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1 janvier 2017 7 01 /01 /janvier /2017 09:26

Jean Ziegler : « Les spéculateurs devraient être jugés pour crime contre l’humanité »

PAR 


​​​​​​Les resources de la planète peuvent nourrir 12 milliards d’humains, mais la spéculation et la mainmise des multinationales sur les matières premières créent une pénurie. Conséquence : chaque être humain qui meurt de faim est assassiné, affirme Jean Ziegler, ancien rapporteur spécial de l’ONU pour le droit à l’alimentation. Il dénonce cette « destruction massive » par les marchés financiers. Des mécanismes construits par l’homme, et que l’homme peut renverser. Entretien :

Basta ! : Craignez-vous que la crise financière amplifie celle de la faim dans le monde ?

Jean Ziegler : Tous les cinq secondes, un enfant de moins de 10 ans meurt de faim. Près d’un milliard d’humains sur les 7 milliards que compte la planète souffrent de sous-alimentation. La pyramide des martyrs augmente. À cette faim structurelle, s’ajoute un phénomène conjoncturel : les brusques famines provoquées par une catastrophe climatique – comme en Afrique orientale, où 12 millions de personnes sont au bord de la destruction – ou par la guerre comme au Darfour. En raison de la crise financière, les ressources du Programme alimentaire mondial (PAM), chargé de l’aide d’urgence, ont diminué de moitié, passant de 6 milliards de dollars à 2,8 milliards. Les pays industrialisés ne paient plus leurs cotisations car il faut sauver la Grèce, l’Italie et les banques françaises. Une coupe budgétaire qui a un impact direct sur les plus démunis. Dans la corne de l’Afrique, le PAM est contraint de refuser l’entrée de ses centres de nutrition thérapeutique à des centaines de familles affamées qui retournent dans la savane vers une mort presque certaine.

Et les financiers continuent de spéculer sur les marchés alimentaires. Les prix des trois aliments de base, maïs, blé et riz – qui couvrent 75 % de la consommation mondiale – ont littéralement explosé. La hausse des prix étrangle les 1,7 milliard d’humains extrêmement pauvres vivant dans les bidonvilles de la planète, qui doivent assurer le minimum vital avec moins de 1,25 dollar par jour. Les spéculateurs boursiers qui ont ruiné les économies occidentales par appât du gain et avidité folle devraient être traduits devant un tribunal de Nuremberg pour crime contre l’humanité.

Les ressources de la planète suffisent à nourrir l’humanité. La malnutrition est-elle seulement une question de répartition ?

Le rapport annuel de la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) estime que l’agriculture mondiale pourrait aujourd’hui nourrir normalement 12 milliards d’humains [1], presque le double de l’humanité. Au seuil de ce nouveau millénaire, il n’y a plus aucune fatalité, aucun manque objectif. La planète croule sous la richesse. Un enfant qui meurt de faim est assassiné. Il n’est pas la victime d’une « loi de la nature » !

Au-delà de la spéculation, quelles sont les autres causes de la faim dans le monde ?

Tous les mécanismes qui tuent sont faits de main d’homme. La fabrication d’agrocarburants brûle des millions de tonnes de maïs aux États-Unis. L’océan vert de la canne à sucre au Brésil mange des millions d’hectares de terres arables. Pour remplir un réservoir de 50 litres de bioéthanol, vous devez brûler 352 kg de maïs. Au Mexique ou au Mali, où c’est l’aliment de base, un enfant vit une année avec cette quantité de maïs. Il faut agir face au réchauffement climatique, mais la solution ne passe pas par les agrocarburants ! Il faut faire des économies d’énergies, utiliser l’éolien, le solaire, encourager les transports publics.

Autre élément : le dumping agricole biaise les marchés alimentaires dans les pays africains. L’Union européenne subventionne l’exportation de sa production agricole. En Afrique, vous pouvez acheter sur n’importe quel étal des fruits, des légumes, du poulet venant d’Europe à quasiment la moitié du prix du produit africain équivalent. Et quelques kilomètres plus loin, le paysan et sa famille travaillent dix heures par jour sous un soleil brûlant sans avoir la moindre chance de réunir le minimum vital.

Et la dette extérieure des pays les plus pauvres les pénalise. Aucun gouvernement ne peut dégager le minimum de capital à investir dans l’agriculture, alors que ces États ont un besoin crucial d’améliorer leur productivité. En Afrique, il y a peu d’animaux de traction, pas d’engrais, pas de semences sélectionnées, pas assez d’irrigation.

Enfin, le marché agricole mondial est dominé par une dizaine de sociétés transcontinentales extrêmement puissantes, qui décident chaque jour de qui va vivre et mourir. La stratégie de libéralisation et de privatisation du Fonds monétaire international (FMI), de la Banque mondiale et de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) a ouvert la porte des pays du Sud aux multinationales. La multinationale Cargill a contrôlé l’an dernier 26,8 % de tout le blé commercialisé dans le monde, Louis Dreyfus gère 31 % de tout le commerce du riz. Ils contrôlent les prix. La situation est la même pour les intrants : Monsanto et Syngenta dominent le marché mondial – donc la productivité des paysans.

Que faire face à cette situation ?

Ces mécanismes, faits de main d’homme, peuvent être changés par les hommes. Mon livre, Destruction massive, Géopolitique de la faim, malgré son titre alarmant, est un message d’espoir. La France est une grande et puissante démocratie, comme la plupart des États dominateurs d’Europe et d’Occident. Il n’y a pas d’impuissance en démocratie. Nous avons toutes les armes constitutionnelles en main – mobilisation populaire, vote, grève générale – pour forcer le ministre de l’Agriculture à voter pour l’abolition du dumping agricole à Bruxelles. Le ministre des Finances peut se prononcer au FMI pour le désendettement total et immédiat des pays les plus pauvres de la planète.

