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24 septembre 2017 7 24 /09 /septembre /2017 04:31

23 SEPTEMBRE : LA GRANDE PAIX HUMAINE EST POSSIBLE (PCF)

Ce samedi 23 septembre dans plus de trente villes de France, des milliers de femmes et d’hommes défilent pour affirmer l’exigence de rompre avec les logiques de guerre qui dominent la scène internationale. Pierre Laurent, secrétaire national du PCF et sénateur de Paris, se joindra au défilé parisien à 14h30, Place de la République.

Ces manifestations s’inscrivent dans la Vague mondiale pour la paix initiée le 21 septembre par les militants pacifistes du Japon.

L’escalade des tensions en Asie au cours de l’été 2017 a fait renaître le risque d’un conflit nucléaire d’une dimension que l’humanité n’a jamais connue alors que le 7 juillet dernier, 122 pays ont adopté à l’initiative de l’ONU le premier Traité international d’interdiction des armes nucléaires qui prohibe leur utilisation mais aussi l’usage de la menace nucléaire.

La France s’est non seulement tenue à l’écart de cette avancée historique mais le président Macron la passe systématiquement sous silence, et le ministère des Affaires étrangères la dénigre. La « stratégie de dissuasion » est pourtant bel et bien en échec : elle n’a empêché aucune des guerres en cours et elle alimente le conflit latent entre Etats-Unis et Corée du Nord.

Le président américain a tenu, à la tribune des Nations unies le 19 septembre, des propos qui ne laissent plus de doutes sur ses penchants belliqueux.

Les peuples du monde peuvent s’unir pour stopper les faiseurs de guerre, les marchands d’armes dont la France, les trafiquants de matières et composants nucléaires. De nombreuses ONG luttent contre les armes de destruction massive, les mines anti-personnels, les armes de petits calibres et ont besoin du soutien de gouvernements engagés pour la sécurité humaine collective et d’un large mouvement populaire mondial pour la paix. Il y a trop d'armes, beaucoup trop d'armes, beaucoup trop sophistiquées, beaucoup trop d'argent autour de ce commerce pour que nous ne reprenions pas le chemin du combat mondial pour la paix.

A l’appel du collectif POUR LA PAIX, le Parti communiste français participe aux Marches des 23 et 24 septembre pour exiger que la France signe et ratifie le Traité d’interdiction des armes nucléaires, et engage avec les 115 pays déclarés « zones exemptes d’armes nucléaires » un processus mondial de destruction des armes nucléaires. Les communistes marchent pour dire leur opposition à la décision du gouvernement français de porter à 2% du PIB la part du budget de l’Etat consacrée aux armées et au contraire exiger le respect des engagements de porter celle de l’aide publique au développement (APD) à 0,7% du PIB.

Membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU dont elle prendra la présidence en ce mois d’octobre, la France doit initier une politique internationale de coopération et de développement partagé.

Le 23 septembre, le PCF associe ses forces à toutes celles et ceux qui se lèvent pour la paix universelle, le désarmement universel, l’abolition des armes nucléaires, et la signature par la France du Traité International signé à l'ONU par 122 pays le 7 juillet dernier.

PCF - Parti Communiste Français
Paris, le 23 septembre 2017

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Published by bruno fornaciari - dans ACTUALITES INTERNATIONAL PCF
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23 septembre 2017 6 23 /09 /septembre /2017 18:51

Intervention faite au nom du PCF Var dans le cadre de la lutte pour la Paix. 
Chers amis, chers(es) camarades,
70 ans après l’appel de Charles Tillon qui contribuera à voir naître un grand mouvement pour la paix en 1951 la terre est toujours traversée par les violences et les atrocités des guerres et leurs lots de tragédies et de drames humains.
Quelques jours après les mobilisations sociales des 12 et 21 septembre contre la loi travail, cette journée s’inscrit dans la continuité des luttes que nous menons car sans solution sociale et humaine il ne peut y de paix et sans paix il ne peut y avoir de progrès social. 
La politique internationale et européenne mise en place par le président Emmanuel Macron, son premier ministre Édouard Philippe et son gouvernement est dans la lignée des choix faits par ses deux prédécesseurs.
La nomination de l’ancien ministre de la Défense, JY le Drian, au ministère de « l’Europe et des Affaires étrangères », et la nouvelle dénomination du ministère de la Défense, rebaptisé « ministère des Armées » dirigé par Sylvie Goulard n’augurent rien de bon pour voir la France prendre l’initiative d’une grande politique extérieure de sécurité humaine mondiale. 
Bien au contraire, ces décisions laissent présager l’accentuation de la dérive militaire et la perte accrue de notre indépendance au profit d’une « défense européenne » complètement intégrée à l’OTAN selon les termes du traité de Maastricht et de Lisbonne.
Alors, des initiatives de lutte communes et unitaires pour le co-développement et contre la main mise des marchés et institutions financières sur les logiques de mondialisation sont plus que jamais à l’ordre du jour. 
L’une des premières décisions du chef de l’État est de porter, suivant les vœux du président Trump pour tous les pays membres de l’OTAN, le budget de la défense nationale de notre pays à 2% du PIB, et ce dès 2022, soit à plus de 50 milliards. 
C’est une parfaite illustration de cette intégration. Cette augmentation, associée à la vente d’armes au plan mondial, nous engage dans une nouvelle course aux armements et dans le même moment Macron ne donne aucun signe pour engager notre pays dans le processus d’élaboration du traité international d’interdiction de l’arme nucléaire initié par l’ONU en décembre 2016.
Neuf Etats, au nom de la dissuasion et en violation du droit international, ont accumulé près de 17000 bombes nucléaires. 
Il n’est pas possible que des Etats « dominants » violent constamment les règles qu’ils entendent voir respectées par tous les autres Etats.
Nous sommes des dizaines de millions de femmes et d’hommes en France, des centaines de millions en Europe et dans le monde à aspirer à la paix.

