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21 juin 2012 4 21 /06 /juin /2012 06:35

Roselyne Bachelot met Sarkozy "à feu et à sang"

Le 20/06/2012 -


L'ex-ministre UMP Roselyne Bachelot sort, mercredi 20 juin, "A feu et à sang.

Carnets secrets d'une présidentielle de tous les dangers". Une critique acerbe de la campagne électorale de Nicolas Sarkozy, à charge contre l'ex-président déchu… Extraits.
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Les communicants

" Tout au long du quinquennat, j'ai pu mesurer l'influence néfaste des communicants qui, dans leur souci obsessionnel de tout maîtriser, ont transformé les visites prétendument de terrain en des simulacres de rencontres aseptisées dont toute spontanéité est évacuée, toute aspérité gommée.Alors que les militants UMP font la claque à la sortie de la réunion, les habitants du lieu sont maintenus à distance, bloqués dans leur voiture pendant des heures par des cordons de gardes mobiles: de l'art et de la manière de transformer un citoyen bienveillant en antisarkozyste prêt à mordre.

 

Les ministres
"En imposant un turnover gouvernemental excessif, [Nicolas Sarkozy] s'est tiré une balle dans le pied, mettant ses fidèles - et ses infidèles - en position d'échouer, faute de temps pour prendre la mesure des dossiers, créer des liens de confiance avec les acteurs de la société civile, et se faire obéir par leur administration. Je trouve donc injuste cette façon que notre candidat a, depuis le début de la campagne, d'écarter ses ministres comme s'ils étaient malades d'une peste qu'il a lui-même inoculée..."

"Je trouve injuste cette façon que notre candidat a, depuis le début de la campagne, d'écarter ses ministres."

 

Les conseillers
"Les proches conseillers de Sarkozy durant la campagne, Claude Guéant, Patrick Buisson, Emmanuelle Mignon sont qualifiés d' "âmes noires" par Roselyne Bachelot.
Pour l'ex-ministre, leur droitisation de la campagne est un échec, du à des "stratégies désespérées et désespérantes".

 

La défaite


" Dans la quiétude de mon appartement, je peux réécouter le discours de Nicolas Sarkozy [le soir se sa défaite ndlr] dont je n'ai pas saisi tout le sens dans le brouhaha ambiant. J'étais émue par la beauté de ses phrases, leur justesse et leur sincérité. 

 

A présent, je comprends mieux ce qui me touchait tant. Il a montré ce soir son vrai visage, celui qui s'était progressivement estompé depuis 2007. Il a enfin renoué avec le Nicolas Sarkozy de la porte de Versailles, celui auprès duquel je me suis engagée. A l'époque, il plaidait pour une France ouverte, libre, diverse, pour l'islam de France et la discrimination positive. Il n'excluait pas, il dialoguait. Il n'opposait pas, il rassemblait. Il prônait l'acceptation de l'autre et la France métisse qui respecte les droits de chacun. Il rêvait de l'ouverture de la France sur le monde et se présentait comme étant de "sang-mêlé". Cet homme-là, je le connais, c'est Nicolas Sarkozy dans toute son authenticité ! 

L'autre, celui de la campagne, sous l'influence obscure et incompréhensible d'un trio aux stratégies minées [Henri Guaino, Patrick Buisson, Emmanuelle Mignon], m'est trop souvent apparu pendant tous ces mois de bataille électorale comme un étranger. Pourquoi diable Sarkozy a-t-il renié Sarkozy ? "

 

A feu et à sang. Carnets secrets d'une présidentielle de tous les dangers

De Roselyne Bachelot, Ed. Flammarion

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20 juin 2012 3 20 /06 /juin /2012 19:00

Introduction :


Quatre tours de scrutins nationaux viennent de se tenir sur fond de crises profondes et multiples, qui font vaciller l’Europe, qui dégradent rapidement la situation économique et sociale du plus grand nombre, qui s’accompagnent d’une montée inquiétante des populismes. A l’issue de presque un an de débats, les Français ont renvoyé Sarkozy et sa majorité de droite, manifestant à la fois le rejet des politiques menées (profondément antisociales et antirépublicaines), et le rejet des manières de faire, des méthodes, d’une droite décomplexées qui ne cachait plus qu’elle était du côté des riches.

Ils ont élu François Hollande président de la République et lui ont donné une majorité pour gouverner.

La gauche a gagné. Même si la confiance à son égard reste faible, les attentes sont fortes. Des espoirs sont nés qu’elle ne doit pas décevoir.

 

Sans être fossoyeur de ces espérances et, au contraire, pour que la gauche réussisse, on peut légitimement se demander si cette victoire est celle de toute la gauche ou celle de François Hollande. Si derrière cette victoire il n’y a pas des défaites : défaite pour la démocratie avec l’abstention record des législatives, défaite des Verts à la présidentielle et confirmée aux législatives, défaite du Front de Gauche et du PCF aux législatives après avoir obtenu un résultat positif à l’élection Présidentielle? Et si tel est le cas, après avoir étudié les raisons de cette situation, n’est-il pas urgent de penser les grandes lignes d’une action constructive en faveur de la transformation sociale?

 

Une victoire du Président François Hollande

 

La gauche et plus particulièrement le nouveau Président de la République ont remporté le premier tour des élections législatives. Avec 34,4% des voix selon les résultats définitifs, le PS renoue avec un score historiquement élevé qu’il n’avait pas pu réaliser depuis 1988 (25% des voix en 1997 puis en 2002 et 26% en 2007).C’est donc un cycle de presque 25 ans qui s’achève et qui a été marqué par une forte domination de la droite classique sur le pays.

En s’assurant de fait une majorité absolue, François Hollande renoue donc avec un résultat qui n’avait été atteint jusque là que par François Mitterrand en 1981.

 

En toute hypothèse, les écologistes viendront conforter cette majorité, EELV obtenant 5,46% des voix et 17 sièges à l’Assemblée Nationale. Aujourd’hui déjà alliés au gouvernement, les deux formations (PS+EELV) n’auront ainsi pas besoin du soutien du Front de Gauche, qui obtient 6,91% des voix et 10(ou 12 avec des personnalités élu-e-s OM) sièges à l’Assemblée Nationale.

 

Une réelle dynamique du Front de gauche à l’élection Présidentielle…un message qui a du sens et qui peut porter loin si…

 

La candidature du Front de Gauche à l’élection présidentielle, représentée par JL Mélenchon, avait pourtant créé une dynamique de premier tour, contrastant avec le résultat obtenu par la candidature PCF de 2007 qui n’avait obtenu que 1,9% des suffrages.

 

Il convient de mesurer à leur juste valeur les plus de 11% recueillis par la candidature de JL Mélenchon à la Présidentielle et de rapporter ce résultat à la dynamique inédite qui a vu converger dans des dizaines de meetings une foule immense de jeunes, de militant-e-s associatifs, de syndicalistes, de personnalités du monde des arts et de la création.

 

Cette dynamique a un sens et peut porter loin. Elle donne raison à la démarche d’ouverture et de rassemblement représentée ici par une personnalité connue mais réputée ne pas appartenir au PCF. Si la tentation est grande de comparer le résultat électoral de JL Mélenchon avec les 1,9% obtenus en 2007 par MG Buffet, il reste que ce résultat n’est pas le résultat du PCF et il est évident qu’une éventuelle candidature à la présidentielle qui aurait été issue des rangs du PCF n’aurait pas enregistré un tel résultat.

 

S’il est vrai que la présidentielle et les législatives livrent sans doute des messages différents,  ils ne sont pas pour autant contradictoires.

 

La présidentielle a révélé un triple phénomène : l’intensité croissante de la mobilisation militante illustrée notamment par ces grands rassemblements politiques de plein air, et la capacité à peser au coeur des représentations et de la dynamique politiques. Tout cela, a donné de l’élan en déjouant en quelque sorte la lourde tendance au bipartisme que comporte par nature cette élection.

 

L’accord électoral, au sein du Front de gauche, pour une candidature de rassemblement au premier tour de la Présidentielle, toujours difficile pour le PCF, était assortie d’un accord pour les élections législatives confiant au PCF la responsabilité de désigner les candidatures dans 80% des circonscriptions. Il y a ici une première contradiction apparente entre le fait de vouloir s’appeler Front de Gauche et le fait de présenter essentiellement des candidat-e-s du PCF à ces élections. Par delà le fait que cette représentation dominante du PCF pouvait donner l’impression d’une ambition limitée d’ouverture, avec cet accord,  l’objectif escompté était de tabler sur une amélioration des résultats à la présidentielle pour conforter, voire renforcer, le groupe des élu-e-s du Front de Gauche à l’assemblée nationale.

 

Si le premier objectif a été atteint, force est de constater que celui-ci n’a pas produit le résultat escompté aux élections législatives car celles-ci ne se sont pas situées dans le sillage du score de Mélenchon à la présidentielle, mais dans le sillage de l’élection de François Hollande à la Présidence de la République.

 

Le positionnement des candidatures du Front de gauche aux élections législatives, dans le sillage de JL Mélenchon, a produit un résultat en recul par rapport à la présidentielle. Le résultat escompté n’est donc pas au rendez-vous, y compris pour l’intéressé lui même, qui réussit relativement moins bien son exercice de candidat à Hénin-Beaumont qu’il l’avait réussi à la présidentielle.

 

Enfin, la prééminence de la Présidentielle a également conduit à une forme de désintérèt de l’électorat, une partie de celui-ci considérant que l’essentiel du travail avait été fait dès l’instant que Sarkozy avait été chassé du pouvoir.

 

La question de la participation aux élections législatives ou la première défaite électorale : défaite de la démocratie

 

La démocratie parlementaire sort affaiblie de ce premier tour de scrutin avec une abstention qui atteint un record historique : près de 43% des électeurs n’ont pas voté.

C’est un des paradoxes de la victoire de F. Hollande qui a assuré vouloir en finir avec l’hyper-présidence et rétablir le Parlement dans la plénitude de ses pouvoirs or, jamais une Assemblée Nationale n’aura été aussi mal élue.

 

Une conséquence de la réforme institutionnelle instaurant l’inversion du calendrier électoral

 

La disposition votée sous Lionel Jospin (à laquelle les député-e-s communistes s’étaient opposés) combinant la réduction du mandat présidentiel de sept à cinq ans à l’inversion du calendrier électoral plaçant les législatives dans le mois qui suit le scrutin présidentiel, a pour effet de faire dépendre les législatives de la seule Présidentielle. Depuis cette réforme, l’abstention n’a cessé de progresser; de 34,3% en 1988, elle est passée à 35,6% en 2002, à 39,6% en 2007 pour atteindre 42,77% aujourd’hui.

