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17 novembre 2017 5 17 /11 /novembre /2017 04:45

COMMUNIQUE DE PRESSE

L'interdiction de l'entrée des parlementaires français en Israël est une nouvelle grave (Pierre Laurent)

L’annonce du gouvernement israélien d’interdire l’entrée sur son territoire à plusieurs parlementaires français partie prenante d’une délégation d’élus en Palestine et en Israël la semaine prochaine est une nouvelle grave.

Si elle était maintenue jusqu’au bout, cette décision marquerait un enfoncement supplémentaire dans le déni du droit international et du respect des libertés fondamentales.

Les prétextes invoqués, déjà récemment utilisés à l’égard d’un ministre sud africain et de parlementaires belges, mais jamais jusqu'à présent à l’égard de parlementaires français, ne tiennent pas. Il serait inquiétant qu’ils soient utilisés aujourd'hui alors que le gouvernement israélien a accueilli à bras ouverts le secrétaire général du Front national.

Nous nous rendons en Israël et en Palestine pour encourager la solidarité avec les artisans de la Paix juste et durable, les forces qui travaillent pour l’application des résolutions de l’ONU en faveur de la pleine reconnaissance d’un Etat palestinien, dans les frontières de 1967, avec Jérusalem Est pour capitale, aux cotés d’un Etat israélien souverain et démocratique, pour le respect du droit international et des conventions pour les droits humains universels, pour la libération de tous les prisonniers politiques, dont Marwan Barghouti, ou du jeune franco-palestinien Salah Hamouri, victime d’une détention administrative arbitraire.

Quant à la campagne BDS internationale invoquée par le gouvernement israélien, et qui n’est pas l’objet de la délégation de cette semaine, rappelons qu’elle est le résultat d’un appel de la société civile palestinienne lancé en juillet 2005 pour protester contre l’accélération de la colonisation illégale des territoires palestiniens et le développement d'une politique discriminatoire en Israël à l’encontre de la composante arabophone de la population. Il s’agit d’un mode d’action non violent et pacifique qui entend rouvrir le chemin d’une paix négociée. Elle a débouché notamment par la décision de l’Union Européenne d’étiqueter les produits issus des colonies illégales, seules visées par la campagne BDS internationale.

A cette heure, portés par le désir de paix et de dialogue qui motive notre démarche, nous continuons à œuvrer à la levée de cette interdiction que rien ne justifie.

Pierre Laurent, Secrétaire national du PCF

Paris le 16 novembre 2017

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13 novembre 2017 1 13 /11 /novembre /2017 19:37

Adieu à Jack Ralite par Jean-Pierre Léonardini

DIMANCHE, 12 NOVEMBRE, 2017
HUMANITE.FR

L’élu, l’ancien ministre, le lutteur de classe à la tête poétique avait quatre-vingt neuf ans,

Ce dimanche 12 novembre 2017 à 15 heures on apprend la mort de Jack Ralite à l’hôpital. Quel crève-cœur ! On savait de longue date sa santé altérée, mais on l’avait eu au téléphone il y a encore trois semaines.

On avait parlé de théâtre et du recueil de ses discours sur la culture qu’il collationnait en vue d’un livre. C’est donc en deuil violent qu’on se trouve brutalement jeté, à l’annonce de la disparition de cet homme éminemment fraternel, lutteur de classe exemplaire, qui sut toujours mêler le poétique au politique, autodidacte émérite,  lecteur insatiable, curieux de tout et de tous, adepte sans fin résolu du plus juste partage de la pensée.

Jack, au cours de ses nombreux combats politiques, n’a eu que des adversaires, jamais d’ennemis. C’est aussi qu’au fil des ans, du journaliste des débuts (à « l’Humanité-Dimanche ») à l’élu municipal devenu maire, député puis ministre de la Santé et enfin sénateur, on a reconnu la figure constante d’un homme politique pas tout à fait comme les autres, dans la mesure même où il mena ses missions en artiste. Et combien les artistes l’ont aimé, d’être si proche d’eux. Mais pas seulement les artistes, car il savait s’adresser à tout citoyen désireux de tendre l’oreille à sa parole de raison au plus haut prix.

C’est quasiment de sa main qu’a été édifié le Théâtre de la Commune d’Aubervilliers avec l’ami Gabriel Garran au temps de la décentralisation heureuse. C’est Jack qui fut à l’initiative du large mouvement des États généraux de la Culture, qui essaimèrent à l’échelle européenne et bien au-delà. Je me rappelle les beaux jours de résistance drolatique à l’immixtion de la publicité sur les chaînes publiques, qu’il avait organisé dans un petit village gaulois.

A l’évoquer, c’est une magnifique levée d’images qui survient, accompagnée du son de voix si reconnaissable dans le plaisir de citer les poètes à l’appui de ses démonstrations sans fin tournées vers l’intelligence du monde. C’est ainsi que le cœur gros, dans « l’Humanité » du lundi 13 novembre, nous rendons hommage à Jack Ralite.

chronique théâtrale
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7 novembre 2017 2 07 /11 /novembre /2017 17:34
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Published by bruno fornaciari - dans PCF PCF THOUARSAIS ACTUALITES
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7 novembre 2017 2 07 /11 /novembre /2017 13:38
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7 novembre 2017 2 07 /11 /novembre /2017 08:37

PCF. Des « cahiers du progrès social » pour écrire un « idéal révolutionnaire »

GRÉGORY MARIN
LUNDI, 6 NOVEMBRE, 2017
L'HUMANITÉ
« L’émancipation humaine sera indissociablement sociaLe, féministe, démocratique, écologiste et pacifiste. » Pierre Laurent, secrétaire national du PCF. Photo : Jacques Demarthon/AFP
« L’émancipation humaine sera indissociablement sociaLe, féministe, démocratique, écologiste et pacifiste. » Pierre Laurent, secrétaire national du PCF. Photo : Jacques Demarthon/AFP

Clôturant le mois d’initiatives consacrées à l’anniversaire de la révolution d’Octobre 1917, Pierre Laurent a appelé à s’en inspirer pour le futur.

Dans un discours délivré samedi devant plus d’une centaine de participants à l’Espace Niemeyer à Paris, place du Colonel-Fabien, le secrétaire national du PCF a conclu trois semaines de célébration du centenaire de la révolution d’Octobre 1917. Un événement qui a « permis de réévaluer ce moment de l’histoire et de l’aventure révolutionnaire humaine », a-t-il estimé. Avec comme objectif de « réfléchir à l’actualité de l’idée de révolution aujourd’hui, pour mieux repenser les chemins de nouvelles révolutions (...) dans les conditions et les ­rapports de forces ­d’aujourd’hui, les transformations révolutionnaires dont la France, mais aussi notre monde ont besoin ».

