Luc Mélenchon, le candidat de la France insoumise, soutenu par le PCF et Ensemble !. C'est à partir de ces 7 millions d'électeurs qu'il est possible de construire un pôle de changement et de progrès en rupture avec les politiques libérales. Un pôle populaire, rassembleur, et qui confirme et amplifie sa capacité à redonner de l'espoir aux jeunes, aux couches populaires, aux salariés... Cette dynamique de premier tour peut-elle se transformer en dynamique législative qui permette à l'ensemble de ceux qui ont soutenu sa candidature de faire une entrée en force à l'Assemblée nationale pour s'opposer résolument aux projets du nouveau président ? « Après un vote de refus et de peur, le moment est venu d'un choix positif, le choix d'un avenir en commun », explique Jean-Luc Mélenchon. C'est l'enjeu majeur des semaines qui viennent. Car il s'agit, comme le dit Pierre Laurent, rien de moins que de « faire entrer le peuple à l'Assemblée ». Faute de quoi, cette gauche de transformation, populaire et antilibérale pourrait bien être réduite à la portion congrue pour les cinq années à venir, quand les Français, eux, devront avaler l'amère potion libérale concoctée par Macron. STÉPHANE SAHUC ssahuc@humadimanche.fr
http://content.milibris.com/access/... majeur des prochaines législatives est de « faire entrer le peuple à l'assemblée nationale » pour contrer les attaques antisociales.
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13 mai 2017 6 13 /05 /mai /2017 15:48

Les derniers évènements concernant la candidature de Mélenchon à Marseille et la position du PCF qui a suivi, à fait couler beaucoup d'encre et de nombreuses réactions hostiles. Je me permets de reproduire ici, la réponse que j'ai adressée à l'un des camarades, comme moi, en colère.
"je ne crois pas Stephen Chalk que le PCF soit au bord du gouffre . Je comprends et partage ta colère et ta répulsion de propos et de pratiques politiques exécrables et lamentables de la part de certains qui, pensent "marcher sur l'eau", qui analysent la situation politique au gré de prophéties auto réalisatrices (nous visons (nous les 7 millions de voix(gens) la majorité FI et la direction du gouvernement avec Mélenchon comme 1er Ministre), jamais prouvées, et qui, vraisemblablement, connaîtra à nouveau, une grande déception, bien réelle celle-là. J'ai comme toi, comme première réaction indignée, critiqué, réprouvé, la position marseillaise du parti, confortée par Pierre Laurent au meeting de Japy. Le retrait de la candidature PCF devant Mélenchon dans la 4e circonscription à Marseille, y compris dans les conditions dans laquelle elle se déroule, est pourtant une position intelligente de la part du parti, juste et efficace. Car au moment où Mélenchon et la FI essaient de reporter sur le PCF la responsabilité de la rupture, nous prouvons en acte, et notre sincérité et les accords de nos actes avec nos paroles. De plus, ce retrait est une invitation à reconsidérer la politique d'union de la FI. Déjà des effets se font sentir. Des accords partiels entre formations de gauche, des retraits réciproques , des candidatures communes se réalisent ici et là. Ils font avancer concrètement notre politique unitaire. Une autre position de combat contre Mélenchon aurait eu un effet contraire : justifier la position mélenchoniste et lui donner quitus de son intransigeance. Le refus de discussion et sa politique du "cavalier seul" non seulement apparaît irréaliste eu égard aux objectif qu'elle se fixe (un troisième tour avec 577 présidentielles) mais erronée, par le peuple de gauche qui majoritairement sans doute, l'estime inefficace et dangereux pour tous. D'un coup, nos camarades marseillais font monter la pression unitaire sur Mélenchon et affidés. Poursuivons dans ce sens, sans rien lâcher sur la place du PCF, son indépendance, son utilité, dans cette bataille électorale décisive, et pour la suite. Je reconnais personnellement, que ma première réaction hostile à cette position courageuse du PCF marseillais, provenait davantage de mon estomac que de ma cervelle qui semble avoir recouvré sa lucidité. Merci à eux."