 

Transformées en élection de ratification du choix présidentiel, les législatives ont été vidées de leurs enjeux institutionnels et politiques. En réalité, comme l’ont reconnu de nombreux observateurs politiques, l’élection présidentielle écrase et surdétermine les suivantes. Or, cette élection présidentielle se joue elle même essentiellement au premier tour et plus sur le choix d’une personne que sur un projet et un programme politique. L’abstention massive et la bipolarisation qui lui est liée ne tient pas seulement à une lassitude voire à un ras le bol des électeurs après des mois de campagne focalisée sur deux noms.

 

Cette abstention découle aussi du choix qui a été fait par les socialistes et les écologistes de ne pas réanimer une campagne sur les contenus politiques à mettre en œuvre. La mise en place du nouveau gouvernement, avec la découverte de nouveaux ministres et l’annonce des premières mesures du gouvernement Ayrault ont tenu lieu d’argumentaire électoral. Ceci a eu pour effet de «rétrécir» le champ des questionnements sur les contenus des mesures politiques à mettre en œuvre.

 

Dans le même temps, l’argument asséné a été d’appeler à voter «en cohérence» et de donner à François Hollande les moyens de sa politique en poussant à voter pour les candidat-e-s virtuellement les plus proches de sa sensibilité politique.

Cette démarche portée par la force irrésistible du scrutin présidentiel ne crée ni enthousiasme ni dynamique mais s’avère un outil d’une redoutable efficacité pour assurer les victoires (et défaites) électorales.

 

La deuxième défaite électorale ou celle des écologistes

 

La deuxième défaite est celle des écologistes; avec seulement 5,56% des voix, les écologistes se trouvent très loin des scores réalisés lors des élections européennes et régionales. Avec l’accord électoral convenu avec le PS,  les écologistes espéraient entre vingt et trente député-e-s. A l’heure où ces lignes sont écrites, ils sont crédités d’une quinzaine.

 

De fait, dans ces conditions, les écologistes tendent à devenir de plus en plus un «satellite» environnemental du PS. L’accord passé avec le PS à l’automne, convenu sur fond de primaires socialistes et mis un temps de côté par François Hollande, peut se révéler aussi être un redoutable piège.

 

En effet, dès l’instant que le PS parvient à faire accepter les limites du contour qu’il a fixé lui même à l’accord aboutit de fait à ranger les écologistes au rang d’une force d’appoint dont il lui est aisé de disposer à sa guise.

 

La troisième défaite électorale ou celle de JL Mélenchon et du Front de Gauche

 

JL Mélenchon devra laisser la place au candidat socialiste arrivé en tête au premier tour, pour affronter Mme Le Pen qui a rassemblé 42% des voix dans ce premier tour.

 

Dans le même temps, il n’a pas réussi à stopper la progression du FN dans cette circonscription.

 

Enfin, les déclarations hasardeuses qui ont suivi les résultats du premier tour pour stigmatiser le parti socialiste ne peut pas avoir été comprise dans la mesure où elle aboutit à donner des arguments à l’adversaire du FN.

 

En réalité, le positionnement de Mélenchon comme candidat aux législatives à Hénin-Beaumont n’a pas été une bonne chose. Il y a un lien immédiat en effet entre le le fait que Mélenchon soit allé se présenter à Hénin-Beaumont et le fait que le Front de gauche n’a pas mené de campagne nationale. La seule ambition nationalement visible du Front de gauche à l’occasion des législatives a été circonscrite au duel entre Mme Le Pen et JL Mélenchon.

 

En outre, au moment de la désignation du Candidat du front de gauche à la Présidentielle, la majorité des militant-e-s communistes de ce département ne s’était pas prononcée en faveur de Mélenchon tandis que pour la législative, le chef départemental du PCF, désigné pour être candidat titulaire aux législatives a accepté, certes de plein gré, de devenir le suppléant du grand leader tribunicien venu de Paris porter le glaive contre la candidate FN!

 

Cette situation a assurément eu pour effet de dénaturer le sens politique du combat en faisant du leader du Front de Gauche, un candidat totalement extérieur et étranger aux préoccupations des gens. De fait, cette situation n’a pas favorisé l’appropriation populaire et crédible du combat contre le FN.

 

Cet échec personnel et politique de Mélenchon vient souligner les difficultés objectives auxquelles est confronté le Front de Gauche. En réalité, l’alliance Parti de gauche/Parti Communiste (6,9% des voix) va diviser par deux le nombre de sièges détenu jusque là par le Front de gauche. Plusieurs députés communistes ou apparentés sont battus (JP Brard à Montreuil, P Braouezec à Saint-Denis, Roland Muzeau à Genevilliers, MH Amiable dans les Hauts de Seine, P Gosnat dans le val de Marne) tandis que le Parti de gauche est lui même en mauvaise posture pour obtenir des élu-e-s, Martine Billard, sa Vice-présidente, étant éliminée à Paris.

 

Cette situation ne découle pas du fait que les résultats obtenus en 2012 seraient plus mauvais que ceux obtenus en 2007, ils découlent simplement du fait que les candidat-e-s du Parti Socialiste enregistrent une progression inédite de leurs résultats dans toutes les circonscriptions et dépassent souvent les députés sortants plus ou moins affiliés au PCF et/ou au Front de Gauche.

En réalité dans le cadre d’un progrès général et inédit de la gauche, nous assistons à un recul communiste.

 

Le PCF?

 

A l’heure où ces lignes sont écrites,  le Front de gauche obtiendrait 10 sièges  en France métropolitaine.

En somme, le Front de Gauche est redevenu le PCF classique et reste sur la pente historique de son déclin. La dynamique plutôt favorable à la gauche ne bénéficie que très peu au PCF (ou au FG) et nous assistons à la persistance du glissement progressif du vote PCF vers le PS et les verts.

 

Dans ces conditions, le FG est dans un entre deux : pas assez fort pour peser dans le cadre actuel et pas assez fort pour prétendre porter une alternative crédible à gauche.

 

Enfermé dans l’étau de sa stratégie, d’une part, et dans celui de son échec électoral, d’autre part, le PCF en est réduit a essayer de passer très vite cette phase importante de la vie politique, en se dispensant de poser la globalité du problème auquel la gauche et lui même sont confrontés.

 

Dans la semaine qui suivra le second tour des élections législatives, le PCF réunira donc ses instances et décidera démocratiquement s’il doit ou non participer au gouvernement? Mais avec une telle procédure, décidée indépendemment du contexte,  le PCF s’engage dans une opération à double risque.

 

Le premier risque est de répondre à une question que personne ne lui pose, le deuxième est de prendre une décision contraire à celle que son électorat le plus fidèle attend de lui !

 

En focalisant le débat d’après le second tour des législatives sur une espèce de consultation de ses adhérent-e-s, organisée en toute hâte et appelelée à déboucher sur un appel au peuple qui sera présenté au cours d’un meeting de cloture, le PCF renoue avec la pratique du scénario écrit à l’avance, la consultion des adhérent-e-s ne constituant que l’alibi aux apparences démocratiques pour légitimer une prise de position circonstanciée par une pratique qui ne constitue en fait qu’une validation et dispense de pousser plus avant la réflexion.

 

Le scénario du débat au sein des instances du PCF est écrit d’avance; on y trouvera celles et ceux qui considèrent que nous avons à nouveau progressé et  qui conclueront à la nécessité de poursuivre dans la même voie en «ne lachant rien» et celles et ceux qui diront que ça ne marche pas, qu’ils l’avaient prévu et qu’il faut revenir en arrière. C’est la chronique de l’impossible débat qui se poursuit.

 

Dans la mesure où depuis 2005 on tend à expliquer que la cause des difficultés rencontrées par le PCF tiendraient à ses participations aux gestions dans les institutions avec le PS, et dans la mesure où il a été dit à de multiples reprises qu’il ne fallait pas participer au gouvernement, le résultat est connu d’avance mais le PCF dira que l’on peut compter sur lui pour être dans les luttes et pour aider la gauche à réussir.

 

Mais la véritable question que le PCF devrait se poser, bien au delà de celle de sa participation ou non à un gouvernement, devrait être celle de la place et du rôle qu’il peut jouer pour impulser le mouvement de la société dans le bon sens en se plaçant résolument au coeur de la gauche.

 

Désormais, le véritable problème du PCF dépasse très largement ces considérations il réside dans fait que l’on peut se passer de lui et qu’un gouvernement peut aisément se constituer sans lui,  sans
que cela émeuve la population!

 

Le problème de fond posé au  PCF à ce stade est donc bien celui de son utilité.

 

La défaite du peuple de gauche?

 

Tout seul, sans le peuple, avec près de 43% d’abstentions qui n’émeuvent plus personne au PS, et sans alliés politiques, ou alors juste à une place marginale, sans aucune critique du Front National qui affaiblit la confrontation avec la droite, la vie politique semble simple pour le PS.

 

En outre, on peut déjà prendre les paris que les futurs députés contestataires dissidents, finalement élu-e-s n’auront guère de mal à s’apparenter dans le groupe socialiste.

 

Grand gagnant des élections, le PS n’en est pas moins seul, tandis que porosité du mur de séparation entre la droite républicaine et l’extrème droite se confirme chaque jour un peu plus.

 

Quelques premières questions et réflexions

 

Les arguments et discours ne manquent pas pour expliquer que le Front de Gauche enregistre une progression , comme cela a été dit également au moment des élections régionales et cantonales.

 

La perte du nombre d’élu-e-s, présentée parfois comme «un mal nécessaire» pour s’affranchir a priori de toute alliance avec le PS et sensée produire un effet dynamisant salutaire se fait et se fera longtemps attendre!

 

En réalité, d’élection en élection, il se dit que le Front de gauche enregistre une progression alors que celui-ci perd à chaque fois un nombre important d’élu-e-s.

 

Il faut donc se demander pourquoi, quand la gauche progresse, cette progression ne profite ni au Front de Gauche ni au PCF? Cette question renvoie à plusieurs autres questionnements.

