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18 août 2017 5 18 /08 /août /2017 06:53
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26 juillet 2017 3 26 /07 /juillet /2017 19:55

Hommage au Père Hamel: Le PCF s'associe à l'appel des député-e-s communistes à faire vivre les valeurs républicaines

 

Cérémonie d’hommage au Père Hamel, les député-e-s communistes appellent à faire vivre les valeurs républicaines

 

Il y a un an, la ville de Saint-Etienne du Rouvray, sa population, ses représentants étaient plongés dans l’effroi par cet assassinat d’un homme de paix et la tentative, à travers ce geste barbare, de porter atteinte au vivre ensemble.

Avec ses mots, ses mots simples, ses mots justes, ses mots humains, dans la limite de ce que peuvent les mots, Hubert Wulfranc, le maire de Saint-Etienne du Rouvray, notre collègue parlementaire aujourd’hui, avait su affirmer, rappeler, convaincre que la réponse à un tel drame est à puiser dans les valeurs universelles qu’incarne la République, notre pays. Liberté, égalité, fraternité sont au fronton de nos édifices, ils doivent être dans nos cœurs pour résister. C’était le message de Saint-Etienne du Rouvray à travers la voix de son maire.

Aujourd’hui nous adressons à Hubert Wulfranc, à Joachim Moyse, le nouveau maire de la Ville à tous les Stéphanaises et Stéphanais et à la famille du père Hamel nos plus fraternelles et chaleureuses pensées.

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21 juillet 2017 5 21 /07 /juillet /2017 19:15

Publié par Saoudi Abdelaziz

Shlomo Sand. Photo DR

Shlomo Sand. Photo DR

 

Lettre ouverte à M. le Président de la République française

Shlomo Sand, historien israélien
(Traduit de l’hébreu par Michel Bilis) 

En commençant à lire votre discours sur la commémoration de la rafle du Vel’d’hiv, j’ai éprouvé de la reconnaissance envers vous. En effet, au regard d’une longue tradition de dirigeants politiques, de droite, comme de gauche, qui, au passé et au présent, se sont défaussés quant à la participation et à la responsabilité de la France dans la déportation des personnes d’origine juive vers les camps de la mort, vous avez pris une position claire et dénuée d’ambiguïté : oui la France est responsable de la déportation, oui il y a bien eu un antisémitisme, en France, avant et après la seconde guerre mondiale. Oui, il faut continuer à combattre toutes les formes de racisme. J’ai vu ces positions comme étant en continuité avec votre courageuse déclaration faite en Algérie, selon laquelle le colonialisme constitue un crime contre l’humanité.

Pour être tout à fait franc, j’ai été plutôt agacé par le fait que vous ayez invité Benjamin Netanyahou, qui est incontestablement à ranger dans la catégorie des oppresseurs, et ne saurait donc s’afficher en représentant des victimes d’hier. Certes, je connais depuis longtemps l’impossibilité de séparer la mémoire de la politique. Peut-être déployez-vous une stratégie sophistiquée, encore non révélée, visant à contribuer à la réalisation d’un compromis équitable, au Proche-Orient ?

J’ai cessé de vous comprendre lorsqu’au cours de votre discours, vous avez déclaré que :

« L’antisionisme… est la forme réinventée de l’antisémitisme ». Cette déclaration avait-elle pour but de complaire à votre invité, ou bien est-ce purement et simplement une marque d’inculture politique ? L’ancien étudiant en philosophie, l’assistant de Paul Ricœur a-t-il si peu lu de livres d’histoire, au point d’ignorer que nombre de juifs, ou de descendants de filiation juive se sont toujours opposés au sionisme sans, pour autant, être antisémites ? Je fais ici référence à presque tous les anciens grands rabbins, mais aussi, aux prises de position d’une partie du judaïsme orthodoxe contemporain. J’ai également en mémoire des personnalités telles Marek Edelman, l’un des dirigeants rescapé de l’insurrection du ghetto de Varsovie, ou encore les communistes d’origine juive, résistants du groupe Manouchian, qui ont péri. Je pense aussi à mon ami et professeur : Pierre Vidal-Naquet, et à d’autres grands historiens ou sociologues comme Eric Hobsbawm et Maxime Rodinson dont les écrits et le souvenir me sont chers, ou encore à Edgar Morin.

Enfin, je me demande si, sincèrement, vous attendez des Palestiniens qu’ils ne soient pas antisionistes !

Je suppose, toutefois, que vous n’appréciez pas particulièrement les gens de gauche, ni, peut-être, les Palestiniens ; aussi, sachant que vous avez travaillé à la banque Rothschild, je livre ici une citation de Nathan Rothschild, président de l’union des synagogues en Grande-Bretagne, et premier juif à avoir été nommé Lord au Royaume Uni, dont il devint également la gouverneur de la banque. Dans une lettre adressée, en 1903, à Théodore Herzl, le talentueux banquier écrit : « Je vous le dis en toute franchise : je tremble à l’idée de la fondation d’une colonie juive au plein sens du terme. Une telle colonie deviendrait un ghetto, avec tous les préjugés d’un ghetto. Un petit, tout petit, Etat juif, dévot et non libéral, qui rejettera le Chrétien et l’étranger. » Rothschild s’est, peut-être, trompé dans sa prophétie, mais une chose est sûre, cependant : il n’était pas antisémite !

Il y a eu, et il y a, bien sûr, des antisionistes qui sont aussi des antisémites, mais je suis également certain que l’on trouve des antisémites parmi les thuriféraires du sionisme. Je puis aussi vous assurer que nombre de sionistes sont des racistes dont la structure mentale ne diffère pas de celle de parfaits judéophobes : ils recherchent sans relâche un ADN juif (ce, jusqu’à l’université où j’enseigne).

Pour clarifier ce qu’est un point de vue antisioniste, il importe, cependant, de commencer par convenir de la définition, ou, à tout le moins, d’une série de caractéristiques du concept : « sionisme » ; ce à quoi, je vais m’employer le plus brièvement possible.

