Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
21 mai 2017 7 21 /05 /mai /2017 08:48

Pierre Ivorra

Ma chronique dans "L'Humanité du mercredi 17 mai :

Le sens des réformes d’Emmanuel Macron

Il serait souhaitable que le débat d’idées qui a souvent été escamoté lors de la présidentielle puisse enfin avoir lieu lors des législatives. C’est ainsi qu’il n’y a guère eu de controverses sur la question du financement de la protection sociale. Presque tous les candidats ont par exemple considéré qu’il fallait maintenir la CSG, certains proposant même de l’augmenter, d’autres, comme Jean-Luc Mélenchon, de la rendre progressive, Benoît Hamon envisageant lui aussi de la moduler mais en la fusionnant avec un impôt sur le revenu à dix tranches. L’option d’Emmanuel Macron est pour sa part très significative. 
Le nouvel élu prévoit d’augmenter la CSG de 1,7 point en compensation de près de 20 milliards de baisse de cotisations chômage et maladie prélevées sur les salaires, équivalant à 3,15 points du salaire brut. Les retraités des catégories moyennes vont être ainsi particulièrement mis à contribution tandis que l’ensemble des assurés sociaux vont pâtir d’une réduction de 25 milliards d’euros des dépenses sociales. Au total, le bénéficiaire exclusif de ces opérations sera le patronat. Le CICE va être transformé en une baisse de cotisations. Dans son programme, Emmanuel Macron s’engage à diminuer « les cotisations sociales employeurs de 6 points en remplacement du CICE et jusqu’à 10 points au niveau du SMIC : les employeurs économiseront près de 1 800 euros par an et par salarié au SMIC, 2 200 euros pour un salarié payé 3 000 euros bruts par mois ». 
Cette réforme a en fait un double objectif : d’une part, accroître les profits du capital au détriment de la santé et du bien-être du peuple travailleur ; d’autre part, engager une transformation radicale, systémique, du financement de la protection sociale. Depuis 1945, les médaillés des conseils d’administration, les gavés de la fortune, les abonnés aux dividendes jugent intolérable de devoir écorner leurs profits afin de donner un minimum de sécurité aux travailleurs et aux populations face à la maladie et au chômage et, avec ce transfert vers la CSG, c’est cet égoïsme de classe qu’Emmanuel Macron entend satisfaire.
Si une réforme du financement de la protection sociale paraît nécessaire afin de répondre à la montée des besoins, elle doit être davantage liée à la production de richesses qu’aux revenus. C’est dire qu’elle ne doit pas décoller des entreprises. On peut concevoir un système modulant les cotisations de ces dernières afin de les inciter à produire plus et mieux, à créer des emplois, à former leurs salariés, à préserver l’environnement. Evidemment, dans cet esprit, la CSG serait appelée à disparaître.

Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans SANTE SOCIAL-ECONOMIE-FINANCES PCF
commenter cet article
3 mai 2017 3 03 /05 /mai /2017 12:53

Propatronale

Vent debout contre les puissants, les grands groupes, étrangers surtout, à l’instar des Gafa1 dont elle déplore les pratiques d’évasion fiscale sans toutefois préciser comment y remédier, Marine Le Pen adopte volontiers les accents de Nathalie Arthaud. On ne l’entend pourtant guère s’époumoner contre les géants français du CAC 40. Discrète vis-à-vis de la grande entreprise, auquelle elle promet le maintien de l’euro, depuis son alliance avec Nicolas Dupont-Aignan, elle se montre en revanche très magnanime vis-à-vis des plus petites dont elle allège la fiscalité. L’impôt sur les sociétés reste fixé à 15 % pour les TPE, mais passe de 33 % à 24 % pour les PME. Et pour fluidifier la transmission d’entreprise, les plus-values sur la cession des actions et parts sociales des PME-PMI seront totalement exonérées au bout de sept ans. Un cadeau non négligeable pour les entrepreneurs qui avaient déjà obtenu des allégements fiscaux en 2013, après la révolte des « pigeons », des « tondus » et autres « déplumés ».