La crise de la dette européenne rend cette position plus difficile à envisager…

Elle complique la situation. Mais la taxe Tobin, quand elle a été proposée par Attac il y a quinze ans, était qualifiée d’irréaliste. Aujourd’hui, elle est discutée par le G20 ! Les organisations internationales sont obligées de constater la misère explosive créée par la hausse des prix des matières premières. Un chemin se dessine. Nous avons un impératif catégorique moral – au-delà des partis, des idéologies, des institutions, des syndicats : l’éveil des consciences. Nous ne pouvons pas vivre dans un monde où des enfants meurent de faim alors que la planète croule sous les richesses. Nous ne voulons plus du banditisme bancaire. Nous voulons que l’État à nouveau exprime la volonté du citoyen, et ne soit pas un simple auxiliaire des entreprises multinationales. Ces revendications créent des mouvements dans la société civile.

La crise ne risque-t-elle pas de provoquer une montée du populisme en Europe, plutôt qu’un nécessaire sursaut des consciences ?

La lutte est incertaine. Le chômage et la peur du lendemain sont les terreaux du fascisme. Mais il y a une formidable espérance à la « périphérie », comme le montrent les insurrections paysannes pour la récupération des terres que les multinationales se sont appropriées au nord du Brésil et du Sénégal, au Honduras ou en Indonésie. Si nous arrivions à faire la jonction, à créer un front de solidarité entre ceux qui luttent à l’intérieur du cerveau de ces monstres froids et ceux qui souffrent à la périphérie, alors l’ordre cannibale du monde serait abattu. J’ai d’autant plus d’espoir que l’écart entre Sud et Nord se réduit, parce que la jungle avance. La violence nue du capital était jusqu’ici amortie au Nord, par les lois, une certaine décence, la négociation entre syndicats et représentants patronaux. Aujourd’hui, elle frappe ici les populations humbles. Il faut montrer la voie de l’insurrection et de la révolte.

Propos recueillis par Élodie Bécu

À lire : Jean Ziegler, Destruction massive : Géopolitique de la faim, 2011, Éditions du Seuil, 352 pages, 20 euros. Pour le commander dans la librairie la plus proche de chez vous, rendez-vous sur lalibraire.com.

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21 décembre 2016 3 21 /12 /décembre /2016 01:16

POUR UNE SIXIEME REPUBLIQUE / PROGRAMME DU PCF

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Le 06 avril 2006, il y plus de 10 ans,  le Parti Communiste Français proposait dans son programme une sixième République montrant le caractère néfaste du système présidentiel actuel et la nécessité d'un élargissement de la démocratie politique et sociale et l'indépendance de la justice.

PROPOSITIONS DU PCF

Les institutions de la 5ème République que nous avons dès l'origine combattues, ont, particulièrement ces dernières années, fait la preuve de leur nature foncièrement antidémocratique.

Le renforcement du présidentialisme avive la crise de la politique. La citoyenneté est étouffée. Dans la mondialisation capitaliste, le pouvoir est confisqué par le capital et les actionnaires. C'est la dictature des marchés financiers. La démocratie sociale reste à inventer pour rendre effectif le droit constitutionnel à l'emploi pour tous, qui doit primer sur l'exigence de rentabilité et le pouvoir des actionnaires.

Pour mettre fin à la concentration et à la privatisation des pouvoirs dans toute la société, pour organiser la diffusion et le partage de ces pouvoirs dans tout le corps social, nous nous plaçons dans la perspective d'une 6ème République fondée sur une démocratie pleinement participative. La 6ème République s'inscrit dans la continuité d'une tradition démocratique née en 1789, mais elle devra être en même temps la première République d'un nouvel âge démocratique, développant en tous domaines une logique d'intervention citoyenne directe et permanente, une véritable démocratie participative.

Sans ce nouvel essor du pouvoir citoyen, qu'il faudra impulser à toutes les échelles de territoire, du local au national, de l'Europe au monde, toute politique de changement sera gravement handicapée, voire vaine.

1. Pour fonder la nouvelle Constitution, des États généraux pour une nouvelle République seront réunis ; une Assemblée constituante sera élue, son projet soumis à ratification par référendum.

2. Une Constitution fondés sur les droits
Le socle de la nouvelle Constitution sera celui des droits. Ils ne seront pas renvoyés au seul préambule. Une Déclaration des droits fondamentaux et des libertés de la personne en constituera le titre premier. Elle énoncera des droits indivisibles : civils, politiques, économiques, sociaux ou culturels, s'appliquant à l'ensemble des résidents. Ces droits imprescriptibles seront contraignants, opposables devant les tribunaux. Le respect des droits fondamentaux relève d'une responsabilité publique et nationale et suppose des services publics hors concurrence et obéissant aux principes d'égalité, de responsabilité et d'efficacité.

3. Une implication citoyenne active
Le moteur de la nouvelle Constitution se trouvera dans une implication citoyenne active. Sous toutes ses formes, l'initiative citoyenne sera élargie, y compris à des propositions législatives, le référendum d'initiative populaire également. Toutes les assemblées élues devront mettre à leur ordre du jour toute proposition émanant d'une partie des citoyens, dont le seuil sera déterminée par la loi. La citoyenneté de résidence sera établie. Le statut de l'élu(e) rendra effective pour tous la possibilité d'exercer un mandat.

4. Un renforcement de la souveraineté populaire
La souveraineté populaire sera renforcée par un rapprochement significatif des élu-(e)s et de la population qu'ils représentent. La proportionnelle sera généralisée à toutes les élections. La parité sera généralisée et rendue obligatoire dans tous les scrutins. La durée des mandats sera réduite et leur cumul et leur renouvellement strictement limité. Des comités ou des conseils territoriaux veilleront à l'information, à l'exercice de la participation citoyenne et au contrôle de l'activité des élus.

5. La logique des institutions sera celle de la prépondérance du législatif sur l'exécutif.
Les dispositions qui rabaissent la représentation nationale telles que l'article 16, le vote bloqué, le recours à l'article 49-3...seront abandonnés. Le rôle de l'Assemblée nationale sera revalorisé et assorti de moyens effectifs de contrôle sur l'exécutif. Elle donne mandat de négociation au gouvernement sur chaque projet d'acte communautaire. Le Sénat, dans sa forme actuelle, sera supprimé. La seconde chambre, élue au suffrage universel direct, assurera le lien entre les initiatives des citoyens et collectivités territoriales et l'Assemblée nationale. Le rôle du Président de la République sera réduit : Il est le garant du fonctionnement démocratique des institutions. Il faudra créer les conditions de son élection pour cinq ans au suffrage indirect La responsabilité de l'exécutif incombera au Premier ministre et au gouvernement.

