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7 mai 2017 7 07 /05 /mai /2017 17:14
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7 mai 2017 7 07 /05 /mai /2017 11:10
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Published by bruno fornaciari - dans ACTUALITES PCF-FRONT DE GAUCHE
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4 mai 2017 4 04 /05 /mai /2017 06:05

POUR CEUX QUI CROIENT ENCORE QUE VOTER BLANC, NUL OU S'ABSTENIR C'EST LUTTER CONTRE MACRON ET CONTRE LE PEN 
Renée Le Mignot co présidente du MRAP
"....La situation est grave, elle nécessite une mobilisation de tous les citoyens et citoyennes de France et d’Europe pour une véritable égalité des droits, seul moyen de faire reculer les idéologies de haine et de rejet propagées par les extrêmes droites .Il y a urgence! C'est à cette tâche que les antiracistes doivent s'atteler, et dans l'immédiat il faut faire tout ce qui est en notre pouvoir pour que le score de Marine Le Pen soit le plus bas possible le 7 mai prochain. Pour cela il n'y a qu'une solution, utiliser le seul bulletin possible pour battre l'extrême droite même si cela ne signifie aucunement un soutien au candidat Macron."1er mai 2017 :
contre le racisme et l'extrême droite
Le 1er mai 1995, Brahim Bouarram, 29 ans, profitait d’une journée ensoleillée. Il ne savait pas que des mains criminelles allaient le précipiter dans la Seine et mettre fin à ses jours. Les auteurs de ce crime venaient de quitter le défilé du Front national. 22 ans après l'assassinat de Brahim, Marine Le Pen est au second tour des élections présidentielles avec un score de plus de 21 % jamais atteint dans un tel scrutin. Elle est aux portes du pouvoir, la possibilité qu'elle soit élue au second tour n'étant pas à exclure.
Profitant du désarroi d'une partie de plus en plus grande de la population, en France comme dans l’ensemble de l’Europe, l’extrême droite a tenté de faire oublier l’inadéquation et la dangerosité de son « projet ». On a voulu nous faire croire que Marine ce n'est pas Jean Marie. Le désir de s'abstenir ou de voter blanc de certains prouve qu'elle a gagné son pari : Nous ne sommes plus en 2002, le FN a été banalisé et la vraie nature de ce parti n'apparaît plus aux yeux de beaucoup. Marine Le Pen n'en est que plus dangereuse. Alors nous le réaffirmons avec force le FN n'est pas un parti républicain mais un parti fasciste.
Nous savons par notre action quotidienne, les procès que nous engageons, que la nature profonde et réelle du FN n’a pas changé. Marine Le Pen a beau démissionner provisoirement de la présidence du
FN, elle reste avec son père et sa nièce la responsable des idées nauséabondes de l’extrême droite française.
Preuve en est : elle est dans l’impossibilité de trouver un nouveau président qui n’a jamais été condamné pour haine, racisme, homophobie ou révisionnisme…
Nous le disons avec force : Marine Le Pen est un danger pour les libertés, la République et la Paix.
N'oublions pas que l'extrême droite une fois au pouvoir cède rarement sa place par la voie démocratique.
Mais l’extrême droite n’est pas seule en cause. Les préjugés xénophobes et racistes continuent d’imprégner le discours politique français, bien au-delà des partis qui en ont fait leur honteux fonds de commerce.
Lorsque des responsables gouvernementaux vont jusqu’à tenir des propos stigmatisants qui ne peuvent être perçus que comme une justification d’un rejet par nature raciste, comment s’étonner de la banalisation du racisme et de la recrudescence des actes racistes qui en découlent au quotidien ?
Après les terribles attentats qui ont endeuillé notre pays, la reprise de l' idée de déchéance, défendue de longue date par l’extrême-droite qui veut bannir le droit du sol, a créé et renforcé les préjugés xénophobes et les aveuglements identitaires.
Les discours de stigmatisation, de discrimination, ont fait tache d’huile, un vent mauvais souffle sur la France. On assiste à une montée sans précédent de toutes les formes de racisme et du rejet de l'Autre parce que différent. Les vieux démons réapparaissent : comme dans les années 30, l’étranger, le Juif, le Rom, le Musulman - ou supposé tel - ou encore le sans papier, sont les « boucs émissaires » auxquels est attribuée la responsabilité de tous les maux et de toutes les injustices de la société, qu’ils sont pourtant parmi les premiers à subir. Dans le même temps on assiste à une montée de l'homophobie et à une remise en cause réactionnaire des droits des femmes.
Quand les droits des migrants sont sans cesse remis en cause, au mépris des engagements internationaux de la France, quand le droit de vote pour les résidents non communautaires, pourtant promis par le candidat François Hollande a été « oublié »., quand en France, les expulsions d’étrangers n’ont jamais été aussi nombreuses, quand les contrôles au faciès perdurent, quand les Roms sont violemment expulsés de bidonville en bidonville, quand des responsables gouvernementaux parlent « d'ennemis de l'intérieur », quand la persistance des discriminations minent le vivre ensemble, comment s’étonner de la banalisation du racisme ?
Enfin, comment ne pas penser à cette Europe de la honte qui fait de la Méditerranée le cimetière de milliers d'hommes, de femmes, d'enfants, victimes de trafiquants sans scrupules mais aussi à cette Europe forteresse qui conduit à ces insoutenables tragédies des naufrages méditerranéens dont l'ampleur rejoint celle de l'Océan Indien. Ne sont-ils pas victimes de cet » empire de la honte » dont parlait Jean Ziegler ?
A côté de discours et de politiques inacceptables, ce sont aussi les inégalités sociales qui bafouent les valeurs de la République et créent un terreau favorable à la montée du rejet raciste de « l’autre ».
Le désarroi social, le sentiment d'abandon de larges secteurs urbains et ruraux expliquent aussi le vote Front National même si nous savons que l’extrême droite n’a jamais et nulle part, été synonyme de progrès social et économique, bien au contraire.
La solution n'est pas dans de futurs matins bruns, mais dans une mobilisation de tous pour faire reculer
les problèmes sociaux, générateurs de souffrances, d’inégalités, de concurrence et de ghettoïsation.
L'histoire nous a appris que le discours social de l'extrême-droite n'est qu'un leurre le temps d'une conquête du pouvoir, elle se retourne toujours contre les couches populaires dès qu'elle a pris le pouvoir.
La situation est grave, elle nécessite une mobilisation de tous les citoyens et citoyennes de France et d’Europe pour une véritable égalité des droits, seul moyen de faire reculer les idéologies de haine et de rejet propagées par les extrêmes droites .Il y a urgence! C'est à cette tâche que les antiracistes doivent s'atteler, et dans l'immédiat il faut faire tout ce qui est en notre pouvoir pour que le score de Marine Le Pen soit le plus bas possible le 7 mai prochain. Pour cela il n'y a qu'une solution, utiliser le seul bulletin possible pour battre l'extrême droite même si cela ne signifie aucunement un soutien au candidat Macron."