La démocratie indispensable au processus révolutionnaire

Développement du mouvement ouvrier, implantation des théories marxistes chez les travailleurs, mais aussi révoltes (celle des canuts à Lyon, Commune de Paris) et tragédies (à Fourmies, le pouvoir fait tirer sur une manifestation demandant l’instauration des huit heures)… « Face à ce système, l’idée socialiste que Balzac, déjà, avant Marx, nommait ‘‘communisme’’, progresse », expliquait Pierre Laurent, rappelant ainsi que 1917 n’est pas apparue comme « un coup de tonnerre dans un ciel serein ».

Sans nier les dérives qui ont pu entacher cette « promesse » d’un avenir meilleur, notamment le « système stalinien monstrueux, dont l’URSS ne se relèvera finalement jamais », le secrétaire national du PCF l’assure : « Pour nous, communistes français, la leçon a été longue et douloureuse à tirer. Mais elle est tirée définitivement. » L’enseignement essentiel ? « Il n’y a pas de processus révolutionnaire abouti sans un développement ininterrompu de la démocratie, dans tous les domaines. Aussi âpre soit le chemin, la démocratie, l’action et la maîtrise consciente du processus politique par le peuple ne sont pas négociables. » C’est donc une nouvelle promesse, celle de combattre « jusqu’à la racine ce système capitaliste », et de le dépasser. À condition que « la démocratisation, la diffusion et l’extension des pouvoirs dans les mains du plus grand nombre (soient) continues », prévient-il, et que « se substituent aux logiques actuelles une utilisation solidaire et partagée des immenses richesses créées aujourd’hui par le travail et les savoirs ». C’est dans cette direction que le dirigeant du PCF a fixé le « cap » : « L’extension continue et planétaire des droits humains par la démocratie, pour le progrès social solidaire, l’avenir écologique, la liberté féministe, le refus de tout racisme, pour la maîtrise partagée des richesses et des savoirs et le droit à la paix. »

Même « les tenants de la classe possédante savent que le statu quo est impossible », analyse Pierre Laurent. Mais l’avènement du « post-capitalisme » doit faire l’objet « d’une bataille d’idées intense et renouvelée ». D’où la décision, annoncée samedi, de tenir face à l’offensive antisociale de Macron, des états généraux du progrès social, le 3 février 2018, appelant à une « révolution sociale ». D’ailleurs, dès « les jours qui viennent », pour soutenir cette initiative, des « cahiers du progrès social » seront ouverts pour soumettre les propositions des communistes et recueillir celles des citoyen·ne·s, des salarié·e·s, acteurs associatifs, culturels, économiques… En attendant, les communistes fixeront l’ordre du jour de leur congrès lors de l’assemblée des animatrices et animateurs de section, qui se tiendra à la Cité des sciences de la Villette, le 18 novembre. Une étape indispensable, conclut Pierre Laurent, dans « la ré-invention du Parti communiste, pour en faire une force capable d’affronter ces défis » et « la condition de sa fidélité à son idéal révolutionnaire ». 

Discours prononcé par Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, samedi 4 novembre, à l'occasion de la clôture du mois d'initiatives autour de la Révolution (1917-2017).

 

Chers amis, chers camarades,

En plein conflit mondial, il y a cent ans, le 20ème siècle s'est ouvert par une immense promesse : la Révolution d’Octobre.

Une révolution qui revendique « le pain, la paix, la dignité », dans une Russie tsariste en pleine décrépitude, qui tente de faire triompher l'appropriation sociale des travailleurs dans un monde capitaliste et impérialiste en pleine expansion et en pleine guerre.

Cette promesse d'octobre 1917, la magnifique exposition d'affiches disponible en cet Espace Niemeyer, les nombreuses conférences et débats qui se sont tenus, l'ont à la fois illustrée et fait revivre, en ont éclairé la portée.

- Je remercie Alain Gesgon, Lydia Samarbakhsh, Frédéric Genevée, Corentin Lahu, Marie-Pierre Boursier, l'ensemble des camarades bénévoles du PCF, etc... qui, par leur présence et leur engagement ont assuré le succès de ce mois d'initiatives-

Ces 3 semaines autour de la Révolution russe de 1917 ont permis de réévaluer ce moment de l'histoire et de l'aventure révolutionnaire humaine. Elles nous conduisent depuis deux jours à réfléchir à l'actualité de l'idée de révolution aujourd'hui, pour mieux repenser les chemins de nouvelles révolutions.

On appelle souvent révolution en politique des moments d'accélération, de précipitation de l'histoire.

Ces trois semaines de réflexion nous auront aussi servi à prendre conscience des temps longs dans lesquels elles s'inscrivent.

Les journées d'octobre 1917 en Russie, ou celles de juillet 1789 en France, cristallisent des processus profonds, au cours desquelles se renforce et s'exprime la conscience populaire et politique de la nécessité de bouleverser les rapports sociaux.

Nous vivons une telle période, où se cherchent les voies de nouvelles révolutions des rapports sociaux.

C'est pourquoi, pour nous communistes et révolutionnaires du 21ème siècle, ces 3 semaines furent aussi une invitation à réinventer, dans les conditions et les rapports de force d'aujourd'hui, les transformations révolutionnaires dont laFrance, mais aussi notre monde ont besoin.

Le capitalisme mondialisé est à la fois hyper puissant et dominateur, mais désormais miné par des contradictions dont l'ampleur le rende incapable d'assurer l'avenir et même à terme la survie de l'Humanité.

La révolution russe, son accélération en octobre 1917, ne nait pas de rien ; elle n'est pas un coup de tonnerre dans un ciel serein. Elle plonge ses racines dans le développement du mouvement ouvrier et de la pensée de Marx, tout au long du 19ème siècle et dans celle de Lénine au début du 20ème.

Pour retrouver la portée qu'elle eut en France et en Europe, il faut entendre les âpres luttes de classes du 19ème siècle, les révoltes ouvrières si durement réprimées. Il faut entendre la révolte des canuts à Lyon, leur chanson « c'est nous les canuts, nous sommes tout nus... ».

Il faut entendre les prolétaires français partant « à l’assaut du ciel » selon la formule de Marx, à deux pas d’ici, avec la Commune de Paris.

72 jours d’héroïsme éblouissants .

72 jours conclus par la semaine sanglante avec l’écrasement de la Commune et près de 10 000 morts.

Dix semaines dont les révolutionnaires de toute l'Europe tireront beaucoup de leçons.

Pour entendre 1917, il faut avoir en tête Fourmies, ce 1er Mai 1891, sa manifestation pacifique pour demander la journée de 8 heures et la réponse implacable de la bourgeoisie qui voit là une insupportable atteinte à sa domination rapace, jusqu'à tuer de nombreux manifestants dont le plus jeune avait 11 ans et le plus âgé 30.