Alors, OUI plus que jamais : l’heure est à la paix et au désarmement !
La sécurité collective consiste à rompre avec les politiques de la peur, les logiques opportunistes et mercantiles, et la logique de guerre car comme le déclarait Kofi Annan « Sans progrès, il n’y a pas de paix possible. Sans paix il n’y a pas de progrès possible. »

Pour le PCF des mesures urgentes doivent être prises.
1. Participer à l’élaboration, ratifier et appliquer le traité de désarmement et d’interdiction des armes nucléaires de la Conférence internationale dont l’ONU a engagé les négociations en mars 2017. 
2. Mettre fin au commerce des armes.
3. Demander une réunion spéciale du Conseil de sécurité de l’ONU pour engager la préparation de la première « cop de la finance mondiale, de l’harmonisation et de la justice fiscale. » adoptée à l’Assemblée nationale en février 2017 sur proposition du député communiste Alain Bocquet.
4. Engager, sous l’égide de l’ONU, la tenue d’une conférence régionale pour la paix et le développement du proche et Moyen Orient.
5. Reconnaître l’État palestinien dans les frontières de 1967 et soutenir les luttes des organisations progressistes et démocratiques engagées pour les droits politiques et culturels des Kurdes partout où ils vivent. 
6. S’engager dans le renforcement démocratique des institutions multilatérales et donner à l’ONU les moyens de ses missions.
7. Promouvoir l’organisation d’une Conférence mondiale pour la paix et le progrès, sortir de l’OTAN et initier sa dissolution pour lui substituer des cadres de coopération et de sécurité collective sous égide de l’onu. 
En Europe : 
1. Prendre une initiative pour faire de l’Europe un espace exempt d’armes nucléaires et tenir une Conférence pour la création d’un large cadre européen commun et inclusif de coopération et de sécurité collective dépassant les limites de l’UE actuelle. 
2. Abandonner les négociations sur les traités de libre- échange Tafta, Ceta et Tisa, et travailler à de nouveaux traités internationaux de maîtrise des échanges pour le développement de biens communs partagés. 
4. Organiser un sommet social européen.
5. Lancer une consultation nationale populaire et citoyenne en vue de la rédaction d’un nouveau traité européen pour une Europe des peuples et nations libres, souveraines et associées qui sera soumis par référendum aux Français.
Au niveau national : 
1. Élaborer de grandes orientations et priorités de la politique internationale et européenne de la France à l’occasion d’une conférence nationale regroupant parlementaires, élus locaux, associations, syndicats et partis politiques avant présentation et débat à l’Assemblée nationale et au Sénat. 
2. réviser le budget de la défense et organiser une consultation nationale pour la rédaction d’un nouveau livre blanc de la défense nationale et de la sécurité humaine collective avec la création d’un pôle public de défense. 
3. refonder les politiques de visa en respect des conventions et du droit international, la levée de l’interdiction de travailler des demandeurs d’asile et la régularisation des sans-papiers. 
Les guerres qui se déroulent sous nos yeux en Syrie, au Yémen ou en Irak, et la violence des organisations fondamentalistes et des mercenaires dont certains sont payés par les Etats-Unis qui sèment la terreur et la mort en Irak, Syrie, Turquie, Afghanistan, Pakistan, Nigeria, en Europe, en Afrique ou en Amérique du Nord, sont le fruit d’échecs politiques, les manifestations d’une guerre économique portée à son comble par le capitalisme et la finance mondialisée. 
Alors, chers amis et chers camarades, 
Construire une sécurité collective appelle des politiques nationales de justice sociale, de progrès et de développement, et des réponses politiques et économiques globales, coopératives, avec pour objectif de s’en prendre aux causes des inégalités et injustices socio-économiques.
Au cœur d’un siècle de violences politiques, de guerres, d’interventions étrangères, d’occupations militaires, d’humiliations au Proche Orient ou en Afrique les dictatures, les théocraties et les occupations étrangères ont spolié les peuples de ces régions, de leurs ressources et richesses, ont bafoué leur dignité.
La France, sous les présidences de Nicolas Sarkozy et François Hollande, a repris place dans le commandement intégré de l’OTAN, enchaîné les interventions militaires en violation du droit international en Libye, au Mali, en Centrafrique, en Irak, en Syrie. Pour quel bilan : le chaos, la destruction des états,... Pour quel désastre humain ?...Une immense tragédie. 
Au cours de la même période, les réfugiés et migrants ont été traités comme des criminels par de trop nombreux dirigeants européens. C’est révoltant et indigne. 
Le gouvernement français a, dans le même temps, accru ses ventes d’armes, devenant le 2e exportateur mondial dans ce secteur. 
Notre pays doit rompe avec la logique du surarmement et de la guerre et rejoindre le camp de la paix.
Le Parti Communiste Français appelle à continuer cette quête au-delà de cette journée du 23 septembre 2017.
Le président français et son gouvernement sont bien décidés à consolider leurs relations avec l'Administration Trump dont les premiers pas sur la scène internationale ont de quoi inquiéter sérieusement. 
Les violations du droit international par les Etats-Unis en Irak, en Syrie doivent être dénoncées et faire l’objet de sanctions.
Tout dans les derniers agissements ou déclarations de Donald Trump indique que sa politique va contribuer à l'insécurité internationale en activant le surarmement, les interventions étrangères et les menaces de destructions totale comme il vient de le faire à l’égard de la Corée du Nord à la tribune de l’ONU en déni complet de la charte de cette organisation. 
Emmanuel Macron prétend vouloir donner un avenir au projet européen en alignant toujours plus l'UE et ses membres sur l'OTAN. Il contribue à creuser la tombe de l'idée européenne fondée sur l'aspiration à la paix, idée déjà très largement altérée.
En invitant Donald Trump, comme il l’a fait le 14 juillet dernier, sur les Champs Elysées, Emmanuel Macron a transformé notre fête nationale en fête des nationalistes et des marchands d'armes, il a trahi le sens de ces célébrations officielles et populaires de notre fête nationale et républicaine.
Comme chaque année, cette journée internationale de la paix, marque la communion des peuples à vivre en paix, libre en autodétermination.
Elle s’inscrit dans le combat pour les solidarités et contre toutes les formes de dominations, les exclusions, les exploitations.
Cela exige en premier chef de réorienter le budget de la guerre et notamment dans un premier temps celui de l’arme nucléaire vers le développement de tous les services publics et notamment de l’éducation, de la santé ou encore des transports.
En ce sens elle prolonge les mobilisations sociales et leur donne une perspective de transformation radicale du monde, pour un avenir de paix de coopération et de fraternité entre les peuples.
Alors que certains ont lancé un appel unilatéral contre la loi travail ce même jour, à chacun sa responsabilité… En ce 23 septembre, nous affirmons notre aspiration commune à vivre dans un monde de justice, solidarité, de fraternité et de paix..Nous affirmons que notre lutte n’aura de cesse que de promouvoir la culture, la paix et les solidarités pour un monde meilleur où le chaos mondial organisé par le capital aura été éradiqué.
La guerre n'est pas une question de culture ou de civilisation, ni de nature humaine. Elle sert toujours des intérêts qui sont ceux des capitalistes.