Intervention de Renée Le Mignot, co-présidente du MRAP à Paris le 1er mai 2017, Pont du Carrousel

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4 mai 2017 4 04 /05 /mai /2017 01:10

ÉTRANGES ÉTRANGERS, Jacques Prévert

Kabyles de la Chapelle et des quais de Javel
Hommes de pays loin
Cobayes des colonies
Doux petits musiciens
Soleils adolescents de la porte d’Italie
Boumians de la porte de Saint-Ouen
Apatrides d’Aubervilliers
Brûleurs des grandes ordures de la ville de Paris
Ébouillanteurs des bêtes trouvées mortes sur pied
Au beau milieu des rues
Tunisiens de Grenelle
Embauchés débauchés
Manœuvres désœuvrés
Polacks du Marais du Temple des Rosiers
Cordonniers de Cordoue soutiers de Barcelone
Pêcheurs des Baléares ou du cap Finistère
Rescapés de Franco
Et déportés de France et de Navarre
Pour avoir défendu en souvenir de la vôtre
La liberté des autres.
 
Esclaves noirs de Fréjus
Tiraillés et parqués
Au bord d’une petite mer
Où peu vous vous baignez
Esclaves noirs de Fréjus
Qui évoquez chaque soir
Dans les locaux disciplinaires
Avec une vieille boîte à cigares
Et quelques bouts de fil de fer
Tous les échos de vos villages
Tous les oiseaux de vos forêts
Et ne venez dans la capitale
Que pour fêter au pas cadencé
La prise de la Bastille le quatorze juillet.
 