C’est dans ce monde-là que surgit 1917, dans ce monde où la machine de guerre des rivalités impérialistes se déploie à toute force, indifférente à la boucherie humaine qu'elle déchaîne, broyant les hommes et la nature et où, en 3 ans, plus de deux millions d'hommes trouvent la mort sur le seul Front oriental.

Face à ce système, l'idée socialiste que Balzac, déjà, avant Marx, nommait « communisme », progresse. Mais nulle part, à l'échelle nationale, elle ne parvient à l’emporter depuis la glorieuse mais si cruellement éphémère Commune de Paris.

Et surgit 1917.

En février, le peuple russe balaie le tricentenaire tsariste et, en octobre, en quelques jours, il fait basculer l’histoire du monde.

« La cause pour laquelle le peuple a lutté : proposition immédiate de paix démocratique, abolition du droit de propriété sur la terre des propriétaires fonciers, contrôle ouvrier de la production, création d’un gouvernement des Soviets, cette cause est assurée » dira le Comité Révolutionnaire dans sa déclaration du 25 octobre à 10 heures.

Dès le 26, c’est le Décret sur la paix face à la boucherie impérialiste de la Première Guerre mondiale .

Puis le 27, un projet de règlement sur le contrôle ouvrier qui donne aux ouvriers la maîtrise de l’entreprise.

La révolution s’étend dès lors tous azimuts.

Elle ébranle jusqu’au tréfonds les logiques impérialistes d'asservissement des peuples et, par là même, les fondements du colonialisme comme instrument de domination des plus grandes puissances.

Le décret sur la paix est plus clair que jamais :

« Si une nation est maintenue par la force dans les frontières d’un État donné, si, malgré le désir exprimé de sa part[...], on ne lui accorde pas le droit de trancher par un vote libre, sans la moindre contrainte, après l’évacuation totale de l’armée de la nation à laquelle elle est rattachée [...] la question des formes de son existence politique, alors son rattachement est une annexion, c’est-à-dire une conquête et un acte de violence »

Et bientôt, librement, la Finlande devient indépendante. Faut-il rappeler qu’au même moment, on razziait dans l’Empire français pour envoyer en première ligne les troupes coloniales ?

La Révolution d’Octobre, parce qu’elle touche au cœur du capital, parce qu’elle s’attaque en même temps à mille dimensions de l’aliénation et de l’exploitation, doit, dès sa naissance, faire face à une lutte des classes internationale féroce.

Tout est fait pour écraser ce spectre rouge qui hante l'Europe, annoncé par le « Manifeste du parti communiste » de Marx et Engels et qui cherche alors les voies de son incarnation mondiale dans le chaos de la guerre mondiale et d’un capitalisme éruptif.

Comment Octobre, malgré la propagande de guerre, aurait-il pu, dès lors, échouer à trouver le large écho mondial qu’il rencontra effectivement ?

Comment Marcel Cachin, directeur de L’Humanité, qui avait 2 ans au moment de l’écrasement de la Commune et 22 au moment de Fourmies, pouvait-il ne pas applaudir devant la jeune République des Soviets défrichant des territoires nouveaux dans l’histoire de l’humanité ?

Comment ne pas soutenir de toutes ses forces la promesse généreuse et fougueuse de ce « pays adolescent » pour citer Maïakovski ?

Ce pays qui semble donner des contours de chair à ce qui n’était qu’une sorte de rêve...

Bien sûr, aujourd'hui nous connaissons la suite, la logique de guerre imposée par les forces impérialistes coalisées, les tentatives de réforme de la Nouvelle Politique Economique (NEP) pour sortir de la crise et de la famine, la mort de Lénine, les promesses non abouties et puis, malgré l'essor économique, le processus émancipateur qui s'enlise dans un système contre- révolutionnaire, répressif, dictatorial et inhumain : le stalinisme.

C'est le paradoxe du grand souffle de 1917.

Il aura généré des processus révolutionnaires et anti-colonialistes qui auront balayé tout le siècle.

Il placera encore l'Union Soviétique, pourtant déjà saignée par les purges staliniennes, à la tête de la lutte contre le nazisme, prolongeant un temps son prestige de la libération.

Mais il aura inexorablement dégénéré vers un système stalinien monstrueux dont l'URSS ne se relèvera finalement jamais.

Nous n'oublions rien de cette histoire, ni le souffle de 1917, ni la puissance irrésistible d’un peuple qui décide de prendre en mains son destin ; ni l'impasse d'un système qui nie le pouvoir démocratique de ce peuple.

Pour nous, communistes français, la leçon a été longue et douloureuse à tirer. Mais elle est tirée définitivement.

Il n'y a pas de processus révolutionnaire abouti sans un développement ininterrompu de la démocratie, dans tous les domaines. Aussi âpre soit le chemin, la démocratie, l’action et la maîtrise consciente du processus politique par le peuple n’est pas négociable .

C'est la condition de la réussite.

 est un fondement et une condition de notre projet politique.

En 1973, Georges Marchais (dont une exposition, qui succédera à celle-ci et sera inaugurée le 27 novembre, rappellera l’apport qui fut le sien, à l'occasion du 20ème anniversaire de sa disparition), publia un essai, « Le Défi démocratique »qui agira ensuite telle une onde de choc pour le PCF.

Ce défi démocratique était lancé, expliquait-il, tout à la fois à la société et au Parti communiste.

Il s’agissait de trouver une réponse neuve à une situation elle-même inédite, celle d’une crise globale et durable qui ne faisait que commencer.

Sa conviction était que cette réponse serait un progrès continu de la démocratie. La démocratie comme but et comme moyen de la révolution.

Cette réponse, nous la faisons nôtre aujourd'hui, avec une force renouvelée.

Nous la faisons nôtre dans l’échange et le travail commun avec chacune et chacun de ceux qui ne se résignent pas à un monde et à une société de plus en plus injustes et inégaux, avec chacune et chacun de ceux qui veulent décider de leur propre destin pour que les solutions à ce monde en crise soient imaginées, construites, réalisées par eux, dans le partage et la démocratie.

Oui, nous l'affirmons plus fort que jamais :

Nous ne combattrons jusqu'à la racine ce système capitaliste, où les richesses et les pouvoirs sont concentrés comme jamais. Nous ne le dépasserons pour une nouvelle logique de développement humain que si la démocratisation, la diffusion et l'extension des pouvoirs dans les mains du plus grand nombre est continue, que si se substituent aux logiques actuelles une utilisation solidaire et partagée des immenses richesses créées aujourd'hui par le travail et les savoirs.

Le capitalisme n'étendra plus les droits humains.

Il tente chaque jour désormais de les restreindre pour perpétuer sa domination.

L'émancipation humaine sera désormais indissociablement sociale, féministe, démocratique, écologiste et pacifiste.