6. Une décentralisation solidaire
La décentralisation, dont l'état actuel fera l'objet d'un bilan critique, se conduira dans le double esprit de la souveraineté populaire et de la solidarité. Une collectivité pourra prendre en charge toute activité demandée par sa population ; une collectivité plus étendue ne prend en charge les activités d'une moins étendue que si celle-ci ne peut la satisfaire ou le souhaite par accord de partenariat.
L'État est le garant de la solidarité nationale, de la volonté collective nationale et de la cohérence des politiques suivies, il maintient l'égalité de traitement entre les habitant-e et entre les territoires. Les collectivités auront les financements et les moyens pour assumer leurs missions.
Les logiques de rentabilité aujourd'hui en œuvre dans l'exercice des fonctions de l'Etat doivent être abandonnées. Les instances de contrôle du fonctionnement transparent et démocratique des services de l'administration seront développées.
L'accès à la Haute fonction publique sera démocratisé.

7. La démocratie dans toute la société
La démocratie sociale sera tenue pour une part essentielle de la vie démocratique, un moteur du développement économique. Il faut en finir avec la dictature des marchés financiers, avec les pleins pouvoirs du chef d'entreprise. La citoyenneté à l'entreprise sera constitutionnelle, avec des droits d'intervention et de décisions des salariés et de leurs organisations et institutions représentatives, dans la gestion des entreprises. Le principe des négociations collectives sera revalorisé et démocratisé par la loi, avec en particulier le principe généralisé des accords majoritaires en voix. La protection sociale sera confortée et démocratisée.
La loi organisera la reconnaissance formelle et le développement résolu de toutes les formes de participation des syndicats, association et partis au fonctionnement des institutions. Leurs représentants seront dotés de statuts adaptés.

8. Une justice indépendante
L'indépendance de la Justice sera garantie. Le Conseil supérieur de la Justice sera garant de l'indépendance des magistrats. La tutelle du pouvoir exécutif sera supprimée. Le Président de la République et le Garde des Sceaux n'en seront plus membres. Le Conseil nomme et décide de l'avancement des magistrats du siège et du Parquet. L'unité et l'indépendance du corps des magistrats sont garanties par un statut établi par une loi organique. Les juges du siège sont inamovibles. Le ministère public est placé sous l'autorité du Garde des Sceaux pour l'exercice de l'action publique.
Le programme des communistes

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28 février 2016 7 28 /02 /février /2016 10:41
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21 février 2016 7 21 /02 /février /2016 11:38
Des soins pour Mumia !

Posté le 18 février 2016

En novembre 2015 je me suis rendu aux Etats-Unis, dans l’état de Pennsylvanie pour rencontrer Mumia Abu-Jamal emprisonné depuis 33 ans à la suite d’un procès inique. Mumia est atteint depuis plusieurs mois maintenant de l’hépatite C. Très affaibli, il ne bénéficie d’aucun soin adéquat. Cette maladie grave lui occasionne d’autres problèmes de santé tels que diabète et eczéma et commence à s’attaquer à son foi. Malgré cela les autorités de Pennsylvanie refusent de lui administrer un traitement, alors qu’un médicament efficace existe à cette maladie bien connue.

Avant mon départ j’ai écrit au gouverneur de Pennsylvanie, M. Tom Wolf, pour lui faire part de ce déplacement et pour l’interroger sur la situation de Mumia qui risque aujourd’hui des complications toujours plus graves représentant un réel danger de mort. Vous pouvez consulter cette lettre ici : Patrick LE HYARIC Lettre au gouverneur – anglais / Patrick LE HYARIC lettre au Gouverneur – français

En réponse à ce courrier j’ai reçu une première réponse du bureau du gouverneur m’informant qu’en raison des règles sur le respect de la vie privée, il leur est interdit de discuter et de communiquer des informations sur la santé des détenus. Néanmoins on nous assure que M. Mumia Abu Jamal est correctement traité. Vous pouvez lire cette réponse ici : Réponse bureau du gouverneur – anglais / Réponse bureau du Gouverneur – français

Le 29 janvier 2016, l’administration pénitentiaire de Pennsylvanie m’a adressé un courrier que je porte à votre connaissance ci-dessous. La réponse est la même : ils ne peuvent communiquer au sujet de la santé de leurs détenus et assurent apporter les soins nécessaires à Mumia. Vous pouvez consulter ce courrier ici : réponse de l’administration pénitentiaire pennsylvanie – anglais / Réponse de l’adminisatrion pénitentiaire pennsylvanie – français

Après avoir rencontré Mumia, ses soutiens et ses avocats, j’ai pu constater qu’il ne bénéficiait pas des soins appropriés et que son état de santé est inquiétant. En effet l’hépatite C si elle n’est pas soignée peut causer des problèmes de santé irréversibles et entraîner sa mort.

Suite à ce constat alarmant j’ai largement informé le public mais aussi mes collègues parlementaires européens et nationaux de cette situation pouvant lui être fatale.

C’est pourquoi, avec 109 autres parlementaires, nous avons fais parvenir au Gouverneur de Pennsylvanie, M. Tom Wolf, une lettre dans laquelle nous exprimons nos vives inquiétudes quant à la santé de Mumia Abu-Jamal et demandons qu’il intervienne afin que ce dernier bénéficie de soins médicaux comme le prévoit le droit international. (Cliquez ici pour lire cette lettre)

Rappelons que 10 000 autres prisonniers de Pennsylvanie sont atteints de l’hépatite C et ne bénéficient d’aucun traitement.

Exigeons pour Mumia et pour tous les autres détenus le respect de leurs droits humains, le droit aux soins.