Enfants du Sénégal
Départriés expatriés et naturalisés.
Enfants indochinois
Jongleurs aux innocents couteaux
Qui vendiez autrefois aux terrasses des cafés
De jolis dragons d’or faits de papier plié
Enfants trop tôt grandis et si vite en allés
Qui dormez aujourd’hui de retour au pays
Le visage dans la terre
Et des hommes incendiaires labourant vos rizières.
On vous a renvoyé
La monnaie de vos papiers dorés
On vous a retourné
Vos petits couteaux dans le dos.
 
Étranges étrangers
 
Vous êtes de la ville
Vous êtes de sa vie
Même si mal en vivez
Même si vous en mourez.
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3 mai 2017 3 03 /05 /mai /2017 13:17

L'ANALYSE DE JEAN BIRNBAUM ("LE MONDE")

Le 4 août de Mélenchon, ou l'antifascisme trahi

Quel que soit le dénouement de la présidentielle, on peut d'ores et déjà constater que l'année 2017 y aura marqué l'agonie de l'antifascisme. Encore récemment, ce combat mobilisait les consciences au-delà des clivages partisans. Désormais, c'est la critique de cette tradition qui a le vent en poupe : un peu partout, face à l'antifascisme, on fait front. Longtemps, cette offensive passa pour réactionnaire, parce qu'elle visait la gauche. Depuis les années 1990, nombreux sont les intellectuels qui ont fustigé l'antifascisme comme une obsession aveuglante : à force de tout rabattre sur la " peste brune ", firent-ils valoir, les progressistes sont devenus incapables d'affronter les nouvelles menaces, et d'abord le péril islamiste. D'où les charges d'un Pierre-André Taguieff contre " la diabolisation néoantifasciste ". Ou d'un Alain Finkielkraut contre l'antifascisme " incontinent "…

Or, quinze ans après le choc du 21 avril, voilà que ces pourfendeurs de l'antifascisme sont rejoints par une partie de ceux-là même qu'ils accablaient. Bien sûr, on pense d'emblée à Jean-Luc Mélenchon, qui appelait, en 2002, à " abaisser le plus bas possible Le Pen ". Au soir du récent premier tour, sa façon de renvoyer dos-à-dos Marine Le Pen et Emmanuel Macron a paru d'autant plus emblématique que Mélenchon est un militant à la mémoire longue, formé à l'école d'un courant où l'antifascisme représente un repère identitaire : le trotskisme.

Pour en prendre la mesure, il faut rappeler quelques éléments historiques. Tout part du traumatisme fondateur : la victoire d'Hitler, en 1933, et la " défaite sans combat " du mouvement ouvrier allemand, le plus puissant et le plus cultivé d'Europe. De génération en génération, les trotskistes ont appris que le principal responsable de cette catastrophe était le Parti communiste allemand (KPD) aux ordres de Staline. Dans la période qui précéda l'avènement du nazisme, en effet, le KPD refusa obstinément de faire alliance avec les socialistes pour faire barrage à Hitler. Au contraire, ses chefs désignèrent les sociaux-démocrates comme leurs ennemis prioritaires, allant jusqu'à les qualifier de " sociaux-fascistes ".

En 1931, le leader du KPD, Ernst Thälmann, écrivait ceci : " La social-démocratie essaie, en évoquant le spectre du fascisme d'Hitler, de détourner les masses d'une action vigoureuse contre la dictature du capital financier. Et c'est ce plat empoisonné qui constitue, en réalité, l'un des aspects de sa politique ordinaire du “moindre mal” qu'elle s'apprête à accommoder à la sauce d'une prétendue amitié soudaine pour le Parti communiste (…). Et il y a des gens à qui les arbres du national-socialisme cachent la forêt de la social-démocratie ! "

" Un front unique au cimetière "

Pour Léon Trotski, cette position suicidaire constituait " une trahison d'une ampleur historique au moins égale à celle de la social-démocratie le 4 août 1914 ", lorsque les socialistes votèrent les crédits de guerre. Depuis l'île turque de Prinkipo, où il était exilé, l'ancien chef de l'Armée rouge mena la bataille contre ce " 4 août " du stalinisme. Il appela l'ensemble des militants ouvriers, communistes, socialistes ou sans parti, à constituer un " front unique " contre le nazisme.