Tel est donc notre cap : l'extension continue et planétaire des droits humains par la démocratie, pour le progrès social solidaire, l'avenir écologique, la liberté féministe, le refus de tout racisme, pour la maîtrise partagée des richesses et des savoirs et le droit à la paix.

Le 21ème siècle est le siècle qui, le premier, va se confronter, à l'échelle de la planète toute entière, à la question du post-capitalisme.

Le système capitaliste s’est mondialisé et a acquis, à la fin du 20ème siècle, une hégémonie politique provisoire.

Mais on sent bien qu’il se montre de plus en plus incapable de répondre aux nombreux défis contemporains, qu’il s’agisse de la justice et de l’égalité dans la mondialisation, des enjeux écologiques, de la nécessité d’un usage collaboratif du numérique ou encore de la qualité du travail avec des salariés qui sont de plus en plus formés grâce au progrès de l’éducation.

Le système capitaliste mondialisé n’est plus capable de porter les promesses d’épanouissement et d’émancipation humaine.

Le monde craque et le monde souffre. Il est entravé, dans ses développements, par les logiques de la rentabilité financière à outrance et par l’exacerbation de la concurrence alors qu’il faudrait développer la coopération et le partage.

L'heure est venue d’œuvrer concrètement au dépassement de ce système.

A l’heure du réchauffement climatique et des dégradations environnementales menaçant l’espèce humaine tout entière, qui ne voit que le capitalisme freine avec toute son énergie les révolutions écologiques nécessaires, comme l'atteste encore ces jours-ci l'affaire du glyphosate ?

A l'heure de la prolifération du terrorisme, né dans les plaies de la guerre, des inégalités, des prédations néo-coloniales, qui ose nommer la racine du mal, ce monde déréglementé, brutal, foncièrement inégal ?

A l’heure des trafics en tous genres, touchant tous les continents, qui est prêt à s’attaquer aux spéculations et spoliations financières qui nourrissent ces trafics au lieu de permettre le développement de l’humanité ?

Qui est décidé à s’attaquer à la privatisation des richesses du travail humain par le système bancaire et financier, aux 80 milliards d'€uros d’évasion fiscale soustraits à la France, aux 1 000 milliards d'€uros soustraits de l’UE (3 fois le budget de la France !), aux 14 000 milliards d'€uros (près de 50 fois le budget de la France, la 6epuissance mondiale !) qui grenouillent dans les paradis fiscaux ?

Cette terrible contradiction entre des possibilités inouïes de répondre aux besoins humains et un monde tiré en arrière par la rapacité des multinationales et l'obésité de la finance génère désormais un chaos et une instabilité politiques chroniques.

Les crises politiques frappent, presque successivement, tous les pays d'Europe, comme on l'on voit dernièrement en Espagne, avec aussi un sinistre retour au premier plan des extrêmes droites, notamment en Allemagne avec l'entrée au Bundestag des néo-nazis.

Ceux qui tiennent le manche l’ont bien compris, à commencer par le Président Macron qui n’a pas intitulé par hasard son livre de campagne « Révolution », et parle à propos de l'Europe d'une nécessaire « refondation ».

Les tenants de la classe possédante savent que le statu quo est impossible.

Mais leur révolution, c'est celle du Guépard de Visconti : « il faut que quelque chose change pour que tout continue comme avant ».

En réalité, nous vivons bien le temps des révolutions.

Les savoirs explosent, la productivité du travail est exponentielle et la révolution numérique bouleverse la donne.

L'ordre ancien craque car il paraît fou de n'utiliser ces immenses potentiels qu'au service d'une minorité mondiale de plus en plus restreinte mais de plus en plus indécemment riche et puissante.

Enfermé dans les logiques capitalistes, le monde, avec les immenses pouvoirs que donnent à ceux qui les détiennent les possibilités créatrices du 21ème siècle, devient dangereux.

Tout appelle à de nouveaux rapports sociaux et c'est cette révolution contre laquelle les tenants du système capitaliste s'arc-boutent.

La révolution, les révolutions deviennent dès lors l'objet d'une bataille d'idées intense et renouvelée.

Macron et les siens en ont conscience. Les révolutions, leur sens, se gagnent dans les têtes, dans la conscience politique de tout un chacun.

Cette conscience, ils la travaillent, là aussi avec une puissance médiatique qui a changé d'échelle. Ils essaient de la modeler pour leurs propres objectifs. Il leur faut imposer à tout prix l'idée que l'organisation normale de toute société suppose « des premiers de cordée » et l'immense masse des autres, « ceux qui ne sont rien » qui sont donc destinés à suivre les premiers.

Mais Monsieur Macron, qui étaient les premiers de cordée dans la Russie de septembre 1917 ?

Qui d'autres, sinon les oligarques tsaristes, les propriétaires des terres qui exploitaient les moujiks !

Karl Marx, dans cette extraordinaire anticipation, avait une fois de plus vu juste :

« Le capital [...] est en fait, dans son mouvement pratique, aussi peu déterminé par la perspective d’un pourrissement futur de l’humanité [...] que par l’éventuelle chute de la Terre sur le soleil. Dans toute escroquerie financière, chaque actionnaire sait que la tempête arrivera un jour, mais chacun espère qu’elle tombera sur la tête de son voisin après que lui-même aura recueilli la pluie d’or et l’aura mise en sécurité. Après moi, le déluge : telle est la devise de tout capitaliste ».

Alors, pour éviter le déluge, nous sommes devant un choix.

Car si la révolution qui pourrait libérer la société de ces entraves est vraiment à l’ordre du jour du 21ème siècle,cela ne veut pas dire qu’elle adviendra.

Si cette révolution des rapports sociaux ne se produit pas, nous pouvons au contraire aller vers un monde de plus en plus brutal, violent et inégalitaire, un monde où la domination de puissances multinationales risque de devenir extrêmement pesante, s'insinuant dans tous les choix de nos vies quotidiennes et dans le contrôle de nos libertés.

Une chose est sûre, les choses ne resteront plus en l’état.

Le monde est entré dans une instabilité très profonde.

A nous d'en faire émerger le meilleur et non le pire.

Le Parti communiste aborde ces défis de manière offensive.

Plus que jamais, nous n'entendons pas rester spectateurs des évolutions et révolutions en cours.
Nous entendons être des acteurs utiles à notre peuple pour qu'il prenne en main son destin.

L’humanité a les moyens à peu près de tout faire mais elle ne peut pas tout se permettre.

Mais qui alors va choisir ?

Qui se donnera les moyens de choisir ?

Qui décide ce que l’entreprise doit produire, où elle doit produire, de quelle façon, par quelles méthodes, en utilisant quelles matières premières, quelles énergies ?