 

Les candidat-e-s du Front de Gauche ont ils été perçus comme «disponibles» et déterminés pour porter une ambition gouvernementale conduisant à changer la vie des gens, pour participer à une majorité utile, pour  engager de manière constructive à la réussite du changement?

 

Les électrices et les électeurs ont ils perçu le Front de Gauche comme porteur d’une volonté de construire et éventuellement disponible pour aller jusque la construction d’une majorité de gauche?

 

Les candidat-e-s du Front de Gauche ont ils été perçus comme des candidat-e-s déterminés à construire une majorité conforme aux attentes populaires et sociales?

 

Le programme du Front de Gauche a-til été perçu comme crédible pour réussir le changement maintenant?

 

La réponse à ces questions est non ! Les raisons qui ont conduit à ce repli et à cette frilosité sont diverses et essentiellement circonstanciées par l’appréciation hâtivement portée sur les participations passées aux gouvernements de gauche (pourtant, les déclarations constantes de JL Mélenchon sur ce sujet tendent toujours a valoriser ce qu’ont été ses engagements au sein même de ces ouvernements).

 

Dans le même temps, Jean-Luc Mélenchon a déclaré que «jamais il ne voterait une motion de censure contre le PS et sa politique». Ceci revient à dire que dans une même campagne, on laisse dire qu’il n’y aura pas de participation au gouvernement, et en même temps que les députés du Front de Gauche ne sanctionneront pas la majorité PS : cette stratégie n’est ni lisible ni probante.

 

Enfin, si on dit aux gens que l’on veut convaincre de voter pour soi en affirmant qu’on ne veut pas gouverner, cela revient à dire que le vote se limite à un vote de témoignage ou d’adhésion à de vagues principes et c’est peut être ce que les électrices et électeurs ont fait.

 

Sans attendre l’avènement d’une 6ème République, que faire?

 

Tout d’abord, l’avènement d’une 6ème république, démocratique et moderne, ne se fera pas par enchantement; elle ne se décrètera pas, pas plus que les Républiques qui ont précédé n’ont été décrétées!

 

Elle ne peut être que la résultante d’un processus et ce processus sera d’autant plus aisé et efficace que la gauche de la transformation sociale disposera de parlementaires et, d’une manière plus générale, d’élu-e-s intervenant à tous les niveaux de nos institutions pour porter les attentes populaires et les exigences sociales.

 

Il n’est pas possible de se contenter de constater une légère progression moyenne de l’influence électorale du Front de Gauche entre deux élections pour conclure à chaque fois qu’il s’agit d’un succès. Toute appréciation se doit toujours d’être relative, de tenir compte des tendances globales et générales, et de la place relative occupée au sein des processus en cours. Ainsi, se satisfaire d’être la deuxième force politique de gauche en France en perdant la moitié des élu-e-s peut conduire aisément à considérer qu’il suffit de continuer ainsi en pariant sur le fait que face à l’éternité, l’histoire finira bien par nous donner raison un jour!

 

La perte de la moitié des sièges de députés, après la perte de la moitié des conseillers régionaux aux dernières élections régionales, tendent à réduire considérablement la portée de l’intervention politique d’une gauche de transformation sociale et du sens de son engagement. Cette situation tend aussi à ranger la sensibilité politique porteuse de cette transformation sociale dans un rôle de protestation et à éviter qu’elles prennent toute leur responsabilité dans les institutions et jusqu’au pouvoir. Elle tend à conforter l’option selon laquelle les forces de la transformation sociale seraient réduites à occuper «la rue» et à manifester, pendant que les autres forces politiques s’occuperaient du pouvoir !

 

La question de la contrainte du cadre qui nous est fixé par les institutions s’impose donc à tout le monde ainsi que celles du mode électoral tel qu’il existe aujourd’hui.

 

Mais il est évident aussi qu’il sera plus aisé de changer les institutions avec des élu-e-s capables de soutenir des lois et de conforter les actions de transformation.

 

Dans le contexte actuel, tel que rappelé ci dessus, il n’y a pas d’autre alternative que de travailler en toute transparence et en toute exigence à des alliances électorales. S’il est vrai que celles-ci ne sont pas la condition suffisante du processus transformateur, elles ne constituent pas moins une condition nécessaire.

 

Cette question des alliances se posera dès les prochaines élections municipales, dans le cadre d’un rapport de forces à gauche qui s’est considérablement modifié à la faveur du PS. Mais l’hypothèse d’accords électoraux possibles se posait dès ces dernières élections législatives.

 

Ainsi, l’accord électoral qui a échoué à quelques jours du premier tour des élections législatives prévoyait de conforter les députés du PCF sortants dans leur rôle de rassemblement permettant de faire gagner la gauche et envisageait même de positionner en rassembleurs de la gauche des candidatures du PCF dans 4 ou 5 autres circonscriptions. Cet accord, s’il avait abouti, aurait permis, d’une part, de positionner le PCF comme partenaire déterminé à faire gagner la gauche et, d’autre part, d’assurer et de renforcer le groupe à l’Assemblée Nationale. Le PCF était en situation de pouvoir accepter un tel accord alors il faut se demander pourquoi cet accord n’a pas abouti?

 

Cet accord a échoué parce que Martine Aubry, pour le PS, a exigé qu’il soit accepté par toutes les composantes du Front de Gauche, ce que le Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon a refusé !

 

Comme nous pouvons le constater aujourd’hui, les conséquences sont lourdes pour le Front de Gauche en le privant, pour des raisons de «pureté révolutionnaire à l’égard du PS» de l’élection d’une quinzaine de députés.

 

Le paradoxe du second tour des législatives de 2012 aujourd’hui est que pour sauver une dizaine de députés, le Front de Gauche est contraint d’appeler à voter socialiste ou vert dans plus de 500 circonscriptions.

 

Mais, plus fondamentalement,  le PCF se trouve désormais en situation de dépendance et ne peut plus assumer en toute souveraineté, ses propres choix !

 

Les contorsions qui ont caractérisé les attitudes du Front de Gauche entre les deux tours de la Présidentielle et entre les deux tours des législatives, avec en toile de fond une grande timidité, pour ne pas dire une grande réserve pour appeler clairement à voter pour le candidat de gauche arrivé en tête au premier tour, constitue une autre illustration du caractère difficilement lisible des objectifs poursuivis par le Front de Gauche.

 

Les discussions, disputes et autres tergivcersations autour de l’usage des logos pour les seconds tours, le refus de candidats du premier tour à être clairs pour le second, sont autant d’illustration d’une gauchisation sectaire et sans avenir.

Les refus de désistement en faveur de candidat-e-s de gauche arrivés en tête au premier tour, les ambiguïtés entretenues ici ou là, le champ de ruines qui se prépare dans certains départements de la Région Parisienne dans ces zones où jusque là le PCF résistait encore, illustrent bien qu’avec la candidature de JL Mélenchon le PCF a renforcé son sectarisme, ce dont il n’avait vraiment pas besoin!

 

Dans de telles conditions, le PCF est désormais quasiment en situation de «non retour», contraint et soumis à des processus et à des décisions qui lui échappent, dans le cadre d’un Front de Gauche dont les objectifs politiques n’ont jamais été clarifiés.

 

Si le Front de Gauche est fait pour favoriser le rassemblement des forces et personnalités de la transformation sociale, en restant ouvert et disponible pour travailler avec toute la gauche, il convient de la qualifier et de le dire.

Si le Front de Gauche est le plus grand dénominateur commun pour porter un combat par opposition au PS, il convient aussi de le dire et alors, selon moi, de combattre cette orientation. Si l’idée est de miser sur un échec du Parti Socialiste pour pouvoir apparaitre comme la force politique incontournable, il faut le dire clairement; mais l’histoire a démontré que ce ne sont pas les forces progressistes qui en bénéficient. Il faut donc oeuvrer clairement et concrètement pour que la gauche réussisse.

En réalité le Front de Gauche est un objet protéiforme non identifié!

Le type de débat inutile qu’il faut absolument éviter ce sont ces semblants de dialogues impossibles entre, d’une part, celles et ceux qui diront, vous voyez bien, ça marche bien, on ne lache rien et on continue, et celles et ceux qui, d’autre part ne manqueront pas de dire, vous voyez bien que ça ne marche pas et on vous l’avait bien dit!

Ce débat interne, sur fond d’un déterminisme d’un autre temps n’est pas la réponse attendue par nos concitoyennes et concitoyens.

 

ll importe de de travailler avec humilité et en s’ouvrant largement à toutes les forces vives, les contenus politiques et transformateurs à mettre en oeuvre. Il faut y travailler sérieusement en transcendant les apparences et autres attitudes superficielles; il ne suffit pas de rencontrer épisodiquement et utilement des syndicalistes de la réparation et de la construction navale pour que cela suffise pour définir une politique industrielle; il ne suffit pas de réunir les acteurs des industries de l’armement pour définir une politique de défense. Il ne suffit pas de réfléchir à une rencontre avec les salariés d’une entreprise en difficulté pour être utiles et porter des options répondant à leurs attentes et à celles de la société.

Plus fondamentalement, ce dont nous avons besoin, c’est d’une pensée théorisée du Monde et du processus de transformation sociale qu’appelle la situation. Cette pensée théorisée nécessite une grande ambition, une grande modestie et beaucoup de travail.

 

Les forces de la transformation sociale, en France et dans le monde, auraient besoin d’engager un vaste travail de construction et de déconstruction pour éclairer le chemin du mouvement qu’il convient d’imprimer afin de construire, à tous les niveaux et dans les conditions de notre temps, le processus de l’émancipation humaine.

 

Le résultat de JL Mélenchon à la Présidentielle, les 3 millions de participant-e-s aux primaires du Parti Socialiste, le score enregistré par Arnaud Montebourg à ces primaires, la dynamique qui a permis à F Hollande de l’emporter au second tour, sont autant de signes tangibles et non exhaustifs d’une envie  de politique et d’un besoin de rassemblement pour la transformation sociale.

Loin des calculs d’appareils dont la propension est trop souvent de veiller à leur reproduction par une autoprotection conservatrice,  un décalage tend à s’instaurer entre la vie réelle et la réponse politique.

 

Pourtant, nous avons besoin de réflexions et d’actions politiques et ceci ne peut résulter que d’une auto construction des forces vives et actives de la société.