Tout d’abord, le sionisme n’est pas le judaïsme, contre lequel il constitue même une révolte radicale. Tout au long des siècles, les juifs pieux ont nourri une profonde ferveur envers leur terre sainte, plus particulièrement pour Jérusalem, mais ils s’en sont tenus au précepte talmudique qui leur intimait de ne pas y émigrer collectivement, avant la venue du Messie. En effet, la terre n’appartient pas aux juifs mais à Dieu. Dieu a donné et Dieu a repris, et lorsqu’il le voudra, il enverra le Messie pour restituer. Quand le sionisme est apparu, il a enlevé de son siège le « Tout Puissant », pour lui substituer le sujet humain actif.

Chacun de nous peut se prononcer sur le point de savoir si le projet de créer un Etat juif exclusif sur un morceau de territoire ultra-majoritairement peuplé d’Arabes, est une idée morale. En 1917, la Palestine comptait 700.000 musulmans et chrétiens arabes et environ 60.000 juifs dont la moitié étaient opposés au sionisme. Jusqu’alors, les masses du peuple yiddish, voulant fuir les pogroms de l’empire Russe, avaient préféré émigrer vers le continent américain, que deux millions atteignirent effectivement, échappant ainsi aux persécutions nazies (et à celles du régime de Vichy).

En 1948, il y avait en Palestine : 650 000 juifs et 1,3 million de musulmans et chrétiens arabes dont 700.000 devinrent des réfugiés : c’est sur ces bases démographiques qu’est né l’Etat d’Israël. Malgré cela, et dans le contexte de l’extermination des juifs d’Europe, nombre d’antisionistes sont parvenus à la conclusion que si l’on ne veut pas créer de nouvelles tragédies, il convient de considérer l’Etat d’Israël comme un fait accompli irréversible. Un enfant né d’un viol a bien le droit de vivre, mais que se passe-t-il si cet enfant marche sur les traces de son père ?

Et vint l’année 1967 : depuis lors Israël règne sur 5,5 millions de Palestiniens, privés de droits civiques, politiques et sociaux. Ils sont assujettis par Israël à un contrôle militaire : pour une partie d’entre eux, dans une sorte de « réserve d’Indiens » en Cisjordanie, tandis que d’autres sont enfermés dans un « réserve de barbelés » à Gaza (70% de ceux-ci sont des réfugiés ou des descendants de réfugiés). Israël, qui ne cesse de proclamer son désir de paix, considère les territoires conquis en 1967 comme faisant intégralement partie de « la terre d’Israël », et s’y comporte selon son bon vouloir : jusqu’à présent, 600 000 colons israéliens juifs y ont été installés….et cela n’est pas terminé !

Est-cela le sionisme d’aujourd’hui ? Non ! Répondront mes amis de la gauche sioniste qui ne cesse de se rétrécir, et ils diront qu’il faut mettre fin à la dynamique de la colonisation sioniste, qu’un petit Etat palestinien étroit doit être constitué à côté de l’Etat d’Israël, que l’objectif du sionisme était de fonder un Etat où les juifs exerceront la souveraineté sur eux-mêmes, et non pas de conquérir dans sa totalité « l’antique patrie ». Et le plus dangereux dans tout cela, à leurs yeux : l’annexion des territoires occupé constitue une menace pour Israël en tant qu’Etat juif.

Voici précisément le moment de vous expliquer pourquoi je vous écris, et pourquoi, je me définis comme non-sioniste, ou antisioniste, sans pour autant devenir antijuif. Votre parti politique inscrit, dans son intitulé : « La République », c’est pourquoi je présume que vous êtes un fervent républicain. Et dussé-je vous étonner : c’est aussi mon cas. Donc, étant démocrate et républicain, je ne puis, comme le font sans exception tous les sionistes, de droite comme de gauche, soutenir un Etat juif. Le Ministère de l’Intérieur israélien recense 75% de ses citoyens comme juifs, 21% comme musulmans et chrétiens arabes et 4% comme « autres » (sic). Or, selon l’esprit de ses lois, Israël n’appartient pas à l’ensemble des Israéliens, mais aux juifs du monde entier qui n’ont pas l’intention de venir y vivre.

Ainsi, par exemple, Israël appartient beaucoup plus à Bernard Henry-Lévy et à Alain Finkielkraut qu’à mes étudiants palestino-israéliens qui s’expriment en hébreu, parfois mieux que moi-même ! Israël espère aussi qu’un jour viendra où tous les gens du CRIF, et leurs « supporters » y émigreront ! Je connais même des français antisémites que cette perspective enchante ! En revanche, on a pu entendre deux ministres israéliens, proches de Benjamin Nétanyahou, émettre l’idée selon laquelle il faut encourager le « transfert » des Israéliens arabes, sans que personne n’ait émis la demande qu’ils démissionnent de leurs fonctions.

Voilà pourquoi, Monsieur le Président, je ne peux pas être sioniste. Je suis un citoyen désireux que l’Etat dans lequel il vit soit une République israélienne, et non pas un Etat communautaire juif. Descendant de juifs qui ont tant souffert de discriminations, je ne veux pas vivre dans un Etat, qui, par son autodéfinition, fait de moi un citoyen doté de privilèges. A votre avis, Monsieur le Président : cela fait-il de moi un antisémite ?

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14 juillet 2017 5 14 /07 /juillet /2017 09:53
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Un massacre oublié

Retour sur la manifestation du 14 juillet 1953.