Ces décisions sont aujourd’hui aux mains des seuls représentants des actionnaires. Et on sait qu’ils n’ont qu’un cap : les dividendes.

Est-ce raisonnable ? Est-ce humainement tenable ?

Un immense mouvement pour la démocratie doit permettre aux salariés, aux chercheurs, aux agriculteurs, aux citoyens, aux habitants de quartiers, aux locataires, aux jeunes, aux étudiants et lycéens, aux usagers des services publics… de maîtriser les lieux de pouvoir ou d’en créer de nouveaux.

De nouvelles formes de démocratie et d'appropriation sociale, participatives, coopératives, délibératives, doivent étendre considérablement le champ actuel des pouvoirs populaires.

Comment travailler, au service de quels objectifs, dans l'intérêt de qui ?

Comment produire, consommer, faire société dans la ville et sur tout le territoire ?

Comment s'émanciper individuellement dans la solidarité du développement de tous ?

Chacune de ces questions a droit à une réponse démocratique à mille lieux de la confiscation et de l'opacité de la plupart des pouvoirs aujourd'hui.

Le communisme, pour nous, c'est précisément le mouvement continu de cette émancipation humaine contre toutes les dominations, toutes les aliénations.

C'est un mouvement continu de conquête démocratique.

Le communisme est avant tout un processus pour une mise en commun des capacités humaines et des ressources naturelles démocratiquement décidée, progressivement construite et sans cesse renouvelée.

L'invention d'une nouvelle République, d'un nouvel âge de la démocratie est au cœur de notre projet communiste.

Dans le monde interdépendant qui est le nôtre, cette bataille des pouvoirs se mène à toutes les échelles, locale, nationale, européenne, mondiale.

La révolution aujourd'hui est multiforme et elle ne se résume pas à la seule conquête du pouvoir d'Etat, aussi important soit cet enjeu, à la condition de repenser ainsi très profondément la formation de l'état.

Nous voulons, partout et en toutes circonstances, susciter, encourager les mouvements pour des conquêtes citoyennes, concrètes, immédiates.

En construisant des services publics, en créant la Sécurité sociale, les colonies de vacances, le tourisme social, la politique du logement social…, les communistes ont œuvré à la révolution contre les pouvoirs du capital.

Aujourd'hui, ce sont toutes les pratiques et les expérimentations sociales, démocratiques, écologiques qui sont les terrains de ces luttes.

Nous voulons rendre notre communisme plus quotidien, plus concret, mieux ancré dans les contradictions de l'époque.

Nous devons nous-mêmes construire des pouvoirs sur les moyens considérables que nous offrent les technologies numériques.

Nous voulons, en multipliant les initiatives de solidarités concrètes, les espaces citoyens de délibérations, les fabriques solidaires, libérer toutes les énergies démocratiques, leur donner sens et possibilité de s’associer.

En un mot, nous voulons faire le pari d'un nouveau progrès humain en chemin contre les logiques qui en entravent le développement.

Pour plagier Saint Just, nous affirmons que le progrès social et écologique est une idée neuve en France et en Europe !!!

C'est pourquoi, par exemple, nous venons de décider de tenir, face à l'offensive anti-sociale de Macron, des Etats Généraux du progrès social, le 3 février 2018.

Car notre résistance n'est pas défensive, elle est porteuse de projet.

Nous allons, dans les jours qui viennent, mettre à disposition des Cahiers du progrès social pour soumettre nos propositions, recueillir celles des citoyen-ne-s, des 
salarié-e-s, acteurs associatifs, culturels, économiques…

Ensuite, nous organiserons une première étape nationale de cette campagne, le 3 février prochain, par la tenue d'états généraux du progrès social, ouverts à tous les citoyen-ne-s et à toutes les forces qui partagent cette démarche.

Ils seront un lieu où se mêleront les témoignages des luttes, l’expression des revendications, mais aussi et surtout les propositions et la construction de solutions.

Un lieu aussi où d'autres étapes de cette campagne pourront être proposées pour porter, par la mobilisation populaire, les mesures indispensables à une révolution sociale.

Faire révolution aujourd'hui, c’est donc pousser en avant tous les potentiels émancipateurs dans la société, dans le travail, dans l’affirmation des individus, dans le recul des processus de confiscation des richesses, dans la démocratie.

La révolution du 21ème siècle, nous la concevons comme un processus de long terme qui se développera probablement de manière inégale et diverse à l’échelle de la planète, mais avec des dimensions internationalistes et mondiales de plus en plus fortes.

En effet, quelle que soit la poussée révolutionnaire, émancipatrice ou démocratique, où qu'elle se produise, elle a besoin d'une dimension internationale pour tenir dans la durée.

Sinon, les logiques de la mondialisation et la puissance de concentration du capital financier deviennent des obstacles difficilement surmontables. Voilà pourquoi, nous nous attelons à la construction de convergences des luttes solides et durables entre forces européennes comme nous le ferons les 10, 11 novembre lors du Forum européen de Marseille.

La question écologique, la question de la paix, oui une nouvelle fois de la paix quand tant de menaces pèsent à nouveau, la lutte contre le pouvoir des transnationales sont des enjeux majeurs de cette lutte mondiale.

Le combat féministe, la conquête d’une égalité pleine et entière des femmes est assurément aussi l’un des chemins les plus puissants de la nécessaire révolution des rapports sociaux au 21ème siècle.

Nous n'oublions pas qu'en Octobre 1917, lorsque le « gouvernement ouvrier et paysan » est mis en place, Alexandra Kollontaï fait partie de ce gouvernement.

C’est la première femme ministre au monde.

En France, à cette époque, les femmes n’ont même pas le droit d’avoir un compte bancaire à leur nom !

Et le PCF, près de 10 ans plus tard, sera poursuivi en justice pour avoir présenté des femmes aux élections municipales !

Ce combat, les femmes qui prennent aujourd'hui la parole contre les violences sexuelles nous le rappellent avec force, est très largement devant nous.

C’est la conjugaison de tous ces mouvements, leur capacité à trouver du sens en commun qui feront ou non un processus révolutionnaire.

C’est pour mener ce combat avec une efficacité repensée que le Parti communiste veut changer, mener à bien le processus de sa propre révolution.

Les communistes fixeront dans quelques jours l'ordre du jour de leur Congrès, lors de l'assemblée des animatrices et animateurs de section qui se tiendra à la Cité des Sciences de la Villette, le 18 novembre prochain.

La ré-invention du Parti communiste, pour en faire une force capable d'affronter ces défis, est la condition de sa fidélité à son idéal révolutionnaire.

Ce chantier, ces chantiers, nous allons les engager avec confiance et détermination.

Chers amis, chers camarades,

Cent ans après 1917, nous n'irons pas prendre d’assaut ce soir le central téléphonique et le Palais de l’Élysée.