 

Rien n’est donc plus urgent que d’ouvrir en grand les portes et les fenêtres aux intelligences et à la créativité pour se tourner résolument vers l’avenir et ne plus décevoir. C’est à mes yeux la condition pour réussir ;   il faudrait s’y mettre tout  de suite et sans a priori car ce qui manque le plus au Front de Gauche aujourd’hui, c’est sa dimension unitaire à gauche.


La demandesociale chaque jour plus pressante, les impatiences découlant de la vie, les luttes à construire pour continuer aux forces de l’argent  et les exigences qui frappent à la porte nous commandent de nous ouvrir largement à des constructions nouvelles et sans a priori . N’est ce pas de cette métamorphose dont nous avons besoin a gauche pour faire front tous ensemble?

 

N’est-ce pas de cette métamorphose dont a besoin le Front de Gauche?

 

 

Conclusion


La victoire de François Hollande et de la gauche ne doit pas céder le pas à l’euphorie ni à la paresse. Cette victoire, de par la nature de nos institutions, est plus celle d’un homme soutenu dans sa stratégie par un parti, que celle d’un parti. Le PS a certes la majorité absolue à l’assemblée, mais il est traversé par des contradictions et sans alliés forts. Ceux si sont affaiblis (Verts, PCF) et pour certains hostiles à l’exercice majoritaire des responsabilités politiques nationales. Par ailleurs les attentes sont fortes et la situation très grave. L’espoir côtoie le scepticisme.

 

Le PCF peut il jouer encore un rôle et trouver en lui même les ressources de sa rénovation? Quel rôle pourrait il encore jouer dans cette situation ? N’est il pas prisonnier lui même de sa culture déterministe consistant à rechercher des stratagèmes pour se sortir de l’impasse structurelle dans laquelle il se trouve en se contentant de rechercher des stratagèmes un peu à l’image du réflexe de survie pour préserver l’existant?

 

Notons tout d’abord que son déclin se poursuit. Il s’avère qu’il s’est engagé dans une stratégie « Front de Gauche » peu lisible et dominé par une orientation peu unitaire qui a pour effet d’aggraver le repli gauchiste et le sectarisme. Il n’a pas tiré les enseignements des causes qui ont permis un meilleur résultat à la Présidentielle et considéré que ceci allait suffir pour lui assurer un bon résaultat aux élections législatives.

 

Mais cette approche, tantôt d’ouverture, tantôt partisane a rendue plus floue encore la perception du Front de gauche: on ne sait plus si c’est un parti de gauche, unitaire et exigeant, disponible pour exercer des responsabilités, à tous les niveaux, au service de l’intérêt général, ou un parti qui considère que « la vraie gauche », c’est l’extrême gauche. La conséquence directe de ce flou, et de sa non compréhension des modes de scrutin (il ne suffit pas de progresser un peu pour être en tête de la gauche dans des circonscriptions, surtout quand d’autres à gauche progressent beaucoup), est la perte de près de la moitié de ses députés.

 

Que doit-il faire aujourd’hui ? Espérer profiter de la critique de l’action gouvernementale qui d’une façon ou d’un autre se présentera ? Non, ce serait contre productif pour les gens, et pour lui-même. Il doit au contraire sortir des ambiguïtés et être disponible pour faire réussir la gauche.  Il doit oeuvrer dans le sens d’une  métamorphose permettant de travailler ouvertement avec d’autres composantes, avec diverses associations et personnalités et prendre sa place dans un processus intrinsèquement favorable au rassemblement de la gauche et porteur d’exigence quant au niveau des réponses politiques aux attentes et aux souffrances de notre peuple. Pour cela, il est urgent d’entreprendre avec humilité le travail de fond qui le dotera du projet et du programme, crédibles, qui l’identifieront comme une force de gauche porteuse de la transformation sociale, mais d’une transformation crédible, possible, à partir d’objectifs de court, moyen et longs termes accessibles.

 

Gérard Lahellec

Le 15/06/2012

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20 juin 2012 3 20 /06 /juin /2012 06:01
Accueil > Laurent Joffrin > Pourquoi Mélenchon a échoué

Pourquoi Mélenchon a échoué

Créé le 10-06-2012 à 23h40 - Mis à jour le 11-06-2012 à 15h09

La défaite du leader du Front de gauche à Hénin-Beaumont confirme la leçon du scrutin présidentiel : la gauche de la gauche n’est pas parvenue à convaincre les classes populaires.

 

Jean-Luc Mélenchon, candidat déçu du Front de gauche aux législatives, le 10 juin 2012. (SIPA)

Jean-Luc Mélenchon, candidat déçu du Front de gauche aux législatives, le 10 juin 2012. (SIPA)

Il y avait beaucoup de panache dans le défi lancé par Jean-Luc Mélenchon à Hénin-Beaumont. Sa décision d’affronter Marine Le Pen dans une de ses terres de conquête était à la fois la marque du courage et de la cohérence. Le Front de Gauche avait fait du combat contre le FN son cheval de bataille ; il était à la fois logique et audacieux de chercher à traduire sur le terrain des législatives cet engagement national. L’entreprise a échoué, comme l’a reconnu avec émotion le leader du Front de Gauche. Ce résultat doit faire réfléchir.

 

Autant Jean-Luc Mélenchon a fait preuve depuis un an d’un grand talent, d’un abattage exceptionnel et d’une réussite certaine en donnant à la gauche de la gauche une visibilité inédite, autant il paie le prix d’une grave confusion idéologique.

 

Son aventure reposait sur un postulat : pour ramener à gauche les classes populaires détournées par le vote FN ou l’abstention, il fallait radicaliser le langage, la tactique et le programme. Un discours agressif et dénonciateur, le refus de toute perspective gouvernementale avec les socialistes honnis, des propositions de rupture en matière économique ou d’immigration : il fallait en tout point déclarer la guerre au réformisme. Pour séduire les ouvriers déçus par la gauche, il fallait être beaucoup plus à gauche.

 

C’est ce raisonnement, plus que le candidat Mélenchon, qui a échoué à Hénin-Beaumont.

Les classes populaires, contrairement au postulat mélenchoniste, ont les pieds sur terre. Elles se méfient de la radicalité verbale qui recouvre avant tout l’irréalisme. Aussi bien, un candidat qui proclame à tous vents que l’immigration ne pose aucun problème ne saurait remporter un grand succès auprès des ouvriers et des employés, qui craignent la concurrence d’une main d’œuvre sous-payée et corvéable à merci.

 

Cette réalité désagréable aux oreilles de la gauche de la gauche s’était déjà manifestée lors du scrutin présidentiel, qui a vu la grande majorité des classes populaires se diviser entre gauche et extrême-droite au premier tour, et plébisciter François Hollande au deuxième tour, préférant finalement un gouvernement social-démocrate à toute autre solution.

 

Elle s’est confirmée de manière cruelle à Hénin-Beaumont, où Marine Le Pen remporte un score impressionnant et où le candidat socialiste, quoique lié à un appareil socialiste local très contesté, se qualifie néanmoins pour le second tour. La gauche de la gauche joue un rôle utile d’aiguillon et de pourvoyeuse d’idées neuves ; elle ne fournit en revanche aucune alternative crédible à la droite ou à l’extrême-droite auprès des classes populaires.

 

Cette leçon peut être généralisée à l’ensemble du scrutin législatif. Pour l’essentiel, François Hollande peut voir dans ce vote la confirmation de son mandat et l’assurance de disposer au Parlement d’une majorité solide. Certes, rien ne dit que le PS puisse obtenir la majorité à lui seul. En revanche, les projections en sièges des résultats de dimanche lui donnent l’espoir de dominer l’Assemblée avec l’appui de ses alliés écologistes, c’est-à-dire sans avoir besoin des députés Front de Gauche.

 

A la différence des députés mélenchonistes, qui refusent toute participation ministérielle, les Verts sont associés au gouvernement et seront donc tenus par la discipline gouvernementale. Si le second tour prolonge le premier, François Hollande s’achemine ainsi vers un succès complet dans les quatre scrutins de 2012. Il peut en tirer une légitime satisfaction ; mais il doit aussi se dire qu’il n’aura plus aucune excuse pour ne pas réussir.

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commentaire de Bruno Fornaciari

 

l'analyse de Joffrin présente quelques intérêts qui'ol convient de pointer.

 

D'abord il relève le panache de JLM dans son combat contre marine Le Pen.

 

En effet, mais, me semble-t-il, le "défi" du  combat personnel contre Marine Le Pen, a occulté le combat de fond contre les idées du FN, lesquelles sont partagées par nombre de nos concitoyens, trompés à mon avis, mais incarnés par la candidate. Aussi, s'en prendre à elle, personnellement, comme l'a fait JLM, a peut-être contribué à faire resserré les rangs de cautour de celle qui se présentait comme victimisée et attaquée par tous, et le "système".

Joffrin relève ensuite que depuis 30 ans les gouvernements et les majorités successives ont "imprégné"le "rélismeé et la "pédagogie du renoncement".

 

Mais devant l'échec de ces politiques à répondre aux exigences de "vivre mieux" du plus gand nombre, dans la confusion idéologique, le candidat Hollande et le PS apparaissent les mieux à même de concilier la crise "internationale" sur laquelle on ne peut pas grand chose, et le besoin de justice qui permettrait, d'abord, "une meilleure (illusoire)" répartition des richesses" prônée pourtant par JLM et le Front de Gauche (dont je rappelle tout de même, que le programme et les militants sont généralement issus du PCF).Ainsi, les 30 dernières années, d'aggravation de la crise, ont produit tout à la fois une "normalité" économique et idéologique et un affaiblissemnt idéologique et organisationnel du PCF.

 

En outre comme l'a rappelé à juste raison Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, les institutions et l'inversion du calendrier électoral minorent les législatives et accroissent le bi-partisme, par nature anti-démocratique.

 

Dan sla nouvelle assemblée il y aura 1 seul député "Mélanchoniste" 8 députés communistes, 3 FASE et 3 dvg dont les députés ultra-marins.

 

Les communistes devront analyser les résultats de cette bataille politique et électorale intenses, leurs significations, tant sur le plan politique que sur le plan idéologique, et corriger ce qui doit l'être pour repartir de l'avant. Car hélas, la politique dans laquelle se fige les 60 propositions de Hollande, ne permettront pas de sortir de la crise et créeront de nouvelles illusions favarable à un retour de la droite recomposée avec une présence duFN plus forte et normalisée, si des inflexions majeures proposées par le Front de gauche ne sont pas enetendues.

