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26 mai 2017 5 26 /05 /mai /2017 07:29

Législatives. Les communistes appuient 524 candidats

JULIA HAMLAOUI
MARDI, 23 MAI, 2017
L'HUMANITÉ
Pierre Laurent : « Le PCF entend contribuer à l’élection de députés de gauche capables de s’unir demain face à Macron. » Photo : Bertrand Guay/AFP
Pierre Laurent : « Le PCF entend contribuer à l’élection de députés de gauche capables de s’unir demain face à Macron. » Photo : Bertrand Guay/AFP

Pierre Laurent a annoncé que le parti qu’il dirige vise l’élection d’une vingtaine de députés et que 29 face-à-face avec France insoumise sont évités.

Le PCF a fait ses comptes après la clôture, vendredi, du dépôt des candidatures pour les législatives. Malgré les dissensions avec la France insoumise ces dernières semaines, Pierre Laurent, son secrétaire national, a estimé hier, lors d’une conférence de presse, que de « nombreuses victoires législatives restent à portée de main ». « Il est réaliste de dire que nous pouvons élire, grâce à une intense et conquérante campagne dans les jours à venir, une vingtaine de députés », a-t-il déclaré, fixant pour objectif à sa formation de « contribuer à l’élection de plusieurs dizaines de députés de gauche capables de s’unir demain face à Macron ».

Pour sa part, sur les 577 circonscriptions, le Parti communiste appuie 524 candidatures. Parmi celles-ci, le PCF présente 452 candidats issus de ses rangs et en soutient 72 autres, dont 18 FI, 16 d’Europe Écologie-les Verts, 12 socialistes soutiens de Benoît Hamon et 11 d’Ensemble ! Des soutiens qui sont parfois le fruit d’accords locaux de désistements réciproques, comme avec certains socialistes dans les Yvelines.

Au total, après la rupture des négociations, 29 face-à-face FI-PCF seront tout de même évités, selon le décompte des communistes. Outre les 18 candidats FI soutenus par le PCF, dans 11 circonscriptions, des « communistes en mesure de l’emporter ne se verront pas opposer de candidatures FI », a annoncé Pierre Laurent. Six communistes auraient signé la charte exigée de ses candidats par la FI (dans l’Allier, l’Eure, l’Aveyron, la Seine-Saint-Denis et les Alpes-Maritimes). Mais dans les Hauts-de-Seine, contrairement à ce que nous indiquions dans notre édition d’hier, Yasmine Boudjenah ne l’a pas signée, tout en étant soutenue par FI.

Au-delà de ces exceptions, et après le bon score de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle, reste un sentiment de « gâchis » pour Pierre Laurent, qui a à nouveau regretté, hier, « très profondément, le maintien de candidatures FI dans près d’une vingtaine de circonscriptions où se joue l’élection possible d’un député communiste » et a dit son « incompréhension » face au refus « de la main tendue » dans les Bouches-du-Rhône. « L’heure n’est pas à la polémique, a-t-il cependant jugé, mais à la mise en campagne de tous nos candidats. » Et d’annoncer des initiatives le 1er juin sur tout le territoire autour du slogan : « L’été, ça n’est pas fait pour casser le Code du travail. Non aux ordonnances Macron. »

Le PCF dénonce un « déni démocratique »

« Je veux alerter contre le déni démocratique qui se met en place et qui vise à priver d’accès à une série de médias nos candidats, en reproduisant les temps de parole présidentiels », a dénoncé, hier, le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, après avoir écrit au CSA pour « alerter sur ce scandale ». Les règles du temps de parole dans les médias audiovisuels reposent pour les élections législatives sur le principe d’équité qui prend en compte « la capacité à manifester concrètement son implication dans la campagne » mais aussi « les résultats aux plus récentes élections ». Fustigeant « l’extension sans limite du présidentialisme médiatique », Pierre Laurent a déploré que son parti, « qui est l’une des cinq formations à compter un groupe dans les deux chambres du Parlement, s’apprête à être quasiment interdit d’antenne ».

 
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Published by bruno fornaciari - dans ELECTIONS PCF MEDIAS et PLURALISME
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25 mai 2017 4 25 /05 /mai /2017 10:47

Le PCF dénonce un « déni démocratique »
« Je veux alerter contre le déni démocratique qui se met en place et qui vise à priver d’accès à une série de médias nos candidats, en reproduisant les temps de parole présidentiels », a dénoncé, hier, le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, après avoir écrit au CSA pour « alerter sur ce scandale ». Les règles du temps de parole dans les médias audiovisuels reposent pour les élections législatives sur le principe d’équité qui prend en compte « la capacité à manifester concrètement son implication dans la campagne » mais aussi « les résultats aux plus récentes élections ». Fustigeant « l’extension sans limite du présidentialisme médiatique », Pierre Laurent a déploré que son parti, « qui est l’une des cinq formations à compter un groupe dans les deux chambres du Parlement, s’apprête à être quasiment interdit d’antenne ».

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22 mai 2017 1 22 /05 /mai /2017 20:05

Pierre Laurent
secrétaire national du PCF
Conférence de presse/ Elections législatives
Paris – 22 mai 2017

Mesdames, messieurs,


Le 19 mai s'est donc clos officiellement le dépôt des candidatures aux élections législatives.

524 candidatures seront donc présentées ou soutenues par le PCF-Front de gauche en métropole, comprenant 452 candidatures à parité présentées par notre formation et 72 soutiens.

524 candidatures présentées pour porter la voix des électrices et des électeurs de gauche qui ne veulent pas laisser les mains libres à Emmanuel Macron, à son premier ministre Edouard Philippe, et à la droite, qui veulent pousser plus loin les logiques libérales des deux quinquennats précédents. 524 candidatures pour porter la voix des femmes et des hommes qui ont voté Jean-Luc Mélenchon, qui ont voté Benoît Hamon, qui ont voté Philippe Poutou ou Nathalie Arthaud, et qui veulent demain des députés communistes, Front de gauche, de gauche qui défendront le monde du travail, qui travailleront sans relâche à unir les forces populaires face aux forces coalisées du libéralisme, qui seront des remparts intraitables face au Front national.

Comme vous le savez, et malgré nos appels à l'unité de candidatures dans le maximum de circonscriptions, la direction nationale de France insoumise nous a opposé un refus de principe. Et cela, malgré le désir partagé dans de nombreuses circonscriptions par des membres des groupes d'appui locaux de FI et par les communistes d'aller ensemble à la bataille. Je le regrette profondément. C'est une faute au regard de l'objectif immédiat qui est le nôtre de constituer à l'Assemblée nationale la plus grande force possible face aux candidats du libéralisme, mais aussi au regard de l'avenir d'une gauche nouvelle qu'il convient désormais de réinventer en continuant à rassembler toutes les forces disponibles dans le respect de leur diversité. Nous continuerons de travailler sans relâche à la convergence d'action et de projet de ces forces.

Aujourd'hui, l'heure n'est pas à la polémique, mais à la mise en campagne de tous nos candidats. Les électrices et les électeurs qui nous questionnent ont juste droit à la vérité car elle comptera pour l'avenir. Ce qui s'est passé à Marseille ces jours ci est éloquent. Je veux saluer le geste politique de responsabilité qui a été celui des communistes des Bouches-du-Rhône après l'annonce de la candidature de Jean-Luc Mélenchon. Et je renouvelle leur appel: pourquoi la main tendue des communistes, qui visait à créer les conditions d'une large victoire dans toute la ville, le département et au-delà, n'a-t-elle pas été saisie ? Cela reste pour nous incompréhensible.

Je veux le redire une dernière fois : personne, en tout cas pas nous, ne cherchait à briser la cohérence créée dans l'élan de la campagne présidentielle, bien au contraire, mais chacun pouvait aussi en reconnaître, sans la considérer comme un obstacle, sa diversité. C'était le moindre des respect à l'égard des communistes après leur soutien présidentiel. Pour nous tous qui revendiquons une VIème République, la cohérence d'une élection présidentielle, ce ne peut pas être comme pour d'autres l'abdication temporaire de souveraineté des électeurs au profit d'un Président qui vous dit : vous avez voté, vous avez adopté mon programme, on se reparle dans cinq ans. Nous voulons une majorité agissante, intervenante, pleinement citoyenne. Nous voulons des députés pleinement responsables à tout moment devant le peuple qui les a élus. Le Parti communiste et ses élus ont toujours agi en ce sens, avec liberté d'initiative et esprit constructif.

Tout cela étant dit, l'heure est à la bataille, car de nombreuses victoires législatives restent à portée de mains. Des millions de nos concitoyens souhaitent et espèrent ces victoires. La campagne est donc lancée, et bien lancée. J'étais moi-même hier devant plus de sept cent personnes en Gironde entouré des dix candidats et de leurs suppléants que nous présentons dans ce département.

La liste nationale des candidats que nous présentons rassemble des femmes et des hommes issus du peuple et qui vivent et travaillent comme l'immense majorité de celui-ci. Cette liste comporte aussi, comme je l'ai dit, le soutien à 72 candidatures de personnalités engagées dans le mouvement social à des titres divers et d'autres venus de formations politiques telles que France insoumise, Ensemble, République et Socialisme, EELV ou des soutiens de Benoit Hamon.

Parmi ces personnalités, citons Clémentine Autain, François Ruffin, Zara Boudjemaï, Caroline de Haas, Monique Pinçon-Charlot, Marianne Journiac…

Malgré l'absence d'accord national, il n'y aura pas de concurrence avec FI dans 29 circonscriptions. Des communistes en mesure de l'emporter ne se verront pas opposer de candidatures FI dans 11 circonscriptions. Nous en en félicitons et je veux saluer les militants locaux de la FI qui ont permis ces choix. Pour notre part, nous soutenons des candidatures FI dans 18 circonscriptions, dont celle où se présente Jean-Luc Mélenchon. En revanche, je veux dire que nous regrettons très profondément le maintien de candidatures FI dans près d'une vingtaine de circonscriptions où se joue l'élection possible d'un ou d'une député(e) communiste, sans que FI n'ait en revanche une chance de l'emporter. J'invite les électrices et électeurs de Jean-Luc Mélenchon dans ces circonscriptions à réfléchir à cette situation pour éviter d'offrir par la dispersion de leurs voix au premier tour un député supplémentaire à En Marche, la droite ou le FN.