Après 1789, 1871, 1917, 1945 puis 1968, c'est une autre révolution qui est à l'ordre du jour de l'humanité, de nouveaux chemins de révolution que nous avons à ouvrir ensemble.

En 2017, face aux défis gigantesques qui s'additionnent, il est temps qu'une implication populaire durable, et non seulement insurrectionnelle, pousse et prolonge dans tous les domaines, par la conquête citoyenne permanente, les processus révolutionnaires qui cheminent et se cherchent.

Cette implication, c'est ce que nous nommons « Le communisme de nouvelle génération ». et c'est à la penser que nous aurons consacrés avec bonheur ce mois de débats.

Pierre Laurent, secrétaire national du PCF,

Paris, le 4 novembre 2017.

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30 octobre 2017 1 30 /10 /octobre /2017 11:39

 

 Donner les moyens budgétaires à l'hôpital public  et non démolir le modèle social

 

À quelques jours du débat à lAssemblée nationale sur le projet de loi de financement de 
la sécurité sociale, Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, s
est exprimé. 

À en croire des sources élyséennes, Agnès Buzyn serait « latout social » du nouveau pouvoir, « la ministre de lhumain » pour faire un peu oublier le président des riches. Lopération de communication nest pas vraiment réussie quand, au fil de lentretien, on fait laddition des coups, très durs, portés à notre système de santé, déjà au plus mal par des politiques ne privilégiant quune approche comptable au nom de laustérité budgétaire.

Au sujet du « déficit » de la sécurité sociale, le chiffre de 30% des dépenses non pertinentes est une agression caracté­risée contre le monde hospitalier dont est issue la ministre. Cette affirmation, sans la moindre démonstration, vise à culpabiliser les personnels hospitaliers qui dépense­raient sans compter et les usagers qui consommeraient de manière déraisonna­ble. Cest insultant au regard de la réalité des services hospitaliers. Aujourdhui, lhôpital public ne tient quau dévouement des personnels.

Laugmentation du forfait hospitalier est assumée par Agnès Buzyn sans rien dire des recettes de la sécurité sociale et notamment des dettes patronales.

La promesse du 100% pour les lunettes est assortie de la mobilisation des complé­mentaires ce qui risque den compliquer la réalisation. Silence radio sur la désertifica­tion médicale. Le modèle social français est aussi attaqué directement par la remise en cause de luniversalité de la politique familiale. Un rideau de fumée pour essayer de faire oublier un bouclier fiscal de 5 milliards deuros pour les plus riches qui ne toucheraient plus que quelques dizaines deuros dallocations familiales. Enfin, concernant les vaccinations, la ministre névoque pas les laboratoires pharmaceutiques et les profits énormes quils réalisent.

Si Agnès Buzyn veut devenir la ministre de gauche du nouveau pouvoir, il lui faut présenter un tout autre PLFSS, celui qui donnerait les moyens budgétaires à lhôpi­tal public, qui ne devrait plus être géré comme une entreprise, qui aurait lobjectif du système solidaire 100% sécu afin den finir avec la marchandisation de la santé et de lensemble de la protection sociale. 

Les parlementaires communistes présente­ront des propositions précises à madame la ministre. À ce stade, elle nest quun atout supplémentaire à la démolition de notre modèle social, et, en loccurrence, de ce que notre pays a su faire de plus beau et de plus universel quand il fallait, en 1945, reconstruire un nouveau monde

 

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28 octobre 2017 6 28 /10 /octobre /2017 21:10

Pierre Laurent SECRÉTAIRE NATIONAL DU PCF

STÉPHANE SAHUC ET CÉDRIC CLÉRIN 

 

Notre société a besoin des idées communistes, la France a besoin du PCF, de ses idées et de son expérience, la gauche a besoin de la culture communiste.

 

 

Face au « président des riches », contre la tentative affichée de transformer le pays au service du capital, la résistance s'organise. L'alternative passe par la construction d'un nouveau projet, nous dit Pierre Laurent, qui lance la préparation d'un congrès extraordinaire pour réinventer le Parti communiste, « le placer à l'offensive ».

 

HD. Six mois après l'élection présidentielle, quel premier bilan tirez-vous de l'action du président et de son gouvernement ? Et que pensez-vous de son intervention du 15 octobre sur les deux piliers de la « révolution macronienne » : « libérer ; protéger » ?

PIERRE LAURENT. Sous couvert de pédagogie, il a affiché toujours la même arrogance. Il ne répond à aucune inquiétude du pays. Or on connaît aujourd'hui la réalité de la révolution qu'annonçait Macron. C'est une révolution libérale qui vise à libérer les plus fortunés et le capital financier de toutes les entraves. C'est une politique qui vise à encourager toujours plus l'accumulation de profits en exploitant plus durement le travail de l'immense majorité et en tapant très durement sur toutes les politiques publiques qui servent à faire du service public pour tous. Que ce soit les ordonnances pour casser le Code du travail, la mise en pièces de l'APL et la politique de logement social, les nouveaux cadeaux à ceux qui payent l'ISF, jusqu'à la scandaleuse décision de retirer l'État du capital d'Alstom pour le livrer aux actionnaires privés de Siemens, on est, dans tous les domaines, dans une politique de démolition du modèle social. C'est la généralisation de la précarité sociale et c'est open bar pour tous les profiteurs et les actionnaires. Cette politique ne relancera en rien l'activité économique et elle va creuser les inégalités. Ceux qui vont profiter de cette politique se moquent totalement de répondre aux besoins nationaux et aux urgences sociales de développement.

 

HD. Mais Emmanuel Macron affirme avoir été élu pour cela...

PIERRE LAURENT. Cet argument ne tient pas. Macron a certes annoncé ses projets mais en en maquillant les conséquences. C'est pour cette raison que des millions de gens aujourd'hui, y compris parmi ceux qui ont voté pour lui, découvrent la réalité de sa politique. Qui avait compris qu'il servirait avec une telle indécence les plus fortunés ? Il y a eu tromperie. De plus, une élection présidentielle, ce n'est pas la suspension de la démocratie pendant cinq ans. Macron a le droit de mettre sur la table des projets, mais quand ces projets entraînent une opposition majoritaire dans l'opinion, parmi les organisations syndicales, parmi les acteurs du logement social... il doit en tenir compte. Or la réponse, c'est le passage en force. Aucune élection ne donne ce droit. Le débat d'alternative entre projets différents, qui est l'essence de la démocratie, n'est pas suspendu par une élection.

Ce qui est frappant d'ailleurs, c'est que, si peu de temps après l'élection, le pouvoir soit mis en difficulté. Preuve que sa politique ne crée pas une adhésion majoritaire dans le pays. Nous sommes au début d'une contestation sociale multiforme qui va se développer sur tous les terrains.

 

HD. Quel rôle peut jouer le PCF dans cette contestation ?