 

Le 36e congrès du PCF prévu début février 2013, aura la lourde tâche, de définir, dans les conditions nouvelles qui résultent des élections, la politique du Parti Communiste suceptible de rassembler les communistes et avec eux, toutes celles et tous ceux qui pourraient se tourner vers lui pour de nouveux progrès.

 

 

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19 juin 2012 2 19 /06 /juin /2012 07:42

Samedi 16 / Dimanche 17 Juin 2012 : Nîmes / Beau temps :229939_309571609133173_1444344390_n.jpg

Toutes mes pensées, mais aussi toutes mes angoisses, en ce jour de second tour des élections législatives sont à Saint-Denis, ma ville natale, celle qui ma construit et où j’ai vécu cinquante cinq ans. Patrick Braouezec, Député sortant, ex PCF, sous les couleurs du Front de Gauche, arrivé dimanche dernier derrière son adversaire socialiste Mathieu Hanotin, à en effet choisi d’aller au bout. Elu depuis 1983, l’ex Maire de Saint-Denis a refusé d’appliquer la règle du désistement à gauche, et je soutiens sa décision. Je connais bien et je respecte Patrick Braouezec, l’instituteur de mes trois enfants à l’école Jules Vallès, qui a quasiment le même âge que moi. Adhérents du PCF, nous avons traversé  quarante ans d’histoire militante et politique de cette ville de luttes, marquée par des élus de tout premier plan : Fernand Grenier, grand résistant, Député de longues années, Auguste Gillot, Maire, membre du Conseil National de la Résistance, Marcelin Bertelot, Maire puis Député-Maire, Patrick Braouezec, Maire puis Député-Maire, Didier Paillard, l’actuel Maire de Saint-Denis. Autant dire que j’ai soutenu et partagé les mandats successifs de ces élus exemplaires. Aussi, l’odieux est à son paroxysme lorsque j’entends le discours récurrent, tant de Copé que de Fillon, se prévalant lâchement du gaullisme, plaçant ce qu’ils appellent « les extrêmes »,  le FN et le Front de Gauche sur un même plan. Fernand Grenier et Auguste Gillot, avec un grand nombre d’autres communistes dionysiens, dont beaucoup ont laissé leurs vies, étaient  totalement engagés dans la Résistance, tandis que l’extrême droite se vautrait dans la collaboration la plus vile. On peut reprocher beaucoup de choses au PCF. Mais pas sa place et son rôle dans la Résistance, dans ce moment lui, extrême, où le courage et l’engagement font émerger les meilleurs, dont naturellement les gaullistes ont fait partie. Alors aujourd’hui, j’angoisse parce qu’un jeune socialiste quasiment inconnu territorialement risque comme çà, d’un doigt, de m’extorquer, même par la voix démocratique du suffrage universel, mon histoire, ce que je me refuse à accepter. L’odieux Bartolone, Sicilien socialiste en chef du 93, achèverait là, dans ma ville, son action obsessionnelle d’éradication  définitive et totale du Front de Gauche de la Seine Saint-Denis. « Dans le 9.3. Où les socialistes passent, les communistes trépassent », ose-t-il glousser, bravache, dans le dernier Canard Enchaîné… « Vous, vous êtes et nous, nous somment / des hommes pareils / Plus ou moins nus, sous le soleil / Mêmes cœurs entre les mêmes épaules / Qu’est-ce qu’on vous apprend à l’école / Si on y oublie l’essentiel ? / On partage le même royaume / Où vous, vous êtes et nous, nous sommes… » (Francis Cabrel). Ne lâchez, rien les dionysiens… Rentré dimanche à minuit. J’écoute Mozart pour me détendre. Et puis, bien obligé de prendre connaissance du résultat : Mathieu Hanotin : 53,50% - Patrick Braouezec : 46,50%.. A Saint-Denis même, Patrick sauve l’honneur : 50,96%. Mozart, quelques larmes, j’ai froid.

Photo : Stéphane Goicoechea

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19 juin 2012 2 19 /06 /juin /2012 07:26

Le PCF perd définitivement sa banlieue rouge

Lundi 18 Juin 2012 à 12:00 | Lu 6823 fois I 34 commentaire(s)


Jack Dion
Directeur adjoint de la rédaction de Marianne et grand amateur de théâtre En savoir plus sur cet auteur

 

A en croire le résultat de l'élection législative, force est de constater que la banlieue parisienne est de moins en moins rouge: sur 8 députés communistes sortants aux alentours du périphérique parisien, seuls trois ont retrouvé leur siège. Retour sur les raisons d'une déroute.


(Pierre Laurent et Marie-George Buffet en congrès, 2010 - SIMON ISABELLE/SIPA)
(Pierre Laurent et Marie-George Buffet en congrès, 2010 - SIMON ISABELLE/SIPA)

Au fil des élections, la banlieue rouge était déjà singulièrement devenue rose. Le grand lavage s’était accéléré en 2007. Cette fois, l’époque des bastions communistes –fussent-ils rebaptisés au nom du Front de Gauche FDG) - est bel et bien révolu, et il ne reste plus que quelque vagues tâches vermillon au-delà du périphérique. Sur huit députés sortants, seuls trois ont retrouvé leur siège: Jacqueline Fraysse dans les Hauts de Seine; Marie-George Buffet, et François Asensi en Seine-Saint-Denis. Sur ces trois, seule Marie George Buffet se revendique de l’étiquette communiste. Patrick Braouzec qui s’était maintenu à Saint-Denis contre le candidat PS arrivé en tête a été battu. Au premier tour avaient déjà été éliminés Jean-Pierre Brard en Seine-Saint-Denis; Roland Muzeaud et Marie Hélène Amiable dans les Hauts de Seine; Pierre Gosnat dans le Val-de-Marne, à Ivry-Vitry, symbole historique qui a basculé.

Le phénomène est d’autant plus intéressant à analyser qu’il prend complètement à contre-pied les prévisions des dirigeants du PCF. Ces derniers, dopés par la percée de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle (avant le scrutin, personne n’aurait parié sur les 11% de l’arrivée),  étaient persuadés de faire encore mieux aux législatives, raisonnant encore comme  à l’époque où la présidentielle était le pire des scrutins pour le PCF. C’était oublier que Mélenchon, avec plus de quatre millions de voix, a réalisé un score que les communistes n’avaient plus atteint depuis les 15% de Georges Marchais en 1981 (époque à laquelle a commencé leur déclin, ininterrompu depuis). Autrement dit, il y a eu un effet Mélenchon qui ne s’est pas reproduit lors des législatives. Pourquoi?

Primo parce que l’inversion du calendrier électoral à l’initiative de Lionel Jospin, en 2000, en renversant le présidentialisme des institutions, a fait des législatives un simple vote de confirmation. Les électeurs de gauche ont voté Hollande deux fois : la première lors de la présidentielle, la seconde à l’occasion des législatives. Sans doute peut-on y voir une anomalie démocratique, et la regretter, mais c’est comme çà. Combiné au scrutin majoritaire, le nouveau calendrier électoral pousse au bipartisme, qui est une forme de parti unique à deux têtes: l’un à gauche et l’autre à droite. La revanche de l’histoire fait que le Pcf, longtemps défenseur du régime du parti unique dans les pays du socialisme réel, est l’une des principales victimes d’un système inique.

Le Waterloo communiste en banlieue tient aussi à des raisons intrinsèques bien plus profondes. Malgré des coups de peinture successifs, le projet politique du PCF est soit rejeté soit incompris, surtout dans les couches moyennes qui commencent à s’implanter de l’autre côté du périphérique. Son lien avec la population s’est d’autant plus distendu que certaines de ses analyses (sur l’immigration ou la sécurité, par exemple) le rendent inaudible dans les milieux populaires Ses forces militantes, si elles demeurent  importantes, ne sont plus que l’ombre de ce qu’elles ont été. Enfin ses élus sont souvent atteints par la limite d’âge faute de renouvellement. En ce domaine, le PCF a le choix entre une mort rapide (quand il présente de nouvelles têtes) ou la mort lente (quand il croit sauver les meubles en présentant des préretraités en puissance).

La déroute du PCF ne doit cependant pas faire oublier les résultats fort encourageants de Jean-Luc Mélenchon en banlieue, lors de la présidentielle. Il y a certes été largement dominé par François Hollande. Mais le candidat du FDG, s’il n’a pas atteint ses objectifs, a réalisé un score qui atteste de l’existence d’un courant plus radical à la gauche du PS dès lors qu’il n’est pas estampillé PC canal historique.

Or la dynamique de la présidentielle s’est éteinte dès lors que l’on est passé au stade de la législative. Chacun des partis composant le Front de Gauche est revenu à son esprit de boutique, et le Pcf se retrouve à la case départ. L’avenir d’un courant politique à la gauche du PS n’est donc pas forcément bouché, mais s’il veut en être le symbole politique, le FDG devra prendre une consistance qu’il n’a pas encore, et nul ne sait s’il l’aura un jour.   

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15 juin 2012 5 15 /06 /juin /2012 07:16
Législatives. En Seine-Saint-Denis, le PS veut-il achever les communistes?

LEGISLATIVES - Les communistes supportent mal la "vague rose" qui déferle sur la Seine-Saint-Denis.

AFP/Jacques Demarthon

La Seine-Saint-Denis, ancien fief des communistes, est en train de virer presque complétement au rose socialiste. Le Front de gauche pourrait perdre deux députés sortants dans cet ex-bastion rouge. 

En Seine-Saint-Denis, la gauche doit faire face à des problèmes de riches: il lui faut régler la concurrence entre socialistes, communistes et, dans une moindre mesure écologistes. Exemple dans la 2e circonscription, avec une lutte fratricide entre Patrick Braouezec, député du Front de Gauche, et Mathieu Hanotin, jeune (33 ans) socialiste et vice-président du Conseil Général.  

 

Ce dernier est arrivé en tête au premier tour avec 36,5% des voix, au grand dam du sortant, qui n'a pu recueillir que 31,2% mais a décidé de se maintenir malgré l'accord de désistement réciproque signé au niveau départemental par le PS, le PCF et Europe Ecologie Les Verts (EELV).  