Si Hitler devait l'emporter, affirmait-il, c'en serait fini de la démocratie ouvrière, de ses syndicats, de ses associations culturelles et sportives… car c'en serait fini de la démocratie tout court. " Identifier la social-démocratie avec le fascisme est tout à fait insensé ", écrivait-il en 1932. " Sous cette phraséologie radicale se cache la passivité la plus lâche ", accusait-il, résumant ainsi sa position : " Dans la lutte contre le fascisme, nous sommes prêts à passer des accords pratiques avec le diable et avec sa grand-mère. "

Face à la " peste brune ", l'ensemble des forces de gauche doivent faire front ; faute de quoi, elles connaîtront un " front unique au cimetière ", selon l'expression du révolutionnaire argentin Juan Rustico. Telle est donc la leçon politique qui a été transmise à des générations de militants trotskistes, celle-là même que Jean-Luc Mélenchon et ses amis semblent avoir oublié de léguer à la jeunesse.

On dira que le contexte actuel est différent, et on aura raison. La rupture des gauches radicales avec la tradition antifasciste n'en est pas moins remarquable. D'abord parce que cet héritage a nourri leur culture commune. Ensuite parce que, malgré les différences de fond, cet héritage trouve des résonances formelles au cœur de notre actualité. A l'époque, déjà, ceux qui refusaient le " front unique " avançaient un argument à double détente. Premier coup : la social-démocratie, c'est le libéralisme, donc le capitalisme, donc la barbarie, donc le fascisme. Deuxième coup : après tout, le fascisme au pouvoir, ce serait la possibilité d'y voir clair, l'obligation de rester mobilisés et, demain, d'être victorieux. " Nous sommes les vainqueurs du lendemain ", clamaient les communistes allemands, persuadés que l'avènement du nazisme préparerait leur victoire.

Ils péchaient à la fois par optimisme et par rationalité. Car de la base au sommet de la société, au-delà des partis et en deçà des discours, on sentait monter un désir " d'en finir ", une pulsion confuse où se mêlaient la douce soif du renouveau et l'âpre séduction du chaos. Ce dernier aspect, plus difficile à documenter, est omniprésent dans les romans consacrés à la montée du fascisme à travers l'Europe des années 1930.

Comment expliquer que la mémoire de ces choses paraisse maintenant si enfouie ? En rappelant qu'elle a été enterrée de façon volontariste, notamment par deux catégories d'intellectuels que l'on pourrait nommer les dissociateurs, et les amalgameurs.

Les premiers, nous l'avons dit, ont pesé pour qu'on cesse d'associer le nouveau national-populisme au fascisme ancien, et cette dissociation a facilité le processus de " dédiabolisation " du Front national. Les seconds, eux, ont tout fait pour amalgamer définitivement démocratie et dictature, libéralisme et fascisme. Ce sont les propos d'un Alain Badiou, désignant la " sentimentalité démocratique " et le " capitalo-parlementarisme " comme l'ennemi principal ; ou ceux d'un Emmanuel Todd déclarant " qu'il n'y a pas de hiérarchie dans l'inacceptable entre Le Pen et Macron. Entre la xénophobie et la soumission aux banques ".

Ce qui est en jeu, ici, c'est donc l'escamotage du XXe siècle. C'est aussi l'amnésie qui frappe la tradition de gauche antitotalitaire. Selon cette tradition, on devait pouvoir se battre contre la domination marchande sans pour autant fermer les yeux sur d'autres menaces.

Dans cette tradition, on n'avait pas peur d'affirmer que, si le socialisme est un progrès par rapport à la démocratie " bourgeoise ", celle-ci en est un par rapport aux régimes autoritaires. Bref, dans cette tradition, on jugeait possible de conjuguer deux gestes devenus aujourd'hui apparemment irréconciliables : d'un côté, lutter contre les violences du monde capitaliste ; de l'autre, accorder au moins un peu de légitimité aux sociétés dans lesquelles nous vivons, au miroir des tyrannies (brunes et rouges) qui ont ensanglanté le XXe siècle.