PIERRE LAURENT. Le PCF a un très grand rôle à jouer. Nous sommes déjà présents avec nos militants, nos élus, nos parlementaires sur tous les fronts de mobilisation. Nous jouons un rôle actif pour révéler les mauvais coups du gouvernement. Mais nous voulons franchir une étape. Ces protestations sociales portent l'aspiration à une autre société. Pour Macron, la société de demain est une société de précarité dans laquelle les êtres humains sont réduits à se plier aux exigences du marché dans tous les domaines. Nous, nous voulons remettre au centre l'humain d'abord. Pour cela, nous venons de décider de tenir, le 3 février prochain à Paris, des états généraux du progrès social. Nous voulons démontrer que ceux qui sont mobilisés dans le pays ont des idées pour construire un nouveau type de progrès social, qui sache faire de la solidarité, créer de l'emploi en produisant autrement, allier le développement industriel et l'ambition écologique, et qui, pour cela, fasse reculer, en tous domaines, les prélèvements indus du capital.

Ce dont notre société crève, c'est des coûts du capital, cet argent créé par la richesse du travail et soustrait à la collectivité nationale pour nourrir des logiques de rentabilité à court terme. Nous présenterons nos propositions dans des cahiers du progrès social et nous ouvrirons ces cahiers aux propositions venues des citoyens pour faire converger tout cela sous la forme de nouveaux projets de loi. Nous voulons faire émerger un contre-projet face au désastre Macron.

 

HD. Et vous pensez que cela peut empêcher Macron d'aller au bout de son projet libéral ?

PIERRE LAURENT. Je pense que c'est possible. J'ai conscience que le niveau de confrontation dans lequel nous entrons est très élevé. La volonté du président, c'est, dès la première année de son quinquennat, de casser tous les piliers de notre modèle social. Face à cela, je crois que les communistes ne doivent fixer aucune frontière au rassemblement qu'il convient de construire. Dans les collectivités locales, des élus de toutes sensibilités peuvent converger pour demander d'arrêter le massacre des budgets publics. Face à ce qui se passe dans l'industrie, des femmes et des hommes de tous horizons peuvent dirent non au bradage d'un atout industriel aussi important qu'Alstom.

Mais, pour gagner, il convient aussi de faire grandir des objectifs alternatifs à ceux du gouvernement. Démonter qu'une autre politique est la condition pour lever des forces majoritaires. Il nous faut isoler au maximum le gouvernement. Car ce qui se joue c'est « projet de société libérale contre projet de société solidaire ».

 

HD. Mais cette vision des choses ne fait-elle pas débat notamment avec la France insoumise (FI) autour de leur stratégie basée sur le populisme et le dégagisme ? Et le résultat de la dernière séquence ne donne-t-elle pas raison à la FI ?

PIERRE LAURENT. Je suis certain que les électeurs de J.-L. Mélenchon et ceux de la FI et du PCF n'ont pas cherché à donner raison aux uns ou aux autres. Ceux qui ont utilisé ces bulletins ont dit de manière convergente qu'ils ne voulaient pas de cette société et qu'ils voulaient tourner le monde politique actuel vers un autre avenir. Les communistes ont été partie prenante de cette montée en puissance. Preuve en est, aux législatives comme aux sénatoriales, les électeurs ont dit qu'il fallait des groupes communistes. D'ailleurs ces électeurs nous demandent de converger pour travailler aux étapes suivantes.

La question qui se pose est autre : comment allons-nous construire les étapes suivantes, résoudre la question de l'alternative au pouvoir d'Emmanuel Macron ? Et là, nous avons effectivement un débat. La logique dégagiste, populiste a été poussée en avant lors de l'élection présidentielle par des candidats aux programmes totalement contradictoires comme Jean-Luc Mélenchon mais aussi Macron ou Le Pen. Donc, pour construire l'alternative, cette logique ne peut plus suffire. Maintenant, il s'agit de transformer la volonté de changer le système politique en un projet politique alternatif positif. Je crois que la convergence doit se construire sur du projet. Je crois également que nous devons cultiver le caractère démocratique de la vague qui monte dans le pays, c'est-à-dire donner le maximum de possibilité à l'initiative populaire de terrain, décentralisée. La réponse populiste ne peut tenir lieu de bonne réponse à ce besoin. Cette conception de la démarche politique à construire, nous la versons au débat non pas comme un objet de polémique, mais comme une contribution politique que nous considérons utile à la période.

 

HD. La FI semble chercher avant tout à être les meilleurs opposants...

PIERRE LAURENT. C'est une bonne chose de disputer la place d'opposant à la politique gouvernementale. Je vois bien au Sénat la manœuvre qui est celle de la droite et de Gérard Larcher qui osent se présenter comme le meilleur contre-pouvoir, alors même que la droite a voté comme un seul homme les ordonnances Macron. Des forces vont essayer de duper les gens. Il est donc très important de démontrer que l'opposition véritable se situe, non pas du côté d'une force politique, mais du côté de la gauche, du côté du camp qui prend partie pour le travail contre le capital. Nous devons porter d'une même main le drapeau de la résistance et du projet alternatif.

 

HD. Pourquoi un congrès « extraordinaire » du PCF ?

PIERRE LAURENT. J'ai parlé de la nécessité détenir un congrès extraordinaire parce que, dans une période aussi inédite que celle que nous vivons, la nécessité de la relance politique de notre projet communiste est très grande. Les responsabilités qui sont les nôtres sont énormes et il n'est pas si facile de les relever. Donc nous devons nous reposer toutes les questions fondamentales pour procéder à notre propre révolution politique pour nous placer à l'offensive. Nous avons décidé quelque chose d'inédit : commencer par une consultation directe de nos adhérents qui a pour objet de déterminer les thèmes et les méthodes de travail du congrès. Les communistes veulent un congrès différent, qui ne répète pas les mêmes débats, qui nous aide à approfondir des questions nouvelles, qui fait le bilan de notre action et ouvre la voie à des expérimentations nouvelles. Nous voulons inventer de nouveaux modes de débat collectif, construire des chantiers qui allient réflexions et actions concrètes.

Notre objectif est de parvenir au congrès non pas seulement avec des intentions de changements, mais avec des résultats concrets, palpables, sur la transformation de nos structures, sur les nouveaux réseaux d'actions que nous voulons mettre en place, sur un nouveau fonctionnement de notre direction, sur de nouveaux outils de communication, sur une nouvelle plate-forme numérique de mise en réseau des communistes... Nous allons nous atteler à tous ces chantiers avec l'objectif de construire une force communiste capable d'affronter les défis d'aujourd'hui. Nous n'allons pas refaire le congrès d'il y a dix ans pour savoir s'il faut un Parti communiste, cette question a été tranchée. Notre débat doit définir les transformations nécessaires pour que le Parti communiste joue pleinement son rôle.