Tous ces éléments étant connus, je veux dire que nous maintenons des objectifs de conquête clairs :
- nous voulons contribuer à l'élection de plusieurs dizaines de députés de gauche (PCF-Front de gauche, France insoumise, et autres forces diverses) en métropole comme en outre-mer ... capables de s'unir demain face à Macron et à ses soutiens de droite. Et c'est possible.
Pour cela, le score de nos candidats au 1er tour sera partout un atout, car il sera un gage de rassemblement efficace au second tour.
- Dans ces objectifs de conquête, nous visons pour notre part la qualification au second tour de nos candidats dans plusieurs dizaines de circonscriptions. Et il est réaliste de dire que nous pouvons élire, grâce à une intense et conquérante campagne dans les jours à venir, plus du double de députés communistes et Front de gauche que dans l'Assemblée précédente, soit une vingtaine de députés. Cet objectif est à portée de main. J'invite les communistes à redoubler d'effrots pour y parvenir. Cela comptera beaucoup pour l'avenir.

En permettant ces victoires, nous ferons entrer réellement la voix du peuple à l'Assemblée nationale car je le rappelle nos candidates et candidats sont le vrai renouveau, celui qui ferait entrer le monde du travail dans l'hémicycle.

40 % de nos candidats ont moins de 50 ans, 20 % moins de 40 ans. 70 % n'ont jamais exercé de mandat électif.

38 % sont des employés, ouvriers ou techniciens, 14 % des cadres, 20 % des fonctionnaires, 25 % des retraités, d'autres encore sont artisans ou étudiants. Ce sont des candidatures à l'image de la France, pas celle des cabinets ministériels et des conseils d'administration. 40 % des nos candidats ont des responsabilités syndicales dans le cadre de leur activité professionnelle et connaissent parfaitement les conditions de vie des salariés de notre pays.


Ces candidats vont d'ailleurs sans attendre se mettre au service du combat qui s'annonce contre le recours aux ordonnances pour casser encore plus le Code du travail et finir le sale boulot de la loi El Khomri.

Pour cela, j'annonce que nous lançerons le 1er juin dans toute la France une campagne nationale avec ce slogan: « l'été, ça n'est pas fait pour casser le code du Travail – Non aux ordonnances Macron ».

Le 1er juin, j'invite nos candidats et leurs soutiens à prendre dans toute la France des initiatives publiques, spectaculaires et médiatiques, pour crever le mur du silence autour de ce qui se prépare. Nous appellerons dans cette camapgne à élire le maximum de députés qui s'engagent à refuser ces ordonnances et nous appellerons à préparer les conditions d'une bataille estivale d'ampleur pour mettre en échec le coup de force du gouvernement.

« L'été, çà n'est pas fait pour casser le code du Travail » , avec ce mot d'ordre, nous voulons mettre en débat un choix de société : ou l'asservissement au travail et à la précarité à vie, ou une vie digne faite d'un travail reconnu, correctement payé avec un bon salaire, permettant le droit au repos pour tous. Nous serons mobilisés partout, dans les urnes les 11 et 18 juin, mais aussi sur les places des villes, au milieu de nos cités et des nos quartiers, comme sur les plages et les aires de loisirs. Nous ne laisserons pourrir notre été. Nous mettrons en échec les ordonnances Macron.

Enfin, permettez moi un dernier mot devant vous, mesdames et messieurs les journalistes, en vous remerciant de votre présence.

Je veux alerter contre le déni démocratique qui se met en place et qui vise à priver d'accès aux média nos candidats, en reproduisant les temps de parole présidentiels sans tenir compte de la réalité et de la diversité des candidatures pour ces élections législatives. C'est l'extension sans limite du présidentialisme médiatique au mépris de toute règle démocratique pour ces nouvelles élections.

Ainsi, notre parti, qui dispose d'un groupe parlementaire et présente des candidats sur tout le territoire s'apprête à être quasiment interdit d'antenne. J'ai écrit au CSA pour alerter sur ce scandale et je vous demande, mesdames et messieurs les journalistes, de ne pas répondre aux injonctions qui vous demandent en haut lieu d'appliquer des règles de temps de parole contraires à tout respect de la pluralité démocratique. Les électeurs n'ont pas voté pour les élections législatives. Ils ont droit à une information pluraliste jusqu’à la clôture du scrutin, construite à partir de la réalité des forces en présence sur le terrain et non des pronostics sondagiers nationaux qui ne reflètent pas la réalité des circonscriptions. Je suis certain que vous serez sensibles avec moi au respect dû aux électrices et aux électeurs.

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21 mai 2017 7 21 /05 /mai /2017 08:48

Pierre Ivorra

Ma chronique dans "L'Humanité du mercredi 17 mai :

Le sens des réformes d’Emmanuel Macron

Il serait souhaitable que le débat d’idées qui a souvent été escamoté lors de la présidentielle puisse enfin avoir lieu lors des législatives. C’est ainsi qu’il n’y a guère eu de controverses sur la question du financement de la protection sociale. Presque tous les candidats ont par exemple considéré qu’il fallait maintenir la CSG, certains proposant même de l’augmenter, d’autres, comme Jean-Luc Mélenchon, de la rendre progressive, Benoît Hamon envisageant lui aussi de la moduler mais en la fusionnant avec un impôt sur le revenu à dix tranches. L’option d’Emmanuel Macron est pour sa part très significative. 
Le nouvel élu prévoit d’augmenter la CSG de 1,7 point en compensation de près de 20 milliards de baisse de cotisations chômage et maladie prélevées sur les salaires, équivalant à 3,15 points du salaire brut. Les retraités des catégories moyennes vont être ainsi particulièrement mis à contribution tandis que l’ensemble des assurés sociaux vont pâtir d’une réduction de 25 milliards d’euros des dépenses sociales. Au total, le bénéficiaire exclusif de ces opérations sera le patronat. Le CICE va être transformé en une baisse de cotisations. Dans son programme, Emmanuel Macron s’engage à diminuer « les cotisations sociales employeurs de 6 points en remplacement du CICE et jusqu’à 10 points au niveau du SMIC : les employeurs économiseront près de 1 800 euros par an et par salarié au SMIC, 2 200 euros pour un salarié payé 3 000 euros bruts par mois ». 
Cette réforme a en fait un double objectif : d’une part, accroître les profits du capital au détriment de la santé et du bien-être du peuple travailleur ; d’autre part, engager une transformation radicale, systémique, du financement de la protection sociale. Depuis 1945, les médaillés des conseils d’administration, les gavés de la fortune, les abonnés aux dividendes jugent intolérable de devoir écorner leurs profits afin de donner un minimum de sécurité aux travailleurs et aux populations face à la maladie et au chômage et, avec ce transfert vers la CSG, c’est cet égoïsme de classe qu’Emmanuel Macron entend satisfaire.
Si une réforme du financement de la protection sociale paraît nécessaire afin de répondre à la montée des besoins, elle doit être davantage liée à la production de richesses qu’aux revenus. C’est dire qu’elle ne doit pas décoller des entreprises. On peut concevoir un système modulant les cotisations de ces dernières afin de les inciter à produire plus et mieux, à créer des emplois, à former leurs salariés, à préserver l’environnement. Evidemment, dans cet esprit, la CSG serait appelée à disparaître.

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Published by bruno fornaciari - dans SANTE SOCIAL-ECONOMIE-FINANCES PCF
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20 mai 2017 6 20 /05 /mai /2017 18:50

Refonder la sécurité sociale, Frédéric Rauch

 

À partir d’une réforme d’ensemble du financement de la Sécurité sociale, il s’agit de se donner pour finalité une nouvelle efficacité économique et sociale, qui réponde aux besoins sociaux actuels et à venir, tout en ouvrant la voie d’une sortie de la crise systémique que nous vivons.

À sa naissance en 1945, la Sécurité sociale visait à répondre aux enjeux de sortie de la crise systémique du capitalisme et du libéralisme de l’entre-deux-guerres. Elle se donnait deux objectifs principaux. D’une part, répondre au besoin de justice sociale dans la France d’après-guerre en dépassant les insuffisances des législations sociales de la fin du XIXe et du début du XXe siècle par une nouvelle législation prenant en charge l’ensemble des besoins sociaux de tous les Français. D’autre part, faire de cette nouvelle législation sociale un outil de la reconstruction économique du pays en assurant une efficacité productive et sociale nouvelle, à partir de la richesse créée dans l’entreprise.

Un manque à gagner imputable au ralentissement de la masse salariale

Malgré les réticences de certains, la démarche fut un succès. La crise de notre système de protection sociale nous oblige à reprendre le chemin de cette philosophie. À partir d’une réforme d’ensemble du financement de la Sécurité sociale, il s’agit de se donner pour finalité une nouvelle efficacité économique et sociale, qui réponde aux besoins sociaux actuels et à venir, tout en ouvrant la voie d’une sortie de la crise systémique que nous vivons. Cela suppose d’aller à l’opposé de ce qui a été engagé depuis, et qui a échoué. Les choix politiques opérés n’ont cherché qu’à réduire les dépenses de prestations sociales aux populations et les prélèvements de cotisations sociales sur les entreprises. Mais ni la réduction du périmètre de prise en charge socialisée des assurés sociaux, ni le transfert toujours plus important des entreprises vers les ménages des recettes de Sécurité sociale par leur fiscalisation (impôts et taxes affectées ou CSG) n’ont sérieusement permis de résorber les déséquilibres financiers de la Sécurité sociale. Sauf à réduire le périmètre de la couverture sociale, com­me on le constate aujourd’hui, et à accroître la contribution individuelle.

Et pour cause, les déficits structurels de la Sécurité sociale ne s’expliquent pas par des dépenses excessives. Ils sont la conséquence d’un manque à gagner considérable du côté des recettes, imputable au ralentissement de la masse salariale, lui-même conséquence directe de la montée du chômage, de la précarisation de l’emploi, revendiqué au nom de la baisse du coût du travail et de la financiarisation des gestions d’entreprise. En 1999, le taux de croissance de la masse salariale était de 6 %. Il n’est plus que de 2,4 % en 2016, après n’avoir été que de 1,7 % en 2015 et de moins de 1,3 % par an depuis 2008-2009. Dans une note de la Sécurité sociale publiée en 2013, celle-ci précisait qu’« en prenant du recul sur l’ensemble de la période ouverte par le déclenchement de la crise économique et financière à l’automne 2007, on observe que depuis 2008 la masse salariale du secteur privé a connu une croissance constamment inférieure à son rythme moyen au cours des dix années précédant la crise (4,1 % sur la période 1998-2007) ». Or si la cotisation sociale est un prélèvement sur la richesse produite dans l’entreprise, la masse salariale est sa base de calcul. Rappelons qu’un point de masse salariale représente près de 2 milliards d’euros pour le régime général. De sorte que ce ralentissement s’est traduit par une perte minimale directe de recettes pour la Sécurité sociale de plusieurs dizaines de milliards d’euros, depuis dix ans.