La fin du " front unique " antifasciste marque l'enterrement de cette sensibilité antitotalitaire. Simultanément, elle signe la victoire posthume d'un certain esprit stalinien. Ainsi, un quart de siècle après la chute du mur de Berlin, et alors que le pouvoir russe renoue avec les méthodes de la guerre froide, la gauche française, l'une des plus stalinisées au monde, pourrait bien connaître, à son tour, quelque chose comme son 4 août.

Jean Birnbaum

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3 mai 2017 3 03 /05 /mai /2017 12:53

Propatronale

Vent debout contre les puissants, les grands groupes, étrangers surtout, à l’instar des Gafa1 dont elle déplore les pratiques d’évasion fiscale sans toutefois préciser comment y remédier, Marine Le Pen adopte volontiers les accents de Nathalie Arthaud. On ne l’entend pourtant guère s’époumoner contre les géants français du CAC 40. Discrète vis-à-vis de la grande entreprise, auquelle elle promet le maintien de l’euro, depuis son alliance avec Nicolas Dupont-Aignan, elle se montre en revanche très magnanime vis-à-vis des plus petites dont elle allège la fiscalité. L’impôt sur les sociétés reste fixé à 15 % pour les TPE, mais passe de 33 % à 24 % pour les PME. Et pour fluidifier la transmission d’entreprise, les plus-values sur la cession des actions et parts sociales des PME-PMI seront totalement exonérées au bout de sept ans. Un cadeau non négligeable pour les entrepreneurs qui avaient déjà obtenu des allégements fiscaux en 2013, après la révolte des « pigeons », des « tondus » et autres « déplumés ».

Les plus-values sur la cession
des actions et parts sociales
des PME-PMI seront totalement
exonérées au bout de sept ans

Convertie à la politique de l’offre, elle veut, pour favoriser l’embauche, baisser les « charges » sociales qui pèsent sur les entreprises. Tous les allégements doivent être fusionnés en un dispositif unique et plus lisible. Le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (Cice) ne disparaît pas, mais il sera conditionné au « maintien » de l’emploi. Une façon habile pour la candidate frontiste d’éviter de s’engager sur des « créations ». Elle propose également de ressusciter le contrat première embauche (CPE) créé et enterré sous le mandat de Jacques Chirac en 2006 : toute entreprise qui embaucherait un jeune de moins de 21 ans serait totalement exonérée de cotisation pendant deux ans.

Marine Le Pen n’évoque pas de simplification du code du travail. Celle qui fustige le projet « El Khomri puissance 1 000 » d’Emmanuel Macron veut supprimer la loi travail. Toute la loi travail ? Si la candidate affirme la primauté de l’accord de branche sur l’accord d’entreprise – ce qui reviendrait donc à supprimer l’article 2 du texte qui donne plus de poids à la négociation d’entreprise –, elle souhaite néanmoins que les branches professionnelles puissent déroger aux 35 heures. Dans quelles limites ? La candidate ne le précise pas. En revanche, elle entend bien réintroduire la défiscalisation des heures supplémentaires instaurée sous le mandat de Nicolas Sarkozy et supprimée sous celui de François Hollande. En période de chômage massif, ce type de dispositif ne crée pas d’emplois. Au contraire, il favorise l’emploi des salariés qui sont déjà en poste. Marine Le Pen ne supprime pas officiellement les 35 heures, mais allonge le temps de travail.

Antisyndicale

Autre coup de communication, l’arrivée impromptue de Marine Le Pen sur le parking de l’usine Whirlpool d’Amiens est symptomatique de son rapport aux syndicats. Elle a raillé la réunion avec le candidat d’En marche ! dans une salle de la chambre de commerce voisine. Parler aux « vrais » salariés plutôt qu’à leurs représentants… Là encore, Marine Le Pen marque son aversion pour les corps intermédiaires.

Pour empêcher une réorganisation, voire la fermeture d’un site, des pistes relevant du dialogue social peuvent pourtant être appelées à la rescousse. Renforcer la représentation des salariés dans les conseils d’administration, mieux partager les informations stratégiques avec les élus du personnel en amont d’une décision, pouvoir contester en justice la justification économique d’un plan de sauvegarde de l’emploi avant et non pas après que les salariés sont licenciés (comme c’est le cas aujourd’hui)… Aucune de ces mesures ne figurent dans son programme. Loin d’un modèle de codétermination ou de cogestion à l’allemande, Marine le Pen préfère éviter la case syndicats.