Les défilés républicains du parti communiste, de la CGT et des organisations progressistes : vue générale du défilé à Paris le 1<sup class="typo_exposants">er</sup> Mai 1937. Auteur non identifié. Droits réservés - Mémoires d’Humanité/Archives départementales de la Seine-Saint-Denis (83Fi/28 367). {JPEG}Les défilés républicains du parti communiste, de la CGT et des organisations progressistes : vue générale du défilé à Paris le 1er Mai 1937. Auteur non identifié. Droits réservés - Mémoires d’Humanité/Archives départementales de la Seine-Saint-Denis (83Fi/28 367).Le 14 juillet 1953, comme chaque année depuis 1936, le Parti communiste français (PCF), la Confédération générale du travail (CGT) et de nombreuses organisations progressistes organisent à Paris un défilé qui se veut une célébration des valeurs de la République. Cette tradition rappelle celle des manifestations du 1er Mai.

Ce 14 juillet, le cortège défile de la place de la Bastille à la Nation. Rendez-vous est donné dès 14 heures aux militants afin de se constituer en cortèges dont l’ordre a été décidé au préalable. Comme chaque année depuis le début des années 1950 les messalistes, militants indépendantistes du mouvement pour les libertés démocratiques en Algérie (MTLD) dirigé par Messali Hadj, prennent part au défilé malgré leurs divergences - le PCF n’est, à l’époque, pas favorable à l’indépendance de l’Algérie. Ils sont encadrés par leur propre service d’ordre que l’on reconnaît à son brassard vert.

Cette année le contexte est particulièrement tendu : les manifestations du 1er Mai ont été marquées par des violences policières ; celles de mai 1952 contre la venue en France du général américain Ridgway accusé d’utiliser des armes bactériologiques en Corée se sont soldées notamment par la mort de l’ouvrier communiste Hocine Bélaïd.

Le cortège du MTLD le 14 juillet 1953. Paris (75), 14 juillet 1953. Correspondant l’Humanité non identifié. Droits réservés - Mémoires d’Humanité/Archives départementales de la Seine-Saint-Denis (83Fi/759 15). {JPEG}Le cortège du MTLD le 14 juillet 1953. Paris (75), 14 juillet 1953. Correspondant l’Humanité non identifié. Droits réservés - Mémoires d’Humanité/Archives départementales de la Seine-Saint-Denis (83Fi/759 15).À 15 heures, le cortège s’ébranle en direction de la place de la Nation avec à sa tête une banderole proclamant l’« Union pour la défense des libertés républicaines ». L’on entonne une première Marseillaise, l’on exige la libération des militants communistes emprisonnés. Quoi que la presse ne s’en fasse pas l’écho par la suite, l’on scande aussi du côté des messalistes des slogans favorables à une Algérie indépendante.

Du côté de la rue Jacques-Cœur surgissent quelques parachutistes, de retour d’Indochine, qui provoquent et agressent les manifestants. Sporadiquement, ces « bérets rouges » qui le matin même défilaient sur les Champs-Élysées agressent les manifestants. Exfiltrés par les policiers, ils ne sont pas arrêtés.

Vers 15 heures 30, une première averse estivale, violente et soudaine, sème un peu le trouble mais le cortège parvient tout de même aux alentours de 16 heures en bon ordre à la Nation où la manifestation doit se disloquer. Depuis la tribune où il prend place, le comité d’organisation salue les différents cortèges.

Tandis qu’une seconde averse, encore plus drue, s’abat sur la place de la Nation, la journée vire au cauchemar. Après son passage devant la tribune officielle, le cortège des messalistes se presse en direction de l’avenue du Trône où un camion attend les militants pour recueillir les drapeaux algériens et les portraits de Messali Hadj qu’ils portaient fièrement durant le défilé. Des rues adjacentes, des policiers fondent sur eux. Ces derniers s’acharnent à piétiner les portraits du leader indépendantiste. Éclate alors une première bagarre sous la pluie torrentielle. Surprises par la réaction belliqueuse des messalistes qui refluent malgré tout vers la place, les forces de l’ordre suppléées de gardes mobiles retournent à la charge tandis que la tribune est évacuée.

Un blessé des affrontements du 14 juillet à Paris, le 14 juillet 1953. Auteur non identifié. Publié (recadré) le 15 juillet 1953 en Une de l’Humanité. Droits réservés - Mémoires d’Humanité/Archives départementales de la Seine-Saint-Denis (83Fi/92 18). {JPEG}Un blessé des affrontements du 14 juillet à Paris, le 14 juillet 1953. Auteur non identifié. Publié (recadré) le 15 juillet 1953 en Une de l’Humanité. Droits réservés - Mémoires d’Humanité/Archives départementales de la Seine-Saint-Denis (83Fi/92 18).Soudain, sans sommation, des coups de feu claquent. « L’horloge monumentale, brisée à l’entrée du carrefour, est arrêtée à 17h20, heure où le premier coup de feu fut tiré », selon France Soir le 16 juillet. Dans la panique générale qui s’en suit, sous une pluie battante, les premiers blessés sont évacués vers les cafés où se réfugient aussi les manifestants effarés qui, comme les clients des cafés, se font frapper par la police. On appelle les ambulances pour transporter les blessés tandis que des médecins donnent les premiers soins. Avenue du Trône, un premier car de police est renversé et enflammé. Deux autres seront brûlés et une vingtaine endommagés. Bien que la traque des manifestants se poursuive jusque dans les cours d’immeubles et sur les quais du métro où les manifestants Algériens – ou qualifiés comme tel - cherchent refuge, un calme relatif revient à peine trente minutes après les premières échauffourées qui furent d’une violence inouïe.

Sept manifestants sont tombés sous les balles de la police, six Algériens et un Français : Amar Tabjadi, 26 ans, décédé à l’hôpital Saint-Louis ; Abdallah Bacha, 25 ans, décédé à l’Hôtel-Dieu des suites d’une balle reçue dans la gorge ; Larbi Daoui, 27 ans, tué d’une balle dans le cœur ; Abdelkader Dranis, 31 ans, décédé à l’hôpital Saint-Louis ; Mohammed Isidore Illoul, 20 ans, décédé à l’hôpital Saint-Louis ; Medjen Tahar, blessé par deux balles, décédé à l’hôpital Tenon et enfin Maurice Lurot, 40 ans, mort à l’hôpital Saint-Louis d’une balle dans le cœur.