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21 septembre 2017 4 21 /09 /septembre /2017 04:47

Ni trafiquants, ni délinquants : militants et solidaires !

ÉMILIEN URBACH
LUNDI, 18 SEPTEMBRE, 2017
L'HUMANITÉ
À l’Agora, Cédric Herrou et  Pierre-Alain Mannoni ont témoigné de leurs  actions de solidarité.
À l’Agora, Cédric Herrou et Pierre-Alain Mannoni ont témoigné de leurs actions de solidarité.

Temps fort vendredi soir à l’Agora de l’Humanité, dédiée à la solidarité avec les exilés qui, fuyant les guerres et la misère, cherchent refuge autour de notre Méditerranée commune.

Cédric Herrou, Pierre-Alain Mannoni, Laurent Caffier sont tous trois sous le coup de condamnations judiciaires pour avoir tendu la main, à la frontière franco-italienne ou à Calais, à nos semblables venus d’Afrique ou du Moyen-Orient pour fuir les armes, la maltraitance ou la misère. Tous les trois étaient vendredi soir sur la scène de l’Agora de l’Humanité. À leurs côtés, Sophie Rahal, porte-parole de SOS Méditerranée, la seule ONG à continuer de sauver des vies au large des côtes libyennes avec son navire, l’Aquarius. Mireille Damiano, avocate, ex-présidente du Syndicat des avocats de France, menacée de mort pour son acharnement à faire respecter les droits des exilés, est également venue témoigner de son combat. Jean-François Corty, responsable des missions internationales de Médecins du monde, et Marie-Christine Vergiat, eurodéputée du Front de gauche, ont également répondu présent à l’invitation de l’Humanité.

De la Côte d’Opale à la vallée de la Roya, en passant par les eaux capricieuses de la Méditerranée jusqu’aux bancs du Parlement européen, tous font quotidiennement face aux harcèlements de l’extrême droite et aux logiques sécuritaires qui guident les dirigeants européens.

Sur la scène de l’Agora, ils ont témoigné devant une audience nombreuse, enthousiaste et reconnaissante pour leur combat qui, à bien des égards, en plus de sauver des vies, sauve notre commune humanité.

Une stratégie « néocoloniale » de domination des pays riches

Il ressort de ce moment chaleureux et intense en fraternité la nécessité de donner une perspective politique à l’élan de générosité populaire, en France et en Europe, dont tous témoignent. « Il faut cesser de parler de crise migratoire, a martelé Marie-Christine Vergiat. Il y une crise de l’accueil délibérément mise en œuvre par les grandes puissances européennes. » Rejointe par Jean-Francois Corty dans cette analyse, l’eurodéputée a en effet mis en évidence comment la question migratoire, telle qu’elle est posée ces dernières années, est le résultat d’une stratégie « néocoloniale » de domination des pays riches sur le reste du monde. Une logique qui, à Calais, dans la vallée de la Roya ou au large des côtes libyennes, s’appuie sur la répression tous azimuts des militants solidaires qui s’y opposent.