Les plus-values sur la cession
des actions et parts sociales
des PME-PMI seront totalement
exonérées au bout de sept ans

Convertie à la politique de l’offre, elle veut, pour favoriser l’embauche, baisser les « charges » sociales qui pèsent sur les entreprises. Tous les allégements doivent être fusionnés en un dispositif unique et plus lisible. Le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (Cice) ne disparaît pas, mais il sera conditionné au « maintien » de l’emploi. Une façon habile pour la candidate frontiste d’éviter de s’engager sur des « créations ». Elle propose également de ressusciter le contrat première embauche (CPE) créé et enterré sous le mandat de Jacques Chirac en 2006 : toute entreprise qui embaucherait un jeune de moins de 21 ans serait totalement exonérée de cotisation pendant deux ans.

Marine Le Pen n’évoque pas de simplification du code du travail. Celle qui fustige le projet « El Khomri puissance 1 000 » d’Emmanuel Macron veut supprimer la loi travail. Toute la loi travail ? Si la candidate affirme la primauté de l’accord de branche sur l’accord d’entreprise – ce qui reviendrait donc à supprimer l’article 2 du texte qui donne plus de poids à la négociation d’entreprise –, elle souhaite néanmoins que les branches professionnelles puissent déroger aux 35 heures. Dans quelles limites ? La candidate ne le précise pas. En revanche, elle entend bien réintroduire la défiscalisation des heures supplémentaires instaurée sous le mandat de Nicolas Sarkozy et supprimée sous celui de François Hollande. En période de chômage massif, ce type de dispositif ne crée pas d’emplois. Au contraire, il favorise l’emploi des salariés qui sont déjà en poste. Marine Le Pen ne supprime pas officiellement les 35 heures, mais allonge le temps de travail.

Antisyndicale

Autre coup de communication, l’arrivée impromptue de Marine Le Pen sur le parking de l’usine Whirlpool d’Amiens est symptomatique de son rapport aux syndicats. Elle a raillé la réunion avec le candidat d’En marche ! dans une salle de la chambre de commerce voisine. Parler aux « vrais » salariés plutôt qu’à leurs représentants… Là encore, Marine Le Pen marque son aversion pour les corps intermédiaires.

Pour empêcher une réorganisation, voire la fermeture d’un site, des pistes relevant du dialogue social peuvent pourtant être appelées à la rescousse. Renforcer la représentation des salariés dans les conseils d’administration, mieux partager les informations stratégiques avec les élus du personnel en amont d’une décision, pouvoir contester en justice la justification économique d’un plan de sauvegarde de l’emploi avant et non pas après que les salariés sont licenciés (comme c’est le cas aujourd’hui)… Aucune de ces mesures ne figurent dans son programme. Loin d’un modèle de codétermination ou de cogestion à l’allemande, Marine le Pen préfère éviter la case syndicats.

Loin d’un modèle de cogestion à l’allemande, Marine le Pen préfère éviter la case syndicats

Elle propose même de « libérer les syndicats » via la « suppression du monopole syndical » qui n’existe d’ailleurs plus depuis la réforme de 2008 sur la représentativité syndicale. La légitimité d’un syndicat est désormais assise sur son score aux élections professionnelles2. Mais au-delà du flou qui entoure la formule, la mesure vise, comme le souhaitait François Fillon, à permettre à de nouveaux syndicats de se présenter dès le 1er tour des élections dans l’entreprise, alors qu’ils doivent attendre le 2tour. Une façon de faire entrer plus facilement des syndicats « maison » proches des intérêts d’une direction.

Elle envisage également une « moralisation de la vie syndicale », via un organisme de contrôle étatique du financement des organisations syndicales. Depuis la loi de 2008, les organisations syndicales sont pourtant déjà tenues d’être plus transparentes. Elles doivent publier leurs comptes tous les ans et, au-delà de 230 000 euros de ressources, les faire certifier par un commissaire aux comptes. Certes, il y a encore des efforts à fournir en matière de transparence mais que viendrait faire une officine de l’Etat dans les organisations syndicales sinon contrôler leurs activités ?