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11 décembre 2014 4 11 /12 /décembre /2014 14:42

Des logements sociaux à la place du siège de l'UMP

L'HUMANITÉ.FR AVEC AGENCES

MARDI, 9 DÉCEMBRE, 2014

Le groupe communiste au Conseil de Paris a annoncé mardi avoir déposé un vœu demandant qu'une réserve pour du logement social soit inscrite sur la parcelle accueillant le siège de l'UMP à Paris à l’occasion de la modification du PLU.

Ce voeu sera défendu à l'occasion de la révision du Plan local d'urbanisme (PLU), le bâtiment étant sis 238 rue de Vaugirard (XVe arrondissement). Le voeu, qui a de bonnes chances d'être adopté lors du prochain Conseil de Paris, sera présenté mardi matin aux membres de la première commission, où siègent notamment la présidente du groupe UMP Nathalie Kosciusko-Morizet, et le député du XVe Jean-François Lamour, a précisé le président du groupe communiste Nicolas Bonnet-Oulaldj.

Une telle réserve (dite "LS 100") signifie que "quand un permis de construire sera déposé, il faudra que la parcelle soit dédiée à 100% à du logement social", a expliqué l'adjoint en charge du logement Ian Brossat (PCF). Dans ses "considérants", le voeu rappelle que le XVe arrondissement se caractérise "par un taux de logements sociaux largement inférieur au taux de 25% prescrit par la loi SRU" (17% selon Ian Brossat). Il y est aussi rappelé "les difficultés financières dont ont fait état les propriétaires de la parcelle du 238 rue de Vaugirard", et le souhait de Nathalie Kosciusko-Morizet de vendre ce siège "froid, glacial et qui rappelle de mauvais souvenirs".

"L'UMP nous demande d'accélérer la transformation de bureaux en logements, à eux de montrer l'exemple", a dit Nicolas Bonnet-Oulaldj. "Le siège de l'UMP n'est pas adapté, maintenant il y a même une guerre de bureaux (allusion à la manière dont NKM et Laurent Wauquiez se sont disputés le bureau de numéro deux, selon des informations de presse, ndlr), nous voulons mettre fin à tout ça". Au nom de l'exécutif, Ian Brossat a jugé le voeu du PCF "pertinent". "C'est un enjeu majeur de transformer des bureaux en logements", a-t-il estimé.

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9 décembre 2014 2 09 /12 /décembre /2014 03:10

Les opposants au travail du dimanche affûtent leurs arguments

FANNY DOUMAYROU

DIMANCHE, 7 DÉCEMBRE, 2014

PIERRE ANDRIEU / AFP

Le Front de gauche, l’intersyndicale du commerce Clic-P et des associations organisaient jeudi à Paris une « assemblée «populaire ». L’occasion de démonter pièce par pièce le discours des tenants de la déréglementation des horaires de travail.

Veillée d’armes chez les opposants au travail du dimanche. Alors que le projet de loi Macron, prévoyant la déréglementation des horaires dans le commerce, est présenté ce mercredi en conseil des ministres, le Front de gauche, l’intersyndicale parisienne du commerce Clic-P et des associations comme Femmes-égalité organisaient jeudi soir à Paris un meeting pour populariser les arguments contre cette libéralisation. Et motiver les troupes pour faire reculer le gouvernement.

Le contexte était favorable car le matin même, la mission d’information et d’évaluation (MIE) du Conseil de Paris avait rendu un rapport prenant nettement le contre-pied du projet gouvernemental, en s’opposant à une extension massive du travail du dimanche dans la capitale (voir notre édition du week-end). Un premier point d’appui, dans une bataille qui ne fait que commencer. « Le projet de loi sera débattu à l’Assemblée nationale en janvier pour un vote fin janvier, puis au Sénat en mars 2015, a détaillé Didier Le Reste, élu communiste à Paris et animateur du Front des luttes au sein du Front de Gauche. La généralisation du travail du dimanche est toujours présentée au nom de la liberté de consommer partout à n’importe quel moment, au nom de la relance économique. Mais il faut parler de l’impact sur les conditions de vie et de travail des salariés, sur les petits commerces, sur le vivre ensemble ».

Alors que le Medef annonce entre 90.000 et 300.000 créations d’emplois dans le commerce et le tourisme en cas de banalisation du travail le dimanche et en soirée, que l’UCV (patronat des Grands magasins parisiens), promet 2.000 emplois de son côté, l’argument a été mis en pièce par les intervenants. De façon humoristique par Karl Ghazi, de la CGT-commerce : « Si je vous disais qu’en faisant tourner les usines automobiles jour et nuit, on vendrait plus de voitures, cela vous ferait rire », a-t-il lancé, en moquant l’argument patronal. De façon lapidaire par l’économiste Gérard Cornilleau, de l’OFCE, qui a juré que cinq minutes lui suffiraient largement pour sa démonstration : « Aujourd’hui, il n’y a pas de rationnement de la consommation, si ce n’est par le revenu. Il faut d’abord sortir de la crise pour relancer la consommation, ce n’est pas une question d’ouverture des magasins. Il n’y a aucune justification économique à cette volonté de modifier les horaires d’ouverture. » De façon concrète par Bernard Demarcq, de la CGT du Printemps Haussmann à Paris, qui a rappelé que son magasin, entre 2007 et 2014, n’a cessé d’élargir les amplitudes horaires, le travail du dimanche, des jours fériés et les nocturnes… en supprimant dans le même temps quelque 1306 équivalents temps-plein. Et d’accuser la direction du Printemps d’avoir « trompé la MIE » (mission d’information et d’évaluation du Conseil de Paris, NDLR), en gonflant artificiellement le chiffre d’affaires des dimanches, en encaissant ce jour-là des achats effectués en semaine.