D’après le bilan officiel de la Préfecture de police, une soixantaine de policiers furent blessés à divers degrés. Le journal Combat indique le chiffre de quatre-vingt policiers blessés ; du côté des manifestants, outre les sept morts, le même journal recense quarante-quatre blessés. Mais le décompte officiel de la Préfecture – quarante blessés par balles et sept morts – est certainement à réévaluer : de nombreux blessés, de peur d’être incarcérés, ne se rendent pas dans les hôpitaux et certains médecins ne les signalent pas.

Les corps des victimes du 14 juillet 1953 exposés à la Maison des Métallos. Paris (75), 22 juillet 1953. Auteur non identifié. Droits réservés - Mémoires d’Humanité/Archives départementales de la Seine-Saint-Denis (83Fi/759 21). {JPEG}Les corps des victimes du 14 juillet 1953 exposés à la Maison des Métallos. Paris (75), 22 juillet 1953. Auteur non identifié. Droits réservés - Mémoires d’Humanité/Archives départementales de la Seine-Saint-Denis (83Fi/759 21).Dans les jours qui suivent, l’émotion est intense ; la presse s’indigne, comme par exemple l’Humanité, ou au contraire voue aux gémonies les Algériens agresseurs des forces de l’ordre : le Figaro du 15 juillet dénonce les communistes et les Algériens respectivement responsables et initiateurs des affrontements. Le PCF, tout en taisant les revendications indépendantistes des messalistes, invite à un meeting le 21 juillet au Cirque d’Hiver qui remporte un franc succès.

Le même jour, les corps des victimes algériennes sont transportés à la mosquée de Paris pour une cérémonie religieuse tandis que rue Duhesme, au local de la section du PCF à laquelle appartenait Maurice Lurot, une chapelle ardente est dressée en hommage aux sept victimes de la répression policière. Le lendemain, leurs corps sont exposés à la Maison des Métallos avant l’enterrement de Maurice Lurot au cimetière du Père-Lachaise et le transfèrement des corps des Algériens vers l’Algérie.

Mais les brimades ne sont pas encore terminées : les corps de Larbi Daoui et Mohammed Isidore Illoul ne peuvent être rapatriés en Algérie pour des raisons administratives. Ils seront enterrés dans le carré musulman du cimetière de Bobigny. Quant à Amar Tabjadi, si sa dépouille est bien parvenue en Algérie, l’Humanité du 26 juillet rapporte que son corps a été subtilisé à sa famille par des militaires français et enterré « à l’esbroufe ». Tahar Madjeb sera inhumé à Guergour, Abdallah Bacha à Bahalil et Abdelkader Dranis à Nedrouma.

Rassemblement du 1<sup class="typo_exposants">er</sup> mai 1954. S.l., 1<sup class="typo_exposants">er</sup> mai 1954. Correspondant l’Humanité non identifié. Droits réservés - Mémoires d’Humanité/Archives départementales de la Seine-Saint-Denis (83Fi/15 59). {JPEG}Rassemblement du 1er mai 1954. S.l., 1er mai 1954. Correspondant l’Humanité non identifié. Droits réservés - Mémoires d’Humanité/Archives départementales de la Seine-Saint-Denis (83Fi/15 59).Malgré quelques commémorations, le massacre du 14 juillet 1953 sera vite occulté dans les années qui suivent par ceux d’octobre 1961 et de février 1962.

Le 21 septembre 1995, le fils de Maurice Lurot écrivait dans le courrier des lecteurs de l’Humanité-Dimanche : « chaque année, alors que chacun danse, c’est les larmes aux yeux que je cherche un mot qui réchauffe dans l’HD [l’Humanité-Dimanche]. Chaque année, mon père est de nouveau assassiné par les camarades, par leur oubli ».



 

Maxime Courban 
Archiviste en charge des fonds photographiques du journal l’Humanité 
Juillet 2013

Bibliographie sélective

  • Emmanuel BLANCHARD, La Police parisienne et les Algériens (1944-1962), Paris, Nouveau Monde éditions, 447 p.
  • Emmanuel BLANCHARD, « Police judiciaire et pratiques d’exception pendant la guerre d’Algérie », Vingtième Siècle. Revue d’histoire, 2006/2 no 90, p. 61-72. Disponible sur : http://www.cairn.info/revue-vingtie….
  • Emmanuel BLANCHARD, « La dissolution des Brigades nord-africaines de la Préfecture de police : la fin d’une police d’exception pour les Algériens de Paris (1944-1958) ? », Bulletin de l’IHTP, 1er semestre 2004, p. 70-82.
  • Emmanuel BLANCHARD, « La Goutte d’Or, 30 juillet 1955 : une émeute au cœur de la métropole coloniale », Actes de la recherche en sciences sociales, 2012/5 n° 195, p. 98-111. Disponible sur : http://www.cairn.info/revue-actes-d…
  • Jacques JURQUET, Algérie, 1945-1954. Des élections à la lutte armée, Éditions du Centenaire, 1984, 443 p.
  • Maurice RAJSFUS, 1953, un 14 juillet sanglant, Agnès Viénot éditions, 2003, 237 p. (coll. Moisson rouge).
  • Danielle TARTAKOWSKI, Les Manifestations de rues en France, 1918-1968, Publications de la Sorbonne, 1997, 869 p.
 
 
 
 

EN IMAGES


 
 
 
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17 février 2017 5 17 /02 /février /2017 15:30

Mort pour 60 euros d’économies chez Orange

LOAN NGUYEN
MARDI, 14 FÉVRIER, 2017
L'HUMANITÉ
Danielle Deuverger et les parties civiles espèrent qu’Orange «	va maintenant accepter sa responsabilité	». Sollier Cyril/La Provence/MAXPPP
Danielle Deuverger et les parties civiles espèrent qu’Orange « va maintenant accepter sa responsabilité ». Sollier Cyril/La Provence/MAXPPP
PHOTOPQR/LA PROVENCE/MAXPPP

TéLécoms. La cour d’appel d’Aix-en-Provence a confirmé hier la condamnation d’Orange pour homicide involontaire après la chute mortelle d’un technicien en 2011.