 
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21 septembre 2017 4 21 /09 /septembre /2017 03:07

20/09/2017

Le goujat, la tambouille et la plus grande fête populaire de France

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(La chronique de José FORT)

Le mal élu à la présidence de la République française, 8 Français sur 10 n’ont pas voté pour lui, le déjà défraichi  Macron, peut être assuré au moins d’une chose : il figurera au Guinness des records de la muflerie.

Souvenez-vous de quelques-uns de ses bons mots :

« Si j’étais chômeur, j’essaierai de me battre d’abord » ;

«  Il faut des jeunes Français qui aient envie de devenir milliardaires » ;

Et encore «  femmes illettrées  », « libéralisme valeur de gauche », «  je n’aime pas ce terme de modèle social », «  la meilleure façon de se payer un costard c’est de travailler » et plus récemment « faignants et  cyniques ». Avec une petite dernière sur les «  grincheux ».

J’en arrive à penser qu’en sortant du ventre de sa mère, la première chose que Macron s’est demandé c’est combien de gens il pourrait emmerder au cours de sa vie. Macron est un expert en matière de goujaterie. Pas seulement.

 Il est aussi le produit de ces « gagneurs », ces «  compétiteurs », bref cette génération accouchée par les banques et la grande bourgeoisie qui lui ont confié trois objectifs : casser les conquêtes sociales au nom de la «  réforme » et du « modernisme », installer durablement l’ultra libéralisme, tenter une opération rassemblant les ventres mous du spectre politique français dans une formation « en Marche » qui bat, déjà, sérieusement de l’aile.

 Il est aussi le produit d’une stratégie du spectacle de la communication contrôlée au millimètre près frisant le ridicule comme récemment sur l’ile ravagée de Saint Martin. Son entourage avait laissé croire que le président avait dormi sur un lit de camp et s’était lavé avec un seau d’eau, alors qu’il avait  été hébergé et avait dormi dans la chambre d’ami d’une gendarmette.

  Il y a aussi les copains et les coquins à recaser. Dernier exemple, la nomination de  Stéphane Bern à la défense du patrimoine national. Un bouffon de la télévision venu du « Figaro », comme s’il n’y avait pas des spécialistes notamment les architectes des bâtiments de France pour assurer une telle fonction. Mais peut être existe-t-il un lien entre le lourd endettement contracté par M. Bern après l’achat d’un château en Eure et Loir et sa nouvelle mission.

Au beau milieu de ce marigot, un moment de fraternité : la fête de « l’Humanité ». Un beau succès cette année, malgré le temps incertain et des mesures d’organisation obligatoires par ces temps troublés. Du monde partout à La Courneuve le week-end dernier. La foule devant la scène centrale, la foule dans les avenues  de la fête, la foule aux dizaines et dizaines de débats. Et retenez bien un fait prometteur : une foule jeune, très jeune.

 Comment expliquer le succès de la fête de l’Huma  que certains veulent inscrire au patrimoine national. Il s’agit en fait d’un cocktail mêlant la lutte contre les injustices, pour le progrès social et la solidarité internationaliste ; un cocktail aux multiples ingrédients allant de l’envie de faire la fête aux besoins de se retrouver, de dialoguer, de confronter, de s’aimer. Bref, une folle envie de communisme, au sens plein du terme.

Avez-vous remarqué que dans ce rassemblement à plusieurs centaines de milliers de personnes aucun incident n’est à déplorer ? Avez-vous noté que le succès de cette fête repose sur le bénévolat de milliers de militants communistes ? Avez-vous observé que les sans-grades deviennent harangueurs de foules tandis que les intellos s’agrippent aux fourneaux des cuisines ? Avez-vous aussi regretté que d’une phrase banale de Pierre Laurent  sur le thème « personne n’a le monopole de la vérité », une vague médiatico-politico-mélenchoniste ait voulu réduire la fête à leur sport préféré : la tambouille politicienne ?

  Le succès de la plus grande fête populaire de France donne des couleurs aux communistes et plus généralement à toute la gauche. Ce qui aurait ravi un de ses fidèles, le regretté Jean Ferrat, dont on ne se lasse pas d’écouter la chanson  « Camarade ». Ecoutons.

 José Fort, sur Radio Arts-Mada tous les lundi en direct à 19h et sur Chansons Rouges Mosaik Radio en différé dans le Top Magazine du lundi de 12h, 18h, 23h et mardi à 8h

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20 septembre 2017 3 20 /09 /septembre /2017 03:05
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13 septembre 2017 3 13 /09 /septembre /2017 09:55
 
Une candidature à la François Ruffin

Les communistes présentaient une contreproposition, toujours dans cette même 5e circonscription, celle de la candidature d’un salarié d’Ecopla, lutte emblématique de la vallée à l’automne 2016 et au printemps 2017 pour la création d’une SCOP. Ce que ce dirigeant de la lutte avait accepté, à la condition que le PCF, la FI et EELV se retrouvent unis autour de sa candidature. Mais la FI est restée sur son exigence de ralliement. Le candidat qui aurait pu représenter toutes les forces de gauche n’a donc pas donné suite.

Ces discussions de la dernière chance se sont déroulées entre le 8 et le 12 mai, à la veille du dépôt des candidatures qui a eu lieu le 19 mai.