Le volontariat des salariés sera-t-il garanti comme le promet Macron ? « C’est une escroquerie, a dénoncé Emmanuel Giraud, inspecteur du travail. D’abord on fait travailler des étudiants mais ensuite, tout le monde est obligé de suivre ». Et Laurent Degousée, de Su-commerce, d’illustrer par trois exemples le degré de liberté du salarié : « Chez Virgin, les contrats de travail comprenaient la mention « vous vous déclarez volontaire pour travailler le dimanche ». Au Sephora des Quatre-temps, déjà ouvert le dimanche jusqu’à 19 heures, la direction veut repousser la fermeture à 20h30. Elle a dit aux salariés que s’ils n’acceptaient pas, elle les ferait basculer en semaine, ce qui leur ferait perdre la majoration de 100%. Chez Aeroboutique à Gare du Nord, les salariés qui refusaient de venir le dimanche ont reçu des lettres de menaces de la direction. »

La loi Macron « est une offensive d’envergure pour faire sauter un important verrou, le repos du dimanche, a dénoncé Ana Azaria, de Femmes-égalité. Directement visées par cette offensive, les femmes des milieux populaires. On parle des Grands magasins à Paris, mais la loi va concerner tout le pays, et surtout des femmes qui sont majoritaires parmi les vendeuses, les caissières, les agents d’entretien ». Et la féministe d’évoquer les retombées sur la santé de ces femmes, sur leur vie de famille et de couple, sur le suivi scolaire des enfants : « Des études ont montré le lien entre l’échec scolaire et le manque de disponibilité des parents. Ces femmes seront, en plus de tout, culpabilisées !» Conséquences sur la santé, la famille, mais aussi sur la ville avec la menace de disparition du petit commerce soulignée par un représentant de la Confédération des commerçants de France – seul « patron » à avoir accepté l’invitation des organisateurs -, et par Danièle Simonnet, conseillère de Paris (Parti de gauche), qui a dénoncé le risque d’uniformisation des villes avec l’hégémonie des grandes enseignes.

« On peut gagner sur certains points, il faut faire pression sur le groupe socialiste et il faut mener une campagne », a souligné Jacqueline Fraysse, députée communiste des Hauts-de-Seine, tandis que Martine Billard, du Parti de gauche, en appelait aussi à gagner les « frondeurs » du PS pour « faire chuter cette loi Macron ». En attendant, les organisateurs ont annoncé une campagne de cartes postales à envoyer au président Hollande, lui rappelant ses propos hostiles au travail du dimanche, de l’année 2008 où député, il s’opposait à la loi Mallié de la droite…

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1 décembre 2014 1 01 /12 /décembre /2014 11:28

À rebours du discours « social », l’austérité municipale version FN

GRÉGORY MARIN

JEUDI, 27 NOVEMBRE, 2014

À Hayange (Moselle), Fabien Engelmann, n’aime pas la danse orientale.

Photo : Jean-Christophe Verhaegen/AFP

Le Front national a beau tenter, sous l’impulsion de Marine Le Pen, de détourner à son profit le malaise social en se proclamant contre l’austérité, l’analyse des décisions budgétaires locales de ses élus prouve le peu de cas qu’ils font des « oubliés » placés malgré eux sous leur administration.

Ce week-end, le Front national a tenu son congrès à Lyon sur fond d’opération de « banalisation » du parti, largement relayée dans les grands médias. Marine Le Pen, qui a désormais pour objectif de transformer le FN en machine électorale, a été reconduite sans difficulté. Marion Maréchal-Le Pen a quant à elle intégrée la direction, verouillant pour des années la mainmise de la « marque » Le Pen sur l’entreprise familiale, et préparant la succession. La stratégie nationale du parti d’extrême droite impulsée par sa présidente, mélange d’exaltation de l’autorité, d’une France réinscrite dans un roman national fantasmé et de détournement d’un vocabulaire de gauche à fin de brouillage idéologique, a de nouveau été validée par les militants.

La reprise sur France Culture, de l’expression marxiste « armée de réserve du capitalisme » par le vice-président du parti, Florian Philippot, en est une preuve, notamment parce qu’il l’employait à propos… de l’immigration, ce « projet du grand patronat », dénonce-t-il, qui « tire vers le bas les salaires ». Pour draguer les classes populaires qui subissent la crise de plein fouet, le Front national organise la concurrence entre pauvres et moins pauvres, entre travailleurs français et immigrés, sans remettre en cause la domination du capital sur la vie quotidienne des « oubliés » qu’il prétend défendre.

La promotion des « nouveaux visages » du FN, élus lors des dernières municipales, est devenue un élément incontournable de la communication du parti. Il a d’abord fallu faire oublier la gestion calamiteuse des années 1995-2001, sur laquelle les journalistes n’interrogent plus que rarement les lepénistes, puis minimiser ou ignorer les erreurs grossières dont sont coutumiers les élus locaux. Car rien ne doit venir entraver la marche au pouvoir de Marine Le Pen, « seul candidat (sic) susceptible de gagner la prochaine élection présidentielle », selon son conseiller Bertrand Dutheil de La Rochère. Sans attendre la campagne présidentielle de 2017,l’Humanité s’est penchée sur les politiques frontistes menées sur le terrain local. Qu’ils ne soient « pas prêts à gouverner », comme le dénoncent leurs adversaires, ou que leur gestion politique les amène à renier une grande partie de leurs promesses électorales, au premier rang desquelles la lutte contre l’austérité, les cadres du FN contredisent au quotidien l’affichage « social » du parti. Derrière les vitrines qui servent la communication du parti, du Nord au Sud, à Fréjus, Beaucaire, Cogolin, Mantes-la-Ville, Villers-Cotterêts, etc., se lisent d’autres orientations, antisociales et austéritaires.

De la gestion frontiste dans les villes conquises en mars dernier, on n’a retenu que l’écume : « rétablissement du porc dans les cantines », d’où il n’avait pas disparu, à Camaret-sur-Aigues (Vaucluse), interdiction de danses orientales à Hayange (Moselle), baptême d’un parking au nom de l’antisémite Maurice Barrès à Cogolin (Var), embauche de cadres « identitaires » à Béziers (Hérault) ou Beaucaire (Gard), refus de commémorer l’abolition de l’esclavage à Villers-Cotterêts (Aisne). Mais c’est dans les domaines du social et des finances locales que se lit la cohérence programmatique du FN, à rebours de l’image pseudo-sociale cultivée publiquement.