Marine le Pen s’engage à supprimer le compte pénibilité, une demande forte du patronat

Pour alléger les contraintes des entreprises, Marine Le Pen entend réduire le nombre d’obligations administratives liées au seuil des 50 salariés. Et fusionner les instances représentatives du personnel entre 50 et 300 salariés en une structure unique. La loi Rebsamen d’août 2015 prévoit déjà un regroupement des instances au sein d’une délégation unique du personnel pour les entreprises de cette taille. On passerait donc d’un regroupement à une fusion des mandats.

Les signaux positifs envoyés aux entreprises pour simplifier leur quotidien ne manquent pas. Alors qu’Emmanuel Macron veut « suspendre » le compte personnel de prévention de la pénibilité, Marine Le Pen s’engage à le supprimer. Elle répond à une demande forte du patronat qui juge le C3P trop contraignant à appliquer. A l’instar de ce que proposait également François Fillon, elle le remplacerait par une visite chez le médecin du travail. Ce retour en arrière aurait deux conséquences négatives pour les salariés. Il anéantirait tous les efforts – déjà bien difficiles à déployer – de prévention. Le praticien n’interviendrait en effet que lorsque les salariés subissent déjà les effets de la pénibilité. Ce constat conduirait ensuite à ce qu’ils soient licenciés pour inaptitude.

Antiprogressiste

Conservatrice à bien des égards, Marine Le Pen ne va pas à l’encontre des intérêts des entreprises. Pas un mot sur la simplification de l’étiquetage nutritionnel des produits, bête noire de l’industrie agroalimentaire. Elle lui préfère l’étiquetage des produits 100 % fabriqués en France. Pas un mot non plus sur une sortie éventuelle du nucléaire… Bien au contraire, c’est une industrie qu’elle entend conforter, demandant même un « moratoire » immédiat sur l’éolien.

Le monde du travail n’intéresse pas la candidate frontiste

Le monde du travail n’intéresse pas la candidate frontiste. Ni les conditions dans lesquelles il est exercé, ni les différentes formes qu’il peut prendre. Epuisement professionnel, CDD, temps partiel, égalité hommes-femmes… sont absents de son vocabulaire. Incohérente sur ce dernier point, elle évoque un grand plan national égalité hommes-femmes, mais prône aussi la libre répartition du congé parental entre les deux parents. Aujourd’hui, pour éviter que les mères continuent à prendre majoritairement ce congé, la loi prévoit que les six mois de congés réservés aux pères soient perdus s’ils ne s’en saisissent pas. Renoncer à cette mesure revient à pousser les mères à rester à la maison et à les écarter du marché du travail. Marine Le Pen souhaite une véritable politique nataliste. Elle redessine un monde à l’ancienne où chacun reste à sa place : employeurs, salariées et salariés, et syndicats.

 

Repost 0
19 avril 2017 3 19 /04 /avril /2017 06:11
Repost 0
10 avril 2017 1 10 /04 /avril /2017 15:48
Repost 0
16 février 2017 4 16 /02 /février /2017 11:04

Le parlement Européen adopte le CETA : « Amplifions la mobilisation pour faire échec à sa ratification nationale » (Pierre Laurent)

 

Par 408 voix pour, 254 voix contre et 33 abstentions, le parlement européen vient d’adopter le traité de libre-échange conclu entre l'UE et le Canada (ou CETA) qui de fait va entrer en vigueur de manière provisoire avant toute ratification des parlements nationaux.

Jusqu’au bout, les députés du groupe GUE-NGL se sont battus avec les nombreuses organisations et manifestants contre l’adoption de ce texte qui nie les droits de douanes pour plus de 90% de produits agricoles canadiens arrivant sur le marché européen, qui déréglemente les protections environnementales, les droits sociaux ou encore l’alimentation. Ce texte soumettra nos collectivités locales à appliquer les procédures du CETA dans de nombreux domaines comme l’ouverture des marchés publics, l'ouverture de leurs services locaux ou encore sur la réglementation des activités des entreprises canadiennes sur leur sol.

 

De plus, par des accords bilatéraux que Donald Trump pourra conclure au nom des Etats-Unis avec le Canada, s’ouvrira des passerelles pour continuer à commercer avec l’Europe sous les conditions du CETA, tout en poursuivant son discours d’apparat contre le Traité Transatlantique (TAFTA).