 

"Son attitude a été irresponsable"

 

"A gauche, on a une règle: celui qui arrive second se désiste au profit du candidat en tête. Braouezec me l'a d'ailleurs rabâché depuis des mois, croyant qu'il allait gagner. Son attitude est irresponsable, il menace l'union de la gauche", peste le socialiste. "Le peuple parle, il faut le respecter, ils veulent un député de terrain", commente laconiquement le second, rappelant qu'il n'y a "aucun danger provenant de l'extrême-droite".

 

Entre les deux hommes, le ton est à l'acrimonie. "Braouezec est seulement là pour gérer sa fin de carrière personnelle", dit l'un. "Hanotin n'a jamais travaillé de sa vie, il ne connaît pas les problèmes des gens", répond l'autre.  

 

Isolé, ce cas illustre toutefois les tensions régnant entre le PS et ses alliés communistes, qui apprécient moyennement les velléités hégémoniques de leurs homologues de gauche sur le département. Depuis deux décennies, le PS ne cesse de dépouiller les communistes de leurs bastions. Villes communistes historiques, comme Pantin ravie en 2001, conseil général enlevé en 2008 par Claude Bartolone et maintenant les sièges de député... 

 

"On se fait bouffer"

 

En début de semaine, les candidats Front de gauche du département Hayat Dhalfa, Patrick Le Hyaric et Jean-Pierre Brard - ce dernier malgré son statut de sortant - ont pu mesurer la pression socialiste. Candidats à Saint-Ouen, Pantin et Montreuil, ils ont été fermement priés de se désister au profit de leurs concurrents respectifs - Bruno Le Roux, Elisabeth Guigou et Razzy Hammadi - sous peine de mettre en péril la réélection de François Asensi et Marie-Georges Buffet. Or, pas question de risquer le siège de l'ancienne n°1 du parti! 

 

Du coup, les communistes l'ont mauvaise. "On a effectivement senti un peu d'agressivité de la part du PS, confirme Olivier Dartigolles, porte-parole national du PCF. Et si Martine Aubry a, comme on le dit, menacé de ne pas faire réélire Marie-Georges Buffet, c'est une faute politique de sa part."  


D'autres, comme Patrick Braouezec, ne cachent pas leurs craintes: "On (les communistes) se fait bouffer. Ils ont mis des moyens considérables dans des circonscriptions communistes, par contre dans celles ancrées à droite... C'est clair, ils veulent tuer le Parti communiste". De son côté, un cadre du PCF commente, impuissant: "Dans certaines circonscriptions, on gagne 2000 voix. Mais que voulez-vous, la vague rose nous a emportés." 


Bartolone s'est entretenu avec Buffet dimanche soir

 

Les socialistes, eux, jubilent: "Les résultats du premier tour confirment que le PS a vocation à être le premier parti de Seine-Saint-Denis, se réjouit Claude Bartolone, qui devrait être réélu facilement dans la 9e circonscription. Cela a commencé avec Pantin en 2001. Mais tout s'est accéléré lors de mon arrivée au Conseil général."  

 

L'ancien ministre précise également qu'il s'est entretenu avec Marie-Georges Buffet "dimanche soir, dès 21h30. Mon discours a été clair: les désistements se feront partout, ou nulle part". D'autres propos, rapportés par le Canard Enchaîné, résument encore mieux sa pensée: "En Seine-Saint-Denis, là où les socialistes passent, les communistes trépassent." 

 

 

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15 juin 2012 5 15 /06 /juin /2012 07:08

Front de gauche : le PCF relancé

 

Par Rémi Duchemin

Après avoir évolué dans l'ombre de Jean-Luc Mélenchon, le PCF de Pierre Laurent pourrait retrouver le leadership au Front de gauche.

 

Après avoir évolué dans l'ombre de Jean-Luc Mélenchon, le PCF de Pierre Laurent pourrait retrouver le leadership au Front de gauche.


Le mauvais score du Parti de gauche aux législatives replace les communistes au centre du mouvement.


Pour le Front de gauche dans son ensemble, le premier tour des élections législatives a été une cruelle déception. Les 6,9% recueillis au niveau national ont douché les enthousiasmes nés du score de Jean-Luc Mélenchon à l’élection présidentielle (11,1%). Et les 13 à 20 sièges promis par les différentes projections sont loin des chiffres escomptés. Mais au sein même du mouvement d’extrême-gauche, c’est sans doute le Parti de gauche qui ressort le plus déçu du scrutin, puisqu’il ne devrait conserver qu’un seul de ses trois députés sortants. Mécaniquement, cela confère au PCF, l’autre grand parti du mouvement, une position de force qu’il avait un peu perdu au sein du Front de gauche.

Le très encombrant Mélenchon

C’est surtout vrai en ce qui concerne la défaite de Jean-Luc Mélenchon. La nomination de l’ancien sénateur socialiste comme candidat à l’élection présidentielle avait fait grincer quelques dents parmi les communistes. Son revers à Hénin-Beaumont n’a donc pas franchement été vécu comme un traumatisme. "C’est indéniable", confirme le politologue Laurent Dubois, joint par Europe1.fr. "Il ne faut pas oublier que Jean-Luc Mélenchon ne vient pas de chez les communistes. Il est celui qui leur a donné une deuxième vie, mais qui leur rappelait aussi sans cesse par sa seule présence combien ils avaient besoin de lui. Et il était très encombrant médiatiquement", estime l’universitaire.

 

Au Parti de gauche, on se refuse à croire que la défaite de Jean-Luc Mélenchon ait pu en contenter certains. "Aucun communiste ne s’est réjoui de notre défaite à Hénin-Beaumont", jure Denis Coquerel, secrétaire national du PG. "Si Jean-Luc Mélenchon l’avait emporté à Hénin-Beaumont, tout le Front de gauche en aurait profité", juge-t-il.

Le PCF "grand gagnant" du Front de gauche

N’empêche. Si le PCF et le parti de gauche cohabitent au sein du Front de gauche depuis trois ans, ils sont, par leur nature même, très différents. Sinon antagonistes. "Le Parti communiste a des réseaux, il sait faire campagne, a une culture du moment électoral. Le Parti de gauche, lui, a une culture du militantisme alternatif, d’Internet, de la rue, mais sans être très bien organisé", énumère Laurent Dubois. "On se complète, avec le PCF, pour l’instant. Et il n’y pas de raison que ça change", répond Denis Coquerel. "Jean-Luc occupe l’espace médiatique, le PCF occupe le terrain."


Mais au final, "le PCF est le grand gagnant du Front de gauche", estime Laurent Dubois. "Jean-Luc Mélenchon l’a sauvé de la fosse commune, et grâce à la force de son passé, à ses relais, il a mieux figuré aux élections législatives. D’autant que sans Mélenchon, il ne reste au Front de gauche que le PCF", analyse le politologue.

 

Et fort de sa base militante ô combien plus importante, le Parti communiste, qui revendiquait début janvier au JDD.fr 130.000 encartés dont 70.000 à jour de cotisation, pèsera forcément plus lorsque sera venu le moment de décider de l’orientation stratégique du mouvement. Car de son côté, le Parti de gauche revendique lui 11.000 adhérents. "On a presque doublé ce nombre en un an. On est donc loin d’être affaibli au sein du Front de gauche", veut croire Denis Coquerel. "Et puis c’est vrai que nous ne sommes pas dans un rapport d’égalité, mais d’équité", précise le secrétaire national du Parti de gauche.

Le salut pourrait passer par la rue

Malgré cette bonne volonté affichée, beaucoup d’observateurs prédisent un avenir difficile au Front de gauche. "Chacun risque de vouloir vivre sa propre vie", pronostique Laurent Dubois. "Le Front de gauche est face à un moment de vérité extrêmement cru : où il se radicalise et il va très rapidement entrer en conflit ave la social-démocratie à la sauce hollandaise, où il rentre dans le rang et devient une sorte de Parti radical de gauche, plus haut en couleur", résume l’universitaire.

"Il va falloir qu’on reprenne un bon souffle", reconnaît Denis Coquerel. "Les 11% de la présidentielle ne seront pas transformés au niveau parlementaire. Mais on va rebondir. On fait très peur, c’est ce qui explique la campagne de calomnie actuelle de l’UMP. Et certains prennent leur rêve pour des réalités en annonçant notre implosion. Personnellement, je n’y crois pas", assène le leader du FG. Qui avance une raison principale. "Les communistes, tout comme nous, ne peuvent pas se développer sans le Front de gauche."

 

Et pour le mouvement, le salut pourrait passer par la rue. "Pour nous, au Front de gauche, les élus, c’est bien sûr très important, mais nous savons qu’il va y avoir des mobilisations sociales très importantes dans les mois à venir, et nous prendrons toute notre place", assure Eric Coquerel. Laurent Dubois abonde : "La seule chose qui reste au Front de gauche, c’est la rue, la contestation, le troisième tour social", estime le politologue. En la matière, le FG a déjà montré son expertise, lors du quinquennat de Nicolas Sarkozy. Mais cette fois, le pouvoir est à gauche. La mobilisation risque de s’en ressentir.

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13 juin 2012 3 13 /06 /juin /2012 01:35

Les raccourcis mènent à l’impasse

 

(Le point de vue de Jea-François Chalot ex-adhérent du Partri de gauche)

 

Après le premier tour des législatives il nous faut réfléchir sérieusement afin de redonner l'espoir à tous ceux et à toutes celles qui se sont abstenus...

 

Je ne détiens pas la vérité, je n'exprime ici qu'une modeste contribution tirée de mon expérience de terrain.

Si l'on veut que les "grands ensembles" ne soient plus des ghettos et que la République avec ses contraintes mais aussi avec les droits qu'elle doit procurer, y règne, il faut que les militants socialistes et communistes y investissent leurs forces pour mener de l'intérieur une campagne d'éducation populaire.

 

 

« Bonjour Jean François, tu fais quoi ? »

« Je vais assurer la présidence d'un bureau de vote »

« Comment ? il y a des élections ? »....


Cet échange n'est pas fictif...

 

Quand j'ai rapporté ces propos à un mandataire de candidat, présent à un bureau de la ville, il m'a dit que ce n'était pas possible...Tout le monde est au courant, il y a télé, les journaux.... !

 

Eh bien non, tout le monde ne s'intéresse pas à ces questions ou du moins ces échéances semblent coupées de leur quotidien...

 

D'ailleurs ces hommes politiques, mêmes de gauche, on ne les voit parfois que tous les cinq ans sur le marché.

Suis je populiste quand je tire cette conclusion provisoire ? Je ne le pense pas.