Les centres sociaux et les associations au pain sec

Premières victimes des mairies frontistes ou du Rassemblement bleu Marine : les centres sociaux. Maire du 7e secteur de Marseille, le frontiste Stéphane Ravier a fait voter dès juin l’arrêt des subventions au centre social. Tout comme à Fréjus (Var), où le sénateur maire David Rachline a coupé celles du « centre socialiste » du quartier populaire de la Villeneuve, qu’il accusait sur Twitter de « détournement d’argent public ». Celui de la Gabelle, seul accès public à l’informatique pour les démarches administratives, la recherche d’emploi, etc., a vu la sienne gravement amputée. Même politique à l’œuvre à Béziers, où le maire, Robert Ménard, revendique le soutien du FN. Le parti l’a inclus dans son document « Communes Front national, promesses tenues… Ce que les médias ne vous diront pas ». Ici, la réduction du budget des centres sociaux atteint les 20 %, ciblant prioritairement le quartier défavorisé à forte population d’origine immigrée de la Devèze. Mais ces décisions, catastrophiques pour le lien social et la solidarité, ne sont pas les seuls champs d’expérimentation ouverts par l’extrême droite municipale. La gestion locale du tissu associatif participe d’une vision utilitariste développée par l’extrême droite. À la rubrique « lutter contre les gaspillages et les privilèges » (sic), le document « Promesses tenues » du RBM préconise des « réévaluations (des subventions aux associations – NDLR) en fonction du mérite ».

À Beaucaire (Gard), Julien Sanchez s’en prend aux enseignants.

Photo : Bertrand Langlois/AFP

À Beaucaire, le maire, Julien Sanchez, traduisait, en début de mandat : « On ne va pas couper dans les subventions des associations cette année, mais on évaluera pour donner à celles qui méritent l’an prochain. » En attendant, il a voté 2 000 euros d’augmentation à deux associations « méritantes », donc, qui luttent « pour la cause animale », et nommé un « conseiller municipal délégué aux animaux de compagnie »… Une manière de caresser son électorat dans le sens du poil.

Sur le fond, une logique similaire à celle des gouvernements libéraux

D’autres administrés ont moins de chance d’être soutenus par leurs édiles. La mairie frontiste du Pontet (Vaucluse), en quête d’« économies », rogne sur l’aide sociale apportée aux familles qui peinent à payer l’inscription des enfants à la cantine. Depuis septembre, fini les repas subventionnés pour les plus démunis : il faut « responsabiliser les parents d’élèves pour leur montrer que tout n’est pas gratuit ». Une mesure qui ne fera économiser que 30 000 euros à la commune, sur un budget de 50 millions d’euros. Même punition à l’autre bout de la France, à Villers-Cotterêts (Aisne). Franck Briffaut a mis fin à la cantine pour les enfants de chômeurs : « Une personne au RSA peut venir chercher son enfant à l’école car elle ne travaille pas », plaide-t-il… à moins de payer 152 euros de plus par an. Là aussi, la décision ne produira que peu de résultats, avoue le maire, mais il s’agit avant tout de lutter contre « l’assistanat ». Dans son programme présidentiel, Marine Le Pen estimait que les logements sociaux devaient être réservés aux Français, et à la limite, sous conditions, à certains étrangers en situation régulière. Application à la lettre dans le « secteur bleu Marine de Marseille » (dixit le document « Promesses tenues »). Si Stéphane Ravier vote systématiquement, comme la plupart des élus frontistes de France, contre tous les projets de logements sociaux et de rénovation urbaine, c’est qu’il ne veut pas que « l’on déverse des millions d’euros vers ces quartiers en nous faisant croire que cela va changer la nature de celles et ceux qui y habitent ». Voyez-vous, il n’y a « pas beaucoup de Scandinaves dans nos quartiers ».

À l’entendre, Marine Le Pen aurait converti le FN à la lutte contre l’austérité. À y regarder de plus près, le parti s’inscrit dans une logique similaire à celle des gouvernements libéraux ou sociolibéraux. Ainsi, à Beaucaire, le maire a-t-il mis fin à la « surcharge salariale » de 40 000 euros que représentaient… les contractuels de l’été. Et tant pis pour les centres de loisirs. À Mantes-la-Ville, ce sont les contrats jeunes qui ne sont pas reconduits. À Villers-Cotterêts, la municipalité applique le non-remplacement des employés partis à la retraite, et vend des « biens communaux » pour équilibrer son budget. Dans le même temps, les maires de Cogolin et du Luc (Var) ont augmenté leurs indemnités de 15 %. Et si celui du Pontet figure dans le document « Promesses tenues » comme ayant « réduit ses avantages », c’est que le tribunal administratif a refusé l’augmentation de 44 % qu’il s’était octroyée. Au Front national, de « préférence », l’austérité, c’est pour les autres.

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7 mai 2014 3 07 /05 /mai /2014 09:13

« Commerce équitable : rejoignez le mouvement ! »

La 14ème édition de la Quinzaine du Commerce Equitable annonce un temps pour rapprocher le commerce équitable de la société française. Les acteurs du commerce équitable, d’Artisans du Monde à Ethiquable se réunissent sous l’égide de la Plateforme française pour le commerce équitable pour mettre en lumière leurs pratiques quotidiennes d’un commerce qui place l’humain d’abord.

Nous souhaitons, en cette période, rappeler le soutien du Parti communiste à toutes les formes d’engagement économique en faveur d’une transformation sociale. Nous soutenons le commerce équitable qui défend une économie humaine basée sur la transparence et met en place des filières où le producteur est rémunéré à hauteur de la valeur ajoutée qu’il apporte.

Le commerce équitable en favorisant des collectifs démocratiques de producteurs dans des pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique permet le déploiement de nouvelles forces populaires, terreau d’un changement politique pour construire une économie équitable.

Le commerce équitable ne fait pourtant pas l’unanimité. Il mérite débat, il nécessite un effort pédagogique important que la collectivité doit soutenir. Le commerce équitable doit toujours être un outil d’ouverture au monde, déclencheur d’une citoyenneté économique et politique.

Le commerce équitable est une composante de ce que nous voulons provoquer : un changement sociétal pour un partage des richesses juste et une démocratie permanente de l’entreprise aux urnes.