 

HD. Cent ans après la révolution d'Octobre, n'est-on pas arrivé au bout d'un cycle ?

PIERRE LAURENT. Oui, nous sommes dans une époque politique nouvelle. À époque nouvelle, parti nouveau. Nous sortons de quarante ans d'union de la gauche et entrons dans une nouvelle période avec de nouveaux adversaires à affronter et de nouveaux partenaires à venir, donc notre rôle doit être réévalué. Mais je crois que cette volonté de réinvention ne nous conduit absolument pas au renoncement au projet communiste. Nous célébrons le 100e anniversaire de 1917, qui est une des racines du PCF, mais le PCF a des racines qui plongent encore plus loin dans l'histoire du pays : Révolution française, Commune de Paris, refus de la guerre 14-18... La crise du système capitaliste actuelle, d'une ampleur inédite, nous ramène aux anticipations de Marx sur le nécessaire dépassement du système capitaliste. Mais, pour être pleinement communiste, elle nous oblige à penser les conditions contemporaines de ce dépassement.

Notre congrès doit avoir sur cette question une ambition maximale. C'est une occasion qu'il ne faut pas rater. Notre société a besoin des idées communistes, la France a besoin du PCF, de ses idées et de son expérience, la gauche a besoin de la culture communiste. Nous avons la responsabilité de mettre ses idées à la hauteur des questions posées à la société française. Si nous n'y parvenons pas, ce n'est pas le PCF lui-même qui sera en difficulté, c'est la société française. Nous n'avons pas à avoir peur de notre ombre, soyons audacieux, car nous en sommes capables.

 

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23 octobre 2017 1 23 /10 /octobre /2017 16:06

Le film de Raoul Peck, 
projeté en avant-première 
à l’université d’été des communistes à Angers, avait fait l’objet d’un accueil enthousiaste parmi les participants. 
Malgré le trop faible nombre de cinémas le projetant dans le pays (à peine 100), ils sont plusieurs dizaines de milliers à avoir trouvé le chemin du Jeune Karl Marx dans les salles obscures : un public souvent jeune, désireux d’en savoir un peu plus sur cet étrange personnage dont les analyses, nées en ce lointain XIXe siècle, disent tant encore pour notre temps. 
Dans un esprit d’éducation populaire, les communistes, dans bien des villes et villages du pays, appuient cette diffusion, quand ils n’organisent pas des projections-débats en lien avec les salles de cinéma et les diffuseurs. Ainsi, lundi 16 octobre, une centaine de de spectateurs étaient réunis à l’initiative des communistes parisiens. 
En effet, il est certain que ce film, parce qu’il reste peu proposé dans les cinémas, a un vaste public potentiel... si celui-ci trouve un lieu accessible pour le voir ! 
Plusieurs camarades ont ainsi pris leur bâton de pèlerin (si l’on peut dire) pour animer des débats autour du film. Jean Quétier, rédacteur en chef de la revue d’action politique du PCF, Cause commune, et auteur avec Florian Gulli de Découvrir Marx, se rend ainsi à Strasbourg, Bourges, Châlon... Saliha Boussedra (Cause commune) et Lydia Samarbakhsh (CEN/secteur international) ont animé également une grande soirée Cause commune/Le Jeune Karl Marx à Toulouse. 
Quand art et politique se rencontrent, quand aujourd’hui n’oublie pas hier, le meilleur est toujours à attendre... 

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19 octobre 2017 4 19 /10 /octobre /2017 11:15

Contrats aidés : stop à leur suppression, exigeons leur sécurisation

 

Le Parti communiste français appelle à participer ce soir à la manifestation contre la suppression des contrats aidés.

 

En deux ans, 260.000 personnes vont perdre leur emploi et voir leur situation précaire se dégrader encore. Cette décision est également catastrophique pour des milliers d'associations et de services publics dans les collectivités qui auront des difficultés très importantes à remplir leurs missions. Le PCF soutient les propositions portées par les associations et exigent avec elles en premier lieu un moratoire sur la suppression des emplois aidés. En outre, ce type de contrat précaire n'est plus supportable tant pour les personnes que pour la qualité des missions essentielles aux populations assurées dans les territoires. Ils doivent être non pas supprimés mais transformés en emplois pérennes, statutaires concernant les missions de service public, et correctement rémunérés.

 

Si on totalise contrats aidés, CDD, intérimaires, temps partiels subis, ce sont 4 millions de personnes qui sont touchées en France par les emplois précaires. Les ordonnances " travail XXL" que nous combattons aux cotés des salarié-es et des syndicats, ainsi que les projets gouvernementaux de réforme de l'assurance chômage et de la formation professionnelle risquent  d'aggraver  encore cette situation. Le PCF demande au gouvernement l'ouverture d'un débat national sur la sécurisation de l'emploi et de la formation et réaffirme ses propositions en la matière qui ont fait l'objet d'une proposition de loi pour une sécurité de l'emploi et de la formation. Pour faire converger les mobilisations et les propositions pour un nouveau progrès social, il propose aux élu-e-s, aux associations, à toutes les forces engagées dans le mouvement social actuel de construire ensemble des États Généraux du progrès social le 3 février prochain.

 

 

 
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16 octobre 2017 1 16 /10 /octobre /2017 13:17

 

UNE JUSTICE POUR TOUS

 

La garde des sceaux a présenté les chantiers de la justice. 


Les premières pistes évoquées dessinent une réforme à l’opposé des attentes de nos concitoyen-n-es. Il n’y aura pas de justice efficace sans un rattrapage du retard de notre pays dans le financement de la justice. 


Or l’augmentation de 3,9 % du budget est inférieure à celle du dernier budget du gouvernement Hollande. Il devrait, au minimum, être augmenté d’un tiers pour que le service public remplisse ses missions. 


Ce budget, très insuffisant, s’accompagne du risque d’entraver l’accès à la justice, notamment pour les plus précaires, par la déjudiciarisation et une réforme de la carte judiciaire qui pourrait déboucher sur l’éloignement des juridictions de nos concitoyens. 


Enfin, comment croire à l’objectif affiché de déflation carcérale alors que le plan prison est maintenu, les politiques sécuritaires renforcées et des dispositions positives menacées comme la contrainte pénale ou le principe d’automaticité d’aménagement des peines inférieures à 2 ans. 


Le PCF appelle à une toute autre ambition pour garantir à nos concitoyens une justice efficace et humaine. Cela suppose une administration gratuite de la justice, la réouverture des tribunaux abusivement fermés lors de la dernière décennie, une refonte de l’aide juridictionnelle pour garantir le droit à la défense et de donner réellement la priorité aux peines alternatives à l’incarcération 

 

PCF
 

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BRUNO FORNACIARI

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