 

Bruno Foraciari

 
 
 
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8 janvier 2017 7 08 /01 /janvier /2017 20:14

Décès de Georges Valbon : Réaction de Marie-George Buffet et Pierre Laurent

le 20 juillet 2009

Georges Valbon est mort. La nouvelle nous touche au coeur. C'est toute la Seine-Saint-Denis, dont il fut le premier et l'infatigable président du conseil général pendant 24 ans, qui est en deuil. C'est tout le Parti communiste, dont il fut un combattant inlassable, qui pleure un ami, un camarade, un dirigeant estimé de tous.

Ses parents avaient fui le fascisme italien et s'installèrent à Bagnolet où l'apprenti Georges Valbon allait devenir ouvrier typographe chez Chaix. C'est justement sur les presses de l'imprimerie Chaix que dès 1941, à 17 ans, il tire ses premiers tracts antinazis. Commence alors pour lui un courageux parcours de résistant. Requis par le STO, il s'en évade et rejoint la résistance. Lieutenant FTP, commandant un petit groupe armé à Bagnolet, il libère notamment la première mairie en banlieue parisienne le 17 août 1944 aux Lilas. Engagé volontaire en septembre 1944, il quittera l'armée en 1946, refusant d'aller faire la guerre en Indochine. Il reprend son combat de militant communiste chez Chaix, où il est sanctionné pour avoir créé une cellule d'entreprise du PCF. Il devient alors un militant inlassable de la cause du monde du travail et de la création dans ces villes populaires du nord-est de la fédération de la Seine, dont il occupe de nombreuses responsabilités. Elu conseiller général de Bobigny en 1959, il en devient le maire en 1965 et, avec un esprit d'innovation qui ne le quittera pas, ne cessera d'œuvrer au développement social, urbain, culturel de sa ville, avant de choisir de passer le relais à Bernard Birsinger en 1996. En 1968, il est le premier président du département de Seine-Saint-Denis nouvellement créé. Il travaillera sans relâche à son développement jusqu'en 1993, interrompant seulement son mandat pour prendre la présidence des Charbonnages de France à la demande du gouvernement de gauche en 1982.

La personnalité de ce département doit beaucoup à son énergie, à son audace sociale et culturelle, à son esprit d'ouverture, qu'il conjugua toujours aux valeurs de résistance, de créativité, de solidarité et d'égalité qui demeurent la marque de ce territoire. Georges Valbon est un dirigeant qui a marqué notre parti. Membre de son comité central de 1970 à 1996, il a toujours contribué à son renouvellement. Homme de combat et d'écoute, il va beaucoup nous manquer.

Marie-George Buffet, Secrétaire nationale du PCF Pierre Laurent, Coordinateur national du PCF

Paris, le 20 juillet 2009.

 
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    6 février 2015 5 06 /02 /février /2015 23:44

    7 février 1992 : traité de Maastricht, un rappel nécessaire et utile !

    Le 7 février 1992, les douze représentants européens des affaires étrangères se retrouvent à Maastricht pour signer un traité d’union économique, monétaire et politique. Le traité de Maastricht, après le traité de Rome est l’acte le plus important de la construction européenne. Ce traité sera rejeté par les Danois au mois de juin. Puis approuvé de justesse par la Français le 20 septembre 1992 avec seulement 51,04% de « Oui ». Il entrera en vigueur le 1er novembre 1993. Il est utile, histoire de rafraîchir la mémoire à certains de rappeler ici qu’elle fut la position du Parti communiste français. Elle est rappelée dans cet appel qu’il lancera le 18 juin 1992 :

    Traité de Maastricht : Le Parti communiste s’adresse aux Français (Comité Central du PCF, 18 juin 1992)

    Le président de la République a annoncé un référendum sur Maastricht. Telle n’était pas tout d’abord son intention. Il ne souhaitait pas vous consulter. Il a cependant dû modifier sa position. Maastricht prévoit de transférer à des organismes européens le droit de prendre des décisions cruciales pour vous et pour la France dans des domaines aussi essentiels que l’économie, la monnaie - donc votre emploi et votre niveau de vie -, vos droits et libertés, la culture, la politique étrangère et la défense de notre pays. C’est donc au peuple de trancher puisqu’il s’agit de sa souveraineté et de son avenir dans l’Europe. C’est ainsi qu’au Danemark, après avoir pris connaissance du traité les citoyens ont majoritairement choisi de le repousser. Dans notre pays, près de 70% des Français se sont déclarés favorables à un référendum. Un million d’entre eux ont utilisé la pétition nationale lancée par le Parti communiste pour exprimer cette exigence.