Orange (ex-France Télécom) n’en finit plus d’avoir du sang sur les mains. Hier, la justice l’a une nouvelle fois prouvé en confirmant en appel la condamnation de l’opérateur de téléphonie à 50 000 euros d’amende pour « homicide involontaire ». Le 2 décembre 2011, Jean-Claude Lachaux, technicien de 55 ans chez Orange, intervenait à Peyrolles-en-Provence (Bouches-du-Rhône) sur un poteau en bois pour remplacer un câble lorsqu’il a chuté de sa plateforme, à plus de 5 mètres de hauteur. Après vingt jours en soins intensifs, le salarié est décédé des suites de ses blessures. À sa femme et à sa fille, celui-ci avait confié sur son lit d’hôpital qu’il ne voulait pas réaliser cette intervention. En cause : l’utilisation d’une « plateforme extérieure » (PFE), sorte d’échelle améliorée développée spécifiquement par Orange, qui permettait à l’entreprise de n’avoir recours qu’à un technicien au lieu de deux. Un gain que l’avocate des parties civiles, Me Julie Andreu, a chiffré à 20 millions d’euros pour l’entreprise, soit 60 euros par intervention.

Pourtant, la dangerosité de l’équipement avait été dénoncée à plusieurs reprises par les comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) de l’entreprise et avait même donné lieu à des mises en demeure de la part de l’inspection du travail. Ce modèle de plateforme avait été retiré dans plusieurs départements avant cet accident. Il était d’ailleurs prévu que Jean-Claude Lachaux utilise une nacelle – équipement plus sécurisé – pour réaliser son intervention, mais celle-ci n’était finalement pas disponible.

Un pourvoi d’Orange reviendrait à « nier sa culpabilité »

SUD PTT, qui s’était porté partie civile aux côtés de la veuve et de la fille de Jean-Claude Lachaux ainsi que de la CGT, s’est dit hier satisfait du jugement, espérant que cela incitera « la direction d’Orange à une réelle politique de prévention et de santé au travail pour empêcher d’autres drames ». La direction d’Orange étudie un pourvoi en cassation, mais les parties civiles espèrent que celle-ci arrêtera les frais. « J’espère qu’Orange va maintenant accepter sa responsabilité. Cette décision me fait du bien car tous les jours mon mari me manque. Ma vie est cassée et j’attendais de la justice que cela soit reconnu », a déclaré la veuve du technicien, Danielle Lachaux. Pour Olivier Neri, secrétaire de la CGT télécoms dans les Bouches-du-Rhône, un pourvoi de la direction reviendrait à « nier sa culpabilité alors que c’est la direction qui avait mis en place cette organisation du travail nocive pour les salariés ».

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Published by bruno fornaciari - dans ACTUALITES LUTTES ET SOLIDARITÉ
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31 janvier 2017 2 31 /01 /janvier /2017 06:42

Willy Pelletier « Les bourses du travail : ce Nuit debout inventé par les ouvriers il y a un siècle »

ENTRETIEN RÉALISÉ PAR MAUD VERGNOL
VENDREDI, 27 JANVIER, 2017
L'HUMANITÉ

La Fondation Copernic, que coordonne Willy Pelletier, lance, le 28 janvier à Paris (1), « une nouvelle bourse du travail intellectuel » pour opposer « une force intellectuelle suffisante » à la coalition réactionnaire et libérale. Le sociologue publie également, aux Éditions du Croquant, les Classes populaires et le FN, un ouvrage collectif qui déconstruit les fantasmes autour du vote populaire pour l’extrême droite.

La Fondation Copernic, que vous coordonnez, fait peau neuve. Quel est l’objectif de cette nouvelle « bourse du travail intellectuel » que vous lancez à Paris, samedi 28 janvier ?

Willy Pelletier Il s’agit de ­redonner force à ce dispositif d’échange formidable, ce Nuit debout avant l’heure, inventé il y a un siècle par le mouvement ouvrier : les bourses du travail. En revenant à ses origines : nous voulons une « Bourse du travail intellectuel », pour que s’y rencontrent sans hiérarchie (ce qui est très rare) salariés, chômeurs, retraités, syndicalistes, historiens, sociologues, économistes, juristes, philosophes, etc. Chacune et chacun y partagera ce qu’il sait. Davantage de critiques sociales solidement argumentées en sortiront. Bref, nous voulons continuer Nuit debout et le constituer en dispositif permanent.

Votre fondation s’est efforcée depuis dix-huit ans à tirer vers la gauche le curseur des débats publics. Comment analysez-vous cette difficulté à imposer, notamment dans les médias, d’autres voix face à cette coalition ultralibérale et réactionnaire ?