 

En ce sens, le CETA se révèle comme un véritable cheval de Troie, ouvrant la voie royale à une nouvelle génération de traités commerciaux qui nient les souverainetés nationales en dessaisissant les gouvernements et parlements de leur libre administration dans l'intérêt général, comprenant des dispositions d'arbitrage, de coopération réglementaire ou encore de libéralisation des services par voie de liste négative, ou d'ouverture de nos marchés publics à davantage d'entreprises étrangères.

 

Plus que jamais la mobilisation doit s’amplifier pour faire échec à sa ratification nationale.

La semaine dernière, sur proposition des députés communistes et du FDG, une résolution a été adoptée à l’Assemblée Nationale exigeant une consultation d’urgence du parlement avant la mise en œuvre provisoire du CETA prévu le 1er mars et d’autre part de soumettre sa ratification à la volonté populaire par l’organisation d’un référendum.

Le PCF et ses élus vont continuer de rassembler autour de cette exigence de référendum faisant appel à l’intelligence collective des citoyens, à la fois pour mesurer le contenu réel du CETA et d’ouvrir le débat nécessaire sur une régulation de la mondialisation économique, commerciale, sociale, culturelle et environnementale à contrario de la priorisation de la concurrence effrénée sur les droits les plus fondamentaux, qui détruit nos sociétés et notre planète.

 

 
Repost 0
14 février 2017 2 14 /02 /février /2017 15:52

La biomasse, une énergie renouvelable

 

La biomasse reste très utilisée dans le monde et est la première des énergies renouvelables. Elle recouvre de multiples réalités : du bois aux déchets secs, en passant par le biogaz.

PAR PAUL MATHIS*

QU’EST-CE QUE LA BIOMASSE ?

La biomasse trouve son origine dans les végétaux, par le processus de photosynthèse, qui consiste en la capture de l’énergie solaire pour fabriquer toutes les biomolécules des plantes. La photosynthèse est la source des toutes les molécules carbonées qui servent à l’alimentation des animaux et des micro-organismes, et aussi de tout l’oxygène atmosphérique.

La biomasse est constituée de molécules qui appartiennent à trois grandes catégories : les sucres, qui vont des sucres simples (comme le saccharose) à l’amidon ; les matières grasses, constituées de glycérol estérifié par des acides gras ; la lignocellulose, association très résistante de polymères, les celluloses et la lignine.

En schématisant, ces molécules offrent trois types de propriétés : de l’énergie, récupérable par combustion ; des structures tridimensionnelles utilisables pour des matériaux ; un contenu chimique valorisable dans la chimie de synthèse et dans l’alimentation.

Pour simplifier sa description, en termes pratiques, la biomasse est classée selon ses trois sources : la forêt, les cultures et les déchets.

La forêt produit deux grandes catégories de bois : celui des fûts, que l’on appellera bois d’œuvre, et toutes les « sous-catégories », moins nobles : bois d’éclaircissage et d’élagage, houppiers et petit bois lors de l’abattage.

Les cultures sont très variées. Ce sont les céréales qui produisent le plus de biomasse, suivies par les plantes productrices de matières grasses, les oléagineuses, et celles qui produisent du sucre, les saccharifères. Mais il y a aussi des plantes, comme le miscanthus, qui sont cultivées pour leur paille.

Les déchets sont encore plus variés : déchets de scierie, d’industries agricoles et alimentaires, résidus d’élevage, effluents industriels et urbains, etc.

À QUOI SERT LA BIOMASSE ?

De tout temps, la biomasse a servi aux humains, d’abord pour leur alimentation, puis pour la cuisson, ensuite pour des usages très variés.