    Vous voulez pouvoir décider en toute connaissance de cause. Vous avez raison. La démocratie implique que chacun puisse disposer de toutes les informations pour se faire son opinion, qu’il y ait une réelle confrontation des idées, des propositions. Un vrai débat public contradictoire doit avoir lieu, notamment à la télévision. C’est ce que le Parti communiste a proposé, sans obtenir de réponse positive du gouvernement. Dans ces conditions, le journal « l’Humanité » a publié le texte intégral du traité de Maastricht. Partout dans le pays, les militants, les élus communistes tiennent ce texte à votre disposition. Pour vous informer. Pour qu’on puisse en débattre.

    Lors du référendum, vous allez pouvoir dire si oui ou non vous approuvez le traité de Maastricht. Le Parti communiste français appelle à dire « NON », pour rejeter Maastricht et les dangers qu’il implique, afin de créer les conditions pour choisir une autre construction européenne de justice, de démocratie, de paix et d’amitié.

    Les Français ont raison de ne pas se laisser enfermer dans le piège : « Maastricht ou rien ». 56% d’entre eux estiment « qu’on peut être favorable à la construction de l’Europe et opposé au traité de Maastricht ». Les Français ont raison de ne pas se laisser enfermer dans le piège : « Maastricht ou rien ». C’est notre position.

    Les communistes pour l’Europe ? Oui. Avec des millions d’entre vous, nous sommes attachés à la paix, à la solidarité entre les peuples, à la justice, à la démocratie, au progrès social. Nous aimons la France. Nous voulons qu’elle soit libre, souveraine, et toute notre action a pour but qu’on y vive mieux dans la démocratie. Inséparablement, nous refusons catégoriquement que notre pays soit replié sur lui-même, et hostile à ce qui lui est extérieur. Nous ne voulons pas non plus que la France s’enferme dans un petit « club » de pays riches et dominateurs face aux quatre cinquièmes de l’humanité confrontés à la faim et au sous-développement. Pour nous comme pour les peuples, qui manifestent partout de différentes façons leur attachement à leur identité et à leur souveraineté nationales, la nation est loin d’être une notion périmée. Nous en avons une conception moderne, indissociable de la prise en compte de la nécessité des coopérations internationales qu’exige notre époque. Nous considérons depuis longtemps comme une réalité la participation de la France à la Communauté européenne qui s’est établie au cours des dernières décennies à partir du Marché commun. Nous avons depuis longtemps décidé d’agir pour transformer celle-ci afin qu’elle réponde aux aspirations à la démocratie, au progrès social et à la paix des peuples européens. Maastricht vise à aggraver tous les traits négatifs de la construction européenne actuelle pour aller à marche forcée vers une Europe supranationale imposant aux peuples les volontés des multinationales. Nous, nous proposons une autre construction européenne.

    Nous voulons une Europe qui aide les nations à valoriser leurs atouts, à élever les droits sociaux et démocratiques, et qui sauvegarde la capacité d’initiative de chacune d’entre elles. Comme beaucoup d’entre vous, nous estimons qu’à notre époque les coopérations sont indispensables, notamment sur notre continent européen. Elles nécessitent des initiatives, des accords politiques et de sécurité, des échanges culturels, des coopérations de services publics, des dispositifs communs, tels que des programmes en matière de technologie, de recherche, de préservation de l’environnement, des coproductions industrielles, une politique commune agricole repensée… Un instrument de coopération monétaire qui ne supplante pas les monnaies nationales, favorise l’indépendance à l’égard du dollar et du mark est nécessaire. Il devrait permettre de financer des projets communs conduisant à des créations d’emplois, au développement de la recherche, de la production, des services. Au plan des institutions, le Parlement national doit pouvoir intervenir et exercer un contrôle effectif sur l’action européenne du gouvernement et que son avis soit déterminant pour tout ce qui concerne les intérêts fondamentaux et la souveraineté nationale. Avec des prérogatives élargies, le Parlement européen doit pouvoir contrôler la Commission de Bruxelles. Les travailleurs et les citoyens doivent avoir un droit réel d’intervention sur les questions européennes et internationales.