Cette pression sur la masse salariale répond aussi aux objectifs de financiarisation des gestions d’entreprise. D’un côté, elle accentue le partage de la valeur ajoutée (VA) en faveur des profits contre les salaires. La part des salaires dans la valeur ajoutée aurait perdu entre 8 et 10 points depuis 1983 et passerait en 2015 à 49,5 % de la VA brute. De l’autre, elle pousse les logiques de financiarisation des entreprises, qui se traduisent par le fait que leurs profits proviennent des profits financiers et non de leurs activités elles-mêmes. De 1998 à 2015, la part des revenus financiers dans les ressources propres des entreprises est passée d’un peu moins de 24 % en 1998 à 33,6 % en 2015. Or ces actifs financiers ne contribuent pas au financement de la protection sociale, pire, ils se développent contre la croissance réelle, contre l’emploi et les salaires, et donc contre le besoin de recettes nouvelles de la Sécurité sociale.

 

Soumettre les revenus financiers aux cotisations sociales

L’enjeu du financement de la protection sociale, et de la Sécurité sociale en particulier, tout comme sa capacité à répondre aux besoins sociaux actuels et à venir, nécessite donc impérativement de s’opposer à ces logiques financières prédatrices.

Cancer de l’économie, les revenus financiers bruts des entreprises, qui sont aussi le coût du capital qu’elles paient, doivent pouvoir être mis à contribution pour le financement de la Sécurité sociale. Selon nos calculs effectués à partir de la publication des Comptes de la Nation pour 2015, les revenus financiers des entreprises

et des institutions financières représentaient 313,7 milliards d’euros. 236,6 milliards d’euros au titre des produits financiers des sociétés non financières (dividendes reçus + intérêts perçus, revenus des investissements directs étrangers inclus) et 77,1 milliards d’euros de revenus financiers des sociétés financières (dividendes reçus + solde des intérêts versés/perçus). C’est près de 30 % de la valeur ajoutée qui sont prélevés ainsi sur l’économie pour rémunérer les actionnaires et la finance, et qui ne contribuent que très marginalement au financement de la Sécurité sociale.

En soumettant ces revenus financiers aux taux actuels de cotisation patronale de chaque branche, on pourrait dégager immédiatement :

• 41,0947 milliards pour la maladie (13,1 %),

• 26,0371 milliards pour la retraite (8,3 %),

• 16,9398 milliards pour la famille (5,4 %).

Cette contribution nouvelle, qui dépasse largement les besoins de financements actuels des organismes sociaux, permettrait alors de mener une politique sociale active répondant véritablement aux besoins actuels de la population mais aussi à venir (sanitaire, vieillissement, dépendance, petite enfance, etc.). Par

ailleurs, sa nature même permettrait d’engager un processus de suppression progressive de la CSG, aujour­d’hui prélevée uniquement sur les ménages. Ce qui rééquilibrerait les sources de contribution fiscale au financement de la Sécurité sociale (revenus d’activité des ménages/revenus financiers des entreprises).

Mais plus encore, en rendant moins incitatifs les revenus financiers des entreprises, cette cotisation sociale additionnelle permettrait d’engager le combat contre la spéculation en poussant la réorientation de l’activité économique et les gestions d’entreprise vers la production de richesses réelles. Ainsi, loin d’en faire une source de financement pérenne, ce prélèvement fiscal aurait vocation à s’éteindre dans la durée, faute de base fiscale de prélèvement.

 

Modulation des cotisations sociales employeurs

C’est pourquoi, combiné à ce dispositif, nous proposons l’institution d’un dispositif de modulation des cotisations sociales employeurs en fonction de leurs politiques salariales et d’emploi. L’idée est simple et efficace. Dans un mouvement général de hausse progressive des cotisations sociales patronales, il s’agit de moduler le taux de cotisation sociale patronale de chaque entreprise en fonction de l’écart entre son rapport « masse salariale/valeur ajoutée » et celui moyen de sa branche d’activité. Plus cet écart serait négativement élevé, c’est-à-dire plus l’entreprise préfère accroître sa valeur ajoutée en faisant des économies sur l’emploi et les salaires et en développant ses revenus financiers, et plus elle serait soumise à des taux de cotisations patronales élevés. À l’inverse, plus cet écart serait positivement élevé, c’est-à-dire plus l’entreprise adopte une stratégie de gestion vertueuse à l’égard de l’emploi et des salaires par rapport aux pratiques de sa branche, et en proportion moins ses taux de cotisations sociales seraient élevés.

La logique de ce nouveau dispositif est fondamentale. En dissuadant ainsi la course à la croissance financière, aux économies massives sur l’emploi et les salaires, il s’agit de responsabiliser socialement et solidairement les entreprises face au développement de l’emploi, des qualifications et des salaires. Il s’agit d’engager le combat contre les critères de gestion des entreprises, tournés essentiellement vers la rentabilité financière immédiate, et d’opposer des critères de gestion assis sur le développement des capacités humaines. L’objectif serait de les faire participer au financement de la solidarité en incitant à une autre utilisation de l’argent pour viser un nouveau type de croissance réelle. Le développement des ressources humaines constituerait le moteur de ce nouveau type de développement économique et social. Celui-ci à son tour permettrait de dégager des moyens pour financer une nouvelle Sécurité sociale, elle-même articulée avec la sécurisation de l’emploi et de la formation. L’enjeu est donc moins de récompenser les vertueux et de punir les vicieux, que d’enclencher un nouveau type de croissance économique et sociale centrée sur le développement de la ressource humaine.

Inciter à la croissance réelle à partir du développement de l’emploi, des salaires, de la formation, c’est la condition d’un réel « gagnant-gagnant » pour la Sécurité sociale, les assurés sociaux et les entreprises. Pour la Sécurité sociale, ce dispositif permettrait de renouer avec la croissance régulière et importante de ressources de cotisations sociales patronales qui n’ont cessé de se réduire depuis le début des années 1990. Et donc de résorber ses déficits. Pour les assurés sociaux, l’arrivée de nouvelles cotisations patronales permettrait de réduire relativement leur contribution qui a compensé le retrait de la contribution employeur. Ces ressources dynamiques supplémentaires permettraient aussi de mettre fin à la réduction systématique du niveau de la prise en charge socialisée et d’ouvrir au contraire sur de nouvelles prises en charge socialisées.

Pour les entreprises enfin, le développement de l’emploi, des salaires et des qualifications pour accroître les ressources de cotisation sociale de la Sécurité sociale répondrait à deux de leurs difficultés actuelles : les débouchés et la productivité du travail. Cela permettrait d’augmenter le revenu disponible des ménages, et donc de relancer la demande intérieure et le potentiel de débouchés des entreprises, qui leur fait cruellement défaut aujourd’hui pour cause de politiques d’austérité sociale et salariale ! Par ailleurs, cette dépense sociale accrue et dynamisée des entreprises constituerait globalement un moteur d’accroissement de la productivité du travail et donc un facteur de nouvelle croissance. Seule la finance et les spéculateurs seraient perdants. Mais eux, c’est normal, ce sont nos ennemis… 

 

*Frédéric Rauch est rédacteur en chef d’Économie et politique.

La Revue du projet, n°66/67 avril-mai 2017

 

 
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14 mai 2017 7 14 /05 /mai /2017 17:20

Je regrette très profondément les décisions prises samedi par la France insoumise (Pierre Laurent)

 

Présent dimanche á la fête de l'Humanité organisée par les communistes du Tarn au pays de Jaurès à Carmaux, Pierre Laurent a réagi aux décisions prises la veille par France insoumise:

 

"En lançant jeudi au gymnase Japy à Paris la campagne nationale des communistes pour les élections législatives, j'ai renouvelé mon appel à une dynamique unitaire large sur tout le territoire national rassemblant tous ceux qui ont soutenu la campagne de Jean-Luc Mélenchon. Le jour même à Marseille, les communistes des Bouches-du-Rhône ont rendu public un geste fort de rassemblement en retirant leurs candidats dans la circonscription où Jean-Luc Mélenchon sera candidat et dans trois circonscriptions face à la menace du FN. Dans tous les départements, les communistes ont présenté des offres de rassemblement qui permettraient de présenter des candidatures communes dans des dizaines de circonscriptions, multipliant nos chances d'élire des députés. Or, samedi, c'était au tour de La France insoumise de lancer sa campagne et d'investir ses candidats.

 

Je regrette très profondément que les décisions prises par la France insoumise aient ignoré nos appels au rassemblement, à l'exception de quelques unités. Cette décision est totalement contradictoire avec l'objectif affiché d'élire une nouvelle majorité capable de refuser les injonctions d'alignement du nouveau président Emmanuel Macron, et assez forte pour faire barrage aux prétentions de la droite et de l'extrême-droite.

 

La concrétisation de l'espoir né le 23 avril dans le vote Mélenchon et l'avenir d'une gauche nouvelle ne se trouvent pas dans une formation unique qui prétendrait faire le vide autour d'elles, mais dans un rassemblement fidèle à nos objectifs d'une VIème République, où diversité, respect mutuel et intervention citoyenne s'additionnent pour forger une union durable et un projet solides.

 

Les candidats soutenus par le PCF- Front de gauche continueront de faire campagne la main tendue et restent disponibles jusqu'au terme du dépôt des candidatures le 19 mai pour toute entente ou retrait réciproque qui permettent d'avancer vers les victoires souhaitées. Ici, à Carmaux, n'oublions pas ces mots de Jaurès: la véritable richesse, c'est celle qui ne diminue pas si on la partage ".

 

Pierre Laurent, secrétaire national du PCF

 

 

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13 mai 2017 6 13 /05 /mai /2017 16:02
Macron élu. Face à un libéral aux commandes, le besoin de députés pour nous défendre !
L’Humanité Dimanche - STÉPHANE SAHUC ssahuc@humadimanche.fr
En choisissant le Louvre pour célébrer sa victoire, Emmanuel Macron s’est placé dans la ligne du monarque républicain. Quel renouveau !

Vainqueur du scrutin, et deuxième président de la Ve République le mieux élu, Emmanuel Macron enregistre pourtant une victoire en trompe-l'oeil qui ne doit pas masquer l'absence d'adhésion populaire à son programme de casse sociale. Pour riposter face à la catastrophe annoncée : se saisir des législatives des 11 et 18 juin prochains afin de « faire entrer le peuple l'Assemblée ».