 

Lors des élections du dimanche 10 juin l'abstention a été importante partout et massive dans les quartiers populaires .

Les militants du Front de Gauche semblent s'étonner du recul conséquent de leur score par rapport aux présidentielles...Mais il se suffit pas de faire une belle campagne en collant des affiches et en distribuant des textes souvent longs dans les cages d'escalier...Ces textes sont pris et peu lus.

 

Rien ne remplace la proximité réelle, le contact...Tous les raccourcis mènent à l'impasse. Je le dis et le redis pour la nième fois, il faut rompre avec la politique spectacle, avec la présence occasionnelle.

 

Seul un travail de terrain, une présence dans les associations locales, dans les centres sociaux peut contribuer à tisser du lien social.

 

Comme je l'ai dit et réaffirmé dimanche soir à des camarades très proches : oui il faut mener une campagne contre la ratification par la France du traité européen mais en s'appuyant sur du concret, en montrant, preuves à l'appui les conséquences de l'application de la « règle d'or. »

 

Le PCF risque de ne plus avoir de député dans le Val de Marne ...C'est une première...Un jour sombre pour ce parti mais aussi pour toute la classe ouvrière.

 

L'effet du vote « utile » en faveur du candidat du PS- majorité présidentielle est une réalité mais le délitement des liens entre le PCF et le peuple en est aussi une autre.

 

Le PCF s'en sort mieux que le PG, certes mais il connaît le plus grand recul de son histoire.

 

J'ai adhéré en Parti de Gauche dès sa création, en espérant que ce parti allait rompre avec l'habitude de la social démocratie pour enfin se lier à la population.

 

Rien n'y a fait, ni mes appels, ni les témoignages de militants expliquant le décalage entre les discours et la perception qu'en ont les gens ordinaires.

 

Aujourd'hui je ne suis plus au PG et si j'ai choisi de continuer mon action politique au Parti ouvrier indépendant, c'est parce que celui ci mène une bataille politique claire contre l'Union Européenne, une action de proximité et ne se contente pas des campagnes électorales.

 

Le Parti de Gauche est un espace d'engagement politique pour des milliers de militants et de militantes qui, je l'espère sauront tirer les leçons de l'échec de juin 2012 pour changer de cap .

 

Jean-François Chalot

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6 juin 2012 3 06 /06 /juin /2012 14:24

 

Marine Le Pen tient des propos racistes, c’est intolérable !

Dans un extrait vidéo diffusé par France 2, Marine Le Pen s'en prend à un jeune homme d’origine maghrébine qui supporte Jean-Luc Mélenchon en lui demandant à propos de la voiture qu'il conduit : "Vous l’avez gagnée au loto, la voiture, ou vous l’avez gagnée avec votre travail ?".

Ces propos sont racistes. Laisser sous-entendre qu'on ne peut pas gagner sa vie honnêtement par son travail du fait de sa couleur de peau est intolérable.

Après l'affaire du faux tract de Mélenchon, voici un nouveau délit commis par la candidate d'extrême-droite. Marine Le Pen revendique un siège de députée. Au final, c'est sur le banc d’un tribunal qu'elle finira par siéger.

 

Olivier Dartigolles, porte parole du PCF

 

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Commentaire que je partage pour l'essentiel,  d'un lecteur de "l'Humanité" sur le sujet, mais qui en élargit la réflexion.

 


Certes, il y eut Dolores Ibarruri, "La Pasionaria" au poing levé et il y a pasionaria ; de même, il y eut Jeanne d'Arc (la photo !) et il y a Marine Le Pen.

 

Un camarade, @ Ivan a précédemment publié ceci dans d'autres commentaires récents d'un autre article.


Sur le fascisme, le FN ou un certain Islamisme


Soumis le 3 juin, 2012 - 22:06 par Ivan.


Certains auteurs comme Ernst Nolte, élève du philosophe Heidegger qui n’a jamais formellement désavoué le nazisme, font un parallèle entre nazisme, fascisme et communisme. Nolte présente le fascisme sous ses différentes formes comme une «réponse» au communisme, et plus particulièrement au bolchévisme et sa traduction dans la construction du socialisme en URSS. Ainsi Nolte ose-t-il écrire «L’Archipel du Goulag n’a-t-il pas précédé Auschwitz ?». Rappelons que la déportation en Sibérie existait déjà au temps des Tzars, que les camps de concentration sous leur forme exterminatrice sont une invention anglaise dans la guerre des Boers, que Cayenne n’est pas situé en Russie.

 

Auschwitz est l’instrument pensé technologiquement pour exterminer systématiquement des masses de gens , ce qu’aucun des types de camps précités n’a été. Cayenne pour «punir», avec ce côté religieux du concept de punition, les camps de Boers pour éliminer certes, mais, en amateurs, le côté «solution finale» n’y étant ni explicite ni techniquement pensé, mais relativement efficace tout de même, notons le. Les camps russes étant du temps du Tzar destinés soit à éloigner et isoler les indésirables loin du centre (Moscou ou Pétrograd), quitte à les laisser mourir de faim et de froid, avec là aussi le côté religieux de la «punition». Les camps soviétiques souvent dénotés sous les initiales de l’administration pénitentiaire soviétique par un acronyme qui écorche des oreilles occidentales, - goulag -, étaient basés sur une idée - fausse -, qui existe déjà chez Rousseau, la ré-éducation par le travail, le côté punition n’étant pas là non plus absent, le caractère religieux en moins, du moins sous sa forme classique. Les camps du goulag mélangeaient aussi bien les droits communs que les politiques .


Comme le note Slavoj Zizek «E. Nolte relativise le nazisme, le réduisant à un écho secondaire du Mal communiste». Sauf que le communisme est une tentative de libération contrariée par le contexte historique et les errances que ce contexte a pu induire, alors que le nazisme fut le Mal radical absolu, fondamental, niant une partie de l’espèce humaine et mettant industriellement en oeuvre cette négation par l’extermination. Il ne peut en aucun cas en être fait un parallèle, et à part «Tuez les tous Dieu reconnaîtra les siens», on ne voit pas à quelle autre idéologie on peut relier le nazisme.


L’escroquerie idéologique


L’escroquerie à la base du nazisme et de ses avatars fascistes ou néo fascistes comme le Front National en France, c’est l’usurpation d’identité.


Nazisme signifie socialisme national. Déjà qu’on ne voit pas ce que vient faire là «national» accolé à socialisme, le nazisme n’a rien de socialiste sinon une vulgate démagogique qu’on retrouve dans tout discours fasciste.

 

Le Front National usurpe le nom et le sigle de ce qui fut l’épine dorsale en France occupée de la résistance contre le nazisme, il cherche à s’emparer de tous les symboles de ce qui a structuré le mouvement ouvrier . De plus ce Front soi-disant National est pour une Europe des régions.

 

Mais l’escroquerie idéologique majeure et qui rend irréductible fascisme et communisme, c’est que si, oui comme le note Nolte, le fascisme/nazisme constitua bien une réaction à la menace communiste, cette réaction est basée sur un glissement sémantique de premier ordre. Le fascisme sous toutes ses formes substitue à la lutte des classes, fait objectif constitutif de nos sociétés, la lutte raciale, religieuse, ethnique ou autre groupe humain caractérisé non par un rapport social de production, mais par un statut basé sur des présupposés subjectifs. C’est ce glissement sémantique qui est décisif, le déplacement de la lutte des classes vers la lutte raciale ou autre.


Ce glissement sématique est majeur et permet au fascisme de morceler la population en dressant les uns contre les autres, de créer des sous-hommes et des sur-hommes, des bons chrétiens et des mauvais musulmans, ou juifs, ou noirs, ou jaunes, des vrais français et des pas vrais, des fonctionnaires payés à ne rien faire, bardés de privilèges, des chômeurs qui sont des assistés et donc des fainéants...


Caractérisation


Le fascisme tient un discours démagogique et assimile son combat à celui du peuple contre l’establishement. Il réussit à attirer les masses parce qu'il en appelle, de façon démagogique, aux plus sensibles de leurs besoins et de leurs aspirations. Il ne se borne pas à attiser les préjugés, il joue sur les meilleurs sentiments des masses, et parfois même sur leurs traditions révolutionnaires. Il tire son énergie propre d'un rejet des systèmes antagoniques que sont le capitalisme (et aujourd’hui le libéralisme) et le communisme. Le fascisme joue sur la frustration nationale, il prend le masque de défenseur de la nation lésée et en appelle au sentiment national bafoué. Son dynamisme et sa force ne viennent pas de son programme qui est souvent incohérent ou falsificateur, mais de deux formules: nationalisme et autoritarisme, ou chauvinisme et violence.


L'histoire nous enseigne également, que les fascistes n'ont pas pris le pouvoir mais qu'on le leur a offert ; à bon entendeur...
Le fascisme est l’ennemi obsédé de tout ce qui touche au communisme, en cela il est le rempart ultime du capital, lequel capital n’a pas hésité à livrer autrefois la France aux hordes hitlériennes avec le mot d’ordre, repris par sa presse aux ordres « plutôt Hitler que le Front Populaire ». Avertissement sans frais pour les révolutionnaires d'aujourd'hui et plus précisément les communistes.


L’idéologie du fascisme c’est « des valeurs de droite extrême, dans un style de gauche, extrême »
La base « théorique » du fascisme, s’appuie sur une vision « naturaliste ». C’est la loi d’airain de la nécessité naturelle, le mythe, colporté aussi par d’autres, d’une nature caractérisée par le pur jeu des énergies, une interprétation fallacieuse du Darwinisme, un absolu de pureté où seuls subsistent ceux et celles que la Nature a sélectionnés. Dans ce pathos, la Raison, c’est la Nature ; écologistes, bonjour !