Face aux défis du commerce équitable, nous rappelons le gouvernement à ses engagements. Benoît Hamon alors Ministre de l’Economie Sociale et Solidaire et Pascal Canfin, ministre de la politique du développement, ont engagé l’Etat en 2013 vers un plan de soutien au commerce équitable pour favoriser le développement des filières équitables dans le respect de la souveraineté alimentaire, pour mettre en place des systèmes de garantie sous le contrôle d’une commission nationale du commerce équitable (députés, sénateurs, acteurs du CE…), développer les connexions entre circuits de distribution au nord et acteurs du commerce équitable, promouvoir les achats publics équitables.

Nous attendons une politique publique innovante, au plus proche des acteurs, qui les accompagne dans leurs évolutions en évitant toute « dilution » des valeurs et des règles du commerce équitable dans une économie capitaliste prédatrice.

Nous appelons tous les citoyens à manifester leur soutien au commerce équitable le dimanche 18 mai à Paris à 14h pour la Fairpride qui partira de la Place Martin Nadaud (Métro Gambetta) et qui arrivera vers 17h place Baudoyer (face à la mairie du 4ème arrondissement) où sera présent depuis le matin le « village solidaire » français. Ce sera aussi l’occasion de saluer l’action d’Artisans du Monde et de fêter ses 40 ans.

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21 avril 2014 1 21 /04 /avril /2014 11:54

Le 21 avril 1944, grâce à l'amendement déposé par le communiste Fernand Grenier à l'Assemblée consultative provisoire à Alger, le droit de vote et d'éligibilité des femmes est établi en France. Soixante-dix ans après, si « la femme et la politique » ne font plus qu’une, la fragilité de cet acquis social demeure… Trajectoire politique avec Janine Mossus-Levau, directrice de recherche au Cevipof (Centre de recherches Politiques de Science Po) et auteur du dictionnaire des sexualités*.

Comment expliquer que le droit de vote des femmes soit arrivé seulement en 1944, un siècle après l’obtention du suffrage universel en 1848 ?
Janine Mossuz-Lav
au: C’est vrai que nous sommes l’un des derniers pays européens à avoir accordé le droit de vote aux femmes. Cela tient à plusieurs raisons. Entre les deux guerres, la chambre des députés avait voté en faveur de ce droit mais à chaque fois le sénat s’y est opposé. Pourquoi ? Les radicaux, qui étaient très puissant à l’époque, pensaient qu’elles voteraient à droite comme le curé ou leur mari. Ensuite, de nombreux hommes s’appuyaient sur des arguments sexistes pour faire peur à ceux qui voulaient donner le droit de vote aux Françaises. On entendait de tout : « Le foyer sera un enfer, les enfants seront négligés, la femme charmante et précieuse à pour rôle de séduire et non de se battre… ».
Mais en avril 1944, l’obtention du droit de vote pour les femmes apparait comme la suite logique et légitime d’un combat de lutte mené durant la résistance. De nombreuses femmes ont fait parti de la résistance et étaient dans les premiers rangs au moment de la libération. La lutte a permis le changement car cela aurait été scandaleux de ne pas pouvoir voter au lendemain de la seconde guerre mondiale.

A t-il été simple de devenir citoyenne ?
Janine Mossuz-Lavau: Oui, les femmes étaient prêtes à participer au devoir. Elles attendaient juste que la loi leur permette l’accès aux urnes. Dans toute la France, le sentiment d’éligibilité au féminin s’est vite ressenti. En milieu rural, on remarquera d’ailleurs très peu d’abstention du côté des femmes car dans les petites communes tout le monde se connait. Il aurait été mal vu de ne pas aller voter.

Lors des élections municipales, le 29 avril 1945, les femmes vont voter pour la première fois. Paradoxalement, jusque dans les années 1960, les femmes n’avaient pas le droit d’avoir de compte bancaire, il existait encore une notion de chef de famille…
L’accès à l’isoloir, pour les femmes, a-t-il était si évident que ça finalement ?
Janine Mossuz-Lav
au: En effet, la participation des femmes aux différentes élections ne s’est pas faite en une fois mais en trois temps. Jusque dans les années 60, les femmes s’abstenaient plus que les hommes et votaient moins à gauche. Elles étaient moins réactives au débat politique que les hommes. C’est le temps de l’apprentissage. La deuxième période s’étend des années 70 jusqu’à la fin des années 80 ; véritable moment de décalage, accompagné d’une période d’épanouissement politique. Les femmes se mettent à aller aux urnes, autant que les hommes et l’écart entre les votes de gauche et ceux de droite se réduit assez notablement. Depuis 1990, l’autonomie politique est omniprésente chez les femmes. Pour la première fois, les femmes votent à gauche autant que les hommes. Je dis « période d’autonomie » car le premier tour de l’élection présidentielle de 2002 l’a démontré. Si les femmes avaient été les seules à avoir le droit de vote, Jacques Chirac serait arrivé en tête au premier tour suivi de Lionel Jospin. En revanche, si ce n’était que les hommes qui avaient eu le droit de vote, Jean-Marie Le Pen serait arrivé en tête au premier tour, suivi de Jacques Chirac.

Dans l’échiquier politique féminin, on retrouve Arlette Laguiller (Lutte Ouvrière), 1ère femme à se présenter à une élection présidentielle, Catherine Trautmann, (PS), première maire d’une ville de 100 000 habitants, Edith Cresson (PS),première et unique femme 1er Ministre, Anne Hidalgo, (PS), première maire de Paris… Comment peut-on expliquer que la volonté politique de placer des femmes en tête de liste soit-elle si présente à gauche et finalement moins visible à droite ?
Janine Mossuz-Lav
au: Les partis de gauche ont toujours beaucoup plus promu les femmes dans la classe politique qu’à droite parce que le socle idéologique de la gauche, c’est l’égalité. Le combat contre les inégalités, incarné par la lutte des classes, comprend celui de l’égalité homme-femme. Donc, la place des femmes en politique était logiquement une revendication des partis de gauche. Tandis qu’à droite, la perception de la société renvoie plutôt à une notion de hiérarchie.