Willy Pelletier L’information des grands médias ne dit pas la vie des salariés. Elle ne dit pas les logements chers, les mépris en cascade, les vies sacrifiées au travail, les galères. Faire effraction dans ce monde clos et hors du monde est ­compliqué. De plus en plus d’organes de presse, de maisons d’édition, de télévisions sont propriétés de groupes financiers. Les experts officiels y sont sans cesse convoqués, pour nous convaincre de consentir au monde tel qu’il va et qu’il faudrait, à les suivre, libéraliser davantage. Faire valoir d’autres solutions, nous y sommes parvenus contre le traité constitutionnel européen (TCE), la loi El Khomri ou pour la retraite à 60 ans. Mais nous n’opposons pas aux néolibéraux une force intellectuelle suffisante. Pour bousculer leur prêt-à-penser, il faut réunir un volume très élevé de capital symbolique. Ce que nous cherchons à faire : ont signé pour cette bourse du travail beaucoup d’économistes atterrés, énormément de sociologues « en dialogue » avec Bourdieu (Beaud, Pialoux, Mauger, Pinto, Lebaron, Lahire, Montlibert, Lagrave, Pudal, Fillieule, Geay, Saint-Martin, Jounin, etc.), des historiens importants ­(Tartakowsky, Le Cour-Grandmaison, Riot-Sarcey, Lemercier, Rolland-Diamond, Pennetier, Combe, etc.), des sociologues du genre et du travail (Delphy, Kergoat, Linhart, Béroud, Laval, etc.), des philosophes qui discutent Marx (Bidet, ­Montferrand, Renault, etc.), des anthropologues (Fassin, Amselle, etc.), des politistes (Neveu, Blondiaux, Lacroix, Achin, Lefebvre, Marlière, etc.). Et il faut, en effet, dire et ­redire, etc., puisque, avec cet appel, ce sont plus de 400 universitaires qui s’engagent à conjuguer leurs travaux, mais surtout à travailler avec des syndicalistes et des salariés. Pour déchirer le prêt-à-penser libéral comme se déchire la ­chemise d’un DRH qui licencie.

Le débat a fait rage, il y a un an, sur « la disparition des intellectuels de gauche ». Vous démontrez qu’ils sont bien vivants ?...

Willy Pelletier Les promoteurs de ce débat prennent leurs rêves pour la réalité ou confondent leurs intérêts avec leurs rêves de réalité. Les intellectuels de gauche furent mobilisés contre la loi El Khomri et contre la loi d’autonomie des universités. Mais, chose nouvelle à présent, comme après 1968 ou après l’appel de Bourdieu en 1995, ils s’engagent à reconstruire des espaces d’échanges non plus éphémères mais « en continu » entre chercheurs et militants ou salariés. Sans bruit, sans discontinuer, nous allons monter partout, à Vesoul, Pau, Dunkerque, Saint-Nazaire… dans les endroits méprisés des élites, des rencontres aujourd’hui rares entre des producteurs de sciences sociales et des citoyens parfois éloignés de la culture savante. Ces rencontres montreront que les savoirs critiques forment un gai savoir. Dont la diffusion permet de rire des autorités de toutes espèces, et des mécanismes d’où elles tirent leurs puissances et nos impuissances. C’est une mobilisation joyeuse qui s’amorce, très égalitaire, ce sera « la rigueur et la rigolade », comme écrit Michel Gollac.

L’originalité de cette démarche consiste à créer une « maison commune intellectuelle », où pourrait se confronter le travail des chercheurs avec les propres expériences de « la société civile ». Quel est le but de cette « mutualisation » des savoirs ?

Willy Pelletier Premier chantier : des ateliers où syndicalistes, usagers, universitaires, élus se mêlent, s’écoutent, diagnostiquent et proposent. Pour réinventer une civilisation des services publics, articuler social et écologie, inventer une école non ségrégative, une santé non marchandisée, une protection sociale élargie, un impôt qui redistribue, et démocratiser la démocratie… Second chantier : nous voulons faire entendre, fort, très fort, les indignations de ceux qui subissent. Et qui doivent « la ­fermer » face aux violences de classe, aux réorganisations du travail, aux discriminations, à l’insupportable, au sexisme. Trop longtemps, ces paroles, jugées illégitimes, ont été étouffées. Cela suffit. Parce que les anonymes qui triment, lèvent la tête, haussent le ton, se défendent, sont, dans ce monde, héroïques ; des héros anonymes. Et chantier parallèle : en des ateliers d’écriture ou par vidéo, nous voulons que ceux qui vivent l’histoire disent leur histoire, disent sans filtre ce qu’ils vivent, restituent les rapports de forces, les souffrances, les solidarités, les bonheurs, les colères, qu’ils affrontent. Si chacun se réapproprie son histoire et perçoit à quel point elle s’entremêle à celle des autres, la connaissance ne restera plus un instrument de pouvoir réservé aux élites. Elle deviendra arme critique.

Vous publiez parallèlement les Classes populaires et le FN  (2), codirigé avec le sociologue Gérard Mauger, un livre issu de deux journées d’études organisées par la Fondation Copernic en juin dernier. Vous estimez que l’urgence est là, ­déconstruire les fantasmes autour du vote Front national ?

Willy Pelletier Hors campagne électorale, quel silence ! Or il faut d’urgence résister au FN. Mais lutter suppose de viser juste. Ce livre, rendu possible grâce à Gérard Mauger, donne les moyens de viser juste en expliquant pourquoi adviennent tant de votes FN en milieux populaires. Viser juste, c’est saisir les causes sociales des votes FN : les effets, entre autres, de la déstructuration des solidarités populaires et des solidarités militantes, les inquiétudes diverses face aux avenirs différemment incertains suivant les groupes sociaux, les effets des mille déconstructions des collectifs de travail, les effets des modernisations libérales qui accentuent les concurrences de tous contre tous, et qui avivent les microconflits pour conserver un peu de respectabilité quand « plus rien ne permet de tenir bon », et que l’ordre des choses démoralise, alors qu’on avait cru, un temps, pouvoir s’en sortir… Ce livre montre le déclin des pratiques collectives et des « entre-soi » anciens en monde rural, alors que dans les bourgs il n’y a plus ni bureau de poste, ni médecin, ni infirmière, ni pharmacie, plus de bistrot, des magasins clos… Il aide à saisir pourquoi les votes FN prolifèrent. Il fait comprendre les processus sociaux divers qui se conjuguent pour qu’au final les plus proches soient vus comme des rivaux, des menaces, quand seul reste le chacun pour soi, un sauve-qui-peut général où personne ne peut secourir personne. Ce livre analyse les causes sociales des votes FN, car on ne fera pas reculer ces votes sans en savoir les causes.

Vous affirmez que l’électorat frontiste n’existe pas et préférez parler de « conglomérat électoral ». En quoi est-ce important pour lutter contre la poussée de l’extrême droite ?