Cela se poursuit avec son emploi dans l’alimentation des humains et des animaux ; la fourniture de chaleur pour le chauffage, la cuisson, les procédés industriels ; les carburants pour le transport, appelés biocarburants ; les matériaux pour la construction, le mobilier, les textiles, le papier; la fourniture de molécules pour la chimie de synthèse. Sans oublier qu’une partie de la biomasse doit être retournée au sol pour assurer sa fertilité. Parmi ces emplois variés, la fourniture d’énergie est parfois considérée comme prioritaire, mais c’est plutôt l’inverse car il s’agit là d’une utilisation finale, destructrice des molécules. Comment assurer les meilleurs usages ? Le marché est un outil, mais il ne saurait dominer car la biomasse s’intègre dans des cycles de production extrêmement longs et complexes, parmi lesquels certains facteurs ne sont pas rémunérés : assurer la qualité des sols sur des siècles, préserver la biodiversité, maintenir la forêt comme territoire de promenade et de qualité de l’eau, notamment.

LA BIOMASSE ÉNERGÉTIQUE Fourniture de chaleur

Le bois énergie constitue déjà 44 % de nos énergies renouvelables ! Sous la forme de bûches, de plaquettes ou de granulés, cet apport pourra progresser, en particulier dans les réseaux de chaleur pour le chauffage urbain ou industriel, car le bois reste l’énergie de chauffage la moins chère.

Il faut y ajouter l’incinération des déchets secs renouvelables, voire de certains résidus de cultures. Mais la combustion du bois est la source de polluants atmosphériques nocifs pour la santé publique, particules et hydrocarbures aromatiques polycycliques. Les solutions techniques, bien que coûteuses, devraient être systématisées.

Biocarburants et biogaz

Une première génération de biocarburants fonctionne : éthanol et biodiesel, substituts de l’essence et du gazole. Une seconde génération prévoit de tirer parti de biomasses lignocellulosiques non alimentaires (bois et ses déchets, pailles) ; elle en est au stade de pilotes pour la production d’éthanol par voie enzymatique, et de biogazole par voie thermo chimique.

La méthanisation de déchets organiques fournit du biométhane, dont l’emploi le plus prometteur devrait concerner le domaine des transports. Il serait logique que ces différents types de production soient intégrés à terme dans les mêmes unités de production, produisant par exemple carburants, produits chimiques et aliments.

Matériau pour la construction et la chimie

Ces utilisations ressortissent à la bioénergie, mais la biomasse matériau peut aussi contribuer fortement à réduire le besoin en combustibles fossiles. Le bois d’œuvre remplace béton, acier et aluminium, dont la production émet beaucoup de CO2.

La pétrochimie sera remplacée petit à petit par la chimie biosourcée. Et n’oublions pas que le bois d’œuvre correspond à du carbone stocké pour environ un siècle : autant de CO2 qui est soustrait à l’atmosphère !

LA BIOMASSE, UNE ÉNERGIE RENOUVELABLE ?

Dans une réflexion centrée sur les questions énergétiques, il faut affirmer que la biomasse est une énergie renouvelable… du moins en principe.

La question peut être abordée sous deux angles : le bilan de gaz à effet de serre (GES) et la production durable.

Bilan GES. La combustion de biomasse est la réaction inverse de sa formation par photosynthèse : elle produit autant de CO2 que ce qui a été absorbé par photosynthèse. Dans un régime d’équilibre, où il y a égalité entre biomasse produite et biomasse consommée, le bilan CO2 est donc nul. Mais ainsi présenté ce bilan est théorique. Il faudrait en effet toujours établir un bilan effectif par la méthode des analyses de cycle de vie pour tenir compte des émissions de GES entraînées par les engrais, les procédés agricoles et industriels, les transports. De tels bilans ont été établis pour les biocarburants de première génération. Le bilan n’est pas mauvais. Quels seront les bilans des biocarburants des filières lignocellulosiques ? Nul ne le sait. Quant au biogaz, son bilan devrait être bon quand on l’obtient à partir de déchets, et sans doute mauvais s’il est obtenu à partir de cultures dédiées. Et gardons constamment à l’esprit les cas de déséquilibre : ainsi, la coupe d’une forêt ou le retournement d’une prairie entraîne de fortes émissions de GES.

Une production durable.

L’agronome sait bien que la ressource en biomasse est limitée par la capacité de production des sols. Ce point est essentiel, surtout si l’on vise, comme il se doit, à une production durable à très long terme. La production de biomasse ne sera durable que si la qualité des sols est préservée.