Echanges de courriels sur « la candidature Ecopla », dans la 5e, à télécharger ici

Situation ainsi caractérisée par le responsable local des Verts, dans un courriel daté du 12 mai : « Hier soir, la coordination départementale d’EELV a constaté l’échec d’un rassemblement des principales forces de gauche et écologistes sur la 5e. La responsabilité en revient clairement à FI. Je ne m’étendrai pas sur le sujet, ça laisse un goût bien amer au fond de la gorge. Quand on « pèse » quasi 20%, cela implique de prendre ses responsabilités et rendre les convergences possibles, dans le respect de l’identité et de l’histoire de chacun. C’est un crève-coeur pour nous qui pensions que la candidature de XXX permettrait ici, sur la base de la mobilisation des Ecopla derrière laquelle nous nous sommes tous retrouvés, de dépasser les logiques de repli sur soi ».

Les militants communistes à la porte des entreprises, ici dans la zone industrielle de Jarrie.

Nous ne pouvons pas négocier

Dans les deux circonscriptions du Nord Isère (la 6e et la 10è), les communistes, après s’être réunis le 3 mai, proposaient à la FI une rencontre le samedi 6 mai.

La réponse a été sans ambiguïté :

«  Au niveau local, nous ne pouvons négocier car nous n’avons de mandat pour ce faire. De plus le national nous demande expressément de ne pas négocier au niveau local pour éviter de gêner les négociations nationales. »

Echanges de courriels dans le Nord Isère, à télécharger ici

Dans la 10e circonscription, un communiqué a été envoyé à la presse début mai. Il fait état de la proposition des communistes d’une candidature commune, le titulaire étant membre de la FI. Proposition qui n’a pas reçu de réponse.

Communiqué de presse, 10è, à télécharger ici

Refus également de discuter dans la 4e circonscription, la candidate communiste proposant le rassemblement dès le 24 avril et encore le 10 mai, à la veille du dépôt des candidatures – elles étaient enregistrées à la préfecture entre le 15 et le 19 mai à 18h.

Echanges de textos dans la 4e, à télécharger ici

De l’ensemble de ces prises de contacts se dégage une argumentation constante de la part de la FI partout où des accords pouvaient être trouvés : le ralliement obligatoire et préalable à la bannière de la France insoumise; la signature de la charte de la France insoumise impliquant le renoncement du PCF à une activité parlementaire et un accès au financement public sous le contrôle de la France insoumise; et l’absence de mandat des représentants locaux de la France insoumise pour discuter avec d’autres militants de gauche.

L’ensemble de ces tentatives se concluait par un échange de textos entre Annie David, secrétaire de la fédération communiste de l’Isère et Alain Dontaine, responsable du parti de gauche et de la France insoumise.

« C’est trop tard », indiquait ce dernier à cette ultime proposition de débattre de candidatures communes, notamment dans les trois circonscriptions de l’agglomération grenobloise où le PCF suggérait de discuter d’un accord qui aurait assurément permis la présence au second tour d’un candidat FI, EELV ou communiste dans les trois circonscriptions.

Cet échange a eu lieu le 12 mai.

Le 16 mai, trois jours avant la clôture du dépôt des candidatures, la fédération du PCF publiait une déclaration pour regretter cette situation.

Déclaration du PCF Isère, le 16 mai, à télécharger ici

Le cas El Khomri

Au niveau national, le exemples de refus de candidatures communes par la France insoumise sont légion. Citons celui de la circonscription parisienne dans laquelle se présentait Myriam El Khomri, ancienne ministre de la loi travail, avec le soutien du président de la République, finalement battue au second tour par le député LR qui avait le soutien du Premier ministre.

Caroline de Haas est la militante féministe qui a lancé la pétition contre la loi El Khomri, pétition qui a recueilli un million et demi de signatures l’an dernier. Elle s’est proposée comme candidate de la gauche de transformation et écologiste contre Myriam El Khomri, la ministre de la loi « travail », dans la 18e circonscription de Paris. Tout le monde a dit oui, sauf la FI (voir l’historique des discussions : https://blogs.mediapart.fr/carolinedehaas/blog/130517/lunite-est-un-co…) , c’est son droit.

C. de Haas a été la cible d’insoumis qui ont tenter de discréditer sa candidature en faisant courir le bruit qu’elle aurait soutenu B. Hamon à la présidentielle ( témoignage de Caroline de Haas dans cette vidéo : http://www.regards.fr/web/article/caroline-de-haas-le-ps-n-est-plus-un… ), ce qui est faux.

Le secrétaire national d’EELV, après avoir lancé un appel au rassemblement pour les législatives, a reçu de la FI la même réponse que celle faite au PCF. La réaction de David Cormand montre à quel point cette proposition est inacceptable : « Nous avons reçu une fin de non-recevoir de la France Insoumise puisque son exigence, c’est la soumission » (Libération, 5 mai 2017, « Législatives, pas d’accord national trouvé entre la France insoumise et EELV »).

 

Le bilan : 9 + 1

Dans les dix circonscriptions de l’Isère, sur la bases des résultats du premier tour des législatives, l’addition des suffrages obtenus par les communistes et les candidats de la France insoumise, aurait permis à la gauche d’être présente au second tour dans quatre circonscriptions (2e, 3e, 5e, 9e), cinq si l’on tient compte du score des Verts dans la 1ere.

Il ne s’agit là que d’une simple addition : la dynamique de candidatures communes offrant la perspective de l’élection de plusieurs députés aurait sans aucun doute augmenté ces chiffres tout en faisant reculer l’abstention qui a été, pour le département de l’Isère, de 51,09% le 11 juin, lors du premier tour des législatives.