Willy Pelletier Ce livre tord le cou à beaucoup d’idées fausses sur les votes FN. Lesquelles empêchent d’agir efficacement. Parler d’électorat suppose une continuité des itinéraires de votes. Or, par exemple en 2007, la moitié des votants Le Pen de 2002 ne votent plus pareil et 40 % des votants Le Pen n’avaient pas voté pour lui en 2002. Mais, surtout, des groupes sociaux différents votent FN pour des causes différentes et des motifs différents ou opposés. Daniel Gaxie l’expose parfaitement dans le livre. Ce conglomérat électoral qui vote FN à un moment donné est disparate et divisé. Il « réunit », l’espace d’une élection seulement, des membres de catégories sociales dont les intérêts sont contradictoires en bien des domaines. Juste quelques exemples. Des membres des professions indépendantes sont dans une hostilité de principe aux aides et protections sociales, alors que nombre de salariés qui votent FN regrettent certains de leurs usages abusifs, notamment chez les immigrés, mais n’envisagent pas un instant d’en réclamer la suppression. Les fractions basses des classes populaires qui votent FN et dont la survie dépend de ces aides sociales y sont encore plus attachées et ne réclament qu’une priorité d’accès sans vouloir nécessairement en priver les autres bénéficiaires. Même s’ils peuvent voter pour le même candidat, les membres du petit patronat n’ont pas les mêmes conceptions que les salariés en matière de salaires, de conditions de travail et de licenciement, sur les indemnités chômage ou maladie, les services publics… Les électeurs du FN sont divisés sur les problèmes qui relèvent du « libéralisme économique » mais aussi du « libéralisme culturel ». Les plus jeunes s’opposent nettement aux segments rigoristes, notamment aux catholiques traditionalistes, en matière de mœurs, de droits des femmes, de sexualité.

Dans cet ouvrage, vous livrez un témoignage personnel du soir du 21 avril 2002, où, avec le bureau politique de la LCR, vous décidez de gagner la rue, comme des centaines de milliers de citoyens, pour protester contre la présence au second tour de la présidentielle de Jean-Marie Le Pen. Et de conclure : « Les croisades morales anti-FN ne convainquent que des convaincus. On peut même se demander si ces “croisés” ne sont pas des pompiers pyromanes. » S’agit-il d’un mea-culpa ?

Willy Pelletier Il faut deux mea-culpa. Primo : les leçons « d’éthique » dispensées par des manifestants dont le ton et l’allure valent repoussoirs pour ceux qui votent FN ne confortent dans leurs certitudes que ceux qui les donnent ; lesquels s’autocélèbrent et se valorisent. Secundo : comme militants, pris dans et par le jeu politique, nous croyons que les programmes politiques, les idées, déterminent les votes. Il y a cette croyance, qui universalise notre propre rapport concerné et informé à la politique, qu’il suffit, pour combattre les votes FN, de dénoncer les programmes, les élus FN, et qu’il suffit de convertir les mal-pensants. C’est là beaucoup de prétention et d’idéalisme dangereux. Le livre montre qu’ils sont nombreux ceux qui votent Le Pen sans connaître son programme et y adhérer. Ils votent Le Pen pour d’autres raisons.

Vous démontez dans ce livre tous les fantasmes selon lesquels le FN serait devenu « le premier parti ouvrier de France », et démontrez au contraire que « l’abstention est le nouveau parti de la classe ouvrière ». L’urgence serait donc la reconquête démocratique des classes populaires ?

Willy Pelletier Dans ce conglomérat volatil qui vote FN ne figure qu’un ouvrier sur sept, mais il inclut néanmoins une composante populaire non négligeable : plus de la moitié des votes FN se recrutent chez les ouvriers et les employés (actifs ou retraités). Si ce vote FN d’une fraction des classes populaires, dont le premier parti est, et de loin, celui de l’abstention, ne surprend pas ceux qui les assimilent à la figure du « beauf » machiste, homophobe, raciste, il interpelle les autres. Les enquêtes ethnographiques rassemblées dans ce livre tentent d’élucider les raisons de ces votes populaires en faveur du FN. Que veut dire l’ouvrier ou la femme de ménage qui votent FN ? Un ouvrier qui vote FN est-il un « ouvrier raciste » et que signifie « raciste » dans son cas ? L’est-il au même sens qu’un aristocrate qui vote lui aussi FN ? Ces enquêtes portent à conséquences politiques : outre qu’elles invitent à rectifier la vision stéréotypée de « l’électeur FN », elles montrent que la lutte politique contre le FN peut prendre appui sur les contradictions latentes au sein de ce conglomérat pour travailler à son implosion. Mais il n’y aura pas de raccourci, il faudra aussi du temps long pour refaire de l’intérêt commun entre les membres divers des divers milieux populaires. Et des dispositifs pour reconstruire des intérêts communs. Raison de plus pour ne pas tarder.

(1) Samedi 28 janvier de 13 heures à 18 heures.Foyer Grenelle, 17, rue de l’Avre, 75015 Paris.(2) Les Classes populaires et le FN, ouvrage collectif coordonné par Gérard Mauger et Willy Pelletier. Éditions du Croquant, 282 pages, 18 euros.
Chef de la rubrique Politique
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21 janvier 2017 6 21 /01 /janvier /2017 08:01

La CGT-Cheminots appelle à la grève le 2 février et élit un nouveau secrétaire général

AVEC AFP
VENDREDI, 20 JANVIER, 2017
HUMANITE.FR
Photo Bertrand Langlois/AFP
Photo Bertrand Langlois/AFP

La CGT-Cheminots a élu vendredi un nouveau secrétaire général et appelle à la grève le 2 février, notamment contre le forfait jours.