Quel président sera Emmanuel Macron ? Deuxième président le mieux élu de la Ve République, après Jacques Chirac et ses 82 %, il n'est pourtant pas dans une situation aussi confortable que son prédécesseur. La preuve par deux chiffres : s'il recueille 66 % des suffrages exprimés, seuls 61 % des Français souhaitent qu'il obtienne une majorité à l'Assemblée nationale, selon une enquête Ipsos. La preuve également par l'absence de liesse. Certes, le rassemblement du Louvre a plutôt bien fonctionné en termes d'image, de symbole et d'affluence (lire page 21), mais dans les rues de Paris, ou il réalise pourtant près de 90 %, comme dans celles des grandes villes, cela n'a pas été le concert de Klaxon habituel des soirs de second tour, tant pour fêter une victoire que se réjouir d'une défaite. Tout juste un soupir de soulagement que le pire soit évité. Il n'y a pas, il n'y a jamais eu de « désir de Macron » en France. Il faut lui reconnaître d'avoir bien joué sa partition, bien aidé en cela par l'orchestre médiatique (lire page 22). Mais sa petite musique avait comme qualité principale d'être moins discordante que la fanfare militaro-nationaliste de Mme Le Pen.

Un président fragile

Plus qu'aucun autre avant lui, Emmanuel Macron est un président par défaut. Le niveau d'adhésion à son projet est historiquement faible. En réalité, le nouveau président, s'il est majoritaire en voix, est minoritaire idéologiquement et politiquement. La majorité des Français est hostile à ce qu'il porte et ce qu'il incarne. Une hostilité telle qu'elle a empêché François Hollande de se présenter. C'est d'ailleurs l'ultime tour de force de ce dernier que d'avoir réussi à ce que son successeur soit celui qui incarne le mieux la continuité de sa politique.

Le nouveau chef de l'État, bien que majoritaire en voix, reste minoritaire idéologiquement et politiquement.

Et si Emmanuel Macron a su parfaitement profiter des circonstances qui ont vu successivement l'éviction de Nicolas Sarkozy, d'Alain Juppé, de François Hollande et de Manuel Valls pour se positionner comme vote refuge, il pourrait être à son tour confronté à une rupture lors des élections législatives. Pour la première fois depuis l'inversion du calendrier électoral, les élections qui s'annoncent pourraient ne pas être une simple confirmation de l'élection présidentielle. Pour toutes ces raisons la victoire d'Emmanuel Macron est fragile. D'autant que la forte progression de l'abstention et du vote blanc prouve qu'en plus de ceux qui ont voté pour lui par défaut, une autre partie importante du corps électoral n'a pu se résoudre, malgré la menace Le Pen, à le choisir.

MACRON EN MONARQUE

Tout était millimétré. Bien loin du joyeux bazar des seconds tours passés, où, à la Bastille pour la gauche ou à la Concorde pour la droite, le peuple des vainqueurs faisait la fête. La longue marche du nouveau président élu faisait écho à celle de François Mitterrand jusqu'au Panthéon en 1981. Mitterrand encore avec « l'Hymne à la joie », Mitterrand toujours avec la pyramide du Louvre comme décor de sa première intervention comme chef de l'État. Millimétré jusqu'au choix du lieu qui se situe entre Bastille et Concorde. Comme un symbole centriste, « et de droite et de gauche », qui juge les clivages dépassés et veut renouveler et « recomposer » la politique française. Mais plus près de Concorde tout de même. Le centre n'est jamais qu'un faux nez de la droite et la politique prônée par le nouveau président a de fortes chances d'être mise en oeuvre par un premier ministre issu des rangs de la droite. Le Louvre, c'est aussi le palais des rois de France. Et l'on se souvient des fêtes johanniques d'Orléans, le 8 mai 2016, où Macron rendit hommage à Jeanne d'Arc parce qu'elle avait su « fendre le système » et « imposer le rêve fou comme une évidence », celui de rendre la France à son roi. De Jeanne au Louvre, Emmanuel Macron veut incarner à la fois la figure du sauveur et celle du monarque. « Il y a dans le processus démocratique et dans son fonctionnement un absent. Dans la politique française, cet absent est la figure du roi. (...) On a essayé ensuite de réinvestir ce vide, d'y placer d'autres figures : ce sont les moments napoléonien et gaulliste, notamment. Le reste du temps, la démocratie française ne remplit pas l'espace. On le voit bien avec l'interrogation permanente sur la figure présidentielle, qui vaut depuis le départ du général de Gaulle. Après lui, la normalisation de la figure présidentielle a réinstallé un siège vide au coeur de la vie politique. Pourtant, ce qu'on attend du président de la République, c'est qu'il occupe cette fonction », expliquait-il au magazine « le 1 » en juillet 2015. Après Le Louvre, Macron, nouveau monarque présidentiel, occupera le Château.

LA FABRICATION D'UN PRÉSIDENT « ANTI-SYSTÈME »

Il fallait entendre Julien Dray, proche conseiller de François Hollande et ex« parrain » politique d'Emmanuel Macron, raconter à la télévision, au soir de son sacre élyséen, la fable de l'homme parti de rien ou presque. Ex-apprenti philosophe ayant soutenu son mémoire de maîtrise sur Machiavel, le nouveau chef de l'État a soigneusement bâti une légende qui ne résiste pas à l'examen des faits : sa « Blitzkrieg » présidentielle, il l'a menée avec une armée de richissimes parrains, patrons de presse, banquiers, industriels et leurs cohortes de sherpas stipendiés, à l'instar de Jacques Attali ou encore d'Alain Minc. Compatissons donc, en compagnie de Julien Dray, à la solitude d'Emmanuel Macron, entouré des seuls ­ liste non exhaustive ­ Patrick Drahi (SFR, BFM TV, « Libération »...), Xavier Niel (Free, « le Monde », « l'Obs »), Vincent Bolloré (Canal Plus), Bernard Arnault (« les Échos », « le Parisien »). Autant de pontes du CAC 40 officiant dans le luxe, les télécoms, et dont les fortunes en constante expansion rachètent une presse moribonde, travestie en brigade d'acclamation du produit manufacturé Macron. Peu avant sa mort, le 6 novembre 2016, l'une des innombrables bonnes fées penchées sur le berceau du plus jeune président de la Ve République, le pionnier de la grande distribution Henry Hermand, se confiait dans les colonnes du « Figaro »: « J'étais l'un de ceux qui le suppliaient de ne pas tarder à démissionner de manière à ne pas entretenir la confusion avec Hollande. J'aurais aimé qu'il le fasse plus tôt. (...) J'incite toutes mes relations d'affaires à immédiatement aider Emmanuel Macron. » Cet ex-soutien de François Hollande se vantait aussi de l'avoir convaincu d'abandonner « l'idée de social-libéralisme, de socialréformisme, pour parler de progressisme, qui signifie l'adaptation à ce qui change ». Ironie de la fable, son poulain « anti-système » qui se pique de symboles a fait danser ses « marcheurs » funambules, le soir de sa victoire au pied de la pyramide du Louvre, au son du groupe Magic System. Qu'il est magique, en effet...

On peut d'ores et déjà prédire un quinquennat qui commencera mal, continuera mal et finira très mal. La menace FN

Un avertissement, mais qui ne sera pas sans frais cette fois, pour tous ceux qui depuis des années avaient fait le pari d'une présence de Mme Le Pen au second tour pour assurer leur éventuelle élection. Pas sans frais, car la candidate frontiste, malgré un calamiteux débat de second tour qui a révélé son imposture sociale, recueille plus de 10 millions de voix et gagne près de 13 points entre les deux tours. La présidente du FN, qui se voit maintenant en chef de l'opposition au nouveau président de la République, entend bien faire fructifier ce capital, et ce dès les législatives. Une situation qui prouve la banalisation des idées d'extrême droite, encore renforcée durant cette campagne. Mais qui est aussi « le résultat de décennies d'alternances politiques défavorables aux intérêts populaires, de trahisons et de renoncements des gouvernements successifs », comme le soulignait le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, au soir du second tour. Un président faible et sans assise populaire ; une droite en embuscade pour prendre sa revanche sur une élection qu'elle jugeait imperdable ; un Front national à son plus haut niveau historique ; un PS en miettes... Autant dire que, dans ces conditions, si Emmanuel Macron met en oeuvre son programme de casse sociale, s'il s'applique à gouverner par ordonnances comme annoncé, l'avenir s'annonce des plus incertains. Et l'on peut d'ores et déjà prédire un quinquennat qui commencera mal, continuera mal et finira très mal, surtout si le nouveau président compte sur un remake de 2017 en 2022 et mise une nouvelle fois sur le rejet de l'extrême droite.

Quelle Assemblée nationale ?

Le seul élément d'espoir et de nouveauté qui émerge de la période est bien évidemment la dynamique suscitée au premier tour autour de Jean-Luc Mélenchon, le candidat de la France insoumise, soutenu par le PCF et Ensemble !. C'est à partir de ces 7 millions d'électeurs qu'il est possible de construire un pôle de changement et de progrès en rupture avec les politiques libérales. Un pôle populaire, rassembleur, et qui confirme et amplifie sa capacité à redonner de l'espoir aux jeunes, aux couches populaires, aux salariés... Cette dynamique de premier tour peut-elle se transformer en dynamique législative qui permette à l'ensemble de ceux qui ont soutenu sa candidature de faire une entrée en force à l'Assemblée nationale pour s'opposer résolument aux projets du nouveau président ? « Après un vote de refus et de peur, le moment est venu d'un choix positif, le choix d'un avenir en commun », explique Jean-Luc Mélenchon. C'est l'enjeu majeur des semaines qui viennent. Car il s'agit, comme le dit Pierre Laurent, rien de moins que de « faire entrer le peuple à l'Assemblée ». Faute de quoi, cette gauche de transformation, populaire et antilibérale pourrait bien être réduite à la portion congrue pour les cinq années à venir, quand les Français, eux, devront avaler l'amère potion libérale concoctée par Macron. STÉPHANE SAHUC ssahuc@humadimanche.fr
http://content.milibris.com/access/... majeur des prochaines législatives est de « faire entrer le peuple à l'assemblée nationale » pour contrer les attaques antisociales.
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13 mai 2017 6 13 /05 /mai /2017 15:48