Loin d’un modèle de cogestion à l’allemande, Marine le Pen préfère éviter la case syndicats

Elle propose même de « libérer les syndicats » via la « suppression du monopole syndical » qui n’existe d’ailleurs plus depuis la réforme de 2008 sur la représentativité syndicale. La légitimité d’un syndicat est désormais assise sur son score aux élections professionnelles2. Mais au-delà du flou qui entoure la formule, la mesure vise, comme le souhaitait François Fillon, à permettre à de nouveaux syndicats de se présenter dès le 1er tour des élections dans l’entreprise, alors qu’ils doivent attendre le 2tour. Une façon de faire entrer plus facilement des syndicats « maison » proches des intérêts d’une direction.

Elle envisage également une « moralisation de la vie syndicale », via un organisme de contrôle étatique du financement des organisations syndicales. Depuis la loi de 2008, les organisations syndicales sont pourtant déjà tenues d’être plus transparentes. Elles doivent publier leurs comptes tous les ans et, au-delà de 230 000 euros de ressources, les faire certifier par un commissaire aux comptes. Certes, il y a encore des efforts à fournir en matière de transparence mais que viendrait faire une officine de l’Etat dans les organisations syndicales sinon contrôler leurs activités ?

Marine le Pen s’engage à supprimer le compte pénibilité, une demande forte du patronat

Pour alléger les contraintes des entreprises, Marine Le Pen entend réduire le nombre d’obligations administratives liées au seuil des 50 salariés. Et fusionner les instances représentatives du personnel entre 50 et 300 salariés en une structure unique. La loi Rebsamen d’août 2015 prévoit déjà un regroupement des instances au sein d’une délégation unique du personnel pour les entreprises de cette taille. On passerait donc d’un regroupement à une fusion des mandats.

Les signaux positifs envoyés aux entreprises pour simplifier leur quotidien ne manquent pas. Alors qu’Emmanuel Macron veut « suspendre » le compte personnel de prévention de la pénibilité, Marine Le Pen s’engage à le supprimer. Elle répond à une demande forte du patronat qui juge le C3P trop contraignant à appliquer. A l’instar de ce que proposait également François Fillon, elle le remplacerait par une visite chez le médecin du travail. Ce retour en arrière aurait deux conséquences négatives pour les salariés. Il anéantirait tous les efforts – déjà bien difficiles à déployer – de prévention. Le praticien n’interviendrait en effet que lorsque les salariés subissent déjà les effets de la pénibilité. Ce constat conduirait ensuite à ce qu’ils soient licenciés pour inaptitude.

Antiprogressiste

Conservatrice à bien des égards, Marine Le Pen ne va pas à l’encontre des intérêts des entreprises. Pas un mot sur la simplification de l’étiquetage nutritionnel des produits, bête noire de l’industrie agroalimentaire. Elle lui préfère l’étiquetage des produits 100 % fabriqués en France. Pas un mot non plus sur une sortie éventuelle du nucléaire… Bien au contraire, c’est une industrie qu’elle entend conforter, demandant même un « moratoire » immédiat sur l’éolien.

Le monde du travail n’intéresse pas la candidate frontiste

Le monde du travail n’intéresse pas la candidate frontiste. Ni les conditions dans lesquelles il est exercé, ni les différentes formes qu’il peut prendre. Epuisement professionnel, CDD, temps partiel, égalité hommes-femmes… sont absents de son vocabulaire. Incohérente sur ce dernier point, elle évoque un grand plan national égalité hommes-femmes, mais prône aussi la libre répartition du congé parental entre les deux parents. Aujourd’hui, pour éviter que les mères continuent à prendre majoritairement ce congé, la loi prévoit que les six mois de congés réservés aux pères soient perdus s’ils ne s’en saisissent pas. Renoncer à cette mesure revient à pousser les mères à rester à la maison et à les écarter du marché du travail. Marine Le Pen souhaite une véritable politique nataliste. Elle redessine un monde à l’ancienne où chacun reste à sa place : employeurs, salariées et salariés, et syndicats.