Laurent Brun, un trentenaire venu de la région lyonnaise, Fils et petit-fils de cheminots, remplace Gilbert Garrel qui part en retraite après six années à la tête de la fédération CGT, première organisation syndicale à la SNCF. Il a été élu ce vendredi secrétaire général lors du congrès de la fédération qui se tenait depuis mardi à Saint-Malo.
Il prend la tête de la fédération centenaire, en plein bras de fer avec la direction de la SNCF sur le régime de travail des cadres, et après une année 2016 marquée par plus d'une vingtaine de jours de grèves, de mars à juin. A Saint-Malo, le nouveau secrétaire général a dénoncé les "dysfonctionnements du réseau ferroviaire" et le "sur-travail des maîtrises et des cadres" en appelant à revenir sur le forfait jours.
La question de ce nouveau régime pour les cadres de l'entreprise ferroviaire cristallise la contestation syndicale depuis plusieurs mois. En décembre, la direction a décidé d'imposer un forfait à la place du décompte horaire, en s'appuyant sur la convention de branche, faute d'accord avec les syndicats. Le consentement individuel des salariés est cependant requis.
Contre ce "passage en force", la CGT-Cheminots appelle à une grève "massive" le 2 février. Le syndicat, qui a déposé vendredi un préavis, entend également protester contre les suppressions de postes prévues en 2017 (-1.200) et "le gel des salaires depuis trois ans".
Le mouvement ne sera suivi ni par l'Unsa (2e), ni par Sud-Rail (3e), ont indiqué ces organisations qui avaient également eu recours à la procédure interne d'alarme sociale.
Laurent Brun, entré à la SNCF en 2000 comme agent d'exploitation, aura également sur son bureau les dossiers de l'ouverture à la concurrence et de la sous-traitance.
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A Saint-Varent dans les Deux-sèvres 7 postes serait supprimés.
 
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15 janvier 2017 7 15 /01 /janvier /2017 07:52
SÉCURITÉ SOCIALE : VIVE LE PARTI COMMUNISTE FRANÇAIS, VIE LA CGT, VIVE LE CNR
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21 décembre 2016 3 21 /12 /décembre /2016 09:54

Pas de conquêtes sociales sans libertés syndicales, relaxe pour les Goodyear

CGT
LUNDI, 19 DÉCEMBRE, 2016
HUMANITE.FR
DR

Suite au procès, des 19 et 20 octobre 2016, à Amiens, le prononcé du jugement sera rendu le 11 janvier 2017 au TGI d’Amiens.La CGT soutient l’appel du syndicat CGT Goodyear à manifester, nombreux et nombreuses, à Amiens le 11 janvier 2017, pour exiger la relaxe et défendre les libertés syndicales.

 

Trainés devant les tribunaux depuis des années, ces militants ont pour seul crime d’avoir mené un combat acharné contre la casse de leur outil de travail, contre le licenciement de milliers de salarié-e-s, contre l’appauvrissement de toute une région.

Si le réquisitoire du procureur a été moins dur qu’en première instance – la prison ferme n’est plus envisagée – la sanction pénale reste inacceptable et intolérable. Le système judiciaire ne peut pas être une machine à broyer du/de la militant-e, au service d’un système ultra-libéral où la finance l’emporterait sur les biens communs.

De plus, cette répression antisyndicale remet en cause le syndicalisme de luttes et de propositions, le syndicalisme indépendant qui donne une place centrale à l'expression des salarié-e-s et à la construction des rapports de force.

La liberté d'adhérer au syndicat de son choix et le droit de grève sont des droits fondamentaux inscrits dans la Constitution.

Nous devons, quel que soit l’entreprise, le service, le territoire, défendre les libertés syndicales pied à pied, ne rien lâcher

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19 juillet 2016 2 19 /07 /juillet /2016 11:43

Loi travail : nécessaire mais insuffisante pour faire baisser le chômage

Paris, 12 juil 2016 (AFP) - Publié le mardi 12 juillet 2016 à 16h18, mis à jour à 16h21 -

Le FMI accueille « favorablement » les récentes réformes du marché du travail, à savoir la loi Macron et le projet de loi El Khomri, qui sont « importantes et nécessaires », a déclaré Christian Mumssen, directeur du FMI pour la France, lors d'un point presse à l'occasion de la publication de son rapport annuel définitif.

Dans la future loi travail, il salue en particulier la réforme des licenciements économiques et la primauté donnée à l'accord d'entreprise sur l'accord de branche en matière de temps de travail, les deux mesures les plus polémiques du texte dont l'ultime passage devant les députés est prévu la semaine prochaine.

Selon l'organisation internationale, qui se fonde sur plusieurs simulations des effets de la loi, la « réduction de l'incertitude autour des licenciements économiques » pour les entreprises ne devrait avoir qu'un impact limité sur le chômage dans sa globalité. Mais il devrait faire baisser le chômage des jeunes et, surtout, « encourager l'embauche en CDI ».

La décentralisation du dialogue social devrait pour sa part « permettre aux entreprises de mieux s'adapter aux circonstances économiques », selon le FMI. Il estime notamment qu'un assouplissement du principe de faveur, qui empêche qu'un accord d'entreprise soit moins favorable qu'une convention collective, permet à un pays de mieux réagir aux crises économiques, comme l'a fait l'Allemagne.

Mais la réforme ne suffira pas à résorber le taux de chômage élevé en France, plus structurel que conjoncturel, selon le FMI. Le rapport juge ainsi « essentiel » de réformer également l'assurance chômage qui « crée des trappes à inactivité ».

Les critères d'indemnisation (il faut avoir travaillé quatre mois) sont « parmi les plus laxistes d'Europe », estime notamment le rapport qui préconise de « renforcer la recherche d'emploi et mieux adapter les compétences au marché du travail ».

« Nous sommes préoccupés par le fait que les discussions entre partenaires sociaux » sur les nouvelles règles d'assurance chômage « n'aient pas encore abouti », a commenté M. Mumssen.


En savoir plus sur http://www.cbanque.com/actu/58997/loi-travail-necessaire-mais-insuffisante-pour-faire-baisser-le-chomage#PdJWYVL0G2cHKVGw.99

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BRUNO FORNACIARI

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