Le caractère de classe du fascisme


Le fascisme, n'est pas au dessus des classes, ni l’émanation de la petite bourgeoisie ou des éléments déclassés du prolétariat contre le capital financier. Le fascisme, c'est le capital financier lui-même. C'est, si nécessaire, l'organisation de la répression terroriste contre le prolétariat et la partie révolutionnaire de la paysannerie et des intellectuels. Il est alors (il l’a déjà été) le bras armé du capital. Le fascisme en politique extérieure, c'est le chauvinisme sous sa forme la plus grossière, cultivant une haine bestiale contre les autres peuples, désignant des boucs émissaires au nom d’une race, d’une religion, d’une « pureté » raciale, culturelle ou autre. C’est la défaite de la Raison, l’obscurantisme à front de taureau.
Il est nécessaire de souligner avec une vigueur particulière ce véritable caractère du fascisme parce que le masque de la démagogie sociale permet au fascisme d'entraîner à sa suite, les masses de la petite bourgeoisie désaxée par la crise (les couches moyennes), ainsi que certaines parties des couches les plus désemparées du prolétariat, qui n'auraient jamais suivi le fascisme si elles avaient conscience de son caractère de classe réel, sa véritable nature .
Le fascisme comme instrument politique


« Fanatiser les masses pour en faire un instrument de ma politique » disait Goebbels. La politique en question, c’est celle du capital, aujourd’hui plus mondialisé que jamais, impérialiste, confronté à une crise elle aussi mondialisée. Les milieux impérialistes veulent faire retomber tout le poids de leur crise sur le monde du travail, les travailleurs, les prolétaires. C’est pour cela qu’ils ont besoin du fascisme . L’impérialisme s’efforce de résoudre le problème de ses approvisionnements en énergie et matières premières, ainsi qu’en débouchés par l’asservissement des peuples en maintenant autant que possible le partage actuel du monde par tous les moyens, y compris, et surtout, la guerre qui n’est pour ces soi-disant défenseurs des droits de l’homme (lequel ?) que la continuation de la politique par d’autres moyens pour reprendre la formule de Clausewitz.


Confronté à une crise majeure, qui va bien au-delà de la « simple » crise économique, qui met en danger le système de production et d’échanges, le capital craint par dessus tout, une résurgence du mouvement communiste, une prise de conscience de la nocivité du système capitaliste, de sa morbidité. Le fascisme est de ce point de vue, quels qu’en soient ses oripeaux, le rempart du capital. Par son discours démagogique contre les « élites » (fonctionnaires et autres « privilégiés »), les étrangers qui nous envahissent, la « race », discours xénophobe (hier les juifs, aujourd’hui l’islam, le choc des civilisations…), parfois subliminal, ou qui affleure parfois plus directement, le fascisme tente de détourner la colère des masses en livrant à la vindicte populaire telle ou telle autre catégorie de la population, sur la base de la religion, la « race », les « privilèges » (fonctionnaires, 35h, retraite à 55 ans…). C’est le bien connu «diviser pour régner».


La lutte contre l’extrême droite et le néo-fascisme


La lutte contre l’extrême droite qui est l’antichambre du fascisme doit s’appuyer sur deux piliers au moins. D’une part, la lutte idéologique, sans merci contre toutes les formes d’obscurantisme, permettant ainsi la prise de conscience de classe, la nécessité de passer à un autre mode de production et d’échanges. D’autre part la lutte économique et politique pour stériliser le terreau de l’idéologie fasciste que sont la pauvreté, la misère, le déclassement social. Il est urgent en particulier de démonter le soi-disant programme social du FN en france et des mouvements fascisants qui ré-apparaissent ici et là en Europe (Jobbik en Hongrie, Noua Dreapta en Roumanie, Vlaams Blok, en Flandre belge, Freiheitliche Partei Österreichs (FPÖ) en Autriche, Parti national slovaque, SNS, ... ) et de montrer ses contradictions avec les mouvements récents et les aspirations du monde du travail. Pour les mouvements fascisants apparaissant dans les anciens pays socialistes d’Europe, «la faillite économique et sociale des méthodes ultralibérales de transition vers l’économie de marché, la crainte des conséquences de l’entrée dans l’Union européenne, combinées avec la persistance de l’antisémitisme et du racisme anti-roms, sont les causes principales de leur succès» .


La lutte idéologique


Le capital a besoin de maintenir le flou idéologique et les fausses solutions vis-à-vis de la montée de l’idéologie fasciste, d’autant plus que, comme dit ci-dessus, il peut avoir besoin à un moment ou un autre d’hommes de mains .
La pression idéologique, le formatage des écoles de journalistes conduit les principaux médias à se faire, de fait, sans qu’on ait besoin de leur souffler, les propagandistes du système .

 

C’est pourquoi « on » présente les problèmes auxquels sont confrontés les citoyens comme des problèmes psychologiques. Le vocabulaire sociologique dominant se veut psychologisant, médicalisant. On met ainsi en avant les conséquences et pas les causes. Si la société est malade, c’est du capitalisme, ce n’est pas de la psychologie des individus. Les psychotropes n’y changeront rien. On ne guérit pas le chômage de masse, le déclassement social, le stress social dû à la précarisation par des consultations de psy.


Il nous faut mettre en évidence les causes économiques et structurelles de cette société basée sur l’exploitation qui génèrent cette situation, en particulier lorsque ce système arrive à ses limites, comme c’est le cas. La représentation que les individus ont d’eux-mêmes, est liée à l’image que la société leur renvoie, à la place qu’ils y occupent, au rôle qu’ils y jouent.
De même la guerre idéologique se joue en une bataille sémantique marquée par le détournement des mots et concepts comme classe, révolution, réforme, totalitarisme, dictature. Il est nécessaire là aussi de former les cadres révolutionnaires. La classe politique n’existe pas, les révoltes d’Egypte ou de Tunisie ne sont pas des révolutions, Fidel Castro ou Chavez ne sont pas des dictateurs. Totalitarisme chez Hanna Arentz n’a pas le sens que lui donnent les propagandistes du capital…


Un aspect doit aussi être pris en compte dans la bataille idéologique, celui de la montée de l'extrême-droite et l’émergence du mouvement des indignés. Deux phénomènes bien distincts mais concommitants, l’autre prétendant répondre à l’un, mais c’est aussi la preuve de la nécessité d'une organisation de classe et de masse porteuse d'une alternative au système. Il y a là une faiblesse idéologique qui ouvre la porte à des mouvements, tantôt fascisants tantôt a-politiques, qui ne font que canaliser la colère populaire vers une voie de garage, et redonner au système une certaine légitimité politique.
Le faux nez de Madame Le Pen


Le FN par la voix de sa présidente a su s’emparer du problème, pour le détourner démagogiquement bien sûr. Elle nomme les responsables de la situation, l’UMP dont elle veut prendre la place (en la faisant éventuellement éclater pour en récupérer les morceaux) en quittant progressivement le discours fascisant de son père, ravalement de façade et maquillage de respectabilité obligent, et la mondialisation, l’Europe de Bruxelles, en un discours qui lui permet là aussi de maquiller son obsession nationaliste et xénophobe (il faut bien dire ici que l’ambigüité de la position du Parti Communiste sur la nation et l’indépendance nationale n’arrange rien). L’efficacité d’un tel positionnement est assurée, comme on a pu le voir électoralement, le discours est simpliste, ce qui le rend audible et assimilable sans raisonnement, il peut être redoutable et est porté par la politique du gouvernement qui sert de caisse de résonnance.


Le FN essaie de changer d’image. Prendre la place de la vieille droite classique française, maurassienne et xénophobe. Pour cela, il lui faut abandonner les saillies du père et acquérir un semblant de respectabilité républicaine. Tous les mensonges, masques et discours contradictoires sont bons pour ce faire. La chef de file du FN peut compter sur les médias et ses «nouveaux chiens de garde». On peut à la fois essayer d’infiltrer le syndicat révolutionnaire et se prononcer pour la contre réforme des retraites fustiger les soi-disant privilèges des fonctionnaires et prétendre défendre le service public, défendre la laïcité et privilégier l’école confessionnelle, catholique bien sûr. Le discours est à géométrie variable et change en fonction du public visé, quite à dire une chose un jour et le contraire le lendemain.
La lutte économique


Il s’agit là aussi d’une des dimensions de la lutte idéologique. Il n’est pas question ici de tirer une frontière entre lutte idéologique et lutte économique, la dialectique des deux fondant l’activité politique des communistes, il faut quand même revenir sur ce thème. Les communistes et leurs organisations doivent réinvestir les lieux de travail, là où se pratique l’exploitation capitaliste, là où se vit la souffrance au travail, là où se pose la question, autorisée par le niveau de développement des forces productives, du « travailler autrement ». C’est une question qui va du local au global. Du comment on travaille au pourquoi on travaille ? Quel est le rôle des unités de production, que signifie le terme « entreprise » seriné à longueur de journal télévisé ? Qu’est-ce qu’on produit et pourquoi on produit ? Ce questionnement « tire » beaucoup d’autres, et en premier lieu la question dite écologique. On produit pour faire du profit ou on produit pour répondre à des besoins ? le prolongement naturel de cette question étant qui en décide ? Et donc qui possède ? La question des services publics (et donc de l’appropriation publique, ses formes, son contenu…) affleure là, autant au niveau local qu’au niveau national et même mondial. Le problème lié à la production d’énergie nucléaire par exemple peut-il n’être posée qu’au niveau des états quand les nuages radioactifs, ou les courants marins ne connaissent ni frontières ni eaux territoriales. De même pour l’eau ou les matières premières non renouvelables. Plus prosaïquement, quel rôle doit jouer l’agriculture, nourrir l’humanité, en commençant par les agriculteurs et plus généralement les paysans ou produire en vue d’exporter en période spéculative ?


Le rôle d’une organisation Communiste


Ces points montrent la nécessité d’une organisation Communiste offensive, idéologiquement armée et créative, fortement organisée dans les masses et d’abord là où se fait l’exploitation capitaliste dans le monde du travail. C’est là que pied à pied, avec les syndicats et les camarades syndiqués il faut combattre politiquement le capital en soutenant politiquement les luttes et en leur donnant le prolongement politique chaque fois que c’est possible, en s’appuyant systématiquement sur des élus communistes, ce qui montre aussi à quoi sert de voter communiste. Elaborer des solutions avec les exploités, mais là aussi, sans démagogie, ne pas sombrer dans la naïveté du spontanéisme des masses, on ne construit pas un programme avec les exploités sans avoir déjà soi-même au moins des lignes de force autour desquelles construire, un projet communiste qui dégage l’horizon historique. L’organisation communiste doit être capable d’organiser les luttes et de les placer dans une perspective de changements révolutionnaires, car comme nous le montrent encore les événements récents en Afrique, révolte n’est pas révolution, et on ne fait pas la révolution sans révolutionnaires.

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25 mai 2012 5 25 /05 /mai /2012 07:05
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BRUNO FORNACIARI

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