Aux élections législatives de 2012, la proportion de femmes élues atteint 26,9 %. Un très net progrès par rapport à 2007 (18,5 %). Mais à ce rythme, la parité à l’Assemblée nationale ne sera pas atteinte avant 2030… Quel est le problème ?
Janine Mossuz-Lav
au: La loi sur la parité n’est contraignante qu’au niveau local. Il n’y a pas de contraintes pour les législatives. Les principaux partis, pendant un certain temps, ne se sont pas préoccupé de cette close, donnant comme argument : « On ne peut pas renvoyer chez eux des députés qui n’ont pas démérité, pour mettre à la place des femmes ». Elles sont donc arrivées dans un climat politique masculin où il a fallu se faire une place. En 1936, elles étaient 6% de femmes à l’Assemblée, en 1993 elles n’étaient encore que 6%. Si aujourd’hui, on atteint les 27%, le regard sur la femme politicienne reste dur. Le sexisme est omniprésent. C’est effrayant. Pour exemple, en 1997, un certain nombre de femmes entrent à l’Assemblée, suite aux élections anticipées, sous le mandat de Jacques Chirac. Quand celles-ci sont venues exposer leur programme à la tribune, on a entendu crier dans les travées « à poil ». Autre anecdote malheureuse, quand Ségolène Royale a annoncé sa candidature en 2007. Les réactions sexistes ont fusé à l’intérieur même du parti socialiste. Laurent Fabius se demandait qui allait garder les enfants, Jean-Luc Mélenchon précisait que l’élection présidentielle n’était pas un concours de beauté, Dominique Strauss-Khan souhaitait qu’elle étudie ses livres de cuisines… D’ailleurs, après l’histoire du Sofitel, de nombreuses femmes ont déploré les horribles discours sexistes que tenaient certains à l’Assemblé et leurs difficultés à exercer leurs fonctions.

70 ans de droit de vote des femmes, un acquis de lutte, certes, mais comment expliquer que la France soit 34e au rang mondial de la représentation des femmes au parlement ?

Janine Mossuz-Lavau: Ce droit de vote, elles l’ont gagné, elles l’ont mérité. Aujourd’hui les femmes sont salariées, elles sont exposées à d’autres messages car elles sortent de chez elles. Un véritable progrès qui s’affine depuis 70 ans. Là, où il faut maintenant agir c’est sur le droit d’éligibilité. On est très en retard contrairement aux Pays du Nord qui présentent une parité totale. L’accès tardif au droit de vote des femmes nous fait défaut, forcément. Après, je pense que l’accès à la politique, tout comme aux postes à hautes fonctions, pour les femmes est un processus qu’il faut travailler dès le plus jeune âge. Elles ne doivent plus se sous-évaluer. C’est certain qu’il y a un problème de mœurs à corriger pour faire avancer l’égalité homme-femme aussi bien en politique que dans la vie de tous les jours. Malheureusement, les derniers démêlés qu’il y a eu en France concernant le mariage pour tous et la théorie du genre prouvent que le combat est encore long et ardu.

*Dictionnaire des sexualités, Janine Mossuz-Lavau, édition Robert Laffont

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21 avril 2014 1 21 /04 /avril /2014 08:11

La CGT ne laissera pas le gouvernement tuer notre système de santé et d’action sociale

10 avril 2014

APPEL DU COMITE NATIONAL FEDERAL DES 7 ET 8 AVRIL 2014 : L'annonce du plan dit d'économie de 50 milliards d'euros concerne au premier chef les secteurs de la santé et de l'action sociale avec 23 milliards pris sur le budget de la sécurité sociale, 17 milliards pour l’État et 10 milliards pour les collectivités locales.

Alors que dans le même temps, les dividendes versés par les entreprises explosent et que les frais financiers versés aux banques étranglent les budgets publics, l’attaque contre un des piliers de ce qui assure la cohésion sociale de notre pays est insupportable.

Les services de santé et d’action sociale ne constituent pas un coût qu’il faut à tout prix réduire mais sont créateurs de richesses pour notre pays. Alors que les besoins augmentent avec notamment le vieillissement de la population et les progrès techniques, alors que ces besoins ne sont pas couverts, il paraît aberrant de diminuer les budgets donc les emplois.

En fait, la logique sous-jacente est celle de l’ouverture au marché des activités rentables, notamment dans le secteur que certains appellent la « silver economy ». L’objectif politique sous-jacent est clair : limiter l’action de la solidarité nationale à la charité et basculer vers le marché tout ce qui peut générer des profits. Le résultat de ce type de choix est connu : une aggravation des inégalités et une dégradation de la santé de la population, mais également une dégradation de l’emploi et des conditions de travail des salarié-es (précarisation, déqualification, glissement de tâches, absence de formation, salaires, …).

Pourtant des solutions existent et la CGT ne manque pas de propositions pour l’organisation et le financement d’un grand service public de la santé et de l’action sociale. Nous ne sommes pas les seuls à tirer la sonnette d’alarme, à l’instar de la Fédération Hospitalière de France qui dénonce l’étranglement des hôpitaux par les coûts financiers liés à leurs charges d’emprunts et à leurs lignes de trésorerie.

Depuis maintenant deux ans qu’il est au pouvoir, le gouvernement n’a fait que poursuivre la politique de son prédécesseur de casse de notre système de santé et de protection sociale. La colère est grande chez les salarié-es de nos secteurs et s’exprime pas de multiples luttes locales, avec parfois un vrai désespoir face à une perte de sens de ce qui fonde les valeurs de nos métiers.

La Fédération CGT de la Santé et de l’Action Sociale, par la voix de son Comité National Fédéral réuni ce jour à Montreuil, ne peut accepter une telle politique et réaffirme son opposition au pacte de responsabilité. Elle mettra tout en œuvre dans les semaines et les mois à venir pour s’y opposer et construire les convergences et les luttes permettant d’imposer d’autres choix. Les annonces faites ce jour par le Premier Ministre nous confirme l’urgence d’agir partout dans nos établissements et les territoires.

Tous dans la rue le 1er Mai 2014 !

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BRUNO FORNACIARI

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