 

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3 mai 2017 3 03 /05 /mai /2017 07:33

France insoumise. Le bulletin Macron anti-FN minoritaire

MERCREDI, 3 MAI, 2017
L'HUMANITÉ
Manifestation du 1er Mai. Selon un sondage Elabe publié hier, 44 % des électeurs de Mélenchon déclarent vouloir voter Macron. Philippe Lopez/AFP
Manifestation du 1er Mai. Selon un sondage Elabe publié hier, 44 % des électeurs de Mélenchon déclarent vouloir voter Macron. Philippe Lopez/AFP
 

Les 243 128 insoumis ayant participé à la consultation interne ont placé le vote blanc à 36,12 %, le bulletin Macron à 34,83 % et l’abstention à 29,05 %.

Lisez gratuitement en numérique l'Humanité et l'Humanité Dimanchependant un mois.

A voté. 243 128 personnes sur les 450 000 inscrites sur le site de la France insoumise (FI) avant le 1er tour de l’élection présidentielle se sont prononcées au sujet du second tour de dimanche. Le résultat a été rendu public hier : sur les trois options proposées par la FI, le bulletin de vote blanc ou nul arrive en tête avec 87 818 voix (36,12 %). Le bulletin de vote Macron est juste derrière, avec 84 682 voix (34,83 %). Enfin, 70 628 Insoumis (29,05 %) se sont exprimés pour une abstention, malgré la proposition de rendre le vote obligatoire contenue dans le programme « l’Avenir en commun ».

Annoncée par le mouvement il y a plus d’un an en cas de non-qualification de Jean-Luc Mélenchon au second tour, cette consultation a été organisée à titre informatif, sans qu’elle ne vaille consigne de vote. Si, entre les trois choix, les scores se répartissent assez équitablement, environ deux tiers des insoumis (65,17 %) ayant participé n’ont pas l’intention d’utiliser le bulletin de vote Macron. Une décision différente de celle des 7 millions de personnes ayant voté Mélenchon le 23 avril, puisque selon un sondage Elabe publié hier, 44 % d’entre elles déclarent vouloir utiliser le bulletin Macron.

« La politique de Macron fait monter le FN. Un vrai révolutionnaire ne vote pas pour un banquier, surtout quand il exige un vote d’adhésion. Je vais voter blanc. Le chantage au libéralisme en agitant l’épouvantail du fascisme, ça suffit. Et puis il faut bien que ceux qui nous font le coup à chaque fois se mettent aussi à flipper. Comme ça, ils vont arrêter », estimait lundi Max, lors de la manifestation parisienne du 1er Mai. « Il faut mettre le FN au plus bas, considérait pour sa part Eléa. Par réflexe antifasciste et parce qu’il faut qu’il soit battu. On ne peut pas parier sur le vote des autres pour éliminer Le Pen. Je condamne Macron, mais au moins on pourra se battre dans un cadre démocratique. Et puis je refuse de jouer à la roulette russe avec tous ceux que le FN vise avec obsession. » Si certains manifestants rassemblés devant le stand de la FI plaçaient Macron et Le Pen sur un pied d’égalité, au motif que « le libéralisme est un fascisme », ce n’était pas l’avis majoritaire, ni celui de Mélenchon et des orateurs nationaux de la FI.

Souhaitant que Le Pen soit battue, les cadres du mouvement argumentent depuis le 23 avril que les bulletins Macron et blancs sont dignes d’être utilisés. Sur le Discord de la FI, réseau social en ligne où débattent des dizaines de milliers de militants, la défaite de Le Pen est attendue. Certains, qui envisageaient de voter blanc (parfois pour « affaiblir Macron aux législatives », quand d’autres veulent voter Macron pour « mettre d’abord Le Pen au plus bas » et ne pas lui « laisser l’opposition »), ont changé de position au fur et à mesure que le candidat d’En marche ! dévissait dans les sondages. Afin de ne pas voir Le Pen élue, tout en « envoyant un message de lutte » à Macron, quelques insoumis commencent aussi à se mettre d’accord dans le cadre d’une « double lutte » : « toi tu votes blanc, et moi je vote Macron ». Une façon, pour certains d’entre eux, de « rester unis » en attendant les législatives.