Dans les dix circonscriptions iséroises, la gauche de transformation sociale n’a participé au second tour que dans la troisième. Le 18 juin, neuf députés LREM ont été élus, accompagnés d’une députée socialiste dans la quatrième circonscription.

 

 
Luc Renaud
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12 septembre 2017 2 12 /09 /septembre /2017 05:58

Contre les ordonnances Macron, Un autre agenda pour l’emploi et le code du travail

 

Contre les ordonnances Macron,

Un autre agenda pour l’emploi et le code du travail

 

Militants syndicaux, associatifs, politiques, ou intellectuels d’horizons divers nous voulons ouvrir un débat social et citoyen pour un projet alternatif allant vers une véritable sécurisation de l’emploi et de la formation. En l’état, les ordonnances du gouvernement contiennent surtout les éléments d’une flexibilité accrue du marché du travail au détriment des salariés, de l’emploi, du plus grand nombre et des PME. Elles ne portent pas sur les sujets nécessaires.

 

Le diagnostic qui sous-tend les ordonnances est erroné. Dans un contexte de globalisation, de financiarisation et de mutations technologiques, nous récusons l’idée selon laquelle, face à la persistance d’un chômage de masse, la solution consisterait à « restaurer les mécanismes du marché » et à toujours plus marchandiser le travail : faciliter les licenciements et exacerber la concurrence salariale et sociale, renforcer le pouvoir patronal, réduire le « dialogue social » à un tête-à-tête entre employeurs et salariés au niveau de l’« entreprise », inciter au dumping social. Tout cela pour poursuivre encore la baisse du « coût du travail ».

 

Il repose sur l’idée paradoxale que la lutte contre le chômage passerait par des licenciements plus faciles.

 

Les ordonnances du gouvernement Macron-Philippe considèrent les salariés comme des mineurs, des variables d’ajustement, et ne relèvent pas les défis de notre temps : précarité massive, nouvelles technologies où les capacités humaines créatives sont de plus en plus décisives, financiarisation, mondialisation changement climatique et urgence écologique, exigence de maîtrise du travail et de temps libéré.

 

Les ordonnances ne contiennent rien :

-          sur les relations mortifères entre la finance et l’investissement, sauf de les renforcer en autorisant les licenciements en France dans les multinationales sans regarder leurs profits à l’étranger

-          sur l’évaluation nécessaire de l’usage des fonds publics et des liquidités bancaires massivement versés aux entreprises

-          sur la responsabilisation des grands groupes envers les PME/TPE

-          sur la formation

-          sur la responsabilité sociale et environnementale des multinationales à base française dans leurs transferts financiers ou productifs à l’étranger (paradis fiscaux, délocalisations, etc.),

-          sur l’exercice par les salariés de pouvoirs réels sur la gestion des entreprises.

 

Nous pensons que ces ordonnances doivent être retirées ou très profondément modifiées. Les députés devraient les rejeter. C’est un tout autre agenda qui est nécessaire pour l’emploi et le travail.

 

L’ordre du jour que nous proposons : viser une sécurité réelle de l’emploi,  organiser une maîtrise par les salariés de leurs mobilités, créer les moyens de consacrer des dépenses nouvelles au développement des capacités humaines, désintoxiquer les entreprises de la finance, créer de nouveaux pouvoirs des salariés et des populations sur l’utilisation des marges des entreprises et de leurs aides publiques, discuter d’une réduction importante du temps de travail. Nous voulons renforcer le pouvoir d’innovation économique et sociale des salariés au lieu de s’en remettre à des logiques financières, à la logique des actionnaires, en laissant le monopole du pouvoir aux dirigeants d’entreprises. Nous refusons de réduire l’entreprise à une société de capitaux cherchant leur rentabilité financière maximale. Bref, il s’agit de gagner de nouvelles libertés.

 

Cela permettrait aussi de relancer la demande et l’activité par l’investissement matériel mais aussi immatériel dans la formation, la protection sociale et dans une véritable transition écologique en France et avec nos partenaires européens.

 

     

     

     

    Huit domaines devraient être discutés :

     

    1. Renforcer les garanties et protections des salariés et travailleurs, tout particulièrement par l’instauration de contrats de travail vraiment sécurisés pour les salariés, et par des formules spécifiques pour les nouveaux entrants dans le monde du travail (jeunes, femmes inactives), pour les séniors, etc.

     

    1. Une nouvelle articulation entre formation et emploi, visant à mettre fin à l’alternance entre travail (plus ou moins précaire) et chômage, qui touche en priorité les jeunes, les femmes et les séniors.

     

    1. De nouveaux droits individuels et collectifs pour les salariés (formation, organisation du travail, pénibilité, licenciements, etc.) et les chômeurs (indemnisation, licenciement, protection sociale, accompagnement).

     

    1. Une refonte profonde du service public de l’emploi pour lui faire jouer un nouveau rôle de sécurisation des revenus (salaire, allocation de formation…) et de l’emploi (accompagnement dans l’emploi et au-delà, appui à l’intervention économique des salariés…).

     

    1. Une extension et une modulation des cotisations sociales en fonction de la politique d’emploi des entreprises, avec un bonus-malus significatif anti-licenciements et anti-contrats précaires.