Les derniers évènements concernant la candidature de Mélenchon à Marseille et la position du PCF qui a suivi, à fait couler beaucoup d'encre et de nombreuses réactions hostiles. Je me permets de reproduire ici, la réponse que j'ai adressée à l'un des camarades, comme moi, en colère.
"je ne crois pas Stephen Chalk que le PCF soit au bord du gouffre . Je comprends et partage ta colère et ta répulsion de propos et de pratiques politiques exécrables et lamentables de la part de certains qui, pensent "marcher sur l'eau", qui analysent la situation politique au gré de prophéties auto réalisatrices (nous visons (nous les 7 millions de voix(gens) la majorité FI et la direction du gouvernement avec Mélenchon comme 1er Ministre), jamais prouvées, et qui, vraisemblablement, connaîtra à nouveau, une grande déception, bien réelle celle-là. J'ai comme toi, comme première réaction indignée, critiqué, réprouvé, la position marseillaise du parti, confortée par Pierre Laurent au meeting de Japy. Le retrait de la candidature PCF devant Mélenchon dans la 4e circonscription à Marseille, y compris dans les conditions dans laquelle elle se déroule, est pourtant une position intelligente de la part du parti, juste et efficace. Car au moment où Mélenchon et la FI essaient de reporter sur le PCF la responsabilité de la rupture, nous prouvons en acte, et notre sincérité et les accords de nos actes avec nos paroles. De plus, ce retrait est une invitation à reconsidérer la politique d'union de la FI. Déjà des effets se font sentir. Des accords partiels entre formations de gauche, des retraits réciproques , des candidatures communes se réalisent ici et là. Ils font avancer concrètement notre politique unitaire. Une autre position de combat contre Mélenchon aurait eu un effet contraire : justifier la position mélenchoniste et lui donner quitus de son intransigeance. Le refus de discussion et sa politique du "cavalier seul" non seulement apparaît irréaliste eu égard aux objectif qu'elle se fixe (un troisième tour avec 577 présidentielles) mais erronée, par le peuple de gauche qui majoritairement sans doute, l'estime inefficace et dangereux pour tous. D'un coup, nos camarades marseillais font monter la pression unitaire sur Mélenchon et affidés. Poursuivons dans ce sens, sans rien lâcher sur la place du PCF, son indépendance, son utilité, dans cette bataille électorale décisive, et pour la suite. Je reconnais personnellement, que ma première réaction hostile à cette position courageuse du PCF marseillais, provenait davantage de mon estomac que de ma cervelle qui semble avoir recouvré sa lucidité. Merci à eux."

 

Bruno Foraciari

 
 
 
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10 mai 2017 3 10 /05 /mai /2017 05:05

 

 

Verbatim Conférence de presse - Pierre Laurent - Mardi 9 mai 2017

 

 

48 heures après l'élection d'Emmanuel Macron à la présidence de la République, la bataille des élections législatives bat déjà son plein.


Jeudi 11 mai, à 19 heures, au gymnase Japy à Paris, je lancerai en présence de nombreux candidats soutenus par le Parti communiste la campagne nationale des communistes. Nos ambitions sont claires :
- concrétiser l'espoir ouvert par les 7,5 millions de voix recueillis le 23 avril par le vote Jean-Luc Mélenchon. Nous voulons donner à cette force nouvelle une représentation maximale dansl'Assemblée nationale, pour faire entendre l'exigence d'un nouveau progrès


social et écologique pour le pays et refuser les projets libéraux d'Emmanuel Macron ;


- élire le maximum de députés qui refuseront de signer un chèque en blanc au Président pour légiférer dès cet été par ordonnances contre la casse du Code du Travail ;
- après la défaite infligée à Marine Le Pen au second tour de la présidentielle, à laquelle nous sommes fiers d'avoir contribué avec clarté, barrer maintenant la route à une entrée massive du Front national à l'Assemblée ;


- renouveler en profondeur l'Assemblée nationale en faisant entrer des députés représentant vraiment le peuple, c'est-à-dire des ouvriers, des infirmières, des cheminots, des professeurs des écoles, des employés, des chômeurs, des étudiants, des jeunes travailleurs dans la précarité, etc., des salariés, femmes et hommes à parité, de toutes conditions et de tous métiers, que ni En Marche, ni la droite, ni le FN ne présenteront. Nos candidats, dont près de 70 % n'ont aucun mandat électif, sont à l'image de cette France du travail.

Pour concrétiser ces objectifs, je renouvelle avec gravité et colère mon appel à la France insoumise pour que nous allions, non dans quelques circonscriptions, mais le plus largement et nationalement possible à la bataille sous une bannière commune, qui puisse rassembler France insoumise, le Parti communiste, Ensemble !, les forces citoyennes du Front de gauche, et toutes les forces de gauche et écologistes qui pourraient alors souhaiter se joindre à nous pour mener ensemble les combats qui s'annoncent.


Que cherche-t-on ? La défense d'intérêts de recomposition partisane ou une victoire du peuple qui rebatte les cartes après la présidentielle et redonne une chance à notre peuple de peser sur son avenir? Sans accord national, nous diviserons les électeurs de Jean-Luc Mélenchon du 23 avril, alors qu'ils nous demandent une seule candidature, la plus à même de gagner, dans le maximum de circonscriptions. C'est la condition de l'élection du maximum de députés et de la mise en échec des tentatives de main mise sur la représentation nationale d'En Marche, de la droite et de l'extrême droite, qui, on le sait, peuvent être facilitées par la logique institutionnelle des mécanismes de la Vème République, contre la volonté de millions et de millions de nos concitoyens.


A ce jour, et alors que la bataille s'engage, cet accord fait toujours défaut. C'est pour nous incompréhensible. J'alerte sur le gâchis qui se prépare. Les discussions entre deux formations n'ont pu porter encore hier soir, malgré nos demandes, que sur un échange de retraits réciproques de candidatures portant sur moins de quinze circonscriptions pour chaque formation sur 577. Nous poursuivons nos échanges, mais les électeurs et électrices de Jean-Luc Mélenchon, de toute la gauche, la jeunesse, le monde du travail, les quartiers populaires ne comprendraient pas que nous en restions là. Il reste quelques heures pour élargir le périmètre de la discussion et lui redonner l'ambitionattendue. L'incompréhension est grande dans le pays et je la partage. Nous sommes prêts nationalement à tout moment pour avancer et nous avons fait des propositions pour le permettre. Et je demande à tous nos candidats, dans tous les départements, d'entrer en campagne la main tendue, ouverte à tout accord qui puisse débloquer cette situation.
Face aux candidats, à la droite, au FN qui travaillent tous à élargir le rassemblement opéré autour de leur candidat présidentiel, nous ne pouvons offrir à nos électeurs le terrible dilemne de la division.
Je veux lancer un second appel. Si nous avons battu Marine Le Pen au second tour. Le combat continue. Dans 45 circonscriptions où Marine Le Pen a réuni plus de 50 % des voix le 7 mai, j'invite à la mobilisation et à la convergence de toutes les forces démocratiques pour empêcher l'entrée massive du Front national à l'Assemblée nationale. Dans nombre de ces circonscriptions, il est possible de ne pas laisser les électeurs prisonniers d'un second tour droite ou En Marche face au FN.


Nous sommes prêts à la discussion pour créer les conditions d'un rassemblement maximum pour qualifier, dans ces circonscriptions, une candidature porteuse d'un projet de justice, de démocratie et d'égalité.
Enfin, je veux dire que derrière l'énorme opération de com' lancée par le Président de la République sur le thème du renouvellement et de l'audace, se cache de vieux projets du Medef et des méthodes anti-démocratiques archaïques. Le recours aux ordonnances pour légiférer contre le Code du Travail en contournant la négociation avec les syndicats n'est pas une fatalité. Le Président de la République n'a pas le pouvoir d'enclencher à lui seul cette mécanique. Une loi d'habilitation des ordonnances doit être votée au Parlement.


Nous appelons à la mobilisation sans attendre et nous disons : élisons le maximum de députés quirefuseront une telle loi habilitant les ordonnances et organisons le débat législatif en direct et sous le contrôle du monde salarié, dans le dialogue avec les organisations syndicales. Nos députés, s'ils sont élus, seront porteurs de propositions pour un Code du Travail du 21e siècle et des droits nouveaux de sécurité d'emploi et de formation pour tous. Nous avons déjà déposé despropositions de loi en ce sens. Nous les verserons au débat de la campagne des électionslégislatives. C'est ce grand débat national et démocratique que nous voulons, pas un blitzkrieg antisocial durant l'été.


Nous ferons de cette question un enjeu majeur et premier de la campagne législative qui s'annonce.

 

 
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Published by bruno fornaciari - dans ELECTIONS PCF
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9 mai 2017 2 09 /05 /mai /2017 16:42

«Un monde en commun»: Propositions spécifiques complémentaires au programme La France en commun

 

Le quinquennat de François Hollande, reniant ses engagements de campagne et accélérant les politiques de flexibilité et d'austérité imposées par les tenants d'une Union européenne ultralibérale, ajouté à la politique destructrice de Nicolas Sarkozy au cours des cinq années précédentes a enfoncé notre pays dans une crise aux multiples dimensions qui, à présent, fait le lit de l'extrême droite.

En janvier 2016, le PCF le soulignait : « Au fil de cette dernière décennie, la crise économique systémique, et son pic de 2008, et la crise politique et démocratique ne sont plus devenues qu'une seule et même impasse en France comme en Europe. C'est l'impasse sur l'emploi et les salaires, sur le développement industriel, l'impasse sur les services publics et la réponse aux besoins sociaux, l'impasse sur les droits sociaux collectifs, sur le type de croissance. C'est l'impasse en matière d'écologie malgré les contrats et les prises de conscience de la COP21. C'est l'impasse démocratique comme on l'a vu avec la Grèce. »

Le PCF a mis toute son énergie à empêcher que ne se referme sur notre peuple le piège dramatique vécu à l'échelle régionale en décembre 2015 d'une disparition ou marginalisation des forces de gauche en même temps qu'une montée de l'extrême droite et d'une droite de plus en plus conservatrice sur le plan sociétal, et libérale sur le plan économique.

Du printemps à l'automne 2016, les militants communistes sont allés à la rencontre de 400 000 personnes dans le pays, près de 65 000 d'entre elles ont activement participé à la Grande consultation citoyenne Que demande le peuple (http://www.lagrandeconsultationcitoyenne.fr/) pour dessiner ensemble les grandes priorités et orientations d'une politique de gauche en France.