    C’est pourquoi notre parti - qui continue à préciser et enrichir ses propositions dans ces différents domaines - soumet à votre réflexion et au dialogue l’idée d’un nouveau projet européen. Il est fondé sur la mise en commun, entre nations libres et partenaires, d’atouts complémentaires pour faire avancer le progrès économique, social, technologique. Il s’agit d’une construction européenne moderne, répondant aux exigences de solidarité avec le tiers-monde, et préservant les possibilités de coopération de la France partout où elle a des amitiés et des intérêts. Concernant les coopérations européennes au-delà de la Communauté, le PCF se prononce pour une institution fondée sur les principes initiaux du processus d’Helsinki, et appelant l’intervention des citoyens et des peuples.

    Alors que le traité de Maastricht prévoit qu’il ne peut entrer en vigueur que lorsque les douze pays de la Communauté l’auront ratifié, nous considérons que sa non-ratification par le Danemark devrait conduire à le déclarer invalidé et inapplicable et ouvrir la possibilité d’engager en France un vaste débat afin d’aller vers la proposition d’accords européens radicalement nouveaux, émanant cette fois de notre peuple lui-même. Le président de la République s’y refuse. C’est une tout autre voie qu’avec la droite il vous propose d’emprunter : celle de l’acceptation d’une Europe fondée sur la soumission aux multinationales et les abandons de souveraineté.

    Maastricht, c’est en effet tout le contraire de l’Europe de justice, de progrès, de démocratie, de solidarité et de paix à laquelle vous aspirez.

    Vous voulez une Europe de progrès social, avec une France développant l’emploi, les formations pour tous, et améliorant les conditions d’existence de notre peuple… Maastricht, c’est une monnaie unique privant la France de la possibilité de maîtriser son économie, sa politique sociale. C’est l’organisation d’un contrôle sévère de la politique économique budgétaire, fiscale de notre pays - y compris en ce qui concerne les budgets des collectivités avec de graves conséquences sur la vie quotidienne -, afin qu’elle se plie en tous points aux volontés des grands capitalistes européens : les salaires tirés vers le bas, les acquis sociaux réduits, la mise en cause des institutions locales, nos services publics démantelés, ainsi que les statuts et la Sécurité sociale, la précarité accrue, le travail de nuit pour les femmes, les suppressions d’emplois facilitées, l’élimination de deux exploitations agricoles sur trois.

    Vous voulez une Europe démocratique… Selon le président de la Commission européenne, Jacques Delors, avec Maastricht, 80% des décisions les plus importantes concernant la politique de notre pays pourraient être prises par des autorités européennes. Toutes les instances locales ou nationales que vous élisez seraient « court-circuitées ». Tout serait décidé sans vous, loin de vous, et, c’est à craindre, contre vous ! Non seulement des organismes européens non élus pourraient décider contre l’avis des parlementaires que vous élisez, mais des mesures pourraient être imposées à notre pays dès lors qu’elles seraient approuvées par la majorité d’autres Etats de la Communauté.

    Vous voulez une Europe des libertés et des droits de l’homme… Avec Maastricht, la France ne pourrait plus avoir sa propre politique en matière de citoyenneté et de droit d’asile. La libération totale des mouvements de capitaux et le démantèlement des douanes, c’est aussi la liberté totale pour « l’argent sale », avec le profit que pourraient en tirer l’empire de la mafia et l’ignoble marché de la drogue. Quant à « l’Europe des polices », ce serait l’alignement des règles judiciaires et policières sur celles de l’Allemagne.

    Vous voulez une Europe de la paix et de l’amitié entre les peuples… Maastricht c’est l’Europe totalement livrée à la guerre économique, la mise en concurrence des pays sous la pression des organismes chargés de faire respecter les intérêts des multinationales. Les experts favorables au traité prédisent eux-mêmes des tensions, voire des « explosions », et l’exacerbation des nationalismes. Maastricht, c’est aussi l’application par tous d’une politique étrangère commune, l’armement nucléaire français placé sous contrôle européen, avec le poids croissant de l’Allemagne, dans le cadre d’une défense commune « pilier européen de l’Alliance Atlantique » dominée par les Etats-Unis. C’est le développement des « forces d’intervention » et le risque d’être entraînés dans des aventures décidées par d’autres.