Aurélien Soucheyre

yanis varoufakis appelle à voter Emmanuel Macron contre Marine Le Pen

L’ex-ministre grec des Finances Yanis Varoufakis a appelé à voter Macron au second tour de la présidentielle française. Ayant déjà déclaré que les « Américains devraient se boucher le nez d’une main et voter Clinton de l’autre » au sujet de l’élection outre-Atlantique pour barrer la route à Trump, il estime la situation similaire en France face à Le Pen. Listant les dangers du programme de Macron, il argumente qu’il « n’en est pas moins scandaleux pour tout progressiste de renvoyer dos à dos Le Pen et Macron ». Il indique ensuite refuser « de faire partie d’une génération de progressistes européens qui auraient pu empêcher Le Pen de gagner mais ne l’ont pas fait. (…) Le FN ne peut pas s’emparer de l’Élysée par surprise, du fait d’une indifférence tactique fautive de notre part ». Dans sa tribune, l’ex-membre de Syriza dévoile également qu’à ses yeux, Macron avait tenté d’aider la Grèce en 2015, mais avait été barré par Merkel et Hollande, sans qu’il soit possible de savoir quelles étaient les intentions réelles de l’actuel candidat.

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3 mai 2017 3 03 /05 /mai /2017 07:05
MÉLENCHON VOTE LE PEN
MÉLENCHON PLUS JAMAIS
 
Selon le résultat du vote virtuel des "appuis" (inscrits web) cliqueurs insoumis se réfugieront pour deux tiers dans le vote blanc ou l'abstention, et un tiers votera Macron. Un sondage nous apprend par ailleurs que 19 % des 7 millions de voix portée sur le candidat Mélenchon voteront Marine Le Pen au 2e tour.
La candidate FN trouve ses espoirs confortés par la situation présente et est quasiment assurée de progresser encore, voire d'accéder au pouvoir en France.
Dans ces conditions, le silence de Mélenchon concernant son attitude au 2e tour face à Le Pen, et l'exigence formulée du retrait de la loi El Khomri (dont il connaît par avance la réponse négative de Macron), apparaissent comme un appel à ne pas voter pour le candidat sociaux-libéral et mettre dos-à-dos le FN et "En Marche". Un laisser-faire qui s'avère une "collaboration" avec l'ennemi et à un crime.
Pour le PG et les "insoumis" qui font le pari de la victoire électorale de Macron et ne croient pas à la victoire de Le Pen, peu importe finalement le niveau élevé du FN pourvu que l'on ait les mains propres, en apparence seulement. Car cet appel à l'abstention montera, s'il est suivi, mécaniquement le niveau d'influence du FN. Ne pas appeler à battre Le Pen, et donc à se saisir pour cela du bulletin Macron, c'est voter Le Pen.
Ne pas voir que le capital se trouve dans la meilleure situation possible pour lui. Un FN à un très haut niveau ou au pouvoir, et un candidat ou un président libéral talonné par une autre candidate libérale elle aussi, sera une difficulté supplémentaire pour le mouvement social et son unité, donc bon pour le capital.
Vais-je pouvoir m'unir demain avec les "aveugles" complices du FN ?
 
FAUDRA-T-IL DIRE LE 8 MAI : "MÉLENCHON PLUS JAMAIS ÇA ?"
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30 avril 2017 7 30 /04 /avril /2017 17:17
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30 avril 2017 7 30 /04 /avril /2017 09:21

Après l'alliance de "Debout la France" et Dupont-Aignan, avec le FN et Marine Le Pen, chacun, et notamment les responsables politiques, doit prendre conscience du danger qui monte. Il est passé le temps où l'on pouvait croire pouvoir se préserver sans dommage, de "compromission" supposée. S'en est fini aujourd'hui. Le danger est tel que la probabilité côtoie l'incertitude, sans que l'on sache qui prendra le dessus le 7 mai. La responsabilité est immense, notamment de celui qui reçu et porta tous les espoirs d'une France progressiste et démocrate. Et c'est bien cel qui est en jeu. La VIe République s'éloignerait d'autant plus si le brun s'imposait. Les valeurs et les progrès sociaux seraient remisés, à quand ? Jean-Luc Mélenchon n'est pas que le candidat de la "France Insoumise". Il a été aussi celui des communistes, des démocrates, de nombreux électeurs jusque-là socialistes ou EELV, de nombreux sans parti etc..
Combien sont ceux qui se trouveraient pris en otage par une posture politicienne. Ce serait inacceptable. Devant le danger on ne recule pas. On fait front pour l'humain d'abord.

 
 
 
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BRUNO FORNACIARI

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