Les résultats de cette campagne ont mis en évidence les convergences fortes chez des millions de femmes et d'hommes de notre pays que l'introduction des propositions du PCF, La France en commun, rappelle en quelques mots : « Les résultats de cette enquête dessinent un visage de la France qu'on ne voit pas dans les médias. Les priorités sont claires : de meilleurs revenus, une action forte pour l'environnement, la fin des discriminations, de meilleurs services publics et un meilleur vivre-ensemble. Et les solutions envisagées concernent de grandes transformations : limiter le pouvoir des actionnaires, arrêter les privatisations, changer la République, promouvoir l'égalité femme-homme, renégocier les traités européens. »

Avec La France en commun (http://2017.pcf.fr/notre_engagement), et à partir de cette grande consultation citoyenne et de ses propres propositions pour le pays, le PCF propose sept axes d'action pour un pacte d'engagements communs pour la France pour les échéances présidentielle et législatives de 2017 :

1. Prendre le pouvoir sur la finance et partager les richesses
2. De la nouvelle République au renouveau de la politique
3. Investir pour demain
4. L'égalité Femmes Hommes maintenant !
5. Une France protectrice et solidaire
6. Produire autrement et protéger la planète
7. A l'offensive pour changer l'Europe.

Au cours de ces derniers mois, tout a été fait, ainsi que nous l'avions souligné, pour priver les Français-es d'un véritable choix, et les enfermer dans un scénario présidentiel piégé pour que perdurent les dominations libérales.

Tout a été fait pour réduire les citoyens au rôle de spectateurs quand au contraire l'aspiration à être pleinement acteur des décisions politiques et l'exigence d'issues progressistes et citoyennes n'ont jamais été aussi fortes.

Nous sommes une majorité à vouloir le progrès social, écologique et démocratique.

Nous voulons une politique qui relève la France, qui rende à chacun l'espoir du progrès et d'une vie meilleure. La solution c'est une nouvelle politique qui change vraiment nos conditions de vie, de travail, d'études, qui améliore notre pouvoir d'achat, en mettant fin au pillage des richesses. C'est en renouant avec de grands objectifs de transformation sociale que la gauche redeviendra utile.

Nos objectifs politiques sont clairs :

  • Nous voulons battre la droite et l'extrême droite à l’élection présidentielle en rassemblant toutes les forces de gauche et écologiste en soutenant la candidature de Jean-Luc Mélenchon tout en travaillant à ce que ce rassemblement grandisse au maximum et qualifie la gauche pour le 2e tour de l'élection présidentielle ;
     
  • Nous voulons envoyer à l'Assemblée nationale le plus de députés communistes, Front de gauche, France insoumise, écologistes ou socialistes qui refusent les politiques d'austérité et sont engagés pour une profonde transformation et émancipation sociale qui mèneront, avec les citoyen-ne-s de notre pays, les batailles pour la justice sociale, les libertés, la République pour tous face à une droite et une extrême droite plus violentes que jamais ;
     
  • Nous présentons et soutenons dans chaque circonscription des candidat-e-s qui sont des militant-e-s citoyen-ne-s engagé-e-s dans les luttes sociales, les mouvements citoyens, des élu-e-s de terrain attaché-e-s au développement de liens de proximité avec la population, les salarié-e-s, travailleurs indépendants, les femmes et les hommes de toute génération pour faire entendre leurs voix, leurs colères, leurs espoirs et exigences  au sein de l'hémicycle. Des élu-e-s garants et militant-e-s d'une République pour tous, de la démocratie sociale et citoyenne, de la lutte contre les institutions et marchés financiers ; des élu-e-s militant-e-s d'une Europe progressiste, solidaire et fraternelle, un monde de paix et de sécurité humaine collective.

 

 

1- Les Français-e-s établis hors de France, citoyens à part entière

Notre éloignement de la France ne peut non plus conduire à nous exclure des grands choix politiques auxquels notre peuple et notre pays aspirent pour sortir par des issues progressistes de la crise aux multiples facettes que connaît la France.

Que nous vivions sur le territoire national ou ailleurs dans le monde, nous demeurons et voulons demeurer des citoyen-ne-s à part entière. Les député-e-s que nous élirons auront à élaborer et se prononcer sur des projets et propositions de lois. La question, posée à toutes et tous, est de savoir de quel-le député-e nous avons besoin pour ces lois servent les intérêts et exigences de celles et ceux qui n'ont que leur force de travail pour vivre, plutôt que les intérêts des marchés financiers et actionnaires du CAC40.

De quel-le député-e aurons-nous besoin pour de nouvelles conquêtes sociales et démocratiques, lancer le pays sur le chemin de nouveaux modes de production et développement alliant progrès social et économique avec relance industrielle et transition écologique…

De quel-le député-e aurons-nous besoin pour défendre l'égalité, lutter contre toutes les formes de racismes, l'antisémitisme et la xénophobie ? Pour construire une France en commun où les discriminations de genre, d'origine ou de religion n'auront pas leur place. Des député-e-s dont l'action se fonde sur l'humain d'abord, et l'exigence d'une République pour tous.

Bilan de mandat et rapport d'activités 2012-2017 des député-e-s communistes et Front de gauche (http://www.communistes-republicains-partidegauche.assemblee-nationale.fr/expressions/rapport-dactivit%C3%A9-2012-2016)

Demeurant « fidèles à nos engagements, ceux d’une gauche mue par des valeurs de justice sociale, le développement durable et la solidarité internationale » rappellent ceux qui ont combattu dans l'hémicycle une « série de lois régressives sur le plan des libertés comme sur le plan économique et social » en liaison étroite avec le mouvement social et citoyen mobilisé contre les lois Macron, El Khomri, contre le projet de réforme constitutionnelle  et d'introduction de la déchéance de nationalité, contre l'usage abusif du 49,3 à l'Assemblée nationale, contre la prolongation de l’État d'urgence, contre les projets de loi de financement de la Sécurité sociale inscrits dans le prolongement de la politique de Nicolas Sarkozy, la casse du service public de la santé, le Pacte de « compétitivité » et le CICE offrant 40 milliards aux firmes du CAC40 sans qu'aucune création d'emploi ne soit réalisée, ou encore la ratification du Pacte européen dit de stabilité qui a arrimé la France aux rails de l'austérité et au chantage à la dette publique.

Inversement, le groupe PCF-Front de gauche a été de tous les combats « allant dans le sens de l’intérêt général, de l’égalité et du progrès » : loi Alur, loi relative à l’économie sociale et solidaire, loi pour une République numérique, pour la COP21, pour les emplois d’avenir, pour le statut des stagiaires, contre le harcèlement sexuel, pour le mariage pour tous, pour la transparence de la vie publique, contre le cumul des mandats, pour la refondation de l’école, pour l’égalité et la citoyenneté, contre la fraude fiscale et la grande délinquance économique et financière, ou encore la loi de modernisation de la justice, celle de reconnaissance par le Parlement de l’État palestinien…

A l'initiative des député-e-s PCF-Front de gauche, l'Assemblée nationale s'est prononcée en février 2017 pour la tenue, avant tout ratification définitive, d'un référendum populaire sur le CETA (accord de libre-échange UE-Canada) ; elle a adopté à l'unanimité la revalorisation des retraites agricoles, et voté pour la tenue d'une conférence onusienne des parties (COP) de la finance mondiale pour « l'harmonisation et la justice fiscales » et contre l'évasion et l'optimisation fiscales.

L'annulation in extremis du dispositif de vote électronique que nous avons condamnée (http://fe.pcf.fr/97473) va compliquer la participation au scrutin de dizaines de milliers de nos concitoyen-ne-s. Nous appelons les électrices et électeurs à développer la solidarité (procurations, co-voiturages, etc.) pour faciliter le vote aux scrutins présidentiel et législatifs.

Engagements de nos candidats :

- Nous prendrons l'initiative au cours de leur mandat de travailler conjointement avec les conseillers consulaires pour travailler à une proposition de loi garantissant l'égalité citoyenne aux Français-es établis hors de France : information électorale, bureaux de vote, vote électronique

- Elu-e-s député-e-s nous apporterons notre soutien aux conseillers consulaires et la mobilisation des services consulaires pour l'organisation de leurs permanences dans leur circonscription

2- Les Français-e-s établis hors de France, égaux entre eux

De plus en plus nombreux sont les Françaises et Français qui résident hors de France : étudiants (boursiers ou non), salariés expatriés de l'Administration française ou d'entreprises françaises, mais nous sommes aussi de plus en plus à nous expatrier à titre individuel : salariés en contrat local du privé (entreprises du pays de résidence, ou internationales ou encore d'organismes français publics), petits entrepreneurs et artisans, ou retraités.

Un « expatrié-e-s » sur cinq déclare  ne  pas  bénéficier de couverture sociale du fait d'un désengagement progressif des employeurs et faute de revenus qui  lui permettent  de cotiser à la Caisse des Français de l'étranger ; le taux  d' « expatrié -e-s » français-e-s couvert-e-s pour leur santé est passé, depuis 2013, de 83 à 78 % ; de 33 à 29 % pour l'assistance rapatriement ; de 46 à 39 % pour la prévoyance ; et seulement de 37 à 39 % pour la retraite.

L'égal accès à la protection sociale, à l'éducation, la formation tout au long de sa vie professionnelle, à une retraite à taux plein ne peuvent « être sacrifiés » par celles et ceux qui choisissent ou sont conduits à s'établir hors du pays.

Propositions PCF

→ Revenir sur la casse des services consulaires et reconstruire le service public à l’étranger

La mise en œuvre en 2007 de la Politique de révision générale des politiques publiques (RGPP), devenue depuis 2012 politique dite de Modernisation de l'action publique (MAP) a fortement affaibli le service public français sur le territoire national comme à l’étranger.

En effet, les coupures budgétaires et les très nombreuses suppressions de postes ont eu pour conséquence la baisse de qualité et l’abandon des missions de service public, et la fermeture de services entiers dans les chancelleries, les réseaux consulaires, culturels et éducatifs au prétexte d'une « rationalisation » des représentations diplomatiques et des effectifs qui, à présent, porte préjudice à notre diplomatie et aux conditions de travail des personnels de nos représentations à l'étranger.

Engagements de nos candidats :

- Dans le cadre d'un plan de relance des services publics, nous agirons pour la rupture avec les politiques d'austérité – abandon du pacte budgétaire et arrêt de la MAP – et plan d'investissement massif et de création d'emplois et de titularisation des personnels précaires afin de combler le retard pris par les suppressions de poste et garantir à nouveau un service public consulaire de qualité.