    Vous voulez une Europe capable de défendre les intérêts des peuples européens, notamment, en matière économique, face aux Etats-Unis, au Japon… C’est pour préparer la mise en oeuvre de Maastricht que la réforme de la Politique agricole commune veut imposer aux agriculteurs français de réduire leur production, de mettre 15% des terres en friche tandis que les producteurs américains sont autorisés à exporter à plein régime en Europe. C’est encore en prévision de Maastricht que l’accord conclu par la Communauté européenne sur l’automobile supprime des protections du marché européen contre les importations excessives de voitures japonaises.

    Vous voulez une Europe généreuse, fraternelle, oeuvrant dans le monde à la solution des grands problèmes de notre temps… Maastricht c’est une Europe égoïste à l’égard des peuples d’Europe de l’Est et du tiers-monde ; une Europe contribuant à imposer dans le monde le nouvel ordre américain aux conséquences dramatiques pour les peuples.

    Déjà vous avez pu vérifier la réalité des dangers que représente cette Europe « libérale » dont Maastricht vise à hâter la construction. C’est en son nom que l’on sacrifie notre sidérurgie, nos chantiers navals, notre industrie textile, que des menaces pèsent sur l’industrie aéronautique, les arsenaux, l’automobile, la culture, l’éducation… que l’on sacrifie vos conditions de vie, l’environnement, en considérant notamment l’eau et les déchets comme des marchandises rentables ; que l’on a mutilé durement notre agriculture, abandonné des secteurs de pointe, attaqué nos services publics, que vos droits et vos acquis sont menacés ou mis en cause.

    Mais rien n’est joué. Notre peuple a le pouvoir de dire non à Maastricht tout comme à la révision constitutionnelle qui l’accompagne. VOUS avez le pouvoir de dire non.

    Parmi les Français qui voteront non au référendum, il y aura des électeurs ne se réclamant pas de la gauche - notamment des hommes et des femmes qui se revendiquent du gaullisme. S’agissant de la France, ce ne sera pas la première fois que nous nous retrouverons côte à côte.

    Dans le respect de l’identité de tous ceux qui disent « NON » à une France dominée dans une Europe supranationale à partir de motivations différentes des siennes, le Parti communiste s’adresse naturellement aux millions d’hommes, de femmes, de jeunes, attachés à ces valeurs de gauche que sont la justice, la démocratie, la paix, la solidarité. Nous nous adressons à toutes celles et à tous ceux qui dans la diversité de leurs sensibilités ont exprimé - notamment lors des élections de mars dernier - leur exigence d’un changement de politique conforme à leurs aspirations, aux besoins de notre peuple. Electeurs communistes, socialistes, ou ne se reconnaissant dans aucun parti, militants associatifs, syndicalistes, antiracistes, pacifistes, écologistes, défenseurs des droits de l’homme, croyants sensibles à toutes les solidarités humaines, toutes et tous vous avez de bonnes raisons de dire « NON » à ce traité de Maastricht qui, comme le proclame Giscard d’Estaing « organise une Europe libérale » conforme à ses voeux.

    Cette Europe tout entière soumise à la loi des multinationales, ce n’est pas l’Europe que vous voulez. La France subissant une politique toujours plus à droite, conformément aux orientations de Maastricht, ce n’est pas ce que vous voulez. La campagne commune menée par des ministres et des dirigeants du Parti socialiste avec des responsables de la droite pro-Maastricht vous inquiète. Comme nous, vous voyez la droite affirmer ses ambitions. Maastricht ratifié à l’automne, et les partis de droite au pouvoir en mars prochain pour mener la politique d’ultra-droite définie par Maastricht : tel est le scénario envisagé.

    Ensemble, nous pouvons déjouer ces calculs.

    Dire « NON » ensemble à Maastricht, ce sera repousser le danger qui pèse sur notre peuple et préserver ainsi sa possibilité d’élaborer lui-même la proposition d’accords européens radicalement nouveaux pour une autre construction européenne, de justice, de démocratie, de paix et d’amitié.