À cet égard, il faut souligner que le potentiel de la biomasse énergétique est souvent surévalué. Il y a à cela trois raisons. La première, c’est la tendance à extrapoler à une large échelle géographique et à un temps long les productions constatées sur de petites surfaces bien choisies, dans de bonnes conditions. La seconde, c’est la surestimation par les instances politiques des terres disponibles pour des cultures énergétiques. Et la troisième, c’est que la biomasse a des usages multiples, parmi lesquels l’énergie n’est pas prioritaire. Même surévaluée, la biomasse énergétique ne peut répondre qu’à une faible part de nos besoins.

*PAUL MATHIS est ingénieur agronome,

docteur ès sciences physiques, ancien

directeur de recherches au CEA.

Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans ECOLOGIE SOCIAL-ECONOMIE-FINANCES
commenter cet article
8 février 2017 3 08 /02 /février /2017 07:49
Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans PCF SOCIAL-ECONOMIE-FINANCES
commenter cet article
5 février 2017 7 05 /02 /février /2017 11:23

Ne vous laissez pas séduire par son jeune âge, sa gueule de jeune premier et son story-telling de "réformateur au franc-parler". Derrière l’image de l’homme politique "innovateur et audacieux" qu’Emmanuel Macron façonne minutieusement, se cacherait en réalité un homme politique aux idées régressives, vieillottes et binaires. Voici la thèse pour le moins à contre-courant des deux économistes plutôt classés à gauche, Thomas Porcher* et Fréderic Farah*. Ils sont les auteurs d’Introduction inquiète à la Macron-économie, un ouvrage critique de la rhétorique d’Emmanuel Macron, qui sera publié le 6 octobre aux éditions des Petits matins.  

Leur méthode? Décrypter en 13 chapitres, 13 formules qui ont contribué à rendre célèbre l’ancien locataire de Bercy, afin de les confronter à leur vision de l’économie, radicalement différente de celle d'Emmanuelle Macron. "On voulait montrer que derrière les phrases chocs qui paraissent de bon sens, ses raisonnements économiques n’ont rien de nouveau. Ils sont mis en place depuis pratiquement une trentaine d’années et ne donnent aucuns résultats", explique Thomas Porcher, membre des économistes atterrés.

L’analyse se fonde sur une méthode simple: la confrontation des idées de Macron à l’épreuve des décisions économiques prises depuis 1945 et les résultats qu’elles auraient démontré en France et dans le monde. "C'est important de le faire car la mémoire concernant les effets des politiques appliquées semble de plus en plus courte", ajoute Thomas Porcher. 

C'est dans les vieux pots qu'on fait les pires soupes

"L’Etat doit continuer à donner plus de souplesse au marché du travail", assène l’ex-ministre de l’Economie ? "Une analyse de ces trente dernières années montre au contraire que 17 réformes visant à flexibiliser le marché du travail français ont été mises en place entre 2000 et 2013, sans que le chômage ne recule", rétorquent les deux auteurs. Ils rappellent au passage qu’il n’existe pas de consensus scientifique sur la corrélation entre flexibilité du marché de l’emploi et niveau de chômage.

"Si j’étais chômeur je n’attendrais pas tout de l’autre", est une autre petite phrase qui exaspère les deux auteurs. "Si l’on suit le raisonnement de l’ex-ministre de l’Economie, il y aurait donc d’un côté des ‘travailleurs courageux’ acceptant un salaire faible pour travailler coûte que coûte, et de l’autre des ‘fainéants’, qui, au même salaire, préfèrent le loisir. Or à l’épreuve des faits, cette représentation du chômeur paresseux ne tient pas sauf à penser qu’il y a des périodes d’épidémie de paresse, notamment au moment des crises de 1929 et 2008", relève non sans ironie Frédéric Farah et Thomas Porcher.