- Nous proposerons un plan de reconstruction du maillage du dispositif diplomatique français afin de refaire de notre réseau diplomatique l'un des premiers dans le monde au service d'une grande politique de paix.

- Nous défendrons les propositions d'augmentation des budgets des services consulaires et une meilleure gestion de long terme des contrats locaux avec de vraies perspectives professionnelles pour les personnels concernés

- Comme dans l'ensemble de la Fonction publique, nous agirons pour l'égalité salariale femmes-hommes, contre les temps partiels ou contrats locaux subis, l'augmentation des retraites ; mais aussi contre les violences faites aux femmes et toutes les formes de discriminations, mais aussi pour garantir l'accès aux contraceptifs d'urgence comme au suivi psycho-médical en cas de violences.

→ Protection sociale, allocations, retraites et transférabilité des droits

A l’étranger, les Français-es sont confrontés aux mêmes risques de la vie que leurs compatriotes établis en métropole.

Ils sont cependant les premiers à subir les logiques capitalistes et libérales qui marchandisent la sécurité sociale. Seuls ceux qui en ont les moyens peuvent accéder à une sécurité sociale de meilleure qualité. Ainsi, la Caisse des Français de l’étranger (CFE) devient de plus en plus une assurance privée. Les complexes procédures de coordination des systèmes de sécurité sociale, même entre pays membres de l'UE, sont illisibles pour les personnes concernées.

L’accessibilité et la transférabilité des droits sont remises en question par des législations différenciées entre les pays et par des mesures discriminatoires appliquées par certains pays. Cette problématique est encore plus prégnante pour les travailleurs frontaliers et pour les personnes souhaitant changer de pays ou rentrer dans leur pays d’origine. Ainsi l’accès aux allocations qu’elles soient familiales, les bourses d’études, les droits au chômage ou à la retraite sont souvent longues et difficiles à obtenir. 

Engagements de nos candidats :

  • Nous voulons mettre un terme à la logique libérale qui prévaut actuellement dans le fonctionnement de la Caisse des Français de l’étranger (CFE) en en faisant un organisme de sécurité sociale à part entière, et en réformant le fonctionnement afin de permettre que l’accès à la couverture sociale se fera aux mêmes conditions qu’en France.
     
  • Nous défendrons une véritable transférabilité des droits en demandant un accès simplifié à la couverture sociale en France pour les Français expatriés et leur famille qui souhaitent se réinstaller sur le territoire national, une reconstitution de carrières avec la prise en compte des cotisations et points de retraites accumulés durant le parcours professionnel à l’étranger, ainsi que la prise en compte de la carrière réalisée avant l’expatriation.
     
  • Concernant les travailleurs frontaliers et ceux sous contrats nationaux dans les pays de travail/résidence, nous développerons les conventions avec les autres pays et leur application effective afin de permettre un véritable accès aux allocations, à la sécurité sociale et aux droits du chômage.
     
  • Nous demanderons un renforcement de l'action sociale consulaire, particulièrement dans les pays où la protection sociale est faible.
     
  • Concernant les pays européens, nous exigerons que la directive européenne sur la mobilité1 ne soit pas instrumentalisée par des « contrôles » systématiques visant à expulser ou à priver de leurs droits des européens sous prétexte d' « une charge déraisonnable pour le système d’assistance sociale de l’Etat membre d’accueil ».
     
  • Nous demanderons que des effectifs supplémentaires soient mis en place et des coopérations plus fortes avec les autres consulats et ambassades, notamment dans les pays à risque ou en guerre, afin de garantir un service de qualité en cas de crise et permettre le cas échéant la sécurité et le rapatriement des personnes concernées.

→ Lutter contre l’évasion fiscale et garantir un impôt juste pour les Français-es de l’étranger

L'optimisation et la fraude fiscale coûtent chaque année entre 60 et 100 milliards d’euros à la France et plus de 1 000 milliards d'euros en Europe.

Malgré les 126 conventions fiscales internationales passées entre la France et des pays tiers, l’exil fiscal des grandes fortunes et des entreprises est en expansion comme le confirment les différents scandales tels que SwissLeaks, LuxLeaks, BelLeaks, Panama Papers…

Cependant, loin du cliché des exilés fiscaux, les Français-es établis à l’étranger subissent les mesures d’austérité décidées par le gouvernement des pays dans lesquels ils sont installés.

C’est pour mettre fin aux politiques douces pour les plus riches et dures pour les autres que nous comptons développer ces conventions bilatérales afin de garantir le principe d’égalité devant l’impôt et faire de la justice fiscale, et de la lutte contre l’évasion fiscale et optimisation fiscale des entreprises et des grandes fortunes notre priorité.

Engagements de nos candidats :

  • Si la contribution commune des citoyens est nécessaire pour le maintien d’un service public français à l’étranger de qualité, l’imposition est souvent disproportionnée selon les revenus et notamment pour les salaires faibles ou moyens.

Nous entendons augmenter l’impôt sur les sociétés et les grandes fortunes, nous voulons garantir les échanges d’informations sur les comptes des non-résidents, en particulier entre Etats européens et non Européens afin de mettre fin à l’exil fiscal.

A l’inverse, nous voulons baisser le prix des accès aux services publics (enseignement, cotisations sociales et de retraites, etc.) pour les revenus les plus faibles.

  • Nous soutiendrons la lutte contre le dumping social en travaillant à des conventions internationales et des accords bilatéraux pour l’extension des droits des travailleurs détachés dans un autre pays.
     
  • Nous souhaitons développer davantage la réglementation internationale et renforcer la lutte contre les paradis fiscaux, et l’exil fiscal pour ce faire nous construirons la tenue, telle que votée par l’Assemblée nationale, d’une COP fiscale mondiale.
     
  • Nous souhaitons donc renforcer les conventions fiscales et les accords entre les Etats afin de lutter contre l’exil fiscal des sociétés et hauts revenus et garantir la justice fiscale pour les revenus moyens et modestes.
     
  • Nous agirons pour la protection internationale effective des lanceurs d’alertes en travaillant à la mise en place d’un cadre juridique européen et international.

→ Renforcer le réseau éducatif et culturel français, rompre avec les logiques de privatisation

Nous voulons renforcer et transformer le service public d'éducation nationale, pour transmettre à tous les jeunes la culture de haut niveau nécessaire à leur avenir. Dans les écoles françaises à l'étranger aussi, il est temps de rompre avec les logiques de privatisation et de relancer une politique publique d'éducation.

- L'école de l'égalité, à l'étranger aussi ! Tous les enfants de familles françaises doivent pouvoir accéder à un établissement français.

Nous développerons le réseau d'établissements gérés par l'AEFE pour en finir avec le recours forcé aux établissements privés.

Nous agirons pour que la scolarité dans les établissements de l'AEFE ne coûte rien aux familles qui souhaitent y inscrire leurs enfants, par un gel immédiat des frais de scolarité, en développant les accords internationaux permettant la gratuité et les bourses.

- Sécuriser les enseignants, pour une éducation de qualité

Nous engagerons un plan de création de postes d'enseignants titulaires détachés pour répondre aux besoins; nous faciliterons la titularisation des enseignants sous contrat local en les dispensant des deux années d'enseignement en France après le passage du concours; nous rendrons le renouvellement des détachements automatique pour tous les enseignants en poste qui le souhaitent.

La revalorisation des salaires des personnels de l'éducation s'accompagnera d'une revalorisation de l'indemnité spécifique de vie locale.

- Rompre avec les logiques de privatisation et de délégation, reconstruire une politique publique nationale pour l'enseignement français à l'étranger

Il faut en finir avec les délégations au secteur privé: l'État doit jouer pleinement son rôle pour la scolarisation des Français hors de France et les échanges culturels.

Nous augmenterons le budget de l'AEFE pour lui donner les moyens de faire face à l'augmentation du nombre d'élèves et lui rendre une place centrale dans le développement de l'enseignement français hors de France.

Nous obtiendrons l'intervention du Ministère de l'éducation nationale dans le financement et la dotation en postes du réseau, afin de permettre à l'AEFE d'assurer ses missions de service public à l'étranger.

- Préserver et développer le réseau de coopération linguistique et culturelle dans le monde

Ce réseau facilite les rencontres entre les publics et les artistes à travers le monde et reste le vecteur central d'une politique de coopération internationale enviée par de nombreux pays, dans le domaine de la francophonie, du livre, des échanges artistiques, du débat d'idées et du cinéma. Nous nous engageons à en redéfinir les objectifs, en concertation avec l'ensemble des acteurs, pour en finir avec les politiques de promotion de la « marque France » et substituer partout la coopération à la concurrence. Nous donnerons à ce réseau les moyens d'une politique culturelle ambitieuse par l'augmentation des dotations et la création de postes.

Parallèlement au réseau AEFE, nous voulons développer là où les autorités éducatives y sont intéressées des filières bilingues dans les établissements scolaires locaux, pour les enfants de langue maternelle française, de la maternelle au bac. Certaines initiatives ont déjà vu le jour, et il faut les soutenir.

- Favoriser la circulation et le partage des savoirs, dans le monde entier

Nous romprons avec les logiques de concurrence de « l'économie des savoirs la plus compétitive du monde » et avec la volonté de mettre la recherche et la formation au service de la guerre économique pour mettre au cœur de notre politique la coopération et le partage des savoirs.

Nous élargirons le champ de la coopération internationale scientifique et technologique au-delà de l'Europe, vers les pays du Sud.

Nous favoriserons la mobilité internationale des étudiants et des chercheurs par des financements spécifiques et par le développement d'accords internationaux.

La mobilité internationale doit être un choix ! Nous créerons un statut protecteur pour tous les jeunes de 18 à 25 ans leur garantissant un revenu et l’accès à la protection sociale et nous favoriserons leur mobilité par des bourses spécifiques.

Pour que les jeunes diplômés ne soient plus contraints de quitter le pays pour exercer leur métier, nous engagerons un plan de recrutement dans l'enseignement supérieur et la recherche et garantirons la reconnaissance du doctorat dans l'ensemble des conventions collectives. Pour en finir avec le pillage des cerveaux dans les pays du Sud, nous prendrons des dispositions statutaires afin de favoriser le retour des scientifiques dans leur pays d'origine.

3- Une France en commun à l'offensive pour changer l'Europe

Des centaines de milliers de Français vivent aujourd'hui dans un autre pays européen.