     

    1. Une réorientation de l’ensemble des « aides » actuelles pour baisser le coût du capital (dividendes, intérêts bancaires, accumulation financière, …) au lieu de celui du travail.

     

    1. Une réduction offensive du temps de travail assortie à la fois d’une autre politique d’embauche pour lutter contre le chômage et de la mise en place de droits des travailleurs concernés sur la définition de leur charge de travail, sur leur évaluation et sur les effectifs nécessaires.
    1. La dévolution de moyens financiers nouveaux aux salariés et aux institutions représentatives du personnel, en lien avec les syndicats, à l’appui de droits nouveaux de propositions alternatives contre les licenciements, fermetures d’entreprises et sur la GPEC (gestion prévisionnelle de l’emploi et des compétences). Il faut tout particulièrement ouvrir un véritable droit de suivi des salariés sur l’utilisation des aides publiques voire de saisine du crédit bancaire, permettant un réel partage des pouvoirs sur les investissements et les décisions de production.

     

    Le renforcement du rôle de suivi et d’interpellation des organisations syndicales et des représentants des salariés dans les entreprises irait de pair avec la création, dans les territoires ou au niveau des branches, de nouvelles institutions sociales faisant le lien entre les entreprises, l’argent à leur disposition, les territoires concernés, la sécurisation et la formation des salariés et des privés d’emploi.

     

    Il devrait s’agir, en définitive, de viser à la fois une autre démocratie et une autre économie, le social pouvant devenir le moteur d’un nouveau type d’efficacité économique et écologique. L’enjeu est démocratique. Il est aussi d’inciter à une autre utilisation des moyens financiers (marges des entreprises, crédits bancaires) pour appuyer les investissements matériels et de R&D favorables à la création d’emplois, à leur sécurisation, à la réduction du temps de travail, à l’accroissement des qualifications, aux économies de matières, à de moindres pollutions et à la création de richesses dans les territoires, visant ainsi une nouvelle efficacité économique, sociale et écologique.

     

    Initiateurs

     

    Boccara Frédéric (économiste, CEPN-Université de Paris-Nord, membre du CESE et des Economistes atterrés)

     

    Baumgarten Christophe (avocat, barreau de Bobigny)

    Didry Claude (sociologue, CNRS-Centre Maurice Halbwachs, IDHES-ENS Cachan)

    Durand Denis (économiste, cadre retraité Banque de France, co-directeur Economie & Politique)

    Kirat Thierry (économiste, IRISSO-Paris-Dauphine)

    Méda Dominique (sociologue, Professeur, Paris-Dauphine IRISSO)

    Mills Catherine (maître de conférences honoraire Université Paris-Panthéon-Sorbonne, co-directrice Economie & Politique, économiste,)

    Rauch Frédéric (rédacteur en chef d’Economie & Politique)

    Sweeney Morgan (juriste, Paris-Dauphine Institut Droit)

     

     

    Premiers signataires

    Bachet Daniel (sociologue, Professeur Université Paris-Saclay)

    Barbier Jean-Marie (sciences de l’éducation, Professeur, CNAM)

    Bruyere Mireille (économiste, Maître de conférences Université Toulouse-Jean Jaurès)

    Bellal Amar (rédacteur en chef, revue Progressistes)

    Branchereau Jean-Claude (syndicaliste, banque)

    Buvat Arlette (réalisatrice)

    Cailloux Gisèle (syndicaliste aéronautique, rédactrice en chef Lettre du RAPSE)

    Cohen-Solal Marc (syndicaliste, administrateur de l’APEC)

    Delboe Christian (cadre sécurité sociale, syndicaliste CGT)

    De Maistre Philippe (retraité, militant PCF)

    Dimicoli Yves (économiste, Economie & Politique, ancien membre du CAE, conseil d’analyse économique)

    Durand Jean-Marc (fiscaliste)

    Fedière Claude (enseignant)

    Garcia Benoît (syndicaliste CGT-Finances, membre du CESE)

    Grassulo Christophe (géographe, cadre territorial)

     

    Ivorra Pierre (chroniqueur économique, L’Humanité)

    Lafaurie Anne (syndicaliste)

    Lamirand Bernard (animateur Comité National Ambroise Croizat)

    Lassauzay Didier (Gauche démocratique et sociale)

    Lefebvre-Haussmann Valérie (secrétaire générale CGT-Banque et Assurance)

    Lefevre Cécile (sociologue, professeur, Université Paris Descartes)

    Marchand Nicolas (militant PCF)

    Mellier Frédéric (chargé de mission Bordeaux métropole)

    Michel Sandrine (économiste, Professeur, Université de Montpellier)

    Moreigne Marc (écrivain et critique, Carnets Rouges)

    Morin Alain (économiste, Economie & Politique)

    Morvan Jean-Pierre (cadre de l’éducation)

    Radureau Hervé (ingénieur SupElec, retraité Alcatel-Lucent)

    Tejas Patricia (syndicaliste)

    Toulouse Jean-Michel (ancien directeur de grande entreprise publique)

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    Published by bruno fornaciari - dans PCF SOCIETE economie finance LUTTES
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    11 septembre 2017 1 11 /09 /septembre /2017 13:36

    De Jean-Michel Galano Philosophe, militant communiste
    Sur le "populisme de gauche" (Tribune dans l'Humanité)

    Je suis revenu de l’université d’été du PCF avec beaucoup d’optimisme et de détermination. Mais aussi avec une colère froide contre le « populisme de gauche », dont les débats ont mis les ressorts à nu. Et aussi de la honte : je suis philosophe, je crois au débat d’idées du moment que c’est bien d’idées qu’il s’agit. On n’en est malheureusement pas là avec les thèses de Mouffe, de Laclau et d’Errejon, que certains s’efforcent de populariser dans quelques cercles intellectuels soi-disant « postmodernes ». On n’a pas affaire ici à une recherche théorique libre, susceptible d’ouvrir le champ des possibles, mais à la justification piteuse et prétentieuse de pratiques politiciennes bâties sur le renoncement à la raison.