Une des critiques les plus virulentes des économistes, se porte également sur ce qu’ils pensent être une opération menée par Emmanuel Macron pour décrédibiliser toute forme d'alternative à gauche. Des déclarations comme "toute autre politique est un mirage" ou "le FN est un Syriza  à la française" montrent selon eux, que l’ex ministre a une vision binaire du monde: "ouverture vs repli", "pro-européen vs eurosceptique", "nucléaire contre le retour à la bougie". "Ce schéma qui interdit la réflexion est clairement un danger pour la démocratie », s’inquiètent-ils.

"Un élève modèle de Bruxelles, qui suit l'air du temps"

Sur le bilan du ministre, les deux auteurs ne sont pas plus tendres: "Une pâle copie de ce qui s’est fait quelques années plus tôt en Italie et en Espagne", tranchent-ils. La loi Macron est en effet selon eux un duplicate de la loi italienne Libéralisation et promotion de la concurrence et de la compétitivité, conduite, elle aussi par "un gouvernement dit de gauche", celui de Romano Prodi. Le genre de réforme grégaire dans la droite mouvance d'une Europe libérale qui fait de Macron "un élève modèle de la commission européenne (...) "incapable de faire autrement de suivre l'air du temps".

Enfin, et c'est peut-être le constat la plus acerbe de l'ouvrage, au-delà des critiques sur le diagnostic et les solutions proposées par Emmanuel Macron. Frédéric Farah et Thomas Porcher lui reprochent surtout de manquer d'une grande vision industrielle pour la France. "Il est incapable d’identifier les voies d’avenir, or la transition énergétique offre des espaces d'innovations à tous les étages",regrette Thomas Porcher. "On aurait aimé qu’il se pose les vraies questions, comme, par exemple, pourquoi nous n’avons pas de géant de la téléphonie mobile en France comme Apple ou Samsung ? Il devrait challenger les chefs d’entreprises et ouvrir des voies, mettre en place un état stratège et des espaces d'innovation".

Un homme sans vision

Or les auteurs regrettent que la grille d'analyse et la vision d'Emmanuel Macron, soit finalement bien trop courte pour être réellement convaincante. "Les problèmes d’une entreprise, quel que soit le secteur, ne peuvent provenir, pour lui, que d’un manque de compétitivité/coût et plus précisément d'un compromis social trop généreux avec le salarié", s’étranglent-ils. "Quel que soit le rôle qu'il sera amené à jouer dans le futur, il est certain qu'il ne sera pas cet homme providentiel offrant à la France un nouvel horizon plus solidaire et écologique", concluent-t-ils. 

Voilà un ouvrage qui ne devrait pas aider Emmanuel Macron qui tente en ce moment de se prévaloir de son expertise ministérielle et de son image d'homme politique iconoclaste. Un défaut d'image qui pourrait être d'autant plus problématique que les Français espèrent désespérément trouver des nouveaux visages pour la prochaine élection présidentielle. 

*Frédéric Farah est diplômé de Sciences Po Paris, professeur en classes préparatoires, chargé d’enseignement à l’université de Paris V. 
*Thomas Porcher est docteur en économie de l’université Paris Panthéon-Sorbonne, professeur associé à  Paris School of Business. Il est membre des Économistes atterrés. 

Repost 0
3 février 2017 5 03 /02 /février /2017 09:40
Repost 0
31 janvier 2017 2 31 /01 /janvier /2017 07:25
L’image contient peut-être : 1 personne, texte
Frédéric Boccara avec André Chassaigne et 54 autres personnes.
Un projet de loi présenté mercredi 1er février : un revenu pour tous et l'éradication progressive du chômage - la #SEF (sécurité d'emploi et de de formation)
Ce n'est ni un minima social, ni un travail obligatoire, ni le maintien à vie soviétique dans le même emploi, ni des formations bidon
Un système cohérent, mais progressif : 
(i) Des nouveaux pouvoirs face aux patrons (ii) Des moyens nouveaux face au capital et à la finance (iii) un objectif nouveau face à l'exploitation
On prend au sérieux les enjeux des nouvelles technologies ; la pression du capital et du patronat ; l'exigence de produire autrement de travailler autrement, avec un revenu meilleur et sécurisé, mais aussi de produire un revenu pour le distribuer
  •  
     
     
     
     
     
Repost 0

BRUNO FORNACIARI

HPIM3303

Recherche

Texte Libre