De part leur histoire familiale, leur parcours personnel, parce qu'ils y étudient ou y travaillent, ils font l'Europe des peuples et sont attachés à l'idée d'union, à la libre circulation des personnes. Nous aussi. Mais ces idées sont menacées à la fois par une construction européenne qui met les peuples en concurrence et applique des politiques d'austérité, et par la montée des forces xénophobes et nationalistes.

De notre point de vue, l'UE doit être refondée pour devenir une Union de peuples et de nations libres, souverains et associés, investissant dans le développement commun, la garantie des droits humains élémentaires, et agissant pour changer le cours de la mondialisation.

La France, grand pays européen, a un rôle à jouer en ce sens ; et elle doit le faire si nous voulons conduire notre pays vers le progrès. Cela implique une rupture avec les logiques des traités et une offensive politique, de nouvelles alliances et des initiatives de la France.

Propositions PCF : 4 grandes priorités pour une nouvelle majorité au Parlement

* Stopper l'austérité au profit du développement : restructuration des dettes des pays membres, abrogation du traité budgétaire, construction d'un fonds de développement social européen qui pourrait être abondé par la Banque centrale européenne pour un plan d'investissement dans les services publics et la transition écologique.

* Remettre l'humain au cœur de l'Europe via le développement des droits sociaux et de la protection sociale : harmonisation des droits et des revenus par le haut. Les secteurs qui répondent à des besoins humains élémentaires, comme la santé, le logement, les transports, doivent être préservés des règles de la concurrence.

* Construire une Union démocratique. Les souverainetés populaires doivent être respectées en toute circonstance et le peuple français consulté par référendum quand des changements majeurs sont à l'agenda européen.

* Faire de l'Europe un moteur du changement mondial et de la paix. L'UE doit porter à l'échelle internationale des objectifs de paix et de désarmement tout comme la rupture avec la logique de libre échange et le développement d'une politique d'hospitalité à l'égard des réfugiés.

Engagements de nos candidats

Nous proposerons des résolutions parlementaires pour que la France organise 5 sommets européens, associant les pays, les syndicats et les ONG qui le souhaitent, afin de mener une bataille politique de réorientation de l'UE

- une Conférence pour la restructuration des dettes
- une Conférence pour la paix et le désarmement
- un Sommet social pour définir une méthode d'harmonisation des droits et des revenus par le haut
- la mise en œuvre de la COP fiscale adoptée sur proposition des parlementaires communistes et Front de gauche
- un Sommet pour la révision de la politique économique et monétaire

Nous refuserons de voter :

- de nouvelles libéralisations du marché du travail (comme la Loi El Khomri) et des secteurs économiques stratégiques
- de nouvelles coupes budgétaires dans les services publics
- les accords CETA, TAFTA et TISA

Nous revendiquerons un rôle plus grand du Parlement national

- lancement d'une consultation nationale d'un an pour l'écriture d'un nouveau traité, qui sera ensuite soumis à référendum et constituera un mandat pour le gouvernement et dont le Parlement sera garant
- obligation pour les ministres et le chef de l’État de faire voter au Parlement leurs mandats pour les sommets européens, en particulier le Conseil européen et l'Eurogroupe.

4- Une France en commun pour transformer la mondialisation

Nos propositions et notre action de refondation de l'Union européenne – Union des nations et peuples libres, souverains et associés – constituera le levier d'une action internationale de notre pays pour extraire la mondialisation des logiques de prédations et de dominations qui entravent le développement des sociétés, l'émancipation des peuples et hypothèquent l'avenir de la planète.

Les guerres qui se déroulent sous nos yeux en Syrie, au Yémen, ou en Irak, et la violence des organisations fondamentalistes qui sèment la terreur et la mort en Irak, Syrie, Turquie, Afghanistan, Pakistan, Nigeria, en Europe comme encore à Londres ce 22 mars ou à Paris, le 20 avril dernier, mais aussi en Afrique de l'ouest, comme au Mali, ou en Amérique du Nord sont le fruit d'échecs politiques, les manifestations de compétition de puissances et d'une guerre économique portée à son comble.

Le « chaos du monde »n'a pourtant rien d'inéluctable.

Construire une sécurité humaine collective appelle des réponses politiques et économiques globales, coopératives, avec pour objectif de s'en prendre aux causes et aux instruments de diffusion des conflits, guerres et violences politiques, et appelle des politiques nationales de justice sociale, de progrès et de développement.

Les politiques d'austérité ou d'ajustement structurel sont non seulement incompatibles avec une politique de paix et de sécurité globale mais elles en sont les obstacles majeurs : appauvrir les économies nationales et les peuples, affaiblir les puissances publiques et mettre en concurrence les individus mène à l'instabilité de longue durée.

Quand la guerre est devenue un commerce, la paix doit être un projet politique prioritaire

Nous voulons que la France renoue avec une vision et une action internationales de grande ambition pour notre peuple, pour l'Europe, pour le monde entier, et ouvre un nouveau chapitre des relations internationales : Pour un monde de développement humain social et écologique partagé, de coopération et de solidarité autrement dit, Pour un monde de paix et de progrès.

Pour y parvenir, nous entendons :

 

→ inscrire la politique internationale et européenne de la France dans une perspective de lutte pour la sécurité humaine collective telle que définie par le PNUD en sept dimensions : économique, alimentaire, sanitaire, environnementale, sécurité personnelle, des groupes sociaux, et  politique (hdr.undp.org/sites/default/files/hdr_1994_fr_complet_nostats.pdf) ;

→ libérer la politique extérieure de notre pays et sa politique de Défense nationale des alliances actuelles – OTAN et UE – qui alimente les logiques de puissances et de domination, et l'inscrire au contraire dans une dynamique de construction, sous égide de l'ONU (et, en Europe, d'une UE refondée) dans des cadres communs régionaux de coopération et de sécurité collective inclusifs et multilatéraux ;

→ refaire du réseau diplomatique français l'un des plus importants au monde, rouvrir des représentations françaises dans les pays avec lesquels nous entretenons des relations diplomatiques, déployer l'action de coopération économique, d'aide au développement et consolider l'action culturelle et linguistique ;

→ renforcer l'action de la France pour consolider les institutions multilatérales – ONU et ses opérateurs, mais aussi la Francophonie – fondée sur le respect du droit international, la déclaration universelle des droits de l'homme et la Charte des Nations unies dont les priorités de justice

→ travailler, en lieu et place des accords de libre-échange, à de nouveaux traités internationaux de maîtrise des échanges pour le développement notamment de biens communs partagés ; traités de développement économiques mutuellement bénéfiques entre États membres de l'UE, et entre l'UE et son voisinage est-européen ainsi qu'avec les pays d'Afrique, du Maghreb et du Proche-Orient.

Engagements de nos candidat-e-s

- Nous prendrons l'initiative d'un processus d'élaboration des grandes orientations et priorités de politique internationale et européenne de la France à l'occasion d'une conférence nationale pour la paix et le progrès regroupant parlementaires, élus locaux, associations, syndicats et partis politiques avant présentation et débat à l'Assemblée nationale et au Sénat, qui aura vocation à servir de cadre politique à l'élaboration, par le même processus, d'un nouveau Livre blanc de la Défense nationale et de la sécurité humaine collective

- Nous proposerons que la France porte au conseil de sécurité de l'ONU et à l'Assemblée générale de septembre 2017 la proposition adoptée à l'Assemblée nationale en février 2017 de l'organisation de la première Conférence des parties ou « COP de la finance mondiale, de l'harmonisation et de la justice fiscales » ;

- Nous agirons pour mettre fin aux ventes d'armes aux pays belligérants ou participant à une montée des tensions et pour que la France porte à l'ONU la proposition du PNUD de la création d’un Fonds abondé notamment par la baisse des dépenses d’armement et l’augmentation des budgets d’aide publique au développement pour financier les actions et politiques de sécurité humaine collective.

- Nous agirons pour que la France participe activement à l'élaboration, puis ratifie et applique le Traité de désarmement et d'interdiction des armes nucléaires de la Conférence internationale dont l'ONU a engagé les négociations le 27 mars 2017

- Nous agirons pour que la France appuie l'organisation par l'ONU d'une Conférence régionale pour la paix et le développement du Proche et Moyen-Orient, conférence inclusive et multilatérale, avec pour ordre du jour la résolution et prévention des conflits de la région, sa dénucléarisation, son désarmement, la mise en place d'une exploitation concertée et déprivatisée des ressources pétrolifères et gazières prenant compte de la transition énergétique et du droit à l'énergie pour les peuples de la région, la protection des ressources en eau comme bien commun universel...

- Nous agirons pour que le nouveau président reconnaisse dans les jours qui suivent l'installation de la nouvelle Assemblée nationale l'Etat palestinien, et apporte son soutien aux organisations progressistes et démocratiques engagées pour les droits politiques et culturels des kurdes partout où ils vivent 

- Nous agirons pour que la France agisse pour le renforcement démocratique des institutions multilatérales et pour l'augmentation des cotisations des États-membres à l'ONU et ses opérateurs : FAO, HCR, PNUD et Unesco ; ainsi que pour la mise en œuvre des Accords de Paris sur le réchauffement climatique et, dans le cadre d'une réforme de l'ONU, agisse pour la mise sous contrôle des instances de l'ONU des Institutions monétaires et financières internationales (IFI), enfin pour la création d'une monnaie commune mondiale fondée sur les DTS du FMI.

- Nous interviendrons pour que la France propose l'organisation d'une Conférence mondiale pour la paix et le progrès sous égide de l'ONU impulsant la création de cadres régionaux communs de coopération et de sécurité collective sous son égide, renforçant le poids et la capacité d'initiative de l'OIT (droit du travail, salaire minimum, droit de grève, protection sociale et retraite), garantissant l'application de la Convention de Genève et proposer son extension aux réfugiés climatiques et exilés économiques.

Nous prendrons position pour une révision du budget de la Défense nationale et l'organisation d'une consultation nationale pour la rédaction d'un nouveau livre blanc de la défense nationale et de la sécurité humaine collective

Nous agirons pour une refonte des politiques de visa en respect des conventions et du droit international, de la Convention de Genève, et pour la levée de l’interdiction de travailler des demandeurs d’asile et la régularisation des sans-papiers

Nous déposerons une proposition de loi de refonte de la politique d'aide publique au développement pour la monter à 1 % réel du PIB et appuyer les projets de coopérations décentralisées menées par les collectivités territoriales, ONG et associations citoyennes.

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Published by bruno fornaciari - dans PCF
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BRUNO FORNACIARI

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