    Le « populisme de gauche », prenant acte de l’échec des politiques dites de troisième voie de la social-démocratie traditionnelle et considérant comme morts et enterrés le « marxisme » et ses leurres supposés (le rôle moteur de la classe ouvrière, l’organisation politique, l’appropriation de la théorie par les masses, etc.), assume sans complexe le renoncement au combat des idées. Il subordonne tout à la libération, sur les réseaux sociaux et dans les médias, d’une parole vindicative prompte aux oppositions binaires, aux « coups » médiatiques et à une soi-disant « guerre de position » où le contenu n’importe absolument pas, où seules comptent la forme et l’image. Il paraît que c’est « efficace » : mais pour qui, et selon quels critères d’efficacité ? Le peuple qu’il s’agit de « créer », mais en fait de manipuler, c’est celui dont Gustave Lebon faisait déjà la théorie en 1895, celui de la théorie des foules, des instincts basiques antérieurs à toute élaboration rationnelle. La qualité des slogans ne devrait être évaluée qu’à l’aune de leur capacité mobilisatrice, mais au service de quoi, de qui ?

    Ce qui me fait le plus mal, c’est de voir Freud et Gramsci enrôlés de force dans cette affaire-là. Toute l’œuvre de Gramsci est justement pour montrer que, dans la conquête de l’hégémonie, ce n’est pas la ruse qui est déterminante mais l’appropriation par le plus grand nombre du plus grand nombre possible de leviers décisionnels, avant comme après la conquête du pouvoir d’État. Le présupposé théorique essentiel de Mouffe et compagnie, s’il en est un, n’a rien de neuf : les sophistes de l’Antiquité en avaient fait leur dogme essentiel. Selon eux, le réel n’existe tout simplement pas en dehors des discours qui le constituent. Nietzsche puis Foucault ont repris ce thème : pour eux, il n’y a pas de « choses », mais des « discours sur les choses ». Or, le réel existe. Hegel le disait à sa façon : « La pensée est un os. » Dans l’histoire, se créent laborieusement des identités subjectives, des « nous » qui ne se réduisent pas à de simples réactions. Les humains agissent. Et on ne les paie pas longtemps impunément de mots ou de spectacles.

    Le « populisme de gauche » n’est qu’une justification démagogique de la démagogie elle-même, un pillage indécent de la théorie par quelques intellectuels verbeux ou démissionnaires. Au service de qui ? Certainement pas du peuple en tout cas.

    Jean-Michel Galano

    Philosophe, militant communiste

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    11 septembre 2017 1 11 /09 /septembre /2017 08:50
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    8 septembre 2017 5 08 /09 /septembre /2017 17:28

    COMMUNIQUE DE PRESSE du PCF
    Macron à Athènes : refondation ou lancement d'une nouvelle ligne de maquillage? (Pierre Laurent)
    Emmanuel Macron s'est exprimé aujourd'hui à Athènes sur son « nouveau projet européen ». Il parle de refondation mais les annonces faites ne sont en rien un projet de refondation de l'Europe, cela ressemble plutôt au lancement d'une nouvelle ligne de maquillage !
    Et le fond de teint est épais. Il cache un renforcement autoritaire de la zone euro et une Europe des grandes puissances contre les pays dits « périphériques » derrière le mot démocratie. Il cache la remilitarisation de l'Europe, la concurrence accrue entre travailleurs, la marchandisation du climat et de l'énergie derrière les mots « défense » et « protection ». Et que dire de la référence à la souveraineté devant l'Acropole alors que les classes dirigeantes européennes ont imposé à la Grèce austérité et casse du droit du travail, alors qu'Emmanuel Macron tente de passer en force une loi travail XXL dans son propre pays ?
    Si Emmanuel Macron veut protéger les travailleurs européens et offrir un avenir à la jeunesse, il n'y a qu'un chemin : la rupture avec le modèle actuel de l'UE et la construction d'une autre Europe. Les ravalements de façade ne sauront répondre aux problèmes posés par l'emprise de la finance, les règles budgétaires, fiscales et de la concurrence, sur le monde du travail et le développement de nos pays. Sans traiter ces questions, les changements seront bien cosmétiques.
    Emmanuel Macron propose des conventions démocratiques. Qu'on compte sur le PCF pour prendre au mot l'exigence de refondation avec des propositions précises et nous verrons si les actes sont au rendez-vous des effets d'annonce. Nous y travaillons depuis des années, avec les forces progressistes européennes. Sans attendre 2018, nous serons au travail lors du premier forum européen des forces progressistes à Marseille les 10 et 11 novembre prochains.
    Pierre Laurent, secrétaire national du PCF
    Paris, le 8 septembre 2017.

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    Published by bruno fornaciari - dans ACTUALITES sur PCF
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