    Dire « NON » ensemble à Maastricht, ce sera appuyer les forces démocratiques et progressistes européennes qui combattent elles aussi l’Europe de l’argent-roi, ce sera contribuer à faire grandir les forces des peuples pour une autre Europe, et créer des conditions plus favorables pour leur action.

    Dire « NON » ensemble à Maastricht, ce sera s’opposer à la droite et aux alliances avec elle, ce sera faire grandir l’opposition de gauche à la politique actuelle, à la droite et à l’extrême droite et contribuer ainsi à ouvrir une issue neuve, à gauche, dans notre pays.

    Discutons-en. Echangeons nos idées, nos propositions. Adressons-nous à celles et ceux qui nous entourent et qui comme nous ont tout intérêt à dire « NON » à Maastricht pour choisir une autre construction européenne.

    Pour oeuvrer avec vous à ce rassemblement vous pouvez compter sur le Parti communiste français. C’est avec confiance et détermination qu’il engage toutes ses forces dans la campagne pour le « NON » au référendum.

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    22 mars 2014 6 22 /03 /mars /2014 10:33

     


     
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    2 mars 2014 7 02 /03 /mars /2014 15:31
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    24 février 2014 1 24 /02 /février /2014 14:10

    « Ma Chère Mélinée, ma petite orpheline bien-aimée,

    Dans quelques heures, je ne serai plus de ce monde. Nous allons être fusillés cet après-midi à 15 heures. Cela m'arrive comme un accident dans ma vie, je n'y crois pas mais pourtant je sais que je ne te verrai plus jamais.

    Que puis-je t'écrire ? Tout est confus en moi et bien clair en même temps.

    Je m'étais engagé dans l'Armée de Libération en soldat volontaire et je meurs à deux doigts de la Victoire et du but. Bonheur à ceux qui vont nous survivre et goûter la douceur de la Liberté et de la Paix de demain. Je suis sûr que le peuple français et tous les combattants de la Liberté sauront honorer notre mémoire dignement. Au moment de mourir, je proclame que je n'ai aucune haine contre le peuple allemand et contre qui que ce soit, chacun aura ce qu'il méritera comme châtiment et comme récompense. Le peuple allemand et tous les autres peuples vivront en paix et en fraternité après la guerre qui ne durera plus longtemps. Bonheur à tous... J'ai un regret profond de ne t'avoir pas rendue heureuse, j'aurais bien voulu avoir un enfant de toi, comme tu le voulais toujours. Je te prie donc de te marier après la guerre, sans faute, et d'avoir un enfant pour mon bonheur, et pour accomplir ma dernière volonté, marie-toi avec quelqu'un qui puisse te rendre heureuse. Tous mes biens et toutes mes affaires je les lègue à toi à ta sœur et à mes neveux. Après la guerre tu pourras faire valoir ton droit de pension de guerre en tant que ma femme, car je meurs en soldat régulier de l'armée française de la libération.

    Avec l'aide des amis qui voudront bien m'honorer, tu feras éditer mes poèmes et mes écrits qui valent d'être lus. Tu apporteras mes souvenirs si possible à mes parents en Arménie. Je mourrai avec mes 23 camarades tout à l'heure avec le courage et la sérénité d'un homme qui a la conscience bien tranquille, car personnellement, je n'ai fait de mal à personne et si je l'ai fait, je l'ai fait sans haine. Aujourd'hui, il y a du soleil. C'est en regardant le soleil et la belle nature que j'ai tant aimée que je dirai adieu à la vie et à vous tous, ma bien chère femme et mes bien chers amis. Je pardonne à tous ceux qui m'ont fait du mal ou qui ont voulu me faire du mal sauf à celui qui nous a trahis pour racheter sa peau et ceux qui nous ont vendus. Je t'embrasse bien fort ainsi que ta sœur et tous les amis qui me connaissent de loin ou de près, je vous serre tous sur mon cœur. Adieu. Ton ami, ton camarade, ton mari.

    Ce fut la dernière lettre de Missak Manouchian à sa femme Mélinée.
    Il a été fusillé au Mont Valérien avec 23 de ces camarades FTP - MOi, ceux de l'Affiche Rouge, pour que vive la France. Il était Résistant et poète...

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    BRUNO FORNACIARI

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